Skip to main content

Full text of "Revue celtique"

See other formats


Google 



This is a digital copy of a book that was preserved for générations on library shelves before it was carefully scanned by Google as part of a project 
to make the world's books discoverable online. 

It has survived long enough for the copyright to expire and the book to enter the public domain. A public domain book is one that was never subject 
to copyright or whose légal copyright term has expired. Whether a book is in the public domain may vary country to country. Public domain books 
are our gateways to the past, representing a wealth of history, culture and knowledge that's often difficult to discover. 

Marks, notations and other marginalia présent in the original volume will appear in this file - a reminder of this book' s long journey from the 
publisher to a library and finally to y ou. 

Usage guidelines 

Google is proud to partner with libraries to digitize public domain materials and make them widely accessible. Public domain books belong to the 
public and we are merely their custodians. Nevertheless, this work is expensive, so in order to keep providing this resource, we have taken steps to 
prevent abuse by commercial parties, including placing technical restrictions on automated querying. 

We also ask that y ou: 

+ Make non- commercial use of the files We designed Google Book Search for use by individuals, and we request that you use thèse files for 
Personal, non-commercial purposes. 

+ Refrain from automated querying Do not send automated queries of any sort to Google's System: If you are conducting research on machine 
translation, optical character récognition or other areas where access to a large amount of text is helpful, please contact us. We encourage the 
use of public domain materials for thèse purposes and may be able to help. 

+ Maintain attribution The Google "watermark" you see on each file is essential for informing people about this project and helping them find 
additional materials through Google Book Search. Please do not remove it. 

+ Keep it légal Whatever your use, remember that you are responsible for ensuring that what you are doing is légal. Do not assume that just 
because we believe a book is in the public domain for users in the United States, that the work is also in the public domain for users in other 
countries. Whether a book is still in copyright varies from country to country, and we can't offer guidance on whether any spécifie use of 
any spécifie book is allowed. Please do not assume that a book's appearance in Google Book Search means it can be used in any manner 
anywhere in the world. Copyright infringement liability can be quite severe. 

About Google Book Search 



Google's mission is to organize the world's information and to make it universally accessible and useful. Google Book Search helps readers 
discover the world's books while helping authors and publishers reach new audiences. You can search through the full text of this book on the web 

at http : / /books . qooqle . corn/ 



Google 



A propos de ce livre 

Ceci est une copie numérique d'un ouvrage conservé depuis des générations dans les rayonnages d'une bibliothèque avant d'être numérisé avec 
précaution par Google dans le cadre d'un projet visant à permettre aux internautes de découvrir l'ensemble du patrimoine littéraire mondial en 
ligne. 

Ce livre étant relativement ancien, il n'est plus protégé par la loi sur les droits d'auteur et appartient à présent au domaine public. L'expression 
"appartenir au domaine public" signifie que le livre en question n'a jamais été soumis aux droits d'auteur ou que ses droits légaux sont arrivés à 
expiration. Les conditions requises pour qu'un livre tombe dans le domaine public peuvent varier d'un pays à l'autre. Les livres libres de droit sont 
autant de liens avec le passé. Ils sont les témoins de la richesse de notre histoire, de notre patrimoine culturel et de la connaissance humaine et sont 
trop souvent difficilement accessibles au public. 

Les notes de bas de page et autres annotations en marge du texte présentes dans le volume original sont reprises dans ce fichier, comme un souvenir 
du long chemin parcouru par l'ouvrage depuis la maison d'édition en passant par la bibliothèque pour finalement se retrouver entre vos mains. 



Consignes d'utilisation 

Google est fier de travailler en partenariat avec des bibliothèques à la numérisation des ouvrages appartenant au domaine public et de les rendre 
ainsi accessibles à tous. Ces livres sont en effet la propriété de tous et de toutes et nous sommes tout simplement les gardiens de ce patrimoine. 
Il s'agit toutefois d'un projet coûteux. Par conséquent et en vue de poursuivre la diffusion de ces ressources inépuisables, nous avons pris les 
dispositions nécessaires afin de prévenir les éventuels abus auxquels pourraient se livrer des sites marchands tiers, notamment en instaurant des 
contraintes techniques relatives aux requêtes automatisées. 

Nous vous demandons également de: 



+ Ne pas utiliser les fichiers à des fins commerciales Nous avons conçu le programme Google Recherche de Livres à l'usage des particuliers. 
Nous vous demandons donc d'utiliser uniquement ces fichiers à des fins personnelles. Ils ne sauraient en effet être employés dans un 
quelconque but commercial. 

+ Ne pas procéder à des requêtes automatisées N'envoyez aucune requête automatisée quelle qu'elle soit au système Google. Si vous effectuez 
des recherches concernant les logiciels de traduction, la reconnaissance optique de caractères ou tout autre domaine nécessitant de disposer 
d'importantes quantités de texte, n'hésitez pas à nous contacter. Nous encourageons pour la réalisation de ce type de travaux l'utilisation des 
ouvrages et documents appartenant au domaine public et serions heureux de vous être utile. 

+ Ne pas supprimer V attribution Le filigrane Google contenu dans chaque fichier est indispensable pour informer les internautes de notre projet 
et leur permettre d'accéder à davantage de documents par l'intermédiaire du Programme Google Recherche de Livres. Ne le supprimez en 
aucun cas. 

+ Rester dans la légalité Quelle que soit l'utilisation que vous comptez faire des fichiers, n'oubliez pas qu'il est de votre responsabilité de 
veiller à respecter la loi. Si un ouvrage appartient au domaine public américain, n'en déduisez pas pour autant qu'il en va de même dans 
les autres pays. La durée légale des droits d'auteur d'un livre varie d'un pays à l'autre. Nous ne sommes donc pas en mesure de répertorier 
les ouvrages dont l'utilisation est autorisée et ceux dont elle ne l'est pas. Ne croyez pas que le simple fait d'afficher un livre sur Google 
Recherche de Livres signifie que celui-ci peut être utilisé de quelque façon que ce soit dans le monde entier. La condamnation à laquelle vous 
vous exposeriez en cas de violation des droits d'auteur peut être sévère. 



À propos du service Google Recherche de Livres 



En favorisant la recherche et l'accès à un nombre croissant de livres disponibles dans de nombreuses langues, dont le français, Google souhaite 
contribuer à promouvoir la diversité culturelle grâce à Google Recherche de Livres. En effet, le Programme Google Recherche de Livres permet 
aux internautes de découvrir le patrimoine littéraire mondial, tout en aidant les auteurs et les éditeurs à élargir leur public. Vous pouvez effectuer 



des recherches en ligne dans le texte intégral de cet ouvrage à l'adresse |http : //books . qooqle . corn 



Revue celtique 



Digitized by 



Google 



*r„*~. y<>A-* 

A 



Digitized by 



Google 



Digitized by£jOO^€~ 



Digitized by 



Google 



Digitized by 



Google 



REVUE CELTIQUE 

TOME XVII 



Digitized by 



CHARTRES. IMPRIMERIE DURAND, RUE FULBERT. 



Digitized by 



Google 



\*S FONDÉE < 

H. GAIDOZ 

1870.1885 

PUBLIÉE SOUS LA DIRECTION DE 

H. D'ARBOIS DE JUBAINVILLE 

Membre de l'Institut, Professeur au Collège de France 

AVEC LE CONCOURS DE 

J. LOTH E. ERNAULT 

Doyen de la Faculté des Professeur à la Faculté des 

Lettres de Rennes Lettres de Poitiers 

ET DE PLUSIEURS SAVANTS DES ILES BRITANNIQUES ET DU CONTINENT 

G. DOTTIN 
Maître de Conférences à la Faculté des Lettres de Rennes 
Secrétaire de la Rédaction 



Tome XVII 




PARIS 

LIBRAIRIE Émile BOUILLON, ÉDITEUR 

67, RUE DE RICHELIEU, AU PREMIER 
1896 



Digitized by 



fc° 







Digitized by 



Google 



TABLE DES MATIÈRES 



CONTENUES 

DANS LE TOME XVii 



Page». 

ARTICLES DE FOND. 

UHistoria Britonum, par L. Duchesne i 

The Annals of Tigernach, edited by Whitley Stokes. . . . 6, 119, 337 

L'Inscription du Peu-Berland, par J.-A. Hild 34 

The date of the Amra Choluimb C tille, by J. Strachaa 41 

Sucellus et Nantosvelta, par Salomon Reinach 45 

Dialectica. 4. La spirante dentale sourde (/A gallois) à la fin des mots; 
5. z intervocalique en léonard; 6. mutations initiales; 7. la termi- 
naison -ou et les noms en *-adou, gallois -adwy, par J. Loth. 60, 286, 42 1 
Les poètes de cour irlandais et Scandinaves, par Louis Duvau. . . 113 

Gwerziou Breiz-Izel, par A. Le Braz 264 

The Irish Verb fil, by Chr. Sarauw 276 

Le poème de Torna-Éices sur le cimetière de Croghan, par H. d'Ar- 

bois de Jubainville 280 

Droit celtique et droit romain, par Paul Collinet 32 1 

MÉLANGES. 

Porhott, par J. Loth 427 

Le sens primitif -de Wwmj, par J. Loth 428 

Fltd % pat J. U)th 430 



MâR ?^i307 21 26 1_8 

Digitized by Google 



Vf.' 



Table des matières. 



BIBLIOGRAPHIE. 

Irish pronunciation : pratice and theory. By William Hayden (Ferdi- 
nand Lot) 67 

Les premiers habitants de l'Europe, d'après les écrivains de l'antiquité 
et les travaux des linguistes, par H. d'Arbois de Jubainville. Seconde 
édition. Tomedeuxième. Les Indo-Européens (suite) : Ligures, Hel- 
lènes, Italiotes, Celtes (A. Meillçt) 71 

Wortschatz der keltischen Spracheinheit von Whitley Stokes und 
Adalbert Bezzenberger (J. Loth) 434 

Archiv fûrceltische Lexikographie 444 



NÉCROLOGIE. 

Hersart de La Villemarqué 76 

CORRESPONDANCE. 

L'orthographe du breton 64 

Suctllo, par V. Henry 66 

Le mot gaélique aite, par E.-W.-B. Nicholson 290, 432 



CHRONIQUE. 

Carette (Ernest). Les assemblées pro- Gough (C). Prince Connla of the 

vinciales de la Gaule romaine. 90. golden hair and the fairy maiden. 

Castor (Le nom du). 296. 96. 

Costa (Joaquin). E studio s ibericos. 96. Grammont (Maurice). La disslmilation 

Dareste (Rodolphe). La Saga de consonantique dans les langues indo- 

Nial. 88. européennes et dans les langues ro- 

Ernault (Emile). Glossaire moyen-bre- mânes. 300. 

ton. 94. Hogan (E.). The Irish Nennius from 

Gallois (Les manuscrits) de Sir Tho- L. na hUidre, and Homilies and 

mas Phillips. 302. Legends from L. Brecc. 94. 

Garofalo (Francesco P.). Gli Allo- Holder (A.). Altceltischer Sprach- 

broges. 97. — Rivista trimestrale schatz. 92. 

di antichità greche et romane. 302. Ihering (R. von). Les Européens 



Tablé des matières. 



avant l'histoire, trad. par 0. de 

Meulenhaere. 91. 
Ihm (Max). Matres, Matronae, 93. 
Kerbeuzec (H. de). Cojou-Breiz, 

i re série: Plougasnou, 301. 
Kern (H.). Aus der indischen und der 

keldschen Sagenwelt. 295. 
Liddall (W.-N.). The Place Names 

of Fife and Kinross. 85. 
Macbain (Alexander). An Etymologi- 

cal Dictionary of the Gaelic lan- 

guage. 298. 
Merlet (René). La Chronique de Nan- 
tes. 302. 

Meulenhaere (0. de). Voir Ihering 
(R. von). 

Meyer (Kuno), David Nutt. The 
Voyage of Bran Son of Febal to the 
Land of the Living; an old irish 
Saga now first edited by Kuno 
Meyer; with the irish version of the 
Happy Otherworld and the ce I tic doc- 
trine of rebirth,by Alfred Nutt. 82. 

Mulcahy (Rev. D.). Life of S. Kia- 
ran ofSeir. 96. 

Murphy (Rev. D.). The Annals of 
Clonmacnoise. 296. 



VII 

Nicholson(Edward-W.-B.). The ver- 

nacular Inscriptions of the ancient 

Kingdom of Alban. 87. 
Nutt (Alfred). Voir Af*y*r (Kuno). 
Roscher. Ausfûhrliches Lexicon der 

griechischen und rômischen Mytho- 
logie. 93. 
Schmidt (Johannes). Kritik derSonan- 

tentheorie } eine sprachwissenschaft- 

liche Untersuchung. 92. 
Schofield (W.-H.). Studies on Li- 

beaus Desconus. 302. 
Sebillot. Légendes et curiosités des 

métiers. 92. 
Stokes (Miss Margaret). Three months 

in the Fores ts of France, a pilgri- 

mage in search of vestiges of the 

Irish Saints. 86. 
Stokes (Whitley). Felire Hûi Gor- 

mâin. 80. 
Warren (F.-E.). The Antiphonary of 

Bangor, Part 2. 83. 
Zimmer (H.). Zur angeblichen ge- 

mein-west-europalsche i Acecntregcl- 

ung. 294. 



PÉRIODIQUES ANALYSÉS. 



Academy, 106, 313. 

Annales de Bretagne, 107, 314. 

Anthropologie, 1 10, 315. 

AnzeigerfûrindogermanischeSprach- 

und Altertumskunde, 318. 
Archaeologia Cambrensis, 102, 311. 
Archeologo portuguès, 1 10. 
Atti délia R. Academia délie scienze 

di Torino, 317. 
Beitrâge zur Kunde der indogerma- 

nischen Sprachen, 109. 



Englische studien, 317. 
Folklore, 109. 

Indogermanische Forschungen, 308. 

Journal Asiatique, 317. 

Journal of the R. Society of Antiqua- 

ries of Ireland, 313. 
Moyen-Age, 109. 

Neues Archiv fur âlteie deutsche Ge* 

schichtskunde, 315. 
Rendiconti délia R. Societa lombarda 

délie scienze, 315. 



Digitized by 



Table des matières. 



vin 

Revue archéologique, 110. 
Re?ue de l'histoire des religions, i ! 2. 
Revue épigraphique du midi de la 

France, 1 10, 309. 
Romania, 107. 
Scottish Review, 109. 
Sitzungsberichte der K. Preussischen 

Alcadetnie der Wissenschaften zu 

Berlin, 303. 



Transactions of the non. Society of 
Cymmrodorion, 100. 

Transactions of the phitologkal So- 
ciety, 310. 

Zeitschrift fur cettische Philologie, 
99. 

Zeitschrift fûr vergleichende Sprach- 
forschung, 110. 



TABLE, par M. E. Ernault, des principaux mots étudiés dans le t. XVII 
de la Revue Celtique, p. 446. 



Digitized by 



VHÏSTORIA BRITONUM 



Depuis mon article Nennius retractatus, publié il y a deux 
ans dans cette revue, deux travaux importants ont paru en 
Allemagne sur le même sujet, c'est-à-dire sur YHistoria Bri- 
tonutn. L'un d'eux est l'édition de cet ouvrage dans les Monu- 
menta Germaniae, t. XIII des Auctores antiquissimi, l'autre, 
l'étude de M. Thurneysen sur le Nennitts vindicatus de 
M. Zimmer 1 . lia déjà été question ici de l'un et de l'autre; 
mais peut-être ne sera-t-il pas inutile que j'en dise aussi quel- 
ques mots. 

L'édition est l'œuvre de M. Mommsen, ce qui la recom- 
mande assez; M. Zimmer y a pris part en fournissant au prin- 
cipal éditeur une traduction latine du Nennius irlandais. Elle 
n'avait pas encore paru quand M. Thurneysen écrivit 2 son 
mémoire, où il se réfère encore à l'édition San-Marte. 

Nous avons maintenant, depuis la publication du manuscrit 
de Chartres, trois ou quatre textes de YHistoria Brilonum. Le 
plus ancien, incomplet malheureusement, est celui de Char- 
tres; M. Mommsen, M. Thurneysen et moi nous sommes 
d'accord à le considérer comme antérieur à Nennius. Pourquoi 
M. Mommsen ne l'a-t-il pas publié à part, pourquoi s'est-il 
borné à en indiquer les variantes dans la marge inférieure de 
son texte, c'est ce que je ne comprends guère. Cette omission 
augmentera la valeur de l'édition parue dans la Revm Celtique, 
car il n'est guère possible désormais de suivre une discussion 
sur YHistoria Britonum sans avoir sous les yeux la rédaction 

1. Zeitschritffûr dcutsche Philologie, t. XXVIII, p. 80. 

2. Il a pu cependant la mentionner en post-scriptum. 



Revue Celtique, XVII. 



Digitized by 




2 



L. Duchesne. 



la plus ancienne qui nous en soit parvenue, sans pouvoir la 
consulter facilement dans son intégralité et dans sa disposition 



Le second texte est celui des manuscrits latins que M. Mom- 
msen range dans sa première et sa troisième classe ; ce sont les 
manuscrits où la compilation est soit anonyme, soit au nom de 
Gildas ou de Nennius. Il est très clair, au moins pour M. 
Thurneysen et pour moi, que ce texte a été constitué par 
Nennius. A la place de M. Mommsen, je l'aurais hardiment 
placé sous ce nom, au lieu de le laisser anonyme. Il est vrai 
que le prologue où l'auteur se nomme ne se rencontre que 
dans une partie seulement des manuscrits de la troisième 
classe ; mais il convient si bien au texte commun à la pre- 
mière et à la troisième, que Ton ne courait aucun risque à le 
mettre en tête de l'édition. 

Un moyen terme entre le texte de Nennius et le précédent 
est représenté par deux manuscrits d'origine française, le Va- 
ticanus Reginae 1964 (M), et le Parisinus 11 108 (N) ; ce n'est 
pas une transition entre les deux rédactions, ce n'est qu'une 
revision de la seconde, exécutée à l'aide d'un manuscrit de 
l'autre. M. Mommsen la donne en variantes. 

Le troisième texte, auquel le nom de Nennius est également 
attaché, nous est parvenu par deux voies. Certains manuscrits 
de la deuxième recension en ont des fragments à la marge ; de 
l'ensemble il a été fait une version irlandaise, au plus tard vers 
la fin du xi e siècle. Les fragments latins ont été réunis par 
M. Mommsen dans la deuxième colonne de son édition, sous 
la rubrique Nennius; quant au texte irlandais, il occupe la troi- 
sième colonne, avec le titre : Nennius interpretatus. 

Aucun de ces textes, pas même celui de Chartres, ne repré- 
sente VHistoria Britonum primitive. Pour avoir une idée de sa 
disposition originale, il faut retrancher du texte chartrain le 
chapitre qui commence par les mots : De origine Britonum 
(p. 176, 1. 8) et ce qui suit jusqu'à Poslumusf rater eius regnabat 
apud Latinos (p. 177, 1. 24) inclusivement. Encore la généa- 
logie Alânus autem — filii Dei (p. 178, 1. 1-6) a-t-elle tout 
l'air d'un morceau de rapport. 

Le manuscrit de Chartres commence par le titre : Incipiunt 



réelle. 




L'Historia Britonum. 



exberta fit urbaoen (ou urbacen) de librosancti Germant inventa et 
origine et gene[a]logia Britonum. Dans le groupe exberta fii ur- 
baoen (var./w urbacen), M. Thurneysen retrouve excerpta filii 
Urbagen, M. Mommsen, Exberta filii Urbacen, Exberta étant 
pour lui un nom propre défiguré. Je me rallierais plus volon- 
tiers à la première lecture, confirmée par les pluriels incipiunt, 
inventa, et par ces mots du prologue: Ego Nennius... aliqua 
excerpta scribere curavi. Quant au filius Urbagen ou Urbacen, 
M. Thurneysen l'identifie avec ce Run map Urbgen qui est 
dit plus loin avoir baptisé le peuple des Northumbres. 

Cette identification est grosse de conséquences, car elle 
donne une date aux Extraits de la vie de saint Germain, et, 
par suite, à cette vie elle-même. Le baptême des Northumbres 
est un événement de Tannée 627. M. Thurneysen va plus 
loin, et, dans le Urbgen, père de Run, il voit le roi breton du 
même nom qui périt à la guerre en combattant Theodric, roi 
des Northumbres, entre 572 et 579. 

Quoiqu'il en soit de ces conjectures, qui ne sont que des 
conjectures, il est clair pour tout le monde que le premier 
état de YHistoria Britonum est une légende de saint Germain, 
actuellement perdue ; qu'un deuxième état est représenté par 
un recueil d'extraits de cette légende, exécuté par un fils 
d'Urbgen (Urbacen, Urbagen), bien longtemps avant Nen- 
nius, et même avant la constitution du texte dont nous avons 
un exemplaire à Chartres. 

Ce dernier texte, une fois opérées les défalcations que j'in- 
diquais tout à l'heure, paraît à M. Thurneysen avoir été 
arrangé vers l'année 679. Le manuscrit de Chartres n'offre, à 
la vérité, aucun indice qui conduise à cette date ; mais, comme 
je l'ai dit, il ne contient pas la fin de l'ouvrage. Pour celle-ci, 
nous sommes réduits à consulter les autres manuscrits. C'est 
ici que M. Thurneysen présente une observation à mon avis 
très juste. Si, après avoir lu les chapitres où il est question de 
Vortigern et de saint Germain, on passe ceux (50-55) qui 
sont consacrés à saint Patrice, lesquels sont sûrement rap- 
portés, on rejoint le c. 56, relatif aux exploits d'Arthur. A ce 
chapitre 56, ce ne sont pas les suivants, 5 7-61, qui se ratta- 
chent naturellement, mais la fin du chapitre 61, Ida filius 




4 



L. Duchesne. 



Eobba... et les suivants, jusqu'à ces mots du c. 65 : Ecgfrid 
filius Osbiu regnavit novem annis. En négligeant les c. 50-55 et 
57-61, on obtient une série continue de récits relatifs aux 
guerres entre les Bretons et les Anglo-Saxons, jusqu'à l'an- 
née 679, la neuvième d'Ecgfrid. Ce prince ayant régné plus 
de neuf ans, la mention de sa neuvième année est ici le signe 
certain d'un arrêt de la rédaction. 

Il y a donc eu une Historia Britonum arrêtée en 679 ; on 
peut la reconstituer en s'aidant du manuscrit de Chartres et 
des autres, amputés des passages que je viens d'indiquer. 

Ici je serais bien tenté de me demander si le liber s. Ger- 
mant, d'où le fils d'Urbgen tira ses extraits, ne continuait pas 
au delà du temps de Vortigern, si même la série des appen- 
dices ne s'y étendait pas jusqu'au déclin du vn e siècle. De cette 
façon, YHistoria Britonum de 679 s'identifierait avec les Ex- 
cerpta fil H Urbgen. 

Entre la rédaction de 679 et le commencement du ix e siècle, 
la compilation bretonne subit, à diverses reprises, beaucoup 
d'interpolations et de retouches. Le texte de Chartres nous 
offre un spécimen de cet état intermédiaire. D'où venaient ces 
généalogies, ces computs, cés récits légendaires dont s'encom- 
braient les marges du vieux livre et qui s'intercalaient ensuite, 
tant bien que mal, dans le texte lui-même ? C'est ce qu'il est 
bien difficile de dire. M. Thurneysen présente ici diverses 
observations judicieuses ou ingénieuses. Ecartant les érudites 
fantaisies de M. Zimmer, il pose çà et là quelques jalons qui 
serviront à des recherches ultérieures. Le prologue de Nen- 
nius parle d'Annales Romanorum, dont le titre revient à l'in- 
térieur du livre ; ces Annales ne semblent pas se confondre 
avec les chroniques « des saints Pères, Eusèbe, Jérôme, Isi- 
dore, Prosper », alléguées après elles; il est aussi question 
d'Annales des Scots et des Saxons. Les Annales Romanorum 
auraient été exploitées dès avant Nennius ; c'est à elles qu'il 
faudrait rapporter la généalogie romano-troyenne de Britto, 
l'ancêtre mythique, et aussi les plus sobres des récits relatifs 
aux premiers habitants de l'Irlande (10-14). C'est à des 
sources plus spécialement irlandaises que Nennius doit ce 
qu'il raconte dans les c. 15, 16, 50-55, sur l'exode scotique 



Digitized by 



L'Historia Britonum. 



et sur saint Patrice. Quant aux annales des Saxons, Nennius 
en a tiré les généalogies des c. 5 7-61. Ici, et c'est une des 
parties les plus intéressantes de son travail, M. Thurneysen 
signale un recueil de généalogies anglo-saxonnes publié par 
Sweet, The Oldest English Textes, p. 169, qui offre avec le 
recueil de Nennius la ressemblance la plus frappante, tant 
pour le détail de la disposition et du texte que pour l'identité 
du choix. D'un côté comme de l'autre, les dynasties saxonnes 
sont exclues ; on ne s'inquiète que des royaumes angles et de 
celui de Kent. Ce recueil, constitué vers le milieu du 
vin e siècle, se trouvait en Mercie tout à fait à la fin de ce 
siècle, en 796. Il était ainsi à la portée de Nennius, qui l'in- 
tercala dans le vieux texte, après la première mention du roi 
Ida, fils d'Eobba, et l'enrichit de quelques notes relatives aux 
événements bretons. 

C'est avec des rapprochements positifs comme celui-ci, 
beaucoup plus qu'avec des hypothèses ingénieusement com- 
binées, que l'on fera avancer l'intéressante question de YHis- 
toria Britonum et de ses origines. 



L. Duchesne. 




THE ANNALS OF TIGERNACH 



SECOND FRAGMENT. A.D. I43 — A.D. 361. 



(RAWL. B. 488, Fo. 4* 2.) 



KKKK. Antoni[n]ô régnante 1 Valentin«j etM&rcion haere- 
siarchae 2 producuntwr [leg. agnoscuntur ?]. 

K. Galenus * medic«5 P^rgamo genhw5 Romœ praechvus 
habetur^. 

K. Agripinwj Ahxandriae cpiscopus annis .xii. 

KKKKKKK. uii. K1.5 KKKK. Tuathal Techtmuroccissiu^ 
la Mal mac Roc&raidhe, la ri[g] n-Uladh, ac Lind in Gabund i 
nDail Araidhe. 

[« Tuathal Techtmar was slain by Mal son of Rochraide, 
king of Ulaid, at Linn in Gobann (« the Smith's Pool ») in 
Dalaradia ».] 

Kl. Feidlimidh Reachtmur mac Tuathail Tcchtmair regnauit 
annis .ix. 

K. Antoninus 6 ad [fo. 4 b i] duodeàmmn ab Urbe lapidm 
morbô mterk .iiiim.c.xxx. 

Marcwi" Antonio \er\is cum fvatre Lucio Aurelio Cowodo 
[regnauit annis] .xix. et menst ûnô. Aureliwj port Particww 
bellum interit apoplexia7 .i. o sceith tbla [« by vomiting of 

1 . MS. rëg gante 5 . Kb. 

2. hernarches 6. Aristom'us 

3. Gallian/^ 7. i;//mtap opleri (see Orosius, 



4. hentt/r 





The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



1 



blood »]. Hi primum aequo iure 1 imperiutn administrauerunt 2 
cum xxsqut ad hoc tempus singuli Augusti fuerint*. Qui 
deinde contra Partos bellum admirabili4 uirtute et felicitate 5 
geserunt. 

Ku. Iuiliana* Ahxandriae cpiscopus znnis .x. 

Bresal mac Briuin regnauit a n-Ewaiw annis .xix., qui Loch 
Làigh swbintmuit. Cuius coniunx Mor a ben issi adbath dia 
chumaidh 6 . a qua7 nomwatwr Raith M6r Muighe Line 
[« Bresal, son of Briun, reigned 19 years in Emain. 'Tis he 
that went secretly into Loch Làig, and whose wife Môr died 
of grief for him, a qud etc.]. 

Kui. Persecutione 8 orta in Aissia, Policarp[us] et Pyoni[u]s 
fecere 9 mart*r[i]um. 

Kuii. IN Gallia quoque plurimi gloriose pro Christo san- 
guinem 10 effudere, nec multo post uindex 11 scelerum lues late 
multas pr<?uincias, Italiam maxime Romamqwd uastauit. 

Montant heretecwj, cataf [r]icarwm auctor, et Tatianus 12 a 
quo hereisis Encratitarum exorti sunt. 

Kiii. Kiiii. Cathair Mor cecidit la Luaigni Temrach [« Ca- 
thàir the Great fell by the Luaigni of Tara »]. 

Ku. Conn Cetchathach regnauit in Temporia annis'4 .xx. 
[« Conn of the Hundred Battles reigned in Tara twenty years »]. 

K.uii. K.i. Randta on Ath cliath co chele iter Cond Q'/ca- 
thach 7 Mogh Nuadhad, cui nonien erat Eogan Taidleach, a 
quo nowwatur Eoghanacbt [« Ireland was divided, from the 
one Ath cliath (Dublin) to the other (in Galway), between 
Conn of the Hundred Battles and Nuada's Slave, whose name 
was Eogan the Splendid, from whom the Eoganacht is 
named »]. 

[In marg. Iwitium cicli]. Kl.ii. Dionysius zpiscopus Corin- 
thiorum. 



1. MS. hipiuro aquo iore 9. pacere 

2. administraderunt 10. sangiwum 

3 . funînt 1 1 . iudex 

4. admirabil. e 7 12. xusxhnus 

5. feletitate * 13. encraticarum 

6. CMwaigh 14. ando 

7. q//o 15. Dionisisimw 

8. prrcecucone 



Digitized by 



8 



Whitley Stokes. 



K.uii. Demetr[i]us Ahxandriae tpiscopus regnauit znnis 
.xl.iii. cuius tempère Origines 1 claruit. 

K.u. Anw .lxxu. O feraib Muwan righe cach'la fecht co 
tanic Conn Q'/cathach, ar it .uii. riga do Chruithnechaib rofol- 
lamnaighsed Evinn [« The kingship (was taken) by men of 
Munster every second time until Conn of the Hundred Battles 
came, for seven kings of the Picts had ruled Ireland »]. 

Luc[i]itf Britania[e] rex, missa ad Eleutherium 2 Roma[e] 
episcopum epistola, [ut Christianus efficiatur impetrat]. 

K.ui. Anto[n]i[n]o iwpmitori Militô Assianwj Sardianw^ epis- 
copus apologeticum 3 [pro Christianis tradidit]. 

Kuii. Ki, Kiii. Apollinaris Assiana* H[i]erapoli chr us \\a- 
bet[uv], 

Kuii. Ku. Marcwj Antoni[n]us i«fando4 morbo mortuus est. 

K.ui. iiiim .xl. 1. iii. Lucius Antoninus Commodus* part 
mortem patris 6 sui regmuit annis xiii. Hic adu^rsuw Gerwanos 
bellum féliciter geissit. IPse uero per omwia luxuria[e] et obsce- 
nitati7 mancipatw^ nihil paternae 8 uirtutis et pietatis simile 
geisit. 

Ki. Tipraide Tireach regnauit a nEmuiw [« In Emain »] 
annis .xxx. 

Kii. Irenaeus9 cpiscopus Lugdonensis insignis habetur. 

Kiii. Comodwj impmitor capite Colossi 10 sublafto] sue imai- 
giniscaput ei 11 iusit imponi. 

Theodotion Ephesi 12 inurpres tercius habetur. 

K.ui. Cond CÀchathach occidit MoghNuadad a Muig Lena 
[« in Mag Lena »]. 

K.uii. K.i. Cond Cetczthach occissus^ est hi Tuaith Am- 
rois la Tibraidi Tireach la righ UW dia-mairt i n-orus Con- 
fît/, nô a n-Irr«.r Domnand, ut alii aiunt J 4. [ce Conn of the 
Hundred Battles was slain in Tuath Amrois by Tibraide Tirech 

1. MS. orighinis 8. prestare 

2. Euleutiuw 9. Hermiwi 

3. apologedicum 10. sisso 



4. ittpando 

5 . Andtonius commodius 

6. priusc. 

7. obscentitate 



1 1 . capite 

12. Teothotion effesiw 

1 3 . oecsissf/j 

14. aiui'nt 




The Annalsof Tigernach. Second Fragment. 



9 



king of Ulster on a Tuesday in... of Connaught or in Irrus 
Domnann, as others say »]. 

Art Aenfer [« Art the Lone One »] regnauit annis xxxii. 

Kiiii. Ku. Kui. Kuii. Comod«j Lucius incomodus cunctis in 
domu Vestiliani 1 strangulatus 2 interit. 

iiiiw.c.xl.iii. 

K.ii. Pminax3 Senex regnauit mensihus .ui. Hic Iuliani4 
iurâpmti scelere in P[al]atio occissw* est. Quem mense .uii. 
part quant c[o]eperat iwperare Seumjs apud Pontew iuxta Ro- 
mam Multiuium bellô ciuili uictuw interkcit. 

Uictor tercius decimwj Rome episcopus datis late [lijbellis 
constitua Pasca die dow/nico celebrari, sicut et pre[de]cessor eius 
Eleut[her]ius a .xu. 5 luna primi m^nsis usque .xxi. Cuius de- 
cretis 6 fauens Teophilwi" Caesareae 7 Pala[e]stine episcopus scrib- 
sit aduersus [eos] qui .xiiii. luna cum Iude[i]s pasca célébrant 8 , 
cum cetms qui in eodem Concilié aderant9 episcopis, sino- 
dicam 10 ac ualde utilem [fo. 4 b 2] epistolam 11 . 

K.iii. anm iiiiw.c.lx.ii. Seumis, génère Affer, Tripolitanwj 
ab opidô [Lepti], qui se ex no[mi]ne reigis quem Iulianus pere- 
mit 12 Pmmacem appellari uoluit, regnauit annis xuiii. 

Kiiii. Clemens Ahxandrinae eckrie prespiter et Panthenus *J 
stoicwj p[h]ilosophw^ in disputatione dogmatisé nostri diser- 
tissimi habentur. 

K.u. Narcisse Hierusolimorww episcopus et Teophilwj Caes- 
sareensis r s, Policarpus quoque et Bachulus, Assiane prouincie 
episcopi, insignés habentur. 

Kl. uii. Persecutio a Seuero, qwarta 16 persecutio in Christ- 
ianos foc/a. Plurimi per diu^rsas prouincias T 7 inter quos Leo- 
nides pater Origenis mirtirio coronati swwt. 

K. Tertullianus Africane 18 eckrïe episcopus chrus habetur. 



1 . MS. uestiliam 

2. scrangualatitf 

3. Pertimax 

4. iuilanitf... scelôre 

5 . ante .xiiii. 

6 . de credis 

7 . cexaria 

8. selebrant 

9 . eodeim cw/silio erant 



10. siwodaciaw 

1 1 . ep.alem 

12. uultwj funat 

1 3 . pantimwj 

14. inwdispuwtatiô dogmatiss 
1$. cessanensiwi 

16. quartô 

17. prouinchias 

18. TVrcu liante aferme 



Digitized by 



10 



Whitley Stokes. 



Kl.ii. Origines Ahxandriae studiis 1 eruditwr. 

Kiii. Simmachus inUrpres quarts cognoscitwr. 

K.u. Hoc annô Leonidem interkctum alii aiunt 2 . 

K.ui. K.uii. K.i. Perpétua et Félicitas apud Cartaginem bes- 
tiis 3 deputate szwt nonis Marti[i]s. 

K.iii. K.iiii. Ku. Kui. Kii. K.iii. Menses efficiunt* hune 
annum 5. 

Clodio 6 Albiwo, qui se in Gaillia Cessarem fecerat, Lugduni7 
interfectô Seuerus in Britan[n]ôs bellum transfert 8 ; ubi [ut] re- 
ceptas prouincias9 ab incursione barbarica faceret 10 secu- 
riores, magnum firmissimumque 11 uallum creb[r]is etiam tuir- 
ribus comm[un]itum per .c.xxx.ii. milia passuum a mairi usque 
ad mare deduxit: qui Eboraci (.i. Caere ebroc) morbo obit. 

Ogaman mac Fiatach Find xtgnauit a n-Eamuin [« in 
Emain annis" xii. 

.iiiim.c.lxix. 

Kl. iiii. Aurailiwj Antoni[n]w5 Baissianwj f/l/ws Seueri idem- 
que Car[a]calla dictus est tegnauit annis 12 .uii. qui de nomme 
uestiss in tempore illi[u]s imienti Car[a]calla dictus est. 

Kl. iiii. Ahxander episcopus Cappadociae 1 *, cum desideriô 
sanctorum 1 * locorwm Hierusalem uenisset 1 *, uiuente adhwc 
Narcisso eius 16 urbi[s] episcopô persenilis etatis uiro *7, ipse ibi 18 
ordinatwr episcopus, Domino ut id fieri detaret x 9 per reuelatio- 
we[m] monente. 

Cath Chind Abrad ria mtf<xaib Ai/illa Uluim 7 risna tri 
Chairpn .i. ria marcaib Gmaire maie Moga lama, for Lugaidh 
Macc con 7 for descm Evenn, a torchair Nemidh macc Sraibcwd, 
ri Erand, 7 Dareara druth Dairine. Docher Dareara la hEogan 
mac Ai//lla, 7 docear Nemeadh la Cairpri Rigfota, 7 is andsa 



1. MS. Originis... statonis 11. frimisimumqw* 

2. aumt 12. ando 

3 . felecitus apr. partagm. besstiis 1 3 . capadociô 

4. effisiunt 14. scotorum 

5. andum 15. uenisit 

6. cloidhio 16. est 

7. lugdanensi 17. uiso 7 

8. transférât 18. ibe 

9. refc.as prouinchias 19. deb^rad 
10. Ab incarnat. one barbiricca fa- 




The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



chath-sin dobacaighedh Mac con la Coirpr* Musc nô la 
hEôgan mac OiliUa don riwdcne .i. do sleigh AUûla. 

[« The Battle of Cenn Abrat (gained) by the sons of Ailill 
Bare-ear and by the three Carbres, that is, by the sons of Co- 
naire son of Mugh lima, over Lugaid Mac con and the South 
of Ireland, wherein fell Nemed son of Srabchenn, king of 
Erann, and Darera, the buffoon of Darine. Darera fell by Eogan 
son of Ailill, and Nemed fell by Carbre of the long fore- 
arm ; and 'tis in that battle that Mac con was lamed by Carbre 
Musc, or by Eogan son of Ailill, with the rindcne, that is, 
with AililPs spear »]. 

Kl. uii. în [IJerichô qwinta editio 1 diui'narum scripturarum 2 
imienta est, cuius auctor non apparet3. 

Kl. i. Tertullianus4 Afer, centarionis proconsuhxis filius, 
omwium eclesiarum* [sermone celebratur]. 

Kl. ii. Heracleus 6 Ahxandriae episcopus axinis .ui. 

K.iiii. K.u. Antoni[n]wj Car[a]calla intex Edisam et Carrhas7 
occiswj est a Parthis 8 .iiii.m.c.lxx. 

Kl. Opil[i]us Macrinus9 praekctus proton, cum filio Dia- 
dum£«o; cum quo imperiuw wuasit, xegnauit anno unô, quo 
ambo militari 10 tumultu apwd Archilaidem 11 occisi" sunt. 

Abgarwj *J uir sanctus xegnauit Edisae, ut AfFrican«j uult. 

Cath Muighe Mucruma dia dardain ria Lugaidh Mac con, 
a torchair Art Aenfear mac Cuind Chetchathtf/^ 7 .uii. maie 
Ailella Uluim. Lugaid Laga robith Art a Turlach Airt. Bende 
Brit immorro robith Éoghan mac Ai/zlla. Ailii aiunt J 4 Lugaid 
Mac con part hoc belluw in Temporia regnase [annis xuiii] uèl 
xxx. ut alii aiunt. 

[« The Battle of Mag Mucruma on a Thursday, (gained) 
by Lugaid Mac con, wherein fell Art Oenfer son of Conn of 
the Hundred Battles and seven sons ot Ailill Bare-ear. Lugaid 



1 . MS. editia 

2. scribtarum 

3. appared 

4. Terculianttf 

5. eclinaruw 

6. Heracléis 

7. carpascw 



8. parthir 

9. 1. marcinwj 

10. mili atri 

11. acilla 

12. occisus 

1 3 . Abagn/j 

14. auînt 



Digitized by 



12 



Whitley Stokes. 



Laga slew Art in Turloch Airt. But Benne the Briton fclew 
Eogan son of Ailill. Alii aiunt etc. »]. 

Cormac Ulfata hua Cuind [« Cormac Longbeard, grandson 
of Conn »] regnauit annis xlii. 

Marais Aureln/J Antoninwj 1 , qui fuit sacerdôs Eliogabali 
tewpH, regnauit annis .iiii. 

In Palaestiwa Nicopolis, quae prius 2 Em[m]aus uocabatwr, 
urbs condita est, legat[i]oms [industriam] pro [MS. part] ea 
sus[ci]piente Iulio 3 Africano scriptore* temporuw. \\aec est 
Em[m]aus quam Dominus part resurrectionem * suo ingress[u], 
sicut Lucas narrât, sanctificare 6 dignatw.r est. 

[fo. 5*i] Kl. ii. Hipolitwi episcopus, mwltorum conditor 
opwjculorwm temporuw cawonem quem7 scripsit hue usque 
perduxit, qui etiam decinouenalew pascha circulum repmens 
Eusebiô qui super eodem pascha decinouenalem c/rculum com- 
possuit, occasionew dédit 8 . 

K.iii. Sexta [editio Scripturarum] inuenta est Necapoli. Sa- 
pellius [leg. Sabellius] heresiarchwj ortus est. 

Dionisiwj episcopus Alaxandriae annis xuii. 

K.iiii. Aengtti Gaibnenn mac Fergwja Gailine regnauit a n- 
Emaw [« in Emain »] annis 9 xu. 

Marcus Auriliwj militari 10 tumultu cum matre sua occissw^ 
est. 

Ku. Kui. iiiiw.c.lxxxuii. 

Kl. Aurilius Alaxander uigesimwj prïmus ab Augwnô reg- 
nauit annis 11 .xiii. Hic in [Mamjmeam mflfrem suam unice 
pius 12 fuit et ob id omnibus amabilis. qui Xerxew Persarum 
regem^ uicit. 

K.uii. Urbanus Rome episcopus multos nobilés ad fidem 
Cbristi et martir[i]uw p^rduxit. 
K.i. Origines x * Alaxandriae immototiorbi clarus habetur 1 *. 

1. MS. minus 9. anwo 

2. palistiwa necapolis qwi primus 10. militaire 

3 . Iuliuo 11. anno 

4. scribtore 12. .uiii. cepius 

5. ressurect.onem * 13. regim 



6. sci. facer 

7. qui 

8. occisionew detit 



14. Originis 

1 5 . hentwr 




The Armais of Tigernach. Second Fragment. 



Deinde Mammea 1 mater Alaxandri audire* eum curauit, et ad 
Antiochiam accitum suwmo honore habuit. 

Rome insignis3 Alfini«i Treuirensis4 habetur. 

Kl. Cath Granaird ria Cormuc hua Cuifid for Ulltaib. Cath 
Medha for Conàachto. Cath Anasith. Cath Cind doire. Cath 
Sritha for Ultu. Cath Sligedh Cuailghne, 

[« The battle of Granard (gained) by Cormac grandson of 
Conn over the Ulaid. The battle of Mid(?) over Connaught. 
The battle of Anaeth(?). The battle of Cenn doire. The battle of 
Srith(?) over the Ulaid. The battle of the Road of Cuailgne. »] 

K.iii. Cath Atha Beitheach. Cath Ratha duiwe. 

[« The battle ofÀth Bethech. The battle of Rdith dûine. »] 

K.u. Cath Chuile Tocuir fot^ri, 7 tri catha a nDuibfîdh. 

[« A battle of Ciiil Tochuir thrice, and three battles in 
Dubîïd. »] 

K.ui. Cath Allamuig 7 .uii. catha Eilliwe. 

[« The battle of Allamag and the seven battles of Eilline. »] 

Kl. uii. Cath MuigheTecht. Loingeas môr Cormuic maie Airt 
tar magh rein fri re teora mbliadan. 

[« The battle of Mag Techt. The great fleet of Cormac, son 
of Art, over the sea-plain for the space of three years. »] 

K.i. CeitAri catha for Mumaiw la Cormac. cath Berre. cath 
Locha Leiw, cath Luiwm'gh, cath Graie. For Muwain beous, 
atfÂClasaigh, cath Muirisc, cath Ferta a torchair EochaziTaeb- 
iada mac AiliWa Uluim^ cath Aird caim. Ocus orgain na n-ingen 
isiw Claenferta a Temraig la Dunlang mac n-Enna Niadh, rig 
Laigean .i. xxx. rigingen 7 cet ingen la gach n-ingîn dib .xxxar 
.ccc. uile sin. Da righ déc robith Corwac iarom do Laighnib 
ar galaib aenfîr, 7 fonaidw na boruwa como torwach lais. 

[« Four battles gained over Munster by Cormac : the battle 
of Berre, the battle of Loch Léin, the battle of Luimnech, the 
battle of Grian. Over Munster also, the battle of Clasach, the 
battle of Muiresc, the battle of Fert, wherein fell Eochaid Long- 
sides, son of Ailill Bare-ear, the battle of Ard Cam. And the 
slaughter of the maidens in the Cloenferta at Tara by Dunlang 

1 . MS. Deinwde marne 3 . insigne 



2. audiri 



4. treuirums 




14 Whitley Stokes. 

son ofÉnna Nia, King of Leinster, to wit, thirty royal mai- 
dens, and a hundred girls with each of them, thirty and 
three hundred (rectius 3000) in ail. Then Cormac slew in 
single combat twelve kings of the Leinstermen, and fastened 
the borotna (« tribute ») with an increase. »] 

Kl.ui. Cormuc hua Cuind d'athrighadh o Ulltaib. 

[« Cormac, grandson of Conn, was dethroned by the Ulaid. »] 

K.iiii. K.u. K.ui. Aurélia* Alaxander zpud Moguntiacum 1 
militari tumultu interkctus est. 

Paulwj herimita natwj est. >~ 

K.i. Mzximinus vegnauit annis .iii. Hic zduersus ecclesiarwm 2 
sacerdotés et clericos* .i. doctores4, persecutionem exwet, et 
maxime contra christhnam Ahxandri, cui successerat 5, et 
Mammeae 6 ma/ris €ius familiam, uel praecipue propter Ori- 
genew praespcterum. 

K.u. Fiacha Araidhi xegnauit a n-Eamuin [« in Emain »] 
annis7 .x. 

K.iii. Pontianus et Anteros 8 Rome urbis episcoipi marterio 
coronati sunt, et in cimithmô Calixti sunt sepulti. 

Maxime eyiscopus Ahxandriae annis .xuiii. 

Bellum9 oc Fothaird Muirthemne. memaidh 10 re Cormac 
hua Cuiwd 7 re Fiachaigh Muillethan righ Muman for Cruith- 
niu 7 for Fiachaigh Araidhe, ubi et ipse cecidit, ut alii aiunt 

[« A battle at Fothaird Muirthemne, in which Cormac 
grandson of Conn, and Fiacha Broadcrown, king of Munster, 
routed the Picts and Fiacha Araide, ubi etc. »] 

Maximinwj 12 primus ex militari corpore absqw^decreto^ se- 
natus imperator 1 -* efectwj, Christimôs persécuta* a Pupianô in 
Acqwilea ciuitate 1 * occiswj est. 

iiiiw.c.x.ui. 

Kl.iiii. Gordiana* imperat annis 16 .ui. 



1. MS. Arailiw*. 

2. eclinan/w 

3 . cleiricMJ 

4. docteros 
$. sucerunt 

6 . meawea 

7. ando 

8. Anxer'ius 



mogantiacuw 



9. Belloro 

10. muirrtemne. mebuigh 

1 1 . ibsc... auint 
12 Machimin«5 
1 3 . decredo 

14. imp^ratur 

1 5 . ciuin 

16. anwo 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



15 



IulittJ Africain inter scriptores ecclesiasticos 1 \\abtxur, qwi 
in chronicis 2 quae scripsit refert3 se Alaxândriam properare 
[H]eracl[i]e opinione* celeberrima prtfuocatum, quetn et in diui- 
nis et in p[h]ilosophicis [studiis] atque omni s Graecorum [doc- 
trina] instructissimum fama loqueretur 6 . 

K.uii. Origines in Cesaria Palaestinae7 Teodorw/w cogno- 
mento Gregorium et Athenodorwm 8 adolescentulos fra/res 
Ponti9 postez nobilissimôs episcopos diuina philosophia [fo. 5*2] 
irobuit io . 

K.i. Fabianwj testimonio 11 Spiritus in specie columbe super 
caput ipsius discen[den]tis Rome episcopus ordinatwr, liquet [leg. 
licet] de Zeumno hoc umus affirmant. 

K.ii. K.iiii. Gordianus fraude Pilipi praefecti interkctus est. 

Kiiii. iiiiw.cc.iii. 

In marg. : iwicium cich". 

Kl. Pilipi pater cum filio suo Pilipô regnauit annis 12 .uii. 
Hic prïmus iwp^rator^ owwium iwperatorww christiznus fuit. 

K.ui. Kuii. Origenes adu^rsus qw^ndam^ Celsuw Epicu- 
reum 1 * p[h]ilosophum, qui contra nés libros conscripserat, 
octô 16 uoluminibwj responwdit, qui ut breuitfrdicam, tam scri- 
bendi sedulw* fuit ut Hi[e]ronimw* qwodaw loco .u. milia li- 
b[r]oruw eius manu x 7 se legise memiwerit. 

Port tertium 18 Pilipi annum x 9 millésime a ftwdic[i]one Ur- 
bis Rome znnus expletwj est. Ita magnificis ludis augustissi- 
mus 20 owmum pra^teritorum 21 hic natalis znnus a 22 Christhno 
iwp^ratore célébra tus est. 

Fergas Duibdetach [« Black-toothed »] regnauit a nEamuin 
[« in Emain »] cum duobus tratribus .i. Fergus Foiltleabar 



1 . MS. scribtoires ech'nasticos 

2. cronicwj 

3 . scribsit referunt 

4. opinianô 

5. amoniuw 

6. lo quatttr 

7. palistina. Pales 

8. cognamewto Grigoriam 7 athi- 
nedoruw 

9. Pontio 

10. impuit 

11. testimowia 



12. anno 

13. imp*ratur 

14. q//endum 

1 5 . epicon/w 

16. libross fonscripserunt actô 

17. annwj 
18 tircum 

19. andz/w 

20. magnifie*/; laudis augustînwi 

21 . praetmorum 

22. e 



Digitized by 



i6 



Whitley Stokes. 



[« Longhaired »] et Fergus Caisfiaclach [« of the Twisted 
Teeth »], qui Bot fo Breagaib [« Fire throughout Bregia »,] 
regnauit annis .iiii. 

K.u. K.iii. Teasbaidh Chormuic hui Chuind fri re .uii. miss. 
[« Absence ofCormac, grandson of Conn, for the space of se- 
ven months »]. 

K.iiii. Aithrighadh Cormuic hui Cuind o Ulltaib iarow. Cath 
Crinda Bregh ria Cormac 7 ria Tadhg mac Cen maie Ai/illa 
Uluim cona trichaid righ 7 com .1. cathmiW 7 cowa sluagh 
diairmidhi arcena 7 ria Lugaidh Lagha mac Mogha Nuadhat, 
for Ulltaib, a torcradar na tri Ferghais .i. Fergwj Foiltleabwr 7 
Fergus Casfiaclach 7 Fergus Duibdetach, lasin n-aenodach, la 
Lugaid Laghai, co tue lais a tri cindu, coro taiselb do Cormac 
a n-eraic a athar .i. Airt maie Cuind robith-sow a Muig Mu- 
craime, 7 robris Tadg .iiii. cathaisin aen lô-sin .i. cathCewa- 
chaigh 7 cath Sithbe 7 cath Drowa Fuaid 7 cath Cairn Eolairg. 
IArsna cathaib dobreath [do] Tadg an ni dotimchillfid a carpad 
do Muig Bregh o ro memaidh 1 in cath co haidhehi. IS edh 
didiu dothimchill, tnucha cét Chnachfa .i. o Glaiss Nera co 
Cnoccaib Maile Doaigh ic Abuiwd Life. 

[« The dethronement of Cormac, grandson of Conn, by the 
Ulaid then. The battle of Crinna in Bregia gained over the 
Ulaid by Cormac and by Tadg, son of Cian, son of Ailill Bare- 
ear, with their thirty kings, and their fifty battle-soldiers, and 
their countless host besides, and by Lugaid Laga, son of Mug 
Nuadat, wherein fell the three Ferguses, namely, Fergus Long- 
hair and Fergus of the Twisted Teeth and Fergus the Black- 
toothed, by a single warrior, Lugaid Laga, who brought their 
three heads and displayed them to Cormac in compensation 
for his father, Art son of Conn, whom he, Lugaid Laga, had 
slain on Mag Mucraime. And Tadg broke four battles in that 
single day, to wit, the battle of Conachach and the battle of 
Sithbe and the battle of Druim Fuait and the battle of Carn 
Eolairg. After the battles, there was given to Tadg so much of 
the plain of Bregia as his chariot would surround from the 
gaining of the battle till night. Tis this, then, that it surround- 

1. MS. mebuigh 




The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



ed, the cantred of the Cianachta, that is, from Glass Nera 
to the Hills of Mael Doaid at the river Liffey »]. 

K.u. Ross maclmchadha regnauit a n-Emain[« in Emain »] 
antto uno. 

Duo Pilipf, pater scïlicet et filius x , militari 2 tumultu et fraude * 
Decii, quamuis4 diu^rsis locis, iwterfecti [sunt]. 
In marg. .iiiim.cc.uii. 

Decius anwo uno et mwsibus tribus. Hic cum Pilipos, pa~ 
trem [et filium] int[er]feciset, ob odium s eorw/w in Cbristiinos 
persecutionem mouet, in qwa Fabianus in Urbe [Roma] mar- 
tirio 6 coronat«j7 sedem sui zpiscopztus Cornilio deriliquit, qui 
et ipse martirio 8 a Decio coronatus est. 

Aengus Find mac Fergusa Duibdetaig xegnauit a n-Emain 
[« in Emain »] anno uno9. 

Alzxander Hiresolimorww episcopus zpud Caesaream 10 et An- 
tiochie Babilas 11 interficiuntwr. Haec 12 p^rsecutio, ut Dionis- 
sius Ahxandriae episcopus refert, non ex pnzecepto imp^ratoris 
sumpsit exordium, sed 1 ) amw, inqwit, intigroprincipalia prae- 
uenit edic/a minister demonum, qui dicebatwr^inciuitatenos- 
tra diuinus 1 *, s«/>erst[it]iosum contra [nos] exagitans uulgus. 

Sanctus Antonius monacus Eighiptô dicituv txortus. 

Deciwi cum filio suo a barbaris ,6 occise est. 

Cath Crinna Frigabuil ria Cormac hua Cuiwd for Ulltaib, ubi 
cecidit Aeng&î Find mac Fergwxa Duibdhetaig co n-ar UW. 

[« The battle of Crinna Frigabuil gained by Cormac, grand- 
son ofConn, over theUlaid, wherein fell Oengus the Fair, son 
of Fergus the Blacktoothed, with a slaughter of the Ulaid »]. 

K.i. iiii.m.cc.uii. 

RI. Gallwj x 7 cum Volusianô 18 filiô suo regnauit znnisW .ii. 



1 . MS. filios 1 1 babillis 

2. militairi 7 12. Haec M. 

3 . fraudi 13 . sed n. 

4. aruis 14. decebatf/r 
î . odiam 15. nr. dirina 

6. orbe... mairtiro 16. ab arbairis 

7. MS. inserts est 17. Galli//j 

8. marttno 18. uolluisianô 

9. In the MS. nextafter Duibdetaig 19. anwo 
10. cessarum 

Revue Celtique, XVII. 



Digitized by 



18 Whitley Stokes. 

mensibus iiii. Huius impmi Dion[ys]ius Ahxandriae antistes 
eclesiae ita meminit: at 1 ne Gallus quidem 2 malum Decii 
aut uidere 3 potuit, zut cau^re, sed in eundem lapidem offen- 
sionis impegit*: cuius cum regnum floreret* initio, et cuncta 
ei ex sentmtia cédèrent 6 , sanctos uiros qwi pro pace reignl dus 
[fo. 5 b i] Deo sum[m]o sup[pjlicaba«t persécuta est, cum qui- 
bus et prospeiritatem suam fugauit et pacem. 

Feargwj Fogha m^Fraechair regnauit a n-Emain annis7 .lxxu. 
[Fergus Fogae, son of Fraechar, reigned in Emain 75 years]. 

Origines .lxx. etatis sue znno non ad integruw impleto de- 
functwj est, et in u[r]be Tlri sepultwj est. 

Corneliwj 8 Rome episcopus rogatwj a qwadam matrona 9 Lu- 
cina corpora apartolorum de catacumbis 10 leuauit noctu, [et] 
possuit corpus Pauli uia Ost[i]ensi ubi décollât^ [est], Pétri 
autem corpus iuxta locuw ubi crucifixwj [est], inter corpora 11 
sanctorum episcoporum in templum Apollinis 12 in monte Au- 
re[li]o in Vaticawo Palatifi] Neroniani, tercia die Iulii l K 

K. arw. K.ii. K.iii. Gallus Host[il]ianwj cum filiô suo Volu- 
sianô ab Emel[iano] occisswj est*4. Emeleanw^ tertio 1 * mense 
imiase 16 tirannidis extinct/u x 7 est. 

INdarba Uladh a hEriwd a Manaind la Cormac hua Cuiwd. 
as de ba Cormac Ulfada dia rochuir XJltu a fad. 

[« Expulsion of the Ulaid from Ireland into Mann by Cor- 
mac, grandson of Conn. Hence he was called Cormac Ul-fota, 
since he put the Ulaid afar (i fot). »] 

Nouatwj, Cipriani tpiscopi praespiter, Romam 18 ueniens, 
Nouatianaw haeresiw x 9 awdidit. 

K.u. Duo iwperatores 20 creati sunt simul. 



1 . MS. antistis eclina ita meni 
oc us^m* ad 

2. pridem 

3. uideri 

4 ofinsionis iwpedit miwabeo 
fegad etir 

5. plorerit 

6. cederunt 

7. anwo 

8. CoroneliuMs 

9. qi/adum matrone 
10. cata cumbae 



1 1 . corpore 

12. Apollonis 

13. the MS. has here: mettsis eficiunt 
hune anuw. 

14. sunt 

15. téreia 

16. inuasi 

17. Qxterhtus 

18. row/anf 

19. nouatianum heressiuw 

20. imperatorei's 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



*9 



.nii.w.cc.xxii. 

Valériane in Retia ab ex[er]citu Augwrtus appellamj est: 
Rome autetn a senatu Gallienw^ 1 , ûlius Valeriani eiwjdem, 
Caesar 2 créatif est. Mawsit in regno Gallienus iwfeliciter an- 
nis* .xu. et Valerianus4. 

Ciprianwj 5 Cartagiwensis epis£0/wj, cuius doctissima 6 extant 
opuscula, martir[i]o apwd Cartaginem coronatus est. Cuius uite 
tfpassioms uolum^«7 egr^gium reliqwitPonti[u]s [diaconus eius, 
qui usque ad diem passionis eius] cum ipso exilium 8 SMJtinuit. 

Kl. ui. ValerianttJ persecutione 9 in Christhnos commota IO 
statim a Sapore 11 Persarum rege 12 capta* est 1 *, qui ignomi- 
n[i]osisima apud Persas seruitute T 4 rcwsenuit, hoc officium, do- 
nec uixit, sortit***, ut [ipse] acclinis humi X S, regew sw/wrras[c]en- 
suruw in equum non manu [sua] sed dorso a[d]tolleret, ibi- 
que 16 luminibws orbatwj est. 

Teonas episcopus Alaxandriae prarfuit anmV .xix. 

Kl. uii. Gothi Graeciam^, Macidowiamq«€ et AssiamPon- 
tumque depopulantur 18 . 

K.i. Guin Chellaigh maie Conwaic 7 marbad Setna maie 
Blae maie rechtaire na Tewrach, 7 suil Cormaic hui Cuind do 
brisidh d'aen forguw la hAengw* mae Fhchach Siiighi maie 
¥cidlimtbe Redtfmuir. Unde Aengus Gaebuaibteach dictus 
[est]. Robris iarow Cormac .uii. catha forna Deisib, conus- 
fii[d] a Muwaiw 7 coro tafuind assa thir. 

[« The slaying of Cellach, son of Cormac, and the killing 
of Setna son of Blae, son of the steward of Tara, and the eye 
of Cormac, grandson of Conn, was broken with one spear- 
thrust by Oengus son of Fiacha Suigde, son of Fedlimid Recht- 
mar. Hence he was called Oengus of the Dread Spear. Then 



1. MS. gallianttf 

2. sesar 

3 . galliamtf iwfelicister andis 

4. Here thereseems a lacuna. 

5 . MS. : Aprianwi 

6. doctrina 

7. uolumensus 

8. exilium 

9. Uelerianttf persecutino 
10. motato 



11. sopore 

12. rego 

1 3 . Here the MS. inserts persecutino 
uiii. 

14. persass senectute 

1 5 . sorditaj ut adehiinis çuw 

16. dorrsu atollerati biqw* 

17. uigrecium 

18. depupulandtwr 



Digitized by 



20 



Whitley Stokes. 



Cormac routed the Dési in seven battles, and sent them into 
Munster, and hunted them out of his country. »] 

Kl. ui. Cormac hua Cuind Cetchathaig do ec a Cleiteoch 
dia-wairt iar leanwaiw cnawa bratain ina bragaid. Nô as iad na 
siabra ron-ortadar iarna brath do Maelcenn drài o nâr'cred 
Cormac dô. 

[« Cormac, grandson of Conn of the Hundred Battles, died 
in Cletech on a Tuesday, the bone of a salmon having stuck 
in his throat. Or it was the elves that destroyed him after he 
was betrayed by Maelchenn the wizard, since Cormac did not 
believe in him. »] 

K.iiii. Cairpre Lifeochair regnauit anmV .xx.u. 

Gallienus 1 Gallo Valeriano territus pacem ecclesiis 2 red[d]it. 

K.u. Teodorus, cuins super meminimus3 cognom^wto Gre- 
gorius, Neocaesareae* Ponti episcopus, magna uirtutuw* gtoria 
claret, e quibMJ unum est, quod 6 montew precibus mouit ut 
locus [ecclesie] awstruende sufficeret7. 

K.ui. Zehnuset Sixtus 8 martirium paissi sunt. 

Kl.i. Kl.ii. Cairpr* Lifeochair robris .uii. catha a[c] cosnum 
cert Laig^n for firu Mumun. 

[« Cairbre Lifechair, in defending the rights of Leinster, 
routed the men of Munster in seven battles. »] 

K.iii. Kiiii. Ab init/o mundi u.w.cc.cc.lx.i. iuxta .lxx. [In- 
terprètes,] secundum uero Ebreos .iiiim.ccc. Ab Incarnations 
autem .cc.lx.uii. 

K.ui. Kiiii. Ki. Gallien«j9 cum rem publicaw 10 deseruisset, 
ac Mediolani 11 libidinibttj i«se[ruiret,] occis*** est. 

.iiiiw.cc.xx.ui. 

Kl.ii. Claudia regnauit anno uno mensibus .uii. ISte Gothos 
iam perannos .xu. Hiliricum Macedomamq^ 12 uastantes sw- 
perzt, ob quae in curia clepewx [ei] aurewj et in Capitolio 1 * 
[fo. 5 b 2] statua x 4 aurea colloca[ta] est. 

1. MS. Gallanwj 8. sicxstus 

2 . facem ecclinis 9 . GallianK* 



3. meirmus 

4. Gregoins neocessan 

5. uirtutim 

6 . e quibwj ue\ qui 

7. sufiserat 



10. puplicuw 

11. meolaine 

1 2 . macidomamwj que 

13. capituo 

14. statuo 




The An nais of Tigernach. Second Fragment. 



2! 



Marcion disertissim&r 1 Antiochene eckrie pr^spiter, quip[p]e 
qui in eadem urbe retoricam docuerat, zàuersus Paulum de 
[SJamusathe, qwi An/zochie prespiter, dogmatizabat Chrisium 
cowi[m]unis nature homiwem xantum fuisse 2 , accipientibwj no- 
tariis 3 disputauit, qui dialogw* usque hodie extat. 

Claudius dolore apwd Sirmium 4 monter, part quem fmter 
ei«5 Quintillus xuii îiebus, qui * interîectus est. 

iiiim.cc.xx.uiii. 

Kl.uii. Aurilianw.f regnauit annis .u. mmsibwx .ui. Hic cum 
persecut/btf em adu^rsuw Christianos 6 mouisset, fulrraw 7 ante 
e[u]m magno pauor[e] circuwstantiuw ruit: ac non multo post 
a militibwj occisus est iteneris mediô quod inter Cowstanrino- 
polim 8 et Heracleam est, stratae9 ueteris lo[cus] Cenof[r]0- 
rium ap[p]ellat«r. 

K.u. K. sexta feria. Eutichianus IO Rome episcopus mam'rio 
coronatwj, in cymithmo Calixti sepelitur, qui 11 etipse .ccc.xiii. 
martires manu sua sepiliuit. 

K.ii. Petrus Ahxandriae episcopus anw/5 ... 

K.iiii. Find hua Baiscne décollât//* est o Aichleach mac 
Duibdrenn 7 o marcaib Uirgrend do Luaignib Temxach oc Ath 
Brea for Boind. 

[« Find, grandson of Baiscne, was beheaded by Aichlech, 
son of Dubdriu, and by the sons of Uirgriu, of the Luaigni of 
Tara, at Àth Brea on the Boy ne. »] 

K.u. iiiim.cc.xxx. 

K.ui. Tacite veignauit mensïbus .ui. qwo zpud Pontum oc- 
cisô 12 obtenuit Florianwx imperium diebus .lxxx.uii., qui in 
Tarso interîectus est. 

Anatoliwj nat/one Alaxandrinus, Laudacie Sirie episcopus, 
philosophoruw disciplinis eruditw*, plurimo sermone cele- 
bratur 1 *. Cuius ingeni magnitudo 1 ' de librô quem super pasca 

1. MS. Marsiow di'osertissimwj 8. cowstantfnopolum 

2. dogmastizabat... fuissi 9. quos utea 

3. notairis 10. eutitianwj 

4. firrauw 11. sepultwra 
q^intillum xundiebwj ui. hic 12. occisiô 



cum 



6 xp.iamrtf 
7. Rumen 



13. dîscipulus 

14. celebratwj 

1 5 . magnituto 




22 



Whiîley Stokes. 



composuit, et de x. libris arithmetice institutionis *, potest 
apertissime cognosci. 

Iwsana Manic[hae]ôrum haeresis 2 oritwr. 

iiii.w.cc.xxx. 

Kl.ui. Probus regnauit anniV .ui. mensibus .iiii. Hic Gaillias 
a barbaris iam iudum occupatas * per multa et grauia pradia, 
deletis4 tandem hostibw.r ad pérfe[c]tum lib^rauit 5. 

K.uii. Secundo huius an«o, ut in cronicis Eusebéi legimwj 6 , 
iuxta Anteochenor .ccc.xxu. annus7 fuit, iuxta Tirios .ccc.ii. 
et iuxta Laudacenos .ccc.xx.iiii. iuxta Edessenos 8 .dl.xxxuiii., 
iuxta Ascolonitas .ccc.lxxx. secundum Ebreos initiuw .lxxx.ui. 
iubilei 9, quod sighnificat .iiiiw.cc.l. 

K.i. Kii. Archelaus Mesopotamiae IO episcopus libruw dispu- 
tat/onis sue quant habuit aduersus Manicheuw exeuntew 11 de 
P^rside, Siro sermone cowposuit, qwi translata a Graecis ha- 
betur a mul[t]is. 

K.iiii. K.u. Probuszpud Sirmium 12 in twrre, [quae uocatur] 
Ferrata a militibwj occise est. 

iiii. m. ce. xxx.uiii. 

Kl. drus Narbonensis cum fil/is Carino et Numeriano x * 
regnauit annis .ii. 

Gauiwj Romane ecckrie episcopus fuilget, qwia Diocletiano '* 
postez martirium pasusest. Pierius 16 p/wspiter Ahxandriae urbis 
sub Theone x 7 episcopo eiusàem ciuitatis florentissimae 18 po- 
polos docuit, et tantam l 9 sermonis diuersorwwqw* tractatuum -°, 
qwi usque hodie extant, iwuenit eligantiaw, ut Origenes 21 iunior 
uoearetwr: uir parcimonie 22 et uoluwtarie paupertatis appe- 



1 . MS. libriss airit medice institu 


11 . 


eiaunatem 


conis 


12. 


firmura 


2. hereissis 


H- 


ferreta 


3 barbarisaro iudum occupatus 


14. 


caromo aff . 7 numerwô 


4 delitis 


15- 


dktclitofle uc\ tiano. 


5. lib^ratwr. Manicheorww heiri- 


16. 


Pilieriwj 


seis oritwr. 


17. 


dcona 



6 legamus 

7. andus 

8. edditeenos 

9. uilelî 

10. Arsilaus iwesopotamia 



18 

19 
20 
21 
22 



plorentisitne 
tanti 



tnjccatutuw 
origwtes 



parcimiowe 




The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



23 



titor 1 , qui post persecutionem omni 3 tempore uite Rome 
u^rsatwj est. 

K.uiii. Carus postquam de Persis* triump[h]auit, uictor 
circa Tigridew castra ponens, ictu fulminis concidit4. Nume- 
rianwj films eiusdem Cari, ab oriente rediens, fraude s Apri 
soceri sui occissaj est. 

Coirpr* Lifeochair cecidit 6 a cath Gabra Aithle la Seniach 
mac Fir chirb do Fothartaib .iiiim.ccl.uiiii. 

[« Carbre Lifechair fell in the battle of Gabra Aithle (leg. 
Aichle ?) by Seniach son of Fer Cirb of the Fothâirt, A. M. 
4259- »] 

Kl. ii. Dioclitiantt^cumHerculio7 Maximiano, quem Diocli- 
tianus prius Cessarem et Augustum fecit 8 , rtgnauit znnis .xx. 
Car[a]usiwj sumptô regnô [et] purpura Britan[n]ias occupau/t. 
Narseus9 rex Persarum orienti bellum [fo. 6* 1] intulit. Quin- 
[que]gentiani Africam infestauerunt IO , Achilleus Egiptum ob- 
tinuit, ob quae Gwstantius et Galerie Maximinus 11 a Diocli- 
tianô Caesares 12 in regnum [adjsumuntwr. 

K.iii. Galerie fïh'am Dioclitiani Valeriaw uxorem accepit l K 
Fiacha Roibtiwe regnauit a Temraig [« in Tara »] annis 
.xxuii. 

K.iiii. C0«stantinw.rpriuignamHerculii I 4 Téodoram accepit 1 *, 
ex qwa partea sex filios 16 Constantiwi fnz/res habuit. 

K.ii. Hoc tempore Géorgie apud Diocletianuw l 7 passus est, 
et iwtra .xxx. diés .x.iiii milita Christianorum passa 18 [sunt], 

K.ui. K.i. Kii. Cath Duiblinde re Fiachaigh Sraibtwe for 
Laigniu, 7 tri catha a Sleib Tuadh, 7 cat[h] Smetire 7 cath 
Ciarmuighi. 

[« The battle of Dublin (gained) by Fiacha Srabtine over 



1 . MS. apeditor 

2 . primo jwsecucon mon 

3. dispirsis 

4. carrta fones icta pluminis con- 
ditid 

5 . fraudi 

6. cecisid 

7. hierculuo 

8. fecid 

9. Narsenis 



10. africanf inu^rsau^runt inuas- 
tauerunt 

11. maxemi'anus 

12. cesairis 

1 3 . ualeriuw 

14. pnwuignaw ercuili 

15. accepid 

16. rex plos. 

17. datianum 

18. papa 



Digitized by 



Whitley Stokes. 



the Leinstermen, and three battles at Sliab Tuad, and the 
battle of Smetire (?), and the battle of Ciarmag. »] 

K.iii. K.iiii. K.u. Post .x. znnos per Asc[l]epiôdotum prefec- 
tum prortori[i] Britan[ni]ae recept[a]esu nt. 

K.uii. Constantin*** et Galerie et Maximianwj Caesares 
assurauntur 1 in regnwm. 

K.i. Dioclitianwx iprimus gemmis uestibwj calciam^wtisqwe 
inseri 2 iusit, dum sola pwrpura rétro principes uterentur*. 

Kl.ii. Kl.iii. K.iiii. K.ui. Constantin/^ .xui. anno impm[i], 
summaemansuetudinis4^ ciuilitatis uir, diemobi[i]t Eboraci*. 

K.uii. K.i. K.iii. xix. anwo Dioclitiani 6 . Dioclitianwj in 
Oriente 7 diuinis Hbris adustis 8 , Maximian^f Hercoli[uJs in 
Occidente uastari eclesias et affligi9 interficique Christianos 
prtfecipiunt. 

K.iii. Secundo 10 anno p*rsecuc[i]onis Dioclitianus Nicome- 
die 11 y Maximianwj Hercoli[u]s Med[i]ola[ni], iubente Diocli- 
tiano 12 una dié purpuram x 3 simul deposuerunt m. Attamen x * 
coepta semel p^rcicutiô usque ad .uii. Co/istantini an[n]um 
feru^re non cessât. Constantinus et Galeriwj Agwjti imperium 
inter se diuiserunt. Haec p^rsecutiô tam crudelis 16 ^/ crebra fla- 
grabat*7 ut intra unum mensem .xiiii. millia martirum pro 
Christo passa 18 inueniantwr. Nam l 9 [et] ociani limbum trans- 
gressa 20 Albanum, Aaron et Iuiliuw Pntanie, cum ali[i]s plui- 
ribus uiris ac femmis felici cruore dawpnauit. Passwj est hac 
persecucione Pampiliwj praespiter, Euseui Cesariensis episcopi 
necesariwj, cuius ipse uitam tribus libris compn>[h]endit. Pas- 
sai est tewpistate Petrwj Ahxandriae episcopus cum plwribtt* 
Eigipti tpiscopis, cui successit Achilleus 21 episcopus in Alaxan- 
dria anno. Lucianw* quoque, uir moribwj et ^ontifientia et eru- 



1 . 


MS. cessari/Aî assuwantur 


12. 


dioclitiono 


2. 


gemu*... anseri 


H- 


purporum 


i- 


nctro principens uterenter 


14. 


disposuerunt 


4- 


suwea mansuentudmis 


M- 


Actamen 


S 


eborati 


16 


cruteliwj 


6. 


diocliati'am 


17. 


flangbat 


7- 


inuiriante 


18. 


passi 

Inter iam 


8. 


aducrstis 




9- 


eclinas 7 aflighi 


20. 


tninscrfsa 


10. 


secundo. 


21 . 


aceillis 


1 1 . 


dioclitianis wcomidie 







Digitized by 



The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



*5 



ditione, pn#cipu[u]s Anfibchenwj praespiter, passif est. Timo- 
thewj quoque Rome passif drt .x. kakndas Iulias x . 

TVrcio anwo p^rsecucionis, qwo Constantin obiit, Maxi- 
mus 2 et Seuevus a Galerio3 Maximiano Cesares facti sunt, 
qttos ita posuit, Maximum scilù*/ in Oriente *f Seuerum in Ita- 
lia, ipse in Hilirico flwisti[tu]tiu est. Constantius obiit*. 

K.u. Annô ab Urbe condita milleisimô sexagessimo* primé 
Constantinaj .i. imp^rator .xxxiiii. ab Agusto, Ctfnstantii 6 ex 
concubina 7 Elina films, in Britania créatif imperator regnauit 
annis .xxx.ii. et mensibus .ix. Hic cum elephantino morbo ar- 
[rjeptitf est, medici ei consilium deferunt ut in t[h]erma san- 
guine infantium 8 plena calide lauaret 9. Cumque id fieri temp- 
taretwr- luctu 10 mflfrum rex misertwj ait: « Non faciam hoc 
licet 1 1 sîm leprosus p^rpetuo ». Cui ideo 12 Petrwj et Paulin 
apostoli seqwente nocte ap[p]aruerunt dicentes ei : a Vocca Sil— 
uestrem papam *3, et ostendet *4 ûbi salutis thermam *s ». Quo 
facto part ieiunium uisit 16 manum de celo sibi missam^ tan- 
gentem se in [h]ora babtismi, ac subito sznus abiectd lepra 
factus est rex. Part hoc dédit licentiam Cèw/ianis rragr^gatis 18 
in toto orbe terrarum. Igitwr de p^rsecutore l 9 Christianus effi- 
citwr. Hoc totum in sexto reigni eius anno ïactum fuisse xxznus 
af[f]irmant. 

Kl.ui. Qwartô anwo persecucionis Maxentium Herculi[i]Maxi- 
miniani filium 20 , qui priuatw-rin Lucania morabatwr, proitoriani 
milites Rome Agustum 21 nuncupau^runt, qui Seumim Ces- 
sarem a Ga[l]erio Agimo missum cum exercitu aduersum se 
Romam 22 a militibwj smis destitutum in Rauenna 2 3 interkcit. 

K.uii. Hercul[i]«5 Maximianm ex Agwrto tiran[n]wj factus 



1 . MS. iuilif/5 

2. Maximi//5 

3. galicro 

4 Cowstantibtu obuit. 

5. sextagessimo 

6. cowstannti 

7. rowcupi/iae 

8. saingine infantiam 
9 lauarunt 

10. lucta 

11. licz/j 

12. idio 



1 3 . siluestrum papum 

14. ostendit 

1 5 . terni uw 

16. uicit 

17. misa m 

18 congregsuims 

19. persecuc/one 

20. raaximani plm. 

21. axttftum 

22. rowum 

23. reuenda 



Digitized by 



26 



Whitley Stokes. 



Maxentium 1 fïh'wm suum [fo. 6*2] regno 2 spoliare conzxus 
est, sed proditus et conter[r]itus in Galliam fu[g]it ut Constan- 
tinogenero* iunctK* dolis auferret 4 imperium. Sed per filiam 
suamS deprrfien[s]us et proditus 6 in Massilia7 interkctus est. 

Euseb[i]wj Cessant ciclum decennouenalm 8 composuit. 

Kl. i. Inter Constantinum et Maxentium ciuile9 bellum 
exortum est. Maxentiwj sepe mwltis praeliis agitatus IO , ultime 
apud pontem Mul[ujium uictws et interkctus est. 

K.iii. Licinius, Constantiae 1 1 sororis Cowstantini uir, Car- 
nu[n]ti imperator" créatif [est], quem Constantinus primum in 
Pannonia x 3 uicit, deinde apud Cibaku opprait, quem tandem^ 
ad dedk[i]0«em coegit et priuatum iusit occidi 1 *. 

K.iiii. Const&ntinus barbaros 16 apud Danuuium congregator 
ad bellum in Sarm[a]tarum regione uicit, confisus de u/rtute 
crucis sibi in aere l 7 ostense in sompnô ac uerbo dicentis 18 « In 
hoc uince hostes sighno. » Vropter h^cre[di]dit Christo, etcru- 
cem eius a Iude[ijs mater eius Helena, eo imper tante, qwdesiuit x 9 et 
iwuenit, et secwm ad Cowstantinum fih'wm suum ad[d]uxit. Bap- 
tizatwj est autem Constaminus a Siluestro papa 2 °, ut diximus, 
qui fecit basilicam Iohanni Baptize 21 , item basilicam beato 
Petro in templo Appoll[in]is, necnon et beato Paulo similiter, 
ubi decollatwj est, corpus utriusque aere cipriô drcundans 
quinqw^ pedes grosso 22 . 

His temporibwj heresis Arriana exorta est. In [N]ece[a]no 
cowcilio tricentorwm 2 * .x. octô epwoporum fidés catholica ex- 
ponitwr anno post Ahxandrum .d.c.xxx.Si. die m^wsis secun- 
dutn Gnwcos desis [Aateto;?] .xix. q«i est .x.kl. Iulias 2 4, con- 
sulatu Paulini [et Iuliani] .iiii.m.cc. Arius Ahxandriae prae- 

1. MS. maxantium 13. panoma 

2. regnonum 14. tentem 

3. genore 15. occidit 

4. aferad 16. barburaî 

5 . pre uignum suum 1 7 . sibew 

6. prodictwj 18. dicendis 

7. malsile 19. qwœsinuit 

8. decmoenakw 20. papo 

9. cicule 21. baptizetw* est. 

10. preliss agitatis 22. gorosos 

11. luciwj constansie 23. MS. inserts sicilus 

1 2 . imperatur 24 . iuili arww 



ioogle 



The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



27 



spiter erat, qui àixit Fûium Patri 1 non esse eqwalem, nec 
Filiô Sçiritum; ad cuius dampnadowem in Nicaea 2 urbe Bi- 
thyniae* .ccc.xuiii. episcobi congregari sunt, qui secundum 
part apostoli simbulum fecerunt*. Arius ab Ahxandria pulsus 
est per Alaxandrwm episcopum eiusàem urbis. 

Kl. Constantin^ fecit basilicam in palatio Sosoriano*, quae 
cognomwatwr Hierus&lem, ubi de ligno crucis Dominï partem 
posuit. Item basilicam sancte martiris Agne[tis] ex rogatu 6 filie 
sue fecit 7, et baptizerium in eodem loco, uibî baptizata 8 est et 
soror et us Gmstantia 9 c«m f/l/a Agw^ta. 

K.uii. Porro Galeiriwj Augustus qui morabatur in Epiro, 
postquam per anwos .x. omm génère hominum exhausit 10 
praiincias, et putrifacto intus pectore et uitaiibus 11 dissolutis I2 , 
[cum] etiam u^rmes eructaret et neque medici foetorem m eius 
ferentes iussu ipsius occiderentwr, cruciatw* *s non sustinens 
uim ,é uite sue a[t]tulit: qui multo'7 ante Cessares hos elegit 
Maxim[in]um scilicet, quem in Oriente 18 posuit, qui p^rse- 
cutus est Christianos, quique apud Tarsum interh, et Seuerum, 
quem a Maxentio in Rauenna l 9 interketum ferunt, in cuius 
locttm Galerie ordinauit Licinium; ipse in Hilirico consxitutus* 

K.i. Constzntinus Crispum {ib'um suum et Licinium 20 Li- 
cini Agusti et sororis sue f[i]lium, qwos ante Cessarés festi- 
nauit ordinare 21 9 iwterfecit. 

K.ii. Constantinus fecit basilicam beatô Laurentiô mart[ir]i 
uia Tiburtina in agrô 22 Verano. 

Kl.uii. Constantin*** item fecit basilicam uia Lauicana 2 3 
intra duas Lauros beato 2 4 Petro et Marcellino 2 * martiribwj et 

1. MS. fr.i 14. fotoirew 

2 . ineco 1 $ . MS inserts non cessares 



3. betunie 

4. feserunt 

5 . balatio sororiano 

6. rogata 

7. fac. 

8. baptizrata 

9. OHistantma 

10. hiowm exausid 

1 1 . uitabil. 

12. desolutis 

13. eructauit 



16. sustinensium 

17. multio 

18. moriente 

19. maxantio intrauenwa 

20. licinidum 

2 1 . ordinari 

22. magnô 

23 . leuicana 

24. beata 

2>. marsilh'no 




28 



Whitley Stokes. 



mausoleum ubi matrem 1 suam possuit in sarcofagô por- 
poréo. 

K.iiii. Constantin/^ <\uoc\ue fecit bassiUcam in ciuitate Ostia 
iuxta 3 portum Urbis Rome beatorum apostolorum Pétri et Pauli 
et Iohannis apostoli [leg. baptistae]. 

K.ui. Constantin] us Drepanum Bithyniae ciuitatemi in 
[h]ônorem martiris Luciani ibi conditi [instaurans] ex uoca- 
bulo4 ma/ris sue Helenopolim nuncupauit*. 

Kl.i. Idem Constantin^ Romam Petro ac Paulô relinqwms, in 
Betiwa (sic) ciuitatemawdere disponens i[n] nocteab eà 6 cuncta 
sua ferram^nta ablatasunt*/ in Traciaw diuinitwj a[d]lata, ubi 
urbem nomwis siii statuens sedem 7 reghni Romani iwper[i]i et 
totiwi 8 caput Orientis esse uoluit, quae sola9 expers idolorwm, 
forma et potmtia [fo. 6 b i] Rome meritô possit 10 equari. 

K.ii. Constantin*/* statuit citraullam 11 hommum caedem 12 
paganorwm tewpla claudi, qwi mox Gothos 1 * in Sarmatarum 1 * 
regione deleuit. 

K.iiii. Fiacha Roibrine do totiw a cath Dubcomuir la tri 
maccu a brathar .i. mac Eachach Doimléoin, maie Cairpr/ Li- 
(echair. It e immorro a n-anwann .i. na tri Cholla: Colla Uais 
7 Colla Mend 7 Colla fo chrich o tait Airgialla, 7 issi an fin- 
galso roscar rigi n-Erenn fri hAirgiallw. ;Adbmiid immorro 
Laigin is a cath Cnamrois a dorchair Fiacha com brathrib 7 
co .ix. milib dia claind la Bres mBeolach rig Laigeti. Dub co- 
mair ainm druadh Fiachach Raibtine, 7 rowarbadh isin cath 
he. conià de dogarar cath Dub chowair. 

[Fiacha Roibtine fell in the battle of Dub-chomair by the 
three sons of his brother, the son of Eochaid Doimlén, son of 
Carbre Lifechar. Thèse are their names, that is, the Three Col- 
las : Colla Uais and Colla Mend and Colla fo crich , from whom 
are the Airgéill. And 'tis this parricide that severed the 
kingship of Ireland from the Airgéill. Howbeit the Leinster- 



1. MS. in ausilium ubi' mer. m. 8. tocius 

2. iaxta 9. solo 

3. Beithinfomwi 10. posuit 

4. exuebulo 11. cicra ullum 

5. heleneplim nuncapauit 12. sedew 

6 . eô 13. gothus 

7. sediwt 14 sorwataruw 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Second Fragment 29 



men say that it was in the battle of Cnàmros that Fiacha fell 
with his brothers and with nine thousand of his clan, by Bres 
Beolach, king of Leinster. Dub-chomair was the name of 
Fiacha Raibtene's wizard, and he was killed in the battle. 
Hence it is called Dub-chomair's battle »]. 

K.u. Colla Uais dogabailrige Temrach annis 1 .iiii. [« Colla 
Uais took the kingship of Tara for four years »]. 

Ab initio 3 mundi secundum .lxx. Interprètes .umdxix., secun- 
dum uero Ebreos .iiiimcclxx.u. Ab I[n]c&rnatione .ccc.xix. 

Kl.ui. Constantinus multa pnxelia feicit. 

K.uii. K.i. Martinus Turonensis postez episcopustunc natal est. 

K.iii. Muiredhach Tireach mac Yiachach Sraibtine do in- 
darba na tri Colla a n-Albuiw. cum .ccc. uiris, et ipse part eos 
regnauit mnts .xxx. A cind bliadne immorro ni rabatar na tri 
Cholla thair acht tri nonbuir nama. Dodeachadar àidiu co 
Muiredach iarna radh da ndniidh friu, 7 robàighed friss 7 do- 
rdidhsed drochbriathra [corus-marbadh] 7 comadh air tuairsid 
an fïngail. O na tedaisset tarrsaddr oca 7 robdar gora do. 

[« Muredach Tirech, son of Fiacha Srabtine, banished the 
three Collas into Scotland with three hundred men, and after 
them he himself reigned for thirty years. Howbeit, at the end 
of the year, of the three Collas (and their men) there remained 
in the east only three enneads. Then, having been so told by 
their wizard, they went to Muredach, and spake against him, 
and uttered evil words so that he might kill them and the par- 
ricide might thus fall upon him. As they didnot... they tar- 
ried with him and were dutiful to him. »] 

Iuuencwj ucrsiûcus in [Hjispania floruit3. 

K.iiii. Cath Achaid^Leithdarg i Fernwmuig, i torchair Fer- 
gwiFoga mtfcFraechairFortriuin, tiughflaith Uladh, a n-Emain 
Mâcha lasna tri Cholla, 7 dorochair Colla Mend isi« cath sin. 
Roclaidhsid iarom na tri Cholla Eamuin Mâcha, 7 ni ros-ai- 
trebsad \J\aid inwti o sin aile, 7 tallad uaidib a righe o Loch 
Eacho^r/? ille [siar]. 

[« The battle ot Achad Lethderg in Fernmag, wherein fell, 

1 . MS. anno 3 . ploruit 



2. inicon 



4. achaig 




Whitley Stokes. 



by the three Collas, Fergus Foga, son of Fraechar Fortrén, the 
last prince of Ulaid in Emain Mâcha: and in that battle Colla 
Menn fell. Then the three Collas razed Emain Mâcha, and the 
Ulaid thenceforward did not dwell therein, and their kingdom 
was taken away from Loch Neagh westwards. »] 
K.u. Donatistaruw scisma oritwr. 

K.uii. K.ii. K.uii. K.ii. K.ui. K.uii. K.u. K.uii. Constan- 
ti[n]wj in extrem[o] uite sue termino 1 ab Eusebiô Nicome- 
diense 2 episcopo baptizatttJ, in Arrianum dogma conuertitur, 
proh dolor3 ! bono usus principio et malô fine. 

Kl.i. Constmti[n]us cum contra Versas bellum moliretwr, in 
uilla puplica iuxta Nicomediam, dispositam bene rem publicam 
filiis suis tradens, diem obiit* .iiiiw.cccc.xiiii. 

K.ii. Constantin s [cum] Constantino et Constante hatribus 
suis reghna[ue]re anmV .xx.iiii. mensibus .u. diebnx .xiii. 

K.iii. IAcobw* Nisib^niwj episcopus agnoscitur*, ad cuius 
preces s[a]epe urbs discrimine lib^rata 6 est. 

K.u. Impietas7 Arriana Co«stanti[i] réighis fulta pntfsidio 8 , 
exili[i]s, carceribw^ et uari[i]s af[f]lictionum modis9, primum 
Athanasium IO , deinde omnes non sue partis episcopos persécuta 
est. 

K.ui. Constantin^ a ducibwj Constantis" îxatns sui in bello 
occiswj est. 

PAITRICIUS NUNC NATttf EST. 

K.uii. Constans Ariane effectif 12 catholicos toto orbe per- 
sequitwr. Cuius ttiatn fauore fraternof?) Arriwj, dum in Cons- 
tantinopoli ad ecclesiam pergeret^, — a[d]uerswj catholicar de 
fide dimicatwnjfcrt 1 '», — deumens per forum Constantini ad ne- 



1. MS. t^rmeniô 9. mondis 

2. nicoraetense 10. anathaisium 

3. prodolar 11. constantinwj 

4. ini'cowmediam dispondidum 12. effeactw* 

bemrem puplicwm filis. is. tradendiaf» ij. duram constantîno polii adexi- 

obit liam pergcrit 

5 . agnoisitwr 14. demicatwj. This sentence is 

6. libVato misplaced, and some words seem 

7. irapeditas omitted. 

8. pro^cidio 




The An nais of Tigernach. Second Fragment. 



cessariam 1 causam uiscera 2 eius repente 3 simul cum uita 
et[t]usa sunt^. 

Haeresis Anthropomorphianorum * in Siria et Macedonià 6 
[et] in Constantinôpoli nascitur7. 

K.i. Per idem tempus Athanasius 8 et Hilairiwj claruerunt. 
Donatitf Aeliwx9 gra[m]matice scriptor, Hieronimi [praceptor,] 
Rome illustris habetur. 

K.iii. Gwstans aduersus Versas et Saporem regem 10 eorum, 
qwi Mesopotamiam inuaserant, .ix. bella" fecit. 

K.ui. Constans Magnenti dolis, [fo. 6 b 2] in op[p]idô quod" 
Helena nominatur, in proximo Hispaniae, interfectus est. 

K.iii. Magnentius 1 * portea arripuit imperium ap«J Agwjtodu- 
num, [quod] continuo per Galliam, Afiricam, Italiamqw* per- 
rexit 1 *. In Illirico autem Vetranionem 'î, etate grandeuum, 
imperatorem sibi milites creauerunt, uirwm natwra simplicem, 
cunctis 16 iocunduw, sed qui ne prima quidem unquam l 7 lite- 
rarum elementa 18 didicisset. Itzque cum primuw Uterzs h'/era- 
ruwq ut sillflAas iwp^rator senex iwterdum inuitus meditaretur '9, 
a Constantinô deponere 20 iussus imperium, abiciens cum lite- 
ris purpuras 21 , contentw^qw^ priuatis feriis, palatium simul 
scholamque reliquit 22 . 

Paulttjr herimita qwieuit centesimo et xiii. anwo etatis sue, 
quem Antow[i]us monacw^ leombwj sibi sepwlcrww duobus 2 * 
fodientibwj, sepeliuit. 

K.ui. Maxime Treuerorww eyiscopus chrus habetur, a quo 
Athanasius Ahxandriae 2 * episcopus, cum a Constantinô quae- 
reretwr ad penam, honorifice swjcepit. 

1 . MS. nesecariam 1 3 . Magricentius 



uella 
12. cui 



2. uiscere 

3. repende 

4. est. 

5 . heresiss antroponior fidarum 

6. Macedoniô 

7. constantinô polii nascetur 

8. anathasius 

9. Aritw* 

10. soporem regim 

1 1 . mesopontaniaw inuaserunt .ix. 



14. porrexit 

15. ulteraniorem 

16. simplicim cuncctis 

17. unar 

18. elemi'ta 

19. inuictus meditar eter 

20. disponde 

21. purdorw* 

22 . scolum que relicit 

23. duobis 

24. Anatasius alagax 



Digitized by 



32 



Whitley Stokes. 



K.i. Nep[o]tiaru/j Rome, sororis 1 Constantini filius, gladia- 
torum manu fréta* iwuasit iwperium, qui a Magnentii 2 ducibus 
interfectus est. 

K.ii. Bellum intev Constantiww Magnentiumqw^ factum est 
xçud Mursam urbew, in quo Magnentiw* * a[u]fugit, atque non 
multo^port apwi Lugdonum propria se manu interfecit*. 

K.iii. Helarius Pictauiensis episcopus, qui pulsw* ab Arianis 6 
in Frigia exulauerat, cum apwi C0wstantinopolim7 [librum] 
pro se CenJtantio porrexisset 8 , ad Gallias reidit. 

K.iiii. K.ui. K.uii. Reliqwie Timothei apos/c?// Cowstanti- 
nopoli inuecte s««t. 

K.i. K.ii. K.iiii. Muiredhach Tirech do marbad la Caelbadh 
irutf.Cruind badhraidhi, la ri[g] n-UH ic Port rig os Dabull t 
[« Muredach Tirech was kiÛed by Caelbad, son of Crund 
badraide, kingof Ulaid, at Port rig over Daball. »] 

K.u. Eochaid Muigmedow mac Muiredhaig Tirigh xegnauit 
mnis .uiii. Ceithri maie Moing[f]inde ingine Fidhaigh, Ai//ll, 
Brian, Fiacfera, Feargwj. 

Niall môr mac na Sax[an]chi, 

Cairne a hainm feib r«j-cenglos, 
côte maie Eachach Muid-wedhoi», 
ni da deroil ro derbus. 

[« Eochaid Muigmedoin, son of Muredach Tirech, reigned 
eight years. Four sons he had by Mongfind, Fidach's 
daughter, namely Ailill, Bridn, Fiachra and Fergus. (And a 
fifth by the Saxon woman Cairne, as the poet says :) « Niall 
the Great, son of the Saxon woman, Cairne was her name as I 
have collected. Five sons of Eochaid Muig-medôin : nottrifling 
is what I have certified. »] 

PATRICIUS CAPTI[U]US in 9 Hibrniiaw ductus est. 

K.ui. Gwstawtinô [Romam nouam] ingresso, ossa Andr/a[e] 
aposfoli et Luce euangdiste a Constantiwopolitanis miro fauore 10 
swjcepta sunt. 

1 . MS. sorores 6 . arrensiw* 

2 . magentianftf 7 . constanti'no opulurn 

3 . magnaraientiwi 8 . constantino porexit 

4. ag non multu 9. an 



5. interfect/tf 



10. furore 




The Annals of Tigernach. Second Fragment. 



K.uiii Constantinus Iuilianuw patruelem suum Cessarew a 
se creatum ad Gallias 1 misit, qwi Gallos swbiecit et Al[a]ma- 
vios, et [Rheno] Germanos reuinxit, qui mox Agustus, Cons- 
tantium Parthicis pn#li[i]s occupatuw parte reigni priuauit. 
Consianûus Iuliani 2 scelere comperto, dimissa expedic/one 
Partoruw dum ad bellum ciuile reuertitur, in itinere inter Ci- 
lic[i]am Capadociamqwe defunct«^ est. 

K.ii. K.iiii. Antonius monachwj centessimâ qwinto etatis sue 
anwo in Christo qwieuit. 

K.u. Iuilianwj anno primo ut Orosiwj* ait, mensibus .uiii. 
soins obtenuit iwpmum. Hic ex cleirico iwp^rator e[f]fectwj in 
idulorww cultum conumitwr, martiri[um]qw* Christxums infert, 
qwi etiam duw odiô Christi templum in H[i]erwjolimis Iude[i]s 
reparare permisiset, atque ex omnibus prouinciis4 Iudéi col- 
le[c]ti noua Templi fundam^/ta iacerent, subitô nocte aborta* 
terre motu saxa ab imô 6 fundam^f/torum exclusa longe lateqw* 
sparsa sunt, igneus quoque globus ab interiore ede templi 
egressus plwn'mos eorum suo prtfstrduit incendio, quo terrore 
reliqwi pauefacti" Christum rowfitebantur 8 inuiti, et ne hoc 
caru crederent9 foc/«m, sequente 10 nocte in uestimratis cunc- 
torww crucis signum apparuit 11 . 

Pagani 12 apud Sebasten 1 * Palestinae urbem sepulcruw Io- 
hannis Bzptistae inuadunt 1 *, ossadisp^rgunt, ead^m rursum col- 
lecta et cremata latiwi disp^rgunt. [Sed] Dri pr^uidentia affuere 
qwidam ex H[i]erwK)lumis monachi, qui mixti erant collegen- 
tibus quaecunque ipsi poterant [ablata, ad patrem suum Phi- 
lippum pertulere]. 

The second fragment ends here. The rest of the story of the relies of 
John the Baptist may be found in Bedac Opéra, ed. Giles, VI, 314. 



(A suivre.) 

1 . MS. gallius 

2. parti... constantinus iuliaw 

3 . oratita 

4. prouinchis 

5. aborte 

6. saxabimô 

7. paue pacti 

8. flwfidebantur 

Revue Celtique, XVII. 



Whitley Stokes. 

9. crederunt 

10. seqwntî 

11. crusis... apuit 

12. Pagum 

13. sepaten 

14. inuadant 

1 5 . quoque ipse poterterant 



Digitized by 



l'inscription du peu-berland 



Au mois de mars 1894, un maçon occupé à démolir un mur 
en pierres sèches dans une petite propriété qu'il possède à 
600 mètres du bourg de Mauvière, arrondissement du Blanc 
(Indre), dégagea une pierre munie d'une inscription qui mé- 
rite, ce me semble, les honneurs d'une interprétation détaillée. 
La découverte m'en a été signalée le 27 avril dernier par le 
R. P. de la Croix qui, avisé, s'était rendu sur les lieux et 
rendu acquéreur de ce monument lapidaire. Il résulte de la 
lettre qu'il voulut bien m'adresser à cette occasion que l'ins- 
cription avait dû être apportée à l'endroit où elle fut trouvée, 
d'une colline distante de 500 mètres, nommée le Peu-Berland, 
colline voisine de la route qui est une ancienne voie romaine 
et remplie de substructions antiques. « Ces terrains, écrit le 
P. de la Croix qui y a pratiqué des sondages, sont jonchés de 
tuiles romaines et de tessons de poteries antiques. On y 
trouve des débris de constructions, et les gens du pays ont 
l'habitude d'y faire des fouilles pour en tirer des matériaux tout 
prêts. C'est ainsi, sans doute, que l'inscription est entrée dans 
le mur où elle a été trouvée. La pierre sur laquelle elle est 
gravée a, de face, 0,20 sur 0,28 et 0,13 d'épaisseur. Un des 
angles est brisé et elle semble avoir été atteinte par le feu ; sa 
face inscrite est légèrement cintrée. » En développant la 
courbe, le P. de la Croix est arrivé à reconnaître que la pierre 
avait fait partie d'un monument circulaire de 0,96 centim. de 
diamètre ; la lecture de l'inscription nous apprend que ce mo- 
nument était un cippe servant d'autel votif, analogue à celui 
qui figure, sous le n° 426, dans l'article Ara, du Diction- 




L'Inscription du Peu-Berland. 



naire des Antiquités de Daremberg et Saglio (I, p. 235). Voici 
d'ailleurs le fac-similé très exact, tel qu'il a été dessiné au 
quart par le P. de la Croix-lui-même. 



Num(ini) Au\g](usti) et genio Apollinis Atepomari Iul(ius) 
Atrectus Craxantifil(ius) et Iul(ius) Cnaius Atrecli fil(ius) d(e) 
s(uo) d(ederunt) 

L'interprétation des trois noms : Craxantus, Atrectus et 
Cnaius ne me paraît offrir aucun intérêt particulier ; le troi- 
sième est purement latin et les deux autres sont déjà connus 
par divers monuments épigraphiques (pour Atrectus, voir 
Holder, Alt-Celtiscber Spracbscbat^, p. 271 ; Robert, Epigraphie 
gallo-romaine de la Moselle, et une fibule (n° 23465) du musée 




Face 






J.-A. Hitd. 



de Saint-Germain; pour Craxantus, v. Holder, ib., p. 1 157, 
et Corp. Inscr. Lat., III, 4815). 

La dédicace à la divinité d'Auguste et au génie d'Apollon 
Atepomarus n'apporte pas seulement un curieux document à 
l'histoire du culte des empereurs dans la Gaule romaine ; elle 
nous révèle encore un vocable nouveau d'Apollon qui y paraît 
identifié avec un dieu celtique inconnu. A ces deux points de 
vue l'inscription du Peu-Berland sort de l'ordinaire. 

La faveur dont jouit le culte d'Apollon est connue ; l'em- 
pereur avait laissé répandre la croyance qu'il était lui-même 
un fils de ce dieu, en vertu d'une généalogie mystérieuse, 
dont le culte des héros chez les Grecs et celui des génies chez 
les Latins offrent plus d'un exemple. Suétone raconte à ce 
sujet une anecdote caractéristique, qu'il dit avoir recueillie 
dans un ouvrage d'Asclépiade de Mendès, historien contem- 
porain de l'empereur : « Atiam, cum ad solemnc Apollinis sa- 
crum média nocîe vcnissei, posita in templo lectica, dum ceterae 
matronac dormirent, obdortnisse; draconem repente irrepsisse ad 
eam pauloque post egressum; illam expergefactam quasi aconcubitu 
mariti purificasse se ; et statim in corpore ejus extitisse maculatn 
velut picti draconis, nec potuisse umquam exigi, adeo ut mox pu- 
blicis balneis perpetuo abstinuerit ; Augustum natum mense decimo 
et ob hoc Apollinis filium existimatum (Suét., Octav., 94). Pour 
forger cette histoire, dans une intention évidente de flatterie, 
Asclépiade n'avait guère qu'à puiser dans ses souvenirs; les 
exemples sont nombreux, dans la légende grecque, de dieux 
qui ont eu commerce avec des femmes mortelles, parfois sous 
la forme d'un serpent, et qui ont ainsi engendré des person- 
nages éminents. (V. entre autres la légende du héros Asxra- 
bacus, devenant le père de Démarate, roi de Lacédémone ; 
Hérod., VI, 69.) Répandues dans le public, des légendes de 
ce genre favorisaient la pratique de l'apothéose, qui entra dans 
les mœurs romaines pour la première fois, au profit d'un per- 
sonnage vivant, après la bataille d'Actium. C'est alors que le 
culte de la personne d'Auguste fut associé par les rois d'Asie à 
celui de la déesse Roma ; c'est alors aussi que ces mêmes rois 
songèrent à se cotiser pour achever POlympieion d'Athènes, 
afin de le dédier au génie de l'Empereur (Suét., Oct., 60). A 




V Inscription du Peu-Berland. 



37 



Rome même, ce génie prit place entre les Lares publics ; le 
Sénat faisait élever des autels en son honneur et ordonnait 
que Ton jurât par son nom : jurandasque tuum per notnen poni- 
mus aras. L'Espagne et la Gaule se hâtèrent aussitôt de suivre 
cet exemple ; auprès de l'autel de Rome et d'Auguste à Lyon 
se réunirent les délégués de cinquante peuplades, pour recon- 
naître, dans une sorte de profession religieuse, le caractère 
divin du maître de l'empire 1 : « C'est ainsi, dit Minuiius 
Félix, qu'ils invoquent le nom d'Auguste, qu'ils prient auprès 
de son image, qu'ils implorent son génie, c'est-à-dire son dé- 
mon. » (Octav., 39). Cf. Preller, Rœm. Myth., p. 773. 

L'inscription du Peu-Berland est un témoignage, avec bien 
d'autres, de ce culte de l'empereur dans les Gaules ; ce témoi- 
gnage est d'autant plus intéressant que la divinité d'Auguste 
se trouve associée au génie d'Apollon, c'est-à-dire que l'apo- 
théose de l'empereur est motivée par ses prétentions généa- 
logiques. 

Le culte du génie d'un dieu, distinct du dieu lui-même, est 
un des raffinements du polythéisme gréco-romain, au moment 
où l'esprit philosophique le pénètre en attendant qu'il le fasse 
périr. Le premier document qui le concerne en Italie remonte 
à Tan 58 av. J.-C. et provient du temple de Jupiter Liber à 
Furfo (C. Inscr. Lat., I, 603; et Orelli-Henzen, 2488). En 
pays étranger, les Romains se servirent de cette vague notion 
du génie d'un dieu pour préparer l'identification des divinités 
exotiques avec les leurs propres. De là les inscriptions relati- 
vement nombreuses qui parlent du génie de Cocidius, dieu 
celtique identifié avec Mars, du génie à'Alaunus, identifié avec 
Mercure, de celui de Dolichenus, identifié avec Jupiter, de celui 
d'Au^ius, invoqué en Afrique, et dont le sens exact m'échappe. 
Le génie d'Apollon Atepomarus, invoqué sur l'autel du Peu- 
Berland, est à ajouter à cette série (v. Corp. Inscr. Lat., VII, 
644; VIII, 262; 8438- 9014; 2632; V, 326; Orelli-Henzen, 
1257; 5716; 5866; Seidl, Dolichcnuscult., p. 69, n° 43). Le 
nom d'Atepomarus n'était connu jusqu'à ce jour que comme 

1. Suét., Cîaud., 2; Dion Cass., 54, 32; Strab., IV, p. 193, et Tite- 
Live, Epit., 139. Cf. Boissieu, Inscript, de Lyon, p. 82 sq., et p. 113. 




J.-A. Hild. 



un nom d'homme ; il a été relevé plus d'une fois parmi les 
signatures des potiers qui, à l'époque gallo-romaine, ont fa- 
briqué dans la région des Pictons (v. Richard, Marques de po- 
tiers, n os 45, 46, 47, 311; dans les Mémoires de la Société des 
Antiquaires de l'Ouest, 1889). Il fut porté dans l'histoire par 
un roi Gaulois dont Aristide de Milet raconte les aventures 
(fragm. chez Plut., Parall. Gr. et Rom., 30, p. 313 A); il 
figure sur diverses inscriptions (v. Holder, Alt-Celtischer 
Sprachschat^, p. 257 etsq.). 

Voici la note que mon collègue M. Ernault me remet sur 
la signification de ce nom : « Le sens du gaulois At-epo-marus 
est littéralement : valdeequis ou equo magnus. Cf. H. d'Arbois 
de Jubainville, Les noms gaulois che% César, 1, 120, 121. Ceci 
permet d'expliquer par une composition équivalente l'épithète 
du même dieu : Amarcolitan(o) , au datif, pour laquelle Y Alt- 
Celtischer Sprachschat^ne présente pas d'interprétation. A-marco- 
litan(os) doit signifier valde equis amplus ; cf. Holder, au 
mot à-; i/ipxav (accus.) « cheval », est cité par Pausanias, 
X, 19, 12, et Litanam, acc. fém. par Tite-Live, XXIII, 24; 
cf. d'Arbois de Jubainville, Études gramtnaticales sur les langues 
celtiques, I, 86, 87. » 

Apollon est invoqué sur des inscriptions sous les vocables 
celtiques de Grannus (Corp. Inscr. Lat., III, 5 588, 5861, 5870, 
5871, 5873, 5874, 5876, 5881; VII, 1062), de Maponus 
(ib., VII, 218), et de Belenus (il?., V, 737, 741, 748, 749, 
753). L'une des inscriptions en l'honneur d'Apollon Grannus 
donne en même temps à ce dieu l'épithète d'Amarcolitan; 
d'autre part, Apollon Belenus, vénéré sur les bords du Rhin, 
le long des Vosges et dans la région danubienne, semble avoir 
été un héros solaire qui, à ce titre, pouvait avoir le cheval 
comme attribut. 

C'est là sans doute qu'il faut chercher la raison de l'identi- 
fication de l'Apollon romain avec un dieu Atepomarus. Les 
Romains qui n'avaient pas, comme les Grecs, un dieu spécial 
du soleil, mirent parmi les attributions d'Apollon la conduite 
du char d'Hélios a travers le ciel, comme ils préposèrent 
Diana, sa sœur, identifiée avec Latone, à l'astre des nuits. 
C'est ce que dit Cicéron : Apollinis nomen est graecum, quem 



L'Inscription du Peu-Berland. 



solem essevolunt (Nat. Deor., II, 68). Apollon chez les Grecs 
mêmes n'était-il pas associé à la légende des héros solaires 
comme Bellérophon et Persée, qui ne vont pas sans coursier 
fabuleux ? N'est-il pas en rapport, non seulement avec Hélios 
lui-même et Phaéton, mais avec Poséidon invoqué sous les 
vocables i'Hippios ou d'Hippogctès ? Je me borne à rappeler le 
début du Chant séculaire où Horace, interprète de la religion 
officielle qui vient de préposer Apollon à cette fête, salue 
ainsi le dieu : « Altne Sol, curru nitido diem qui Promis et celas. 
Cf. Ovid., Fast., III, 109 : Signaque quae longo f rater percenseat 
anno, Ire per haec uno mense sororis equos. 

Voilà, ce me semble, le biais par lequel l'Apollon des Ro- 
mains put être identifié avec les divinités solaires des pays cel- 
tiques qui avaient le cheval parmi leurs attributs. (Sur ces divi- 
nités, v. Le Cycle mythologique irlandais, par M. d'Arbois de 
Jubainville, 96 et sq. : l'équivalent des Fomôré dans la my- 
thologie grecque, etc.) L'Apollon Atepomarus de notre ins- 
cription, comme l'Apollon Grannus et l'Apollon Belenus, qui 
est le plus connu, sont redevables de leur existence à une 
double identification, l'une toute romaine, d'Apollon avec le 
dieu Hélios des Grecs, l'autre gauloise, d'une divinité indigène 
avec Apollon ainsi transformé. La flatterie qui unit le génie 
de cet Apollon à la divinité d'Auguste inspire d'ailleurs plu- 
sieurs <ies inscriptions qui sont en l'honneur de Belenus : ce 
dieu y est appelé Augustus. Il est vrai que celles-ci sont d'une 
époque beaucoup plus récente (v. Corp. Inscr. Lat., III, 
4774; V, 734, 738, 741 et sq.), et qu 5 Augustus n'y a que la 
valeur d'un qualificatif. 

L'autel votif du Peu-Berland semble bien être du règne 
d'Auguste lui-même ; la divinité de l'Empereur y est en effet 
nettement invoquée et distinguée du génie d'Apollon qui la 
motive : ce qui ne pouvait guère avoir lieu qu'au temps où la 
légende d'Auguste, fils d'Apollon, était en pleine faveur. 
L'expression même de Numen Augusti fait partie alors de la 
langue officielle et elle est employée couramment par les 
poètes. V. entre autres Hor., Od., IV, 5, 34: Laribus tuum 
miscet numen; cf. Suét., Claud., 11 ; Tac, Ann., I, 73). Sur 
un monument votif, une dédicace de ce genre ne paraît guère 




40 



J.-A. Hild. 



probable, passé le règne de Tibère. Je crois donc devoir placer 
l'autel du Peu-Berland à- l'époque même de celui des Ubiens 
dont il est question chez Tacite (Ann., I, 37 et 59) qui exis- 
tait déjà en l'an 10 ap. J.-C, et à l'époque de l'autel de Lyon 
qui fut dédié le jour des calendes d'août de l'an 1 1 . Aux épigra- 
phistes de profession de décider si les caractères mêmes de 
l'inscription s'accommodent de cette date. 

Poitiers, le 13 octobre 1895. 



J.-A. Hild. 




THE DATE 

OF THE 

AMRA CHOLUIMB CHILLE 



In vol. XVI of this journal, p. 35 1, note 2, in a notice of a 
paper of the writer's on the déponent verb in Irish published 
in the Transactions of the London Philoîogical Society, 189 1-4, 
pp. 444-568, the learned editor, whom I am rejoiced to find 
in substantial agreement with the conclusions there arrived at, 
raises the question of the âge of the Amra Choluimb Chille. 
As I referred to this poem only incidentally, p. 489, note 1, 
I may perhaps be allowed to explain more fully why a com- 
position that lays clhim to so vénérable an antiquity was 
treated with such scanty respect. The reasons, in brief, were 
that the poem is composed in an artificial and purposely obs- 
cure style, and is no fair représentative of the Irish language 
at any stage of its development, and that the language of the 
composition shews that it cannot have been written in the 
sixth century A. D. 

As to the former point, anyone who has read the poem, 
and studied the attempts of the native commentators to explain 
it, will, I think, agrée with me. Still in a research of that 
sort a poem belonging to the sixth century, however artificial 
and however obscure it might be, could not be lightly passed 
by. But in Irish literature the person to whom a certain com- 
position is ascribed is very often not the person by whom it 
was composed, and there seem to me to be good linguistic 
reasons for depriving Dallan Forgaill of the crédit or dis- 
crédit of having written the Amra. The reasoning is of the 
same kind as Thurneysen, Rev. Celt., VI, 326, has applied to 
the date of composition of Fiacc's hymn. I do not propose to 
enter into a gênerai discussion of the language of the Amra, 




42 



Strachan. 



but will content myself with calling .attention to some points 
in the verbal System that are inconsistent with the date tradi- 
tionally assigned to the poem. They are as folio ws. For the 
sake of convenience I quote according to the paragraphs of 
Stokes' édition in his Gôidelica. 

1. — The absolute forms in the 3. sg. of the s preterite : 
figlis 23, lassais 28, gélais 56, tannais 59, légats 60, sech- 
nais (so LU.) 73. In 72 créas LU, créis LH. explained by 
rocretestar, cretis or roforbrestar seems an artificial formation 
of some sort. Thèse absolute forms are of later date than 
the Old Irish Glosses as a whole; leicsi is found Ml. 52, 
saidsi Ml. 55 e 1, in passages apparently later than the 
bulk of the glosses. 

2. — The forms are found with a pronoun suffixed : glinn- 
sins 54, sluinnsius 55, sexus 57, cuillsius 102, chndsius 119. 
Affixed i is found in leicsi, saidsi above, and in Tirechan's 
Notes, cf. Wind. Wb. 513; affixed us is not found in the 
Irish hymns, but is common in the* Félire Oenguso, cf. 
Stokes, KSB. VII, 40. 

3 . — The déponent form has spread in the 3 sg. of the s prêt. : 
ellastar 94, figlestar, glinnestar 127, and desestar 120 for 
dessid of the Glosses. Of this I have noted only four exam- 
ples from the Glosses (Dep. Verb. 468) one of which rod- 
ligestar followed the analogy of verbs in -igur, while two 
examples corne from a verb that in another compound shews 
the déponent imperative indnite. So that there the forma- 
tion is only just beginning. In the Irish Hymns nearly ail 
the instances corne from Broccan's hymn. 

4. — In the preterite tenses ro- is commonly omitted not 
only in compounds accallastar 123 (LU.), arbert 48 
(LU.), frisbert 101, but also usually in the simple verb e. g. 
fuacht 96, siacht 91, raith 50, 52, 62, cuill (LU.) 103, soich 
1 10, buich, 130, etc. In the Glosses ro- is more usually found 
in compounds 1 , and in the simple verb its omission, so far 

1 . In certain compounds, however, ro- is regularly absent. I hope to 
give the détails on another occasion. 




Amra Choluimb Chille. 



45 



as I have noticed, is excessively rare. Note also the position 
of ro- in roathlas r « shone again » 139. 

5 . — The use of forms in -ta in the sensé of the active pre- 
terite, cf.Stokes KSB, VII. 27, Zimmer KZ, XXVIII 363 sq. 
In 115 fechta fornia nem I would translate with Zimmer 
« your hero won heaven ». In 120 ô dôinib deitnthechta 
seems to mean, with Stokes « he went from men » ; with 
this use of deitnthechta cf. the use of etha Zimmer KZ. XXX, 
65 sq. In 69 Stokes takes doinachtha (doenachta LH.) as a 
form of the same kind, and one of the explanations is ar 
Dia dognid daenacht. But this form is not so certain as the 
others. The use of the passive participle for the perfect pas- 
sive may just have begun in the Old Irish Glosses, cf. Dep. 
Vb. 568, brethae Ml. 52, but the active use is certainly later. 

6. — The déponent has begun to give place to the active: 
dunes 3, congein 128, sexus 57 = O. Ir. rostchestar, doru- 
meôin 108 (apparently an analogical formation after aith- 
geôin) = O. Ir. doruménair, perhaps atgâill 123, but the 
interprétation is uncertain. From verbs in -igim there is 
nadngeilsigfe 89. 

7. — Some isolated forms may be noted. From bongaim cornes 
the prêt, combuich .i. corobrisestar (LU.) 39, buich .i. robris 
138, cf. buich .i. robris LU. 5 b 26, cotnbaig Broccan's 
hymn. 77, and jaig Amr. 52. Curious forms are drinçthier 
.i. rodringestar 68, rigthier 70. That they are artiticial forms 
of some kind seems clear. I would venture to suggest that 
they may be based on dringthi, rigthi = dringid + i, ri~ 
gid -f- i, cf. lingthij cingthi KZ. XXVIII, 320, 321, a for- 
mation just beginning in the Glosses, e. g. berthi Wb. 
23*18. Similar forms are found in a poem in the introduc- 
tion to the Amra, cein mair molthïar niairg acrthiar A:d 
which seems to mean « blessed be he that praises, woe to 
him that satirizes Aed », and câin insûg asa sôeraigthib sug- 
thîar, mairg iniath ecnairc airthtar where the meaning is 
more uncertain. I would venture « fuir the juice which he 
sucks from his noble woe to him that satirizes the illus- 

1 . Stokes suggests soersaigthib « noble endeavours » ? 




44 



Strachan. 



trious hero ». Stokes KSB. VIII, 57 takes thèse forms as 
passive. That would mean separating them from dringthier 
in the ^wra:certainly in the Attira 3 ineigthiar is explained 
by ocandentar egeiti, but it might mean « in which he (the 
Devil) howls ». If thèse interprétations are to be acceptée!, 
ail the forms would be brought into one line, and perhaps 
we have an artificial addition of the passive or déponent 
~ar, -er to the forms mentioned above. Something of the 
same kind is perhaps to be seem in diambathar 129 ; whether 
in doellar Qdi-ellaim 95) I would not venture to say. But 
whether this explanation be right or wrong, the forms are 
clearly literary curiosities rather than genuine antiquities. 
In 17 LU. has an -end form doslunend, but LH. has dos- 
luindfe, the commentary seems to point to dosluindfed. 

If thèse considérations are taken into account, it is difficult 
to put the Attira earlier than the bulk of the Irish hymns. I 
should be inclined to assign it to perhaps the early part of the 
ninth century. At the earliest it seems impossible to put it 
very much before 800 A. D. Perhaps something more might 
be learned from a prolonged study of this and other pièces 
of the same kind such as the Attira Senain in LBr., which 
contains the dep. fallnathar, and the form tesband interesting 
in view of Thurneysen's explanation of the consuetudinal 
présent, and the heavily glossed Attira Conroi H. 3. 18 T. C. 
D., which contains déponents airlithcr, geinither, tnrogaiiher 
(tnrogaither tnbrogtair gl. firenaigsiu scela 7 genealaigh do cach 7 
firenaigther dosom file) by the active labrait, and which in some 
ways approaches nearer to the Audacht Morâin. Enough, I 
trust, has been done to shew that the Attira Choluimbchillc 
cannot go back to the sixth or even to the seventh century 
A.D. A text which would have been of the highest impor- 
tance as a product of the sixth century becomes of only secon- 
dary interest as a product of the eighth or ninth, when the 
linguistic facts can be better learned from texts of a less arti- 
ficial character. For thèse reasons I passed it by. 



J. Strachan. 




SUCELLUS ET NANTOSVELTA 



Une découverte récente, faite près de Sarrebourg, dans l'an- 
cien département de la Meurthe, vient de résoudre d'une façon 
inattendue un problème de mythologie gallo-romaine, et aussi, 
par les commentaires qu'elle a suggérés à son premier éditeur, 
de remettre en question, sur le même terrain, des résultats 
qui paraissaient généralement acquis. 

Un inspecteur chargé de la construction d'une caserne de 
cavalerie, M. de Fisenne, a rencontré, l'été dernier, des restes 
considérables d'un Mithraeum. Ce monument était décoré 
d'un grand bas-relief, brisé en plusieurs centaines de mor- 
ceaux, que M. de Fisenne a travaillé à réunir et qui doivent 
avoir été transférés depuis au musée de Metz. A quelque dis- 
tance du Mithraeum, il trouva deux autels d'une conservation 
remarquable, portant chacun sur une face un bas-relief. En 
voici la description succincte. 

I er autel (à droite sur notre gravure). Haut. i m ,2Ô5 i l ar ~ 
geur au milieu, o m ,34. Le bas-relief représente un personnage 
debout, tenant de la main gauche levée un maillet à grande 
hampe et de la main droite un vase. Il est vêtu de la tunique 
gauloise et de bottines; ses jambes sont nues depuis la hauteur 
des genoux jusqu'au rebord des chaussures. A sa droite est 
une femme de même grandeur, complètement drapée, tenant 
de la main gauche levée une longue hampe surmontée d'une 
espèce d'édicule portatif et abaissant la main droite, qui tient 
une patère, vers un autel 1 . 

i. M. Michaelis affirme que la femme est ailée, mais j'avoue n'avoir pu 
nVen convaincre tout à fait par l'étude de la photographie. Il n'y a pas 
trace d'ailes sur la figure féminine du second autel. 




'1 



46 Salomon Reinach. 

Au-dessous de ce groupe, dont le relief est très prononcé, 
figure, en relief très faible, un oiseau marchant à gauche, qui 
paraît être un corbeau. 




F. c 1-2. — Autels de Sarrebourg. 



Au-dessus du bas-relief on lit l'inscription suivante, dont la 
lecture ne comporte aucune incertitude : 

DEO- SVCELLO- 
NANTOSVELTE- 
BELLAVSVS MAS 
SE FILIVS- V S L M 



Digitized by 



Sucellus et Nantosvelta. 



47 



Les caractères appartiennent à la fin du 1 er ou au début du 
11 e siècle après notre ère r . 

2 e autel (à gauche sur notre gravure). Haut. i m ,n; lar- 
geur au milieu, o m ,29. Le bas-relief représente une femme 
debout, complètement drapée, tenant de la main gauche abaissée 
une cassolette à encens et de la main droite levée une longue 
hampe, surmontée, comme dans le bas-relief du premier autel, 
d'une sorte d'édicule portatif. Sur la gauche de la déesse, au 
niveau du sol, on aperçoit trois patères ; l'attribut qu'elle tient 
de la main droite paraît surmonté d'une figure d'oiseau — peut- 
être un corbeau, comme sur le premier autel. 

Au-dessous du bas-relief on distingue à grand'peine l'ins- 
cription suivante : 

INH- R- D- D 
•M- TIGNVARIVS 
V- S L- M- 

La lettre R.de la première ligne ne présentant aucun sens, 
on a supposé qu'elle résultait d'une erreur du lapicide, qui 
voulait graver un D ; au lieu d'effacer le caractère parasite, il 
le laissa subsister et écrivit les deux D (pour dotnus divinae) 
à la suite. 

Dans l'automne de 1895, M. Frantz Cumont, attiré à Sar- 
rebourg par le bruit de la découverte du Mithraeum, reçut de 
M. de Fisenne des photographies de ces deux autels. Il me les 
communiqua à son passage à Paris et Ton en fit des repro- 
ductions au musée de Saint-Germain. M'étant adressé alors à 
M. de Fisenne, j'appris que ces monuments devaient être 
publiés par M. Michaelis, professeur à l'Université de Stras- 
bourg ; ce dernier vient d'en faire l'objet d'un intéressant mé- 
moire inséré dans le t. VII des Mémoires de la Société d'histoire 
lorraine 2 . 

Au premier coup d'œil jeté sur le bas-relief du premier 
autel, on y reconnaît le « dieu au maillet » avec sa parèdre, 

1 . Beîlausus est connu (Holder, s. v.) ; Massa, nom d'homme, s'est ren- 
contré à Antibes et à Nîmes (Corp. inscr. lat., t. XII, 166, 5Q25). 

2 . Michaelis, Jalirbuch der Geselîschaft fur lotbringische Gesclnchle und Al- 
tcrtumskundt, t. VII (1895), p. 128-163. 



Digitized by 



4» 



Salomon Reinach. 



types familiers à tous ceux qui s'occupent de mythologie gallo- 
romaine. Seulement — et c'est ce qui fait l'intérêt extraor- 
dinaire de ce monument — aucun bas-relief découvert jusqu'à 
présent ne donnait le nom indigène du dieu ni celui de la 
déesse. L'inscription de l'autel de Sarre bourg nous apprend 
enfin que le dieu s'appelait Sucellus et que sa parèdre, repré- 
sentée seule sur le second autel, s'appelait Nantosvelta. 

Nantosvelta est un nom nouveau, mais on avait déjà ren- 
contré Sucellus. M. Mommsen l'a déchiffré dès 1854 sur une 
pierre votive d'Yverdun, avec dédicace Sucello Ipadcov. s. L m. 1 
Depuis, il s'est trouvé sur un autel de Vienne 2 et, sous la 
forme deus Sucelus, sur une bague en argent de York 3. En 
1882, on a découvert à Mayence une dédicace /. O. M. Su- 
caelo et Gen(io) loci pro sainte C. Calpurnii Seppiani*, où il 
paraît évident que Sucellus n'est pas identifié à Jupiter Op- 
timus Maximus, mais invoqué à la suite du maître des dieux. 
Comme l'a fait observer M. Michaelis, l'absence de copule ne 
peut être invoquée ici pour faire de Sucaelus une épithète de 
Jupiter, car l'on trouve ailleurs, par exemple, la dédicace /. 0. 
M. Eponae et Celeiae sanctaeî, où il ne viendra à l'esprit de 
personne d'identifier Epona avec Jupiter. 

L'analogie avec ce dernier texte prouverait, s'il en était be- 
soin, que Sucellus ou Sucaelus est un dieu indigène. On 
connaît déjà un autel de Mayence, découvert en 1889, dont 
une face présente le dieu au maillet, debout à côté d'une 
déesse qui a le costume et les attributs de la Diane romaine 6 . 
Nantosvelta, qui emprunte à Sarrebourg, comme dans le bas- 
relief aujourd'hui détruit d'Oberseebach/, les longs atours de 
Cérès ou de Junon, pouvait donc aussi être identifiée à Diane 
par le syncrétisme accommodant des Gallo-Romains. 

Il serait très important de déterminer le sens du nom de 

1. Inscr. Confoed. Hclv., n° 140. 

2. Corp. inscr. lat., t. XII, n° 1836. 

3. Ephem. cpigr., t. III, p. 313, n° 181. 

4. Rhein.Jahrb., 1882, t. LXXIV, p. 188. 
\ . Corp. inscr. lat., t. III, n° 5192. 

6. Rei'ite arch., 1890, I, pl. vi, vu; S. Reinach, Bronzes figurés, p. 181. 

7. Rev. arch., 1879, xn et P- 377- 




Sucellus et Nantosvelta. 



49 



Sucellus 1 . La première idée qui se présente est d'expliquer ce 
mot par le nom celtique du porc ou du sanglier (cymrique 
hucc) ; mais, outre que le c simple fait difficulté — on ne 
trouve jamais la forme Succellus — il faut remarquer que le 
dieu au maillet, associé parfois au chien, au loup, peut-être 
même au corbeau, ne paraît jamais en connexion avec le san- 
glier celtique. « 

M. Zimmer, auquel M. Michaelis a fait appel, s'est engagé 
dans une tout autre voie. Alors que M. Holder séparait Suc- 
ellus, en considérant -ellus comme un suffixe (cf. Moselle), le 
savant linguiste voit dans Su le préfixe celtique signifiant 
« beau, bon », et dans Su-cellus « le dieu qui a un bon ou un 
bezucello ». Maintenant, qu'est-ce qu'un cello? M. Zimmer sup- 
pose — sous toutes réserves, d'ailleurs — que cello dérive par 
assimilation de cello, mot apparenté au helto germanique signi- 
fiant le manche d'une épée, d'une hache, d'un marteau, etc. 
Su-cellus serait le dieu « au bon manche », et cette désignation 
conviendrait assez bien à la divinité que l'on représente avec 
un maillet à longue hampe comme attribut. 

L'inconvénient de cette étymologie, que M. Zimmer a bien 
senti lui-même, c'est de faire intervenir une forme celtique 
tout à fait hypothétique, autorisée seulement par une analogie 
avec un mot germanique. Au point de vue archéologique, il y 
a une objection non moins forte. Un manche n'est pas une 
arme, mais seulement la partie d'une arme ; or, si l'on admet 
volontiers un dieu désigné par l'arme qu'il porte, rien n'est 
moins naturel que d'expliquer un nom divin par une partie, 
inoffensive en elle-même, de l'arme d'un dieu. 

M. d'Arbois de Jubainville veut bien me communiquer une 
étymologie nouvelle : Su-cellus serait « le bon frappeur », 
cello étant identique au thème latin que l'on retrouve dans le 
composé percellere 2 . 

1 . Je ne connais qu'un nom analogue, celui des Sanclae Matronae Uctl- 
lasicae que porte une inscription de la Cisalpine (Corp. inscr. lat., t. V, 

2. Je reproduis ici le texte de la note que m'a envoyée M. d'Arbois de 
Jubainville : 

a L'étymologie la plus probable de Su-cellus ou Su-cellos est : i° su- 
« bien, bon », 2° cello- = * kël-do-s « frappeur », thème du verbe latin 



Revue Celtique, XVII. 



4 




50 



Salomon Reinach. 



Si cette explication est agréée des celtisants, elle prendra une 
importance considérable pour nos études. En effet, longtemps 
avant de connaître lé nom de Sucellus, M. d'Arbois avait pro- 
posé d'assimiler le dieu au maillet des Celtes continentaux 
à la divinité des Celtes d'Irlande nommée Balar, le dieu frap- 
peur, lequel a pour fille Ethne et pour petit-fils Lugus 1 . Or, 
dans les trois personnages du bas-relief de Varhély 2 , M. d'Arbois 
a cru reconnaître autrefois Balar, Ethne et Lugus, fils 
d'Ethne J. A Sarrebourg, nous ne voyons que deux divinités, 
le dieu au maillet et sa parèdre, qui peuvent correspondre à 
Balar et à Ethne ; mais, au-dessous de leur image, est repré- 
senté un corbeau. Un passage célèbre, quoique contesté, du De 
fluviis faussement attribué à Plutarque, nous apprend que 
Xo-jyo; signifie corbeau en celtiques Si donc les deux divinités 
associées sont Balar et Ethne (Sucellus et Nantosvelta chez 
les Celtes continentaux), la troisième personne de cette triade 
aurait pour hiéroglyphe le corbeau et serait Lug, c'est-à-dire 
justement le dieu enfant de la triade irlandaise. Il faut avouer 
qne le parallélisme de ces deux séries divines, ainsi précisé 
par la représentation du corbeau, a quelque chose de très sé- 
duisant et que le corbeau du premier autel de Sarrebourg 
trouve ainsi une explication fort naturelle 5. Mais ces déduc- 

ceîlo = 'cïldo dans per-cello (Brugmann, Grundriss, I, 245, II, 880, îo$o, 
1053); c'est un développement de la racine KëL, qu'on trouve sous sa 
forme réduite dans le grec xXato « je brise », et qui est à la fois : i° réduite, 
2° développée au moyen d'une dentale dans l'homérique exXaaa» = e-kld-sa 
« je brisai r. Cette racine existe sous la même forme réduite dans le celtique 

* klàdebo-s, vieil-irlandais clâidcb, gallois chddyf, breton klê\è, plus ancien- 
nement ckxeff « épée ». Un mot gallois moins connu, clëdd « épée » = 

• kledo-s, nous offre le thème * kïldo-, soit avec métathèse de 17, soit sous 
une forme réduite plus ordinaire que dans *kladehos. En effet, la notation 
la plus fréquente de / voyelle en celtique est U ou It, là est une notation 
plus rare (voir sur les mots celtiques précités Whitley Stokes, Urheltischer 
Sprachschati, p. 81, 82). Dans le latin clides, on reconnaît la racine KëL, 
développée au moyen d'un d et sous la forme réduite, mais avec 17 voyelle 
longue là (Brugmann, Grundriss, t. I, p. 24$). Ces rapprochements s'ac- 
cordent avec la figure qui met un marteau dans la main du dieu Sucellos. » 

1 . D'Arbois, Le Cycle mythologique irlandais, p. 206. 

2. Bronzes figurés, p. 183 (vignette). 

3. Revue Celtique, t. XV, p. 236. 

4. Plut., De fluviis, p. ii$i d (VI, 4). Cf. Rtv. Celt., t. VIII. p. 169. 

5 . De même pour le second autel, s'il faut vraiment reconnaître un 




Sucellus et Nantosvelta. 



S» 



tions, greffées sur l'étymologie donnée par M. d'Arbois, ne 
peuvent encore être présentées qu'à titre d'hypothèse. 

M. Zimmer n'a pas essayé d'expliquer Nantosvelta. M. d'Ar- 
bois voit dans le premier terme de ce nom le thème du nom 
du dieu irlandais Nét, dieu de la guerre ; -snelta serait le par- 
ticipe passé de la racine verbale suel « briller ». Le nom de 
Nantosvelta serait à peu près synonyme du nom de la reine 
mérovingienne Nanthilde, femme de Dagobert. Je rapporte 
cette ingénieuse étymologie en laissant aux celtisants le soin 
de la discuter 1 . 

corbeau dans l'oiseau qui figure au-dessus de la main gauche de la déesse. 
L'oiseau y tiendrait la place de l'enfant Lug. 

i . Voici le texte de la note que je dois à l'obligeance de M. d'Arbois : 

a Nanto-suelta, femme de Sucellos, porte un nom dont le premier terme 
nanto- est le thème du nom du dieu irlandais Nêt, génitif Nèit — * Nantos, 
génitif * Nanti, dieu de la guerre chez les Irlandais. Ce substantif, qui paraît 
avoir eu un doublet, nèit, génitif *nito =z * nantis, génitif * nantos, a été 
aussi employé comme nom commun et signifiait alors « bataille, blessure ». 
On connaît ces sens divers par le Glossaire de Cormac au mot cul *, Nèit, 
par celui d'O'Davoren au mot ned**> par celui d'O'Clery aux mots néid***, 
et par le texte du récit mythologique intitulé Cath Maige Tured que 
M. Whitley Stokes a publié dans le tome XII de la Revue Celtique, p. 5 2-130. 

« Nét était grand-père de Balar, grand-père lui-même du dieu Lug et 
surnommé balc-bèimnech « le fort frappeur » ou « celui qui frappe forte- 
ment »****. Balc-biimnech exprime la même idée que su-cellos « bon frap- 
peur ». Comparez au mot nét = nanto-s le thème germanique nantha- fré- 
quent dans les noms propres (G ri mm, Deutsche Grammatik, t. II, p. 412 ; 
roerstemann, Personenmmen, col. 949-9 52); le sens de ce thème est donné 
par le verbe gothique ana-nanthjan « oser », il veut dire « brave, coura- 
geux », ou employé substantivement « courage, bravoure » *****. Le ger- 
manique nantha- suppose un pré-eermanique nanto- *♦*♦**. 

« On peut donc supposer que Sucellos était originairement une conception 
mythologique gauloise identique ou du moins analogue à celle du dieu ir- 
landais Ëalar. Nét rz: Nanto-s est associé : à Balar, comme nom de grand - 
père, en Irlande; à Sucellos comme premier terme de nom d'épouse chez 
les Celtes du continent. 

*. Glossaire de Cormac, traduction, publiée par Whitley Stokes, p. 39 
(cf. Gâidelica, p. 158) et 122. 

*\ Whitley Stokes, Ttjreeirish glossaries, p. 108. 

***. Revue Celtique, t. V, p. 28. Ce mot apparaît toujours au génitif, 
ibid., p. 58, 74. 96, 100. 

****. Lebar Gabala, dans le Livre de Leinster, p. 9, col. 1, lignes 44, 45. 

•****. Oskar Schade, Altdeutsches Wôrterbuch, t. I, p. 639, cf. p. 651. 

******. Ne pas. confondre ce thème en -0 avec le thème en -u, naniu- 
« vallée » écrit à tort nanto dans le Glossaire d'Endlicher et d'où le nom de 
peuple Nantuates, le nom de ville Nantua. 



Digitized by 



52 



Salomon Reinach. 



Je passe à la question principale soulevée par l'article de 
M. Michaelis. 

On sait qu'il existe, au sujet de l'identification du dieu au 
maillet, deux doctrines nettement opposées. Chacune de ces 
doctrines est soutenue par un groupe de savants qu'unissent 
certaines tendances scientifiques d'un ordre général: pour 
éviter de répéter sans cesse des noms propres, nous appellerons 
les premiers les archéologues et les seconds les épigraphistes 1 . 

Les archéologues pensent que le dieu au maillet des monu- 
ments gallo-romains est identique au dieu gaulois de la nuit et 
de la mort, que César appelle Disputer et dont les Celtes, sui- 
vant lui, se croyaient issus comme d'un père commun 2 . 

Les épigraphistes affirment que le dieu au maillet n'est 
autre que le Silvain romain ; ils expliquent comme des attri- 
buts de ce dieu rustique le maillet (massue de bûcheron ou 
pedum), le vase (scyphus faginus)*, enfin le chien, qui paraissent 
sur les images du dieu au maillet. 

Si le monument récemment exhumé à Sarrebourg avait 
porté pour épigraphe Diti patri et Aerecurae — Aerecura étant, 
dans quelques inscriptions, la parèdre de Dispater* — les épi- 
graphistes se seraient avoués vaincus. Si l'on avait lu sur cet 
autel Silvano et Silvanae, les archéologues auraient confessé 
leur erreur. Mais il arrive que sur le premier monument non 
anépigraphe qui réunit les deux mystérieuses divinités, nous 

« Le second terme -sue! ta de Nanto-sitelta semble être le participe passé 
de la racine verbale S(/el « briller », d'où le vieil-irlandais sollus, follus 
« brillant » = *suahicttus *. 

« Nanto-suelta signifierait donc quelque chose comme « brillante à la 
guerre », « brillante par le courage », « aussi brillante que le dieu de la 
guerre » et serait un synonyme ou à peu près du nom de la reine mérovin- 
gienne Nanthilde, Nantechudis, femme du roi Dagobert I er et dont le nom 
veut dire « brave guerrière ». 

« Le sens vraisemblable de la dédicace Deo Sucello Nantosvelte se- 
rait : « Au dieu bon frappeur et à son épouse brillante à la guerre ». » 

1 . J'ai longuement résumé l'histoire de ces débats dans mes Bronzes figu- 
rés, p. 156 et suiv.. et crois inutile de les raconter à nouveau. 

2. César, Bell. GalL, VI, 17. 

3. Tibulle, I, 10, 8. 

4. Cf. Rev. arch., 1892, II, p. 198, où sont énumérés les textes. 

*. Whitley Stokes, Urkeltischer Sprachschat^, p. 324 ; Curtius-Windisch, 
Grundiiige der griechischtu Etymologie, 5 e édition, p. 430, cf. p. 551. 




Sucellus et Nantosvelta. 



$3 



trouvons des noms tout différents de ceux auxquels on pouvait 
s'attendre. Cette circonstance est surtout fâcheuse, à mon avis, 
pour la thèse desépigraphistes. En effet, les archéologues se con- 
tentent de dire que le dieu au maillet est un dieu chthonien in- 
digène, auquel César, en quête d'assimilations un peu hâtives, 
a donné le nom de Dispater; ils n'ont jamais prétendu que les 
Gaulois aient appelé Dispater leur dieu au maillet. En revanche, 
les épigraphistes ont soutenu que le dieu au maillet n'était autre 
que Silvain, thèse justifiée, au premier abord, par les autels 
avec dédicaces à Silvain qù figurent des marteaux, et par un 




XV 5 L H> 



Fie. 3. — Bas -relief de Ramsen. 

bas-relief de Ramsen près de Kaiserslautern, où on lit D- SIL- 
VANO au-dessous d'un homme drapé tenant une hampe, debout 
entre deux chiens (fig. 3) 1 . Les épigraphistes alléguaient en- 
core que, dans la vallée du Rhône, il y a quantité de dédicaces 
à Silvain, d'une part, et, de l'autre, quantité de statuettes du 
dieu au maillet; d'où la conclusion vraisemblable que sta- 
tuettes anépigraphes et dédicaces aniconiques concernaient 

1. Rlxin. Jahrb., 1882, t. LXXIV, pl 11, 3 et d. 75; Michaelis, Jahrb. 
der Gcsellsch. f. Jotbrittg. Gesch., 1895, t. VII, p. 130, fig. 9 (= notre fig. 3). 

Revue Celtique, XVII. 4. 



Digitized by 



$4 



Salomon Reinach. 



le même personnage. Or, de tout cela, il semble que la dé- 
couverte de Sarrebourg ne laisse rien subsister, puisque le dieu 
ne s'appelle pas Silvanus, mais Sucellus ; c'est donc avec 
quelque surprise que Ton voit M. Michaelis, premier éditeur 
de cette découverte, reprendre pour son compte la thèse des 
épigraphistes, en particulier de MM. Allmer et Mowat. 

L'éminent archéologue se défend cependant d'être aussi 
exclusif que ses devanciers x . Il ne veut pas « identifier simple- 
ment » le dieu au maillet avec Silvain ; il croit que le dieu 
gaulois a « apporté » au Silvain latin son costume national, le 
maillet, ancien symbole du dieu du tonnerre et de la foudre, 
enfin le vase, qui remplace la patère. En un mot, le dieu au 
maillet serait un Silvain en costume gaulois, pourvu d'un attribut 
— le maillet — qui appartient à la vieille religion celtique. 

Si le dieu au maillet a pu ainsi s'assimiler à Silvain, c'est 
qu'il n'était pas un dieu infernal ; M. Michaelis conclut, il 
affirme à plusieurs reprises que ce dieu n'a rien de commun 
avec le Dispater de César. 

Un des arguments qu'allègue le savant professeur et qu'il 
considère comme sans réplique, est celui-ci. Il existe à Carlsruhe 
un bas-relief provenant de Sulzbach, où l'on voit, assis à côté 
l'un de l'autre, un homme et une femme; l'homme tient 
sur ses genoux un rouleau déployé, la femme une corbeille 
de fruits 2 . Or, l'inscription est une dédicace à Dispater et à 
Aerecura ; c'est le seul monument connu où ces deux noms 
accompagnent des représentations figurées. Comme il n'y a là 
ni maillet, ni vase, ni chien, M. Michaelis croit pouvoir 
affirmer que Dispater n'a rien à voir avec le dieu au maillet, 
et il ajoute : « Même si ce n'est pas la seule forme sous laquelle 
on représentait le Dispater gaulois, il n'y a pas de pont entre 
cette image et celle du dieu au maillet. » 

La dernière assertion rappelle tout à fait ce que l'on affir- 
mait naguère avec confiance au sujet d'Epona. Parce que, dans 

1 . Michaelis, p. 148. 

2. Brambach, Baden tinter dcr rom. Hcrrschaft, 1867, pl. Il ; Michaelis, 
îoc. îaud., p. 147 (similigravure que nous reproduisons, ng. 4). Faute de 
connaître la gravure de Brambach, j'ai parlé inexactement de ce monument 
dans mes Bronzes figurés, p. 182. 




Sucellus et Nantosvelta. 



55 



le seul monument pourvu d'une inscription, Eponaest figurée 
comme une femme assise, on en concluait que les images 
d'écuyères gauloises, qui sont toutes anépigraphes, ne repré- 
sentaient pas la même déesse. Je crois avoir récemment 
prouvé que cette opinion n'est pas admissible et que les 
femmes à cheval étaient bien, aux yeux des Gaulois, des idoles 
d'Epona 1 . 

Dans le cas présent, la réponse à une objection analogue 
est encore plus facile. On n'a même pas besoin de rappeler 




Fie. 4. — Bas-relief de Sulzbach. 



que la parèdre du dieu au maillet se présente, dans la même 
région, tantôt comme une Junon (Sarrebourg), tantôt comme 
une Diane (Mayence); que, par suite, le dieu lui-même peut 
fort bien avoir revêtu des aspects divers. Mais de ce que César 
assimile le dieu gaulois à Dispater, il ne résulte nullement que 
le Dispater romain, sur des monuments très postérieurs à 
César, doive présenter les traits et les attributs du dieu indi- 

1. S. Reinach, Epona, 1895 (cf. l'article de Steuding, qui me donne 
pleinement raison, dans la Berl. philol. Woclxnsclmft, 1890, p. 22). 



Digitized by Google 



56 



Salomon Reinach. 



gène. Tant que le monument de Sulzbach sera isolé, on 
pourra croire que le dieu au maillet et sa parèdre ont quel- 
quefois été assimilés au Dispater et à l'Aerecura des Romains; 
mais l'identification du dieu au maillet avec le Dispater de 
César est absolument indépendante des conclusions auxquelles 
des monuments comme celui de Sulzbach pourront donner 
lieu 1 . 

Cette identification repose, en effet, sur des considérations 
très sérieuses qui subsistent, dans leur entier, après la décou- 
verte de Sarrebourg. Les Gaulois, suivant César, se disent 
issus d'un dieu chthonien et nocturne, que le conquérant ro- 
main appelle Dispater et non Pluto, sans doute parce que, 
dans Dispater, l'idée de paternité est indiquée à côté de la na- 
ture infernale. Or si, dans l'ensemble des monuments de l'art 
gallo-romain, on en cherche qui rappellent le type des dieux 
infernaux des peuples classiques, on trouve les images du dieu 
au maillet, et Von ne trouve que celles-là. Si l'on en fait abstrac- 
tion, que reste-t-il ? Il faudrait admettre, pour se tirer d'em- 
barras, que le dieu national gaulois, père de la race, n'eût 
jamais été figuré à l'époque romaine, ou que l'assertion de 
César reposât tout entière sur une erreur. Ce sont là des con- 
clusions qu'il suffit d'indiquer pour que personne ne soit tenté 
d'y souscrire. 

En 1887 et en 1895, j'ai fait valoir des arguments pour 
établir que le type plastique du dieu au maillet dérivait surtout 
de celui du Sérapis alexandrin. Trois de ces arguments me pa- 
raissent toujours dignes d'attention : i° dans les bas- reliefs de 
Déva et de Varhély 2 , le chien qui accompagne le dieu au 
maillet est un chien à trois têtes, un Cerbère 3 ; 2 dans le 
bas-relief de Varhély, le dieu au maillet a pour parèdre une 

1 . Vu l'absence d'attributs caractéristiques, on peut même se demander 
si l'homme assis de Sulzbach est bien le Dispater romain. L'inscription est 
ainsi conçue: In tonorem domus divinae Deac sanctae(?) Aerecurae et Diti 
Patri Veterius Pateinus et Adjectia Patertia (Brambach, n° 1679). Il est pro- 
bable, mais non certain que les deux personnages figurés au-dessus de l'ins- 
cription sont Dispater et Aerecura ; ce pourrait être aussi les dédicants. 

2 . Bronzes figurés , p . 182, 183. 

3 . La triple tête du chien est également très visible sur le moulage du 
bas-relief aujourd'hui détruit d'Oberseebach. 




Sucellus et Nantosvelta. 



SI 



divinité féminine vêtue qui tient une clef comme Isis 1 ; 3 dans 
deux statuettes de bronze, celles de Niège (à Genève) et celle 
de Cairanne (à Avignon), la tête du dieu est surmontée d'un 
petit polos 2 , 

A ces raisons, et à d'autres que j'ai exposées ou rappelées 
en 1895, M. Michaelis répond par l'aveu que « dans certains 
cas isolés » des traits de Sérapis ont pu être empruntés pour 
représenter le dieu au maillet, mais que le type plastique de 




Fie. 5. — Statuette de Cairanne (Vaucluse). 

ce dieu ne saurait dériver de celui du deus Alexandrinus K 
Comme le polos des deux statuettes l'embarrasse, il allègue que 
celui de la figurine de Niège n'est pas distinct et que, pour 
celle de Cairanne, il faut attendre une publication 4. Mais la 

1 . A cela M. Michaelis objecte qu'Isis n'était pas la seule divinité xXei- 
Bouyo; ; sans doute, mais à l'époque romaine, je ne vois pas d'autre divinité 
qu'Isis ou Hécate qui ait pu être représentée avec cet attribut. 

2. Bronzes figurés, p. 139 et 180. 

3. Michaelis, p. 146. 

4. Ibid., p. 14s. 



Digitized by 



$8 



Salomon Reinach. 



figure de Cairanne a été publiée en similigravure par M. Sa- 
gnier, et c'est d'après cette reproduction que je l'ai donnée, à 
très petite échelle il est vrai, dans mes Bronzes figurés (p. 180). 
Je la reproduis ici d'après un procédé un peu meilleur (fig. 5). 
La présence du polos y est incontestable, comme du reste aussi 
sur la statuette du Valais. La dimension exiguë de ce polos 
n'est vraiment pas un argument à considérer; il suffit qu'on 
n'en puisse nier l'existence. 

Maintenant, je suis le premier à convenir que le dieu au 
maillet nest pas plus Sérapis qu'il n'est Silvain. C'est un dieu 
gaulois resté sans images jusqu'à la conquête, et auquel on a 
prêté, à l'époque romaine, un type plastique inspiré de celui de 
Sérapis, mais avec quelques attributs différents de ceux du 
dieu gréco-oriental, attributs conformes à une tradition mytho- 
logique spéciale que nous ignorons. 

Je ne nie pas davantage, et n'ai pas nié en 1895, qu'il n'y 
ait du vrai dans l'opinion des épigraphistes. Le « dieu accom- 
pagné d'un chien » a souvent été, sur les bas-reliefs, iden- 
tifié au Silvain latin dont il rappelait l'image; une fois cette 
assimilation opérée, on a prêté quelquefois au dieu gaulois des 
attributs qui n'appartenaient, à l'origine, qu'au Silvain latin, 
comme la faucille du bas-relief de Dagsbourg 1 . Il y a donc eu 
deux assimilations du dieu au maillet avec des divinités gréco- 
romaines, l'une motivée par son caractère divin et, par consé- 
quent, plus profonde et plus ancienne, l'autre suggérée par 
ses attributs et toute superficielle. On remarquera, d'ailleurs, 
que le dieu au maillet ne paraît jamais avec les attributs de 
Silvain que sur les bas-reliefs, œuvres populaires; parmi les 
très nombreuses statuettes en bronze, il n'en est pas une seule 
qui autorise cette assimilation par quelque détail. Aucune sta- 
tuette ne représente le dieu au maillet en compagnie d'un 
chien ou tenant une faucille ; dans ces monuments, les seuls 
types classiques dont l'imitation soit évidente sont ceux de 
Jupiter, de Pluton et de Sérapis. 

En résumé, l'intéressante trouvaille de Sarrebourg nous 

1. Schôpflin, Ahatia illustrata, t. I, pl. xm; Michaelis, p. 135. Ce bas- 
relief a été détruit à Strasbourg en 1870, comme celui d'Oberseebach. 



Digitized by 



Sucellus et Nantosvelta. 



apprend, pour la première fois, les noms du dieu au maillet et 
de sa parèdre ; elle prouve ainsi, avec évidence, que ce sont 
bien des divinités indigènes, et non des divinités romaines 
plus ou moins celtisées. Mais elle laisse subsister l'hypothèse, 
émise par Grivaud de la Vincelle et développée par M. de Bar- 
thélémy, qui voit dans le dieu au maillet le dieu infernal dont 
parle César. Il y aurait cependant quelque témérité à prétendre, 
d'abord, que le dieu au maillet portât exclusivement le nom 
de Sucellus, puis que le dieu infernal celtique n'ait pas été re- 
présenté aussi sous d'autres formes. Plus on étudie le pan- 
théon gallo-romain, plus on se convainc de sa complexité, du 
caractère local de ses désignations et de ses types. J'ai déjà 
fait observer que le dieu accroupi, par exemple, ne se rencontre 
pas dans les mêmes régions c â ue le dieu au maillet 1 , de même 
que ce dernier n'a pas le même domaine que le dieu serpent à 
tète de bélier. Comme l'autel de Reims 2 nous apprend claire- 
ment que le dieu accroupi est un dieu infernal et distributeur 
de richesses, il est très possible que ce dieu, nommé Cernunnos 
sur l'autel de Paris*, ne soit autre lui-même qu'une des formes 
du Pluton celtique identifié par César à Dispater*. 



1. Bronzes figurés, p. 197. 

2. Rev. arclxoh, 1880, I, pl. xi. 

3. Desjardins, Gèogr. de la Gaule, t. III, p. 216. 

4. Le dieu accroupi est un dieu de l'abondance, caractère qui convient 
fort bien aux divinités infernales. Si le dieu appelé Dispater par César était 
aussi un dieu de la fécondité et de la végétation, on comprendrait encore 
plus facilement qu'il ait parfois été identifié à Silvain. 



Salomon Reinach. 




DIALECTICA 

(Suite.) 



IV. 

LA SPIRANTE DENTALE SOURDE (TH GALLOIS) 
A LA FIN DES MOTS. 

On résume ainsi habituellement l'histoire de ce son à la fin 
des mots : la spirante dentale sourde (th gallois) devient, en 
breton-armoricain, s ou % en léonard, trégorrois, cornouaillais, 
et se transforme en gutturale sourde (h, c'h) en vannetais. En 
dit, l'histoire de ce son est plus compliquée. La prononciation 
c'h = th ancien, existe pour certains mots (poah, cuit, = 
poa^, gallois poeth, vannet. pwçc'h) en léonard 1 . Elle est fort 
répandue dans les cantons de Saint-PoKde-Léon et de Ploues- 
cat. J'espère prochainement pouvoir la délimiter et constater 
dans quelles conditions elle se produit. Il semble bien que 
dans une partie de cette zone, cette prononciation a été régu- 
lière pour tous les mots à th final. M. l'abbé Gloanec, prin- 
cipal du collège de Lesneven, tient d'un de ses élèves qu'à 
Plourievez-Lochrist, commune à trois lieues de Lesneven et à 
cinq de Saint-Pol, les anciens, plus que les jeunes, emploient la 
forme coc'h pour coz. 

Quoi qu'il en soit, il y a, en Cornouailles, aux environs de 
Concarneau, une zone assez restreinte, comprenant Saint-Phi- 
libert, Trégunc et Névez, dans laquelle th final n'a pas eu le 
sort commun : th ancien a évolué en à ou / final. Ayant eu con- 

i . La prononciation pwad existe sporadiquement en trégorrois. 



Digitized by 



Google 



Dialectica. 



61 



naissance de cette prononciation pour certains mots, j'ai sou- 
mis à M. l'abbé Le Beux, habitant Trégunc, toute une liste 
de mots terminés par des s de provenances diverses. Seuls, les 
s, i sortis de th dur sont, dans cette zone, explosive dentale 
(d ou /). Voici les mots que j'ai soumis à mon obligeant cor- 
respondant, avec leur transcription par lui : 



LÉONARD 

aber^j de la part de 

bara^j baquet 

bar%, dans 

ba%, bâton 

bri^, tacheté 

c'hoafj encore 

deve%, journée 

cifj huit 

eve%, attention 

scwi^, las 

froue^j fruits 

for\ (nerann for^, je 
ne m'en soucie 
pas), je m'en mo- 
que 

gar%, haie 

gli^j gloui^, rosée 

gwa%, ruisseau 

gwer^, vente 

henoa^ 

co^, vieux 
e cu%, en cachette 
la\, latte de charme 
lea^j lait 
lei%, plein 
mate^, servante 
mtZj honte 
meur\, mardi 



VANNETAIS 

aberh 

barach 

barh 

bac'h 

bric'h 

hwach 

dewec'h 

çc'h 

ewec'h 

skwic'h, swich 

frçc'h 

forh 



garh 

gluic'hygluec'h 

gwech 

gwerh 

henoac'h 

cac'h 

cçch 
e eue h 
lac'h 
Ifc'h 
leic'h 

matec'h, matac'h 
mçh 

merh, meurh 



TRÉGUNC 

daberd 

barad 

bard 

bad 

brid 

choad 

deud (disyllabe) 

eid, eit 

eud 

scwid 

froued 

ford 



gard 

gluid 

gwçd 

gwerd 

henoad 

cod, plur. cadou, et 
quelquefois keiçer 
cod 
e cud 
lad 
led 
leid 
mated 
mçd 

meurd (=: mçrd) 



Digitized by 



62 



J. Loth. 



LÉONARD 



VANNETAIS 



TRÉGUNC 



moe%, voix mwçch 



tnocd 

neid 

nerd 



nei^, nid nçc'k 
nçr^, force nçrh 



palevar^, quart de blé palevarh 



paliad (50 livres) 



pç%, morceau, pièce pçch 

pi%, avare, regardant pic h 

poa^, cuit pwçc'h 
por^ 9 cour de la mai- 



ped 
pid 
poad 




port 
rad 
seid 



soue^et, étonné swehet, souhet 

stri\, étroit Itrich, strçc'h 



strid 
tord 



souded 



tor^, tourte de pain tçrh 



La phrase : ar c'ha\ bri% co{ lipa \ta\ pisa pi^, le chat vieux 
tacheté lampe le lait le plus soigneusement du monde, est 
transcrite ainsi, en dialecte deTrégunc, par M. Le Beux: c'ha 
brid cod lippa Içd pitta pid. 

Ici encore, comme dans tous les groupes à phénomènes 
isolés, la prononciation commune tend à étouffer l'autre. 
Tous les vieux, à Trégunc, m'écrit l'abbé Le Beux, emploient 
le d. Mais la prononciation j ou { fait des progrès marqués. 
Elle existe d'abord pour les mots de la chaire comme ur^, sa- 
crement de l'ordre, priadele^, sacrement du mariage; pour 
d'autres conservés par la poésie ou les livres, comme Brti\, 
Bretagne, vannet. Brçc'h. Si on a cadou, chats, on a le pluriel 
ordinaire kti%tr = ki^ier; à côté de cod, vieux, on a cousoc'hj 
plus vieux, cousô ou cousaô, le plus vieux ; gwasoc'k, pire. Mate^, 
servante, est usité à côté de tnated. Les mots en = gallois 
-aeth, ont perdu la forme -ed, plus tôt que les autres, vrai- 
semblablement sous l'influence du catéchisme et de la pré- 
dication. Souc%, étonnement, existe à côté de souded. Ce sont, 
avec rei^ y rei régulier, les seules exceptions que j'aie constatées. 
Il est clair que, dans un certain nombre d'années, le / aura 
disparu au profit de s, ^. Un ou deux mots resteront peut- 
être comme témoignages de l'ancien état de choses. 




Dialectica. 



Le d et le / s'échangent. A Nevez, la dentale dure s'entend 
mieux. Quelle est la prononciation exacte de cette dentale ? Je 
serais assez porté à croire que ce / ressemble au / irlandais 
qui, de fait, est interdental et que, pour ce motif, les Anglais 
transcrivent par leur th. L'abbé Le Beuz me dit, en effet: 
« pour le mot cod, il me semble que la langue vient frapper 
la rangée supérieure des dents en touchant légèrement les 
dents inférieures. » Je m'en assurerai prochainement. L'étape 
la plus courte que peut subir la spirante dentale sourde, elle 
Ta donc franchie à Trégunc, et s'y est tenue jusqu'ici : elle 
est devenue explosive dentale sourde. 

Les variations entre d et / sont dues sans doute à la sat%- 
phoneiic. En finale vraie, c'est sans doute / que Ton a. La pro- 
nonciation ancienne de la spirante dentale sourde bretonne se 
trouve ainsi nettement déterminée. 

(A suivre.) 



J. Loth. 




CORRESPONDANCE 



La direction de la Revue Celtique a reçu la lettre suivante : 

Monsieur le Directeur de la Revue Celtique, 

Veuillez permettre à un Breton qui lit de temps en temps la Revue Celtique 
a la Bibliothèque de la ville de Brest de vous demander un petit service : de 
vous occuper d'une question qui est de votre compétence et de celle de vos 
éminents collaborateurs. Je veux parler de la question délicate de l'ortho- 
graphe bretonne. 

Tout le monde n'admet pas le système orthographique de M. Le Go- 
nidec, quoique beaucoup d'écrivains bretons s* en servent dans leurs écrits. 

On dit que cet homme illustre a fait pour le breton ce que l'Académie 
française a fait pour le français; que, grâce à lui, la vraie langue bretonne 
revit dans toute sa pureté, avec une orthographe à la fois nationale et 
logique, avec ses lettres étymologiques ; et qu'enfin il a dicté des lois gram- 
maticales et orthographiques que personne ne peut désormais violer. 

Plusieurs personnes parviennent difficilement à comprendre comment on 
respecte les lettres étymologiques en écrivant sirkonsision, konsevet, avec un 
k et un s à la place des deux c, alors que ce dernier mot dérivant évidem- 
ment du latin s'écrit conceptus dans cette langue, conçu en français, conceived 
en anglais, conceputo en italien, coneobido en espagnol ? 

Comment se trouvet-il d'accord avec le génie de notre langue qui de- 
mande des lettres douces et non fortes, de même que ceux qui la parlent 
aiment, dit-on, les tons mineurs, ainsi que ceux qui s'en servent dans leurs 
chants. M. Le Gonidec écrit les participes passés avec un /, alors que la 
lettre t est la lettre préférée des Latins et des Allemands : arnatus, gilernet, 
tandis que les Celtes préfèrent la lettre d, comme aussi la lettre g préféra- 
blement à la lettre c ou k. Du nord de la Belgique au centre de l'Espagne, 
au pays des Celtibériens se trouve la zone celtique, le pays des lettres 
douces, dit une grammaire comparée que j'ai en ce moment sous les yeux. 
Les Saxons eux-mêmes, arrivés en Angleterre dans un milieu celtique, 
n'ont pas tardé à changer leur / en d. 

M. Le Gonidec n'a pas suivi à l'égard du breton la conduite de l'Aca- 
démie française à l'égard du français. 




Correspondance. 



6$ 



Pour résister aux phonétistes et aux novateurs de tous les temps, cette 
dernière s'est toujours appuyée sur l'orthographe étymologique et de déri- 
vation. En 1694, l'Académie se prononça pour l'ancienne orthographe, 
parce qu'elle aide à faire connaître l'origine des mots. Bossuet, Féneion, 
Racine, Corneille, La Fontaine, Boileau faisaient à cette époque partie de 
l'Académie. 

En publiant de nouveau son Dictionnaire en 1878, l'Académie disait 
dans sa préface : l'orthographe de dérivation conserve toujours un caractère 
et une physionomie de famille qui rattachent ces mots à leur origine, à 
leur vrai sens. Cette orthographe, dit un philologue distingué, aide le lettré 
et gêne peu l'ignorant. Sans savoir la racine primitive, l'ignorant devine le 
sens, grâce à la lettre étymologique. 

Et, en effet, nos campagnards bretons se plaignent de la difficulté qu'ils 
ont à lire l'orthographe de Le Gonidec. M. le chanoine Morvan, de Quimper, 
a écrit avec une orthographe différente son Testament co\ ha ntve\ et son 
Bue\ ar %ent : tous les lecteurs bretons donnent la préférence au premier ou- 
vrage sur le second. 

M. Le Gonidec en faisant paraître son Testament neve\ en 1827, n'est-il 
pas entré quelque peu dans les idées d'un phonétiste nommé Morle ou Merle 
qui, en cette même année, faisait paraître son « Appel o Fransê » en faveur 
de son « Ekritur fonetik ». 

N'a-t-il pas voulu être agréable aux étrangers qui ont pu le prier d'adopter 
le mode d'orthographe le plus commode pour eux dans l'étude de notre 
vieille langue. Quant aux étrangers, disait Régnier* Desmarais, secrétaire 
perpétuel de l'Académie, pourquoi veut-on que la langue française fasse à 
leur égard ce que nulle langue ne fait ni ne doit faire à l'égard de ceux à 
qui elle est étrangère. Comme c'est à ceux qui sont étrangers dans un pays 
à se conformer aux lois et aux coutumes du pays, c'est aussi à ceux qui 
veulent apprendre une langue étrangère, à s'assujettir à ses règles et à ses 
irrégularités. 

Enfin M. Le Gonidec avait- il qualité pour inventer un système ortho- 
graphique : ses études de grammaire comparée lui permettaient-elles de viser 
si haut ? 

Veuillez excuser, Monsieur le Directeur, la longueur de cette lettre, et 
l'ignorance de celui qui l'écrit : car quoique le breton soit ma langue ma- 
ternelle, je ne suis qu'un enfant qui commence à bégayer à côté des émi- 
nents philologues qui nous donnent de si brillants aperçus et de si hautes 
considérations sur notre vieille langue celtique. En terminant je voudrais 
vous prier, Monsieur le Directeur, de nous dire quels sont les avantages et 
les inconvénients de la méthode Le Gonidec ; et en second lieu sur quel 
terrain, d'après vous, faudrait-il se placer pour arriver à une entente si dé- 
sirable ? 

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, avec mes remercîments anticipés, 
les salutations respectueuses de votre humble serviteur. 



Un Ami du Breton. 



Revue Celtique, XVII. 



S 




66 



Correspondance. 



Je regrette de ne pouvoir faire ce que me demande le res- 
pectable auteur de cette lettre. Pour donner à tous les Bretons 
la même orthographe, il faudrait réduire tous leurs dialectes 
à un ; or, les différences grammaticales qui constituent les 
dialectes sont précisément un des points de vue auxquels le 
breton moderne est le plus intéressant aux yeux des érudits ; 
ainsi, pour me borner à un exemple, les divergences entre le 
Vannetaiset le Léonard jettent sur les origines de beaucoup de 
mots bretons une lumière qui sans cela nous ferait défaut. Le 
but de la Revue Celtique, dans sa partie linguistique, est d'ob- 
server les caractères que nous offrent les diverses langues néo- 
celtiques, soit dans les Iles-Britanniques, soit sur le continent, 
et d'en conclure des lois linguistiques ou des faits historiques; 
ce but n'est pas de réformer quoi que ce soit dans ces langues, 
rien ne serait moins scientifique. 

H. d'Arbois de Jubainville. 

n. 

A propos de l'explication que nous avons donnée de Sucello 
(voir plus haut, p. 49, n. 2), nous recevons de M. V. Henry 
la lettre ci-dessous : 

Paris, dimanche matin. 

Monsieur et cher Maître, 

Au lieu de traduire SVCELLO par « qui frappe bien », ne pourrait-on 
pas plutôt l'interpréter comme un composé possessif « qui a un bon frap- 
peur », c'est-à-dire « un bon marteau » ? J'y verrais un triple avantage : 
1° en morphologie indo-européenne, les composés possessifs sont de beau- 
coup préférés aux simples déterminatifs, et nommément il me semble que 
les composés dont le premier terme est su- sont tous possessifs ; 2° en sty- 
listique védique, les épithètes où un dieu est ainsi désigné par son prin- 
cipal attribut sont monnaie courante, et je ne puis m'empêcher de voir, là 
aussi, une préférence indo-européenne ; 3 en mythographie, on mettrait 
ainsi en relief la personnalité du marUau, qui est l'attribut essentiel et spé- 
cifique du dieu de l'orage et s'est développé en cette qualité jusqu'à devenir 
un personnage à son tour, dans un hymne védique dont j'espère sous peu 
vous présenter l'analyse (Journal Asiatique, VI, p. 516 sq.). 

Veuillez faire de cette suggestion l'usage qu'il vous semblera bon, et 




V. Henry. 



Digitized by 



BIBLIOGRAPHIE 



Hayden (William). Irish prononciation : practice and theory. Dublin, 
Browne and Nolan, 1895, br. in-8, 30 pages. 

Le but de cet opuscule est essentiellement pratique. L'au- 
teur a voulu venir en aide aux personnes qui désirent parler 
l'irlandais ou simplement le lire à haute voix. On ne saurait 
trop encourager les tentatives de ce genre. La différence entre 
la graphie et la prononciation de la langue moderne dépasse 
toute croyance : l'orthographe anglaise, si archaïque pourtant, 
est presque phonétique en comparaison. Le philologue qui 
n'aurait étudié que la langue ancienne serait dans une incapa- 
cité absolue de reconnaître un seul mot avec la prononciation 
actuelle. Supposez que le français moderne s'écrive comme le 
latin et qu'au lieu d'étroit, dame, cheveu, nous écrivions strie- 
tum, dominant, capillum, et vous aurez une idée de la fidélité 
avec laquelle l'orthographe irlandaise représente la pronon- 
ciation. Nous devons donc des remerciements auxérudits irlan- 
dais qui s'efforcent de nous frayer un chemin à travers les 
broussailles de leur orthographe. Je crains seulement qu'ils 
n'aient quelque difficulté à nous tirer de l'épais hallier de con- 
sonnes qui encombrent le vocabulaire. L'estimable traité du 
Révérend Hayden n'est pas encore le fil d'Ariane qui nous 
permettra d'éviter adroitement les menaçantes consonnes ex- 
ponctuées dont l'irlandais est malheureusement si prodigue. 

Ce n'est pas la première fois qu'on tente d'analyser les 
sons de la langue moderne et d'en donner une représentation 
phonétique. Au mois d'août 1883, Lecky avait commencé une 
enquête approfondie sur le dialecte du Connemara, et parti- 



Digitized by 



68 



Bibliographie. 



culièrement de l'île cPAchill. Une communication à ce sujet 
fut présentée à la Philological Society de Londres le 3 juin 1887, 
et publiée dans ses Proceedings (1887, p. xuii-xliv). Elle ne 
fait guère qu'indiquer les difficultés de cette étude, et nous ne 
croyons pas que Lecky, s'il a rédigé un mémoire, l'ait jamais 
publié. Il a néanmoins transmis la description de quelques 
sons à M. Ellis qui l'a insérée dans Y Encyclopedia Britannica au 
mot Speech sounds (1887, t. XXII, p. 366-388). M. Larminie, 
qui avait été le collaborateur de Lecky, a donné une représen- 
tation phonétique peu satisfaisante de quelques contes à la fin 
de sa publication West Irish jolhtales and romances (Londres, 
1893). Mais le travail de beaucoup le meilleur qui ait paru 
jusqu'à présent est celui de M. Dottin, Études sur la prononciation 
actuelle d'un dialecte irlandais. Commencé dans l'été de 1891, 
il a été inséré dans la Revue Celtique en 1893 (P- 97-1 36). Le 
hasard a voulu que l'étude de M. Dottin et le petit traité du 
P. Hayden portassent sur le dialecte non seulement d'une 
même province, le Connaught, mais d'une même localité, la 
ville de Galway et ses environs. Aussi la comparaison des 
deux transcriptions phonétiques peut donner lieu à bien des 
remarques intéressantes. Il n'entre pas dans mes intentions de 
faire une étude comparée à ce propos. Mais, ayant eu la bonne 
fortune d'avoir quelques entretiens avec un jeune Irlandais, 
originaire du comté de Mayo, voisin de celui de Galway, je ne 
crois pas inutile de faire quelques remarques sur la brochure 
4e M. Hayden. 

La transcription phonétique dont il se sert n'est qu'un à 
peu près qui néglige bien des nuances, mais qui a l'avantage 
d'être assez clair. Cependant je ne vois pas bien pourquoi il 
représente par au la diphtongue qu'on entend par exemple 
dans les mots labhairim « je parle », samhra « été » ; je trans- 
crirais plutôt par aw, lawrim, sawru et non laurim, saurà. De 
même, il eût mieux valu rendre par wî, de préférence à ul, la 
diphtongue du mot buidheachas « remerciement », prononcé 
bwtyes, et l'auteur en fait lui-même la remarque (p. 21). 

La graphie ê rend non seulement le second a du mot ra- 
dharc « regard » (prononcez reyerc ou royerc), mais encore la 
voyelle irrationnelle qui s'intercale entre certains groupes de 




Bibliographie. 



6 9 



consonnes Ib, rb, rg, etc., ainsi dans le mot borb « féroce », 
prononcez bor°b. Il me semble qu'il y a une nuance sensible 
entre ces deux phonèmes; le premier est franchement Ye 
moyen français que nous entendons dans me, te, se, et si l'au- 
teur eût écrit son traité pour des Français, il eût été beaucoup 
plus simple d'employer la graphie e au lieu de é; le second est 
un son vocalique très léger, une sorte d'o très bref. Une double 
graphie m'eût semblé préférable. 

La transcription ôù pour la diphtongue ua dans des mots 
tels que sluasad « pelle », uan « agneau » me surprend. J'en- 
tends slû-esed, û-en (e = e moyen français) avec l'accent très 
fort sur la première voyelle, au point de faire disparaître la 
seconde quand le mot est prononcé rapidement et de le réduire 



L'analyse des sons n'a pas toujours l'exactitude désirable : 
pour décrire IV fermé du mot lé « avec », l'auteur renvoie au 
français père dont Ye est justement très ouvert depuis plusieurs 
siècles. — Le son gh ou dh (ils se sont confondus) est très mal 
à propos rapproché du g de l'allemand sagen. C'est une erreur 
complète. Le phonème irlandais est une forte expiration qui 
présente beaucoup d'analogie avec IV sans vibrations des 
Français du Nord. 

Ce qui est dit du t n'est point suffisant. Le / final après 
voyelle large développe un son spirant ressemblant à un 5 ou 
plutôt au th anglais dur. Ainsi tart « soif », mart « beefs- 
teack » se prononcent tôrt th , mwôrt th . L'explication de ce phé- 
nomène n'est point difficile à trouver. En français même, après 
certains mots tels que fat, mat, on entend parfois un léger son 
vocalique ressemblant à un e, îat c , mat*. En irlandais, le / 
étant occlusive interdentale et non dentale comme le / fran- 
çais, il est naturel que le son consécutif soit la spirante inter- 
dentale th. 

A lire la page 15 on ne soupçonnerait pas la difficulté de / 
et r. Je n'entreprendrai pas l'analyse difficile des différentes 
variétés de /. Je reproduis à peu près r devant voyelle mince, 

1. M. Dottin (Rev. Ceît. t 1893, 113) a déjà fait la même observation : 
« ua tend à se réduire à H : fUr fuar;fû ~ chuaidh ». 



à ûn 1 . 




70 



Bibliographie. 



tel le mot Erinn « Irlande », en serrant la pointe de la langue 
contre les gencives et en chassant fortement l'air des deux 
côtés de la langue. A l'audition, cet r donne la sensation d'un 
r suivi de ; français; c'est du reste une erreur d'acoustique, 
le son étant simple. 

Autres omissions à propos de b et m. Ces consonnes devant 
une voyelle large développent un w très perceptible. Ainsi 
baoghal « danger », bail « prospérité », mart « beefeteack », 
mac « fils », mathair « mère », se prononcent mwôrt th y bwâ-el, 
bwa-tl, mwôc, mwô-her. Ce phénomène méritait assurément 
d'être noté. — Aucune remarque non plus sur les occlusives 
finales sonores. Elles tendent à s'assourdir et on entend plutôt 
î-esk, dyarek (iasg « poison », dtarg « rouge »), que t-esg, 
dyareg. 

Le th présente au moins deux sons différents : initial, c'est 
une simple expiration, à peine plus forte que Yh français dans 
hardi, hasard. M. Hayden la note par h; exemple : thainic « il 
vint », prononcez hânic. A la fin de certains mots, après 
voyelle large, l'expiration est très forte, égale au moins à celle 
du ch dur de l'allemand doch, noch. M. Hayden a complètement 
négligé cette nuance que M. Dottin figure par le -/ grec. 
Ainsi je rendrais brâth « jugement », parfoïfy. Une exception 
curieuse est offerte par le mot sruth « fleuve », qui se pro- 
nonce sruff (chrouff) avec un / très fort. 

Notons encore un phénomène dont M. Hayden ne dit mot : 
mh + th et bh + th se combinent en /; ex. : lobhtha « gâté », 
prunoncez lôfwi, et go-naomhthar « sanctificetur », prononcez 
nifer. Ce dernier exemple se trouve même à la p. 24, parmi 
les spécimens du « sound-notation ». 

Ce petit livre appellerait beaucoup d'autres remarques. 
Celles-ci suffisent à montrer qu'il est encore loin de la perfec- 
tion. Disons encore qu'il s'est glissé des erreurs dans la trans- 
cription phonétique. Elle ne rend pas toujours le mot corres- 
pondant de l'exemple en orthographe usuelle. Ainsi p. 24, 
dans l'oraison dominicale J , mar gnidhthear air néimh « comme 

1 . Les lecteurs qui seraient curieux de saisir la différence entre l'irlandais 
ancien et moderne peuvent lire Toraisou dominicale dans la Grammaire 



Digitized by 



Bibliographie. 



70 



est faite au ciel » est transcrit phonétiquement mor dintêr er nav. 
Il y a là une étourderie : dans l'exemple en écriture usuelle, 
on emploie le verbe gnlim « je fais », dans la transcription le 
verbe denim, qui signifie également « faire ». — Même page, 
dans l'Ave Maria : is beannuighthe thu thar na tnnàibh est rendu 
par is bàni hû edir minai. L'exemple orthographique signifie 
littéralement « tu es bénie au-dessus (thar) des femmes », la 
transcription donne « entre (edir) les femmes ». Ce sont de 
petites négligences. Elles pourraient dérouter un débutant. 
Peut-être s'imaginerait-il que gnidbtbear se dit dintêr et que 
thar est rendu par edir ! 

A la fin du livre se trouve une statistique des sons de Tir- 
landais comparé avec d'autres langues, qui est quelque chose 
de bien curieux. Tandis que l'irlandais posséderait 55 sons 
(dont 18 voyelles), le gallois n'en aurait que s 8, l'allemand 
42, l'anglais et le français 41. Si l'auteur donne une seconde 
édition de sa brochure, nous lui conseillons de faire l'économie 
de la page 28. Lecky était encore plus généreux que le R. P. 
Hayden: il attribuait à l'irlandais 30 voyelles, non compris les 
diphtongues, et 60 consonnes ! 



H. d'Arbois de Jubainville. — lies premiers Habitants de l'Eu- 
rope, d'après les écrivains de l'antiquité et les travaux des linguistes. — 
Seconde édition. Tome deuxième. Les Indo-Européens, suite (Ligures, 
Hellènes, Italiotes, Celtes). — 1 vol. in-8, xxvi-426 pp. Paris, 1894. 

Si Ton voulait rendre compte avec pleine compétence de ce 
livre tout nouveau sous un titre ancien, il faudrait être à la 
fois historien, pour discuter l'emploi très personnel et souvent 
très hardi que l'auteur fait des textes, archéologue, pour dé- 
fendre les droits d'une science sans doute un peu négligée par 
lui, et linguiste, pour apprécier le grand nombre des hypo- 
thèses neuves que renferme l'ouvrage. Le point de vue lin- 
guistique sera à peu près seul envisagé ici. 

d'O'Donovan (p. 442) qui la reproduit d'après le Leabhar Breacc (fol. 124). 
Ce texte est certainement antérieur de plusieurs siècles au ms. (xiv c -xv c 
siècle) qui le contient, car on y trouveu n exemple de pronom infixé, ro-n soer 
« délivre nous ». 



Ferdinand Lot. 




72 



Bibliographie. 



Les deux principales parties du livre intéressent le celtisant : 
celle relative aux Ligures et celle relative aux Celtes. 

D'après un vers du Catabgus d'Hésiode, on doit supposer, 
dit l'auteur, que la carte d'Anaximandre plaçait à l'extrémité 
occidentale de l'Europe les Ligures et non les Celtes. A en 
juger par les noms de lieux, les Ligures auraient eu un habitat 
beaucoup plus étendu que celui qui leur est assigné r par les 
textes postérieurs. Les noms en -asco-, -osco-, -usco-, dont le 
caractère ligure est généralement admis, se trouvent, en 
Italie, jusque dans la province de Bologne; en Suisse; en Al- 
sace, jusqu'au nord de Metz; en Corse; en France, jusque 
dans les départements du Jura, de Saône-et-Loire, de la Côte- 
d'Or, de l'Yonne et de la Marne ; en Espagne jusqu'en Cas- 
tille. Beaucoup de noms, attestés sur le territoire proprement 
ligure, se retrouvent sur une aire géographique plus étendue 
encore. — L'étude de ces noms conduit l'auteur à affirmer le 
caractère indo-européen de la langue ligure, sans lui permettre 
malheureusement de définir cette langue par aucun caractère 
phonétique propre. Ainsi, d'après la supposition très neuve de 
M. d'A. de )., les Ligures seraient les plus anciens habitants 
connus de la Gaule ayant parlé une langue indo-européenne. 

Le chapitre m du livre III, qui occupe les pages 254-421, 
traite des Celtes. Après avoir exposé les caractères phonétiques 
auxquels on reconnaît un mot celtique et qui se rencontrent 
sur tout le domaine, l'auteur combine très ingénieusement le 
petit nombre des textes historiques dont on dispose pour l'his- 
toire des Gaulois aux V e et iv e siècles avant J.-C. et en tire des 
conclusions singulièrement personnelles ; il arrive enfin aux 
rapports anciens des Germains et des Celtes, sur lesquels le 
linguiste seul peut nous renseigner. M. d'A. de J. constate 
d'abord que le celtique et le germanique, profondément diffé- 
rents au point de vue grammatical, présentent dans leurs vo- 
cabulaires de très frappantes coïncidences. De ces coïncidences 
trois au moins s'expliquent par des emprunts du germanique 
au celtique : got. reiks et reiki avec Yi long du celtique rig-; 
v. h. -a. ambaht avec la forme amb- du préfixe (germ. umb-); 
ces trois emprunts ont subi la première lautverschiebung ; le g 
de rig- est devenu *en germanique k ; au contraire, le b de am- 




Bibliographie. 



7) 



oacios, issu de i.-e. bh était sans doute encore distinct de b issu 
de i.-e. b et a donné germ. b (ou plutôt laspirante labiale 0); 
de même le c du nom de peuple Volcae est devenu h dans le 
germanique tValh, Il semble légitime de conclure de là que 
l'emploi dans les deux domaines d'un grand nombre de mots 
exprimant des idées relatives à l'organisation sociale, à la 
guerre et à la civilisation en général, qui ne se retrouvent pas 
dans les langues voisines ou ne s'y retrouvent pas avec le sens 
précis qu'ils ont dans ces deux langues, doit s'expliquer par 
des emprunts du germanique au celtique, et par suite qu'il 
convient d'attribuer aux Celtes une forte influence sur la Ger- 
manie: les Celtes auraient été à date ancienne les maîtres 
politiques des Germains. 

Pour mettre en plus grande évidence la nécessité d'un em- 
prunt, M. d'A. de J. rappelle le lien étroit qui unit les dia- 
lectes celtiques à ceux de l'Italie et les différences gramma- 
ticales profondes qui les séparent du germanique. Peut-être 
exagère-t-il un peu cette opposition. Sans doute il existe assez 
de traits communs au celtique et à l'italique pour que l'expres- 
sion de italo-celtique soit justifiée. Le génitif en -i des thèmes 
en -0-, l'emploi exclusif des désinences en -bh- au pluriel, le 
futur en -bh~, le passif en -r, certains suffixes (lat. ûnitàtis = 
v. irl. ôentad, lat. iuuentûs = v. irl. ôitiu, mentiô = -tnititi), 
l'assimilation de p à q™ (lat. quinque — v. irl. côic), la pro- 
nonciation ouverte des voyelles brèves et la prononciation 
termée des longues, une multitude de coïncidences dans le 
vocabulaire et tant d'autres faits attestent une parenté très 
étroite des deux langues, qui apparaîtrait d'une manière écla- 
tante si l'on possédait des textes celtiques du 11 e ou du 111 e siècle 
av. J.-C. Mais l'existence dans un dialecte d'un nombre quel- 
conque d'innovations communes avec l'un des dialectes voisins 
n'exclut nullement la possibilité d'innovations communes 
avec un autre, moins encore celle de conservations communes 
ou d'emprunts communs avec ce second dialecte. Les preuves 
que donne M. d'A. de J. delà séparation profonde du celtique 
et du germanique sont du reste loin d'être toutes également 
convaincantes. Ainsi la substitution dans les thèmes en -0- 
du nominatif pluriel en -oi des démonstratifs à la forme en -ôs 




74 



Bibliographie. 



s'est opérée indépendamment dans chacun des dialectes indo- 
européens où elle apparaît ; on la trouve en latin, mais non en 
ombrien et en osque ; en irlandais le nominatif a pris la forme 
en -oi, mais le vocatif en -ôs a subsisté, sans doute parce que 
les démonstratifs n'ont pas de vocatif; cette opposition de cas 
au pluriel n'est pas connue du latin; si, en germanique, la 
substitution de -oi à -ôs ne se rencontre pas, c'est que les ad- 
jectifs ont pris la flexion des démonstratifs à d'autres cas que 
le nominatif pluriel et qu'il s'est constitué une flexion des 
adjectifs distincte de celle des substantifs ; le nominatif pluriel 
en -oi s'est ainsi opposé à celui en -ôs comme caractéristique 
d'un type spécial de flexion et ne pouvait plus dès lors être 
étendu > comme en latin et en irlandais, à la flexion des noms 
en -0- tout entière. On voit par cet exemple combien il im- 
porte de critiquer avec soin tous les faits invoqués pour établir 
l'existence ou l'absence de parentés dialectales. — Il existe 
du reste certains faits dialectaux communs au germanique et 
à Pitalo-celtique; par exemple, la valeur pertective est donnée 
aux verbes par un préfixe en letto-slave ; le perfectif est ex- 
primé par le même procédé en germanique, comme on le sait; 
Ebel a signalé le même fait pour le celtique et on ne saurait 
le méconnaître dans le latin de Plaute ; l'indication d'Ebel 
n'a pas été poursuivie, mais il est singulièrement curieux que 
la notion exprimée en indo-iranien et en grec par l'aoriste, dont 
le caractère essentiel est que son thème admette seulement les 
désinences secondaires, le soit en vieil-irlandais par les formes 
conjointes qui n'admettent aussi que les désinences secon- 
daires. — Quant aux nombreux termes celtiques dont l'ita- 
lique ne fournit pas l'équivalent, il importe de ne pas oublier 
que, seul, le vocabulaire du latin est bien connu ; des autres 
dialectes italiques on ne possède que des fragments, et ces 
fragments suffisent pour révéler par exemple que le mot *teutâ 
du celtique et du germanique n'était pas inconnu à l'italique. 
Le vocabulaire des dialectes occidentaux de l'indo-européen 
(germanique et italo-celtique) est loin d'être identique à celui 
du grec et de l'indo-iranien. — Enfin on peut se demander si 
tous les emprunts sont du côté du germanique et si le cel- 
tique n'a pas reçu de mots de ses voisins orientaux. 




Bibliographie. 



75 



Mais, si l'interprétation que M. d'A. de J. donne des faits 
peut sembler parfois douteuse, du moins on ne saurait con- 
tester que l'ensemble de ses rapprochements ne soit d'un haut 
intérêt. On ne pourra désormais contester l'existence de 
rapports étroits entre les vocabulaires du celtique et du ger- 
manique, et il est à peu près certain que les coïncidences ré- 
sultent pour la plupart d'emprunts de Tune des langues à 
l'autre. On ne saurait ici entrer dans le détail de toutes les vues 
originales qu'expose M. d'A. de J. ; on jugera par celles qui 
viennent d'être indiquées et brièvement discutées de l'impor- 
tance de l'ouvrage aussi bien au point de vue celtique qu'au 
point de vue plus général auquel il est écrit. 



A. Meillet. 




NÉCROLOGIE 



Le 8 décembre 1895 est mort au château de Keransker, près de Quim- 
perlé, Finistère, Théodore-Claude-Henri, vicomte Hersart de La Ville- 
marqué, membre libre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, pré- 
sident de la section archéologique de l'Association bretonne et de la Société 
archéologique du Finistère. Né le 7 juillet 181 $, il était âgé d'un peu plus 
de quatre-vingts ans et doyen des collaborateurs de la Revue Celtique. Par 
ses qualités littéraires et par celles qui lui manquaient comme érudit, par 
les succès que lui ont obtenus les premières, par les contradictions écla- 
tantes que lui a attirées le défaut des secondes, et par l'intérêt nouveau que 
ces contradictions ont donné au sujet de ses travaux, il peut être considéré 
comme le père des études celtiques en France. Je dois, quant à moi, dire 
ce qui m'a amené aux études celtiques, c'est le plaisir que m'a procuré la 
lecture du Bar^-Brei^, dont la première édition date de 1839, un des plus 
jolis recueils de chansons populaires qui aient été publiés et de l'authenticité 
duquel je ne doutais pas au début. Il y a eu dans ma vie une époque où 
l'édition donnée par La Villemarqué, en 1847, du Dictionnaire français-breton 
de Le Gonidec, en 1850 de la Grammaire bretonne et du Dictionnaire breton- 
français du même auteur, enfin les Poèmes des bardes bretons du Vb siècle 
publiés par La Villemarqué également en 1850, et qui sont gallois, bien pos- 
térieurs au vi e siècle, mais mis par La Villemarqué à l'orthographe bre- 
tonne de Le Gonidec, ont été, avec le Bar^a^-BreiXj mes lectures de prédi- 
lection. La Grammatica celtica de Zeuss, dont la première édition date de 
1853, n'était pas encore parvenue entre mes mains. 

Les publications beaucoup plus scientifiques de Le Men, CatMicon, 1867, 
et de Luzel, Gweriiou Brei^-Iiel, 1868, ont été provoquées par l'accueil fa- 
vorable qu'avaient obtenu les publications antérieures de La Villemarqué, 
elles ont réussi grâce â la clientèle que ces publications, surtout le Bar%a%- 
Brei\, avaient créée en France aux études celtiques. 

Le Bar\a\-Brei\ f 1839, est l'expression du courant d'idées qui dominait 
alors en France, quand par exemple en 1840 Augustin Thierry, publiant les 
Récits mèroinngiens, insérait dans sa préface, comme morceau historique, le 
chant de guerre francique composé en l'honneur du roi Pharamond par 
Chateaubriand. Augustin Thierry était entré à l'Académie des Inscriptions 




Nécrologie. 



77 



comme membre ordinaire en 1830; La Villemarqué devint membre libre 
de cette compagnie dix-huit ans plus tard, le 21 mai 1858, deux ans après 
la mort d'Augustin Thierry dont la mémoire était encore à cette date un 
puissant patronage : Augustin Thierry, dans son Histoire de la conquête 
d? Angleterre par les Normands, avait inséré parmi ses pièces justificatives un 
extrait du Bar^a^Brei^. En 1884, les doctrines reçues n'étaient plus les 
mêmes, et ma nomination à l'Académie des Inscriptions à cette date, neuf 
ans plus tard la nomination de M. Louis Havet qui m'avait donné son 
concours dans mes critiques du Bar%a\-Brei^ ne pouvaient être considérées 
comme une approbation des livres qui, en 1858, constituaient les titres 
littéraires de La Villemarqué. 

Le 13 décembre 1895, M. Maspero, président de l'Académie des Inscrip- 
tions et Belles-Lettres, ouvrit la séance en prononçant le discours suivant : 

« L'Académie vient d'éprouver une nouvelle perte. M. de La Ville- 
«r marqué s'est éteint sans secousse le 6 décembre, au fond de la Bretagne, 
« dans le château où il vivait retiré. Il ne siégeait plus qu'en de rares occa- 
« sions, lorsque l'urgence d'une affaire privée ou le devoir d'une élection 
a parmi vos membres libres le ramenaient à Paris. Il vous appartenait de- 
« puis trente-sept ans passés ; mais ses absences de plus en plus longues, 
« sans relâcher le lien qui vous l'attachait, l'avaient empêché de nouer avec 
« les générations entrées après lui ces rapports de familiarité cordiale ou 
« d'amitié parfois tendre que l'usage de vos réunions établit forcément entre 
« vos élus. La plupart d'entre vous ne connaissent de lui que le nom ou 
« tout au plus une silhouette entrevue quelques instants et évanouie presque 
« aussitôt. 

« Son œuvre datait de haut ; aussi, quand nous cherchons à en apprécier 
« le mérite, lui appliquons-nous trop strictement les méthodes dont nous 
« usons pour éprouver les travaux qui paraissent de nos jours. Il l'entreprit 
« dans un temps où l'étude des chants populaires ne se donnait pas encore 
« pour la science exacte qu'elle essaye de devenir, non sans un succès réel; 
« c'était affaire moitié d'érudit, moitié d'amateur ou de lettré, et la plupart 
« de ceux qui s'en occupaient n'y apportaient point le scrupule de fidélité 
« littérale qu'ils auraient ressenti s'ils avaient voulu donner l'édition du plus 
« détestable écrivain ancien ou moderne. Il n'y avait licence qu'on ne pût 
« se permettre en cette matière fugitive et sans maître ; on redressait les 
« vers faux et l'on restaurait les incomplets en adoucissant les traits de fé- 
« rocité ou d'impudeur choquante ; on éliminait les couplets qu'on jugeait 
« superflus ; on ajustait les fragments de plusieurs versions différentes pour 
« en former un morceau unique, et l'on s'imaginait de bonne foi n'avoir 
a fait que métier d'éditeur lorsque, au lieu de donner la chanson telle qu'on 
« l'avait saisie sur les lèvres paysannes, on l'avait recomposée presque en 
« entier. M. de La Villemarqué n'agit point d'autre sorte ; mais, comme 
« il joignait â l'intelligence instinctive de la poésie populaire un tact litté- 
« raire des plus fins et une vigueur réelle de style, la douceur mélanco- 
« lique de plusieurs pièces, la gravité religieuse de certaines autres ou le 
m fond tragique se trouvèrent merveilleusement rehaussés de la forme qu'il 




?8 



Nécrologie. 



« leur prêtait. Beaucoup de lecteurs les goûtèrent en France ou à l'étranger 
« et en subirent l'attrait, qui n'en auraient pas été touchés s'il leur avait 
« laissé fidèlement leur aspect fruste et leur rudesse authentique. 

« Que vous dire des luttes qui suivirent ? Le bruit en est tombé peu à peu 
« et la mort a réuni dans une paix commune les plus acharnés des corn- 
« battants. M. de La Villemarqué eut peine à se persuader que les procédés 
« dont il s'était servi ne répondaient pas aux exigences minutieuses de la 
« critique. Lorsque l'un d'entre vous l'eut enfin convaincu, il ne ferma 
a point les yeux à la lumière, mais il confessa sa méprise avec la bonne 
« grâce un peu triste qui convient à pareil cas. L'historien et le philosophe 
« savent aujourd'hui ce qu'ils doivent penser de ces adaptations bretonnes ; 
« ils y ont déterminé la part qui appartient premièrement au peuple, celle 
a qui revient à l'éditeur, et celui-ci n'a pas toujours lieu de s'en plaindre. 
« Maintenant que les questions d'origine sont tranchées, chacun peut, en 
« parcourant le livre, se laisser séduire par la poésie qu'il exhale et en res- 
« pirer sans scrupule le charme pénétrant. » 

La Villemarqué avait supporté courageusement, bien qu'avec un profond 
chagrin, les critiques dirigées contre le Barjp^Brei^, précisément celle de 
ses publications qu'il avait eu le plus de plaisir à faire et celle qui avait eu 
le plus de succès. Une seule fois la patience lui avait manqué : c'était en 
1867. Le Men avait mis dans la préface de son édition du Catholicon une 
note où, résumant en quelques lignes son opinion sur la valeur historique 
du Bar%a\-Brei\ t il terminait par une phrase d'une violence extrême. La 
Villemarqué donna à Le Men le choix entre un procès en diffamation et un 
carton qu'il obtint ; on lit dans ce carton : a Ne transportez pas vos fan- 
taisies dans le domaine de l'histoire », au lieu de : « et de vos tentatives 
malhonnêtes il ne vous restera que le mépris ». Cette dernière rédaction, 
premier jet de Le Men, était absolument injuste ; Le Men, esprit loyal mais 
étroit, auquel l'imagination et le sens poétique faisaient complètement dé- 
faut, était incapable de concevoir en quoi pouvait consister, chez d'autres, 
le produit spontané de ces facultés brillantes quand, sans mauvaise inten- 
tion, on leur laisse libre essort : le poète a, comme le philosophe, un cer- 
veau construit autrement que celui du simple érudit auquel tout sens litté- 
raire manque. 

Aux autres critiques, La Villemarqué n'opposa que des plaintes discrètes. 
Avec un profond sentiment chrétien il considérait les chagrins de sa vieil- 
lesse comme une légitime expiation des sentiments d'orgueil que lui avait 
causés dans sa jeunesse le succès de ses premières publications. La première 
fois que je le rencontrai à Paris, en 1883 ou 1884, je ne me rappelle plus 
exactement la date, il m'aborda en me faisant une citation du psaume 118, 
verset 71 : Bonum est mihi quia humiliasti me. Il eut le courage de venir 
assister à mon cours et, après la leçon, félicita mes élèves du bon goût 
dont ils faisaient preuve en me prenant pour guide. Il publia dans la Revue 
Celtique, t. X, p. 1-49, 288-319; t. XI, p. 46-67; t. XII, p. 20-51, un 
recueil de Noéù bretons du dix-septième siècle. Cette édition, 1 889-1891, 
entreprise sur ma demande, pouvait être considérée comme une continuation 



Digitized by 



Gock 



Nécrologit. 



79 



de deux publications analogues que La Villemarqué avait faites sans que 
je les eusse en aucune façon provoquées: Lt grand Mystère de Jésus, 1865, e t 
les Poèmes bretons du moyen âge, 1 879, réimpressions de livres bretons du 
seizième siècle. Cependant La Villemarqué ne publiait les Noêh bretons qu'à 
regret, et il me disait avec tristesse que le goût français était bien perverti 
pour préférer une poésie si faible et si peu attrayante à une suite du Bardai 
Brex\ ; il aurait eu tant de plaisir à continuer le Bar\a\ Breiç ' ! 

La Villemarqué était avant tout poète ; il est venu à son heure, au mo- 
ment où son concours était nécessaire. Il faut de la poésie pour orner les 
austères abords de Férudition et pour y préparer les esprits ; quand un ma- 
lade n'a pas le courage nécessaire pour supporter l'amertume d'une potion, 
le miel en déguise le goût désagréable ; c'est ainsi que le Bar\a\-Brei\ a 
créé une clientèle à la Revue Celtique, et au Cours de littérature celtique. La 
Villemarqué, dans les trente dernières année de sa vie, ressemble à ce vieux 
Romain qui, mis en face d'accusateurs, se plaignait d'être obligé à se dé- 
fendre devant des hommes d'un autre siècle que celui où il avait vécu. 



1 . Il ne pouvait comprendre, me disait-il, comment un vrai poète, sa- 
chant bien le breton comme Luzel, pouvait publier, sans expurgation, des 
textes si mauvais et si abominablement mélangés de mots français. 



H. d'Arbois de Jub ain ville. 




CHRONIQUE 



SOMMAIRE: ï. Le Martyrologe d'O'Gorman publié par M. Whitley Stokes. — II. Le 
voyage de Bran, fils de Febal, dans la terre des vivants, publié par M. Kuno Meyer, 
et l'étude de M. Alfred Nutt sur l'idée de l'autre monde chez les Irlandais. — 
III. L'Antiphonaire de Bangor, édition de M. F.-E. Warren, t. II. — IV. Diction- 
naire des noms de lieu des comtés de Fife et Kinross en Ecosse, par M. W.-J.-N. 
Liddall. — V. Trois mois dans les forêts de France, par Miss Margaret Stokes. — 
VI. Les inscriptions nationales de l'ancien royaume d'Alba, par M. Edward- W.-B. 
Nicholson. — VII. Traduction, par M. Rodolphe Dareste, de la saga de Niall. — 
VIII. Les assemblées provinciales de la Gaule romaine, par M. Ernest Carette. — 

— IX. Traduction, par M. G. de Meulenhaere, du livre de R. von Ihering, Les Eu- 
ropéens avant l'histoire. — X. Légendes et curiosités des métiers, par M. Sébillot. 

— XI. Trésor vieux-celtique de M. Holder, tome I er . — XII. Critique, par M. J. 
Schmidt, de la théorie des résonnantes. — XIII. Les Maires et ItsMatronae étudiées 
par M. Ihm et le Dictionnaire de mythologie grecque et latine publiée par M. Roscher. 

— XIV. Textes ecclésiastiques irlandais édités par le P. Hogan. — XV. Glossaire 
moyen breton par M. Emile Ernault. — XVI. Vie de saint Ciaran de Saighir, publiée 
par M. Mulcahy. — XVII. Les aventures de Condla, poème de M. Cough. — XVIII. 
Etudes ibériques de M. Joaquin Costa. — XIX. Mémoire de M. Francesco-P. Ga- 
rofalo sur les Allobroges. — XX. M. P. Collinet chargé de cours à la Faculté de 
droit de l'Etat à Lille. — XXI. M. E. Windisch, recteur de l'Université de Leipzig. 



Nous avons annoncé dans notre livraison de juillet dernier la publication 
du Martyrologe de Mael-Maire O'Gorman: Fèlire Hûi Gormàin, par 
M. Whitley Stokes. C'est un volume in-8 de Lii-411 pages. La préface com- 
mence par la description du manuscrit, qui est en papier, conservé à la bi- 
bliothèque royale de Bruxelles sous la cote 5100-4. Il a été écrit par le 
franciscain Michel O'Clery, et paraît avoir été terminé en 1636. Il a deux 
cent onze feuillets. Le martyrologe d'O'Gorman n'occupe que les folios cotés 
fo 124 à 197. Le ms. contient donc un nombre considérable d'autres docu- 
ments, parmi lesquels on peut signaler l'histoire de la naissance d'Aed 
Sl.iine publiée d'après deux manuscrits plus anciens par M. Windisch en 
1884 dans les comptes rendus de la classe de philosophie et d'histoire de 
l'Académie des Sciences de Saxe, et dont une autre édition a été donnée 
en 1892 par M. Standish Hayes O'Gràdy dans sa Silva Gadelica, 1. 1, p. 82, 
avec une traduction, t. II, p. 88. Une autre copie qui n'a pas été utilisée 
plus que celle du ms. 5100-4 se trouve dans le manuscrit de Bruxelles, 
2324-40, folio 74 a. 



I. 




Chronique. 



81 



Citons encore, dans le même ms. que le Martyrologe d'O'Gorman, le 
martyrologe d'Oengus, Felirt Oengusso, publié d'après d'autres manuscrits 
par M. Whitley Stokes en 1880; le manuscrit 5100-4 de Bruxelles paraît 
offrir quelques bonnes variantes ; il contient aussi une note qui attribue à 
Oengus, auteur du Martyrologe, la composition du Saltair ua rann publié 
par M. Whitley Stokes dans les Anecdota Oxoniensa en 1883. 

Le martyrologe d'O'Gorman paraît avoir été composé entre 11 66 et 
1 1 73 , ou peut-être plus exactement, en 11 74. La langue est par conséquent 
le moyen irlandais. La confusion des finales £, i et tu, la substitution de l'a 
à l'oetà Ye final, l'emploi de Y m pour le b, quand le b est une notation du 
v, sont des phénomènes caractéristiques. Le neutre disparaît. Il y a encore des 
pronoms infixes; mais on peut remarquer la tendance à substituer les 
formes absolues des verbes aux formes conjointes. Nous signalons ces obser- 
vations parmi celles que dans sa préface M. Whitley Stokes a réunies en 
grand nombre. 

Le martyrologe d'O'Gorman est écrit en grand rinnard, c'est-à-dife ea 
vers de six syllabes, dont la cinquième doit toujours être accentuée; Chaque 
vers contient une allittération, et il faut dans chaque strophe an certain 
nombre d'assonances dont les règles compliquées sont exposées aux pages 
xxxvn-xxxvm de la préface. 

M. Whitley Stokes divise en cinq catégories les saints mentionnés dans 
le document qu'il publie: i° saints bibliques, 2° saints continentaux, 
3 saints anglo-saxons, 4 saints gallois et armoricains, 5 saints irlandais. 
Aux érudites et instructives observations du savant auteur, nous en joindrons 
une : parmi les saints continentaux mentionnés par O'Gorman se trouve le 
roi franc Gontran. L'origine première de l'insertion de ce personnage dans 
un document hagiographique remonte au martyrologe dit de saint Jérôme, 
interpolé, comme on sait, en France, et où on lit sous la date du 28 mars : 
Depositio domni Guntramni régis 1 . Dans le Martyrologe de Tallacht, livre de 
Leinster, p. 357, col. 6, on a fait deux personnages de ce roi franc. On 
y lit : 

Guntari. 
Mini régis. 

Cette erreur n'a pas été commise par O'Gorman, qui a écrit, p. 64 de l'édi- 
tion : 

GuntramnuSj ri rogemm. 
« Gontran, roi, bonne perle. » 

Il est donc probable qu'O'Gorman, ou avait entre les mains une copie 
du martyrologe de Tallacht, meilleure que celle qoe nous possédons aujour- 
d'hui, ou même a puisé directement dans le Martyrologe Hiéronymien ; ce 
qui confirme cette seconde hypothèse, c'est qu'O'Gorman mentionne au 



1 . Martyrologium hieronymianum, édit. Rossi et Duchesne, p. 37. 
Revue Celtique, XVII. 6 



Digitized by 



82 



Chronique. 



13 août sainte Radegonde; or, du martyrologe hiéronymien, aux ides 
d'août, cette sainte n'a pas pénétré dans le Martyrologe de Tallacht, Livre de 
Leinster, p. 361, col. 4. 

Le texte du martyrologe, établi avec le soin que M. Whitley Stokes met 
à toutes ses publications, est accompagné d'une excellente traduction an- 
glaise due au même auteur et suivi de trois index qui sont appelés à 
rendre de grands services. Le premier est le glossaire des mots qui man- 
quent dans le dictionnaire mis par M. Windisch à la suite du tome I er des 
Irische Texte. Le second renferme les noms de lieux, le troisième les noms 
de personnes. 

Parmi les mots que contient le premier de ces index, il y en a plusieurs 
dont le savant auteur ne considère pas le sens comme absolument certain. 
Dans le nombre est le mot urlannaibh, p. 2, 1. 4, datif pluriel d'un mot 
dont le génitif apparaît dans la pièce intitulée Suidigud Teïlaig Temrach 
(Livre de Lismore, folio 90). Le passage a été publié par M. Whitley 
Stokes, Uves o ( Saints from the book oj Lismore, p. xxrv. On y lit : tir ur- 
îann Teamhra, c'est-à-dire « dépendance de Tara », littéralement : « terre 
de complément de Tara » . Urlann est un génitif. Le même mot est écrit à 
l'accusatif aurlaind dans Ancient Laws oj Ireland, t. I, p. 102, 1. 8 : coaur- 
laind a dithma « jusqu'à l'expiration de son répit en fourrière ». Les mots 
français « accomplissement », « complément », semblent rendre le sens gé- 
néral du mot irlandais. Dans l'édition dont nous rendons compte en ce 
moment, le datif pluriel urlannaib désigne le complément du martyrologe, 
c'est-à-dire sa préface et son épilogue. 



J'ai annoncé il y a près de deux ans la publication prochaine de textes 
inédits irlandais par la librairie David Nutt, de Londres. Ces textes étaient 
le voyage maritime de Bran, fils de Febal, et divers récits relatifs à Mongân, 
fils de Fiachna. L'éditeur devait être M. Kuno Meyer, et ces textes devaient 
être accompagnés d'un mémoire par M. Alfred Nutt'. Je commençais à 
perdre un peu patience, enfin le volume attendu vient de paraître Ce vo- 
lume comprend les morceaux irlandais intitulés : i° Imram Brain, maicFe- 
bail ocus a echtra « Voyage maritime de Bran, fils de Fébal, et son expé- 
dition » ; 2° Compert Mongdin « Comment naquit Mongan » ; 3 Scèl osa 
m-berar, co m-bad hè Find mac Cumailî Mongân, ocus ani dia fil aided Fothaid 
Airdig a scèl « Histoire qui raconte que Mongan était Find, fils de Cumall, 
et comment arriva la mort de Fothad Airdech » ; 4 Scèl Mongdin « His- 

1 . Revue Celtique, t. XV, p. 237. 

2 . The Voyage of Bran Son oj Febal to the Land of t)x Living, an old irish 
saga noiu first edited, with translation, notes, and glossary, by Kuno Meyer ; 
with the irish vision of the Ilappy Otberworld and the celtic doctrine of rebirth : 
by Alfred Nutt. Section I, The lîappy Otherworld. — London : Published by 
David Nutt in the Strand, 1895, in-12, xvn-331 p. 



II. 




Chronique. 



toire de Mongân » ; S° Tucait baile Mongâin « Événements qui firent parler 
de la folie de Mongân » ; 6° Compert Mongâin ocus serc Duibc-Lacha do 
Mongân « Comment naquit Mongân, et amour de Dub-Lacha pour 
Mongân ». 

Le texte de Ylmram Brain est conservé par sis manuscrits remontant tous 
à une source commune que M. Kuno Meyer pense avoir été un manuscrit 
du x« siècle, copié lui-même sur un manuscrit du vu c . Ce dernier ms. a dû 
être contemporain de celui dans lequel a été écrite la plus ancienne partie 
des gloses de Wûrtzburg et d'après lequel a été copié au ix° siècle le ma- 
nuscrit de ces gloses actuellement existant. M. Kuno Meyer a mis dans son 
texte les formes les plus anciennes offertes par les manuscrits, en rejetant 
en notes les variantes plus récentes. Une traduction anglaise est placée en 
regard du texte. Les morceaux suivants sont publiés d'après des manuscrits 
moins nombreux et sont aussi accompagnés de traductions anglaises. Suit 
un glossaire des mots intéressants. Je suis étonné que M. Kuno Meyer n'y 
ait pas compris le mot r(an, génitif réin, p. 5,9,13; accusatif rfan, p. 1 1 . 
Le dictionnaire irlandais de M. Windisch, p. 639, ne cite au sujet de ce mot 
qu'un seul texte : Amra Choluimb chilk « Éloge de Columba moine », §63. 
Ce mot, dont le thème est rlno-, signifie « mer » en irlandais, et il est iden- 
tique au nom celtique du « Rhin », fleuve dont Rhcin ~ Rïna^ est le nom 
germanique. 

Le « Voyage de Bran » avait pour but une visite dans l'autre monde, ce 
monde situé au delà du vaste Océan, et où une jeune femme entraîna 
Condla qu'on ne revit plus, mais d'où Cûchulainn, entraîné aussi par 
l'amour d'une femme, eut, en sa qualité de héros, le bonheur de revenir. 
Quant à Mongân, dont le père putatif était Fiachna, il avait en réalité pour 
père le dieu Manannan, et il avait conservé le souvenir d'une vie précédente 
dans laquelle il avait été le héros légendaire Find, fils de Cumall, tant 
célébré par l'épopée irlandaise. 

Les morceaux de littérature épique publiés par M. Kuno Meyer se ratta- 
chent donc à deux points fondamentaux. Le premier est la croyance â un 
autre monde où l'on est heureux. L'autre est l'idée que certains hommes 
peuvent, par une faveur exceptionnelle, naître une seconde fois dans ce 
monde-ci et y avoir par conséquent deux vies successives. M. Alfred Nutt a 
entrepris l'étude de ces deux doctrines dans la mythologie irlandaise et dans 
les mythologies similaires. De là deux mémoires, dont le premier, qui 
traite de l'autre monde, forme la seconde partie, p. 101-33 1, du volume que 
nous annonçons. C'est une œuvre d'une grande valeur scientifique et d'une 
lecture agréable qui nous fait attendre impatiemment la publication du se- 
cond mémoire promis par M. Alfred Nutt. , 



Le Rév. F.-E. Warren a fait paraître en 1893 l'antiphonaire de Bangor 
en photogravure, en l'accompagnant d'une transcription en caractères qui 
reproduit les pages et les lignes de l'exemplaire photographié. Nous avons 



III. 




8 4 



Chronique. 



annoncé ce volume dans cette revue, t. XV, p. 135-137. M. Warren vient 
de donner un complément à cette publication : c'est une édition de ce texte 
avec introduction, préface et notes ». 

Dans ce nouveau volume l'étude du vénérable texte liturgique se fait 
beaucoup plus commodément que dans le précédent. 

Dans la pièce 4, Hymnus sancti Comgilli, abbatis nostri, on peut remar- 
quer le vers : 

Audi te parties ta erga, 

Et dans la pièce 129: 

Zoen ut carpat Cronanus, 

témoignages de la connaissance du grec en Irlande au vue siècle. Une 
grande partie des pièces de vers nous présentent au point de vue de la ver- 
sification et de la métrique un sujet d'observations intéressantes. Voici 
celles que me communique mon savant confrère M. Louis Havet : 

« La pièce 3 est en strophes de deux trimètres iambiques rythmiques, 
« écrits chacun sur deux lignes. L'accent tombe sur la quatrième syllabe des 
« lignes impaires (pénultième) et sur la cinquième des lignes paires (anté- 
« pénultième). 

« De même la pièce 8. 

« La pièce 10 est en strophes de quatre dimètres iambiques rythmiques, 
« accentués sur la cinquième syllabe (antépénultième). 

« De même (sauf le nombre des dimètres) les pièces 14, 17, 129. 

« La pièce 1 3 est en strophes de quatre tétramètres catalectiques trochaï- 
« ques rythmiques, écrits chacun sur deux lignes. Un accent tombe cons- 
« tamment sur la septième syllabe des lignes impaires, c'est-à-dire sur la 
« pénultième. Dans les lignes paires, l'accent porte sur la cinquième syl- 
« labe, c'est-à-dire sur l'antépénultième. 

« Dans la pièce 1 5, les strophes n'ont que deux tétramètres. 

v La pièce 95 est en strophes de quatre dimètres catalectiques iambiques 
« rythmiques. Nuptiis, deliciis s'y prononcent nuptis, delicis. » 

Les heures du bréviaire paraissent avoir été à cette époque reculée, et 
dans cette île lointaine, les mêmes que dans le bréviaire romain d'aujourd'hui . 



ANTTPHONAIRE DE BANGOR. 

Ad maiutinam 
Ad stcundam 
Ad horam terliam 
Ad horam sextam 
Ad horam nonam 
Ad vespertinam 
Ad initium noctis 
Ac nocturttam 



BRÉVIAIRE ROMAIN. 

Ad laudes 
Ad primam 
Ad tertiam 
Ad sextam 
Ad nonam 
Ad v espéras 
Ad completorium 

Ad matutinum, divisé en trois nocturnes. 



1 . The antiphonary of Bangor an early irish manuscript in the ambrosian 



byG0CK 



Chronique. 



85 



Il y avait d'autres points de concordance. Ainsi, à l'office de Laudes, le 
bréviaire romain contient les très psàlmi : i<> 148, Laudate Dominum de 
coelis, 20 149, Cantate Domino canticum novutn, 30 150, Laudate Dominum 
in sanctis ejus, qui font partie de l'office du dimanche à Laudes. On les 
chantait à Bangor à l'office correspondant. Ce sont les très psaîmi dont il est 
question p. 24, n<> 64 de l'édition publiée par M. Warren. Le cantique de 
Moïse, Audite caeli quae loquor (Deutironome, 22), est placé dans le bréviaire 
romain au samedi à Laudes; c'est par lut que débute PAntiphonaire de 
Bangor. Le cantique de Moïse, Cantemus Domino, gbriose enim magnificatus 
est {Exode, 15), est mis par le bréviaire romain aux Laudes du jeudi; on le 
trouve dans l'Antiphonaire de Bangor, p. 8, n° 5. Le cantique des trois 
enfants dans la fournaise (Daniel, 3,6), Benedicite omnia opéra Domini Do- 
mino, placé aux Laudes du dimanche par le bréviaire romain, se trouve dans 
l'Antiphonaire de Bangor, p. 8 et 9, n° 6. Il est suivi du Te Deum qui, 
dans le bréviaire romain, est à l'office de matines. L'Antiphonaire de Bangor 
est du reste un recueil d'hymnes, d'antiennes et d'oraisons. C'est vraisem- 
blablement un des deux volumes que chaque moine de Bangor, au chœur, 
devait avoir devant lui. L'autre volume était un psautier. 

La préface et les notes de M. Warren attestent des connaissances litur- 
giques fort étendues. Je n'ai pas la science spéciale nécessaire pour apprécier 
sur quels points ses assertions peuvent être ou non contestées. La liturgie 
bretonne et celle d'Irlande sont d'origine gallicane, et les rapports de la 
liturgie gallicane tant avec la liturgie romaine qu'avec les liturgies orientales 
sont un sujet d'études que je n'ai pas encore abordé; M. Warren se livre 
sur ce point à d'intéressants rapprochements. 

IV. 

M. W.-J.-N. Liddall a publié un dictionnaire des noms de lieux situés 
dans les comtés de Fife et de Kinross en Ecosse » . Une partie considérable 
de ces noms de lieu est d'origine irlandaise, et par conséquent ne remonte 
pas au delà du moyen âge. Ce qui l'atteste, c'est Tordre des deux termes à 
l'aide desquels ont été formés presque tous ces noms, pour la plupart com- 
posés. Le complément déterminatif est placé le second. Ainsi : Aher-dour 
« embouchure d'eau » ; Bat-barton = Baile-Breaton « ville des Bretons » ; 
Bal-cormo — Batte Cormac « ville de Cormac ». Quand l'ordre des termes 
est différent, ce fait atteste une intervention germanique ; exemple Collis-ton 
dans le second terme ton = town « ville », mot anglais. 

On pourrait faire de ce travail quelques critiques de détail. Si, par exem- 
ple, le nom de rivière Devon vient de dubh-abhainn « noire rivière », il ne 

îibrary at Milan, edited bs F.-E. Warren, B. D„ F. 5. A. Part IL London, 
Harrisson and Sons, St. Martin's lane, Printers in ordinary to Her Majesty, 
1895. 

1. The place names of Fife and Kinross. Edinburgh, William Green and 
sons, in -8, xii-58 pages, 1896. 



Digitized by 



86 



Chronique. 



peut avoir avec le nom de peuple Dumnonii ' le rapport que propose 



Miss Margaret Stokes a fait en France, au printemps de Tannée 1893, un 
voyage à la recherche des souvenirs laissés par les saints irlandais de l'époque 
mérovingienne : 1° Columban, qui fut abbé de Luxeuil avant de passer en 
Italie ; 2° Deicola, en français saint Desle, fondateur de l'abbaye de Lure ; 
30 Fursa, fondateur de l'abbaye de Lagny, et les disciples de Fursa, savoir: 
Madelgisilus, en français Mauguille, Goban, en français Gobai n, Etto, 
Foillan et Ultan. Miss M. Stokes est allée successivement s'établir àÀbbeville, 
à Péronne, à Luxeuil, à Lagny, à Laon, parcourant les régions avoisinantes 
à la recherche des monuments figurés qui rappellent le souvenir de ces saints 
personnages. De là un volume qui vient de paraître à Londres On peut y 
distinguer trois parties consacrées, la première à saint Columban, la seconde 
à saint Deicola, la troisième à saint Fursa et à ses compagnons. Chaque 
partie se subdivise en deux : l'une biographique, l'autre consacrée à l'étude 
des monuments. A la suite de la vie de saint Columban pendant son séjour 
en France, ont été imprimées des lettres écrites a Luxeuil les 25 et 27 avril, 
29 mai 1893, où l'auteur raconte ses excursions archéologiques dans cette 
ville et aux environs. La continuation de la correspondance datée de Luxeuil 
se trouve à la fin de la vie de saint Deicola. 

Après ces lettres viennent les légendes de saint Fursa et de ses compa- 
gnons. Les lettres qui suivent immédiatement ne correspondent pas exac- 
tement au titre du livre. Elles racontent deux pèlerinages faits par Miss Mar- 
garet Stokes, l'un en Irlande au comté de Mayo, pays natal de Fursa, en 
septembre 1894, l'autre dès le mois de juin 1893 dans le comté de Suf- 
folk, en Angleterre, où le saint séjourna quelque temps. Puis viennent des 
lettres datées d'Abbeville, de Péronne, de Lagny et de Laon. 

Les planches sont au nombre de soixante-dix-huit et présentent un grand 
intérêt archéologique, bien qu'un certain nombre d'entre elles n'aient qu'un 
rapport assez éloigné avec le sujet. Telles sont la figure 9 représentant une 
stèle funéraire gallo-romaine trouvée à Luxeuil, et la figure 10, qui repro- 
duit un buste romain de même origine. Les figures 7 et 8 sont beaucoup 
plus intéressantes : ce sont des photogravures de cloches en fer conservées 
aux musées d'Amiens et de Péronne, et qui offrent une grande ressemblance 
avec les cloches irlandaises. 

Les biographies des saints attestent des recherches étendues et la con- 
naissance des sources. Les excursions sont racontées avec le sens artistique 
si distingué qu'on remarque dans toutes les publications de l'auteur. 

1. Ptolémée, 1. II, c. 5, § 2, édition C. Mùller; librairie Didot, t. I, 
p. 86, 1. 6; voyez la note mise au bas du texte grec par le savant éditeur. 

2 . Three Months in Iht Forests of France, a pilgrimage in scarch of vestiges 
of the irish saints in France. London, George Bell and sons, in-8, Li-291 p., 
1895. 



M. Liddall. 



V. 




Chronique. 



87 



Le volume se termine par des appendices, parmi lesquels nous signalerons 
celui qui concerne les manuscrits de l'abbaye de Luxeuil et celui qui con- 
tient une étude sur les plus anciens manuscrits irlandais conservés en France, 
enfin une réimpression de la traduction de la Fis Adamnain « Vision 
d'Adamnan », publiée par M. Whitley Stokes dans une brochure aujour- 
d'hui très rare. Nous nous reprocherions de passer sous silence l'introduction 
où la vision de saint Fursa, traduite plus bas, p. 86-98, d'après le Codex 
Salmanticensis, est rapprochée de la Vision d'Adamnan et de l'Enfer de 
Dante. 



M. Edward-W.-B. Nicholson, M. A.,Bodley's librarian in the university 
of Oxford, m'a envoyé pour compte rendu son petit volume intitulé : The 
vernacular inscriptions of the ancient Kingdom of Alban 1 . C'est la reproduc- 
tion de lettres insérées par M. Nicholson dans YAcademy ; seulement cette 
correspondance polémique est précédée d'une introduction théorique en 
62 pages. Les pierres qui nous ont conservé les inscriptions d'Ecosse étudiées 
par M. Nicholson sont au nombre de quinze, et deux d'entre elles nous 
offrent chacune trois inscriptions, ce qui forme un total de dix-neuf ins- 
criptions, dont trois en caractères latins ; le reste, soit seize, est ogamique. 
Suivant M. Nicholson, ces dix-neuf inscriptions nous offrent autant de spé- 
cimens du gaélique d'Ecosse tel qu'on a dû le parler du septième au onzième 
siècle. Il croit avoir trouvé pour expliquer ces textes le fil d'Ariane qui a 
échappé à M. Rhys. J'éprouve à l'admettre une certaine hésitation. Je me 
bornerai a un exemple: dix des inscriptions étudiées, c'est-à-dire plus de 
moitié, contiennent un mot dont la bonne notation serait ehte(jp. 13, cf. 
p. 45, 46, 60). Ce mot apparaîtrait avec huit notations différentes : i°aettae, 
abta, 2 aedd, edd, ehht, eht, ét, étt ; il signifierait « côté de foyer », hearthside, 
i° parce que le vieil irlandais possède un mot aed qui veut dire « feu », 
2° parce que ta en irlandais signifie « côté ». Mais d'abord le mot irlandais 
ta m côté » n'existe pas, il est le résultat d'une erreur commise par O'Reilly 
dans son mot à mot de la phrase des Quatre Maîtres qu'il cite sous ce mot 
imaginaire: o-tha veut dire non « à partir du côté », mais « d'où est » ; dans 
cette formule tha est la 3e p. s. présent indicatif de tau « je suis » {Annales 
des Quatre Maîtres, année 1406, édition d'O'Donovan, t. IV, p. 790; com- 
parez le glossaire de M. Windisch sous le mot tditri). M. Nicholson pro- 
pose, sans s'apercevoir de la contradiction, une autre étymologie, elle con- 
siste à expliquer: aettat, abta par l'irlandais aile « place, endroit »; aedd, edd, 
ehht, eht, êt, étt par ait synonyme d'aite; mais aiie et ait ne veulent pas dire 
« côté de foyer ». Le rapprochement de ces deux mots zvtcaithcch que l'on 
traduit généralement par f armer « fermier », — ce qui, suivant moi, n'est 
pas tout à fait le sens exact, — est inadmissible. 

Je ne veux pas décourager M. Nicholson. Il est possible qu'il y ait au fond 

1. London, Bernard Quaritch, 15 Piccadilly, in-16, xxn-90 p., 1896. 



VI. 




88 



Chronique. 



de son travail une idée juste, que eut tac, ahta soient identiques à l'irlandais 
aite, que dans aedd, edd, ehht, eht, et, étt on doive reconnaître l'irlandais ait, 
mais en tout cas la traduction de M. Nicholson contient, à mon avis, sur 
ce point, un contre-sens, et s'il veut nous donner une nouvelle édition de 
son livre, il fera bien de commencer par étudier un peu plus à fond l'ir- 
landais. 



M. Rodolphe Dareste vient de publier une traduction en français de la 
saga de Niai, Njdlssaga • . Cette saga raconte une suite d'événements qui 
commencent vers l'année 960 de notre ère et se terminent en l'année 1014. 
Elle paraît avoir été rédigée en 1275 a. Elle présente un grand intérêt au 
point de vue juridique elle peut servir à montrer ce qu'était la société celto- 
germanique avant l'introduction du principe juridique romain qui ôte aux 
particuliers le droit de se faire eux-mêmes justice, et qui, en supprimant le 
droit privé de vengeance, lui a substitué la vindicte publique. Au point de 
vue spécial des études celtiques, elle offre ceci de curieux qu'elle est une des 
deux saga ? qui ont conservé la légende Scandinave du célèbre roi irlandais 
Brian Boroinihe, mort vainqueur à la bataille de Clontarf le vendredi- saint, 
23 avril 10144. Dans la traduction de M. Dareste, le récit relatif à Brian 
Boroimhe commence à la page 342 et finit à la page 353. 

Un des passages les plus remarquables est le chant par lequel les Valky- 
ries annoncent la sanglante bataille de Clontarf, p. 351-352 : 

« Voici ce qui arriva, le vendredi saint, à Katanes. Un homme nommé 
Dôrrud sortit de chez lui ce jour-là. Il vit des gens à cheval, au nombre de 
douze, s'en aller vers [une maison, où ils disparurent dans la salle des 
femmes. Dôrrud vint à la maison, et regarda par une fente qui était là. Il 
vit que c'étaient des femmes qui étaient dedans, auprès d'un métier à tisser. 
Le métier avait des têtes d'hommes en guise de poids, et des boyaux hu- 
mains, pour trame et pour fil. Les montants du métier étaient des épées, et 
les navettes, des flèches. 

« Et les femmes chantaient : 

« Voyez, notre trame est tendue pour les guerriers qui vont tomber. Nos 
« fils sont comme une nuée d'où il pleut du sang. Nos trames grisâtres 



1 . Annales du musée Guimet. Bibliothèque de vulgarisation. La saga de Niai 
traduite par Rodolphe Dareste, membre de Y Institut. Paris, Ernest Leroux, 
in- 12, xiii- 3 58 pages, 1896. 

2. E. Mogk chez Hermann Paul, Grundriss der germanischen Philologie, 
t. Il, i re partie, p. 123. 

3 . L'autre est Thorsteinssaga Sidlm Hallssonar, Mogk, ibid., p. 122. 

4. Annales de Loch Ce, éditées par William M. Hennessy, t. I, p. 10, 12; 
Annales d'Ulster, publiées par le même, t. I. p. 532; Chronicon Scotorum, 
même éditeur, p. 250; Annales des Quatre Maîtres, édition d'O'Donovan, 
t. II, p. 772. 



VII. 




Chronique. 



8 9 



« sont tendues comme des javelots qu'on lance ; nous, les amies d'Odin le 
« tueur d'hommes, nous y ferons passer un fil rouge. 

« Notre trame est faite de boyaux humains, et nos poids sont des têtes 
« d'hommes. Des lances arrosées de sang forment notre métier, nos na- 
« vettes sont des flèches, et nous tissons avec desépées la toile des combats. 

« Voici Hild qui vient pour tisser, et Hjôrthrimul, Sangrid et Svipul ; 
« comme leur métier va résonner quand les épées seront tirées ! Les bou- 
« cliers craqueront, et l'arme qui brise les casques entrera en danse. 

« Tissons, tissons la toile des combats. Tissons-la pour le jeune roi. Nous 
« irons de l'avant, et nous entrerons dans la mêlée quand viendront nos 
« amis, pour frapper de grands coups. 

« Tissons, tissons la toile des combats. Combattons aux côtés du roi. 
« Les guerriers verront des boucliers sanglants , quand Gunn et Gôndul 
« viendront pour le protéger. 

« Tissons, tissons la toile des combats, là où flotte la bannière des braves. 
« N'épargnons la vie de personne ; les Valkyries ont le droit dechoisir leurs 
« morts. 

« Des hommes vont venir faire la loi dans ce pays, qui habitaient jadis 
« des récifs escarpés. Un roi puissant, je vous l'annonce, est voué à la 
« mort, et un iarl va tomber devant la pointe d'une épée. 

« Un deuil amer va fondre sur l'Irlande ; et les hommes en garderont la 
« mémoire longtemps ; voilà notre toile tissée : le champ de bataille est 
« couvert de sang ; tout le pays résonne du bruit des armes. 

« C'est une chose effrayante à voir, que les nuées sanglantes qui passent 
« dans le ciel. L'air sera teint du sang des morts, quand sera accompli ce 
« que nous chantons là. 

« Nous saluons le jeune roi : nous lui chantons, joyeuses, notre chant de 
« victoire. Que celui-là s'en souvienne, qui nous écoute. Il redira aux siens 
« la chanson des lances. 

« Et maintenant, à cheval ! Courons à bride abattue, l'épée tirée, loin, 
« loin d'ici ! 

« Elles renversèrent le métier, et le brisèrent; et chacune d'elles garda le 
morceau qu'elle tenait à la main. Dôrrud quitta la fente et retourna chez lui. 
Les femmes montèrent à cheval, et s'en allèrent, six au Sud, six au Nord. » 

On peut comparer à ce texte authentique le chant francique de Pha- 
ramond fabriqué par Chateaubriand, inséré par lui dans Les Martyrs et re- 
produit avec tant d'admiration par Augustin Thierry dans la Préface 
des Récits mérovingiens. Le chant francique de Pharamond sera toujours 
préféré par les professeurs de rhétorique et par leurs disciples. 



En 1887, M. Paul Guiraud a publié sur Les Assemblées provinciales dans 
l'empire romain, un savant ouvrage où se trouve reproduite, sous une forme 
exagérée et peu exacte, une doctrine que j'ai autrefois exprimée moi-même 
d'une façon peu claire. 



VIII. 




90 



Chronique. 



« Le premier août de chaque année », dit M. Guiraud, « les anciens Gau- 
« lois célébraient à Lyon la fête du dieu Lug. 11 y avait là, à cette occa- 
« sion, un grand concours de personnes venues de toute la Gaule pour assister 
« aux cérémonies religieuses, aux foires, aux tournois littéraires et poétiques 
« qui rehaussaient l'éclat de ces solennités. » Je ne vois pas pourquoi le 
Lugu-dunum des Segusiavi aurait avant Auguste attiré à ses fêtes toute la 
Gaule barbare, de préférence aux Lugudunum des Cenomanni, aujourd'hui 
Loudon, Sarthe ; à celui des Remi, aujourd'hui Laon Aisne ; à celui des 
Convenue, aujourd'hui Saint-Bertrand-de-Comminges, Haute-Garonne. Je 
ne parle ni de celui des Voconcii, aujourd'hui Mont-lahuc, Drôme, compris 
au temps de Jules César dans la province romaine, ni du Lugudunum sep- 
tentrional, aujourd'hui remplacé par la ville de Leyde, et déjà probablement 
alors occupé par la peuplade germaine des Batavi. Il est bien possible qu'il 
y eût en Gaule plusieurs autres Lugudunum ; leur nom aurait été effacé de 
la carte par diverses causes qu'il est inutile d'énumérer ici. Les voisins se 
réunissaient dans les Lugudunum, à la fête du dieu Lugus, comme leurs 
descendants le font encore aujourd'hui à la saint Martin, dans les villages 
dont l'église paroissiale a été placée sous le vocable du fameux évêque de 
Tours. L'innovation due à Auguste a été de concentrer en un seul Lugu- 
dunum la fête qui se célébrait dans toutes les localités de ce nom. 

M. Ernest Carette, s'inspirant du livre de M. Guiraud, vient de publier 
Les Assemblées provinciales de la Gaule romaine » . La cause principale qui 
paraît lui avoir fait prendre la plume est la découverte récente à Narbonne 
d'une inscription portant règlement sur les privilèges attribués au flamine 
de Rome et d'Auguste pour la Narbonaise. C'est une loi émanée d'un em- 
pereur, probablement d'Auguste 2; un érudit compétent, M. Mispoulet, 
disait en 1888 : « Ce texte, bien qu'il soit très mutilé, constitue, si je ne 
« me trompe, le document épigraphique le plus important de l'époque ro- 
<t maine qui ait été découvert dans notre pays î. » On trouve ce texte 
d'abord reproduit tel quel, ensuite enrichi de corrections et d'additions par 
M. Mommsen dans le supplément au t. XII du Corpus inscriptionum loti- 
narum, sous le numéro 6038, p. 864 et 864 bis. 

Or, cette inscription, gravée sur une plaque de bronze, a été acquise en 
1889 par un oncle de M. Carette, M. Démy, qui l'a donnée au musée du 
Louvre. Telle est la circonstance qui paraît avoir donné à M. Carette l'idée 
d'écrire son livre sur les assemblées provinciales, associées en Gaule au 
culte d'Auguste, et par conséquent aux flamines auxquels ce culte était 
confié. 

L'ouvrage de M. Carette est divisé en cinq livres qui traitent : i° des 
assemblées générales de la Gaule avant la conquête romaine, 2° des assem- 
blées provinciales de la Gaule sous la république romaine, 3 des assem- 

1. In-8, 503 pages, Paris, Picard, 189$. 

2. Beurlier, Le Culte impérial, son histoire et son organisation depuis Au- 
guste jusqu'à Justinien, p. 19-23. 

3 . Nouvelle revue historique de droit français et étranger, t. XII, p. 353. 




Chronique. 



blées provinciales de la Gaule sous le Haut-Empire, 4° des assemblées pro- 
vinciales de la Gaule au Bas-Empire, $« des assemblées provinciales de la 
Gaule après la chute de la domination romaine. 

Le premier livre est le seul qui traite de questions spécialement cel- 
tiques. Quelques critiques pourraient être adressées à l'auteur. Ainsi, p. 3, 
il définit le concilium armatutn « réunion des guerriers au commencement 
d'une expédition ». Il a pris cette définition chez César, De bello gallico, 
1. V, ch. 56, § 1 et 2 : Indutiomarus... armatutn concilium indicit. Hoc more 
Gallorum est initium belîi, quo lege communi omnes pubères armati convenirt 
consuerunt. Cependant le concilium armatum n'aboutissait pas toujours à une 
guerre, et ainsi nous voyons en 218 les députés romains reçus par un con- 
cilium armatum, quand ils vinrent prier les Gaulois méridionaux de s'op- 
poser par la force au passage d'Hannibal et des Carthaginois dans leur ter- 
ritoire. Les Gaulois répondirent à cette demande par un éclat de rire grand 
et prolongé : Nova terribilisque species insa est quod armati, — ita mos gentis 
erat, — in concilium venerunt... tantus cum frémi tu risus dicitur or tus, ut vix a 
magistratibus maîoribusque natu juventus sedaretur « . Le refus de faire la 
guerre fut le résultat de cette assemblée. 

M. Carette discute la question de savoir s'il y avait eu des assemblées 
générales de la Gaule avant la guerre entreprise par César. Suivant M. Ca- 
rette il en a existé. Je crois que cette doctrine comporte une restriction. 
L'assemblée générale des trois Gaules sous l'empire romain était la réunion 
des représentants de l'Aquitaine, de la Lyonnaise et de la Belgique. Or, 
une telle réunion était impossible en Gaule avant César, qui par ses vio- 
lences créa en Gaule une sorte d'unité que Vercingétorix personnifia ; 
mais avant César il y avait en Gaule trois corps politiques distincts : les 
Belges, chez lesquels les Suessiones avaient eu jusque-là l'hégémonie, les 
Celtae ou Galli dont l'hégémonie avait appartenu aux Arverni, que les 
Aedui voulaient supplanter ; enfin les Aquitani sur lesquels nous sommes 
fort mal renseignés. Il a dû y avoir des assemblées générales des Belges et 
des assemblées générales des Celtes. L'hégémonie des Suessiones en Bel- 
gique, celle des Arverni ou des Aedui en Celtique ne peuvent pas se com- 
prendre sans des assemblées où s'exerçait la suprématie du peuple domi- 
nant ; les érudits qui conçoivent les choses autrement ne comprennent rien 
à la civilisation primitive des Indo-Européens, et manient les textes sans 
en saisir le sens. 



M. 0. de Meulenhaere, conseiller à la Cour d'appel de Gand, a traduit 
de l'allemand sous le titre de : Les Européens avant l'histoire, une œuvre 
posthume de R. von Ihering, il me l'a fait envoyer pour en rendre compte. 

Cet ouvrage est d'une lecture fort agréable, mais suggère beaucoup 
d'objections. Il contient quatre livres: 1° Le peuple père du peuple 



IX. 



1. Tite-Live, 1. XXI, c. 20, S 




9* 



Chronique. 



aryen. Ce peuple aurait habité la Bactriane. Ihering lui attribue la civi- 
lisation et le droit exposés par M. Ziramer, Aîtindiscbes Leben, 1879, en 
développant les doctrines de M. Zimmer à l'aide du droit romain et de 
quelques ouvrages tels que celui de Schrader, Sprachvergkichung und Recht- 
gescbicbte, 1883. Ihering pense que le peuple père était pasteur, ne con- 
naissait pas l'agriculture, était sédentaire et très nombreux, n'avait pas de 
villes, ne connaissait pas les métaux, et, par rapport aux institutions juri- 
diques, occupait un rang très inférieur, p. 24 et suivantes. Il y a dans ce 
livre peu de choses nouvelles. Le second livre, plus original, est consacré à 
une comparaison entre les Aryas et les Sémites, qui ont eu anciennement 
une civilisation très supérieure à celle des Aryas, et qui pour se mettre au 
niveau des Aryas sont aujourd'hui contraints d'adopter leurs institutions. 
Les troisième et quatrième livres concernent la migration des peuples 
aryens, que Ihering prétend nous raconter. L'imagination tient dans tout 
cet ouvrage, mais surtout dans les deux derniers livres, beaucoup plus de 
place que l'érudition. 



Le charmant volume de M. Sébillot, Légendes et Curiosités des métiers », 
où l'on trouve reproduite une collection on ne peut plus curieuse de vieilles 
gravures, contient un certain nombre d'indications relatives à la Basse- 
Bretagne et des citations de chansons bretonnes et de proverbes bretons : 
sur les meuniers, i rc livraison, p. 3, 8, 14, 24 ; sur les tisserands, 
6 e livraison, p. 9; sur les tailleurs, 7 e livraison, p. 20-22, avec des gra- 
vures représentant des tailleurs bretons, p. 2$, 29; sur les laveuses bre- 
tonnes, 9* livraison, p. 2; sur les charpentiers, 1 3 e livraison, p. 6, 1 5 ; sur les 
tonneliers, 14 e livraison, p. 27. 



La huitième livraison du précieux Trésor vieux celtique de M. A. Holder 
vient de paraître. Elle termine le tome I, A-H, un volume in-8 de 2064 co- 
lonnes, Leipzig, Teubner, 1 091 -1896. 



M. le professeur Johannes Schmidt, si connu par ses excellents travaux 
de grammaire comparée, vient de publier une savante critique de la théorie 
des résonnantes n, m, r, l, qui, aujourd'hui, tient une si grande place dans 
la phonétique indo-européenne *. J'ignore si cette théorie grammaticale 

1. Paris, Flammarion, grand in-8, vm-640 pages en dix-neuf livraisons, 
qui ont chacune leur pagination séparée, 3 2 pages, sauf la dixième livraison 
qui en a le double. 

2 . Kritik der Sonantentheorie , eine spracbwissenschaftliche Untersuchung von 
Johannes Schmidt, Weimar, Hermann Bôhlaus Nachfolger, 1895, in-8, 
195 pages. 



X. 



XI. 



XII. 




Chronique. 



93 



contestée par M. Schmidt est destinée à durer indéfiniment, ce que je sais, 
c'est qu'elle donne à l'exposition des doctrines réunies sous le nom alle- 
mand d'ablaut, une clarté précieuse dans l'enseignement ; et quant à mon 
opinion personnelle sur la base de cette théorie, elle n'existe pas ; je ne 
considère pas comme mon domaine les principes généraux de la grammaire 
comparée. Je me bornerai à deux observations de détail. M. Schmidt me 
semble avoir prouvé, p. i $4, que le rapprochement si séduisant proposé 
par plusieurs savants entre le latin emo et l'irlandais air-ema (sucipiat) d'une 
part, et le gothique niman, en allemand nehmen d'autre part, est contes- 
table. Mais je trouve que M. Schmidt a eu tort de donner le parfait irlandais 
aà-gin-sa (cognovi) comme offrant dans la syllabe gin l'équivalent de la syl- 
labe jà du sanscrit jànâmi, première personne du singulier du présent de 
l'indicatif ; il aurait dû mettre en parallèle à jànâmi l'irlandais itar-gninim 
« je sais », Zeuss, Grammatica celtica, 2* édition, p. 433. Le correspondant 
sanscrit de l'irlandais gin zz * gegna est jajnâu. 



M. Max Ihm a inséré en 1887 dans les Jabrbùcher des Vereins von Alter- 
thumsfreunden in Rheinlande, n° lxx^ciii, chez Adolph Marcus, à Bonn, le 
travail le plus complet qui ait paru jusqu'ici sur le culte des mères et des ma- 
trones, et sur les monuments qui s'y rapportent. Ces mères ou matrones 
sont des divinités, matres, matrae dans la plupart des monuments gallo-ro- 
mains, matronae dans d'autres monuments de la même origine. Le mémoire 
de M. Ihm a deux cents pages grand in-8. Les monuments du culte des 
matres, matronae sont, suivant ce travail, au nombre de 400, savoir: Rome, 
19; Gaule cisalpine, 80; Dalmatie, 2; Dacie, 6; Pannonie, 2; Norique, 2; 
Rétie, 2 ; Gaule narbonnaise, 22 ; Germanie supérieure, 30 ; Germanie in- 
férieure, 185; Bretagne, 42; Belgique, 4; Lyonnaise, 9; Aquitaine, 1; 
Espagne, 3 ; Afrique, 2. Ils sont ainsi surtout nombreux en Germanie in- 
férieure, en Gaule cisalpine, en Germanie supérieure, en Gaule narbon- 
naise, le chiffre par province allant diminuant de 185 à 22. 

M. Ihm vient de reprendre le même sujet dans la grande publication de 
M. Roscher : AusfùbrJiches Lexicon der griecJnschen uni roemischen Mythologie, 
t. II, col. 2464-2479. Ce travail nouveau est sur plusieurs points un sup- 
plément au premier, que d'ailleurs il résume ; il renvoie aux publications 
postérieures à 1887 qui concernent le culte des matres ou matronae. 

Il est suivi, col. 2479, d'un article Matrona par le même auteur; il s'agit 
de la Marne^, rivière divinisée. Je me demande si ce nom de Matrona, porté 
par un affluent de la Seine, par une petite rivière du département des 
Bouches-du-Rhône, la Meyrone (Cartulaire de Saint- Victor de Marseille, 
1. 1, p. 326), et par le mont Genèvre, ne serait pas identique à celui des di- 
vinités appelées Matronae dans les monuments figurés. Au nom de rivière 
Matrona, comparez les noms de rivière Diva, Dêvona, latinisés avec l'or- 
thographe Diva, Divona, et qui s'expliquent par la croyance à la divinité 
des cours d'eau. 



XIII. 




94 



Chronique. 



Dans la même livraison du dictionnaire de M. Roscher, l'article Mars, 
par le directeur de la publication, contient, col. 2398-2399, une liste des 
surnoms barbares de ce dieu romain. Ces surnoms sont presque tous cel- 
tiques. 



Le P. Hogan, auquel nous devons déjà plusieurs publications fort utiles, 
vient de nous donner un recueil de textes irlandais accompagnés de tra- 
ductions. Ce sont : i° le fragment du Nennius irlandais conservé dans le 
Lebor na hUidre ; 2° des morceaux religieux extraits du Leabhar Breacc, 
savoir : une homélie sur les sacrements, une instruction sur plusieurs ar- 
ticles du Credo, quelques légendes sur l'enfance de Jésus-Christ. A la suite 
de ces textes, le P. Hogan a placé l'index des substantifs neutres réunis 
par lui dans une de ses précédentes publications. Le volume se termine 
par un index des mots irlandais les plus intéressants qu'il contient. Je re- 
grette que le savant auteur, dans ces deux index, n'ait pas joint au mot 
irlandais la traduction anglaise. Ce volume forme le tome VI des Todd lec- 
tures séries publiées par l'Académie royale d'Irlande 



Les Études grammaticales sur les Langues celtiques, publiées en 1881, re- 
çoivent un complément sous la forme d'un tome II édité par la librairie 
Bouillon. La première partie de ce volume vient de paraître, elle contient 
le commencement d'un Glossaire moyen-breton, A — Gwastaven, par M. Emile 
Ernault, 308 pages in-8. La Revue Celtique donnera un compte rendu de ce 
savant ouvrage quand il sera terminé. 



En 1890, M. Whitley Stokes a publié dans ses Lives of Saints from tbe 
book of Limore, p. 1 17-134 et 262-280, une vie irlandaise de saint Ciarân, 
fondateur de l'abbaye de Clonmacnois*. Ce saint, surnommé filius artificis, 
mac in t-sair, est né en 512 et mort en 548, suivant le Chronicon Scotorum 
(édition Hennessy, p. 36, 48) ; la seconde date est donnée aussi par les An- 
nales d'Ulster, mais elles font naître le même personnage un an plus tôt 
(édition Hennessy, t. I, p. 36, 50). C'est le Ceranus, filius artificis qui, 
suivant les notes de Tirechan, septième siècle, aurait été baptisé par Justus, 

Royal irish Academy. Todd lecture séries. Vol. VI. The irish Nennius from 
L. na bUidreand homilies and legends from L. Brecc. Alphabetical index of irish 
neuter substantives . Londres, Williams and Norgate, in-8, 130 p., 1895. 
2. Cf. Vie de saint Columba par Adamnan, édition Reeves, p. 23. 



XIV. 



XV. 



XVI. 




Chronique. 95 

diacre de saint Patrice ». On célèbre sa fête le 9 septembre Ce Ciaran ou 
Cerarms parait être un personnage historique. 

U y en a un autre qui semble appartenir à la légende. Cest Ciaran de 
Saighir, qui aurait été contemporain de saint Patrice. Il est mentionné sous 
le nom de sen-Chiaran « vieux Garan » dans les additions aux notes de Ti- 
rechan 3. Il fallait avoir deux Garan puisqu'on avait deux Patrice. Suivant 
la VU tripartite, le vieux Ciaran aurait reçu de saint Patrice l'indication de 
l'endroit où il devait fonder un monastère 4. On célèbre sa fête le 5 mars 5. 

On a deux vies latines de ce saint : i° celle du Codex kilkenniensis, pu- 
bliée par Colgan, Acta sanctorum Hiberniae, 2 celle dont l'édition la plus 
récente a été donnée par les PP. De Smedt et De Backer, Acta sanctorum 
Hiberniat ex codice Salmanticensi, col. 805-818. Si Ton s'en rapporte à la se- 
conde vie, saint Ciaran de Saighir aurait été à Rome, s'y serait fait sacrer 
évêque et serait venu ensuite évangéliser l'Irlande avant saint Patrice, faits 
peu vraisemblables; il aurait ensuite reçu la visite de son homonyme 
Ciaran, abbé de Clonmacnois, chose chronologiquement impossible : 
Garan de Saighir, évêque avant 430, né par conséquent au plus tard vers 
l'an 400, n'a pu recevoir la visite d'un abbé né en 5126. La première vie 
latine et la vie irlandaise qui en est la traduction ajoutent à ces difficultés des 
miracles étranges 7. 

1 . E. Hogan, Anaîecta Boîlandiana, t. II, p. 38, 52. Whitley Stokes, 
The tripartite Life, t. II, p. 30$, 318. Saint Patrice aurait, dit-on, prédit la 
naissance de ce saint soixante ans d'avance, ibid., p. 556, 

2 . Whitley Stokes, The Calendar of Oengus, p. cxxxvh ; The martyr ology 
of Gorman, p. 172. 

3. Senchiaraw in Saigir. Whitley Stokes, The tripartite Life, t. II, p. 349, 
1. 21 ; cf. E. Hogan dans Analecta boîlandiana, t. 11, p. 112, 1. 10. 

4. Whitley Stokes, The tripartite Life, t. I, p. 76. 

5 . Whitley Stokes, The Calendar of Oengus, p. lv, lx-lxii ; The Marty- 
rology of Gorman, p. 48. 

6. Sur Garan de Saighir voir Todd, St. Patrick, apostle of Ireland, 
p. 198-202. 

7 . En voici un exemple : Ciaran se crée une ménagerie qui est en même 
temps une abbaye modèle : 

« Deinde alia animalia de cubilibus eremi ad S. Kieranum venerunt, id 
est vulpes et broccus et lupus et cerva, et manserunt mitissime apud eum et 
obediebant ei secundum jussionem viri Dei in omnibus quasi monachi. 

« Alia quoque die vulpes qui erat callidior et dolosior caeteris anima- 
libus, ficones * abbatis sui scilicet sancti Kierani furatus est, et deserens 
propositum suum, duxit ad pristinum habitaculum suum in eremo, volens 
illos ibi comedere. Hoc sciens sanctus pater Kieranus alium monachum 
vel discipulum, id est broccum post vulpem in eremum misit, ut fratrem ad 
locum suum reduceret. Broccus autem, cum esset peritus in silvis, ad ver- 
bum magistri sui illico obediens perrexit, et recto itinere ad speluncam 
fratris vulpis pervenit, et veniens ad eum, volentem ficones domini come- 
dere, duas aures ejus et caudam abscidit et pilos ejus carpsit et coegit eum 

*. Espèce de chaussures. 



Digitized by 



96 



Chronique. 



Le ms. le plus ancien de la vie irlandaise serait celui de Bruxelles, 
ras. 4190-4200, fol. 139* probablement du dix-septième siècle (?). On 
peut citerensuite le ms. du Musée britannique, Egerton 112, écrit en 1780- 
1782, et d'après lequel a été faite, en 1892, l'édition de M. Standish Hayes 
O'Grady, Silva Gadélica, t. I, p. 1-16; t. II, p. 1-17. Suivant ce savant 
éditeur, le ms. Egerton 112 nous offre la copie d'un autre ms. aujourd'hui 
conservé dans la bibliothèque de l'Académie royale d'Irlande et dont la 
date serait très rapprochée de la date de la copie. M. St. Hayes O'Grady 
n'a pas expliqué pourquoi il a fait son édition d'après une copie conservée 
à Londres et non d'après l'original qui est à Dublin. 

Une nouvelle édition de cette vie irlandaise vient de paraître », Elle a 
pour auteur le Rév. D. Mulcahy, P. P., M. R. I. A. Au lieu de prendre 
pour base de son édition le ms. de la Royal Irish Academy écrit au dix-hui- 
tième siècle par un certain John Murphy, ou, ce qui probablement vaudrait 
mieux, le ms. de Bruxelles, le Rév. Mulcahy reproduit une copie faite, on 
ne sait sur quel ms., par feu John O'Daly, l'éditeur, si je comprends bien, 
des poèmes ossianiques publiés en 1859 et dans ^ es Transactions of the 
Ossianic Society, t. IV et VI; mais M. Mulcahy a, dit-il, régularisé l'ortho- 
graphe de John O'Daly suivant les lois grammaticales de l'irlandais mo- 
derne. Le texte irlandais est accompagné d'une traduction anglaise. 

XVII. 

M. C. Gough a mis en vers anglais les Aventures de Condla J. Ce livre, 
pas pkis que le précédent, n'est du ressort de l'érudition. 

XVIII. 

M. Joaquin Costa, membre de l'Académie royale des sciences morales 
et politiques de Lisbonne, vient de réunir en un volume les premiers cha- 
pitres de ses Estudios Ibéricos ; c'est un volume in-8 de lxxxii et 207 pages. 
Il se divise en deux parties. 

La première partie, paginée en chiffres romains, contient le premier 
chapitre et le commencement du second chapitre d'un travail sur l'escla- 

secum venire ad monasterium suum, ut ageret poenitentiam ibi pro furto 
suo ; et vulpes necessitate compulsus simul et broccus cum sanis fyconibus 
hora nona ad cellam suam ad S. Kieranum venerunt. Et ait vir sanctus ad 
vulpem : Q.uare hoc malum fecisti, frater, quod non decet monachum 
agere?... Tune vulpes, petens indulgentiam, jejunando egit poenitentiam, 
et noncomedit, donec a sancto viro jussum esset. » — (Colgan, I, 458-459.) 

1 . Whitley Stokes, The marlyrology of Gorman, p. 341. 

2 . Beata naoim Chiarâin Saigbre. — Life of S, Kiaran (the elder) of Seir. 
Dublin, M. -H. Gill and son, 1895, in-12, ao pages. 

3 . Prince Connla of tte Golden hair and tlje fairy maiden. Dublin, M. H. Gill 
and son, sans date, in-12, 32 pages. 



Digitized by 



Chronique. 



97 



vage chez les Ibères. Le premier chapitre est une sorte d'introduction qui 
traite : i° de Pélevage des bêtes bovines, caprines, ovines, des mulets, des 
chevaux; 2° de l'agriculture; 3 du vol des bestiaux chez les Ibères; enfin 
du mode de groupement de la population ibérique : villages, tours, dont 
l'association constituait les tribus appelées, par les Romains, cités ou genUs. 
Le chapitre deuxième concerne l'esclavage public. Les suivants auront pour 
objet : le 3« l'esclavage privé ; le 4 e la clientèle et la plèbe; le 5c la lutte des 
classes ; le 6 e l'esclavage romain en Espagne ; le 7 e les esclaves et le cens 
romain ; le 8 e l'esclavage ibérique et le coionat romain ; le 9 e la situation 
intermédiaire entre l'esclavage et la liberté; le 10 e l'origine de cette situation 
spéciale. 

La seconde partie, paginée en chiffres arabes, est et sera consacrée à un 
travail sur la géographie historique du littoral espagnol de la Méditerranée 
au sixième et au cinquième siècle avant notre ère. L'auteur n'en a publié 
que deux chapitres et demi : le premier consacré aux sources, le second aux 
vieux noms géographiques Oestrymnis et Ophiuse, et le commencement 
du troisième concernant les Tartesses orientaux. 

L'orateur est un vrai savant qui connaît les textes fondamentaux ; mais 
il traite un sujet qui n'est pas du domaine de la Revue Celtique; je ferai ce- 
pendant une exception pour les cas où, n'ayant pas à sa disposition, sur les 
Ibères, les documents qu'il désirerait, il parle des Celtibères, c'est-à-dire des 
Celtes d'Espagne. 



L'étude de M. Francesco-P.Garofalo sur les Allobroges est faite avec 
connaissance des sources et des travaux les plus récents 1 . Je n'hésite pas à 
recommander cette publication, malgré les critiques multipliées que l'au- 
teur m'y adresse, sans toutefois me convaincre. Il considère, par exemple, 
comme certain, que le bassin du Rhône a été occupé par les Gaulois, avant 
leur invasion en Italie, et que les Allobroges sont arrivés bien antérieu- 
rement au troisième siècle dans la région où nous les trouvons établis lors 
du passage d'Annibal en 218. Après l'exposé de sa doctrine sur l'origine 
des Allobroges, il raconte le passage d'Annibal, 218, la conquête romaine 
un siècle après, la révolte des Allobroges l'an 61 avant notre ère, leur sort 
pendant le proconsulat de César en Gaule et pendant les guerres civiles 
qui suivirent. U termine par une étude géographique. 



Par un récent arrêté ministériel, M. Paul Collinet, docteur en droit, a 
été chargé du cours de droit romain à la Faculté de droit de Lille. M. P. Col- 
linet a collaboré aux tomes VII et VIII du Cours de littérature celtique. 



1. Gli Allobroges, Paris, Welter, in-8, 102 pages, 1895. 



XIX. 



XX. 



Repue Celtique, XVII. 



7 




9 8 



Chronique. 



XXI. 



M. Ernst Windisch est entré en fonctions comme recteur de l'Université 
de Leipzig pour Tannée scolaire 1895-1896. 



Je reçois à l'instant de The northern counties printitig and pubîisbing Com- 
pany, Inverness, le livre de M. Alexandre Macbain : An Etymological Dictio- 
nary of the gaeîic language, XLVii-371 pages, in-8. Il sera rendu compte de 
cet important volume dans la prochaine livraison, ainsi que d'un livre que 
M. Sophus Bugge a bien voulu adresser à la Revue il y a déjà quelque 
temps : Bidrag til den aldste Shaldeâigtningshistorie. 



POST SCRIPTUM. 



H. d'Arbois de Jubainvillb. 




PÉRIODIQUES 



i. 

En même temps que cette livraison, la soixante-cinquième de la Revue 
Celtique, paraîtra le premier numéro de la Zeitschrift fur celtische Philologie 
publiée par MM. Kuno Meyer et L.-Chr. Stern, deux savants, dont les lec- 
teurs de la Revue Celtique ont certainement su apprécier la saine érudition 
et le talent distingué. M. Max Niemeyer, libraire à Halle a. S., est l'éditeur 
de cette publication nouvelle dont on trouvera un dépôt à Londres, librairie 
David Nutt, 270, 271, Strand, et à Paris, librairie Bouillon, 67, rue Riche- 
lieu. La Zeitschrift fur celtische Philologie doit être semestrielle ; elle sera 
écrite en allemand, en anglais, en français et en italien ; elle s'est assuré 
la collaboration des auteurs dont voici la liste : 

MM. E. Anwyl à Aberystwyth, H. d'Arbois de Jubaik ville, à Paris, 

G. I. Ascoli, à Milan, E. Barry à Rathcormack (Irlande), G. Dottin à 
Rennes, L. Duvau à Paris, E. Ernault à Poitiers, J. Fleming à Dublin, 

H. Gaidoz à Paris, F. Haverfield à Oxford, R. Henebry à Manchester, 
E. Hogan à Dublin, P.-M.-C. Kermode à Ramsey (île de Man), H. Kern 
à Leyde, E. Liden à Upsal, W.-M. Lindsay à Oxford, J. Loth à Rennes, 
D. Mackinnon à Edimbourg, J. Mac Neill à Malahide (Irlande), A. Nutt 
à Londres, D. O'Foharta à Calla, Ballyconneely (Irlande), E. O'Growney 
à Tucson, Arizona (États-Unis), Th. Powel à Cardiff, J. Rhys à Oxford, 
Wh. Stokes à Londres, J. Strachan à Manchester, R. Thurneysen à Fri- 
bourg en Brisgau, E. Windisch à Leipzig, H. Zimmer à Greifswald. 

Voici la table des matières de la première livraison : 

R. Thurneysen, Ueber einige Formen der Copula im Irischen. 
J. Strachan, Some notes on the Milan Giosses. 
Wh. Stokes, A Celtic leechbook. 

W.-M. Lindsay, Breton and old French giosses in the Harleian Nonius. 
H. Gaidoz, La cosmologie celtique. 
H. Gaidoz, Annwn. 

H. Gaidoz, Quelques mots gallois d'origine latine. 

E. Ernault, Sur la mutation faible de d après n en breton. 



Digitized by 



100 



Périodiques. 



J. Loth, Une forme archaïque du nom de Dieu en breton. 

P.-M.-C. Kermode, A Welsh inscription in the IsleofMan (with plate). 

J. Rhys, Note on Guriat. 

J. Strachan, A Manx folksong. 

Wh. Stokes, Cuimmm's poem on the Saints of Ireland. 
H. Zimmer, Beitràge zur Érklàrung irischer Sagentexte. 
K. Meyer, Goire Conaill Chernaig i Crûachain ocus aided Ailella ocus 
Conaill Qiernaig. 
K. Meyer, Two middle-irish poems. 
R. Hekebry, Conach. 

L.-Chr. Stern, Die irische Handschrift in Stockholm. 
L.-Chr. Stern, Ein irisches Leben der heiligen Margarete. 
R. Henebry, An unpublished poem by W. English. 
D. O'Foharta, Cû ban an tsleibhe. 
Erschienene Schritten. 

La vieille Emu Celtique souhaite la bienvenue à sa jeune sœur. 



The Transactions of the honourable Society of Cymmrodorion. 
Session 1894-95. — Mémoire de M. John Rhys sur la chasse de Twrcb 
Truyth. Cette chasse est un des épisodes du Mabinogi de Kulhwch et 
Olwen. On en trouvera la traduction par M. J. Loth dans le Cours de litté- 
rature celtique, t. III, p. 248-281. Dans l'édition de Charlotte Guest, le 
texte gallois concernant le Turch Truyth commence à la p. 22$, la tra- 
duction anglaise à la p. 286 du tome II. Dans l'édition de MM. J. Rhys et 
J. Gwenogvryn Evans le texte gallois commence à la p. 123. Le Twrch 
Trwyth était un sanglier dont il est déjà question dans Nennius sous le nom 
de Troit '. Sa légende paraît avoir été connue en Irlande. L'expression Orc 
triith qui, dans le Glossaire de Cormac, signifie <« cochon ou sanglier du roi », 
paraît exprimer la même idée que le gallois Twrch Trwyth. Suivant M. Rhys, 
la chasse de Turch Truyth a été gôidélique avant de devenir brittonique. 
La dentale spirante th de truyth est empruntée à l'irlandais triath; le primitif 
* treti devenu triath en irlandais aurait donné truyd par un d final en gal- 
lois, s'il y était passé directement sans l'intermédiaire de l'irlandais. 

Comment s'explique la présence d'éléments gôidéliques ou irlandais dans 
la mythologie galloise. Le voici : 

La plus ancienne population celtique de la Grande-Bretagne était gôidé- 
lique, c'est-à-dire du même groupe linguistique que les Irlandais. Vers le 
troisième siècle avant notre ère, des conquérants gaulois, la plupart du 
groupe belge, arrivant du continent, ont subjugué les premiers occupants et 



1 . C'est évidemment la bonne leçon remplacée par la variante Troynt 
dans l'édition de M. Mommsen, Chronica minora, t. III, p. 217. 



II. 




Périodiques. 



101 



ont introduit dans l'île le dialecte gaulois dont le gallois descend, mais 
l'ancienne population gôidélique, quoique vaincue et obligée à changer 
de langue, n'a été ni détruite ni expulsée. Au quatrième et au cinquième 
siècle de notre ère, la Grande-Bretagne, alors en partie romanisée, a été 
attaquée avec succès par les Gôidels d'Irlande. Les inscriptions ogamiques 
du pays de Galles et de la région voisine attestent que dans la partie sud- 
ouest de la Grande-Bretagne, il y avait une population gôidélique pendant 
les premiers temps qui ont suivi l'évacuation de cette Ile par les Romains 
en 409, c'est-à-dire de l'an 450 à l'an 700. A ce regain d'influence que les 
Gôidels durent au succès des armes, il faut ajouter l'action qu'exercèrent en 
Grande-Bretagne les missionnaires chrétiens irlandais au vi« et au vue siècle. 
Je ne parle pas ici de l'Ecosse et de l'établissement gôidélique si important 
qui se fit dans ce pays au sixième siècle. 

U y a donc eu deux périodes gôidéliques dans la région méridionale delà 
Grande-Bretagne : i° occupation générale antérieurement à l'an 200 avant 
J.-C. ; 2° conquête et occupation partielle commencée au quatrième siècle, 
continuée pendant les cinquième, sixième et septième siècles après J.-C. 
Trwyth ne peut dater de la première période : à cette date le / média 1 cel- 
tique n'était pas encore devenu th en irlandais ; ce mot date de la seconde 
période ; la variante troit de Nennius, trwyd dans la poésie galloise {Four 
ancient books qf Wales, II, 393) remonte directement à * trlti et on peut la 
supposer d'origine savante. 

U y a d'autres éléments gôidéliques dans les Mabinogion. Ainsi dans la 
légende de Math, fils de Mathonwy, traduction de M. J. Loth, Cours de lit- 
térature celtique, t. III, p. 117-154; cf. Guest, III, 189-251 ; Rhys et Evans, 
58-81, on voit apparaître les six fils d'une dame appelée Don. Cette dame 
paraît identique à la déesse Danu, au génitif Danann, mère du groupe de 
dieux appelés Tâatha dé Danann dans la mythologie irlandaise. Gqfannon, 
un des fils de Don, semble n'être autre chose que Goibniu, au génitif 
Goibnenn, un des Tûatha dé Danann. Suivant M. Rhys, Donn et Gqfanon 
remontent à la première période gôidélique de l'histoire de la Grande- 
Bretagne. 

Il donne la même origine : 

i° au Llew du Mabinogi de Math, fils de Mathonwy. Ce personnage ne 
serait autre que le Lug irlandais ; 

2° au Uwyt, fils de Kil-Coet du Mabinogi de Manawyddan, fils de Llyr 
(voir la traduction de M. J. Loth, Cours de littérature celtique, t. III, p. 96- 
116; Guest, t. III, p. 143-184; Rhys et Evans, p. 44-58J, et au Llwydeu, 
fils de Kel-Coet qui figure dans le Mabinogi précité de Kulhwch et Olwen ; 
ce serait le Ldath, fils de Celtchar des Irlandais; Kel-Coet « bois caché », est 
un composé gallois dû à une étymologie populaire de Celtchar « ami du 
secret » ou u de la cachette » ; l'adjectif irlandais liath « gris » est le même 
mot que Uwyt ou llwyd; 

3 au Manawyddan, fils de Ziyr, dont le Mabinogi vient d'être cité; 
Manawyddan est une forme développée de Manawydd qu'on trouve 
dans la vieille poésie galloise ; Manawydd = *manauiiu, au génitif 




102 



Périodiques. 



* manauiiônos = manan ' ; de ce génitif dériverait le nom divin irlandais de 
Manannan, fils de Ltr (mac Idr), tandis que le Manawyddan gallois dérive 
du nominatif. 



Archaeologia Cambrensis, octobre 1895. — Mémoire de M. John 
Rhys sur le même sujet que le précédent. Il traite des mots gallois qui 
paraissent empruntés au gôidélique. Ces mots seraient : 

Anwyl « cher, aimé, affectionné », de même que annoil, même sens dans 
le dialecte de l'île de Man. On ne trouve pas ce mot en irlandais. 

Arlwy « préparation » ; en moyen irlandais triante « promptitude », dé- 
rivé du vieil irlandais erlam « préparé ». 

Bloneg « graisse », et breton blonek « saindoux », moyen irlandais bbnacc. 

Bocsach « vanterie », boggyssagh dans le dialecte de Man. 

Brachdan, brecbdan « tartine », en moyen irlandais breachdan « crème 
cuite au four » ou « pain de beurre ». 

Bresych « choux, potage », en moyen irlandais braissech. 

Brecan, brycan « châle, couverture, plaid », en irlandais breacdn, même 
sens = mrccàno-. 

Breg « fracture », primitivement « tromperie », et bregedd « bagatelle ». 
Cf. le moyen irlandais bric « mensonge » = * brenka. 

Bygwth, bwgwth « menace », irlandais bagairt. 

Byth « toujours », irlandais bith. 

Cabîyd (Dydd Jau Cabîyd, jeudi saint), irlandais caplait. 

Cadach « morceau d'étoffe », irlandais ceadach « tissu pour bas ». 

Carawys « carême », mot pour lequel on trouve une forme irlandaise 
caraighcas, du latin quadragesima. 

Carreg « pierre, rocher », en vieil irlandais carraic= karsekki-. 

Celc « acte de cacher quelque chose », moyen irlandais celg « trom- 
perie ». 

Cerbyd « chariot », irlandais carbad= *carbanto-. 

Chwàî « dispersion », irlandais moyen scâilim « je disperse », racine sqal. 

Chwedî « récit », en bretan moderne kel, keeï « anciennement », quehe\l 
= *co-hctlo-, en vieil irlandais scéi = *sqet1o-n. 

Chwefrawr « février », en breton c'houezreur, en moyen irlandais febrae, 
du latin februarius. 

Clrwith u gauche, inattendu » qui serait identique au breton skouii « fa- 
tigué », en vieil irlandais sciih = *sqito-. 

Chwyd « vomissement », breton c'hotuden, irlandais sgeith = * sqeti. 

Cy-chwyn a se lever », moyen irlandais scendim, racine sqend. 

Cleiriach « un vieillard décrépit », moyen irlandais cïerech. 

1 . Le génitif Matiaviônos n'a dû, ce semble, jamais exister, le vrai gé- 
nitif a été *Manavinos ; mais il a dû y avoir un [accusatif Manaviônen. Le 
génitif hypothétique manan peut être comparé au génitif Alban tfAlba 
Albiu; c'est une nouvelle formation. 



III. 




Périodiques. 



10} 



Clwyf « maladie ou blessure », irlandais claimh « gale, scorbut ». 

Cochl « manteau », irlandais cochul « capuchon ». 

Codwm, cwdurtn « chute », irlandais ancien cutuim — eum-tuitim. 

Colwyn « jeune chien », irlandais coilén = *qllëno. Cf. anglais whdp. 

Drum, trum, « sommet de maison, de montagne, quille d'un navire », 
irlandais druimm « dos » . 

Dichdl « ruse », moyen irlandais dicheilt « acte de cacher ». 

Freg, mot comique, « femme », irlandais fracc. 

Gaflach <f lance », en irlandais gablach « cornu, pointu, fourchu ». 

Hollt « fente », en irlandais scoiîtim « je fends », rac. sqolt. 

Huai « entraves pour chevaux ou autres quadrupèdes », du latin fibula 
par l'intermédiaire du gôidélique. 

Huyt ou fhouit, mot breton, « il déchoit », en vannetais dic'houitein 
« déchoir », de la même racine que le vieil irlandais dufuit « il tombe » = 
*du-fo*[n]te[t]. 

Uuthrod « débris de tourbe », en irlandais luaithre « cendres ». 
Llwch « lac », irlandais loch. 

Macwy « jeune homme », d'abord maccwyf, en irlandais maccoem. 
Machdaith « jeune femme », en irlandais macdacht « âge de sept à quinze 
ans ». 

Macbdeyrn « seigneur, prince », s'expliquerait par l'irlandais moyen mac- 
tigerna « fils de chef ». 

Maddeu « pardonner», moyen irlandais mathetn, dérivé àtmaith « bon ». 

Mail « mutilus », de l'irlandais mael « esclave », tandis que moel 
« chauve » est d'origine galloise. 

Meth « omission, faute », en irlandais meath a faiblir, manquer ». 

Mur « grand, gros », de l'irlandais tnôr, variante de mâr a grand », en 
gallois maivr. 

Mwyth « mou, luxueux », vieil irlandais môitb « tendre, doux ». 
Rath, de l'irlandais râth « fortification » . 
Rhuthr a attaque », en irlandais ruathar. 

Sarhau a insulter », = 'saragu; en irlandais saraigim « j'insulte ou je 
fais tort ». 

Sîl « frai de poisson », du vieil irlandais sfl « semence, race ». 

Taer « importun, pressant », en breton tear, pour to-haer ; hatr signifie 
« entêté, pressant ». Le préfixe to- serait gôidélique et non gallois. 

Tal-cenn « front », en breton tal-genn « bandeau porté sur le front par 
les femmes » ; le second terme cenn serait le vieil irlandais cenn « tête ». 

Tatv, en gallois méridional « il est », tandis qu'en gallois « il est » se 
dit mat (en breton erna) \ taw est le même mot que l'irlandais tà. 

Techu « fuir », en breton techet, serait emprunté à l'irlandais techim « je 
suis ». 

Teilung, plus anciennement tetlyng « digne », de l'irlandais tualnge = 
*to-uo~lngia-s, synonyme et dérivé de tualaing « capable •. 

Tolc « trou fait par un coup », et twlc « cabane, étable », cf. l'irlandais 
tolg « brèche, fracture, et lit ». 




104 



Périodiques. 



Toraeth « profit, produit », cf. le vieil irlandais toracht « succès, produit » 
où l'on doit distinguer le préfixe to et la racine d*où le futur irlandais rega 
« il viendra ». 

Twrch « cochon, sanglier », en irlandais tore. 

Tywys « acte de conduire et de guider », le même mot que le vieil irlan- 
dais tûus « commencement » = to-çessu-s (uessu-s = yed-tu-s), de ytedo « je 
conduis ». 

Ymryson « quereller », le même mot que l'irlandais imbressan « querelle ». 
Je reproduis cette liste en son entier à cause de son importance histo- 
rique et linguistique ; je crois cependant que le savant auteur l'a faite trop 
longue, et qu'elle pourrait subir un certain nombre de retranchements. Il 
y a des mots dont l'origine gôidélique est évidente, mais remonte tout au 
plus à la seconde période gôidélique de l'histoire de Grande-Bretagne. 
Ainsi le substantif gallois brycan « plaid, étoffe rayée », serait devenu en 
gallois brychawn, s'il venait directement du primitif *tnrkkâno-s f d'où l'ir- 
landais breacdn. 

L'irlandais ràlh, mieux rdith, génitif rdtha, suppose un primitif * râti-s 
qui donnerait en gallois rawd et non rath ; celui-ci est donc emprunté à 
l'irlandais. 

Le gallois carbyd « char », ne représente pas le primitif carbanto- ; son d 
final parait identique au / de l'irlandais carbat. Le vocalisme n'est pas bien 
expliqué et semble celui du génitif singulier ou du nominatif pluriel irlan- 
dais. 

D'autres mots gallois sont d'origine latine, mais paraissent être arrivés en 
Galles par l'entremise des moines irlandais. 

Chiriach « vieillard » serait en gallois chcyryg, s'il était immédiatement 
tiré du latin ckricus ; il est arrivé en Galles par l'entremise de l'irlandais 
clêireach. Le mot latin, d'origine celtique, cucuUa, qui, au moyen âge, ap- 
partint à la langue ecclésiastique (en français « coule »), aurait donné en 
gallois quelque chose comme cwgwï; cochl paraît bien venir de la forme 
irlandaise cochul. 

Mais, pour certains mots, l'intervention de l'irlandais me semble inutile 
à supposer. 

Je ne perçois aucune raison pour refuser de faire venir directement le 
gallois taw du primitif stâ[t\ d'où vient aussi l'irlandais td « il est » ; même 
observation pour le gallois twrch « cochon, sanglier », lui et l'irlandais tore 
sont tous deux immédiatement issus d'un primitif * turco-s, etc. 

L'étymologie celtique proposée pour ces mots par M. Rhys n'est pas 
contestable, quoique pour la forme galloise l'influence irlandaise ne soit pas 
prouvée. Dans d'autres cas on peut discuter l'étymologie indiquée par le 
savant celtiste, et par conséquent, là encore, l'influence irlandaise sur les 
mots gallois n'est nullement démontrée. 

Ainsi est-il bien certain que l'irlandais loch = locu a lac », soit le même 
mot que son synonyme, le gallois Uwch, et que celui-ci ne représente pas 
un primitif 'lukso- comme le propose la Grammatica ceîticu, deuxième édi- 
tion, p. 126? 




Périodiques. 



10$ 



Pour le premier terme du gallois, mach-deyrn « seigneur, prince », en 
breton rnach-tiern, on a admis jusqu'à présent l'explication par le gallois mach 
« caution ». Mach-deyrn « chef de caution », représente une idée analogue 
â celle qu'exprime l'irlandais aire forgaiîl « chef de témoignage » ; je ne 
vois pas pourquoi abandonner cette explication juridique et dire : mach = 
l'irlandais macc « fils ». L'étymologie que M. Rhys donne pour l'irlandais 
tuus « commencement » et qu'il emprunte à M. Whitley Stokes, est fort 
séduisante, mais M. Windisch en a proposé une autre, chez Curtius, Grie- 
chische Etymologie, 5 e édition, p. 226 ; et je ne vois pas pourquoi la rejeter. 

Je viens à une question fort délicate. 

Le groupe initial gallois chw représente ordinairement le groupe primitif 
su; mais dans quelques mots gallois commençant par cfo/ on trouve comme 
notation primitive sq ou sku dont l'élément guttural aurait par conséquent 
disparu en gallois, tandis que Vu aurait été conservé avec Ys devenu ch. 
Or, en gallois, ce phénomène peut paraître difficile à admettre, puisque à 
une époque préhistorique le q et le ku primitifs s'y sont changés en p. Il 
semble que sq ou sku primitifs initiaux devraient toujours donner en 
gallois sp et avec y prosthétique ysp. Ce raisonnement peut sembler con- 
cluant. Je ne vois pas cependant pourquoi refuser d'admettre en gallois la 
chute préhistorique de l'élément guttural dans le groupe sku ou sq. On sait 
comment le groupe s initial et une ou plusieurs consonnes a été souvent 
mutilé dans les langues celtiques et même ailleurs. 

Ainsi le gallois cbwedl « récit », identique à l'irlandais scèl=z*sqetîo-n, le 
gallois chwyd « vomissement », en breton c'houeden, en irlandais sgeith = 
'sqeti-, peuvent s'expliquer par la chute de l'élément guttural, etc. 

Ces critiques seront, je pense, considérées comme une preuve de l'intérêt 
que je trouve au savant travail de M. Rhys. 

Le même numéro de Y Archaeologia Catnbrensis contient, p. 303-313, deux 
articles, l'un de M. E. Laws, l'autre de M. J. Rhys, sur la récente décou- 
verte d'une inscription funéraire trouvée dans le comté de Carmarthen, 
près de Llanfallteg. On y lit en capitales latines : 



et en ogam : votecorigas, prononciation gôidélique de voteporigis. 

Ce nom serait le génitif d'un thème votepori et le g serait une notation 
de l'i consonne : voteporigas = *uotcporiias. Le personnage désigné par ce 
nom serait identique au Vortiporius, tyran des Demetae, suivant Gildas, mort 
en 570 1 . Cette hypothèse se heurte à une difficulté, c'est que le thème vor- 

1 . De excidio et conquestu Britanniae, §31, dans Monumenta Germaniae 
historica, in-4. Antiquissimorum auctorum tomus XIH> Chronica minora, 
vol. III, p. 43, 1. 20-21 ; Pétrie, Monumenta historica Britannica, p. 17 c; 
Migne, Patrologia latina, t. 69, col. 350c. 



MEMORIA 
VOTEPORIGIS 



PROTICTORIS 




io6 



Périodiaues. 



Hporiodt Vortiporius, au vocatif Vortipori, chez Gildas contient un r médial 
et un o final qui manquent dans le thème votepori- ou votecori- proposé pour 
le voteporigis ou votecorigas de l'inscription par M. Rhys. 

Archaeologia Cambrensis, n<> de janvier 1896. — Mémoire de M. Al- 
fred-Neobard Palmer sur les mesures agraires dans le Pays de Galles. Le 
point de départ est un pied, trottued, aujourd'hui troedfedd qui, d'après le 
Code vénédotien, contient neuf fois la mesure appelée moduet, aujourd'hui 
modfedd, c'est-à-dire le pouce; il y a trois grains d'orge dans un pouce, 
trois pouces dans une paume de main, trois paumes dans un pied (Livre II, 
c « l 7> S S» cnez Aneurin Owen, Ancient Laws and Institutts of Wales, 
in-fol., p. 90; cf. Lehar Aicle, dans Ancient Laws and Institutts of Ireland, 
t. III, p. 334, où l'on voit que le pied irlandais était de douze pouces 
comme le nôtre). Le pouce gallois, suivant M. Palmer, était identique au 
pouce anglais, d'où pour le pied gallois une longueur de o m. 228. La 
toise ou latb, aujourd'hui îlath, était de dix-huit pieds, ce qui fait 4 m. 032; 
et Verw consistait en un parallélogramme rectangle long de dix-huit toises, 
soit 72 m. 576, et large de deux toises, soit 8 m. 64, ce qui fait 5 ares 
8$ centiares (Code de Gwent, livre II, c. 33, § 2, p. 374). Cet erw n'est plus 
usité ; la toise ancienne persiste. On appelle stangel un rectangle long de 
vingt toises et large de deux qui contient 6 ares 72 centiares, dont trois 
constituent un costumary acre de 20 ares 17, et quatre un autre costumary 
acre de 26 ares 82. Le dernier est appelé cyfar en Brecknockshire, ystang en 
Montgommery shire . 



The Academy, juillet à décembre 1895, janvier 1896. — Je me bornerai 
à indiquer l'interminable correspondance relative : à l'inscription de Carew, 
p. 72, 92, aux inscriptions pietés, p. 16$, 186, à Gildas, De excidio Bri- 
tanniae, p. 206, 251, 297, 318, 340, 364, 411, 522, aux Cassitérides, p. 272, 
273, 298, 342, 366, 390, 414, 438, 524, 547. Je me reprocherais cependant 
de ne pas signaler d'une part le rapprochement fait par M. Rhys entre le 
nom des Cassitérides et le nom mythologique irlandais Ceasair (p. 273), 
d'autre part la lettre de M. Salomon Reinach sur le même sujet (p. 366) ; 
et en dernier lieu l'hypothèse de M. Nicholson que Yurse de Gildas 1 serait 
le célèbre Arthur (p. 297-298). On peut considérer comme fort intéressantes 
aussi les lettres : i° de M. Henry Bradley sur le génitif voteporigis pour 
lequel il propose le nominatif Voteporix, 2 de M. F. Haverfield sur le sens 
du génitif protictoris dans le même monument ; il explique que protector est 
le titre d'une dignité militaire de l'empire romain, et il cite l'épitaphe cor- 
nique Bonaememori fiu tribuni, où apparaît un titre analogue (p. 370). 



1. De excidio et conquestu Britannica, § 32, Monumenta Germaniae histo- 
rica, tomus XIII, Chronica minora, vol. III, p. 44, 1. 4 ; Pétrie, p. 17 E; 
Migne, vol. 69, col. 351 a. 



IV. 




Périodiques. 



107 



— A la page 569, M. Whitley Stokes donne un errata de son édition du 
Martyrologe d'O'Gorman. — Enfin, dans le n° du 11 janvier 1896, p. 35, 
M. J. Rhys communique aux lecteurs de l'Académie une lettre de M. Momra- 
sen qui, d'accord avec MM. Bradley et Haverfield, parait donner l'expli- 
cation définitive de l'épitaphe : 



Suivant M. Mommsen, le nominatif de Voteporigis est Voteporix, et dans 
cette inscription le génitif protictoris doit être rapproché du titre semblable 
dans l'inscription de Resen : Hariulfus protector domestigus fiîius Frankevaldi 
regalis gentis Burgundionum. 



Annales de Bretagne, novembre 1895. — Supplément par M. Prosper 
Hémon au catalogue des œuvres de Luzel. — Contes irlandais, texte ori- 
ginal recueilli par M. Douglas Hyde, traduction par M. G. Dottin. Suite : 
Mort de Tomâs Fuilteach de Bûrca ; L'aigle au plumage d'or ; Le fantôme 
de l'arbre. Ces nouveaux récits merveilleux témoignent comme les pre- 
miers de la prodigieuse imagination et du réel talent des conteurs irlandais. 
— Texte donné par M. l'abbé Abgrall de l'inscription bretonne de Quimper, 
xvic siècle : 



Janvier 1896. Le Braz, Les saints bretons d'après la tradition populaire: 
saint Conérin qui serait né deux fois comme Find, fils de Cumal ; un saint 
Jean breton, grâce à l'intervention duquel une vache pouvait chaque jour 
donner un nombre indéfini de pots de lait ; saint Efflam et sainte Enora. 

— Rectification par M. Gaidoz de la date donnée pour le volume intitulé 
Bleuniou Brei\ i^eî (Revue Celtique, XVI, 336): c'est 1862 et non 18$ 2. 

— Gwer% de saint Padern, texte breton, transcription phonétique et tra- 
duction par M. J. Loth. — Suite des contes irlandais recueillis par 
M. Douglas Hyde et traduits par M. G. Dottin : Le roi du désert noir; Le 
fils du fermier et le bidet vert. Ils sont aussi jolis que les précédents. 



Romania, tomes XXIV, XXV. Ceîtica par M. F. Lot. Mabonagrain dans 
le conte d'Erec et Enid est un composé de deux noms, Maboti et Evrain, 
qui apparaissent distincts dans le Bel inconnu de Renaud de Beau jeu ; et 



MEMOS 1 A 
VOTEPORIGIS 
PROTICTORIS 



V. 



Gant: Doue: ban: bet: milliget: eo 
Nep: Ha: lavar: mat: pe: na: teo 



De : Dieu : et du : monde : maudit : est, 
Quiconque: ne: dit: bien: ou: ne: se tait. 



VI. 




io8 



Périodiques. 



Evrain est une mauvaise copie â*Euuain ou Ywen, Owen, Owein, nom 
d'un des personnages qu'on rencontre dans le Mabinogi de Geraint et Enid. 
Dans le nom du château de Lis que mentionne la première continuation de 
Chrétien de Troyes, il faut reconnaître le mot gallois Llys « château ». Les 
morceaux de bois que Tristan jette dans le ruisseau pour avertir Iseult sont 
peut-être imités du lait que l'irlandaise Blathnait, femme de Cûroï, jette 
dans un ruisseau pour avertir Cûchulain. Dans le Mabinogi de Peredur, 
le héros dit à sa sœur de lait que s'il reste plus longtemps près d'elle, il ne 
pourra vaincre le chevalier de la clairière : sans doute les forces de Peredur 
comme celles de Gauvain dans la première continuation de Chrétien, 
étaient en rapport avec les heures du jour et le cours du soleil. L'épidémie 
de danse, qui au château des Ca rôles, chez Raoul de Houdenc, atteignait 
tout visiteur, ressemble à l'épidémie de pleurs et à l'épidémie de rire que 
nous montre, localisées dans des îles, la Navigation de Mael-Duin; les 
noms de Govain Cadrut, adversaire de Méraugis, sont gallois, celui 
d'Amargon paraît identique au nom des personnages irlandais Amorgen, 
père du héros Conall Cernach. Le nom de ce Meîvas qui, dans la Vita 
Sancti Gïldae, enlève la reine Guenièvre et la transporte à Glastonbury, 
urbs vitrea, peut être expliqué par un primitif *Maglos bassi <r roi de la 
mort » ; son urbs vitrta est la tour de verre aux habitants muets qu'assié- 
gèrent en vain les fils de Mile. Limors, nom de ville dans VErec de Chrétien 
de Troyes, peut être une transcription fautive du gallois llys rnawr. Gène- 
mis, nom du royaume de Pant, père de Lanzelet, est le Gwynedd = Vent- 
nedotia du pays de Galles. Le nom de lieu « Haut bois » dans Erec est la 
traduction du nom de lieu gallois Uwch Coet. Le sénéchal Dinas qui, dans 
le poème de Béroul, possède la ville de Lidan, bonne leçon pour le fautif 
Dinan, est en réalité le sénéchal de dinas lidan, c'est-à-dire de château 
large. — Etudes sur la provenance du cycle arthurien. Dans une première 
section, M. Lot démontre contre M. Zimmer (Zeilschrift %ur fran^psiscben 
Sprache und Literatur, t. XIII; cf. Goettingische gelerhte An^eigen, 1890) que, 
dans plusieurs textes latins du douzième siècle, le mot Britones désigne les 
Gallois, et le mot Britannia le pays de Galles. Dans une seconde section, . 
il établit en contradiction avec le même auteur, Zeitschrift %ur fran^ôsiscben 
Sprache und Utteratur, t. XIII, qu'une bonne moitié des lais bretons écrits 
en français « répugne absolument à la théorie exclusivement armoricaine 
« de M. Zimmer » et contiennent des indications géographiques d'origine 
évidemment galloise. Dans une troisième section, M. Lot étudie les noms 
propres chez Gaufrei de Monmouth et dans les poèmes français. Il conclut 
« que M. Zimmer n'a pas apporté un seul argument sérieux en faveur de 
« sa théorie exclusivement armoricaine. Le témoignage le plus important 
« pour la provenance bretonne d'une partie des récits de Chrétien, le nom 
« d'Erec, il l'a méconnu, et, par une bévue vraiment extraordinaire, il s'est 
« égaré sur la piste d'Euric roi des Wisigoths au v e siècle. Ses rapproche- 
« ments ont paru dépourvus de toute espèce de solidité. Seul, le mémoire 
« sur l'origine picte de Tristan est vraiment suggestif, mais il va contre le 
« système de l'auteur. Le rôle des Armoricains dans la formation et la pro- 




Périodiques. 



109 



« pagation des légendes celtiques était connu et admis au temps de M. Zim- 
« mer. Celui-ci n'y a ajouté rien d'essentiel. Il Ta plutôt compromis par 
« ses exagérations. Après comme avant les travaux du savant celtiste de 
« Greifswald, il paraît évident que l'influence des Celtes insulaires a été 
« beaucoup plus considérable et même vraiment prépondérante dans la 
« transmission des éléments du cycle arthurien. » 



Le Moyen-Age. Année 1895. — Savante étude de M. F. Lot sur l'édi- 
tion de Nennius donnée par M. Mommsen dans le t. III de ses Chronica 
minora. — Répertoire méthodique du moyen âge français par M. Vidier, 
année 1894. Ce travail a été tiré à part. A la page 35 du tirage à part, on 
trouve les n<* 105 5-1078, consacrés aux études celtiques. 



Bettraege zur Kunde der Indogermanischen Sprachen, heraus- 
gegeben von D r A. Bezzenberger und D r W. Prellwitz. — T. XXI, p. 127- 
137, article de M. Whitley Stokes intitulé Celtic Etymologies. C'est un re- 
cueil d'additions et de corrections à l'important ouvrage que le même 
auteur a intitulé : Urkeîtischer Sprachschat^ et qui forme le second volume 
du Vergleichendcs Wœrterbuch der indogermaniscîjen Sprachen de M. August 
Fick, quatrième édition. — P. 171. Bodincus par M. Franz Kûhl. L'auteur 
soutient contre M. Pauli, Altitalische Forschungen, III, Die Veneter, p. 398, 
que Bodincus est un mot ligure. En outre, il répète d'après moi, Premiers 
habitants de l'Europe, i re édition (1877), p. 224, que Bodincus aurait la même 
racine que le grec ftaOuç, doctrine insoutenable aujourd'hui. 



Folklore, septembre 1895. — Aux contes irlandais qu'a recueillis en 
Connaught occidental M. Donald O'Flaherty, et qu'il a publiés sous le titre 
de Siamsa an gheimhridh « Amusements de l'hiver », (librairie de Patrick 
O'Brien, Dublin, 1892), M. Leland L. Duncan compare d'autres contes 
irlandais recueillis dans d'autres parties de l'île. 

Décembre 189$. Donald Bân et le fantôme appelé Bôcan, conte gaélique, 
arrangement anglais de deux rédactions publiées, l'une dans tbe Gaeî, 
vol. VI, p. 142 (1877), l'autre dans le livre intitulé Glenbard Collection of 
Gaelic Poetry, par 1^ Rév. A. Maclean Sinclair, p. 297 (1890). 



The Scottish Review, janvier 1896. — Étude par M. Frank Rinder sur 
les contes populaires des Hébrides concernant Finn, saint Columba, etc. 



VIL 



VIII. 



IX. 



X. 




1 10 



Périodiques. 



XI. 



L'Anthropologie, t. VI, n<« 5 et 6. — Suite du savant mémoire de 
M. Salomon Reinach sur la sculpture en Europe avant les influences gréco- 
romaines. 



Revue archéologique, y série, t. XXVII, juillet à décembre 1895. — 
Mémoire de M. Julius Naue sur l'époque de Hallstatt en Bavière. — 
M. R. Cagnat, dans son intéressante et utile Revue des publications épigra- 
pbiques, signale : p. 136 d'après le Bulletin de la Société des Antiquaires de 
France, le nom de la civitàs senonum dans une inscription ; — p* 389, 
d'après le même recueil, les épitaphes Biatucco et Satta, découvertes à 
Reims, l'inscription de patères ob divixtae trouvée à Carhaix, Finistère ; — 
p. 390, d'après le Bulletino comunale di Roma> le nom de peuple celtique Co- 
tinos dans une inscription de Frascati (cf. Tacite, Germania, 48); — p. 395, 
d'après le LimesbkUt, 1895, p. 436, les noms de potiers suivants relevés dans 
un fortin désigné sous le nom de Kastell Zugmantel : Mainius, Mainina, 
Evritus, Cobnertus : le plus intéressant me semble Evritus, à comparer 
au verbe vritu étudié par M. Mowat, en 1880, dans les Comptes rendus de 
l'Académie des Inscriptions: — p. 131, d'après Y Archaeographo Triestino, 
XX, trois dédicaces au dieu Belenus ou Bclinus. 



Revue épigraphique du midi de la France, n<» 79, 80, juillet à dé- 
cembre 189$. — Suite du mémoire du savant M. Allmer sur les dieux et 
déesses de la Gaule : Belenus, Belisama. (M. Allmer ne paraît pas comprendre 
que Belesami peut être le datif de Belisama), Bell, Bemiluciovis, Bergonia, Bi- 
bracte, Biviae, Triviae, Quadruviae, Blanda, Bolvinnus, Bolidnnis, Brigindo, 
Bormanus, Bormana, Bormanicus, Bormo, Borvo, Aquae Briginnenses. — Re- 
cherches sur la géographie de l'Aquitaine romaine par le même auteur. 



Zeitschrift fur vbrgleichende Sprachforschung, t. XXXIV, p. 161- 
223. — Etudes de M. Zimmer sur le soi-disant degré d'égalité dans les ad- 
jectifs en gallois. Cet important mémoire sera bientôt l'objet d'un article 
spécial dans la Revue Celtique. 



O Archeologo Português, vol. I, n° 9, septembre 189$. — Mémoire 
de M. José Leite de Vasconcellos sur deux inscriptions romaines inédites 
trouvées à Fundào, province de Beira-Baixa, district de Castello-Branco, 



XII. 



XIII. 



XIV. 



XV. 




Périodiques. 



m 



Portugal ; Tune est une dédicace à la Victoire, déesse romaine, par un vé- 
téran d'origine celtique : 

/ONcrvs 

/ONCETAMI 
/VMILES 
SIGNIFER 
COH'HLUS 
VIQTORIAB 

V-S'L-M 
ARDUNNUS 
COMINI-FFEC 

c'est-à-dire : Tondus, Tonutami filius, veieranus, miles, signifer cohortis 
secundae lusitanorum, viqtoriae votum solvit libens merito. Adunnus, 
Contint filius, fecit. 

Voici la seconde inscription : 

ARA POS 
TONCIUS 
TONCETAMI 
f' ICAEDIT 

MILIS 
TREBARUNE 
LM'VS 

c'est-à-dire : Aram posuit Toncius, Toncetami filius, Icaeditanus, ntilis. Tre- 
barune libens merito votum solvit. 

Trebaruna « secret de la maison », est une divinité féminine jusqu'ici 
inconnue. Le nom d'homme Ardunnus, dérivé du thème ardu- « haut », 
n'avait encore été mentionné nulle part. Les noms d'hommes Toncius et 
Toncetamus, mieux Tongius, Tongetamus, par un g, ont déjà été trouvés dans 
la péninsule ibérique ; le second offre un exemple du suffixe -tamo- éga- 
lement signalé par exemple dans une inscription chrétienne de Grande- 
Bretagne où on lit le génitif Cuno-tami, et dans le vieil irlandais ôintam 
(caelebs), comme dans le breton intanv « veuf ». Tongius et Tongetamus pa- 
raissent avoir la même racine que le substantif irlandais tong « serment », 
en gallois twng, en breton toué. 

Le chef-lieu de la civitas Igaeditanorum était Idanha a Velha, même pro- 
vince et district que Fundào (Corpus Inscriptionum latinarum, t. II, p. 49-50). 
Les inscriptions de cette localité et des environs contiennent plusieurs 
noms celtiques. Le complément apporté par M. José Leite de Vasconcellos 
est une intéressante contribution au développement de nos connaissances 
sur la population celtique superposée aux populations primitives de la pé- 
ninsule ibérique. 



Digitized by 



.1 12 



Périodiques. 



XVI. 

Revue de l'Histoire des Religions, tome XXXI, p. 293. — Article 
de M. Eugène Monseur intitulé : Notes de Folklore à propos de l'épopée 
celtique. 

H. d'Arbois de Jubain ville. 



Le Propriétaire-Gérant: Veuve E. BOUILLON. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



Digitized by 



LES 

POÈTES DE C OU R 

IRLANDAIS ET SCANDINAVES 



Le rôle important des poètes de cour à l'époque des Vikings 
et surtout aux siècles qui suivirent, donne à la littérature Scan- 
dinave une place à part dans l'ensemble des anciennes litté- 
ratures germaniques. On sait ce qu'était cette poésie des 
scaldes, écrite avec plus de souci de la régularité métrique que 
de sentiment de l'expression littéraire, remplie de redondances 
et bourrée de chevilles, trop souvent obscure, — sans qu'on 
puisse attribuer les hésitations des interprètes modernes à l'in- 
suffisance de leur savoir x . 

M. Sophus Bugge, l'un des savants qui ont le plus utile- 
ment contribué à dissiper les ténèbres qui enveloppent la 
pensée de ces anciens poètes, vient de publier sur ce sujet 
un nouveau travail : Bidrag til dm œldste Skaldedigtnings His- 
torié 2 ; et sa vaste érudition, la vive originalité de son esprit 
l'ont amené par un heureux détour à des résultats no,n moins 
importants pour les études celtiques que pour la philologie 
germanique. Nous allons essayer de les résumer en quel- 
ques mots. 

Un des morceaux les plus célèbres de la poésie des scaldes 
est YYnglingatah, que la tradition attribue à Thjofcôlfr J e 

1 . Ce qui subsiste de cette poésie a été publié dans la langue originale 
et traduit en anglais par MM. Gudbrand Vigfusson et F. York Powell : 
Corpus poeticum boréale, Oxford, 1883 ; 2 volumes. 

2. christiania, 1894; 184 p. in-8. 

3. Corp. poet. boréale, 1. 1, p. 242. 



Revue Celtique, XVÎL 



8 




ii4 



L. Duvûu. 



Hvin : c'est la généalogie versifiée des Ynglingar ou descendants 
d'Yngvi, dieu identique, à ce qu'il semble, à Freyr, dont des- 
cendait le roi Rpgnvaldr, protecteur de Thjôfcôlfr. Chacune 
des vingt-sept strophes de ce poème, qui en comptait proba- 
blement trois de plus à l'origine, rapporte la mort d'un roi an- 
cêtre de Rpgnvaldr, et parfois indique le lieu de sa sépulture ; 
c'est moins une généalogie qu'un obit versifié: Fjolnir fut noyé 
dans un tonneau de vin, Svegfrir englouti par un rocher qui 
s'entr'ouvrit pour se refermer aussitôt sur lui tandis qu'il 
poursuivait un nain, Vanlandi fut enterré dans le lit de la ri- 
vière Skûta.... Et sans cesse reviennent des formules sem- 
blables : Onundr est enseveli sous « les os de la terre », 
Halfdan fut enterré à Borro, Àleifr gît sous un tertre... Cette 
conception étrange d'un sujet qu'il était si facile à Thjô£ôlfr 
de Hvin, ou à l'auteur quel qu'il soit — car cela importe 
peu au point de vue particulier auquel nous devons nous 
placer dans la Revue Celtique — d'orner des fleurs les plus 
brillantes de sa rhétorique, est bien faite pour surprendre. 
Le genre, d'ailleurs, ne semble pas avoir fait une rapide for- 
tune dans la littérature Scandinave. A part le Haleygjatal, qui 
suit de si près V Ynglingatal, même dans les plus menus dé- 
tails d'expression, qu'il doit plutôt être considéré comme un 
calque maladroit que comme une imitation, les autres poèmes 
généalogiques de la même période présentent des caractères 
tout différents, et répondent mieux, soit à l'idée que nous 
nous faisons en général de l'œuvre de « poètes lauréats », 
soit aux traits les plus ordinaires de la poésie des scaldes. 

Si F Ynglingatal est à peu près isolé dans la poésie de cour 
Scandinave, cette poésie elle-même, nous l'avons dit, constitue 
une exception dans les littératures germaniques :• et ses racines 
ne semblent pas plonger bien profondément dans le sol Scan- 
dinave ; car elle ne s'est largement développée qu'au X e siècle, 
sous le règne de Haraldr Harfagri. Ces deux points sont hors 
de doute, même si Ton conteste, ce qu'on ne pourra faire 
sans quelque difficulté après la savante argumentation de 
M. Bugge, que le plus ancien des scaldes, Bragi, et Fauteur de 
F Ynglingatal soient postérieurs au ix e siècle. 




Les Poètes de cour irlandais et Scandinaves. 1 1 5 

Pour les esprits pénétrés de cette pensée que toute oeuvre, 
quelle qu'elle soit, de l'activité humaine, est essentiellement 
la continuation d'une longue tradition, et que le novateur 
le plus original reste dans les créations de son âge mûr l'es- 
clave de son éducation première et des impressions subies 
au cours des années d'apprentissage, la brusque éclosion d'un 
genre nouveau ne peut s'expliquer sans quelque influence 
venue de l'extérieur, qu'il s'agisse de pratique, de science 
ou d'art. Si l'on songe au nombre infini de menues cir- 
constances dont le concours est nécessaire pour expliquer, 
en quelque matière que ce soit, le changement le plus insi- 
gnifiant, et quel lointain passé ont derrière elle les choses 
qui nous semblent le plus naturelles, on ne craindra pas d'af- 
firmer que rien n'a jamais été inventé deux fois, que deux 
états identiques ont non pas une cause semblable, mais la 
même cause ou l'ensemble des mêmes causes, et que les 
rencontres que l'on croit fortuites sont dues au mélange et à 
l'influence réciproque de deux courants traditionnels long- 
temps distincts et à bien des égards différents. L'histoire tout 
entière de la civilisation, depuis que nous pouvons la suivre, 
ne s'explique que par ce principe, et M. Bugge, par ses travaux 
antérieurs, n'a pas peu contribué à le mettre en lumière. Il 
ajoute aujourd'hui un nouveau et brillant chapitre à l'histoire 
littéraire des peuples européens, en montrant d'une façon défi- 
nitive que la poésie des scaldes a pour point de départ l'imi- 
tation de la poésie irlandaise. 

Car la vraie patrie de la poésie de cour c'est, nous le savons, 
l'Irlande : et dès le vm c siècle, mais surtout au ix e , les Nor- 
végiens se sont trouvés perpétuellement en contact avec les 
Irlandais. M. H. Zimmer l'a suffisamment démontré dans de 
récents et importants travaux où le vrai et le faux se mêlent 
d'une façon singulière, et où l'auteur essaie trop souvent, sans 
y réussir toujours, de dissimuler sous les apparences d'une 
argumentation scientifique des préoccupations d'un ordre bien 
différent, sentant un peu trop le maître d'école. Car les Irlan- 
dais, chez M. Zimmer, comme les Gaulois chez certains his- 
toriens de l'antiquité, pâtissent pour d'autres Celtes ou soi- 
disant tels dont on ne parle pas, mais auxquels il n'est pas 



Digitized by 



116 



L. Duvau. 



difficile de deviner qu'on pense toujours. On ne trouve heu- 
reusement pas chez M. Bugge de ces pensées de derrière la 
tête, trahies chez M. Zimmer et chez d'autres par de lourdes 
allusions. 

Nous ne voulons pas établir de parallèle entre la civilisation 
des Vikings et celle des Irlandais : il est probable que les Scan- 
dinaves qui ont envahi l'Irlande n'étaient pas essentiellement 
différents des pirates germains qui ont terrifié par leur sauva- 
gerie les populations de la Gaule et, à deux reprises, celles de 
l'Angleterre. Peu importe : ce qui est essentiel, c'est que depuis 
les temps les plus anciens existait en Irlande l'institution (le 
mot n'est pas trop fort) des filid, poètes de cour soumis à une 
savante hiérarchie : tandis que rien ne nous permet de croire, 
même si on ne se déclare pas absolument convaincu de l'exac- 
titude des dates proposées par M. Bugge pour les plus an- 
ciens des scaldes, que ceux-ci soient antérieurs au premier 
choc des deux civilisations. 

Et c'est ici qu'apparaît la très grande importance de VYn- 
glingatal. La manière dont Thjôfcôlfra conçu ce poème généa- 
logique, si elle n'a point de précédents dans le monde ger- 
manique, si elle reste presque isolée en Scandinavie, si enfin 
elle pourrait paraître étrange dans presque toutes les littéra- 
tures, est absolument conforme aux habitudes des filid irlan- 
dais. A la cour des rois d'Irlande, on ne craignait point de 
chanter la mort, et non pas seulement la mort héroïque des 
guerriers, qui est pour leurs descendants un titre d'honneur et 
un exemple : on insistait sur les choses tristes qui la suivent, 
et sur lesquelles la pensée refuse d'ordinaire de s'arrêter. Quand 
les rois irlandais demandaient à leurs poètes de « chanter leur 
chant de gloire et de bonheur », ceux-ci leur répondaient, 
comme les Sphinx dans la déclamation de la Légende des Siècles : 

« ... La mort est la grande geôlière, 
. . . Les rois sont ses noirs prisonniers... 
Dans une gaine étroite elle a roidi leurs membres, 
Elle les a couchés dans de lugubres chambres 
Entre des murs bâtis de cailloux et de chaux. » 

Çe thème, les filid se complaisent à le développer : Torna 



Digitized by 



Les Poètes de cour irlandais et Scandinaves. 



"7 



énumère les morts que cachent les pierres tombales et « les 
tertres inclinés sur, la plaine gazonnée » du cimetière de 
Croghan ; Cennfaelad raconte la mort des héros d'Ulster, et 
indique pour chacun d'eux le lieu de sa sépulture. Combien 
d'autres encore, cités par O'Curry *, et parmi eux le « prince 
des poètes d'Irlande », Cinaed hua Artacain, dans son poème : 
Fianna batar in Emain... 



Les Fian furent en Emain 

Dans la forteresse de Cruachan en Temair... 

Us ne sont plus ce qui a été n'est plus... 

Il en reste [de leur mort] après eux les histoires, 

A moins que le savant ne les cache. 

Fergus, fils de Lete, fut un brave : 

Il alla attaquer le monstre aux bonds insensés 

Tous deux périrent ensemble 

Sur le lac de Fertas Rudraige... 

Cûchulainn mourut, ô malheur ! 
Près de la haute pierre de Cruimthere. 
Sur le rivage célèbre de Baile Bressin 
Succomba le fils unique d'Aife... 



Il semble que chez les Celtes, longtemps après qjie les 
croyances nouvelles eurent remplacé les vieilles idées druidi- 
ques que nous fait connaître Lucain 2 , la mort dans ce qu'elle 
a pour nous de plus lugubre n'ait jamais éveillé que des 
pensées sereines. Tandis que les sauvages Valkyries de la 
Njâlssaga « tissent la toile des batailles avec des boyaux hu- 
mains pour fil, sur un métier où des têtes d'homme servent 
de poids * », la mort, dans la légende irlandaise, est toujours 
restée la belle jeune femme qui attire par la douceur de ses 
chants les hommes vers la terre nouvelle « où tous ont l'esprit 
dans la joie » 4. 

1 . On the Manners and Customs, t. II, passim. 

2. De bello ciuili, l, 458. 

3. Cf. Revue Celtiaue, t. XVII, p. 89. 

4 Cf. Echtra Conala Chaim, p.p. E. Windisch, Kur^gefasste Irische Gram- 
tnatik, p. 1 18 ss. 




1 1 8 



L. Duvau. 



Probable en elle-même, puisque seule elle peut rendre 
compte de la naissance d'un genre nouveau, la poésie de cour, 
dans la littérature Scandinave, rendue plus assurée par les 
nombreux rapprochements de détail qu'on pourra voir dans 
le livre de M. Bugge 1 , l'influence celtique devient, à ce qu'il 
semble, tout à fait évidente quand on retrouve dans YYn- 
glingatal, sous le voile des mots germaniques, un sentiment 
dont il faut chercher en Irlande les assises profondes. 



Louis Duvau. 



i . Nous signalerons en particulier les rapports indiqués p. 151 entre la 
versification de l' Ynglingatal et celle des poèmes irlandais. 




THE ANNALS OF TIGERNACH 



THIRD FRAGMENT. A.D. 489-766. 



RAWL. B. 482, FF. 7a 1— 14b 2. 



[%* Tigernach rarely uses the Christian era. He indicates 
the succession of years by repeating the sign « Kl. » or « K. » 
(Kalends of January), to which he and his continuator gene- 
rally add the ferial, or weekday, number x , and, from A.D. 
10 16 onward, also the day of the moon. I have therefore 
given in brackets the corresponding years in the Annals of 
Ulster (AU.), the Chronicon Scotorum (CS.), the Annals of 
Loch Cé (ALC), the Annals of the Four Masters (FM.), and 
the Annals of Inisfallen (AI.), although in the Annals last 
mentioned the dates quoted are due to the editor, not the 
compiler. It will be seen that the Annalists seldom agrée in 
their dates, and it is certain that many, perhaps most, of thèse 
dates are erroneous 2 ; but the amount of error in each case 
is not very important. 

Many of the quatrains cited by Tigernach are corrupt, and 
my versions of ail of them are merely tentative.] 

1. Thus t Kl. iii. • means a year in which the Kalends, or Ist, of Ja- 
nuary was a Tuesday, the 3d day of the week. Such a year reoccurs in 
cycles of 28 years. 

2. Thus O'Donovan (FM. I. xlviii) says that the Annals of Ulster are 
antedated by one year up to 1014, and Dr Mac Carthy (Todd Lecture 
Séries III, 373) asserts that from A.D. 494 to 1019 the date of « every 
item » in the. Annals of the Four Masters is wrong. 




120 



Whitley Stokes. 



[AU. 488. FM. 488. CS. 486. AI. 483]. 

K.u. Qtiks sancti Cianwaini Daim liag. Is do tug Patraic 
a shoiscela. [« The rest of S. Ciannân of Duleek. 'Tis to him 
that S. Patrick gave his gospel »]. 

[AU. 489. FM. 488. CS. 487. AI. 484]. 

K.uii. Qwies epseuip Ma:c caille. [« Rest of bishop Mac 
Caille »]. 

Cath Cella Asnada i Muig Fhea, ubi cecidit Aengus mac 
Nadfraich 7 uxor e'uis 7 Eithni Uathach ingen Cremthamn maie 
Enwa Cendsela^. Illand mac Dungaili 7 Ai/711 a brathair 7 Eo- 
chaid Guiwech 7 Murchenach mac Erca rig Ailigh uictores 
erant. Vnde d/c//*m est : 

Adbath craeb dosbili moir 1 
Aengus molbtach mac Nadfraich, 



facbadh 2 la hllland na rath 
'sin cath a Cell-osnad clai;/. 

Illand ocus Muircfertach, 
Ai//ll, Eochaid tend tolchar 
rochuirset cath Cell-osnad 
re hAeng/u Muwan molbthach. 



[« The battlè of Cell-osnad in Mag Fea, wherein fell Oen- 
gus, son of Nadfraech, and his wife, and Ethne the Horrible, 
daughter of Cremthann, son of Enna Cennselach. The victors 
were Illann, son of Dungal, and his brother Ailill, and 
Eochaid the Wounder, and Murchertach, son of Ere, king of 
Ailech. Hence it was said : 

« The branch of a great bushy tree hath died, praiseworthy 

1. MS. i/ioir 2. facbaigh 




The Annals of Tigernach. Third Fragment, 



121 



Oengus, son of Nat-fraich. He was left by Illann of the grâces 
in the battle at sloping Cell-osnad. 

« Illann and Murchertach, Ailill and strong, wilful Eochaid 
fought the battle of Cell-osnad with praiseworthy Oengus of 
Munster]. » 

Bass Muiredhaig Muind^rg, 7 Eochaid a mac ar-rigi n-UW. 
[« Death of Muredach Redneck ; and his son Eochaid (took 
the) kingship of Ulaid »]. 



Kl.ii. Zeno Aug«s[tus] uita decessit 1 anno scptimo mense 
sexto. Hi mensès et sex menses Marciani 2 ad[d]unt annum 3 
quem non nuw^rant cronice. 



K.ui. Anastaisi/tf regnauiM anno[s] xxuiii. 

PATRICIA ARCIEPISCOPt/5 ET APOSTOLUS Hib^r- 
newsiuw anwo etatis sue centisiwo uigessimo .xui. die Kl. 
April/s q//ieuit. 

O genewain Crist ceiw ait, 
cethri cet îor cae/wnochaid, 
teora bliadna saer[a] iar soin 
co bass Pat raie pnmapstail. 

[« From Christ's birth, a pleasant step, four hundreds on 
fair ninety, tliree noble years after that to the death of Patrick 
the chief apostle » i. e. A.D. 493]. 

K.uii. Trasamundus Vandalus Vandalorum* rex catolicas 
eckrias clausit 6 et .cc.xx. episcopos exilio misit Sardiniam7. 

1 . MS. decessid 5 . Transamundws ualandanw ua- 

2. marsiani landorum 

3. andum 6. elucit 

4. reign. 7. sardiniuw 



[AU. 490. AI. 483]. 



[AU. 492. FM. 493. CS. 489. AI. 488]. 




122 



Whitley Stokes. 



K.u. CathSratha[« the battle ofSrath(Conaill?) AL 485 »]. 
Félix papa qwieuit, cui successit Gelasius 1 papa anno[s] .iii. 



K.uii. Cath Taillten for Laig«/£ ria Cairpr* mac Neill. 
[« The battle of Tailtiu gained over Leinster by Cairbre, son 
of Niall »]. 



K.i. Cath tanaiste Graine, in quo cecidit Fraech mac Fid- 
chadha tl Laigen Desgabuir, la hEochaigh mac Cairpri. [Eo- 
chaid] uictor fuit. [« The second battle of Grane, wherein 
Fraech, son of Fidchad, king ot South Leinster, feliby Eochaid, 
son of Cairbre. Eochaid was victor »]. 



K.ii. Qtties Cuiwdedha maie Cathbadha .i. Maie Cuilind 
episcopi Lusca. [« Rest of Cuindid, son of Cathbad, i. e. Mac 
Cuilinn, bishopofLusk »]. 

Defectwj solis apparuit. 

Expugnacf'o Duin Leathglaise. [« The storming of Downpa- 
trick »]. 

Gelassiwi qwieuit. 



K.iii. Romane eclesie, .xl.uiii. Anastasm* papa ordinal 
uixit annis .ii. 



Cath Sleawna Midhe (or Laignib ria Cairpri mac Neill [« The 
1. MS. gallaissiwx 



[AU. 493. CS. 491]. 



[AU. 494. CS. 492]. 



[AU. 495, 497. CS. 493- AI. 488]. 



[AU. 496. CS. 494]. ' 



[AU. 498. FM. 492]. 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



123 



battle of Slemain in Meath gained over Leinster by Carbre 
son of Niall »]. 

MoChde Nâendrowa [« My Coe of Noendruim»] qwieuit. 



Epscop Cormdcin Ernide, comàrba Pfl/ric, pausauit. [« Bish- 
op Cormac, ot the Ernide, a successor of S. Patrick, rested »]. 



K.u. INgens terre motus Ponticam concussit 1 prcminciaw. 
Anastassi/tf papa pausauit. 



K.ui. Romane eckfie .xlix. Simacw^ papa uixit anmV .xu. 

Cath Cind Ailbe for Laignib le Cairpre mac Neill [FM. 494] 
[« The battle of Cenn Ailbe gained over Leinster by Carbre, 
son of Niall »]. 



K.uii. Cath Segsa ria Muircfortach mac Erca for Duach 2 
Tewga uma ri Con[n]arA^ ubi [Duach] excidit. Unde 3 Cend- 
taelad cecinit : 

Cath Seghsa 

ben do mnaib fordoruair. 
robo cro derg ar cruisigh 
la Duisigh ingin Dua[i]ch. 

Cath Delge, cath Mucruma 
ocus cath Tuama Druba, 
la 4 cath Segsa i dorc[h]air 
Duach Tenga uma. 

1 . MS. cwtclucit 3 . cesit undi 



[FM. 496.] 



IAU. 497- CS. 495]. 



[AU. 498. CS. 496]. 



[AU. 501. FM. 499. CS. 497]. 



2. dou 



4- 7 




12 4 



Whitley Stokes. 



[« The battle of Segais gained by Muiredach, son of Erca, 
over Duach of the Brazen Tongue, king of Connaught, 
wherein Duach fell. Hence Cennfaelad sang : 

« The battle of Segais — a woman of women caused it. 
Red blood was (brought) on spear by Duisech, daughter of 
Duach. 

« The battle oi Delge, the battle of Mucruma, and the 
battle of Tuaim Druba, with the battle of Segsa wherein fell 
Duach of the Brazen Tongue »]. 

K.i. Simactts papa inter multa eckriarum op^ra q«ae ue\ a 
fundamtfwtis creauit uel prisca renouauit ad beatum Petrum et 
Pauluw et Laurentiuw paupmb//^ habitaculum 1 rowstruxit, 
et omni annô per Africaw uel Sardi/riam eipiscopis qui in exsi- 
lio 2 erant pecunias et uestes ministrabat » 



Cath Drowa Lochmuighe ria Laigw/è for Huu Neill. [« The 
battle of Druim Lochmag gained by the Leinstermen over the 
Hûi Néill »]. 

Feargwj Mor mac Earca cum gente Dalriada* partem Brita- 
ni^e tenuit, et ibi mort[u]wj est. 

Eogan Bel xegnauit axinis i Cruachaiw [« in Cruachu ]» .xlii. 



K.iii. Cath Inde mori i crich Ua [fo. j a 2] nGabla for Illand 
mac Dunlawg la Laigm'u, in qwo Murc/mach mac Ercauictor 
erat. [« The battle of Inde Môr, in the district of Hûi Ga- 
bla, gained by the Leinstermen over Illand, son of Dunlang, 
in quo », etc.] 

Bass escmp Iubair [« Death of bishop Iubar] nono kl. Mài, 
cuius etas .ccc.iii. an«o[rum] erat [AU. 499, 503]. 

1. MS. h.itaclaw 3. 7 uestis minestrabawt 



[AU. 502. FM. 496. CS. 499], 



[FM. 497. CS. 500. AI. 492]. 



2. exciiïo 



4. dalraida 




The Annais of Tigerhach. Third Fragment. 



[AU. 504]. 



K.iiii. Ku. Kui. Cerban escop o Fma Cerbaiw [« bishop Cer- 
bin of Ferta Cerbdin »] mortuus est. 

Cath Manand la hAedhan mac Gabraiw [« The battle of 
Mano gained by Aedàn, son of Gabran »]. 



K.i. Bass Bruidhi mate Maelchon, rlg Cruithnech [« Death 
of Brude, son of Maelchu, king of the Picts »]. 

Bass Domanguirt maie Nissi righ Alban [« Death of Do- 
mangort, son of Nisse, king of Scotland »]. 

[AU. 509. CS. 505. AI. 490. FM. 501]. 

K ii. Cath Fera muighe [leg. Fremna] Midhi for Fiachaig 
mac Ne[i]ll ria Failge mB^rraidh[e]. Unde dictum est : 

IN righ aile asmbmd 

Fiac/;ra m^zc Neill na celfajidh 1 , 

is fair tar cremla cille 

cath Ferna [leg. Fremna] Midhi meabatâ/r. 

[« The battle of Fremainn in Meath gained by Failge Ber- 
raide over Fiacha, son of Niall. Whence this was said : 

« The other king, mention ye him, Fiachra, son of Niall, 
conceal him not, 'tis over him... the battle of Fremainn in 
Meath was gained [lit. broke]. 

[AU. 506, 507. CS. 507. AI. 497. FM. 503]. 
K.iii. Cath Arda coraiwd [« The battle of Ard corann »]. 
1. MS. celigh 



[AU. 504]. 




126 



Whitley Stokes. 



Bass Lughdach maie Laeghaire rig Tewrach i n-Achad farcha 
.i. farcha tendtidhe do ni;;; ros-marb iar ndiultad in Tailginw 
[« Death of Lugaid son of Locguirc, king of Tara, in Achad 
farcha (« the field of the thunderbolt »), to wit, a fiery boit 
from heaven killed himafter hehad renounced the Tâlchenn ». 
(« Adzehead », i. e. St Patrick).] 

Eocha/J mac Muiïedaigh obit. Cairell macMuiredaigh Mun- 
d^Vg ir-righi n-UW [« Cairell, son of Muiredach Redneck, 
into the kingship of Ulaid »]. 



K.iii. Muircertach mac Earca do gabail rigi n-Er^w«[« Mur- 
chertach, son of Ere, took the kingship of Ireland »]. 



K.uii. Mac[c]nissi .i. Aengus espoe Gwndere qwieuit, cuius 
pater 1 Fobraech dictus est, cuius mater Cness ingen Cowcaide 
de Ddil Ceterwe, a qua nominatus 2 est Mac Cneise [CS. 508]. 



K.i. Qtties Earc espw/V Slaine .x.c. anwo etatis sue, de qwo 
Patncius ait : 



[« Bishop Ere, whatever he would do was right. Whoever 
delivers a just assessment(P) bishop Ere confers a blessing on 
him »] 

Natiuitas* sancti Ciarani f/lii artificis. 



[AU. 512. CS. 508. FM. 504]. 



[AI. 500]. 



[AU. 512. CS. su. AI. 503]. 



Espoe [Ere] 

cach ni flwdernadh ba cm, 
cach aen b^res cocair cert 
fortbeir bendacbt easpor Earc. 



1 . MS. fr 



3. natiuitass 



2. a qr/o nominixur 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



127 



[AU. 511. CS. 512. AI. 501]. 



Simaatf papa quieuit 1 , cui suc[c]essit Hormista papa 
annis 2 ix. ut Marsillmus monstrat. 

[AU. s 16. CS. s 12. AI. 504. FM. 507]. 

Cath Drowa Dergaige for Foilgi mBeirridhe ria Fiachaigh 
mac Neill, 7 is andsa cat[h]sin roscaradh a cuid dorc Midhe fri 
Laigww co hUisneach, ut Cendfaeladh cecinit : 

Digal dia secht mbliadan 
baissi dighde a cridhe, 
cath a nDrowaib Dergaighe 
ba de docer [m]a[g] Midhe. 

[« The battle of Druim Dergaige gained over Foilge Ber- 
raide by Fiacha, son of Niall; and 'tis in that battle their por- 
tion of Meath as far as Uisnech was taken from the Lein- 
stermen. As Cennfaelad sang : 

« Vengeance that day seven years, that was the consolation 
of their hearts : the battle on Drommann Dergaige, thence 
fell the plain of Meath »]. 



K.ui. • Dubthach Aird Mâcha mortuus est anuircde (sic, an 
leg. a nDruim derb ?) 

Co/wgoll Bendchair natus est. [AU. 515. CS. 515. AI. 506]. 



K.ii. Caindeach Achaidh3 bô [« Cainnech of Aghaboe »] 



[CS. 513. FM. 512]. 



[CS. s 16]. 



natftf est. 



1 . MS. qui erat 

2, an»o. 



3. achaigh 




128 



Whitley Stokes. 



IN prtfuincia Dardawie assiduo t*rra[e] motû .xx.uii. cas- 
tella 1 uno momewto collapsa sunt. 



Anastàss'ius imperator subita 2 morte praeuentus, maior* [oc- 
togenario], quia scilicet haeresH Eutic[het]is fauens catolicos 
insecut//* est, diuinô fulmine perçusse 5 periit. 
K.iii. Iu[s]tinwj senior regnauit annis .uiii. 
Cfl/mlâidh espoc Cille Dara [« bishop of Kildare »] dormiuit. 



[AU. 519. CS. 517]. 

[AU. s 19, 522. CS. s 18. AI. 506. FM. 513]. 



K.uii. Cath Detna a nDromaib Breag, in quo cecidit Ardgal 
mac Conaill Crewthai/îdi maie Neill. Colgu Mocloithi mac 
Cruind maie Feidlimthe ri Airgiall, 7 Muircfertach mac Earca 
uictorés erant 6 . 

[« The battle of Detna in Droma Breg, whereinfell Ardgal, 
sonof Conall Cremthainne, son of Niall. Colgu Mocloithe (?), 
son of Cronn, son of Feidlimid, king of Airgéill, and Muircher- 
tach, son of Ere, were the victors »]. 

Buitte mac Bronaig ob[i]t. Colam cille nattis est. De quibwj 
dictttm est : 



[« Buitte, son of Brônach, died : Colom cille was born. Of 
them was said : The fair birth of Colom our cleric today over 



[AU. 517]- 



Ge[i]n chain Colaim ar 7 cleirig 

indiu os Evinn eolaig 

{or aenlith, ni rad n-uabair, 

bas bain buadhaig maie Bronaigh. 



1 . MS. Casstella 

2. subitô 

3 . pvaexentiis niaior 

4. scailicet herise 



5 . percuistis 

6. erunt 

7. an 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



129 



wise Erin on the same festival — no vain saying — as the 
the death of Brônach's fair, victorious son »]. 

Beoaedh espoc Arda carna [« bishop of Ard carna »] qwieuit. 
Ai/ill ab Aird mâcha [« abbot of Armagh »]. 

[CS. S 20]. 

K.u. K.uiii. Hormista papa pausauit, cui successit Iohannes 1 
papa .liii. annis 2 . 

Eochaid mac Aengw^a ri Muman qwieuit. Crimthand mac 
Ezchach ir-righi Muman. 

K.u. Iohannes* Rome eckrie episcopus. Cowstantinopoli 
ueniens ad portam 4 quae uocatwr Aurea populorwm turbis el 
occurrentibtt^ > in flmspectu omnium roganti caeco lumen red- 
didit 6 : qwi dum rediens Rauennam uenisset 7 Teôdoricwj eum 
cum comitibw^ suis carciris aflictione peremit, iwuidia ductus, 
<\uia catholica[e] pietatis deffensor Iustin«5 eum lTonorifice sus- 
cepiset, qwo anno 8 , id est consulis Proui iunioris, et Simacum 
pfl/ricium Rauenne9 [fo. 7 b 1] occiderat 10 et ip*e, annô 11 se- 
qumte, ibidem swbita morte periit, succedente in regnum Atha- 
larico nepote 12 eius. 

[AU. 523, 524, 525. CS. 523. AI. 514. FM. 525]. 

K.ii. Dormitatio sancte x 3 Brig[i]de octogesimo octauo étatisé 
sue, ue\ septuagesimo xantum ut alii dicunt. 
Iohannes 1 * papa qwieuit. 



1 . MS. qui suceissit. Iohandeis 

2. ando 

3. Iothanwes 

4. portu/n 

5. occrarentibMj 

6. cecoluind reditit 

7. rauendum uenissit 

8. ando 

Revue Celtique, XVÎÎ. 



9. rauende 

10. occederat 

1 1 . andô 

1 2 . succidente athalaricia inregnom 
nepot 

1 3 . Dormita consce. 

14. etatiss 

15. Ioh.eis 

9 



Digitized by 



IJO 



Whitley Slokes. 



[CS. S 2 4 ]. 



K.uii. Heldericw^ Vandalorum rex e\>iscopos exiliô reuerti et 
eclesias 1 instaurare pntfcepit part .lxxxuii. [annos] hœretice 
pr0fanac[i]onis. 

Mors Illainn maie Dunlaing, rlg Laigen. 

[« Death of Mann son of Dunlang, king of Leinster »]. 

Cath Luachra ria Cairpr* for Uib Neill, de q«o dje/wm est : 



[« The battle of Luachair gained by Cairbre over the Hiii 
Néill, whereof was said : « The fierce battle of Luachair 
above, downwards. Brigit was seen, no empty vision. Noble 
was the bloody battle of Findabair around Illadan's body after 
death »]. 

AiMl mac Dunlaing xexit Laign*w. 

Iustinwj iwperator Iustf'ma[n]um ex [sjorore sua nepotem, 
iamdudum a se nobilissimum4 designatuw, quoque reigni sui 
successoremq#£ creauit kl. April/j. ipxe u*ro qwartô ab hoc 
mense uita decessit anno imperii octauo. 

Pausa sancti Albi [AI. 518]. 

Benedf'c/ws monac^f in Monte Casina mrtutum gloria cla- 
ruit, qwas beatwj Grigoriwj papa in libro dialogorww scribsit. 



Félix î p&çaregnauit annis 6 .iiii. mensihus .u. àiehus .xuii. 



Cath lond LuacAra huas anuas 
adees Brighid, ni fis fass, 
flandchath 2 Findabrach ba huais 
im corp3 n-Illadain iar mbass. 



[AU. 527]. 



1 . MS. ch'nas 

2. flandchadh 

3 . corb 



4. uobil.siwum 

5. feliwx 

6. anwo 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



[In marg. .iiiim.cccc.Ixxxuii]. Kl. u. IUsdnianwj Iwrtini ex 
sorore nepos xegnauit annis 1 .xxxuiii. Belizari[u]s patricius 
mirabfiliter] P^rsis triumpauit, qwi, deligente 2 IttJtinianô, in 
Affricam mxsus Uandolorwm gentem deleuit. Kartagô quoque 
anwo ex[c]essionis sue .xcui. recepta* est, pulsis* deuictisqw* 
Uandalis et Gelismero rege * eorwm capto et Gwstantinopoiim 
misso. Ver idem tempus corpus sancti Anton! monachl dzwina 
reueladone repertum Alaxandriam perducitur 6 et in eclesia7 
sancti lohannis Bzptistae humatw. 



K.ui. Ge[i]n Chaewan Bricc. [« Birth of Caemàn Brecc »]. 



K.uii. K.u. Cath Qnd eich 7 cath Atha Sige for Laigma 
Muircertach mac Earca uictor erat [« The battle of Cenn eich 
and the battle of Àth Sige gained over Leinster. Muirchertach, 
son of Ere, was victor »]. 



IN istoanwo Dionisius scribsit pasc[h]ales circulos, incipiens 
ab anno dommice incarnac[i]onis .dxxxii., qui est znnus Dio- 
ditiani .cc.xl.uiii part cowsulatuw Lampadi et Oreistis, qwo 
annô 8 Iustinian[e]us Codex orbi promulgatus est. 

K.ui. Uictor Capuanitf episcopus librum de pascha scribens 
Uictori arguit errorés 9. 

Feilix papa qui et in basilica sancti Pétri sepultwj. 

1. MS. anno 6. ptrduccituj 

2. dente 7. ech'na 

3. resepta 8. andô 



[AU. s 20. CS. s 26]. 



[CS. 528. AI. 520. FM. 324]. 



[AU. 531]. 



4. pulsisqui 
S- rego 



9. errorei's 




Whitley Stokes. 



[AU. 532. FM. 526. CS. 530. AI. 521]. 

K.uii. Cath EibUnde ria Muirdœrtach mac Earca. Cath Muige 
hAilbe for Laignib 7 cath Aidhne for Condachtaib 7 cath Al- 
mui«[e] 7 cath Cind eich for Laignib, 7 orgain na Cliach in 
ûno anw-6 : de quibttf Cendfaeladh cecinit : 

Cath Chind eich, cath Almuine, 
ba haiwsir airrdhirc amra. 
orgain Cliach, cath Aidhne, 
ocus cath Muige hAilbe. 

[« The battle of Eibliu gained by Muirchertach, son of Ere : 
the battle of Mag Ailbe gained over Leinster, and the battle of 
Aidne over Connaught, and the battles of Almain and Cenn 
eich over Leinster, and the plundering of the Cliu, (ail) in 
one year. Whereof Cennfaelad sang : 

[« The battle of Cenn eich, the battle of Almain, 'twas a 
conspicuous, wonderful time; the plundering of Cliu, the 
battle of Aidne, and the battle of Mag Ailbe »]. 

Bonefaciwj papa xegnauit znnis .ii. et diebus .xxu. 



Kl.u. Bddudh 1 Muircfertaig maie Earca a telchuma fina 
aidche sawna a mullach Cleitigh uas Boind, ut dictum 2 est : 

ISim omun ar in mbein 
ima luaidfe 5 ilar sin 
ar.fiur loisefidher i ten 
for taeb Cleitigh bdidhfes fin. 



[AU. 533. FM. 527. CS. 531]. 



1. MS.Badugh 

2. dix, 



3 . ima luaigfe 




The An nais of Tigcrnach. Third Fragment. 



As misi 

Tiethen ingen airig Neill 
is Gamadaigh m'ainm 
in gach airm asreiw. 

Sin in bean romarb thu, 
a maie Earca mar atchiu *. 
bidh imda a hanmand a fus, 
cuirfid neach for aineolttf. 

Ni hinmuin 

in ben dianadh comainm Sin 
mo dhaigiw righ loisc[f]es ten, 
a tig Cleitigh bdidfidh - fin. 

Fillis in ri mac Earca 
il-leith hua Neill 
sirit fuil ferou i[n]ga[ch] muig. 
brogais cricha cein. 

Basecbt ferais nàei cairpthiu 

ocus bid cian bus cuman 

dohm giallu [fo. j b 2 [leis] ua Neill 

la giallu muighe Muman. 

Sin dixit ac indisiw a hanmann : 

Osnadh, Easnadh, Sin cen ail, 
Gaeth Garb ocus Gewadhaigh, 
Ocsad, Iachtadh, radh gen gdi, 
it é m'anmann ar aen chài. 

[« The drowning of Muirchertach, son of Ere, in a puncheon 
of wine on the eve of Ail saints day on the hilltop of Cletty 
above the Boyne ; as hath been said : 

« I have fear of the woman round whom many storms will 
move, for the man who will be burnt in fire (and) whom wine 
will drown on the side of Cletty. 

1 . MS. raarad chiu 2 . baigfidh 




« 34 



Whitley Stokes. 



« Tis I, Taethen, daughter of NialPs viceroy, and Gama- 
daig is my name in every place... » 

« Sin is the woman that hath killed thee, O son of Ere, as 
I see : many are her names here : they will put anyone into 
ignorance. 

« Not dear is the woman whose name is Sin : because of a 
king whom fire will burn (and whom) wine will drown in the 
house of Cletty. 

« The king, son of Ere, turned towards the Hûi Néill. Blood 
seeks girdles on every plain : he increased the territories afar. 

« Seven times he fought nine chariots, and long will it be 
remembered : he carried off the hostages of Hûi Néill with the 
hostages of the plain of Munster. » 

Sin said when recounting her names : 

« Sigh, Music, Storm without disgrâce, Rough Wind and 
Wintry, Groan, Lamentation — a saying without falsehood 
— thèse are my names on one way »]. 

Ailbe Imlich Iubair obit [« Ailbe of Imlech Ibair died »]. 

Eochaid mac Connh ri UW. [« king of Ulaid »]. 



Kl.uii. Tuathal Maelgarb regnauit znnis .xi. 

Dormita[tio] sancti Mochtai discipuli Patricii x sexto decimo 
Kl. Septembris [FM. 534] Sic ipje scribsit in epistoh sua: 
Moctertf prceator prespiter, sancti Patricii 2 discipwlwj in Do- 
mino * salutem. Cuius etas4 .ccc. annorum, ut dictum 5 est: 



[AU. 534. CS. 532. FM. 528]. 



Fiacail Mochta, ni bladh fdss 
tri cil \Aiadan, buan in ciss, 
cen nach n-iwroll sec[h]a suas, 
cen sugh n-iwmoir seacha siss. 



1 . MS. praic.ii 

2. sci. prainci 

3. dna. 



4. etass 

5 . ud dx.imus 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



Fear tri laithe, fer tri cet, 
arco-fuin, is sen in dét. 
ni mochen ocan cen ail 
i saidhfithe in tèenfiacail. 



F. 



[« Mochta's tooth, no empty famé — three hundred years 
— lasting the tribute — without any error passing it upwards, 
without juice of a dainty passing it downwards. 

« A man of three days, a man of three hundred (years) — I 
entreat death ! — old is the tooth. Not welcome is the war- 
rior without disgrâce into whom the old tooth would be 
thrust »]. 

Bonefachw papa qwieuit, cui successit Mercurius 1 qm et 
lohannès znnis .ii. mensibus .iiii. et diebus sex. 

Cath LuacAra moire etir da inber ria Tuathal Maelgarb îor 
Qznacht [CS. 5 3 3 . AI. 524]. 

[« The battle of Great Luachair between two estuaries, 
gained by Tuathal Maelgarb over the Qanacht »]. 



K.i. Hue usque perduxit Marcellinw^ 2 Crônicon suum. 

Ai/ill ab Aird mâcha mort[u]wj est [CS. 534]. Nat/witas 
Baithiwe dalta Choluim chille. 

[CS. 535. « Ailill, abbot of Armagh, died. Birth of Bai- 
thlne, a pupil of Colom cille »]. 

K.u. Mercurius 3 papa qwieuit et in basilica4 beati Pétri se- 
pultitf [est]. 



K.iii. AgapitMJ nat/one Romanw*, Romane eclfcrie episcopus, 
sedits mensibus .xi. dieb«x .uiii. et in basilica Pétri sepulttw 



[AU. 53 S]. 



[AU. 537]- 



1 . MS. oui susessit morcoriu; 

2. Marsellmwj 
5. mercoriwj 



4. pasih'ca 

5. sedibwj 




no 



Whitley Stokes. 



[est] .xxui. dies Bonifacii 1 , et .iiii. menses 2 et .ui. dies Mer- 
curii 3, et .xi. menses 3 [uiii.] dies Agapeti* efEciunt anwum 
et .iiii. mewses 2 .x. diés. 



K.u. Cath Claewlocha, in qwo cecidit Maine mac Cerbuill 
a[c] cosnow gelsine Hua Maine Conàacht. Goibnenw mac Co- 
naill ri $ Ua FiacArach Aidne uictor erat. 

[« The battle of Cloenloch, wherein fell Maine, son of 
Cerball, contending for the hostages of the Hûi Maini of 
Connaught. Goibnenn, son of Conall, king of the Hûi Fia- 
chrach of Aidne, was victor »]. 

Comgall mac Dowanguirt. ri 6 Alban [« Comgall, son of 
Domongort, king of Scotland »] obit .xxxu. anwo reigni sûi. 



K.ui. Perditio7 panis. Silueriwj papa, natione Romanus, 
tegnauit an/w .i. mensibus .u. àiebus .xi. qwi rcmfessor obiit 8 . 
Manchan Maethla [« Manchàn of Maethail »] cecidit. 



Kl.uii. Natf'witas Grigorii papa[e]. Nem episcopus obiit9. 
Uigil[i]«5 papfl, natione Komanus, Tegnauit annis .xuiii. men- 
sibus .ui. àiebus xu., qwi Syracusis IO defunctwj uia Salaria se- 
p\x\tus est, ut Beda boat 1 1 . 



[CS. 53»]- 



[AU. 538. AU. 527]. 



[AU. 539. AI. 528]. 



1 . MS. bomfaniw 

2. nuisis 

3. dimescori 

4. Agapiati 



7. pmiiton 

8. awfesur obuit 

9. obuit 

10. siraciusis 

1 1 . boat/; 



5. r,| 

6. ni 



Digitized by 



The Annalsof Tigernach. Third Fragment. 



[AU. 544. CS. 541]. 



K.i. Mortalitas magna quae blefed dicitur 1 , in qui moBi 
Clairineach, cui nomen est Berchan, brecanô [sic, leg. profeta, 
episcopus ?] poeta, p^riit. 



K.ii. Ailbe Senchua Ua n-Ai/db obit. 



[AU. 546, 547. CS. 543- AI. 532. FM. 537]. 

K.iiii. Cath Tortan ria Laigniu [« The battle of Tortu gained 
by the Leinstermen »], in quo cecidit Mac Earca maie AiMto 
Muilt, a qwo Fir Chera. 

Cath Sligighe 2 , in quo cecidit Eogan Bel, ri Condacht, la 
Fergus 7 la Domnall, da mac Muirchmaigh maie Earca, 7 la 
hAinmire mac Setna 7 la Naindidh * mac Duach, [qui] uic- 
tores erant. Unde* dictum est : 

Fichth/V cath Hua FiacArach 
la feirg faebair > tar iwbel, 
gessit buar namat 6 fri sleaga, 
sreatha in cath 7 i crinder. 



[CS. 542]. 



Aircelt Sligeach do muir mar 
fuil fer lia feoil, 
bertait ilaigh tar Eba 8 
im chend Eogain Beoil. 



1 . MS. dx. 

2. sligidhe 

3. ni'ndigh 

4. undi 



5 . Mergus feabairtar 

6. nan 

7. catha 

8. tarreib 



Digitized by 



Google 



i } 8 



Whitley Stokes. 



[« The battle of Slicech, wherein Eogan Bél, king of Con- 
naught, fell by Fergusand Domnall, two sons of Murchertach, 
son of Ere, and by Ainmire, son of Setna, and by Naindid, 
son of Dua, (who) were the victors. Whence it was said : 

« The battle of Hûi Fiachrach is fought with fury of edges 
over the border. Foemen's kine bellow against spears : the 
battle was spread out into Crinder (?). 

« The (river) Sligo carried off to the great sea men's blood 
with their flesh. They utter paeans over Eba round the head 
of Eogan Bél »]. 

Cairpre mac Crimthaind, ri Muman. Lugedus espoe Conndere 
qwieuit[« Cairbre, son of Crimthann, king of Munster, (died). 
Lugaid, bishop of Connor, rested »]. 

[AU. 548. CS. 544. FM. 538]. 

K.u. Tuathal Maelgarb, mac Cormuic Cdich, maie Cairpn, 
maie Neill, ri Te/wrach, [torchair] a nGrellaigh Eilte do him 
Mailmoir maie Argadain, do Cowaillib Murtemne .i. mac mâ- 
thar do Diarmuit mac Cerbuill in Maelmor siw, 7 adorchair 
Mael mor fen ar in lathair sin, unde iicitur echt Mail moir. 

[« Tuathal Maelgarb, son of Cormac Caech, son of Cairbre, 
son of Niall, king of Tara, fell at Grellach Eilte by the hand 
of Mael-môr, son of Argadan, of Conailli Murthemne. A son 
of the mother of Diarmait mac Cerbaill was that Mael-môr : 
and Mael-môr himself fell on that spot ; whence is said « Mael- 
môr's murder »]. 

Qwies Maie Cuiliwd 7 Odhran o Leatracha[ib] [« The rest of 
Mac Cuilinn and of Odrdn fromLetracha »]. 

Ciaran mac an tsair obit. xxxi. anno etatis sue, septimo au- 
tem postquam 1 Cluain maie Nois cowstruere c[o]epit [AI. 538. 
FM. 548]. 

Dichendai Ambacuc a n-aenach [fo. 8* 1] Taillten per uir- 
tutem 2 sa«c/i Ciaranfi] .i. luighe* eithig dorât duine fo laim, 
cor* gab aillse fo muinel .uii. mbliadna dobdi se béo apwd mo- 
nachos^ [FM. 539]. 

1 . MS. h. septimo pojtar } . luidhe 

2. sui raitem 4- monatwj 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



i?9 



[« The décapitation of Habacuc, at the fair of Tailtiu, by a 
miracle of Saint Ciaran, to wit, a certain man took a false 
oath by the saint's hand, whereupon a gangrené attacked him 
at his neck. For seven years he remained alive (headless) 
with the monks. »] 

Beoid ainm athar Ciarain 7 Darearca ainm a mathar, sicut 
ipje dixit : 



[« Beoid was the name of Ciaràn's father, and Darerca was 
his mother's name, as he himself said : 

« My mother was Darerca, she was not a bad woman. My 
father was Beoid the wright, of the Latharna Molt »]. 

Diarmuid mac Cerbuill do gabail righe nErind. [« Diarmait, 
son of Cerball, took the kingship of Ireland. » AI. 539] 



K.ui. Tigernach mac Cairpn, sanctuseyiscopus Cluana Eois, 



K.uii. Ai/fll mac Dunlaiwg, ri Laigew [« King of Leinster »] 



Cormac mac KileWa, ri Muman [« King of Munster »]. 



K.u. K.ui. K.u. Cath Chuile Claire, in q«o cecidit 1 Ai/fll 
Inbanda ri Co«[n]acht 7 Aed Fortamail a brathair. Fergwj 7 
Domnall, da mac Mec Earca, uictores erant. 

[« The battle of Ciiil Conairi, wherein fell Ailill the Wom- 
anly, king of Connaught, and Aed the Prevailing, his brother. 
Fergus and Domnall, two sons of Mac Erca, were victors »]. 

1. MS. cecitid 



Darerca mo mâthairsi, 
nir'bo bandscal olc, 
Beoid saer mo atha/rsi 
do Latharnaib Molt. 



[AU. 548. CS. 545 . FM. 548]. 



obit. 



obit. 



[AU. 549. CS. 558. FM. 344]- 




Whitley Stokes. 



Duach Tenga Uma mac Feargusa, ri Connacht. [« King of 
Gonnaught »] 



K.uii. Mortalitas magna .i. in Crom Conaill no in Buidhe 
Clwwaill, in qwo isti sancti pausauerunt .i. Findia mac hûi 
Tellduib 7 Colum mac Crimt[h]aind 7 Colam Indse Cealtra 7 
Sineall mac Cenandain ab Cilli Achaidh 1 Drumfada, 7 Mac tail 
Chilli Cuilind, qui nommatwr Eogan mac Corcraiw. [« A great 
mortality, that is, the crom conaill or the buide connaill, in 
which thèse saints rested, to wit, Findia, greatgrandson of 
Teildub, and Colom, son of Crimthann, and Colam of Inis 
Celtra and Sinell, son of Cenannan, abbot of Cell Achaid 
Drumfota, and Mac tàil of Cell Culinn, whose name is Eogan, 
son of Corcran »]. 

[AU. 551. CS. 552. AI. 543. FM. S46]. 

K.ii. Cath Cuillne, in qwo ceciderunt Corc Oichi Muman 
per onx/wnem mite Cluana Creadail. Bass Fothaid 2 maie 
Conaill. 

[« The battle of Cuillne, wherein fell the Corco Oichi of 
Munster through the prayer of my lté of Cluain Credail. The 
death of Fothad, son of Conall »]. 



K.u. Bass Each^ mtfîc Connhi, rig Vlad, a quo Hui Each^è 
Ulad nati s[u]nt. Cormac mac Ailella ri Laigew obit. Bass Bic 
maie Dé, in fdidh. Bass Criwthaiwd maie Briuiw. Feargna mac 
Aengusa ri Ulad, Cairpr^ mac Cormaic, ri Laigen. 

[« Death of Eochaid, son of Connla, king of Ulaid, from 
whom the Hûi Echach of Ulaid descend. Cormac, son of Ai- 

1 . MS. achaigh 2 . fothaig 



[CS. 551. AI. 541]- 



[AU. 552. CS. 553- FM. 547]. 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 141 

lill, king of Leinster, died. Death of Becc mac Dé theprophet. 
Death of Crimthann, son of Briun. Fergna, son of Oengus, 
kingof Ulaid. Cairbre, son of Cormac, king of Leinster »]. 

[AU. 553- CS. 5S4 ]. 

K.iii. Natiuitas 1 moLua maichui Oche. [« Birth ofmyLua, 
greatgrandson of Oche »] Pestis quae uoeatur Samtrusc. 

[AU. 554- CS. s S S- AI. 545]- 

K.u. Cathbudh macFergwja, epseop Achaidh chûin[« bishop 
of Achad Càin »] centessimo quinquagesimo axrno etatissue obit. 

Uigiliftf [leg. Pelagius?] papa natt'one Romane, sedit 2 an- 
nis .xi. diebus [xuiii], et in basilica beati Pétri sepulta* est. 

Geiw Chaewdin Léith [« Birth of Coeman of Liath »]. 

K.uii. Duach Tenga uma, ri Connacbt, mortuus est [« Duach 
Brazentongue, king of Connaught, died »]. 

[CS. 557]. 

Cath Droma cleithe. du a torchair Ferdia hua Fidhbuidh, ri 
Ufod, la Deman mac Cairill 7 la Uaib Ezchach na hArda. [« The 
battle of Druim cleithe, wherein Ferdia, grandson of Fidbad, 
king of Ulaid, fell by Deman, son of Cairell, and by the Hûi 
Echach of the Ard »]. 

Eochaid Tirmcharna ri Condacht [« Eochaid Dryflesh, king 
of Connaught »]. 

Neasan leprôsus pausat3. [FM. 551]. 

[AU. 557. CS. 558. FM. 552]. 
K.i. Iugulado Coltnàin Môir4 maie Diarmuta in cwrru suo, 

1. MS. Natintas 3. leprc'si pausad 

2 . ceci 4 . colman mor 



Digitized by 



Whitley Stohes. 



o Dubslait hua Trena, do Cruithneachaib [« Murder of Col- 
màn the Great, son of Diarmait, in his chariot, by Dubslait, 
grandson of Tren, of the Picts »]. 

Eclesia 1 Bmwchair fundata^rt. [AU. 554, 538]. 

Aed mac Echach Tirmcharna r/ Connacht [« Aed, son of 
Eochaid Dryflesh, king of Connaught »]. 



K.iii. Brenainw eclesiam 2 Cluana ferta fundauit. 

O gabais mac ûi hEllta 3 
Brenaiwd co lin a bechta, 
acht m[ad] fearr ni meassa de 
o sin co se Cluaiw ferta. 

[« Since Elta's great-grandson, Brénainn, with ail his per- 
fections, took (it), if it be not the better, it is not the worse, 
Clonfert, from that to this »]. 



K.i. Cena partrema Temrach la Diarmuit mac Cerbuill 
[« The last Assembly of Tara held by Diarmait, son of Cer- 
ball »]. 

Bas* Gabrain maie Dowanguirt xig Alban. Teichedh do Al- 
banchaib ria mBruidhi mac Maelchon rîg Cruithnech. 
[« Death of Gabràn, son of Domongort, king of Alba. Flight 

1. MS. ecl.ie 3. uatellta 

2. eclinam 4. erim 



[AU. 557- CS. 559]- 



[FM. 553]- 



K. Asce[n]sio Brenaind in curra suô in aerem 



[AU. 559. CS. 568. FM. 554]. 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 143 

of the Scottishmen before Bruide, son of Maelchon, king of 
the Picts »]. 

Bas Curnan, maie Aeda, maie E&chach Tirmcarna, la Diar- 
muid mac Orbaill ar comairce Coluim chilli, 7 is d'adbaraib 1 
chatha Chula Dremne sin. 

[« The death of Curnân, son of Aed, son of Eochaid Dry- 
flesh, by Diarmait, son of Cerball, while under Colom cille's 
protection ; and that is one of the causes of the battle of 
CûilDremne »]. 



[AU. s6o, CS. 361. AI. 553. FM. 555]. 

K.u. Cath Chuile Drewni for Diarmuid mac Cerbuill. For- 
gus 7 Domnall, da mac Muircfortaig maie Earca, 7 Ainwiri 
mac Sedna 7 Nindidh 2 mac Duach 7 Aed mac Ezchaeh Tirw- 
charna xi Con[n]aeht uictores erant per orationem 3 Coluim 
cille dfeentis : 



ADia4. 

cidh na dingbai dind in cia s 

duss in ruirwemis a lin 

in tsluaigh doboiwg bretha 6 din. 

Sluagh doching i timchill 7 chairnw 
is mac ainbthe notw5-mairn, 
is e mo drai nimm-er[a] 
mac Dé as liuw congéna 8 

IS alaiwd feras in luadh 
gabair Baetàin9 riasin sluagh, 
(à la Baetdn 10 fiiilt buidhi 
b/raid 11 a heren fuirri l2 . 



1. MS. dagbaraib 7. a tiwchell 

2. m'ndigh 8. awgeba 

3. or.om 9. baedain 

4. de 10. fola baetai/j 
$ . céo 1 1 . biraig 

6. bregha 12. fuirre 



Digitized by 



144 



Whitley Stokes. 



Fraechan mac Teniusain is e dorinwi in airbe ndruadh do 
Diarmuit. Tuatan mac Dimain, maie Sarain, maie Cormaic, 
maie Eogain, is e rola in airbe druadh darachenn. Maighliwde 
rochiwg tairrsi, qui solus oeeisus est. 

[« The battle of Cûil Dremne gained over Diarmait, son of 
Cerball. Forgus and Domnall, two sons of Muirchertach mac 
Erca, and Ainmire, son of Setna, and Nindid and Duach and 
Aed, son of Eochaid Dryflesh, king of Connaught, were victors 
through the prayer of Colomb cille, who said: 

« O God, why keepest thou not the mist off from us, if per- 
chance we may reckon the number of the host that deprives 
us of judgments. 

« A host that marches round a cairn, 'tis a son of storm that 
betrays them. He is my druid who dénies me not, the Son 
of God it is who will work with me. 

« Beautiful it makes the onset, Baetàn's steed before the host; 
it seems good to Baetàn of the yellow hair, it will bear its 
burden upon it. » 

Fraechàn, son of Teniusin, 'tis he that made the « druid's 
fence » for Diarmait. Tuatàn, son of Dimmdn, son of Sardn, 
son of Cormac, son of Eogan, 'tis he that overturned the 
« druid's fence ». Maiglinde wentacross it, and he alone was 
slain.] 

[AU. 561. CS. 562. AI. 554. FM. 556]. 

K.ui. Cath Cuile uindsenw a Tebtha for Diarmuit mac Cer- 
buill ria n-Aedh mae Brenainn, xig Tebt[h]a, in quo Diarmuit 
fu[g]it. 

[« The battle of Cûil Uinnsenn in Tebtha, gained over Diar- 
mait, son of Cerball, by Aed son of Brenann, king of Tebtha, 
in which Diarmait took to flight »]. 

[AU. 562. CS. 563. AI. 555. FM. 557]. 

K.i. Nauigacio Colu[i]m cilli ad [fo. 8*2] iwsolam le etatis 
sue quadragesimo quinto [anno]. 




The An nais of Tigernach. Third Fragment. 145 

Cath Mona Daire Lothair for Cruithnib ria n-Uib Neill in 
tuaiscî'rt, a ndorcratar .uii. righ Cruithnech 1 im Aed mBrecc. 
Baedan mac Cuind co ndib Chruithnib nod-fig 2 fri Cruithnw, 
7 Cenel n-Eogaiw 7 Gwaill nod-fichset conducti mercede * na 
Lea 7 Arda Eolairg. De quo Cendfaeladh cecinit : 

Sinsit faebuir, sinsit fir 

a Moin deirg Daire Lothair, 

adhbur comrainne* nad cm, 

secht rig Cruithneach im Aedh mBrecc. 

Fichthir $ cath Cruithne n-uile. 
ocus îorloiscxher Elne, 
fichthir 6 cath Gabra Liffi 
ocus cath Cuile Dremne. 

Bensat giallu iar,7 congail 
as siar im chnuas nuach, 
Fergw, Domnall, Ainmire 
0«tf Nindidh 8 mac Duach. 

Fillis da mac Meic Earca 
arcend in chatha cetna 
ocus in ri Ainmire 
adbath a selbaib Setna. 

[a The battle of Môin Dairi Lothair gained over the Picts by 
the Hûi Néill of the north, wherein fell seven Pictish kings, 
including Aed Brecc. Baetân, son of Conn, with two Picts 
fought it against the Picts, and the Kindred of Eogan and 
(the Kindred) of Conall (also) foùght it, hired by the recom- 
pense of the Lea and Ard Eolairg. Whereof Cennfaëlad sang: 

« Weapons stretched, men stretched, on the red Bog of 
Daire Lothair, cause of an unjust partition, seven Pictish 
kings with Aed Brecc. 



1 . MS. chuithnech 5 . Ficther 

2. nodfid 6. ûdhter 

3 . idfichsed cowdtucti mercedi 7 . ria 

4. comraime 8. nindigh 

Revue Celtique, XVil. 10 



Digitized by 



146 



Whitley Stokes. 



« The battle of ail the Picts is fought, and Elne is burnt ; 
fought is the battle of Gabra Lifi, and the battle of Cûil 
Dremne. 

« They took away hostages after conflict, thence, westward, 
together with a... gathering, Fergus, Domnall, Ainmire, and 
Nindid son of Dua. 

« Mac Erca's two sons turned to meet the same battle and 
the king Ainmire died in the possessions of Setna. »] 

Aedhan hua Fiachrach obit. 



K.i. Mo Laissi Daiminwse [« of Devenish »] obit. Cairpre 
mac Conwaic ri Laigew [« king of Leinster »] obit. 

K.iii. Iustinwj mi'nor vegnauit .xi. annis. 

Narsis patricius Totilam 1 Got[h]or«w regew in Italia supe- 
rauit et occidit 2 , q//i deinde per inuidiam 3 Rotnanorum pro 
quibus multa 4 contra Gothos laborawrat, accw.ratus 5 apud Ius- 
tinum et co;;[iu]gem eius Sophiam quod seruit/o pmmeret Ita- 
liam, secessit Neapolim 6 Campanie et scribsit genti Longo- 
bardoruw ut 7 uenirent et possiderent 8 . 

Colman mor mac Cairpn, ri Laigen. [« Colman the Great, 
son of Cairbre, king of Leinster »]. 



Diarmuit mac Cerbuill occiswj est ir-Raith Bic a Muig Line, 
la hAedh nDub mac Suibne Araidhe, rl Ulad, 7 [tucad] a 
chend co Cluaitt, 7 ro adnacht a coland a Connere. Cin succes- 
serunt9 duo filii Maie Earca .i. Forgwj 7 Domnall. [« Diar- 
mait, son of Cerball, was slain in Raith Becc on Mag Line by 

1. MS. toltalew 6. sexit nempolim 

2. occedit 7. longbardorow et 

3. inuifidiam 8. positerant 



[AU. 563. CS. s 64]. 



[AU. 564. CS. 563. AI. 556. FM. s 58]. 



4. ml.ttra 

5 . occus 



9. suiccesit crunt 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



147 



Aed the Black, son of Suibne Araide, king of Ulaid; and his 
head was taken to Cluain, and his body was buried in Con- 
nere. Cui, etc.]. 

K.uii. In hoc anna captai in Muirgelt for TVacht Ollarba 
il-lin Beoain maie Indle .i. Airiu ïngen Eachach maie Muire- 
dha. Beoan mac Indle .i: iascaire Comgaill Bennchair, ros- 
gab. [« In this year the Muirgelt was taken on thestrand of Ol- 
larba in the net of Beôdn, son of Indle, namely, Airiu, daughter 
of Eochaid, son of Muirid. Beoan, son of Indle, S. Comgall 
of Bennchor's fisherman, caught her »]. 

Qmes Brenaimi Birra, ut ailii dzr/mt [AU. 564]. 

Cath Cruindi. [« The battle of Cruinde »]. 

[AU. 565. CS. 566. AI. 557. FM. 559]. 

K.uii. Cath Gabra Life for 1 Laigw/K laFergwj 7 Domnall, da 
mtfc Muirc^rtaig maie Earca : 

Cath Gabra 

ocus cath Duma Achair 2 , 
atbath amra a cecbtar nai, 
Colcu ocus a athtf/r. 

Cath Gabra, 

ni cath dôine nad fichet 3, 
adbath fiche o Fael[dn], 
o Ai/ill fiche fichet 4. 

[« The battle of Gabra Life gained over Leinster by Fer- 
gus and Domnall, two sons of Murchertach, son of Ere (as the 
poet said :) 

« The battle of Gabra, and the battle of Duma Achair: in 
each of them died a wondrous man — Colcu and his father. 

« The battle of Gabra (was) not a battle of folks that fight 
not : twenty died by Faelan, twenty score by Ailill »]. 

1 . MS. la 3 . duiwe nadiched 

2. aichir 4. xxit 




148 



Whitley Stokes. 



Bass Downaill maie Muirdmaig maie Earca, cui successit 1 
Ainmiri mac Setna [FM. 364]. Bass Daimiwe maie Cairpr* 
Daim argait. 

[« Death of Domnall, son of Muirchertach, son of Ere, to 
whom succeeded Ainmire, son of Setna. Death of Daimine, 
son of Cairbre Dam argait »]. 

[AU. s 66]. 

K.ui. lohannès natiowne Romane sedit anmV .xii. mewsibus 
.xi. diebus .xxiii. In basilica beati Pétri zpostoli sepulttw est. 

[CS. 568. FM. 565]. 

K.uii. Bass Demain maie Cairill rig \J\ad, la bachlachu 
Bairne [« Death of Deman, son of Cairell, king of Ulaid, by 
the shepherds of Bairenn »]. 

Baedan mac Cairill ri Vlad [« Baetdn, son of Cairell, (be- 
came) king of Ulaid »]. 

[AU. 568. CS. S69. AI. 561. FM. 566]. 

K.i. Bass Ainmireach maie Setna, rig Erenn, la Fergus mac 
Nellin, de qwo àietum est : 

Femen 2 intan rombai ri 
nirbo menn&x nach 3 detla, 
indiu is (oràerg a lii 
la hAinwire mac Setna. 

[« Death of Ainmire, son of Setna, king of Ireland, by Fer- 
gus, son of Nellin, of whom was said : 

1 . MS. criscuccesit 3 . a 

2. Femin 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. \ 49 

« Femen when it had a king, was not an unvalorous place : 
today its colour is crimson frora Ainmire, son of Setna »]. 

[AU. S69. CS. 570. FM. 568]. 

Iugul[a]do Fergwjfa] maie Nelline la hAedh mac Ainmireach. 
[« Murder of Fergus, son of Nelline, by Aed, son of Ain- 
mire »]. 

Aennu mac hûi Laigse, ab Cluana maie Nois [« Oennu 
great-grandson of Laigis, abbot of Clonmacnois »] xjwieuit .i. 
Enda mac Eogain do Laigis Rieda, [« of Laigis Raeda »] tenens 
principatum annis 1 .xxui. 

[CS. S7i. AI. 562. FM. 569]. 
lté Gluana Credil [« lté of Cluain Credail »] Gillasque 2 . 

[AU. 570]. 
K.uii. A morte Patricii .c. anni. 

[CS. 572]. 

Maenu epseop Cluana ferta Brenaiwd, quieuit [« Maenu, 
bishop of Clonfert, rested »]. 

[AU. 571. CS. 572]. 

K.u. [Occisio] da hûa Mw/redaig .i. Baetan mac Muiredaig 
7 Eochaid Fi«d mac Domnaill, iii. [anno] regni sui. Cronan 
mac Tigwnaig rî Cimacht occisor eorwm erat. Cath Luimnigh 
ria Cian^/a, in q«o ipse ctàdit. 

1. MS. prtncipatwr anwiss 2. gi lias qui 



Digitized by 



Whitley Stokes. 



[« The slaying of Murcdach's two grandsons, Baetdn, son 
of Muredach, and Eochaid the Fair, son of Domnall, in the 
third year of their reign. Cronan, son of Tigernach, king of 
Connaught, was their slayer. The battle of Luimnech gained 
by the Cianachta, wherein Cronan himselffell »]. 



K.ui. Cath Feniiw ria Cairpr^ mac Cridain, ri Mu/wan, in 
q«o uictw* erat Colman Bec, mac Diarw/ada, [sed] ipje euasit. 

[« The battle of Femen gained by Cairbre, son of Cridan 
[leg. Crimthan?], king of Munster, wherein Colmdn the Little, 
son of Diarmait, was vanquished ; but he himself escaped »] : 



[« Straight was he from hair to sole, a man of true plea- 
santness(P), Cairbre Crom. (This is) why he got his nick- 
name, from being fostered atCromglais »]. 

Brenamd Birra [« S. Brénainn of Birr »] quieuit. 

[fo. 8 b i] Mairg nach niidhind 1 mor a rath, 



[« Woe (is him) that saith not « grcat (is) his grâce ! » 
w T oe (is him) that on his course entreats him not ! Four score 
and a hundred (years), this was the time that he dwelt in the 
world »]. 

Baedan m#c Nindeadha [« son ofNinnid »] regnauit. 



i . MS. craidhind 



[AU. 572, CS. 575. AI. 565. FM. 571]. 



Direach he o fwd co bond 
fer firaite Cairpn? Crom. 
aire rogab ainw ria ais 
ara altrom a Cromglais. 



mairg nan-aili«d fora rith, 
cethri fie bit oc us cét 
is e met robai ar in bith. 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



[AU. 573. CS. 5733- 



Cath Tola 7 F[ort]ola .t. nomma camporum 1 etir Ele 7 
Osraighe, eur Cluaiw Ferta mo Lua 7 Saighir Ciaraiw. Fiacha 
mac Baedan uictor erat. 

[« The battle of Tola and Fortola, i. e. names of plains be- 
tween Ele and Osraige, between (the communities of) Clon- 
fert mulloe and Seirkieran. Fiacha, son of Baetdn, was victor. »] 



K.uii. Bass Comïll maie Comgaill, rig Dalriada [« Death of 
Conail, son of Comgall, king of Dalriada »] .xiii. anno regni 
sui, q/â oferauit (sic!) insolam la Colaiw cille. 



Cath Delgon a Cind tire [« The battle of Delgu in Can- 
tyre »] in quo DunclW mac ConaiW, maie Cowgaill, et alii 
multi de sociis 2 filiorum Garbain ceciderunt. 



in marg. .iiiiw.cccc.xxx.uii] K.iii. Tib[er]iwx Constznûnus 



[AU. 573- CS. 574]. 



[AU. 575]- 



[CS. 575. FM. 573]- 



Brenaind mac Briaiw obit. 

Scintilla leprae3, et abundantia4 nucum inaudita. 



[AU. 576]- 



1 . MS. comporum 

2. secuns 



3. lebre 

4. hatundantiam 




Whitley Stokes. 



anmV .uii. Gr^gorius tune ap[o]cris[i]ariw.r in Constantiwopoli', 
po5/ Romanus episcopus, libros expositionis 2 in lob condidit 3, 

Eutichium eiusdew 4 uvbis episcopum in fide nartre resurrec- 
t/onis errare Tiberiô présente 5 awuicit. Ait enitn idem Euti- 
cittj corp«j nostrum in illa 6 resur[r]ectiowis gWia iwpalpabile 
et uentis dereque7 esse subtilius 8 fut[u]rum, contre illwd do- 
minicum 9 : Palpate et uidete, quia spiritus carnew et ossa non 
hfliet skwt me uidetis habere. 

Gens Long[o]bardorww comitante famé et mortali[ta]te 
omnem inuadit IO Italiam, ipxamqw^ Rom[an]am uastatrix ob- 
sidet 11 urbem, quibus tempore illô rex pnxeerat Albin us. 



Qwies Brenaiwd Cluana ferta [« Rest of Brénaind of Clon- 
fert »]. 

Aedh mac Eachach Tirmcharna, ri 12 Con[n]acht do thoitim 
la Hau Briuin a cath Bdgha. [« Aed, son of Eochaid Dryflesh, 
king of Connaught, fell by the Hûi Briuin in the battle of 
Bàgh»]. 

Primuw periculum Ulad in Eumania^ [AI. 571]. 
Cath Locha da eiges [« Battle of Loch dà eces »]. 



K.iiii. [Quies] Etchen x 4 epseuip Cluana fota Bdedan aba. 
[« Rest of Bishop Etchen of Clûain fota Baetan aba », i.e. 
Clonfad in Fir bile, FM. 741]. 

R[e]uersiô Ulad de [EJumania [= Euonia « the Isle of 
Man », Lib. Arm. 6*2]. 

1. MS. -poln 8. subtilibttf 



[CS. 576. AI. 570. FM. 576]. 



[AU. 577- CS. 577. FM. 577]. 



2. librôss exponicoûis 

5. conditid 

4. eudicium condem 

5. provenu' 

6. illô 



9. docrium 

10. uiadit 

1 1 . obsedit 

12. rig 

13. a«eamain 

14. eps. ethen 



7 . âere quae 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



«53 



Mael cothad mac Foghartaigh, maie Cathail, ri 1 Condacht 
[« Mael cothad, son of Fogartach, son of Cathal, king of 
Connaught »]. 



Qwies Uinniani 2 tyiscopx [filii] nepotis Fiatach. 

Benedictus natione Romane sedit annis î [iu], mense uwo, 
d[iebus] xxix, etsepultttjw/ in basilica beati Pétri aportoli. 

Cairpr* mac Crimthaw rig Muman [« king of Munster »] 
martuus est, qui [rexit] annis* xuii., cm successif Feargwj Scan- 
dai, qwi rexit annis .uii. 



K.uii. Cath Drowa maie Earca [« The battle of Druim 
maie Erca »], ubi s Colgo mac Downaill maie Muirdmaig 
cecidit. Aedh mac Ainwireach uictor erat. 

Cindœladh [= Cennalath, AU.] rex Pictorwm mortuus est. 



K.i. Cath Manand [« the battle of Mano»»], in qwo uictor 
erat Aedan mac Gabran. 
Feargna mac Caiblene mortuus est. 



Baedan mac Cairill, ri JJlad [« king of Ulaid »] obit. Aed 
Dub mac Suibne, ri Ulad [« Aed the Black, son of Suibne, 
became king of Ulaid »]. 



[AU. S7 8]. 



[AU. 579. CS. 579. FM. 579]. 



[AU. 581]. 



[CS. 580]. 



2. uianni 

3. anno 



1 . MS. rig 



4. sucesit. 

5. uii 




«54 



Whitley Stokes. 



[AU. 581. AI. 575]- 

K.u. Cath Manann [« the battle of Mano »], in quo uictor 
erat Aedhan mac Gabran. 

Mors Fergna maie Caiblewi, 7 is e a fir [« and this is the 
truth ot it »]. 

[AU. 583. AI. 576]. 

K.ui. Mors Bruidhe maie Maelchon, rig Cruithneach [« Death 
of Bruide, son of Maelchu, king of the Picts »]. 

[AU. 582. AI. 577]- 

Mors Fearadhaigh maie Duach rig Osraighi [« Death of 
Feradach, son of Dua, king of Ossory »], iugulati a suis. 

Pilagiwj nat/one Romanw* sedit znnis 1 .x. mensibus .ui. 
diebwj .x. 

[AU. 583]. 

K.u. Mauriciwj (.i. Mw/ris) annis .xxi. 

Rex Gothoruw hArrian 7 dogabud le hArrian a mac da chur 
cum credme 7 do chur cengailte a cuibrech a prisun hé, 7 
nir lig assin hé noc//r' creid se codaingen, co tanic tre bitin 
an credme sin, co ndirnadh ri 7 mairtireach de, 7 cor thogh 
Dia a flaithemnwj nemdha è na rig 7 na mairtireach, 7 tanic a 
brathair Ricar[e]d//i" esein deis a athtfr cum a criche ut regvuim 
Gotorww accip<ret 2 7 co wgabudh flaithemnwj co liirrrèlan, 7 
do indto se cum creidme com cinedhach co cowlan. do thecosc 
in easp/aV .i. Leonardw*. 

7 in bliadain ch#na sin do-thinscaiw Gregoir Roma senadh 
do denow, 7 tancatar cum in tsenaidh * sin da ordugudh ceit/;ri 
hespw/r f/V/;et *, 7 tancadar thar decrachaib 7 tara coindtindib 

1 . MS. arwo 3 . tâenaigh 

2 . aengotorwm accipmt 4 . iichxx 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



na h#*ailse. A cind ceitAri mbliadan déc do tigemus in righ 
dotindscnadh in mordàil sin a n-inadh Pedair isiw Roim, 7 isse 
cindedh cowairle dorindedh léo, docwmsedar Mellito 1 , Eôin 7 
Augustin do proicept 2 7 do senmoir isin Britania 7 a Saxain 
[fo. 8 b 2] 7 isan probindsi, 7 doest Dia ria n*-ed#rguidhib 7 re 
n-athchuinnchib, 7 donidh firta mora 7 mirbuiledha orrtho, 
7 docuir manaig imdha diadha naemdha leo, 7 dosiladar sin 
credim 7 crabadh isna crichaib ina cwredh iat. 7 is don toise sin 
doindô cum irse Edilbearctax in ri 4 7 in probindsi uile lais, 7 
co wdernadh esp^ 7 docredeadar Saxanaigh do Augustmum, 7 
as e dob espor il-Lundaind, 7 docuir Grigoir 5 scribne uadha co 
\\August\n do tabairt gradha 6 airdespw/V dô. A cind .xiii. 
bliadan iar tiachtain dô anair docuired cuige grada airdespw*c, 
[Gregorius, Londini quoque et Eboraci episcopos,] accepto a 
sede apostolictf pallio, metropolitanos 8 esse [debere] decernit9. 

[« The king of the Goths was an Arian, and by (this) Arian 
his son was seized in order to make him an unbeliever, and he 
cast the son bound in fetters into prison, and did not let him 
out, until [leg. but] he believed firmly : so because of that be- 
lief it came to pass that he was made a king and a martyr, 
and God chose him, as king and martyr, into the heavenly 
kingdom. And his brother Ricaredus came, after his father, to 
the province, that he might receive the kingdom of the Goths, 
and he received the realm completely ; and through the teach- 
ing of the bishop Leonardus, he and his kindred turned fully 
to the Faith. 

And in that same year Gregory of Rome began to hold a 
synod, and by hisorders four and twenty bishops came to that 
synod, and discussed the difficulties and contentions of the 
Church. At the end of fourteen years of the lordship of the 
king, that convention was commenced in Peter's place in 
Rome, and this is the final resolution to which they came : 
they appointed Mellito and Johannes and Augustinus to teach 

1. MS. ûa do 6. graadha 

2. dosproicept 7. ap. ca lingea 

3. rana 8. metrapolii tano 



4. righ 
S- gc 



9. decerunt 




Whitley Stokes. 



and preach in Britain and in England and in the province. 
And God heard their intercessions and their requests, and 
wrought for them great miracles and marvels, and sent with 
them many godly, holy monks; and thèse sowed belief and 
dévotion in the provinces into which they were sent. And on 
that occasion Aethelbert the king turned to the Faith, and ail 
the province with him, and he was made a bishop; and the 
Saxons believed in Augustinus^ and 'tis he that was bishop in 
London. And Gregory sent writings to Augustinus to give 
him the rank of archbishop. At the end of twelve years after 
his coming from the east the rank of archbishop was conferred 
upon him. Gregorius, etc.]. 



Feargwj Scandai ri Mu/wan [« king of Munster »] mortuus est, 
cui successit Feidlimid mac Tigernaigh qui rex... 

Qwies Fergusa espuic Drowa Lethglaisi, qui fundauit Cill 1 
mBiain. [« Rest of Fergus, bishop of Druim Lethglaise, who 
founded Cell Biain]. 

Mael cothaig ri Con[n]&r&[« king of Connaught »] quieuit. 
Aed ri Connacbt [« king of Connaught »]. 

Mo chaeme ab Tiri da glass [« abbot of Tir di glass »]. 
Mosis {iliotum Eratanni secundum alios. 



K.ui. QmesMû/c [nisse] abadh Cluana maie nôis. [« Rest of 
Mac nisse, abbot of Clonmacnois »]. 

Aed mac Suibne, ri Maenmuighe [« king of Moenmag »], 
mortuus est. 

Ruadhan Lothra qui[euit] secundum alios. 

[AU. 585. CS. 585. AI. 580]. 
K.ui. Baedan mac Nindedha, maie Gwaill Gulban, r/Tew- 

1 . MS. icill 



[CS. 583. FM. 583]. 



[AU. s 84. CS. 584. AI. s 79]. 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



»57 



rach, occiswx est [« Baetàn, son of Nindid, son of Dua, son of 
Conall Gulbàn, king of Tara, was slain »]. Cumine mac Col- 
main, maie Cwwine, maie Libren, maie Illadhoin, maie Cer- 
baill, occiderunt eum (.i.ac Leim in eich) eonsïïxo Colman[i] 
parui. Aedh mac Ainmerech do gabhail righi nEreww [« Cu- 
mine, son of Colmàn, son of Cumine, son of Libren, son ot 
Uladon, son of Cerball, slew him at the Horse's Leap, by the 
advice of Colmàn Becc. Aed, son of Ainmire, took the kingship 
of Ireland »]. 



K.i. Cath Bhealaig Da[e]thi [« The battle of Belach Daethi, »] 
in qwo cecidit Colman Bec mac Diarmata, ut alii dicunt 1 , 
caesis 2 .u. milibitf per profetiam Colu[i]m cilli. Aed mac Ain- 
mirech uictor erat. Inde dictum est : 

Mebhaidh zmal adfiadar 
for Colum in cath ceolach, 
serigh set srethaib sorann, 
re Cowall ocus Eogan. 

[« The howling battle was gained over Colum (i. e. Col- 
màn the Little) as is related, ... by (Tir) Conaill and (Tir) 
Eogain »]. 

Daigh mac Cairill obit. [AI. 581. FM. 386]. 



K.iii. Q«ies Cairillan espw/V Airda -mâcha [« Rest of Cai- 
rillan (Caurlan ? Caerlan ?) bishop of Armagh »]. Qwies Se- 
naigh esp«îV Cluana hlraird [« Rest of Senach, bishop of Clo- 
nard »]. Conuersio Constantini ad Dominwm, et nix3 maghna. 
Guin Aedha Duibh maie Suibne Araidlie, qui domharbh Diar- 
muid mac Cerbhaill. [« Slaying of Aed the Black, son of Suibne 

1 . MS. dceirt 3 . fn.x. maghna 



[AU. 586. CS. 586]. 



[AU. 587. FM. 587]. 



2. sesis 




Whitley Stokes 



Araide, who killed Diarmait, son of Cerball. » CS. 587.]. 
Dormi tac/o Nathcomi. 



K.iiii. Qwies espuic Aedha maie Bric, 7 Aedhfa] maie Bre- 
nuinn righ Tebhtha adrobhairt Durmhach do Cholum chilli. 
[Rest of bishop Aed, son of Brecc, and of Aed, son of Bré- 
nann, king of ïeffa, who offerred Durrow to S. Columb cille. »] 
Eodemqw^anno aestas torrida 1 et sicca contigit. 

Dabid Cille muni [« of Cell muni », obit]. Fiacha mac Bae- 
dan, ri Vlad [« king of Ulster »]. 



K.u. Feidlimidh mac Tigernaigh, ri Muman, [« Fedlimid, 
son of Tigernach, king of Munster »] mortuus est. 

Cath Leithrigh la hAedhan mac Gabrai» [« The battle of 
Leithri gained by Aeddn son of Gabrdn »]. 

Cath Muighe hOchtair ria Brandub mac Eachach for Uib 
Neill isin telaigh os Quai» Cawaire Tomaîn andes [« The battle 
of Mag Ôchtair gained by Brandub, son of Eochaîd, over the 
Hûi Néill on the hill above Quain Conairi Tomdin in the 
south »]. 

Obitus Lughdach Lismoir [« Obit of Lugaid of Lismore »J. 
Natiuitas 2 Cw;//ine Fota. 



K.ui. Defecno solis .i. urc/;/a gréni .i. ma/me tenebrosum. 
Aedh mac Fogartaigh ri Connacht [Aed, son of Fogartach, 
king of Connaught »] quieuit. 



[AU. 588. CS. 588. FM. 588]. 



[AU. 589. CS. 589J. 



[AU. 590. CS. 590. AI. 586]. 



1 . MS. ando etatis torita 



2. Natmtas 



Digitized by 




The An nais of Tigernach. Third Fragment. 



M9 



[AU. 591. CS. 590]. 

K.i. Obitwj Lugdach Liss môir .i. mo Luôc [« Obit of Lu- 
gaid of Lismore, i. e. my Luôc »]. 

[AU. 592. CS. s 92. FM. 590]. 

K.ii. Bass Aengwja maie Amalgaidh. [« Death of Oengus, 
son of Amalgaid »]. 

Grfgorius nat[i]one Komanus, ex patte Gordiano, sedit an- 
nis 1 .xui. mensibw* .ui. diebwj .x. Fuit tempore Mauricii 2 , et 
sepultw^ est in basilica beati Pétri aposto// ante3 secretarium4. 

Cath Eudhuind moir, in qwo ceàdit Gerthidhe > mac Ro- 
naiw ri Ciznachte. Fiachna mac Baedan uictor erat. Unde 
d/c/wm est : 

In kcht n-aile doregha 
fian 6 maie Baedain i 7 mBrega, 
biait 8 Cianacht[a]i fout, 
ni bat9 foicsiu do rout IO , 

[« The battle of Eudunn Môr, wherein fell Gerthide, son of 
Rônàn, king of Cianacht. Fiachna son of Baetdn, was victor. 
Hence was said : 

« At another time, when the soldiers of Baetdn's son shall 
enter Bregia, the Ganachta will be on the alert, they will not 
be next the shot »]. 

Iugulacio 11 Senchain maie Colmain moir. 



1 . MS. anno 7. a 

2. muricu 8. biad 

3. aîii 9. nibud 

4. seewrtrum 10. road 

5. gerthighe 11. lugulacon 

6 . dorégho fiachna 



Digitized by 



i6o 



Whitley Stokes. 



[AU. 594. CS. 595. AI. 589. FM. $92]. 



K.iii. Qwies Coluim cilfe in nocte dominiez pentecostes, 
quintidh 1 Iuin, [« the 5 th of the Ides of June »] anno 2 peri- 
grinac[i]onis sue .xxxu. etatis uero .lxx.uii. 

Teora bliadna bai cen less 
Colum ina duibregless, 
luid co haingliu asa chacht 
iar stcht mbhWna sechtmogad. 

[« Three years he dwelt without light, Columb in his dark 
church. After seventy years, out of his body he went to the 
angels »]. 

Bass Eogain maie Gabran. 

Aed Cerr mac Colmain r/ Laigw quieuit. Brandub mac Ea- 
chachvi Laigen. [« Aed Cerr, son of Colmân, king of Leinster, 
rested. Brandub, son of Eochaid (became) king of Leinster »]. 



K.ui. Cath Ratha in druadh 7 cath Àird Sendoim [« the 
battle oiRàith in druad « the wizard's earthwork », and the 
battle of Ard Sendoim « the height ofthe old ox »]. 

Iugulac/o filiorum3 Aedan .i. Bran 7 Dowungort 7 Eochaid 
Find 7 Artur, i cath Chirchind [« in the battle of Circhenn »], 
in quo uictus est Aedhan, 7 cath Coraind [« and the battle of 
Corann »]. 

[AU. 596. CS. 597- AI. 592. FM. 593]. 

K.uii. Bass Cwmascaigh maie Aedha la Brandub mac Ea- 
chach, a nDuw Buiced, un^ dictum est : 



[AU. 595- AI. 590]. 



1. MS. .u.edh 

2. ando 



3. fl.orwm 7 



Digitized t 



»gle 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



Guidhhi in Comdhiu cumachtach 1 
i fail Cille Randaireach, 
[fb. 9*i] rob si 2 dlghal Cwwascaig 

guin Aedha maie Ain/wireach. 

[« The death of Cumascach, son of Aed, by Brandub, son of 
Eochaid, in Dûn Buchet. Whence was said : 

« I beseech the mighty Lord, near Cell Rannairech, may the 
vengeance for Cumascach be the slaughter of Aed son of Ain- 
mire! »] 

Cath Sleibe [Cua] a Mumain, in quo Fiachna mac Baedain 
maie Ainmireach uictor erat. [« Battle of Sliàb cua in Munster, 
wherein Fiachna, son of Baetin, son of Ainmire, wasvictor »]. 

Bass Tibruide maie Calgaighî [« Death of Tibraite, son of 
Calgach »]. 



K.i. Qiiies Baithin abb Éa [« abbot of Iona »] ann64 sexa- 
gesimo sexto etatis sue. 

Cath Duin Bolc la Brandub mac Eachach co Laigm'i hi quartià 
Enair, ubi cec[id]it Aedh mac Ainwireach rl Erenn anno regwi 
[sui] .xix., etatis [uero] .lxui. 7 6 Bée mac Cûanach ri Airgiall 
7 daine uaisle ele 5. Unde dictum est : 

A mBuach 

ferais in tonn frisin mbruach, 
adféd scela cises scith 
Aed mac Ainmirech adbith. 

[« The battle of Dûn Bolg (gained) by Brandub, son of Eo- 
chaid, with the Leinstermen, on the fourth of the ides of Ja- 
nuary, where Aed, son of Ainmire, king of Ireland, fell in the 

1. MS. a chumascaigh 4. andô 

2 . robsad 5 . ms. adds anno 

3. calgaidh 6. dictumus 

Revue Celtique, XVII. 11 



[AU. 597- CS. 59». AI. 593- FM. 594]- 




162 



Whitley Stokes. 



I9th year of his reign and the 66th of his âge, and Bée, son of 
Cuanu, king of Oriel, and other noblemen. Whence was said : 

« At Buach the wave pours against the brink: it tells ti- 
dings, though it be wearisome, Aed, son of Ainmire, hath 
been slain »]. 

Cuius coniux 1 cecimf ; 



[« Tara's little side, Tailltiu's side, the side of Aed, son of 
Ainmire, dear were the three sides on which I never look 
again! »]. 

[Initium regni] Colman Riwedha 7 Aedh[a] Slane simul*. 

Garban mac Enda ri 4 Muman 7 Amalgaidh a brathàir 
[« Garbin, son of Enna, king of Munster, and his brother 
Amalgaid »]. 



K.ii. Ailitfo>5 ab Cluana maie Noispausat, doMuscraighi 6 do. 
[« Ailithir, abbot of Clonmacnois rests. Of Muskerry was he »]. 

Bass Gartnaidh régis Pictorww [« Death of Gartnad, king of 
the Picts »]. 

Saxanaigh do dul cum credmi [« The Saxons came to the 
Faith]. 

[AU. 599. CS. 600. AI. 595. FM. 596.] 

K.u. Qwies Caindich7 Achaidh bô Cainnigh [« Rest ot S. 
Cainnech of Aghaboe »] q«i .lxxx.uii. etatis sue anwo quieuit. 

1 . MS. awiungs 5 . Aliitir 



Taeban Temrach, taeb Taillten, 
taeb Aedha maie Ainmireach, 
batar inmain na tri tieib 
frisna fresciu aithirrech 2 . 



[AU. 598. CS. 599- AI. 594- FM. 595]. 



2. aitherruth 

3 . rex 
4- rig 



6. m use raid h i 

7. caindech 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



165 



Cath Saxonum 1 la hAedan, ubi etcidit Eanfraith (rater 
Etalfraich la Maeluma mac Baedan, in q«o uictus erat. [« The 
battle ofthe Saxons by Aedàn, where Eanfraith (PTheodbald), 
brother of iEthelferth, fell by Mael-uma, son of Baetàn, in 
which he, Aedàn, was vanquished »]. 

Iugulado Suibni maie Colmain Mair la hAéd Slaine a 
mBridham for Suaiwiu. 

[« Murder of Suibne, son of Colmàn the Great, by Aed 
Slàine at Bridam on (the stream) Suane ». AI. 596]. 

Sinchi Cluana Lethtengadh [« Sinche of Cluain Leth- 
tengad »]. 



Bemenda Branduib i mBreghaib 2 [« The Blows (i. e. seven 
battles) of Brandub in Bregia »]. 



[Mors Brénuinn maie Cairpn maie Féchine .i. ri Ua Maine, 
o sloinnter Rdith Brénuinn] im-Muigh Àei [« Death of Bré- 



K.ui. Comgoll ab Bendchair [« Comgell, abbot of Benn- 
chor»]. xci. anil63 etatis sue, principal autem sui .1. mno 
et Mi. mense et .x. die. ui. idus Mai quieuit. 

Cath Cuile Sleamna, in q«o Colman Rimid^, ri Ceneoil 
Eogain, uictor erat, 7 is and dothéich ComW mac Aedha maie 
Ainmireach [« The battle of Cûil Slemna, in which Colman Ri- 

1. MS. saxanum 3. xxi. andô 



[CS. 601. FM. s 97]. 



[AU. 600. CS. 601. FM. s 97]. 




[AU. 601. CS. 602. AI. 597. FM. 600]. 



2. bregha 



4. nwc 



Digitized by 



164 



Whitiey Stokcs. 



mid, king of the Kindred of Eogan, was victor, and *tis there 
that Conall, son of Aed, son of Ainmire, fled »]. 

Cath Cuile Càil, in quo Fiachaidh mac Bàetàin uictor erat, 
7 doteich Fiacha mac Demain [c< The battle of Ciiil Côel, in 
whichFiachaid, son of Baetdn, was uictor, and Fiacha, son of 
Deman, fled »]. 

Bass Uatach maie Aeda, rlg Conàacht. [« Death of Uata, 
son of Aed, king of Connaught »]. 



K.uii. Qwies Finwtain Clûana hEidhneach, filiï neporis 
Vachach. [« Rest of S. Finntan of Clonenagh, great-grandson 
of Eochaid »]. 

Cath Eachrois i Muiriusc inter genus Cairpn et nepotes 1 
Vhchrach Muirsce. Mael cothaigh, ri Hûa Fiachrach in fugam 2 
uersxxs est. Colman ri Cairpri uictor erat. [« The battle of 
Echross in Murrisk between the Cenél Cairbri and the Hûi 
Fiachrach of Murrisk. Mael Cothaig, king of the Hûi Fiach- 
rach, was put to flight. Colmàn, king of Cairbre, was victor »]. 

Sinill Muighe [Bili] epseop [« Sinell of Movilla, bishop »]. 

Amalgaidh mac Enda r/ ïliuman [« king of Munster »] mor~ 
tuus est- Fingen mac Aedha Duib ri Muman. [« Fingen, son 
of Aed the Black, king of Munster »]. 



K.u, Iugulado Colman Rimedha a uiro de génère suo, qwi 
dictus est Lochan Dilmana. Undedictum est: 



[AU. 602. CS. 503]. 



[AU. 603. CS. 604. FM. 600]. 



Cétu i righe, cétu ir-recht, 
cetu a nert ior 3 rigrada, 
enid Colmin Rimid 4 [ri] 
row-bii Lochan Dilmana. 



1 . MS. nepotis 

2. fuguro 



3. fri 

4 . enig colmain rimedh 




The Annals of Tigernach Third Fragment. 16$ 

[« Though he be in kingship, though he be in right, 
though his might be over kingfolk, behold ye, Colmdn Rimid 
the king, Lochan Dilmana slew him »]. 

Ingulacio Aeda Slane o ConoW mac Suibne for bru Locha 
Semdighe. Àedh Gusdan, comalta Chwaill Guthbind 7 Baeth- 
gal Bile ron-guiwestar, et inde 1 dictum est : 

Ni bu airmirt ind airle 2 
do ôcaib Tuaithe Tu[i]rbe, 
Conûl robii Aedh Slaine, 
Aed Slaine row-bi Suibne. 

. [« Murder of Aed Sldine by Conall, son of Suibne, on the 
shore of Lough Sewdy. Aed Gusdan, Conall Guthbind's fos- 
terbrother, and Baethgal Bile slew him. And hence was said : 
« The counsel was not a prohibition to the warriors of 
Tuath Tuirbe. Conall slew Aed Sliine, Aed Slàine slew 
Suibne »]. 

lugulacioî Aedha Roin tîg Hua Failghe hi faichthi Meic 
Budin, 7 Aed[a] Buidhi ri[g] Hua Mane 7 Teftha .i. Hua 
Mane maie Neill, a mBruidhiw da choca, on Chaill [leg. Cho- 
nall] cetna in eod^m die qwo iugulatus est Aeda Slane. 

[a Murder of Aed Rôn, king of Offaly, on the Green of 
Mac Buain, and of Aed the Yellow, king of Hûi Mani and 
Teffia, that is, of the descendants of Mane, son of Niail, in 
the Hostel of Da Choca, by the same Conall, in eodem, etc. »]. 

Bass Gwaill Chon maie Aedha. Cû cen màthaix ri Muman, 
nat^j est [« Death of Conall Cû, son of Aed. Cû cen mathair 
(« motherless Hound »), king of Munster, was born »]. 



[AI. 598]. 

Colman mac Leniwe quieuit. Laisren Mena drochaid 
quieuit. 

in marg. iiii.dl.xui.] Mauricius4 mortuus est. 

1. MS. uade 3. Iugal. 

2. nibuar mairt indaraile 4. Muiricw^ 



Digitized by 



1 66 



Whitiey Stokes. 



[AU. 604. CS. 605. AI. 600. FM. 601]. 
K.iii. Phocas 1 regnauit annis .uiii. 

Cath Slabra [« Battle of Slabra »] in qwo uictus est Brandub. 
Nepotes Neill [« the Hûi Néill »] uictorés erant 2 . 

Bass Brawnduib maie Ezchach o cliamuin féin .i. Saran 
Saebd^rc, airchiwdeach Senboth Sine. Unde dictum est : 



[« Death of Brandub, son of Eochaid, by his own son-in- 
law, namely, Saràn the Squinting, airchinnech of Senbotha 
Sine. Hence was said : 

Saràn the Squinting — a course pure, bright, the airchin- 
nech of Senbotha Sine — no fîgment... slew Brandub son of 
Eochaid »]. 

De qwo in Caillech Laig£« dixit : 

Madh i mbeatha/d maie Tizchach 
do[m]thisadh in tuaiscertach 
in cath ima nuairidar 
is ciàn o dofuascarfadh 

Diamadh i treib4 tw/redhaigh 

mac Eachach [fo. 9*2] maie Muiredaigh 

nocho Wraind mo bolc lan 

do chill arae s Aeda Allan. 

[« Of whom the Nun of Leinster said : 

a If in the life of Eochaid's son the northerner had corne to 

1. MS. Fochwi 4. aitreb 

2 . erunt 3 . arae mate 

3 . braadul brath, FM. 



Saran saebderc, seol glan gle, 
airchindeach Senboth Sine, 
ni dalb cen bandul a breath 3 
romarb Brandub mac Eacha^, 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 167 

one, the battalion round which... would long since have fled 
in panic. 

« If the son of Eochaid, son of Muredach, were in a pillared 
house, I should not carry my full sack to the church for the 
sake of Aed Allàn »]. 

Obitwj Lasren ab Éa [« Obit of Lasrén, abbot of Iona »]. 

Bass Colmaiw maie Aedha xlgh Osraighi 1 [« Death of Col- 
màn, son of Aed, king of Ossory »]. 

Aedh Allan xegnauit anwo [leg. annis] .uiii. Ronan mac 
Colman ri Laigen [« king of Leinster »]. 



[AU. 60s. CS. 606. AI. 601. FM. 604, 605]. 

K.iiii. QwiesBeughnai 2 , ab B^wwchair [« abbot ofBangor »]. 
Bass Aedhaiw maie Gabrain znno .xxxuiii. regm sui, etatis 
uero .lxxiiii. 

Bass Gliorum Bàetain maie Cairill i nDun Moghna [« Death 
of the sons of Bàetàn, son ot Cairell, in Dûn Mogna »] a iilio 
matris sue. 

Secundo anraPhocaeî Grigoriwj papa migrauit ad Dominum*. 
Hic rogante [papa] Bonifac/o statuit sedem Romane ecckrie 
caput esse omwium eclesian/w*, quia eckria Constantinopo- 
litana 6 primam se eclesiarum orawium scribebat. 

K.u. Phocas rogante 7 papa Bonifacio iussit in ueteri 8 fano 
quod Pantheum9 uoeabatur, ablatis idolâtrie sordibus, ecle- 
siam 10 béate semper uirginis Marie, et omnium martirwm fieri, 
ut ubi qwondam o[m]niuw non deorum, sed demoniorwm cukus 
agebatwr, ibi deiwceps omnium fieret memoria sanctorum 

Perse Hierosolymam 12 uastantes uexillum^ dominice cru- 
cis abstulerunt r *. 



1. MS. osraidhi 

2. bruighne 

3. focce 

4. dmn. 

5. eclinarura 

6. constantina polotana 

7. Foccos rogandte 



8. iniuit ineti 

9. pandeum 

10. eclinam 

1 1 . funat memoria scorum 

12. hierlind 

13. uexillam 

14. abstulerant 



Digitized by 



168 



Whitley Stokes. 



[AU. 607. CS. 608. FM. 604]. 



Bass FiacArach Caich 1 maie Baedaw la Cruithnechu, 7 qwies 
Echdach 2 [« The death of Fiachra the One-eyed, son of 
Baetan, by the Picts, and the repose of Eochaid »]. 

Sabunianwj nac/one Tusctt* [sedem Pétri tenuit] unoî 
anno, mensibus .u. diebus .ix. [et] sepultw* est in basilica Pétri. 



K.i. Occissiô Sechnasaigh maie Garbaln, rlg Ceneoil B6- 
ghaine, o Domnall mae Aedha, 7 bass Cflnaill Giid«Vg maie 
Daimine occisi a Nepotibîtf Meith [« The slaying of Sechna- 
sach, son of Garbàn, king of Cënél Bôguine, by Domnall, son 
of Aed, and the death of Conall Redspear, son of Daimine, 
slain by the Hûi Meith »]. 

Qwies Lugdach .i. mo Lua, maie hui Oche [« Rest of Lu- 
gaid, great-grandson of Oche. »] 



K.ui. Bass Aeda maie Colgon, righ Airgiall 7 na n-Airrther, 
in p^regrinacî'one Cluana maie Nois, de quo4 dietum est: 

Robii tan 

ba Hnd ordan Loch da dam, 
ni bu e in loch ba hordan 
acht flaith Aedha maie Colgon. 



[AU. 608. CS. 609. FM. 605]. 



[AU. 609. CS. 610. FM. 606]. 



Cuma dam 



nad mair cara rodum-car, 
cebe focher trillsi s treab 
ire indsi Locho da dam. 



1 . MS. craich 

2. aedach 

3 . secundo 



4. qwi 

5. trillsib 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



169 



[« Death of Aed, son of Colgu, king of Oriel ^and the 
Oriors, in pilgrimage at Clonmacnois. Of whom was said : 

« There was a time when Loch dà Dam was a noble 
water. It was not the loch that was noble, but the reign of 
Aed, son of Colgu. 

« A grief to me that the friend who loved me lives not, wbo- 
soever shall set house-fires through the isles of Loch dâ dam »]. 

Bass Sillain maie Cumâine, ab Benncair, 7 bàs Aedhain 
ancharad 1 [« Death of Sillàn, son of Cumaine, abbot of Benn- 
chor, and death of Aedân the anchorite »J. 

Bis Maelum[ai] maie Bàedain 7 bass Colgan dalena (?) maie 
Fiachna. [« Death of Mael-umai, son of Baetan, and death of 
Colgu... son of Fiachna »]. 

Finis cronke Euséui. 



K.ii. ¥u\mimtus est exercitus UW i mBairche [« an army 
of Ulaid in Bairche »] fulmine toribili 2 . 

Bass Maile duin maie Aline régis 3 Mogh[dornae] [« Death 
of Mael-duin, son of Aline, king of Mugdorn »]. 

Qi/ies Colman Ela maie hûi Seilli .Lui. znno etatis sue 
[« Rest of Colmân Ela, great-grandson of Selle, in the 56th 
year of his âge »]. 

Aed Roin 7 Aed Laigen. 

Newan ab Lis môir [« Neman, abbot of Lismore »]. 



K.u. Aedh Uairidhnach, mac Domnaill, xl Temrach, obit. 
[« Aedh Uaridnach, son of Domnall, king of Tara, dies »J. 

Cath Odhba re n-Aengttf m^c Colmaiw, in qwo cecid/f Co- 
nall Laegh Breagh, nwc Aeda Slame. 

1. MS. incharad 3. neighis 

2. terribilie 



[AU. 610. CS. 611. AI. 604]. 



[AU. 611. CS. 612. FM. 607]. 




!7o 



Whitley Stokes. 



IN scé i mullach Odba 
cia a gài dogra ni laes x , 
dethbfr di cid olc a dend 2 
robài mor cend ma craes 

[« The battle of Odba gained by Aengus, son of Colmàn, whe- 
rein fell Conall Loeg Breg (« the Calf of Bregia »), son of 
Aed Slàine : 

« The whitethorn on the summit of Odba, though it does 
not cast its sorrowful spears, lawful for it that its colour 
should be evil, a mighty head was in its mouth »]. 

Phocas* mortuus est. Mael coba reghnare incipit. 



[AU. 612. CS. 613]. 

in marg. iiii.w.d.xcii]. K.ui. Herachliu^ anwV .xxii. Ana[s]- 
tasius Persa monacw^ nobile pro Christo martir[i]um patitwr, 
qui natus in P^rside magicas a pâtre puer artes discebat, sed ubi 
a captiuis* Christiams Christi nomen ac[c]epwrat, in eum mox 
animo tôt6 conuersus, relicta P^rside, Chalcedoniam Hierapo- 
limqw* 6 Christum quaerens, ac deinde Hierwolimam 7 petit, 
ubi 8 accepta bap/ûmatis gnz/ia, qwarto ab eadem urbe miliario 
monasterium9 a[b]batis Anastasii 10 intrauit, qwi postez a Chos- 
roe 11 rege Persarww cum .lxx. martiribw5 decollatttf est. 

Eô tempore 12 exortum apud Scotos in obseruac/one pasche 
er[r]orem quartadecutnznovutn 1 ! Honoris pipa per epistohm 
redarguit, sed [et] Iohawnes 1 * qui successori eius Seumnô suc- 
cessif pro eôdem pasca sim//l et pro Pelagiana M haeresi, quae 
apud eos reuiuiscebat l6 , scribsit. 



1 . MS. a caécaid ogra nileas 

2 . colefc atend 

3. créas 

4. Fochw 

5 . capitims 

6. calcedonuw. hîeruiolimaniqi^ 

7. diende hierttjolimawique 

8. Ubi 



9. monosteriura 

10. anastastaissi 

11. coranen 

12. Ëo temporo 

13. xiiii. anworwro 

14. Iohanncs sicut qui succerori 

1 5 . pre pilaghiana 

16. reuiuis ceperat 



Dig 



The A nnals of Tigernach. Third Fragment. 



'7« 



Qwies Findtain Àentruimh, abadh B^wnchair [« Rest of 
Finntan of Antrim, abbot of Bennchor »]. 

Bass Colmain Uathaig. [« Death of Colmàn the Fearfiil »]. 

Cath Caire Legiow [« Battle of Caerleon »] ubi sancti occissi 
swnt, et cecid*/ Solon mac Conzxn rex Bretanorwm et Cetula rex 
czcidit. Etalfraidh uictor erat, qwi port statim obit. [AI. 606]. 

[AU. 613. CS. 614. AI. 607. FM. 609]. 

[fo. 9 b 1]. K.uii. To Lua abb Cluana mate Nois, .i. do 
Corco Mogha, pausat [« Thy Lua, abbot of Clonmacnois, of 
the Corcu Moga, rests »]. 

Stella uisa est hora septima diei l . 



K.i. Mael Coba mac Aedha mortuus est i cath Toadh la 
Luighne, 7 Suibne Mend ros-marb [« Mael-Coba, son of Aed, 
died in the battle of Toa with the Luigni, and Suibne Menn 
killed him »]. 

Qwies Dermoda tercii abbatis Clwana Iraird [« Rest of Diar- 
mait, third abbot of Clonard »]. Cath [Fidnaige « the battle 
of Fidnach »]. 

Bass Ronain maie Colmain, rig Lùgen, cui successit 2 
Suibne Mend [« Death of Rônàn, son of Colmdn, king of 
Leinster, whom Suibne Menn succeeded »]. 



K.iii. Combusûo Benncair [« Burning of Bennchor »]. 



K.iiii. Combustio Don«ai« Ega. hi .xu.kl. Mai, cum cl. 



[AU. 614. CS. 615. FM. 610]. 



[AU. 615. AI. 609. FM. 6n]. 



[AU. 616. CS. 617. FM. 612]. 



1 . MS. dies 



2. sucesit 




ï?2 



Whitley Stokes. 



martiribM/, et uastatio Toraighe, 7 loscadh Conwere [« Burn- 
ing of Donnàn of Eig on the I5th of the kalends of May, 
with 150 martyrs, and the dévastation of Torach (« Tory is- 
land »), and the burning of Connere »]. 

Usqw* ad hune 1 annum Esidorwj scribsit cronicon 2 suum, 
ita dicens : Eracliwj dehinc qwintum annum * agit impmi, hoc 
est, in anno qwintô iwperii Eraclii et qwartô religiosissimi* prin- 
cipis Sesibuti*. Sunt ab exordio mundi usque ad [Herjaclii an- 
num praesentem 6 , idest, qwintum uwdcccxiiii. 



[AU. 617. CS. 618. FM. 613]. 

K.u. Caemgen Glindi da lâcha [« Coemgen of Glenda- 
lough »] .c.xx. an«0 etatis sue in Christo quieuit. 

Comgall esp<x: 7 Eogan espoc Ratha Sithe quieuerunt7 
[« Bishop Comgall and Eogan, bishop of Ràith Sithe, 
rested »]. 

lugvAatio Colgan maie Suibne. Bass FiacArach maie Conaill. 
Inredh Machae, et* terre motus in Gallia [« Murder of Col- 
gan, son of Suibne. Death of Fiachra, son of Conall. Rava- 
ging of Armagh, and earthquake in Gaul »]. 

Bass Fergusa. maie Colmain Moir, rlg Midi, [6] Anfartach 9 
hu Mescan, di muintir Blatiwe, unde dictum [est] : 

Mad dom tisad immo teach 
hua Mesca[in] ba Anfartach 
usce dorbach dober dô 
fobith gono 10 Fergwjô. 

Cep tan dochôsat 11 buidne 
cenéoil 12 Colman sech Cuillne, 
iarmifoset df suidiu 
sil Meschan i mBlaitimu. 



1. hoc 7. quibeuerunt 

2. cronicara 8. in 

3. andum 9. Aenfartach 

4. religiôsisimmi 10. MS. cotuà 

5 . sesubiitt/j 1 1 . dochorat 

6. andum pnwsentum 12. anéol 



Digitized by 



The A nnals of Tigernach. Third Fragment. 17 j 



[« Death ofFergus, son of Colmàn the Great, king of Meath, 
by Anfartach, grandson of Mescan, of the Muinter Blatmi. 
Whence was said : 

« If Anfartach, grandson of Mescan, should come to me, 
into my house, I will give him wormy(?) water because of 
the slaying of Fergus. 

« Whenever troops of the kindred of Colmàn shall march by 
Cuillne, hereof they willask the race of Mescan in Blaitine »]. 

Scribend in Cuimin [« The writing of the Cuimin »]. 

[AU. 618. CS. 619. AI. 613. FM. 614]. 

K.iii. Liber abb Achaidh 1 bô Caindig [« Liber, abbot of 
Aghaboe »]. 

Mors Sillaiw Muige Bile [« Death of Sillàn of Movilla »] 
7 Fingen mac Fiachnari [quieuit]. 
Aedh Bennan, xi Muman, qweuit. 

Aedh Bendan 

don Eog&nacbt iar Luachair, 
mairg [do] sétaib dianadh ri, 
cénmair rirdianad buachail 2 . 



[« Aed Bennan, king of Munster, rested. [Of him was said :] 
« Aed Bennan, of the Eoganacht behind Luachair. Woe to 
treasures when he is king ! happy the land of which he is 
shepherd. 

« When he shakes his shield he terrifies his foes. Though'tis 
a little thing on his back, it is a shelter for West Munster »]. 

1 . MS. achaigh 3 . bidbadhu 

2. cénmafr diatuathaib d'un bua- 4. cesa 

chail 5 . dont armumuin 



A sciath intan focrotha 
a bidbadha* fobotha, 
césu 4 becan fora muin 
as ditiu dond tarmumuin ^. 




»74 



Whitley Stokes. 



Fingen mac Aedha, ri Maman, mortuus est, de quo coniunx 
dixit : 

IN Muma 

re lind Fiwgen maie Aeda 1 , 
robdar lan[a] a cuiledha, 
robdar toirrtigh a treba. 

Cathal mac Aedha do gabail vlgi Mumun. 
[« Fingen, son of Aed, king of Munster, died. Of whom his 
wife said : 

« Munster, during the time of Fingen, son of Aed, full 
were her storerooms, fruitful were her households ». 
Cathal, son of Aed, took the kingship of Munster »]. 



[AU. 619. CS. 620. FM. 615]. 

K. Ai/ill mac Baedain mazcMuirdœrtaigh, 7 Mael duin mac 
Fergwja, maie Bàédaiw, 7 Diucull occisi sunt 2 a Muig Slecht a 
crich Chonnaeht [« Ailill, son of Bàetin, son of Murchertach, 
and Maelduin, son of Fergus, son of Bàetàn, and Diucull were 
slain on Mag Slecht in the province of Connaught »]. 

Bass Jrizchraeh, maie Ciarain, maie Ainwirech, maie Setna, 
id est, alii fundatoris Dairi Chalgaigh 3 [« Death of Fiachra, 
son of Ciaràn, son of Ainmire, son of Setna, that is, of the 
other founder of Daire Calgaig (Derry) »]. 



[AU. 620. CS. 621. AI. 613. FM. 61 61 

K.ii. Senach Garb, ab Chluana ferta, mortuus est [« Senach 
the Rough, abbot of Clonfert, died »]. 

Bdss Aengwja maie Colmaiw Moir, rig Hiia Neill [« Deaih 
of Oengus, son of Colmdn the Great, king of the Hûi Néill »]. 

Dunchadh mac Eoganain 7 Nechtan mac Canand, 7 Aed 



1. MS. adds. : Bennan a Bregha 3. alittj funditoriwj daire chalgaidh 

2. Diuculla occiswj est 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



■75 



obierunt 1 [« Dunchad son of Eoganàn, and Nechtàn, son of 
Cano, and Aed died »]. 

Finginnwc Fiac&rach Encride obit [« Fingen, son of Fiachra 
Encride, died »]. 

Hoc temçore ^«structa est eclesia Toraige 2 [« the church of 
Torach »]. 

Finit Esiodorus enum^raire annos * in librissEtimologiaram. 

[AU. 621. CS. 622. AI. 615. FM. 617]. 

Cath Chind Delgthen, in (\uo ceciderunt da mac Libren, 
maie Illaiwd, maie Cerbuill [« The battle of Cenn Delgten, 
wherein fell two sons of Libren, son of Illann, son of Cerball »]. 
Conzll, mac Suibne, uictor erat, et Domnoll Breacc cum eo. 

VA in hoc annô4 quies G)emgin 5. 

Conaing mac Aedain maie Gabrain dimerswj est. Bi Nindiwe 
eices cecinit : 



Tonda mara morglan[a], 
[is] grian rodatoiesetar 6 , 
ina churzch flescach fann7 
for Condïmg concoirsetar 8 . 

IN bean rola a mong find 
in[a] churach fri Conaing, 
ised ro tibhi a gen 
indiu9 fri bili Tortan. 



[« Conaing, son of Aedàn, son of Gabràn, was drowned. 
'Twas Ninnine the poet sang : 

« Thesea's great pure waves and the sun that pursued him, 
into his weak wicker coracle they flung themselves together on 
Conaing. 

1. MS. obierifit 6. rodotoicsitur 

2 . ech'na toraidhi 7 . fleachadh find 



3. andos 

4. andô 

5. comegin 



8. cond 

9. andiu 



coseatar 



Digitized by 



176 



Whitley Stokcs. 



« The woman that cast her white hair into his coracle against 
Conaing, it is her smile that smiled to-day on Tortu's tree »]. 

Bass Maile bracha, maie Rimedha, maie Coltfiaiw, maie 
Cobthaigh, 7 Ailella, maie Cellaigh. [« Death of Mael bracha, 
son of Rimid, son of Colmàn, son of Cobthach, and of Ailill, 
son of Cellach »]. 

Cath Lindais. Cath Chind gubai, in quo eecidit Colmàn mac 
Cobtaigh, athair Guaire, la Ragallach mac Uatach [« Battle 
of Lindas. Battle of Cenn gubai, in which Colmàn, son of 
Cobthach, father of Guaire, fell by Ragallach, son of Uata »]. 

Bas Colgan maie Cdlai^. [« Death of Colgu, son of Cel- 
lach »]. 

[AU. 622. CS. 623. AI. 616. FM. 618]. 

Bass Fergna ab lae [« Death of Fergna, abbot of Hi »]. 
Quies Maie laisre, abb [fo. 9 b 2] Aird Mâcha [« Rest of Mac 
laisre, abbot of Armagh »]. 

Expugnac/o Ratha Guala re Fhchaig. Unde Fiacha dix// ; 

Rogab tene Raith Guala, 
tasca[id] biucatan n-uadha, 
suaichnidh in nert a sabadh 
nirbo inda congabad. 

[« The storming of Raith Guala by Fiacha. Whence Fiacha 
said : 

« Fire has seized Ràith Guala ; hoard ye a little therefrom. 
Well known is the strength of its beams: it was not a... that 
was taken »]. 

[AU. 623. CS. 624. AI. 617, 618. FM. 619]. 

K.ui. Mors Ronain maie Colmaiw, et Colman Stellan obiit. 
Guin Dôir 1 maie Aedha Allain. Failbe [Fland] Fidbadh rodn- 
goin, qui cecin// ; 

1. MS. Daire 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



>77 



Ce chana 1 damsa guin Dôir 2 
ami ruba Dôiréne * ? 
is and ro oirg4 cach a dôil* 
o ro oirg4 a dôiléne 6 

7 roma[r]badh sorti a ndighail Dôir 2 . Uiufe mata dus di'xrt : 

Ba guin èôir 7, 

ni ba togail Indsi Côil 8 , 

dia 9 tomat gàir na mbidbadh 

im cend Failbe Flaind Fidhbadh. 

[« The slaying of Dôir, son of Aed Allàn. Failbe Flann Fid- 
bad slew him, and sang : 

« What profit to me is the slaying of Dôir, for I have not 
slain the little Dôir (i. e. Dôir's son) ? Tis then one has killed 
a chafer when one has killed its chaferling. » 

And Failbe was slain in revenge for Dôir. Hence his mother 
said : 

« Tis the slaying of a noble, 'tis not the destruction of Inis 
Côil, from which the foemen's shout breaks forth around the 
head of Failbe Fland Fidbad »]. 

Bass [leg. Natiuitas] Adownaln ab[bad] Hfe. [« Birth of 
Adamnân, abbot of Iona ». AI. 617]. 



[AU. 624. CS. 625. AI. 618, 619. FM. 620]. 

K.i. Anna* tenebroswj. Âedhain mac Cwwascaigh 7 Colman 
mac Cowgellain ad Dominum migrant I0 . 

Babtismum Etum [leg. EtuinJ maie Elle, qwi primus cre- 
didit in reghionib«j Saxonum 11 . 

Cormacc Caem 7 Uland moriuntur 



1 . MS. dana 7 . §air 

2. daire 8. câil 

3. rubud dairene 9. diam 

4. airg 10. migrauit 

5. dâeil u. saxonom 

6. andfulene 12. m. est 

Revue Celtique, XV U. 12 



Digitized by 



»78 



Whitley Stokes. 



Ronan mac Tuathail, ri na n-Airrtfer, mortuus est [« Ronàn, 
son of Tuathal, king of the Airthir, died »]. 

Mongan mac Fiachna Lurgan, ab Artuir fil/o Bicoir Britone 
lapide 1 çercussus interit. Unde 2 Bec Boirche dixit : 

IS uar* in gdeth dar Ile 4, 
dofuil oca i Cind tire, 
dogena[t] gniw amnus de, 
mairbfit^ Mongan mac Fiachnae. 

Land Cluana Airrthir indiu, 
amra in ceat/;rar fbrsr'iadhad, 
Cormac Caem, fri im[î|ochidh, 
ocus Illand mac Fiachrach 6 . 

Ocus in dias ele 

dia foghnonn mor do t[h]uathaib, 
Mongan mac Fiachna Lurgan 
ocus Ronan mac Tuathail. 

[« Cold is the wind over Islay ; there are warriors in Can- 
tyre, they will commit a cruel deed therefor : they will kill 
Mongdn, son of Fiachna. 

« The church of Cluain Airthir today ; good are the four on 
whom it has been closed : Cormac Coem, at tribulation, and 
Illann, son of Fiachra. 

« And the other two, whom many territories serve, Mon- 
gdn, son of Fiachna Lurgan, and Rondn, son of Tuathal »]. 



Cathal mac Aeda ri Mum in. [« Cathal, son of Aed, king of 
Munster »]. 

M'Âedoc Ferna quieuit [« My Aedôc of Ferns rested »]. 



[AI. 620]. 



1 . MS. bi coirprtf tene lapite 

2 . unde dictum est 

3. fuar 



4. daraile 

5 . muirfidh 
é. fiachna 



Digitized by 



The An nais of Tigernach. Third Fragment. 



! 79 



[AU. 625. CS. 626. FM. 622]. 



K.i. Cath Lethid Midhind in Druing, in quo inlerfectus est 
Fiachna mac Baedain, ri Dal Araidhe. Fiachna mac Demain 
mortuus est [leg. uictor erat] [« The battle of Lethet Midenn in 
Drong, wherein was slain Fiachna, son of Baetdn, king of Da- 
laradia. Fiachna, son of Deman, was victor »]. 

Fiacha Find, ri Cenéoil Boghuine [« Fiacha the Fair, king 
of the Kindred of Bôguine »], mortuus est. 

Cath Dirine Ceithirnw 11er Domnoll mac n-Aeda 7 Congal 
Caech, du a torchair Guaire Goillseach mac Furudrain [« The 
battle of Dûn Cethirn between Domnall, son of Aed, and 
Congal Caech, wherein Guaire Goillsech, son of Furudrin, 



Obsessio 1 Builg luatha a nepotibw* Neill [« The beleaguer- 
ing of « Sack of Ashes » (nickname of Crundmael, king of 
South Leinster) by the Hûi Néill »]. 

Failbe Fland ri Mwwan [« Failbe Flann, king of Munster »]. 



K.ii. Cath Aird Coraiwd, in [quo] Ddil Riada uictores erant, 
in qwo cecidit Fiachna mac Demain la Gwnadh Cerr rlg Dal- 
riada. [« The battle of Ard Corann, in which the Ddil Riata 
were victors, and in which Fiachna, son of Deman, fell by 
Connad Cerr, king of Dalriada]. 

a Lachtnene mac Toirbene, abb Ach[aid ûir, déce « Lacht- 
néne, son of Toirbéne, abbot of Achad dr, died »]. 



Cath Chairn Feradaigh a Cliu, [« The battle of Carn Feradaig 



fell »]. 



[AU. 626. CS. 627. FM. 624]. 



[AI. 621. FM. 622]. 



1 . MS. obsissiô 

2. In the MS. this entry is mis 



Slaced. It cornes next after in Ddil 
Uada. 



Digitized by 



Google 



i8o 



Whitley Stokes. 



in Chu »] ubi Failbe Fland Femln uictor erat. Guaire Aidhne 
fugit 1 . Conall mac Mael-duib, ri Hua Maine [« king of the 
Hûi Maini »] cecidit, et Maelduin et Maelruain et Mael calgaidh 
et Mael Bresail, et ailii multi [quam] nobiles tam plebei 2 . 
Uisio Fursu ostensa est. 



K.uii. Cath Duma Aichir la Bolg Luatha [« Battle of Duma 
Aichir by « Bag of Ashes »] in q«o ipse cecidit. Faelan màc 
Colmain ri Laig^w [« Faelân, son of Colmdn, king of Lein- 
ster »] uictor [erat]. 

Cath Botha [Battle of Both »] in qwo Suibne Mend mac 
Fiachrach uictor erat. Domnoll mac Aedha fuigit. Suibne 
Mend mac Vmchracb occise est i Traigh Brena la Conghal 
Càech mac Scandlai» [« Suibne Menn, son of Fiachra, was 
slain on Tràig Brena by Congal Caéch, son of Scandldn »]. 

Pausa/w Columbawi* ffln Bardawi do Dhàil Baird \5\ad, ab- 
badh Cluana. [« Resting of Columbdn, son of Bardin, of Dil 
Baird of Ulster, abbot of Clonmacnois »]. 

Guin Cuwain maie Colmai» [« Slaying of Cuman, son of 
Colmdn »]. 

Uastatzo Laigen la Downall mac n Aedha. [« Dévastation of 
Leinster by Domnall, son of Aed »]. Domnoll mac Aeda 
régnât. 

[AU. 628. CS. 629. AI. 623. FM. 624]. 

K.u. Cath Fedha Éoin, [« The battle of Fid eoin »] in qao 
Mael caith mac Scandail, rex Cruithniu, uictor erat. Dal Riada 
cecidit. Condadh Cerr ri Dal Riada [« king of Dalriada »] ce- 
cidit, 7 Dicull mac YLzchach ri ceneoil Cruithne [« king of the 
kindred of the Picts »] cecidit, et nepotes Aedan ceciderunt, id 
est Rigullan mac Conzmg 7 Failbe mac Ezchach 7 Oisiric mac 



[AU. 627. CS. 628]. 



1 . MS. fuighit 

2. mille 



3 . Pausan colum bain 



Digitized by 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



Albruit rigdomna Saxan [« crownprince of England »] cum 
strage maxima suorum. 

[Mors] Eochach Buidhi maie Aedaiw. [« Death of Eochaid 
the Yellow, son of Aedàn »]. 

[Cath Dûine Ceithirn, in quo Congal Caech fugit, et Dom- 
nall mac Aedo] uictor erat, in quo eeeidit Guaire Gaillsech 
mac Forunnain. 

Cath Duiw[e] Ceithirnn i mbé 1 
cru [ruad] dar 2 suilib glassa, 
batar for slicht Chongziï cr[u]iw 
colla 3 munrewra masse. 

[« The battle of Dûn Cethirn, which had red blood over 
grayeyes. On the track of Congal the Bent were thick-necked, 
comely bodies »]. 

Bass Cailchlnn maie Dima o Liathmuiwe [« Death of Cail- 
chenn, son of Dimma, by (the men of) Liathmuine »]. 

Bass Corning Chirr [« Death of Conaing Cerr »] ut alii 
[fo. io a i] dicunty anno primo reghni sui, qui uictus est i cath 



Dormitacîb Fintain Maelduibh. [CS. 630. AI. 624. FM. 626]. 
Bas Ailli xlg Saxan. [« Death of iElle, king of the Saxons. » 
CS. 630. AI. 625]. 
MoBai mac hui Aldae [« My Bai, great-grandson of Aldae »]. 



K.uii. Cath4 Etuin maie Ailli [« The battle of Edwin, son of 
iElle»] reghis Saxonum, q«i totam^ Brita[n]niam regnauit, in 
quo uictus est a Chon [leg. Catguallaun ?J rege 6 Britonum et 
Panta Saxano. 

Bas Cinaetha maie Luchtren [« Death of Cinaed, son of 
Luchtren »], régis Yiaoxum [CS. 631]. 

1. MS. imbî 4. Cath \xer 

2. ar 5. totum 




[AU. 630]. 



3. cholla 



6. reghi 




I 82 



Whitley Stokes. 



[AU. 631. CS. 632. AI. 626. FM. 627]. 

K.ii. Cath la Cathlon 7 Anfraith [« A battle by Catgual- 
laun and Eanfrith »] qui decollatw^ est, in quo Osualt mac 
Etalfraith uictor erat et Cation, rex Britonum, cecW/V. 

Cath Atha Abla, in quo cecirf/t Dicull, mac Ferghusz Tuili, 
la Mumhain [« The battle of Âth Abla, in which Dicull, son 
of Fergus Tuile, fell by Munster »]. 

INis Metgoit [« the monastery of Lindisfarne »] fundata est. 



K.iii. Cath ludruis vtg Bretan [« The battle of Iudris, king 
of the Britons »,] qui in eo cecidit. 

Cath Atha Goan i n-iarthar Lifi, [« The battle of Âth Goan, 
in the western part of Liffey »], in qwo cecidit Cremthann Cua- 
lan«, mac Aedha, mate Senaigh, rex Lageniorum. Faelan mac 
Colmaiw maie Cowaill maie Suibne, ri Mide [« king of Meath »] 
7 Failbe Flann r/ Muman [« king of Munster »] uictorés erant. 

Mor Muwan, ben Fingen [« Fingen's wife »] qtàeuit. 

Énan Droma Raite [« of Druim Raite »] quieuit. 



K.iiii. Guin da mac Aeda Slaine la Conû\ mac Suibne oc 
Loch Treithli oc Fremaind, \d est Congzl ri Breg, senatha/r 
Hua Conzmgy 7 Ai//ll Cruit/re, senatha/r Sil Dluthaigh 1 
[« The slaying of Aed Sldine's two sons by Conall, son of 
Suibne, at Lough Drin at Fremann, that is, Congal, king of 
Bregia, ancestor of the Hûi Conaing, and Ailill the Harper, 
ancestor of the Sil Dluthaig »]. 



1 . MS. silndluthaigh 



[AU. 632. CS. 633. FM. 628]. 



[AU. 633. CS. 634. FM. 630]. 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



i8î 



[AU. 634. AI. 629]. 



Séigiwe abb le eclesiam Rechrann 1 fundauit [« Ségine, 
abbot of Iona, founded the church of Rechru » (Lambay)]. 

Congregacio Saxonuw contra Osualt. 

Eochaidy abb Lis môir [« abbot of Lismore »], quieuit. 

Bass Conaill maie Suibne i taigh maie Nadfraich la Diar- 
muid mac Aedha Slaine 7 la Mael-uwa mac Forandain il-Lis 
Dochuinn [« Death of Conall, son of Suibne, in the house of 
Nat-fraich's son, in Less Dochuinn, by Diarmait, son of Aed 
Slàine, and by Mael-umai, son of Forannàn »]. 

Qwies Finntain .i. Mundu, maie Tulchàin, in 2 .xii. kl. 
Nouembris, et Ernaine maie Cresene. 

Cath Seghuise [« The battle of Segais »] in quo ceeidit Lo- 
chene mae Nechtai/i Cenwfota [« son of Nechfcàn Longhead »] 
7 C«mascach mae Aengw^a [« son of Oengus »]. 

Cath Cuile Caelan la Diarwuit mae Aedha Slaine [« The 
battle of Cûil Coeldin gained by Diarmait, son of Aed Sldine »] 
in qwo eeeidit Mael-uma mae Aengw^[a] et Colgo (rater illi[u]s. 

[AU. 635. CS. 635. AI. 630. FM. 631]. 

K.u. Guin Ernain maie Fiachntf/, qui uicit î Mael fithrig 
mae Aedha Allain i cath Lethoirbe [« The slaying of Ernan, 
son of Fiachna, who vanquished Mael-fithrig, son of Aed 
Alldn, in the battle of Lethairbe »]. 

Effugac/o Carrthaigh .i. mo Chuto, maie Find, o Raithin 
[« Flight of Carthach, i. e. my Cutu, son of Find, from Ra- 
then »] in diebus pasce. 

[AU. 636. CS. 636. AI. 631. FM. 633, 634]. 
K.uii. Cath Muighe Rath ria nDownoll mae Aeda 7 ria 
1 . MS. eclinam recharnw 3 . qwieuit 



2. hûi 




1 84 



Whitley Stokes. 



macaib Aeda Sldine [« Thebattle ofMoira gained byDomnall, 
son of Aed and by the sons of Aed Sldine »] — sed Domnall 
regnauit Temoriam in illô 1 tempare — in quo cecidit Congal 
Caech xi U\ad [« king of the Ulaid »] et Faelchu cum rnulxis 
nobilibwj, in quo cecidit Suibne mac Colmain Cuair. 

Cath Sailt/re ria Comll Cael mac Maile coba îor Cenel 
n-Eoghain in la c#na [« The battle of Sailtire gained on the 
same day, by Conall the Slender, son of Mael Coba, over the 
Kindred of Eogan »]. 

Bass Failbe Flaiwd xig Muman. [« Death of Failbe Fland, 
king of Munster »]. 

Qwies mo Chudu Rathain hi quintidh Mai. [« Rest of my 
Cutu of Rahen on the fifth of the ides of May »]. 



K.i. Cath Glinwe Mairisow, in quo muindter Domnaill Bricc 
do teichedh, et obsessio 2 Etain [« The battle of Glenn Mai- 
rison, in which the family of Domnall Brecc was put to flight, 
and the siège of Etan »]. 

Cronan mac uLaeghda, ab Cluana maie Nois, obit .i. do 
Corco Laighe. [« Cronan great-grandson of Laegda, i. e. ot 
the Corco Laige, abbot of Clonmacnois, died »]. 

Bass mo Chua Ballai. [« Death of my Cua of Balla »]. 



[in marg. iiiim.d.cxuii]. K.ii. Heracleonas 3, cum matre sua 
Martiwa, regnauit .ii. annis. 

Gum Conghaile [maie Dunchada [« the slaying of Congal, 
son of Dunchad »]. 

Bass Dunsighc* uxoris Domnaill [« Death of Dunsech, wife 
of Domnall »]. 

i . MS. bellô ) . Heracloniw 



[AU. 637. CS. 637. FM. 636, 637]. 



[AU. 638. CS. 638. FM. 638]. 



2. obsecio 



4. dunsidhe 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 185 

Cath Osuailt [« Oswald's battle »] contra Panta x , in quo 
Osualt cecidit. 

Qwies Critan i Naendruim 7 Aeda Duib, ab Cille Dara, xi 
Laigen anûs [« Rest of Critan in Noendruim, and of Aed the 
Black, abbot of Kildare, and at first king of Leinster »]. 

Mael-odhar Càech, [ri] Oirther 2 , mortuus est. [ « Mael-odar 
the Blind of an eye, king of Oriors, died »]. 

MoLaissi Leithglinne macu* Diwa qwieuit. [« My Laisse of 
Leighlinn, great-grandson of Dima, rested »]. 

Bass Allella maie Aeda Roin [« Death of Ailill, son of Aed 
Ron »]. 

Hoc tewpore Theodorus4 papa floruit 5. 
Cuan mac Amalgaidh, ri Muman [« king of Munster »] 
mortuus est. 

[AU. 639. CS. 639]. 

K.ui. Bellwm Cathrach Cindchon la Mumain. Aengus Lia- 
than 6 Glind Damain uictor erat, 7 do téich Maelduin mac 
Aeda Bennan [« The battle of Cathair Cinnchon won by 
Munster. Oengus Liathan from Glenn Damàin was victor, and 
Maelduin, son of Aed Bennan, fled »]. 



[AU. 640. CS. 639. AI. 634. FM. 639]. 

Bass Brudhi 6 ma*c[Foith « Death of Brude, son of Foth »]. 

Loscud 7 Mael[e]duiw, maie Aeda Benmin, i n-Inis 8 Chain 
[« Burning of Maelduin, son of Aed Benndn, in Inis Cdin »]. 

Comgan mac da cherd[a] [« Comgan (nicknamed) son of 
two arts »] mortuus est. 

Guin Maile dui« maic9 Fergw^a [7 Maile duin] maie Col- 
main [« Slaying of Mael-duin, son of Fergus, and of Mael- 
duin, son of Colmdn »]. 



1. MS. planta 

2. orhus 

3 . mac ua 

4. TeothMj 

5. ploruit 



6. brigdhi 

7. loscaid maie 

8. infndis 

9. m c maie 



Digitized by 



186 Whitley Stokes. 

Qmes Daghain Inbir Ddile [« Rest of S. Dagàn of Inber 
Ddile »]. 

[AU. 641. CS. 640. AI. 635. FM. 639]. 

K.u. Constantin*** îïlius Heracli rex[leg. regnauit] mensibus 
[sex]. 

Bas Downaill maie Aedha maie Ainmireach, rig Erenn 
[« Death of Domnall, son of Aed, son of Ainmire, king of 
Ireland »] in fine lanuari .xiiii. [anno] regw* sui in Ard Fo- 
thaidh 1 [in marg. iiii.m.d.c.xx.] Partea Domnall Brecc i Cath 
sratha Ca[r]um [« in the battle of Strath Caruin »] in fine 
anm in Deci/wpre interketus est. quinto decimo [anno] regni sui 
ab [fo. io a 2] Ohan reghe Britonuw. 

Guin AUello, maie Colmaiw rig Cene[o]ill Liegaire [« Slaying 
of Ailill, son of Colmdn, king of the Kindred of Loeguire »]. 

Cath Ossu [« Oswy's battle] » inter eum 2 et Britones. 

in marg. iiii.w.dc.xxxuiii.] K.iii. Constantin//* filins Con- 
stantin/ annis .xxuiii. regnauit. Quest annso ciadogab rige ta- 
reis Downaill. Quidam * dicunt historiographi 4 .i. ceat/^ar da 
gabail .i. Cellach 7 Gwall Cael 7 da mac Aeda Slaine .i. Diar- 
muit 7 Blathmac .i. flaithewn/w cumasc anw siw. [« Here it is 
a question, who took the kingship after Domnall. Some his- 
torians say that four persons took it, namely Cellach, and Co- 
nall the Sknder, and Diarmait and Blathmec, Aed Sldine's 
two sons. There was then a joint sovranty »]. 



[AU. 642. CS. 641. FM. 640]. 

Bass Uasle ingiwe Suibne maie Colmain .i. rigan Faelain 
rig Laigen. [« Death of Uasle, daughter of Suibne, son of Col- 
mdn, that is, the queen of Faeldn, king of Leinster »]. 

Qwies Cronain espuic Caendrowa [« Rest of Crondn, bishop 
of Caendruim »]. 

1 . MS. fothaigh 3 . q«idum 

2. ossueia* nuinuw 4. historia. (.i. sdair) graphî 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



187 



Cath Ciwd con [« The battle of Cenn con », AI. 636]. 

Loscadh Iarnbuidb 1 maie Gartnaith [« The burning of Iarn- 
bodb, son of Gartnat »]. 

Cellach 7 Conall Cael do gabail rige nErind [« Cellach and 
Conall the Slender took the kingship of Ireland »]. 



Bass Scannlain Moir righ Osraige [« Death of Scandldn the 
Great, king of 0%sory »]. 

Aengus Liathan o Glendamûn [« of Glendamun ? »] mor- 
tuus est ; unde dietum est [Here an omission], 

Cuanu mac Cailchin ri Fernmuighe .i. Laech Liathmune, 
mortuus est. [« Cuanu, son of Cailchin, king of Farney, to 
wit, « the Hero of Liathmune », died »]. 



K. Guin nepotum Boguine [« The slaying of Boguine's 
grandsons »] Mael-Bresail 7 Mael-Anfaidh 2 , 7 guiw Flaiwd 
Enaigh [« and the slaying of Flann of Enach »]. 

Mo Chde Naendroma [« my Coe of Noendruim »] in Christo 
(\ti\euit. 



K.i. Mors Furudhrain maie Béce, maie Cuanach, rig Hua 
maie Uais. [« Death of Furudrdn, son ofBéc, son ofCuana, 
king of the Hûi maie Uais »]. 

Lochene mac Fingen, ri Cruithne [« king of Picts »] mor- 
tuus est. 

Cath Gabra et/V Laignib fein [« The battle of Gabra be- 
tween the Leinstermen themselves »]. 



1. MS. co/iloscadh iarnduidb 2. mael anfaigh 



[AI. 638. FM. 640]. 



[AU. 643, CS. 642]. 



[AU. 644. CS. 643. FM. 642]. 




1 88 



Whitley Stokts. 



[AU. 64s. CS. 644. AI. 639. FM. 64s]. 

K.u. GuinScandlainma/rBécce, maicVhchrach, ri^Cruithne 
[« The slaying of Scandldn, son of Bécc, son of Fiachra, king 
of the Picts »]. 

Mac laisre abb Bennchair [« abbot of Bennchor »] qmeuit. 

Beda tune natus est. Hoc te/wpore Martin us papa floruit 1 . 

[AU. 646. CS. 645]. C 

K.ui. Mael coba, mac Fiachna, ri Ulad, iugulatus est la Con- 
gal Cendfada mac Dunchadha. 

Cichis Congdl Cennfadô 
im Mael Choba casail chrô 
ocus ba cosmail a dath 
fri brat rorus do Dunchadh. 

[« Mael-coba, son of Fiachna, king of Ulster, was murdered 
by Congal Longhead, son of Dunchad. 

« Congal Longhead went round Mael-coba of the gory 
mande, and his colour was like unto the cloak to Dun- 
chad »]. 

Bolg Luatha ri Wtia Cendsik/^ [a Sack of Ashes », king of 
the Hûi Cennselaig »] mortuus est. 

[AU. 648. CS. 646. AI. 640. FM. 64s]. 

K.ui. Ragallach mac Uatach xi Connacbt do toitim la Mael 
Brighde mac Mothlachan 7 la Corco C/dlu. 

Ragallach mac Uatach 
gdeta dé muin gheleich 2 , 
Muireann deich morochich, 
Cathal deich modere[i]ch. 

1 . MS. phloruit 2 . gheileach 



byG0CK 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



189 



Nir ghreis anniu do Chathal 
cia contola fria rigaib 
ciasa Cathal cew athair 
nirsa hathair cen digail. 

Adaig siw dia dia dighail 
atar ailig née t. 
gonaid 1 se fini côtcat 2 
airgid * si hairgne deag. 

[Mo chuitsi i ccuma caich 
dioghail Raghallaigh rofaith 
fil a ulcha léith im laimh 
Maoil-Bhrighdi, mic Motlachain. — FM.] 



[« Ragallach, son of Uata, king of Connaught, fell by Màel 
Brigte, son of Mothlachàn, and by the Corco Cullu. 

« Ragallach, son of Uata, was slain from the back of a 
white steed. Muirenn best bewailed him. Cathal best avenged 
him. 

« Today Cathal had no protection, though he slept with 
kings. Though Cathal is fatherless his father was not un- 
avenged. 

« God granted this to avenge him... he slays six and fifty 
men, he commits sixteen dévastations. 

(« I had) my share like every one in avenging Ragallach... 
In my hand is the grey beard of Mael-Brigte, son of Moth- 
lachdn »]. 



Cath Cairn Cowaill in die Pentecotftf, ubi da Cuan ceci- 
derunt .i. Cuan mac Amalgaid maie Enda, ri Muman, 7 Cuan 
mac Cofiaill, ri Hua Fi[d]gheinte, 7 Tolamnach ri hua Liathaiw, 
7 Guaire fu[g]it, 7 Diarmaid mac Aeda Slane uictor erat. 
Isedh iarom doluidh Diarmuit don cath sin .i. tria Cluain maie 

1 . MS. cona 3 . airgnigh 

2. côicùK 



[AI. 641. FM. 64s]. 




190 



Whitley Stokes. 



Noiss. Dorindsead simadh Ciarain étla fri Dia fair co tissadh 
slan dia n-inchaib a coraigecht[a] sow. Iar sôdh in rig iarow 
roidbair Toim n-E[i]rc conz. fodlaib 1 ferai nd .i. Liath Man- 
chàin indiu a ainm, [amail] fôd fo[r]altoir do Dia 7 do Chia- 
ran, 7 dobdrt teora trisste for righ Midhi dia caithedh neach 
dia mundtir cidh 2 digh n-usci and, conidh desin dorogart * 
Diarmuid a adnacol a Cluain maie Nôis. 

[« The battle of Carn Conaill on Whitsunday, wherein fell 
two Cûdns, namely, Cûdn, son of Amalgaid, son of Énda, 
king of Munster, and Cûdn, son of Conall, king of Hûi Fid- 
geinte, andTolamnach, king of Hûi Liathdin. And Guaire fled, 
and Diarmait, sonof Aed Sldine, was victor. Now Diarmait had 
marched to that battle through Clonmacnois. The community 
of Clonmacnois made supplication to God that he might corne 
back, safe by virtue(?) of their guarantee. So after the return 
of the king he offered Tuaim n-Eirc — Erc's Mound — with 
its subdivision of land — Liath Mànchdin is its name to day — 
as a « sod on altar » to God and to saint Ciardn. And he be- 
stowed three curses on the king of Meath if any of his people 
should consume even a draught of water therein. Wherefore 
Diarmait demanded to be buried in Clonmacnois »]. 

QwiesFttrsu in Paruwa [« Rest of Fursa in Peronne »]. 

Mo Chaewôg Léith Môir mortuus est [« My Coemôc of 
Liath M6r died »]. 



K.i. Cath Ossu friPante, [« Oswy's battle against Penda »] 
in qMO Panta cum .xxx. regibus 4 ctcidit. 

Cath Dui« Cremthandaiw^ in q«o cecidit Aengus mac Dont- 
naill, maie Aeda. Filii Mael-choba uictor[es] era[n]t .i. Cel- 
\ach 7 Conall Cael. [« The battle of Dûn Cremthanniin, in 
which fell Oengus, son of Domnall, son of Aed. The sons of 
Mael-choba, namely Cellach and Conall the Slender, were 
victors »]. 

1 . MS. foglaib 3 . dorecart 



[AU. 649. CS. 647. FM. 646]. 



2. cidh neach dia mundtir 



4. corn .xxx. reigibttf 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



191 



Bass Cat[h]asaigh maie Domnaill Bricc [« The death of Ca- 
thasach, son of Domnall Brecc »]. 

Bass Oonain Muighe bile 7 MoC[h]elloc maie Glaschaill 
[« The death of Cronan of Movilla and of my Cellôc, son of 
Glaschall »]. 



K.ui. Qwies Aedain espuie Saxan [« The rest of Aidàn, 
bishop of the Saxons »]. 

Guin da mac Blaithmnc maie Aeda Slaine [la Mael Odrain] 
do Laigmi [i] muilind 1 Maelodhraiw .i. Donncadh 7 Conû\. 

A mulind, 



cia romelt mar do thuiriwd, 
ni bo 2 coiwelt îor serfuind 3, 
romelt 4 îor huib Cerbuill. 

An gran mêles 5 in mulind 
ni corca acht is [dergjtuirind, 
is di fogla[d] in cruinw mair 6 
fotha7 muiliwd Maeil Odhrain. 



[« The slaying of Donnchad and Conall, the two sons of 
Blaithmec, son of Aed Slàine, by Mael Odràin of Leinster, 
in the mill of Mael Odrdin. 

« O mill, though thou hast ground muchwheat, thiswasnot 
a grinding upon oats, thou groundest on CerbalPs grandsons. 

« The grain which the mill grinds is not oats, but red wheat. 
Of the saplings(?) of the mighty tree is the feed of Mael- 
Odrdin's mill »]. 

Guin Oissiw maie Oiseirg 8 [« The slaying of Oswin, son 
of Osric »]. 

1. MS. Moh'nd 6. in«aîr 

2. ro 7. fod a 



[AU. 650. CS. 648. FM. 647]. 



3. ferfuimi 

4. aromelt 

5. milis 



8. In the MS. this entry cornes 
next after Cotiaîl 




192 



Whitley Stokes. 



[AU. 651. CS. 649. AI. 642. FM. 648]. 

[fo. io b 1] K. Obitus Seghine ab Ea [« abbot of Iona »] .i. 
filii'Fiachna. 

Qwies Aedha logha, ab Cluana maie liïois. Do Gailengaib 
in Choraind dô .i. [mac] Camain [« The rest of Aed-lug, 
abbot of Clonmacnois. Of the Galenga of the Corann was he, 
the son of Caman »]. 

Dormitac/o Manchene abad Mené drochaid [« The falling 
asleep of Manchéne, abbot of Monadrehid »]. 

IMairec catha Chuile Corran, in q«o cecidzï Cuilene mac 
Forunnain, ri Hua Failghe. Mael-deich 2 et Onchu uictores 
erant. 

[« The conflict of battle of Ciiil Corran, in which fell On- 
line, son of Forannan, king of Offaly. Mael-deich and Onchu 
were victors »]. 

Cû gamna mac Suibne mortuus est. 

Uitalianttj papa hoc tempore floruit. 

Caimin Indsi Cealtra [« S. Caimin of Inis Celtra »] mor- 
tuus est. 



[AU. 652. CS. 650. AI. 645. FM. 649]. 

K. Bass Ferich maie Totalain [« Death of Ferech (Fereth?), 
son of Totalàn »]. 

Éc Tolairg 3 maie Foôith, régis Pictor«m [« Death of Ta- 
larg, son of Foth, king of the Picts »]. 

Ulltan mac hui Cowcobair, 7 Findchû o Bri Gabunw quieue- 
runt [« Ultan, great-grandson of Conchobar, and Findchû of 
Bri Gobann, rested »]. 

Da Chua Luac^ra ab Ferna [« Thy Cua of Luachair, abbot 
of Ferns »]. 

Bass Conaill Coir. [« The death of Conall Côir »]. 



1. MS.filH 

2. maeldeth 



3. Ectolairg 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



i<>3 



Cath AirrtA/r Seola la Condachta, in quo cecidit Marcan mac 
Tomain ri Hua Maine. Cendfaeladh mac Colgan 7 Maenach 
mac Bàithin, ri Hua mBriuin Brefne, uictores erant. [« The 
battle of Airther Seola, wherein fell Marcàn, son of Tomàn, 
king of the Hûi Maini. Cennfaelad, son of Colgan, and Mae- 
nach, son of Bàithin, king of the Hûi Briuin of Brefne, were 
the victors »]. 

Mael-dôid mac Suibne, ri Midi [« Mael-doid, son of Suibne, 
king of Meath »]. 



K. Colman espoc, mac hûi Tellduib 7 Osine Fota, da ab Cluana 
hlraird, obierunt [« Bishop Colmàn, great-grandson of Tell- 
dub, and Ossine the Tall, two abbots of Clonard, died »]. 

Guin Fergwja maie Downaill 7 Fergaja maie Ragalki^ 7 
Aedha BeatAra maie Cumain la Huu 1 FiacÂrach Aidne [« The 
slaying of Fergus, son of Domnall, and ofFergus, son of Ra- 
gallach, and of Aed Bethra, son of Cuman, by the Hûi Fia- 
chrach of Aidne »]. 

Diarmuit 7 Blathmac, da m^c Aeda Slaine, da ri[g] Tem- 
rach [« Diarmait and Blathmec, two sons of Aed Sldine, two 
kings of Tara »]. 

Cath Sratha Ethairt re Tolartach mac Anfrait, rlg Cruithne, 
i torchair Dunchadh mac Conzing 7 Cong&l mac Ronain [« The 
battle ot Srath Ethairt gained by Tolartach, son of Anfrait, 
king of the Picts, wherein fell Dunchad, son of Conaing, and 
Congal, son of Rônàn »]. 

Aedh Roin, mac Mail coba, [« son of Mael-choba »] mor- 
tuus est. 

Fursu in Paruina pausauit i Frangcaib. 



[CS. 651]. 



Athair Fwrsu, radh glan gle, 
Lochin do Ddil Araidhe, 
issi fa mathtf ir do« mac> 
Gelghes ingen rig Con[n]acbt. 



1. MS. uabh 



Revue Celtique, XVII. 




194 Whitley Stokes. 

[« Fursu rested in Peronne in France. 

« Fursu's father — a pure, bright saying — was Lochin of 
Dalaradia. This was the boy's mother, Gelgéis, daughter of 
Connaught's king »]. 



[AU. 655. CS. 652. FM. 650]. 

K.i. Cath Flescaigh r , ubi cecidit Cwwascach mac AileMo, ri 
Hua Cremthainn, in quo Crundmael mac Suibne, ri Ceneoil 
Eogaiw, uictor erat. [« The battle of Flescach, where fell Cu- 
mascach, son of Ailill, king of Hûi Cremthainn, in which 
Crundmael, son of Suibne, king of the Kindred of Eogan, was 
uictor »]. 

Cath Pante [« the battle of Penda »] régis Saxonum 2 , in 
qwo ipse cum .xxx. reigib«j cecidit. Ossiu uictor erat 3. 

Bass Crunnmail Er[b]uilg, maie Ronain, rig Laig£« Des- 
gabair [« Death of Crunnmael Erbolg, son of Rônàn, king of 
South Leinster »]. 

Bass Aithcen Tiri da glass 7 Cailcene o Lothru [« Death of 
Aithcen of Tir da glass and of Cailcene from Lothra »]. 

Dunchad mac Aeda Slane [« son of Aed Slâne »] mortuus 
est. 

Laidhgnew mac Colmaiw, xi Connacht [« son of Colmin, 
king of Connaught »] mortuus est. 



fAU. 656. CS. 653]. 

K. Qtties Ulltan maie hui Concobair hi .ii. non Septiwper 
[« Rest of Ultan, great-grandson of Conchobar, on the second 
of the nones of September »]. 

Qwies Suibne maie Cuirthre4, abb Iea[« Rest of Suibne, 
son of Cuirthre, abbot of Iona »]. 

Cath Delend [« The battle of Delend (?) »] in quo iw/erfectus 
est Mael-déd mac Cowaing. 

1 . MS. flescaidh 3 . erat fuit. 

2. saxorum 4. leg. Cuirtri? 



/Goo$ 



Digitized by 



The Annals of Tigernack. Third Fragment. 



Bas Tolorcain maie Ainfrith, rlg Cruithne [« Death of To- 
largan, son of Ainfrith, king of the Picts »]. 

Q«ies Conainge Cille slebe [« Rest of Conaing of Cell 
Slébe »]. 



K. Bass Cellaigh, maie Maile caba, isi* Brug [« Death of 
Cellach, son of Mael-coba, in the Brugh Maie ind 6c »]. 

Mors Celk/f maie Sarain, abb Othna moire [« Death of 
Cellach, son of Sardn, abbot of Othain Môr »]. 

Mo Chua mac Lonain [a My Cua, son of L6nàn »] quieuit. 



K. Diwa Dub espoc Connere, 7 Cumine espoc Naendroma, 7 
Sillan espar Damlndsi, 7 Dunchadh, mac Aeda Slaine, mortui 
swnt [« Dimma the Black, bishop of Connere, and Cumine 
bishop of Noendruim, and Sillàn bishop of Devenish, and 
Dunchad, son of Aed Slàne, died »]. 

Guin Ercdoft maie Sechnwjaigh 7 Conchlnd maie Laidh- 
gnen [« the slaying of Ercdoit (Orcdoit ?) and of Conchenn 
son of Laidgnén »]. 

Flodibor [leg. Flodobius i. e. Clovis II ?] rex Frangcoram 
obit. 



K. Obitus Fiwain maie Rimedha, espuie [« Death of bishop 
Finan, son of Rimid, a bishop »]. 

Colman Glindi da lâcha obit, 7 Dainel espoe Cind garadh 
[« Colmàn of Glendalough died, and Daniel bishop of Kin- 
garth »]. . 

Bas Eaehacb, maie Blaithm/c, maie Aedha Slaiwe [« Death of 
Eochaid, son of Blaithmec, son of Aed Slaine »]. 

Con&ll Crandamna mortuus est. Eoganan mae Tuathalaiw 
mort nus est. 



[AU. 657. CS. 654. FM. 657]. 



[AU. 658. CS. 655]. 



[AU. 659. CS. 656. FM. 658, 659]. 




196 



Whitlcy Stokes. 



Guin Faelain rig Osraighi do Laignib [« The slaying of 
Faeldn, king of Ossory, by Leinstermen »]. 

Ai/îll mac Dunchadha, maie Aedha Slaine, mortuus est. Mae- 
dôc Ferna quieuit [« Ailill, son of Dunchad, son of Aed Slaine, 
died. Maedôc (= my Àedôc) of Ferns rested »]. 

[AU. 660. CS. 657. AI. 650. FM. 660]. 

K. Towene abb [7] esçoe Aird Mâcha quieuit. Laidhgnen 
mac Baith Bandaigh quieuit. Conaing hua Daint, ab Imleich 
Ibair, quieuit. Cumine ab[b]as ad Hib^rniam uenit. Mo-Gopoc 
macu 1 Lama quieuit. Qwies Cttwene Fota secundum aliôs 2 
[« Comméne, abbot and bishop of Armagh, rested. Laidgnén, 
son of Baeth Bannach, rested. Conaing, grandson of Dant, 
abbot of Imbliuch Ibair, rested. Abbot Cumine came to Ire- 
land. My Gopôc, great-grandson of Lâm, rested. The rest of 
Cuméne the Tall, according to some »]. 

[AU. 661. CS. 658. AI. 651. FM. 661]. 

K. Cumine Fota, .lxxii. anno etatis sue, mortuus est. Saran 
hua Cridan quieuit. Mael duin mac Aeda Bendaiw mortuus est. 

Cath Oghamain oc Cind Corbadan [« The battle ot Ogaman 
at Cenn Corbadan »] ubi ceciderunt Conaing mac Congzlaig 
maie Aeda Slaine et Ultan mac Ernine, ri Chnacbta [« king of 
Cianacht »] et Ceandfaeladh mac Gerrtidhe, ri Arda Chnacbtz 
[« king of Ard Cianachta »], in quo bello Blathfmac] mac Aeda 
Slaine uictw* est a sociis Diarmata maie Aeda Slaine, qui d/- 
cuntur Onchû mac Saran, 7 Mael milchon * 7 Cathasach mac 
Eimine, in qwo bello 4. Faelchu mac Maeluma ceeidit. Hic 
finis régni* [fo. io b 2] Blaithm/c, ut alii d/nmt, et initiuw 
regni 6 Diarmata 7. 



1 . MS. mac ua 

2. faliôs 

3. iarma... chon 

4. uello 



5. réighni 

6. rigni 

7 . In the MS. this sentence cornes 
between vicltis est and a sociis 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



197 



Maenach mac Fingin, ri Muwan [« king of Munster »] 
mortuus est [AI. 652]. 

Mael fuataig mac Ernàine, ri Chnacbta [« king of the Cia- 
nacht »], iugulatus [est]. 

Scand[l]an abbas Lugbaid [« abbot of Louth »] qwieuit. 

Maelduin mac Furudrain r/ Dwrlais [« king of Thurles »] 
mortuus est. 

Conall Cloccach [« of the Bells »] qaieuit. Colman hùa 
Quasaigh [« grandson of Cluasach »] quieuit. 

Senodus Constantinopolii (acte est sub papa Agathone et 
Constantino reghe, quae est sexta 1 senodftf uniuersalis, se- 
nodus episcopis .cl. residentibus. Prima enim ûniuersalis se- 
nôdus in Nicea urbe Bethinia[e] rowgregata est contra Arium 2 . 
.ccc.xuiii patruw temporibwj Iuilii pape sub Constantino, id 
est filio Hélène, principe. Secunda C<mstantinopolii cl. patrum 
contra * Macidoniuw et Eudoxium temporibwj Damasi pzpae et 
Graciani principis, quando Nectarius eidem urbi est ordinatw* 
episcopus4. TVcia in Ephesso .ce pa/rum contra* Nestorium 
Aguste, uel Constantiwopo/w, «el Elie urbis episcopwm, sub 
Téodosio 6 magnô principe et papa Celistino. Quarta in Chal- 
cedone7, pa/rum d.cxxx. sub Leoiwe papa temporibwj Mar- 
ciani principis contra 8 Eutic[h]en nefandissimorwm praesulew 
monachorum 9. Quinta autem Constantinopoli I0 , temporibwj 
Uigilii pape, sub Iustinianô principe, contra 11 Teodoruw et 
ownes hereticos. Sexta hec de qua in presenti diximwj. 

Bec mac Fergusa 7 Com\l Clocach qwieuit. 

[AU. 662. CS. 659. AL 653. FM. 662]. 
Kl. Guaire Aidhne mort[u]«j est 7 a adnacol a Cluam maie 

1 . MS. sextus 8. eius 

2. dus arruum 9. nefantissimorum P. suletw ma- 

3 . eius est neceorum. Perhaps Manichacorum is 

4. esp. meant..ButBeda(ed. Giles, VI, 327), 

5. tst from whom this passage is taken, 

6. episcopttf sub téodossa has monachorum. 

7. Quarta inporibtfj marsiani in 10. constintino poliss 



calsidone 



11 . 




198 Whitley Siokes. 

Nois [« Guaire of Aidne died, and his burial at Clonmac- 
nois »]. 

Iugulacio 1 duorum filiiorum Domnaill maie Aeda [« of Dom- 
nall, son of Aed »] .i. Conall 7 Colgo, o Cerrchend [« by 
Cerrchenn »]. 

Mors Gartnait maie Domnaill, rig Cruithneach, 7 Domnaill 
maie Tuathail 7 Tuathail maie Morgainn. [« Death of Gart- 
nat, son of Domnall, king of the Picts, and of Domnall, son 
of Tuathal, and of Tuathal, son of Morgann »]. 

Qwies Segain maie hui Chuind, zbbad Bendchair, 7 Tuenôc 
maie Findtain abbad Ferna [« Rest of Segéne, great-grandson 
of Conn and abbot of Bangor, and of thy Enoc, son of Find- 
tan, abbot of Feras. »] Indercad 7 Dimmai 2 , duo episcopl, 
qwieuerunt. 

Cendfaeladh mae Colgon ri Condacht. [« Cennfaelad, son 
of Colgu, king of Connaught »]. 



[AU. 663. CS. 660. FM. 663]. 

Kl. Ténèbre i callaiwd Mai [« on the calends of May »] in 
hora nona, et in eadem estate celum ardere uisum est. Morta- 
litas magna in Hiberniam peruenit hi calaind Auguist .i. i 
Muigh Itha il-Laigmô [« on the calends of August, i. e. in Mag 
Itha in Leinster »]. 

Mors Cernaigh Sotail filii Diarmuda maie Aeda Slaine 
[« Death of Cernach the Proud, son of Diarmait, son of Aed 
Sldine »], et terre 3 motus in Britania, et Comgan mac Cu- 
th^ende et Berach abas Bennchair [« abbot of Bangor »]. 

Baedan mac uCormaic ab Cluana obit. [« Baetan, great- 
grandson of Cormac, abbot of Clonmacnoise, died »]. 

In campo Fochairt exarsit mortalitas primo in Hibmiia, a 
morte Pafricii .cc.iii. prima mortalitas [leg. post mortalita- 
tem ?] .c.xxii4. 



1. MS. Uigalacio. 3. terne 

2. Indearcag 7 dimnai 4. x.xii 



Digitized by 



G( 



The Annalsof Tigernach. Third Fragment. 



199 



[AU. 664. CS. 661. AI. 656. FM. 664]. 

Kl. Mortalitas magna. Diarmuit mac Aeda Slaine 7 Blathm^c, 
da rig Erenn [« two kings of Ireland »] 7 Mael Bresail mac 
Maile duln mort[u]wj [est]. Ulltan mac hûi Cunga ab Cluana 
hlraird [« Ultan, great-grandson of Cunga, abbot of Clo- 
nard. »] Dormitacio Feichine Fabair7 Aileran na heena [« The 
falling asleep of S. Féchine of Fore and of Aileran of the Wis- 
dom »] 7 Ronan mac B^raig 7 Mael-doid mac Fingin. Cu gen 
mâthair, mac Cathail, ri Muman [« king of Munster »] mor- 
tuus est. Cormac mac Failbe Flaind, ri Muwan [« king of 
Munster »] an« [leg. moritur ?] Blathm^c ri Tebtha, [« king of 
TefEa »], Oengus \J\ad [« of Ulster »] 7 Manchan Leith [« of 
Liath »] episcopi abbatesque regesque 1 innumerabile[s] mortui 
sunt 2 . Colman mac Fualascaig, do Corco Mogha, aen bliadain 
ab Cluana maie Nois [7] Cumaine, do Gregraigi Locha Te- 
ched, ab Cluana maz'c Nois, dormierwwt [« Colmdn, son of 
Fualascach, of the Corco Moga, one year abbot of Clon- 
maenois, and Cumaine, of the Gregraige of Loch Techet, 
abbot of Clonmacnois, slept »]. 

Sechnw.rach [fo. 1 i a 1] mac Blaithm«c [« son of Blathmec »] 
regnaire incipit. 



K. Mors Ailello Flainweass[a], maie Domnaill, maie Aedha, 
maie Ainmireach [« Death of Ailill Flann-ess, son of Domnall, 
son of Aed, son of Ainmire »]. 

Mael càich mac Scandlam, ri Cruithne [7] Mael-duin mac 
Scandail, ri Cenéoil Cairpn, obierunt 5 [« Mael-cdich, son of 
Scandldn, king of the Picts, and Mael-duin, son of Scandai, 
king of the Kindred of Cairbre. died »]. 

Eochaidh 4 Iarlaithe, ri Cruithne Midhi. [« king of the Picts 
of Meath »]. 

1 . MS. abaitis que reigis que 3 . obierat 



[AU. 665. CS. 662. FM. 665]. 



2. fierant 



4. Eochaigh 




200 Whitley Stokes. 

Duib-inwracht macDunchada ri Hua mBriuin Ai [« King 
the Hûi Briuin Ai »] mortuus est. 

Mors Cellaig maie Ughaire. [« Death of Cellach, son of 
Ugaire »]. 

Cath Feirtse iter Ulltu 7 Cruithne, in quo cecidit Cathasach 
mac Luirchine. [« The battle of Belfast between the Ulaid 
and the Picts, in quo etc. »]. 

Baithine abb Benwchair [« abbot of Bennchor »] quieuit. 

Faelan mac Colma/n ri Laigen [« son of Colmdn, king of 
Leinster »] mortuus est. 



[AU. 666. CS. 663. FM. 666]. 

Kl. Mortalitas in qua quatuor abbates 1 Bew«chair [« four 
abbots of Bennchor »] perierunt, B^rach 2 , Cwmine, Colum, 
Mac Aedha. 

Cath Aine eter Aradho 7 Huu Fi[d]gente, [« The battle of 
Aine between the Araid and the Hûi Fidgente »], ubi cecidit 
Eogan mac Crundmail. 

Guiw Braiw Find maie Mail ochtraigh .i. ri na nDese Mu- 
;wan. [« The slaying of Bran the Fair, son of Mael-ochtraig, 
and king of the Dési of Munster »]. 



[AU. 667. CS. 664. FM. 667]. 

Kl. Nauigaitio Colmani episcopi* cum reliqwi[i]s sanctovum 
ad Insulam 4 Vacce Albe, in qua fundauit eclesiam s. Et naui- 
gatio filiorww Gartnaith ad Ibmiiaw cum plèbe 6 Scith. 

FeargMJ , ma c Muicedha mortuus est. 



1 . MS. in quo quotuorww abaites 4 . insolum 

2 . perlest b<?rach. 5 . ailbe in quo fundabat eac linatn 

3. Colmanc csp. 6. plepe 



Digitized by 



The A nnals of Tigernach. Third Fragment. 



201 



[AU. 668. CS. 66s. FM. 668]. 

Kl. OMtwj C«waine Albi abbatis Iae 1 7 Çritan abbatis 2 
Be>wchair 7 mo Chua maie Chuist, et mors Mail-Fothartaig * 
maze Suibne, r# Nepotum Tuirtri. 

Itharnan et Corindu apwi Pictores defuincti sunt. 

Iugulatio Maile duin filii4 Maewaigh. 



Kl. Nix magna facta est. Accidit ascolt* [môr « a great 
famine »]. 

Iugulatio 1 Maele duin nepotis Ronain. 

Mors Blaithrcuc maie Mail Coba 7 iugulatio 1 Cuanna maie 
Maile duin maie Cd\aig. 

Uenit gens Gartnait de Heb^rnia. 

Iugulatio 1 Brâin Fiwd maie Mail-Fotharto^. 

Mors Dunchadha nepotis Ronain. 



Kl. Mors Ossu maie Etilbrith rlg Saxan [« Death of Oswiu, 
son of iEthelfrith, King of the Saxons »]. 

Iugulatio 6 Seachnusaigh maie BlaithmiV régis 7 Temoria[e] 
initiô h[i]emis. 

Ba srianach, ba hechlascach 8 
a teach a mbith [Sechnasach], 
ba himdha fuidhell 9 for slait 
istaigh a mbidh mae Blaithma/c. 

1. MS. ailbe abaitéis iea 6. iugal. 

2. abateiss 7. riega* 

3 . mailfotharataig 8 . Bass rianan bahecloscach 

4. Iugalatio... fiflu 9. fuighell 

5. Nigis foc/a«/occfd magna escolt 



[AU. 669. CS. 666]. 



[AU. 670. CS. 667. FM. 669. 




202 



Whitley Stokes. 



[« Full of bridles, full of horsewhips was the house in which 
Sechnasach used to be. Abundant were the leavings besides 
plunder in the house wherein dwelt Blaithmec's son »]. 

Dub duiw rex Generis 1 Cairpn iugulauit 2 illum. 

Bran Fi«d mac Mail ochtraigh, ri na nDeisse Muman [« The 
king of the Dési of Munster »] mortuus est. [AI. 660]. 

Mael-Ruba in Britaniam nauigat. [FM. 671]. 



Kl. Cath Dungaile maie Maile tuile, ri Ceneoil Boguine. 
[« The battle of Dungal, son of Mael-tuile, king of Cenél Bé- 
guine ».] Loingseach uictflr fuit. Dungal ceeidit. 

Loscadh Aird Mâcha 7 Tighi Telle [« The burning of Ar- 
magh and of Tehelly »]. 

Mors Cwmascaigh maie Rowain. 

Cenwfaeladh mac Blaithm/c regnaire incipit. 

Expuilsiô Drostô de reghno et combusûo Bewnchair Bri- 



iiiim.d.cl.uiii. Kl. Iustfinjianw^ minor, films C(?ws[t]ant[ini] 
anwû .x. regnauit. 

Guin Dowanguirt maie Downuill Bricc, rlg DailRiata [« The 
slaying of Domongort, son of Domnall Brecc, king of Dal- 
riada »]. 

Nauigado Failbe abbadlae 3 [« abbot of Iona »] in Ibmiiaw. 

Mael ruba fundauit eclesiam 4 Aporcrosaw. 

Combusûo Muighe luinge [« The burning of Maghluinge »]. 

[AU. 673. CS. 670. AI. 662]. 
Kl. Guin Ctfngail Cendfata maie Dunchadha, xig \J\ad, o 

1 . MS. gênais 3 . ab iea 



AU. 671. CS. 668. FM. 670]. 



tonu/w. 



[AU. 672. CS. 669]. 



2. iugal. 



4. fundabit 7 1. siam 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



203 



Bée Boirche mac Blaithm*c [« Theslaying of Congal Longhead, 
son of Dunchad, king of Ulaid, by Bécc Boirche, son of 
Blaithmec »]. 

Nub[e]s tenu[i]s et tremula ad speciem 1 celestis arewj, 
quarta uigilia noctis, quinte feria anfe pasca, ab oriente 2 in 
occidentem p*r serenum 3 caelum apparuit. Luna in sang[u]e- 
nem uersa est. 



[AU. 674. CS. 671. AI. 663. FM. 673 J. 

Kl. Cath for CennfaeW mac Blaithm/c, maie Aeda Slaiwe, 
oc Tigh hui Maine i nDail Cealtru, re Findachta Fleadhach 
mac nDunchadha. [Findachta Fledach] uictor erat. Finachfa 
Fledhach4 regnare incipit. [« A battle gained over Cennfaelad, 
son of Blaithmec, son of Aed Slaine, at Tech hûi Maini in 
Dil Celtru, by Findachta the Festive, son of Dunchad. Fin- 
dachta the Festive », etc.]. 

Mors Noi maie Dainel. Mors filii Panntea. 



[AU. 67s. CS. 672. AI. 665. FM. 674]. 

Kl. Columban episcopus* Insole Vacce Albe 6 7 Finan mac 
Airennain 7 pausant. 

Coscradh Ailigh Frigrend la Findachta Fledach 8 [« Des- 
truction of Ailech Frighrenn by Findachta the Festive »]. 

Failbe de Hitarnia reuertitwr9. 

Cotfgal [fo. 11*2] mac Maile duin et filii Scandail et Ur- 
thuile iugulati 10 sunt. 



1 . MS. sbeciam 

2. oirienti 

3. senenuw 

4. fleghach 

5. Colam banespoc 



6. ailbe 

7. finaen asrenwam 

8. flegach 

9. rcuendtw 

10. iugal. 



Digitized by 



204 



Whitley Stokes. 



[AU. 676. CS. 673. FM. 675]. 



Kl. Stella comètes 1 uisa est luminosa in mense Septewbir 2 
et OctiwbtV. 

Duncadh mac Ulltain ri Oirgiall [« king of Oriel »] oc- 
cistis est la Mael duin mac Maeli fithrigh [« by Mael-duin son 
of Mael fithrig »]. 

Cath etir VïnàachU 7 Laighnecho [« A battle between Fin- 
dachta and the Leinstermen »] in locô çroximo Locha Gabra, 
in qwo Finwachta uictor erat. 

Congresio Cuile Maine ubi ceciderunt * da mac Maile Ach- 
dain [« The conflict of Cûil Maini, wherein fell two sons of 
Mael Achdain »]. 

Beccan Ruimean qwieuit [in] insola Britania. 



Kl. Mors Colgan maie Failbe Flaiwd, rlg Muman [« Death of 
Colgu, son of Failbe Fland, king of Munster »]. Fiwdgaine 
mac Con cen màthair xi Muman moritur 4 ? [« Findguine, son 
of Cû cen mathair (motherless Hound) dies »] 

Dairchill mac hui Rite, espoc Glindi da lâcha [7] Comane 
espoc [7] Maeldogar espor Fernann pausant [« Dairchill, great- 
grandson of Rete (?), bishop of Glendalough, and bishop Co- 
mane, and Mael-dogar, bishop of Ferns, rest »]. 

Interfectio generis Loairnw i Tirinn .i. eter Ferchair Fotai 7 
Britonés [« between Ferchair the Tall and the Britons »,] 
qui uictores erant 5. 

Tuaiw snawa r/ Osraighi 6 mortuusest la Faelan Senchostal. 
[« Tûaim-Snàma, king of Ossory, died by Faeldn Sen- 
chostal »]. 

1. MS. comités 5. txer ferchair fectio geniris .i. 



[AU. 677. CS. 674. FM. 676]. 



2. ceptiwbir 

3 . uibî cecit en/nt 
4 an 



fotai 7 britonés qwi uictores erant lo 
airnw iu'rinn 
6. osraidhi 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



Bass Drosto ma/cDownaill [« Death of Drost, son of Dom- 
nall »]. 

Cath i Calitros [« A battle in Calitros »], in quo uictus est 
Domnoll Breacc. 

[AU. 678. CS. 675. AI. 667. FM. 677]. 

Kl. Quies 1 Failbe ab[b]atis lea. Cendfaeladh sapiens pausa/. 

Cath Taillten re Findènechta contra Beicc mBoirche. [« The 
battle of Telltown gained by Findènechta against Beicc 
Boirche ».] Dorai tacio Nechtaiw. 

[AU. 679. CS. 676. AI. 668. FM. 678]. 

Kl. Colman ab[b]as B^wwcair [« abbot of Bennchor »] 
paustat. 

Cathal mac Ragallaigh mortuus est. 

Guin Fianamla maie Maile tuile tlg Laighen 2 , 7 Foidsea- 
chan, dia munwtir fein, rod-geoghuin 3 ar YmachU [« The 
slaying of Fianamail, son of Mael tuile, king of Leinster ; and 
Foidsechân, one of his own househoid, slew him for sake of 
Finachta »]. 

Bellum4 Saxonwm ubi cecidit 5 Almuine iilius Osu. 

Mors Maele Fothartaigh espuic Aird sratha [« Death of Mael 
Fothartaig, bishop of Ardstraw »]. 

Bran mac Conùll ri Laigen an [« Bran son of Conall, king 
of Leinster, died ?] 

Cath i wBa[db]ghna, ubi ceci[di]t Conall Oirgnidh 6 , ri Ce- 
neoil CairpW [« A battle in Badbgna, where fell Conall the 
Destroyer, king of the Kindred of Cairbre »]. 

Lepra grauissi/wa7 in Hibmiiaw, <\uae uocatwr Bolgach. 



1 . MS. Qwieis 5 . ccesit 

2. laighin 6. conaill oirgniçh 



3. rogeodhaiw 

4. Cath 



7 . leapra grauisiam 




206 



Whitley Stokes. 



[AU. 680. CS. 677. FM. 679]. 



Kl. Combustio regwm 1 i nDun Ceithirn .i. Dunghal mac 
Scandail ri Cruithnech 7 Cendfaeladh ri Cianachta Gliwdi Ge- 
min in initio 2 estatis la Maelduiw mac Maile fitArigh [« Burning 
in Diin Cethirn of the kings, namely Dungal, son of Scandai, 
king of the Picts, and Cennfaelad, king of the Cianachta of 
Glenn Gemin, at the beginning of summer by Maelduin, son 
of Mael-fithrig »]. Cath Bldi slebe portea iter Mael-duin mac 
Maile fithrigh 7 Fland [Find] mac Maile [tuile] la Cianachta 
Glinne Gemin [« The battle of Blae Slébe afterwards, between 
Mael dûin, son of Mael-fithrigh, and Fland the Fair, son of 
Mael tuile, by the Cianachta of Glenn Gemin »]. 

BassConaill Chail, maie Dunchad[a], i Cindtire. Bass Sech- 
nw^aigh, maie Airmedhaigh, 7 Cawaing, maie Congtil. Ciar 
ingen Duibrefa] quieuit [« Death of Conall the Slender, son of 
Dunchad, in Cantire. Death of Sechnasach, son of Airmedach, 
and of Conaing, son of Congal. Ciar, daughter of Duibrea, 
rested »]. 

[AU. 681. CS. 678. AI. 670. FM. 680]. 

Kl. Guin Cindfaeladh maie Colgan, xîg Conàacht, 7 Ulcha 
àerg o Caellaighe, do Conmaent Cuile, occidit eum iar nga- 
bail tighe fair do Ccwmflcne [« The slaying of Cennfaelad, son 
of Colgu, king of Connaught, and Ulcha Derg [« Red Beard »] 
O' Caellaige, of the Conmacne of Cûil, slew him, after his 
house had been stormed by the Conmacne »]. 

Dunchad Muirsce mac Maelduib, ri Connacht an [« Dun- 
chad cf Muirisc, son of Mael-duib, king of Connaught, 
died »]. 

Cath Ratha Moire Muige Line contra Britones, ubi cecidit 3 
1 . MS. regnam 3 . britois uib! ccesit 



2. inito 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



207 



Cathussach mac Maile duin, ri Cruithne, 7 Ulltan mac Di- 
cholla [« The battle of Raith Môr of Mag Line, against the 
Britons, wherein fell Cathasach, son of Mael-duin, king of 
the Picts, and Ultan son of Dichuill »]. 

Obitus Suibne maie Mail-umae, principis Corcaighe [« ab- 
bot of Cork »], 

Orcades deletae 1 sunt la Bruidhe [« by Bruide »]. 

Iust[in]iantt.r, ob culpam perfidiae 2 regm gloria priuatwj*, 
exul in Pontuw secédit4. 

[in marg. iiiiw.dcl.xi]. Kl. Léo .iii. anmV regnauit. Papa 
Sergius 5 in sacrario beat! Pétri aposfoli capsam argenteam 6 
quae in angulo obscurissimô diutissime 7 iacuerat et in ea cru- 
cem diutfrsis ac pmiossis lapid[ib]&y adornataw 8 , Dominé reue- 
lante, reprit ; de qwa tractis .iiii. petalis quibus gemme inclu- 
sae9 erant, mirae 10 magnitudinis portiowem lighm saluitiferi 
dominice crucis interius repositam inspexit 11 : quae ex tempore 12 
[illo] anwis omnibus, in basilica Saluatoris x 3 quae appellata *4 
Cwstawtiniana, dié exaltatiônis^ eius ab omwi osculatur atque 
adoratur 16 populo. 



[AU. 682. CS. 679. AI. 671. FM. 681]. 

Dunchai Muirsce mac Maelduib ri Con[n]acht iugulatur x 7 
[« Dunchad of Murrisk, son of Maelduib, king of Connaught, 
is murdered »]. 

Feargal Aidhne mac Artgaile, ri Con[n]acht. [« Fergal of 
Aidne, son of Artgal, king of Connaught »]. 

Cath Coraind in q«o cec[id]it Colgu mac Blaithmic 7 Fergus 
mac Maile duiw, ri Ceneoil CairpW. [« The battle of Corann, 



1 . MS. Orcadefs deletea 

2. perfîdiea 

3. pribatus 

4. pon«tum secétid 
$. seregis 

6. argenteiw 

7. obscuirisimô iutisimo 

8. adornatom 

9. incausa 



10. mirea 

1 1 . reposituw inspeicsit 

12. ect emore 

13. saluatores 

14. appellato 

15. exaltadiônis 

16. aculatw ataqu* atoratwr 

17. iugal. 



Digitized by 



208 



Whitley Stokes. 



in which fell Colgu, son of Blaithmec, and Fergus, son of 
Mael-duin, King of the Kindred of Cairbre »]. 

[fo. n b i] Initiuw mortalitaitis puerotwm in mtnse Ochtim- 
bri[s]. 

Dormitacio Airmedhaigh na Craibe. Colman di Airtiuch, 
ab Cluana maie Nois, quieuit [« The falling asleep of Air- 
medach of the Craeb (Laisre). Colmàn of Airtech, abbot ot 
Clonmacnois, rested »]. 

[AU. 683. CS. 680. AI. 672. FM. 682]. 

Kl. Mortaili[ta]s paruolorww. Mors Maine ab Naendrowa 
[« Death of Maine, abbot of Noendruim »]. 

Cath Caisil fiwdbairr [« The battle of Caisel Findbairr »]. 

Loch n-Eachach do sôdh a fuil. [« Loch Neagh was turned 
into blood »], 

[AU. 684. CS. 681. FM. 683]. 

Kl. Uentwj magnw^ [et] terrae 1 niotwj in Ibmiia insola. 

Saxones 2 Campum [Breg] uastauerwit, et eclesias * pluri- 
mas, in mense Iuni. 

Mors Conaiïï maie Guaire. Mors Bresail maie Ferg«/a rig 
Coba [« Death of Conall, son of Guaire. Death of Bresal son 
ot Fergus, king of Coba »]. 

[in marg. iiiiw.dc.lxuiii.] Tiberi[u]s znnis [uii.] regnauit. 

Gisulphwj dux gentis Long[o]bardoruw Beneuenti 4 Campa- 
niam ighne, gladio et captiuitate * uastaufit], eumque non esset 
qui eius impetui resisteret, apostolicus 6 papa Iohan[n]és, qui 
Sergio successerat 7, nris[s]is ad e[u]m sacerdotibwj ac donariis 
p^rplurimis 8 , uniuersos redemit captiuos? ztque ho[s]tes do- 



1. MS. terri 

2. saxenes 

3. ecliwsias 

4. benebenwti 

5 . cam diuhate 



6. apostolicas 

7. succesierat 

8 . donairis perplunbus 

9. uniuersus redemid capti'bos 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 209 

mum redire fecit 1 . Cui succes[s]it aliwj 2 Iohanwes, qui inter 
multa operum ill«^trium fecit onrtorium sancte Dei genitricis, 
opère pulcherrimô 5 intra eclesiam* beati apostoli* Pétri. 

Hereberct«irexLong[o]bardorwm multas cônes 6 et patrimo- 
nia Alpiuw Cotiarwm, quae qwondam ad i[u]s p[er]tinebant 
apostolice7 sedis, sed a Longobardis multô tewpore fuerant 
ablata', restituit 8 iuri eiusàem sedis, et hanc donatiowem au- 
reis scriptam 9 littms Rowam direxit. 



[AU. 685. CS. 682]. 

Cath Duin Ner^/ain [« The battle of Dûn Nechtdin »] uice- 
simo die mensis 10 Maii, sabbati 11 die (actum est, in qwo Ecfrith 12 
mac Osu, rex Saxonum, quinto decimo anw reighni sui comum- 
mato, magna x * cum catmia milituw suorum intertectus est la 
Bruidhi mac Bili régis Fortrenw [« by Bruide, son of Bile, 
king of Fortriu »]. 

Tolar[g] [mac] Aithicaiw obit. 

Domnoll Breacc, mac Eachach Buidhi, do thoitim la hAan 
rig Breatan, i cath Sratha Canin 1 4 [« Domnall Brecc, son of 
Eochaid the Yellow, fell by Owen, king of the Britons in the 
battle of Srath Carun »]. 

l\igu\atio l > Rotechtaig 7 Dargartô, fil/7 Findgaiwe. 

Mors Banbaiw os cach l6 [sapientis], fer-légiwd Cilli dara 
[« Death of Banbdn, wise above every one, lector of Kil- 
dare »]. 

Forcron ab Cluawa maie Nôis [« abbot of Clonmacnois »] 
quieuit. 



1 . MS. fecid 

2. aliïttf 

3. pulcermiô 

4. excliwsiam. 

5. op.oslî 

6 . multwj OLTtus 

7. apostolsice 

8. restibid 

Revue Celtique, XV1L 



9. aures scribtam 

10. indsis 

1 1 . sabaiti 

1 2 . ecsrith . 

1 3 . magno 

14. carn 

15. iugal. 

16. Oscach 



Digitized by 



210 



Whitley Stokes. 



[AU. 686. CS. 683. AI. 67s. FM. 685]. 



Kl. Iuguk/10 1 Feradhaig maie Congaile [« The slaying of 
Feradach, son of Congal »]. Qwies do C/?«maighanocc abbaid 
Vallis 2 da lâcha [« abbot of Glendalough »]. Dormitatio Ro- 
seni zbbad Corcaighe moire [« abbot of Cork »]. Mors Oseni 
espwiV monastm[i] Finwtan, ,i. Mundu, maie Tulchain [« bis- 
hop of the monastery of Fintan, i. e. Mundu (mo findu), 
son of Tulchàn »]. 

Adow[n]an«j captiuosreducsitadHiberniam .lx. [FM. 684]. 

[AU. 687. CS. 684. AI. 676. FM. 686]. 

Kl. Qwies Séigi'ne espuic Aird Mâcha [« Rest of Ségine, 
bishop of Armagh »]. 

Occis[i]6 Canonw maie Gartnaiw [leg. Gartnait?]. 
F'mnacbtiL clericatuw suscepit*. 

Cath Imleacha Fich re Niall, mac Cernaigh Sotail, for Con- 
galach mac Cowaing, ubi eeeidcrunt Dub da inber, r/ Arda Cia- 
nachta, 7 Uairc^ridhe hua Ossine, n Cowaille. Gwgalach mac 
Conaing fugitiuw^^ euasit. [« The battle of Imbliuch Fi'ch 
gained by Niall, son of Cernach the Proud, over Congalach, 
son of Conaing, wherein fell Dub dd inber, king of Ard Cia- 
nachta, and Uairchride, grandson of Ossine, king of Conaille. 
Congalach », etc.] 



[AU. 688. CS. 685. FM. 688]. 



Kl. Finwachta reu*rtit//r ad reghnum. 
lohmnes csyoc Cind Galardth (sic) obit 5. 



1 . MS. iugal. 

2. uaillis 
succepit 



4. fuiçititwj 

5 . This entry should probably be : 
Iolan epseop Cinn Garath obit. 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



211 



Iugulatio 1 Diarmuda maie Airmaihaigh .i. ri Midhi, la hAedh 
mac nDluthaigh, rig Fer Cul [« The slaying of Diarmait, son 
of Airmedach, king of Meath, by Aed, son of Dluthach, king 
of the Fir Cul »]. 

Mors Cathasaigh hûi Domnaill Bricc, maie Feradhaigh, 
maie Thuathail, maie Maile duiw, maie Com'ûl Chrand-omnai 
[« Death of Cathasach, grandson of Domnall Brecc, son of 
Feradach, son of Tuathal, son of Mael duin, son of Conall 
Crann-omna »]. 

Opscurata est pars solis. 

Adamnanwj reduxit captiuôfs] in Ibemizm [FM. 684]. 

[AU. 689. CS. 686. AI. 670. FM. 689]. 

Kl. Cflwgal mac Maile duin, maie Aeda Bennzn, ri Muwan 
[« king of Munster »] 7 AiMl mae Dungaile 7 Eilne mae 
Scandail iugulati 2 s««t. 

IN hocc an«o Beda fecit librum [de Natura Rerum] et Tem- 
poribjtf et in pagin 3 et [in figell]. 

[Mors Finguine Longi et Feradhaigh Meith maie\ Nectlecc, 
7 Coblait [fo. 1 i b 2] fil/a Canond mortua [est]. 

Da Beoôc [leg. Becôc ?] Cluana hlraird [« thy Becôc of Clo- 
nard »] qwieuit. 

Bran mae Conaiïï, ri Laig^w^ [« king of Leinster »] moritwr4. 

Iust[in]ian«j minor filius Constanti[ni], anwis .x. [regnauit]. 

GnatAwad ab[b]atis[sa] Cille dara [« abbess of Kiidare »] 
dormiuit. 

Cellach Cualand mae Geirrthighe, ri Laigen [« king of 
Leinster »] an [leg. moritur], 

[AU. 690]. 

Kl. Cronan maccu Caulne abb Bennehùr obit [« Cronan, 
greatgrandson of Caulne, abbot of Bennchor, dies »]. 

1 . MS. IUghal bere, summatim de re aliqua disse- 

2. iugal. rere », Ducange ) 

3. pagnî (« paginare breuiter scri- 4. mortuitur 



Digitized by 



212 



Whitley Stokcs. 



Teodorus [epijscopwj Britaniae qwieuit. 
Fi[d]chellach nwc Flaind, r/ Wua Maine [« king of the Hûi 
Maini »] mortuus est. 



Kl. Adownanus xiiii. anwo 1 part pausaw Failbe[i] Ea ad Hi- 
berniam pergit 2 . 

Luna in sanguineuw colorew in natali * sancti Martini 
[uersa est]. 



Kl. Iustinianwj secundo* cum Tibmô f/lio regnauit znnis .ui. 
Hic auxilio Trebelli régis Bulgaroru w regnu w s recipiens, occidit 
eos qwi se expulerant patricios, et Leonew qui locuw eius usur- 
pau*rat, necnon et successorew 6 eius Tibmum7, qui eum de 
regno ei[e]ctum, toto qwo ipse regnabat in eadew ciuitate tem- 
pare iw amodia 8 tenuerat. Callinicww uero Patriarchaw9, erutis 
oculis, misit Rowam et dédit episcopatuw Ciro, q//i erat abbas 
in Pontô IO , e[u]mqw^ alebat exulem 11 Q//i cum exercitum mit- 
teret 12 in Pontu/w, multuw prohibente papa apostolico Cons- 
tantiwo, ad comp/rhendum Philippicww, quem 1 ^ ibi reli- 
gau^rat, conuersus omnis exercitw^ ad partem Philippici, fecit 
eum ibidem 1 * imperatorem reuersusque cum eô Constantino- 
polim l6 . pugnauit contra lustinianum, ad duodecimum ab 
Uirbe milliarium l 7 9 et uictô atque occiso Iustiniano regnwm 
su[s]cepit P[h]ilippicw^. 

Bruidhe mac Bile rex Fortrend [« king of Fortriu »] mo- 
ri///r et Ailpirc mac Nechtain. 

i. MS. axiïn. anwis io. abbass in ponntô 



[AU. 691. CS. 688J. 



[AU. 692. CS. 689. FM. 690]. 



2. pergid 

3 . sanguineaw coleriw iwatalii 

4. fo 

5 . regnow 

6. succisorew 



1 1 . exulim 

12. raitértid 

1 3 . compHieandum 

14. q//i 

1 $ . pilipiewj fecid emibid^w 

1 6 . <ro/Jstanti//obolem 

1 7 . milarww 



7 . ûber'mm 

8. custotia 



9. patriercum 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



Mors Dirath espwiV Fernand [« bishop of Ferns »] 7 Bran 
mac [leg. hua ?] Faelaw ri Laig^w [« king of Leinster »] 
mortui sunt. 

Cath iter Osraighi 1 7 Laigw/w, 7 is and romzrbad Faelchwr 
hua Mail Ôdrai [« A battle between Ossory and Leinster, and 
therein Faelchur, grandson of Mael Odrai, was killed »]. 

Cith fearthana [fola] il-Laignib, co raibe 'na srothaib re 
teora la 7 teora aidhche. [« A shower of blood in Leinster, so 
that it was like streams for the space of three days and three 
nights »]. 

[AU. 693. CS. 690. AI. 682. FM. 692]. 

Kl. Cronan Becc ab Cluana maie Nois do testail .i. Cronan • 
Bec, a Cuai^gne a cenel [« Cronan the Little, abbot of Clon- 
maenois, departed, i.e. Cronan Becc whose kindred was of 
Cualgne »]. 

Downall mac Auin rex Alo Chluaithe 2 [« king of Ail Cluai 
the « Dumbarton »] mori/wr. 

Bass Cronain Bailne [« Death of Cronan of Balla »]. 

[AU. 694. CS. 691. AL 683. FM. 693]. 

[in marg. : ri Erenn.] Kl. Finachta 3 mtfc Dunchadha maie 
Aeda Slane ri Erenn 7 Bresal {Mus eius iugulati4 sunt i cath ac 
Grellaigh Dollaith do Aed mac Dluthaigh, ri Fear cul, mac 
AiMla maie Aeda Slaine 7 do Congal m#c Cowaing maie Con- 
gaile maie Aedha Slaine. Moling Luad?ra [dorigni in rjandso 
ar Finachta 5 : 



Ba dirsan do Finacht[a], 
indiu laighidh crolighe. 
rowbe la fini nime 
im dilgud na boraime. 



1. MS. osraidhi 

2. aloch luaithe 

3 . Findacht 



4. iugal 

5. find<tf/;/a 




214 Whittey Stokes . 

Adhomnan 1 cecinit : 



Vmachta. mac Dunchada 
romaith mor don naem, 
tri côtcait cet boslabraidh, 
is gach bô cona, laegh. 

Moling cecinit : 

IN bernw forsm-bith Vmacbta 
imôreithdis rig riadhai [leg. ria ghài ?] 
ed co «-dothchernsa dochuill 
atas-rolaicc nis-riadha. 

[« Finachta, son of Dunchad, son of Aed Slâine, king of 
Ireland, and his son Bresal were slain in battle at Girley by 
Aed, son of Dluthach, king ofFir-cul, son of Ailill, son of Aed 
Sldne, and by Congal, son of Conaing, son of Congal, son of 
Aed Slane. Moling of Luachair made this stave on Finachta : 

« Twas sad for Finachta! Today he lies on a gory bed, May 
he bewith the men of heaven for forgiving the tribute! » 

Adamnan sang: « Finachta, son of Dunchad, remitted much 
to the saint, a hundred and fifty hundreds of dower-kine, and 
every cow with her calf ». 

Moling sang : « The gap whereon Finachta was slain, 
round which kings would run before his spear 2 ]. 

Quies Mi?zd Bairwd, ab Achaid boî [« Rest of Menn Bai- 
renn, abbot of Aghaboe »]. 

Marbad Taidhg maie Failbe i nGlend in crocciwd [« The 
killing ofTadg, son of Failbe, in theGlen of the Hide »]. 

Loîngseach regnare incipit. 

[AU. 695. CS. 692. FM. 694]. 
Kl.Iugulatio* [Domnaill filii] C^waillCrandomna.Findghaine 

1 . MS. adhdhowman 3 . This entry cornes, in the MS., 

2. The rest of this quatrain is next after Acdha Slaine. 



obscure to me. 



4. Iugal. 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



mac Con cen mâthaix ri Muwan [« Findguine son of Cû cen 
màthair, (Hound-without-mother), king of Munster »] mori- 
tur 1 . Ai/iTl mac Con cen màthair an Mwm[an], 

Feargal Aidhne mac Artgaile [« Fergal of Aidne, son of Art- 
gai »] 7 Fianamail mac Maenaigh [« son of Maenach »] mor- 
tuus est. 

Lochene Mend .i. dune ecnaidh, abb Cille dara [« a wise 
man, abbot of Kildare »] iugulatus 2 est. 

Cumeni Mugdorwni [« of Mugdorn »] pausat*. Congzlach 
mac Conzing, maie ûwgaile maie Aedha Slane mortuus est. 
Muiredhach Muillethan ri Con[n]acht [« Muiredach Broad- 
crows, king of Connaught »] an [leg. mo rit tir]. 



Kl. Tarachin arna scriss assa flaithiwj [« Tarachin expelled 
from his princedom »]. Fearcar Fota [« the Tall »] moritur. 
Adhomnan tue recht4 lecsa (sic) i wEriwd in bliadain sea. 
[« Adamndn brought a law into Ireland this year »]. 

IMairec Crannchae [« The conflict of Crannach »] [fo. 12* i] 
ubi ceci[di]t F^radhaig mac Maile doiter [leg. doith ?] 

Moling Luachra dormiuit. 

Britones5 et Ulaid uastauerwnt Campum Mwrthemne. 

[AU. 697. CS. 694. AI. 686. FM. 696, 697]. 

Kl. Cath i Telaig Garraisc 6 i Fernmuigh, ubi cecidit Con- 
chobur Mâcha mac Maile duin, ri na n-Airrt/w, 7 Aed Oiread, 
ri Dalaraidhe [« A battle on the Hill of Garrasc in Fernmag, 
where fell Conchobar of Mâcha, son of Maelduin, king ot 
the Airthir, and Aed Oired, king of Dalaradia »]. 

1 . MS. mortui Hence lexaire (gl. legista) Ir. Gl. 

2. iugal. no. n. 

3 . pausad $ . inter britowen 

4. I take recht to be a gloss on 6. garraist 
îeesa (i. e. Uxa), a loan fromLat. kx. 



[AU. 696. CS. 693. AI. 68s. FM. 69s]. 




216 



Whitley Stokes. 



Cath ettT [« A battle between »] Saxones et Pictos, uibi ce- 
cidit filiws Bernith, qui dicebatwr Brcchtraidh x . 

Mors Forandan, ab Cille dara [« Death of Forannan, abbot 
of Kildare »]. % 

[AU. 698. CS. 695]. 

Kl. P[h]ilipicws anwo unô et mensibus .ui. regnauit. 
Bouîna straghés in Saxonia 2 . 



[AU. 699. CS. 696. FM. 698, 699]. 

Kl. Accensa est bouina mortalitas in Hib^rnia in kl. Febrtfi 
in campo Trego i Tebthai [« on ist February in Magh Trego 
in Teffia »]. 

Qwies ancorite Aedha o Sleibtiu [« Rest of the anchorite 
Aed of Sletty »]. 

Fianamaf/ mac hui Dunchadha, ri Dal Araidhij 7 Fland 
mac Cind faclad maie Suibne, ri Cencoil Éoghairc, iuguli i> 
[sunt] [« Fianamail, greatgrandson of Dunchad, king of Da- 
laradia, and Fland, son of Cennfaelad, son of Suibne, king of 
the Kindred of Eogan, were slain »]. 

Anrothan mac Crunwmail ri Ceneo[i]l Eogain [« king of 
the Kindred of Eogan »] de r[e]gno expulsz/j, in Britania/// 
prrgit 4. 

Famés et pestilentia tribus annis* in Hibrrnia facta 6 est ut 
[homo] hominem co/z/ederet 7. 

Fland mac Maile tuile, ri Cenéoil Eogan/ [« king of the 
Kindred of Eogan »], nepos Crundmacl [moritur]. 

Colman Lin[nje Uachaille 8 [« of Linn Uachaille »] obit. 

ConaW mac [Suibni] ri na nDeissi [« the king of the Dési »] 
mort un s est. 



1 . MS. brechtraigh 

2. saxononia 

3. iugal. 

4. prrgid 



5. andis 

6. hibmiiaw scat 

7. henem cowederat 

8. nacaill 



Digitized by 



The Annds of Tigtrnach. Third Fragment. 217 



[AU. 700. CS. 697. AI. 687. FM. 700]. 

[in marg. iiiim.dc.lxxui] Kl. Anastasius annis 1 tribus reg- 
nauit. Hic P[h]ilipicuw captum oculis 2 priuauit, nec* occidit. 

Luidbrandwj rex Long[o]bardorww donationem patrimoni 
Alpium Cottiarum* papae Gjrgorio* dédit. 

Ecberctw^ 6 uir sanctus de gente Anglorww et sacerdotiuw 
monachica uita7 eûam pro celesti patria 8 exorwans, pluriwas9 
prtfuincias Scoticae 10 gentis ad canonicam 11 paschalis tew- 
poris obseruantiaw, de q«a diutiwj aberrauerant 12 , pia praedi- 
catione conuertit, anno 1 * ab Iwcarnatio«e Dow/ni .d.cc.xu. 

Bouina mortalitas *4. 

Colman aue Oirc, ab Cluana hlraird [« Colmàn, grandson 
of Orc, abbot of Clonard »] mortuusest. 

A/7/11 mac Con cen mâthair, ri Muwan [« Ailill, son of 
Cû cen mdthair, (Hound-without-mother), king of Munster »]. 

Cowall mac Donendaig ri Htm Fi[d]gente [« Conall, son of 
Donennach, king of the Hûi Fidgenti »] mortuus est. 

Occisio Ne[i]ll maie Q/naigh i nDrumai;/ hua Casan. 
[« The slaying of Niall, son of Cernach, at Drumain Hua 
Casdin »] hlrgalach hua Conaing occidit illu/w. 

Cormac mac Ai//lla ri Muwan [« king of Munster »] an. 

[AU. 701. CS. 698. FM. 700]. 

Kl. Muiredhach Muillethan, r/ Condor/;/, do ég [« Muire- 
dach Broadcrown, king of Connaught, died »]. 

hlrgalach mac Conaing a Britonibwj iugulatus est 1 *. 
Faeldobar ab Clochair [« abbot of Clogher »] dorwitauit. 



1 . Anastacius andis 

2. occuilis 

3 . et nec 

4. cottiruwt 

5. gr*goria 

6. etberctus 

7. monaichia cauita 

8. fatria 



9. pluriwans 

10. scoticea 

1 1 . cronicam 

12. de qwa pascalis tewiporis obser- 
uantiaw diuitiwj oberra uer. ant 

1 3 . anda/w 

14. mortulis 

15. iugal. 



Digitized by 



2l8 



Whitley Stokes. 



[AU. 702. CS. 699. AI. 692. FM. 701]. 

Kl. Cath Campi 1 Cuilind a n-Aird Hua n-Echach eter Ulltu 
7 Britonfes ubi cecidit] (Mus Radhgaind, aduerszrius eccle- 
siarum 2 Dei. Ulaith u[i]ctores erant. 

Cath Coraind la Cellach mac RaghalLn^ 7 la Condflr/rtaib, 
[« The battle of Corann gainedby Cellach, son of Ragallach, 
and by the Connaughtmen »], in quô cecidit 3 Loingseach 
mac Aengw^a ri Erenn [« King of Ireland »] cwm tribus filiis 
suis4 .i. Artgal 7 Connacbtzch 7 Fland Gerg> 7 da mac Colgen 
[« and two sons of Colgu »] 7 Dub dibwg mac Dungaile 7 
Fergwj Forcraidh 7 Conall Gabra, et cetm multi duces. Quart 
id Iuil 6 , [« On the 4th of the ides of July »] tertio. [h]ora diei 
sabati, hoc bellum conkctum7 est. Cellach mac Ragallaigh 
uictor erat. 

Colman mac Findbairr ab Lismoir [« abbot of Lismore »] 
mortuus est. 

Aillean daingen aedificatwr 8 . 



[AU. 703. CS. 700. AS. 693, 694. FM. 702, 703]. 

[in marg. iiiim.de] Kl. Theodosius9 znno uno regnauit. Hic 
eleetwj imp^rator An[ast]asiuw apwd Neceaw ciuitatem graui 
prdtflio uicit, datôque sibi sacramento clericwm fieri ac 10 pro^s- 
peteruw fecit 11 ordiwari. Ipse u*ro ut regnww accepit 12 , cum 
esset catholicw^ mox in regia urbe imaginem illam uene- 
randam 1 ^ in qwa sancte sex senodi erawt depictae 1 *, et a Phi- 
lippico 16 fuerant deiecta[e], praestino in locô resti[t]uit. 



1 . MS. campe 

2 . adu^rsMj ariw* exlînarwm 

3. incô ceccit. 

4. ni bus fils, iîs iss. 



7. contexcum 

8 . ailleand aiwgen eadi ficatar 

9. Totosittf 



10. ca 

11. fecid 

12. accedit 

13. eent 

14. immaigenum illum ueneran- 
dum 

1$. depiteia 
16. pilspio 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



219 



Straighés Dail Riada i nGlenn Lemnae [« Strages of the Dàl 
Riada in the valley of the Levin Water »]. 

Adam[njan«j [fo. 12*2] .lxx. septimo anno etatis sue, in 
no«a 1 kalendzs Octimbris, abbas te, pausat. 

Altfrith macOssa .i. FlandFmala Gaedhelu,#:naidh, [« Ald- 
frith, son of Oswin, called Fland Fina by the Gaels, a wise 
man »], rex Saxonum fuit (.i. dobi). 

[Bellum for Cloenath, ubi uictor fuit] CeMach Cualanw, in 
quo cecidit 2 Badbchadh Midhe mac Diarmuta [« Badbchad of 
Meath, son of Diarmait »]. Fogartach htm Cernaig fu[g]it. 

[AU. 704. CS. 701. FM. 704]. 

[in marg. iiii.m.dc.lxxxuiii-.] Kl. Léo anwis .ix. regnauit. 

Saraceni * cum itn[m]ens6 exercitu4 Constantinopolim uenien- 
tes* trienmo ciuitatew obsident*, donec pm[a]esi obsidiônis 
abscederent 6 . 

Luidbrandwj7 rex Long[o]bardor«m audiens quoi Saraceni 
depopulata 8 Sardinia etiara loca foedarent9 illa, ubi ossasanc/i 
Augustini 10 episcopi propter uastatiowem Barbar[or]um olim 
translata, et honorifice fuerint 11 nwdita, misit, et datô maghno 
pmio accepit et trans[t]ulit ea in Ticinis 12 , ibiqw<? cum debito 
tantô pa/ri honore rercwdidit 1 *. 

Haec de cursu *4 praeteriti saeculi ex Ebreica umtate prout 
potuimw/ ostendere curauim«j. 

Ceannfaeladh hua hAeda Bricc ab Bennchùr [« Cenn-faelad, 
grandson of Aed Brecc, and abbot of Bennchor »] donwiuit. 

Cath Corcomruadh [« The battle of Corcomruad »] ubi ceci- 
dit Celechair mac Cowa[i]n. 

CeWach mac Ragallaigh ri Condacbt [« king of Connaught »] 

1 . MS. nonas 8 . sarsimite ppulata 

2. cecinid 9. federint condita 

3. saracimi 10. agistini 

4. exersitu cowstaninopolium ue- 11. fuerant 
nientis 12. proticinis 

5 . obsetant 13. re conditit 

6. abscederunt 14. cursa 

7. Luigbrandttf 




2 20 



Whitley Stokes. 



part cleiricatuw obit. Congal Chind magaîr mac Fergusa. Fanât 
regnare incipit. 

[AU. 705. CS. 702. AI. 695. FM. 704]. 

Kl. Da Chonda Daire 7 Osseni — .i. Fremand, di Call- 
raighe 1 Tebtha dô' — f/l/«s Galluist, ab Cluana maie Nôis, 
pausant [« Thy Conna of Daire and Osséne — of Fremann, 
of the Callraige of Teffia was he — son of Gallust, the abbot 
of Clonmacnois, rest »]. 

Bruide Derile mortuusest. 

Concobar mac Maili duiw ri Cenéoil Cairpn [moritur], 
Fland Febla mac Scandlain, ab Aird Mâcha [« abbot of Ar- 
magh »] mortuus est. 

[AU. 706. CS. 703. AI. 696. FM. 705 J. 

Kl. Conodwr Fab'uir [« of Fobar »] obit. 

INdrechtach ri teora Con[n]acht 2 [« king of the three Con- 
naughts »] mortuus est. Feargal mac Maile duin ri Ceneoil 
Eogain * [« king of Cenél Eogain »] 7 Feargal mac Loiwgsig 
ri Ceneoil Cowaill [« king of Cenél Conaill »] 7 CotidXX Mend 
ri Ceneoil Cairpn [« king of Cenél Cairbri »] occideriwt* 
eu m. 

Coibdean[ach] espw Aird sratha [« bishop of Ardstraw »] 
qwieuit. 

Sloigedh Congaù Chind magair maie Ferg/^a Fana/ for Lai- 
gniu [« The hostingof Conall of Cenn magair, son of Fergus 
Fanât, on Lcinster »]. 

Dunchadh principatum * Iae tenuit. 



1. MS. callraidhe 4. occiderui/rt 

2 . in marg. ri Connachl 5 . principatow 

3 . in marg. ri Hérenn 




The A nnals of Tigernach. Third Fragment. 



221 



[AU. 707. CS. 704. FM. 706]. 

Kl. Cu Cuara[i]n, ri Cruithne \5\ad, do guin la Findcboin 
hua Raban, 7 rowarbadh eféin ind [« Cû Cuarain, king of the 
Picts of Ulster, was slain by Findchu, grandson of Raban, and 
Findchu himself was killed therefor »]. 

Fizchra mac Dungaile rogaed la Cruithniu. [« Fiachra, son 
of Dungal, was mortally wounded by the Picts »]. 



[AU. 708, CS. 705. AI. 698. FM. 707]. 

Kl. Cath 1 Dolo in 2 Campo Elni, ubi iugulati 3 sunt Lethlo- 
bair mac Eachar/?, Cu allaid 4 7 Cu dhinesc [« The battle of 
Dol(?)in Magh Elni, wherein were slain Lethlobair, son of 
Eochaid, Cû allaid and Cû dinesc »]. 

Cath Segsa [leg. Selge ?] i Fortuathaib Laigm, in qwo ceci- 
derunt da mac CtWaig Chualand [« The battle of the Hunt in 
the Fortuatha of Leinster, wherein fell two sons of Cellach of 
Cualu »], Fiachra 7 Fiandamtf//, 7 Luirigh cum Britowibw^ 
Cellaig, et port 5 pau[lu]luw Cairpr^ mac Gw-colum (sic) Jugu- 
la/^ 6 est. 

Mael doborchon espoc Cillé dara [« bishop of Kildare »] 
pausauit. 

Pestis quae dicitur bacach cum uentris pr(?flu[u]iô7 in Hi- 
b^rnia. 



[AU. 709. CS. 706. AI. 699. FM. 708J. 

Kl. Conmael [leg. Conamail ?] mac [Failbi], abb Iae 8 [« ab- 
bot of Iona »] pausat. 

1. MS. Cat. Hennessy, Chron. 4. allaig 
Scot. p. 1 16 n. thinks that the folio- 5 prae 
wing word, -dolo, is Latin, = the per 6. iugal. 
dolum of CS. Read, perhaps. dolose. 7. pra^fluuiô 

2. im 8. mac ab. chilli dara iae 

3 . uibî iugal. 



Digitized by 



22 2 



Whitley Stokes. 



Cotnbustïo Cilli dara [« The burning of Kildare »]. 

Cowgal Cind magair mac F*rgw.ra [Fanât] subita morte 1 pe • 
riit, id est ri Temrach. [« king of Tara »]. 

Colman mac Sechn^aigh abbas Lothrai moritur 2 . 

Iustinianwj secundus* cum Tibmo [filio] annis-* .ui. reg- 
nauit. 

Feargal [mac] Maile duin [« Fergal, son of Mael duin » : in 
marg. r/ Evenn [« king of Ireland »] regnare s incipit. 

[AU. 710. CS. 707. AI. 700. FM. 709]. 
KL [Faeldn] htia Silne 6 mortuus est. 

Cath SleibeFuait la ua Cremthaiwd rtg HwaMeith, ubi[Tnu- 
thach mac Moch] loingsig 7 Curai [mac Aedo] maie Dluthaigh 
ceciderunt7. Fergal uictor fuit. 

Strages Pictoruw 8 in Cawpo Manand apud 9 Saxonés, uibi 
Findgaine mac Deleroith iwmatwra morte iacuit. 

CennfaeW ab Fabair [« abbot of Fore »] mortuus est. 

Congresio Britowum et Dal Riada for Loirg Eclat [« on Lorg 
Eclat »], ubi Britones deuicti. 

[AU. 711. CS. 708. AI. 701. FM. 710]. 

Kl. Ceode espoc Iae [« bishop of Iona »] pausat 10 . 

Cath[« a battle »] \nter duôs nepotes Aeda Slane, in qwo 
Maiwe [fo. I2 b 1] mac Néill, maie Cernaig Sotail, [i]ugwla/wj 
est. Fland mac Aeda, maie Dluthaigh uictor fuit. Ulaith pros- 
traiti, uibi Dubthach mac Beicc Boirchi occubuit 11 . Da mac 
Feradhaig maie Maile duin [« two sons of Feradach, son of 
Mael duin »] in c[a]ede geniris Laeghaire perierwwt. 



1 . MS. mortue 

2. abuite morte lotirai 

3. serdô 

4. andis 

5. rex 

6. filne 



7. .h. meith .i. (.h.) loiwgsigubi 
cecid 7 curai mac dluthaigh cecitenmt 

8. Straighes pictorow 
9 ab 

10. pausad 

11. ocubit 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 223 

Cu cerca ri Osraighe 1 [« king of Ossory »] mortuus est. 

Cath [« a battle »] apwd Lagenenses dextmores T , uibi Bran 
nepos Maile duiw et filii eius ceciderunt 2 . 

Dub guaile, ab Gliwdi da lâcha [« abbot of Glendalough »] 
périt. 

Dluthach mac Fidhcellaigh igne u[ri]twr. 

Cath Chairnw Feradhaigh, uibi cecîdit Cormac mac Mae- 
naigh, r/Muwan, lasin Deis tuaiscmaigh [« The battle of Carn 
Feradaig, in which Cormac, son of Maenach and king of 
Munster, fell by the Northern Dési »]. 

IN b[oc] anwo fécît 3 Béda librum magnum .i. Berbz [leg. 
Bérla?] Béid. 



[AU. 712. CS. 709. AI. 701. FM. 711]. 

Kl. Baedan espoc Indsi bo fiwdi [« bishop of Inisbofin »] 
obit. 

Failbe espoc, do Gaileangaib in Coraind [« a bishop, of the 
Gailenga of the Corann »] mortuus est. 

[Failbeus Mojdicwj, ab Cluana maie Nois, pausat4 [« Failbe 
Becc, abbot of Clonmacnois, rests »]. 

Filia Osu in monasterio* [H]ild mori/wr 6 . 

Cinaedh mac Derili et (Mus Mathgernan iuguk/z'7 sunt. 

Dorbewi cathedram 8 Iae obtenuite/ .u. mensibus peractis in 
primatu .u.kl. Nouem[bris] die sabati obit. 

Cormtfc mac Ailello ri Muwan [« Cormac, son of Ailill, 
king of Munster »] in bellô iug\x\atus7 est. 

Tolarg mac Drostain ligatwr apud fratrem suum Nechtan 
regem. 

Sechnwjach 9 rex Hua Maine mortuus est. 



1 . MS. lagenensis dextmoris 

2 . est ceciderant 

3. fécid 

4. Dicus... pausad. This and the 
preceding entry seem to refer to the 
same person, Failbe. 



5 . filiwa ossu in monosterio 

6. morri. 

7. iugal. 

8. cath etrom 

9. sechnwjaigh 



Digitized by 



22 4 



Whitley Stokes. 



[AU. 713. CS. 710. FM. 712]. 



Kl. Cath iwmesech in Campo Singite ic Bile tenidh i n-Asal 
ria Murchfld Midhi, ubi 1 Flan J mac Aedha, maie Dluthaigh 
et Dub duitt hua Beicce cecidenwt in ailttra congresiom belli 2 , 
et Colgu et Aedh Cluasach [mac] Diarmuta in prima congres- 
sione3 belli interketi sunt. [« A .... battle in Mag Singite at 
Bile tened in Asal, gained by Murchad of Meath, ubi » etc.]. 

Dun Oïlaig construitur aptid Selbacww. 

Ailen daingen destruituM. 

Fogartach nepos Cernaig, de reghno expulsa, in Brita- 
niam5 iuit. 

Coscradh 6 Gar[b]salcha am-Midhi [« The slaughter at Garb 
salach in Meath »] in q«o cecidit Forbwjach nepos Cowgaile, 
rex Hua Failghe, apud uiros Midhi 7 uno die et belluw prae- 
dictum 8 . 

Siccitass magna. 

Cathéter da mac Beice Boirche [« A battle between twosons 
of Becc Boirche » ] et f/l/wm Bresail regem 9 Nepotum Echacb, 
in quo uictores erant f/lii Becci. 

IN hoc anwô interketi sunt pmgritti apud Mumenens[es], id 
est in Clairweach [« the Tableface »] cum omni familia sua I0 . 

Nox lucida 11 in autumno. 



Kl. Cellach Cualand ri Laigen [« king of Leinster »] mo- 
xitur, secundum quosdam I2 . Fland Febla, ab Aird Mâcha 
[« abbot of Armagh »], Cilline espoc, ab F^rna, mortui sunt T K 



[AU. 714. CS. 711. AI. 703. FM. 713]. 



1 . MS. ubi ceciJ/7 

2. bile 

3. congressioni 

4. ailenwa ingen struibiti/r 

5. britanium 

6. Cosch. radh 

7. aiptdd uiros rex h. failghe midhi 



8. bellow praedictom 

9. regnww 

10. familitasua 

1 1 . Nochluict 

12. .s. qwostowt 

13. m. est 




The Annals of Tigeraach. Third Fragment. 



Guin Murchadha, ma*c Diarmata Caich, rig Hua Ne[i]U, la 
Conall nGrant hua Cerwaigh [« The slaying of Murchad, son 
of Diarmait the One-eyed, king of the Hûi Néill, by Conall 
Grant, grandson of Cernach »]. 

Aedh Dub ri Ua Fi[d]gente [a Aed the Black, king of the 
Hûi Fidgente »]. Flaithma mac Colgan, sapiens, et mo 
Chonda Cuerne dormiuit. 

Slogadh Murchadha maie Brain, do Chaissil [« The hosting 
of Murchad, son of Bran, toCashél »]. Dorbéne abb Iae(« ab- 
bot of Iona »). 



Kl. Guin rig Saxan [« The slaying of the king of the 
Saxons »] .i. Osrith mac Aldfrith nepotw Osu. 

Fogartach hua Cernaigh itmim régnât. 

Pasc[h]a in E6[a] ciuitate cowmotatwr [« Easter is changed 
in the monastery of Iona »]. Faelchu mac Doirbeni cathe- 
draw 1 Coluwbe .lxxx.uii. etatis [sue] an«o in .iiii.kl. Sep- 
timbris die 2 sabari swjcepit. 

Ohitus Celi Tigernaigh, ab Cluana auis [« abbot of Clones »]. 

Flann Foirbte mac Fogartaigh [« Flann the Perfect, son of 
Fogartach »] mortuus est. 

Bass Artbrain maie Maile duiw [« Death of Artbran, son of 
Mael duin »]. 

Ternôc mac Ciarai» obit [« Thy Ernôc, son of Garàn, 
dies »]. 



Kl. Dunchadh mac Ciwdfaelad ab le obit. [« Dunchad, son 
of Cenn-faelad, abbot of Iona, dies »]. 

Etulb mac Eouilb [« Eadulf son of... ? »] obit. 

Expulsio fawilisete transDorsum Britanie3 aNectano^ rege. 



[AU. 715. CS. 712. FM. 714]. 



[AU. 716. CS. 713. FM. 715]. 



1. MS. cath7rum 

2. sep.udie 

Revue Celtique, XVII. 



3 . tras dorms britome 

4. nectono 



Digitized by 



2 26 



Whitley Stokes . 



Congresio Dal Riada et Britonuw 1 in lapide 2 qui uocatwr 
Minuircc, et Britones deuicti suni. 

Cumusc Aenaigh Thaillten * la Fogartach, ubi cecidit mac 
Maile ruba maie Duib slebe [« The disturbance of the As- 
sembly of Teltown by Fogartach, where fell the son of Mael- 
ruba, son of Dub-slébe »]. 



Kl. Mac Cuitin [« the son of Cuthwine »] rex Saxonum 
mortuus est. 
Becc Boirchi [fo. I2 b 2] obit. 

Cath Cenandsa [« The battle of Kells »], ubi Tuathal hua 
Faelchon 7 Gormgal mac Aedha maie Dluthaigh 7 Amalgaid 
hua Gwaing 7 Fergal frater eius cecideriwt. Conzll Grant 
uictor erat. 

Conall Grant nepos-* Cerwaigh in fine duorum m^nsium port 
bellum interfectus est la Feargal [« by Fergal »]. 

Cronan hua hEoain ab Lis moir [« Cronan, grandson of 
Eoan, abbot of Lismore »] mortuus est. 

Tonsura corona super famil[i]am tae datwr. 

Hf sunt uiri sapientes* qui mortui sunt : Fianamail hua Bo- 
gaiwe maie Fiwd, insolafe] princeps Muige sam [« abbot of 
Inishmacsaint »], 7 Dub-duiw hua Faelain, espoc, ab Cluana 
Iraird [« bishop and abbot of Clonard »], Conwri mac Con- 
gail Cennfada 7 Ai/fll mac Finnachta iugukfi 6 sunt. 

Pluit fross mêla for Othain mBicc, fross argaid for Othaiw 
Moir, fross îbla super Fos[s]am Laghinarwm [«A shower of 
honey pours on Othan Becc, a shower of silver on Othan 
Môr, a shower of blood on Râith Laigen »], et inde uoea- 
batwr Niall Frasach mac Feargail [« Niall the Showery, son of 
Fergal »], quia 7 tune nztus est. 

1 . MS. britonom 5 . sapientis 

2. lapite 6. iugal. 
j. thailti» 7. ar 

4. sapiens 



(AU. 717. CS. 714. FM. 716]. 




77i* i4n/w/5 0/ Tigernach. Third Fragment. 



227 



[AU. 718. CS. 715. FM. 717]. 



Kl. Airmedhach mac Taidhg 7 Crichan mac Taidhg, ri Hua 
maie Uais [« king of the Hûi Maie Uais, iugulati sunt »]. 

Drostan Dairthaighe qmeuit in Ard Breccan. 

Congressio zpud Lagmensés, ubf 1 Aedh mac Céllaig ceci- 
dit 2 .i. cath Fiwdabrach [« the battle of Findabair »]. 

Cath Finnglinwe eter da mac Fearchair Fota [« the battle 
of Findglenn between two sons of Ferchar the Tall »] in q«o 
AinbhcelWA iugalatusî est die qmntae feria[e] [sextjid Septim- 
bris. [« on Thursday the 8th of September »]. 

Cath maritimum Ardde anesbi eter Duncadh mBecc cum Ge- 
nire Gabrain 7 Selbach cum* génère Loairw, [« The sea- 
fight of Ard Anesbi (?) between Dunchad the Little with the 
Kindred ofGabrdn, and Selbach with the Kindred of Loarn »], 
et uersum est super Selbacum* .ii. nonas Octimbrâ die septime 
feriae, in q«o qwidam com[i]tes corruerunt. 

lugulatio 6 familia[e] Suibne in Ard Mâcha. 



Uastatiô Lagenarum ,u. uicibjtf in uno anno la Hàu Neill 
[« by the Hûi Néill »]. 



Kl. Aestas7 pluuialis. Sinach îndsi Clothrand [« Sinach of 
Inis Clothrann »] dormiuit. 

Murbrucht mor [« A great seaburst »] in mense Octimbrâ. 
Theodosius anwo uno regnauit s . 

[AU. 720. CS. 717. AI. 707. FM. 717]. 

Kl. Duncadh Becc, ri Cindtiri [« Dunchad the Little, king 
of Cantyre »] martuus est. 

1. MS. lagiwensis uibf 5. selbacom 

2. cice 6. ter iugal. 

3. iugal. 7. Eastas 



[AU. 719. CS. 716]. 




8. Teodorus ... rex 




228 



Whitley Stokes. 



Cath eter Connachtaib 7 Corco Baisciwd, ubi cecidit mac 
Tomaltaigh [« A battle between the Connaughtmen and the 
Corco-Baiscinn, wherein the son of Tomaltach fell »]. 

Uastatio Maigi [Breg] do Cathal mac Findgaine 7 do Mur- 
chad mac Broin. [« The laying-waste of Mag Breg by Ca- 
thal, son of Findguine, and by Murchad, son of Bron »]. 

Mors Chuanna Rois Eua [« Death of Cuanna of Ross eo »]. 

INdredh Laigen, 7 naidm na Boroma, 7 naidw na ngiall ar 
Laigmi la Feargal mac Maile duin [« The harrying of Leinster 
and the binding of the Boroma (« tribute »), and the binding 
of the hostages on Leinster by Fergal, son of Mael-duin »]. 

INmesach religiosus legem cum pace Christi super insolam 
Hiberniafm] constitua .i. in Campo Delenn. 

[AU. 721. CS. 718. FM. 718]. 

Kl. Maelruba in Apurchrosan anno 1 .lxxx. etaitis sue tribus 
mensibus et .x.ix. diebus peractis in .xi. Kl. Maias tercie ferie 
die pausat. 

Mael[cor]gais o Druim tng. Bili mac Elphiwe rex Alo 
Cluaithe 2 mortuus est. [« Mael-corgais of Druim Ing. Bile, 
son of Elphin, king of Ail Cluaithe (« Dumbarton »), died »]. 

Fear da crich mac Cowgalaig obit. 

Cuanan Cilli delgi [« of Cell delge »] 7 Derir Dam-innse 
[« of Devenish »], nepos Colla. Cuana Drowa cuilind [« of 
Druim cuilinn »]. Cilline Locha Gerc^ [« of Loch Gerc »] 
moritur. 

Feidlim/d principatum Iae tenet^. 

Cath Almuiwe it^r Murchadh mac mBraw, rlg Laigen 7 
Fergal mac Maile duin, ri[g] Erenn, tertià Decimbm die sexte 
ferie [« The battle of Almuin between Murchad, son of Bran, 
king of Leinster and Fergal, son of Mael-duin, king of Ire- 
land, on the $d of the ides of December, on a Friday. Nu- 
merus uero Laigme[n]siuw .ix.m. Hi sunt reghes GmirisCuinn 

1 . MS. apurchro osonando 3 . grec 

2. aloch luaithe 4. tenedh 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 229 



qwi in bello ceciderwnt 1 . Feargal mac Maile-duiw ri Erenu 
[« king of Ireland »] cum .clx. satellitibus 2 suis, ocus Forbu- 
szch ri Ceneoil Bogaiwe, 7 Gwall Menw, ri Ceneoil Cairpn, 
[« and Forbasach, king of Cenél Boguine, and Conall the 
Dumb, king of Cenél Cairbri »] 7 Fergal hua Aithechta, 7 
Fergal mac E&chach Lemna ri Tamnaighe [« king of Tam- 
nach »], 7 Condzhch mac Conaing, 7 Ecneach mac Colga ri 
in Airrthir [« the king of the Airther »] Coibdenach mac Fiach- 
rach, 7 Muirgui mac Conzill. Letaitech mac Cwcarat, 7 An- 
mchadh mac Oircc, ri Guill 7 Irguill [« king of Rossguill and 
Hornhead »], et .x. nepotés Maile fithrig. IT e andsin rig in 
tuaiscirt. [« Those are the kings of the North »]. 

Hi swnt reges Hua Neill in descrirt [« the kings of the 
Southern Hûi Néill »] .i. Flann mac Roghella#£ 7 Ai/îll mac 
Feradhaigh. Aedh Laigen hua Qrnaigh. Suibne mac Congûaig. 
Nia mac Conwaic, Dub da crich mac Duib da inher. Ai/tll mac 
Cowaill Grant, Flaithewiail mac Dluthaigh, Fergw* hua hEo- 
gaiw. Hic totus numerus de regibus .ce. et clx. de amsaib Fer- 
gaile [« and 160 of Fergal's soldiers »], et alii et .ix. uolatiles 
.i. geltai [« persons who went mad with terror and flew »]. 

Cu Bretan mac Conghwja cecinit : 

Ataghur cath forderg flann, 
[fo. 13* i]a fir Fergaile, a deghlind. 

bronach muinter Muire de 
iar mbreth a taige dia cind. 

B6 in chlaim 
rogàet inarradh in daiw. 
mairg laim rogheoghain a brath 
re techt a cath co mac mBrain. 

Ma beth neach dob^ra cath 

matain derb mai» * fri mac mBrain, 

andsa liuw inas in drai 

in cai rochec/tftair in chlaim. 

5. MS. cecinderiMt copy of thèse verses in YBL. 206* 



6. satilibftf 
1. leg. mata in dremain? The 



has ma trem dretnan 




2}0 



Whitley Stokes. 



[a I fear a crimson, red battle, O man of Fergal, O 

goodly Mournful is Mary's family because their house 

was taken from them. 

The leper's cow was slaughtered near the ox. Woe is the 
hand that slew its... before entering battle with Bran's son. 

If there be anyone who will deliver battle against Bran's 

son, more troublesome to me than the wizard is the wail 
which the leper... 

Nuadha hua Lomthuile cecinit : 



Do dith laithe Almuiwe 
a[c]cosn«m buair Bregmuighe, 
rolde badb bekkrg birach 
ilach im chend Fergaile. 

Buaidh ard Almuiwe ni fan, 
adguidhi dal do gach duil, 
im secht milib, dermar dal, 
Fergal mar mac Maile duiw 1 . 

Atbath cét ruirech rat[h]ach 
eu cét 2 costadhach carnach. 
im secht ngelta cew mine, 
im secht mile fer n-arwach. 



[« Of the destruction of Almain's day, contending for the 
kine of Magh Bregh, a red-mouthed, sharp-beaked raven ut- 
tered a paean round FergaPs head. 

The noble victory of Almain, not feeble — I entreat res- 
pite from every élément, — together with seven thousand — 
a vast assembly — (and) Fergal the great, son of Maelduin. 

There perished a hundred gracious lords, with a hun- 
dred contentious ... together with seven furious flying mad- 
men, and seven thousand men-at-arms »]. 



i. Thus in LL. 43*30: Buaid dal | Fergal mâr mac Maile duin. 
n-ard n-Almaine ni chél | adguide 2. MS. cumac; but YBL. 206» has 
bél docat/? dûil | co nôi milib, dermar co cet 




The Ânnals of Tigernach. Third Fragment. 



23» 



[AU. 722. AL 711. FM. 719]. 



Kl. Combusûô Cluana maie Nols. [a Burning of Clon- 
maenois »]. 

Bass Faelcon Mainistreach Buitte. [« Death of Faelchu of 
Monasterboice »]. 

INdrechtach mac Mw/readhaigh, ri Connacht, moritur i 
n-ailit/fri^a Cluain [« Indrechtach, son of Muiredach, king of 
Connaught, dies in pilgrimage at Clonmacnois »]. 

Cleiricatwj Selbaigh régis 1 Dal Riada. 

Sinach Thaillten [« Sinach of Telltown »] moritur. 



Kl. Faelchu mac Dorbene, abbaj [Iae], dormit. Cilléniwj 
Longus ei in principatum Iae successit 2 . 

Clericatus 3 [NJeactai» reigis Pictorum. Drust postea4 rég- 
nât. 

Cath Chind delg[d]en, [« The battle of Cenn Delgden »], 
in quo cecidit Fogartach nepos Cernaigh. Cinaeth mac Irgha- 
\aigh [in marg. xi Erenn] uictor erat, nonis Octimbris, die 
sabbati. 

Cuindles abb Cluana maie Nois obit. Di Soghain Condacht 
dô [« Cuindles, abbot of Clonmacnois, dies. Of the Sogain of 
Connaught was he »]. 

Caech scuile, scriba Daire Chalgaigh î, quieuit. 



Kl. Cilline nepos Collae, ab At haine Moire [« abbot of 
Athan M6r »]. 



[AU. 723. AI. 712. FM. 720]. 



[AU. 724]. 



1 . MS. reghes 

2. primatom ies suesecit 

3. clericatum 



4. druxst posXe&m 

5. chalgaidh 




Whitley Stokes. 



Ailen maie Craich [« Mac Craich's Island »] construitur. 
Siwal {ûius Druist fl?wst[r]iwguitMr. 

Colman Uamach .i. sai scribiwd Aird Mâcha [« professor of 
writing at Armagh »], Ruibin {ûius [filii] Cownaidh, scriba 
Muraan [« of Munster »], (Musqué Broccain o Thigh Thelle 
[« of Tech Telle »], qui magister 1 bonus euangelii Christi. 
erat, et Colman Banban scriba, omwes dormierwnt. 

Teichedh Ulàd re Cinaeth mac Irgdiaig [« Flight of the 
Ulaid before Cinaeth, son of Irgalach »]. 



Kl. Nechtan mac Derili canst[î]inguitur zpud 2 Druist regem 

Cillent Longwj, ab le [« abbot of Iona »] pausat h 

Da Chanda craibtheach, esp^ Conneri Moire [« Thy Conna 

the Devout, bishop of Connere M6r »]. 

Dungal de reghno ketus est, et Druist de reghno Pictoruwt 

itetus et Elphin pro eo régnât 4. 

Guin Crimthaiwd maie Ceïïaig Chualand a cath Belaigh 

Licce iwmatwra etate [« The slaying of Crimthann, son of Cel- 

lach, of Cualu in the battle of Belach Licce, at an unripe 

âge »]. 

Qwies Maiwchin Leithglindi [« of Leighlin »], 

Guin Ailello maie Badbchadha a Midhi [« The slaying of 

Ailill, son of Badbchad, in Meath »]. 

Cath Maine re Cinaeth mac Irgalaigh for Laign/i [« The 

battle of Maine gained by Cinaeth son of Irgalach over Leins- 

ter »]. 

Eochaid mac Eachach regnaire incipit. 



Kl. Bass Aelchon ab Cluana Iraird [« Death of Aelchu, 
abbot of Clonard »]. 



[AU. 725. AI. 714]. 



[AU. 726. AI. 715. FM. 721]. 



1 . MS. maghester 

2. abp. 



3. pausad 

4. regant 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



Giiin EsLchach maie fiacArach [« The slaying of Eochaid, son 
of Fiachra »]. 

Cath Drowa Fornochta ria Flaithbertach mac Loingsigh for 
Aedh nAllan mac Fergaile iter Gwall 7 Eogan, ubi Fland 
mac Errthaile 7 Snedhghw* Derg hua Mbrachaighe iugulati 1 
sunt [« The battle of Druim Fornochta gained by Flaithbertach, 
son of Loingsech ovèr Aed Allan, son of Fergal between (Ge- 
nél) Conaill and (Cenél) Eogain, where Fland, son of Er- 
thaile and Snedgus the Red, grandson of Mrachaide, were 
slain »]. 

Conall mac Moudain martino coronatitr 2 . 
Adoranàni reliqwie tra[n]sferuntwr in Iberniam et lex re- 
nouatwr. 

MurchacL mac Broin ri Laigen [« king of Leinster »] mo- 
ritur. 

Cath Indsi Breguinw [« The battle of Inis Breguinn »], in 
q«o ctciàerunt Eterscéoil, mac Cellaig Cualann, 7 Ccwgail, 
mac Brain. Faelan uictor fuit. 

Dub da inber mac Congalaig, ri Cruithne [« king of the 
Picts »] mortuus est. 

Dormitatio Ceile Cvist. 

Guin Cathail Chuirr, rig desceirt Breagh [« The slaying of 
Cathal Corr, king of thesouth of Bregia »]. 



Kl. Cath Droma Corcain et/r Flaithbertach mac Loingsigh 
7 Cinaeth mac Irgala/^, in quo Cinaeth 7 Eudos mac Ai- 
kilo, Maelduin mac Feradhaigh, Dunchad mac Cormaic ceci- 
derwnt (.i. do toitedar) [« The battle of Druim Corcain (Cor- 
crdin ?) between Flaithbertach, son of Loingsech, and Cinaeth, 
son of Irgalach, in quo, etc.]. 

Cath Aillinde iter da mac Mwrcadha maie Broin .i. Dun- 
chadh 7 Faelan, 7 [rogonadh] Dunchadh in sinwser, 7 rogab 
Faelan righe arabelaib [« The battle of Aillenn between two 

1. MS. iugal. 2. caronatwr martie 



[AU. 727. AI. 716. FM. 722]. 




234 



Whitley Stokes. 



sons of Murchad, son of Bron, namely, Dunchad and FaeMn ; 
and Dunchad the elder was slain, and Faelàn took the king- 
ship after him 1 »]. 

Fland o Aentrib, ab Bendchair, obit [a Flann of Antrim, 
abbot of Bennchor, dies »]. 

Cath Monaidh 2 Craebi iter Picardachaib fein .i. Aengwj 7 
Alpine, issiat tue in cath, 7 romemaidh* ria n-Aengus, 7 ro- 
tnzTbad mac Ailpin and, 7 rogab Aengus nert [« The battle of 
Monid Craebe between the Picts themselves, that is Oengus 
and Alpine, 'tis they that fought the battle, and Oengus rout- 
ed his foes, and Alpin's son was killed there, and Oengus 
took the (royal) power »]. 

Cath truagh4 iter Picardachaib ac Caislen Credhi, 7 ro- 
memaidh * ar in Ailphin cetna, 7 robenadh a cricha 7 a daine 
de uile, 7 rogab [fo. 13*2] Nechtain mac Derili righi na Pi- 
cardach [« A lamentable battle between the Picts at Caislén 
Credi, and the same Alpin was routed, and deprived of ail his 
territories and people ; and Nechtain, son of Derile, took the 
kingship of the Picts »]. 

Domnall mac Cellaig, ri Condacht, mortuus est. Mac Bei- 
theach isin 16 cMna .i. neach robe hornaidhi sa Mumain 
[« Domnall, son of Cellach, king of Connaught, died. On the 
same day (died), one who was a sage in Munster »]. 

Flaithbmach mac Loingsigh do gabail rlgi n-Erind [« Flaith- 
bertach, son of Loingsech, took the kingship of Ireland »] 
In marg. ri Erenn [« king of Ireland »]. 



Kl. [Eicbericht] Ridire Cxist do éc la case, 7 in Gall Ulcach, 
fear as glicca bai 'na aimsir, do éc in la cétnz [« Ecgberht, 
Christ's Knight, died on Easter-day, and the Bearded Fo- 
reigner, he who was wisest in his time, died on the same 
day »]. 

1 . literally « in front of him » 3 . romebaigh 



[AU. 728. FM. 723]. 



2. MS. monaigh 



4. truadh 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



235 



Tri .1. long Picardach do brisidh ir-Ross Cuissine sa blw- 
dain cetna [« An hundred and fifty Pictish vessels were 
wrecked at Ross Cuissine in the same year »]. 

Fachtna mac Folochtaig, ab Cluana Ferta Brenaind, mori- 
tur. [« Fachtna, son of Folochtach, abbot of Clonfert, dies »]. 

Cath Droma Deirg Blathuug txtr Piccardaib .i. Drust 7 
Aengwj rl na Piccardach, 7 xomzrbad Drust and, iwdara la deg 
do mi[s] Aughuist [« The battle of Druim Derg Blathug be- 
tween the Picts i.e. Drust and Oengus King of the Picts, and 
therein Drust was killed, on the twelfth day of the month of 
August »]. 

Andsa bliadain si rôscuir Beda don croinic .i. lebur oiri[se]n, 
doscribad [« In this year Bede finished the chronicle, that is, 
the book of history, which he was writing »]. 



Kl. Reuersiô re[li]quiarwm Adomna/n de Hibmiia m^nsi Oc- 
timbm. 

Fflms Onchon, scriba Cille dara (« of Kildare »), moritur. 
Filius Concumbu, scriba Cluana maie Nôis (« of Clonmac- 
nois ») dormi uit. 



Kl. CombwJtio Cuile Rathain [« Burning of Coleraine »]. 

ClericatttJ Eachada maie Cuitine 1 . Rex Saxan ^«stringitwr. 

Cath ider Cruithniu 7 Dal Riada im-Murbulg [« A battle 
between the Picts and Ddl Riada in Murbolg »] ubi Cruithne 
deuicti [fuerunt]. Cath exer mac Aengw^a 7 mac Congw^a sunt 
[« A battle here between the son of Oengus and the son of 
Congus »]. Brudheus 2 uicit Talorcww fug[i]entem. 



1 . Ceolwuîf, son of Cutha, son of ruption of maie Chuda 
Cuthwine, became a monk in 737. 2. MS. bruidhens 
Our « eachada » is probably a cor- 



[AU. 729. FM. 724]. 



[AU. 730. FM. 725]. 




2 3 6 



Whitley Stokes. 



[AU. 731. FM. 726]. 



Kl. Bass Flaiwd Ch[u]aland, ab Cluawa maie Nois, hûi 
Colla ; do uib Cremt[h]aiwd dô [« Death of Flann of Cualu, 
grandson of Colla, and abbot of Clonmacnois. Of the Hûi 
Cremthainn was he »]. 

Guin Dathgttfa maie Baith, ri na nDessi [« The slaying of 
Dathgus, son of Baeth, king of the Dési »]. 

Cath Con[n\acht [a the battle of Connaughtmen »] in quo 
cecidit Muredach mac Indrachtaig. 

Pontifex 1 Muighe hÉo Saxonum 2 , Garailt, obit. [« Gerald, 
abbot of Mayo of the Saxons, died »]. 

Caillé iw^w Dunc[h]adha, di Uib Liathaw, [« Caillech (leg. 
Cellach?) daughter of Dunchad, of the Hûi Liathain »], regina 
optima et b^wigna, dormitauit. 

Temnen Cille Garadh, religioswj dericus *, qwieuit. 

Nechtan mac Derile moritur. 

Cath iter Laighniu Desgabair 7 Mumu [« A battle between 
the Southern Leinstermen and Munster »], m qwo Aedh mac 
Colgan uictorerat. 

Sebdand filia 4 Cuire, domwatrix Cilli dara, obit. 

Fergttj mac ConûW Oirgnigh [« Fergus son of Conall the 
Destructive »] 7 Ferrdomnach scriba Aird Mâcha [« the scribe 
of Armagh »] obienwt. 

Congalach Cnucha mori/wr. 



Kl. Dungal mac Selbaig dorindi toise a Toraigh 7 toise 
aile a n-Inis Cw/renn righe, cor'airg [« Dungal, son of Selbach, 
made an expédition into Torach, and another expédition into 
Inis Cuirennrige, and he destroyed... »]. 



[AU. 732. FM. 727]. 



1 . MS. fontifex 

2. saxanow 



3 . reig legionisuj deiricitf 

4. mac 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



2*7 



Muireadach mac Ainbchellaig regnum Geniris Loairn as- 
sumit. 

Congressio iterum inter Aedh mac Fergaili et Genus Conaill 
in Campo Itha [« Mag Itha, »] ubi ctcidit Corning mac Con- 
gaile, maie Fergusa Fanât, et ceteri multi. 

Flaithb^rtach clas[s]em Dal Riada in Ibmiiam duxit, et caedes 1 
magna facta est de [e]is in insola hOiwe, ubi 2 hi trucidantwr 
uiri : Concobar mac Locheni et Branchu mac Braiw, et multi in 
flumiwe demersi sunt [quod] dicitur in Banna [« the Bann »]. 

Eochaid mac Ecbach, ri Dail Riada [« king of Dalriada »], 
7 ConûX mac Concobar mortuus est. 

Natiuitas Donwchadha maie Domnaill, rig Erenn [« Birth of 
Donnchad, son of Domnall, king of Ireland »]. 

Uacca uisa est in Delginis Chualand quae ter [in die] mulsa 
est, et but/rum eius et galmarium multi comedere cuius 
forma 4 haec est : uwum capw/ et unum collum, et post sca- 
pulam* duo corpora cum .ii. caudis et sex pedibitf habebat 6 . 



Kl. Rechtabra hm Cathasaigh, ri Hua Tuirtri, [« king of 
the Hûi Tuirtri »] mortuus est. 

Eclipsis7 luwae in .xi.kl. Febr^anï. 

Comotatio martirum Petair 7 Poil 7 Padraic ad legem perfi- 
ciendam 8 . [« The disinterment and enshrining of the relies 
of SS. Peter, Paul and Patrick to fulfil the law »]. 

Tolarg mac Congusz a brathair fen dia gabail 7 tue il-laiw 
na Piccardach, 7 robâidhedh 9 leo-siden he [« Tolarg, son of 
Congus, seized his own brother and delivered him into the 
hand of the Picts, and by them he was drowned »]. 

Cath i Muig Itha iter mac Loingsig 7 mac Fergaile .i. Sil 
Ezcbach 7 Cenel Eogaiw, 7 tucadh a n-ar leath ar leath and. 

1. MS. ceades 6. habebad 

2 . hernie uibi 7 . exlipsis 

3 . galamiruw muiltt comedire 8 . pirneie andam 

4. p. ma 9. robaighedh 

5. scapulum 



[AU. 733. FM. 728]. 




2$8 Whitley Stokes. 

[« Abattle on Mag Itha between (Flaithbertach) son of Loing- 
sech, and (Aed Allan) son of Fergal, that is, the Race of Eo- 
chaid and the Kindred of Eogan ; and therein a slaughter of 
them was made on both sides »]. 

Taithleach mac Cindfeeladh xl Luigne [« king of the Lui- 
gni »] motitur. 

Aedh Allan régnât 1 . 



[AU. 734. AI. 723. FM. 730]. 

Kl. Oeghethchair 2 espoc Naendrowa [« bishop of Noen- 
druim »] paùsat. 

Cath Fotharta [leg. Fochartu?] in regionibus* M«rthem[ne] 
eter Sil Ne[i]U 7 Ullto, et uibi Aed Roin — a nDurt[h]aigh 
Fothart rucadh he da marbadh — 7 Concadh mac Cuanach, ri 
Coba, ceciderwMt. Aed Allan mac Fergaile [fo. I3 b i] uictor 
fuit. [« The battle of Faughard in the régions of Murthemne, 
between the Race of Niall and the Ulaid, wherein Aed Roin 
— he was taken into the oratory of Faughard to be killed — 
and Conchad, son of Cuana, king of Coba, fell. Aed Allan, son 
of Fergal, was victor »]. 

Cath Fele [leg. Belaig Ele ?] eter Mumain 7 Laighniu, uibi 
muiltl do Laignib et pene innumerabiles4 de [Mu]mai« perie- 
runt, in qwo Cellach 5 mac Faelcair, ri Osraige, cecid*ï ocus 6 
da mac Cormaic Rosa rig na nDessi. Cathal mac Findghaine, 
ri Muwan, euasit[« The battle of Belach Éle between Munster 
and Leinster, where many Leinstermen and an almost countless 
number of Munstermen, perished : wherein Cellach, son of 
Faelchar, king of Ossory, fell, and two sons of Cormac Rossa, 
king of the Dési. Cathal, son of Findguine, king of Munster, 
escaped »]. 

Airechtach hua Dunchadha Muirsce, ri d'Ib FiachnaA 
Muaidhe ar Chondoc/rtaib, et Cathal mac Muiredhaigh, ri 



1. MS. régnant 4. pane inumerabiles 

2 . Aedh ethchair 5 . Cellaigh 

3 . inreighi oinibur 6 . sed 



Digitized 



by Goo5 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



*J9 



Connacht, moriuntur 1 . [a Airechtach, grandson of Dunchad 
of Muirisc, king of the Hui Fiachra of Muad in Connaught, 
and Cathal, son of Muiredach, king of Connaught, die »]. 

Guin Flaind maie Conaing, abb Chilli Moiri Dithroib [« The 
slaying of Flann, son of Conaing, abbot of Cell M6r Di- 
thruib 2 »]. 

Dracco ingens in âne autumni cutn tonitruo magno post se 
uisus * est. 
Beda4 sapiens Saxonum, qtûeuit. 

Mo Bricco Belaig Feli [« My Bricco of Belach Feli »] pau- 
sauit. 



Kl. Aengitf mac Fergwa, rex Picctorwm uastauit regiones 5 
DailRiata, et obtenuit Dun Ad, et combussit 6 Creic, et duos 
fîlios Selbaich catenis7 al[l]igauit .i. Dondgal et Feradhach, et 
paulô post 8 Brudeus mac Aengi^a maie Fergwja obit. 

Bass Fianamla maie Gerrthighe [leg. Gerrthidhi ?J, ab 
Quana Iraird [« Death of Fianamail, son of Gerrthide, abbot 
of Clonard »]. 

Bas Crunnmail maie Colgan [« Death of Crunnmael, son of 
Colgu » abbot of Lusk]. 

Guin 9 Mail Fothartaigh maie Mail tuile di Laignib [a The 
slaying of Mael Fothartaig, son of Mael tuile, of Leinster »]. 

Uir sapiens et ancorita Insola[e] Uaccae albae 10 [.i.] Indsi 
bô finde — do Ciana^è/aib Bregh dô — [« of the Cianachta of 
Bregia [was he, Dublitir, et Samson nepos Corcrain dormie- 
runt]. 

Badbchadh mac Conaill Gabra, ri Cairpn [a king of 
Cairbre y>]mortutis est. 



1. MS. m. est 6. comçusit 

2. nowKilmore, co. Roscommon 7. selbaiche cathensiss 

3. MS. pre seuistus 8. prae 

4. Bede 9. Guin maie 

5. regionis 10. ailbe 



[AU. 735. FM. 731]. 




240 



Whitîey Stokes. 



[AU. 736. AI. 725. FM. 732]. 



Kl. Bass Ronaiw, ab Cind Garadh [« Death of Ronàn, abbot 
ofKingarth »]. 

Failbe mac Guaire .i. haeres Mael rubai 1 Apuircrosan, in 
prafiindo pelagi 2 demerswj est cum suis nautis numéro 5 .xxii. 

Conmael hua Loichene, ab Cluana maie Noiss, [« abbot of 
Clonmacnois »] pausat. 

Congrfôiôinuicem4 inter nepotes Aeda Slaine, ubi Cowaing, 
mac Amalgaidh, Cearnacum uicit et Catal mac Aedha cecidit : 
iuxta lapidem * Ailbe ab orientali parte 6 gesta est. 

Dal et*r Aedh n-AUan 7 Cathal mac Findgaine oc Tir da 
glass [« Meeting between Aed Allan and Cathal, son of Find- 
guine, at Terryglass »]. 

Lex Patrici tenuit Hib^rniam. 

Fiangalach mac Mwrcadha, ri Hua Mail, [« king of the Hûi 
Mail »] mortuus est. 



Kl. Faelan mac Bvoin, xi Laigen [« king of Leinster »] 
inmatfira aetate7 ac inopinata morte interit. 

Tola mac Dunchadha, esp0£ Cluana hlraird [« bishop of 
Clonard »] dignus Dei miles 8 , in Christo qwieuit. 

Cernach mac Fogartaig maie Neill, maie Cernaigh Sotail, 
maie Diarmuda, maie Aedha Slaine a suis sceleratis sociis9 
dolose iugulatur 10 , quem uaccarum uituli 11 et infimi orbis 
mulieres tediose fleuenwt 12 . 

Cath Atha Senaigh .i. cath Ucbadh, hi .xiiii.kl. Septimbris 
die tertio .i. mairt, [« The battle of Àth Senaig, i. e. the 
battle of Ucba, on Tuesday, August 19 »] inter Nepotes 

1. MS. Mael ei're bai eiris .i. 7. etates 

2. filaighi 8. mileis 

3. nuno 9. sociss 



[AU. 737. AI. 726. FM. 733]. 



4. inuiteem 

5. lapitem 

6. orientaili pairti 



10. uilatwj 

11. uacarum uituléi 

12. muilieris tediorse fluuenwt 




The Annals of Tigernach. Third Fragment, 



241 



Ne[i]ll et Laig/z/M crudelittr gestuw est, in quo biwales 1 reges 
celsi uigoris pectoris 2 armis alternatif/* congr^si sunt .i. Aedh 
Allan mac Fergaile ri Temrach 7 Aedh mac Colgan ri Laighen, 
[« Aed Allan, son of Fergus, king of Tara and Aed son of 
Colgu, king of Leinster »] e <\u\hus unus superstes uulneratwj 
u[i]xit, aliwj u*ro militari mucroine capite truncatwx est. Tune 
Nepotes Cuind inmensa uictoria ditati sunt cum5 Laigenôs 
suos emulos4 insolitô more in fugaw mit[t]unt, calcant, ster- 
num, subuertunt consumunt, ita ut us^w^ ad iwterniciotfem 
uniu^rswj hostilis pene deleretwr exercit/^ paucis 6 nunti[i]s 
remanentib«j7, et in tali bello 8 tantos cecidisse9 fertwr qwantos 
per transacta rétro saeeuh in uno succubuisse impetu et feroci 
ru[is]se conRictu non comperimus. Cecidenmt autem optimi 10 
duces, Aedh mac Colgan, ri Hua Cendsilaigh ]« king of Hiii 
Cennselaig »] et Bran Becc mac Mwrchadha da ri[g] Laigm, 
[« and Bran the Little, son of Murchad, two kingsof Leinster »], 
et Fergus mac Maenaig et Dub da crich, mac hûi Cellaigh, ma/c 
Trena, da rig Fothart 11 [« and Dub da chrich, greatgrandson 
of Cellach, son of Trén, two kings of Fothart »,] Fiangalach 
hua Mail-Aithgen, [fo. I3 b 2j Conall \\ùa Aithechda, ceit^ri 
maie Floiwd hûi Gwgaile. [« four sons of Flann grandson of 
Congal »]. Eladach hua Maeluidlr, et ceteri multi [qui] com- 
pendii 12 causa omissi sunt. 

Guin Fergwja ma/c Cremthazw. [« The slaying of Fergus, 
son of Cremthan »]. 

Sawthand cecinit *3 : 



Madh conriset in da Aedh 
bidh morsaeth a n-ergairi, 
madadh codhal x * dawsa i[s]saeth 
Aed la hAedh 1 * mac Fergaili. 



1. MS. bû/ailis 

2. rigoris rextoris 

3 . ditate cum sunt 

4. emulus 

5. subuntuwt 

6. pausis 

7. remenentibwj 

8. uello 



9. cecitise 

10. hoptimmî 

11. In the MS. the words da rig 
Fothart corne next after Dub da crich. 

12. MS. campentu 

13. dr. 

14. codhal 

1 5 . bidh lâidh aedh 



Revue Celtique, XVIL 



Digitized by 



242 



Whitley Stokes. 



[« If the two Aeds shall corne together it will be great 
trouble to forbid them : if there is a meeting, 'tis to me a 
trouble, Aed (to be slain) by Aed son of Fergal »]. [Quidam 
cecinit :] 

cath Uchbadh co n-aiwe 
a mbith truchlum fer Fene, 
ni fuil fo gre[i]n gil ganmigh 
sil nach Laighnigh a n-Eri. 

Nâi mile dorochratar 

1 cath Uchbadh co «déni 

do slogh Galian ger gartglan, 
mor in martgal fer Féine. 

[« Since the splendid battle of Uchbad, wherein there was a 
slaughter(?) of the men of the Féni, there is not under the 
bright ... sun the seed ofany Leinsterman in Ireland »]. 

In the véhément battle of Uchbad there fell nine thousand 
of the keen generous Galians (Leinstermen) — great (was) 
the carnage (?) of the men of the Féni »]. 

Aedh Allan feiw dorone so : 

In t-Àed issiw uir 7rl. 

[« Aed Allan himself made this : « The Aed in themould, etc. »]. 

Sloigedh la Cathal mac Findgaine co Laighniu, co rue giallu 
o Bran Becc mac Murchada 7 co rue maine mora [« A host- 
ing by Cathal, son of Findguine, to Leinster, and he took hos- 
tages from Bran the Little, son of Murchad, and also took 
great treasurcs »]. 



[AU. 738. AI. 727. FM. 734]. 

Kl. Ferg//.f Glut r/ Coba, 7 is e bés domdh, seledha iwdha 
docum [leg. do chur ?J asa bel, conïdh dib fuair bass [« Fergus 



Digitized by 



The Annals of Tigernach Third Fragment. 243 

Glut, king of Coba, and this was his practice, to put(?) poi- 
sonous spittles out of his mouth, so that of them he died 1 »]. 

Dormitacio (.i. collad) Samthai/ide Cluana Browaig, 7 dor- 
mitacio maie maie Mail aithgen, esp/«V [« The falling asleep 
of Samthann of Clonbroney, and the falling asleep of the 
grandson of Mael-Aithgein, a bishop »]. 

Cuanu mac maie Peasain, [« grandson of Besan] scriba 
Treoit, pausat 2 . 

Combustiô * munteri Downaill hi mBodbraith. Is and dotuit 
Ai/ill Bri Leith \n dowo4 c[a]e«ae[« The burning ofthe family 
ofDomnall in Bodbraith. Tis there fell Ailill of Bri Léith in 
the banqueting-house »]. 

Fland mac Cella^, maie Crundmail, espoc Red?rain;/e, 
moritur. [« Flann,son of Cellach, son of Crundmail, bishop of 
Rechrann, dies »]. 

Tolarcan mae Drostan, rex Athfotla, a bathadh la hAengwj 
[« Tolargan, son of Drostan, king of Athol, his drowning by 
Oengus »]. 

[AU. 739. FM. 73s]. 
Kl. In clericatum Domnall exit. 

Guin Forbusaigh, maie Ailéllo, rîg Osraige [« The slaying ot 
Forbasach, son of Ailill, king of Ossory »]. 

Guiw hûi AileWo, tigérna Cene[ôi]l Fhehrach [« The slaying 
of Hua Ailello, lord of Cenél Fiachrach »]. 

Bass Cellaigh maie Secdi .i. o Buidewnaigh do Cowmaic- 
nib, ab Cluana maie Nois [« Death of Cellach, son of Secne, 
from Buidemnach of Conmacne, abbot of Clonmacnois »]. 

Dub da boirend ab Fabuir [« abbot of Fore »] moritur. 

Dorwitacio sancti Bra[i]n Lainwi hEala [« of Lann Ela »]. 

Fland Febla ab Gairt Conaigh [« abbot of Gort Conaig »] 
mortuus est. 



1 . This obit is differently given in 2 . MS. pausad 

AU. 738 : Ferghus Glutt, rex Cobho : 3 . Comt/miô 

sputis uenenatis malefkorum homi- 4. dumo 
num obiit. And see FM. 734. 



Digitized by 



244 



Whitley Stokes. 



[AU. 740. FM. 736]. 

Kl. Bass Chondia Theftha 7 Amalgaidh 1 maie Cathasaigh 
rig Conaille [« Death of Connla of Teffia and of Amalgad, son 
of Cathasach, king of Conaille »]. 

Guin Murchadha 2 maie Fergaile, maie Maile-duiw. [« The 
slaying of Murchad son ofFergal, son of Muel-duin »]. 

Cath Chairnw Fearadaig, in qwo eeexdit Torcan Tiniréidh 
[« The battle of Carn Feradaig, wherein fell Torcdn Tini.- 
réid »]. 

[AU. 741. AI. 730. FM. 737]. 

Kl. Bass Airechtaigh maie Cuanach, abbad Fernann $ [« The 
death of Airechtach, son of Cuanu, abbot of Ferns »]. 

Foirtbi Ceneoil Fiaclw/77 Dealbna la hOsra/g? [« The smi- 
ting of the Cenél Fiachach and the Delbna by Ossory »]. 

Cathal mac Fingaiwe, ri hluman, mortuus est, et Fland 
Feorna, ri Ciarraige [« Cathal, son of Finguine, king of 
Munster died, and Flann Feorna, king of Kerry »]. 

Bass da Chua maie Indaige ancarite [« Death of thy Cua, 
son of Indaige, an anchorite »]. 

Tachtad Ctwaing Craig maie Amalga[da], rig Cianacbtz la 
hAedh n-Allan [« The strangling of Conaing Crag(?), son of 
Amalgaid, king of Connaught, by Aed Allan »] in qwa périt. 

Guin Artrach maie Aithechtai, rig Hua Cremth&ind [« The 
slaying of Artru, son of Aithechtae, king ot the Hûi Crem- 
thainn »]. 

Gui// Aeda, rig Ceniuil Cairpr/ a nGranard [« The slaying 
of Aed, king of Cenél Cairbri, in Granard »]. 

Bass Fir da crich, abadh I/wleach 7 Leithgliwdi [« Death of 
Fer da chrich, abbot ofEmly and Lcighlin »]. 

Bass Aeda Bailb, maie Indr[e]achtaigh, rig Con[n]acbt. 
[« Death of Aed the Dumb, son of Indrechtach, king of Con- 
naught »]. 

1 . MS. amalgaigh 3 . ab fernam 

2. me. orcadha 



Digitized by 



Google 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



245 



[AU. 742. AL 731. FM. 738]. 



Kl. Mors Aitricci, banab Cille dara [« Death of Africc, ab- 
bess of Kildare »]. 

Cath Daiw deirg a mBregaib, in qwo ctciderunt Dungal mac 
Flaind, n Fer cul, 7 Fergw* mac Ostigh. INrechtach hua Co- 
rning uictor erat [« The battle of Dam Derg in Bregia, whe- 
rein fell Dungal son of Flann, king of Fir-cul, and Fergus, son 
of Ostech. Indrechtach, grandson of Conaing, was victor »]. 

Cath Seredhmuige i Cenan/iwj eter da Thefa, in qwo ceci- 
derunt Aedh Allan mac Fergaile, xi Erenn, 7 Cumascach mac 
Cwcobair, ri na n-Aixxtber, 7 Macnach mac Gwdalaigh, xi Hiïa 
Cre/wthawd. Muiredhach mac Fergwja Forcraidh ri Hua 
Turtri. Downall mac Murchadha uictor erat [« The battle of 
Seredmag in Kells between the two Teffias, wherein fell Aed 
Allan, son of Fergal, king of Ireland, and Cumascach son of 
Conchobar, king of the Oriors, and Maenach, son of Conda- 
lach, king of the Hûi Cremthainn, and Muredach, son of 
Fergus Forcraid, king of the Hûi Turtri. Domnall, son of 
Murchad, was victor »]. 

Cat[h] Luirg iter Hûu AiMb 7 Gailinga [« The battle of 
Lorg between the Hûi Ailello and the Gailenga »]. 

Haec .iiii. bella pene in una aestate perfecta sunt. 

Lex Hûi Suanaigh [« the Law of Suanach's grandson »]. 

Conchend ingen Celki^ Cualand [« Conchenn, daughter of 
Cellach of Cualu »] moritur. 

Guin Duib Dotera xig Hùa mBrium 7 Conmacnç [« Slaying 
of Dub Dothra, king of the Hûi Briuin and Conmacni » in 
marg. xi Bref/z£ « king of Brefne »]. 

Afiath ab Muige bili [« Afiath, abbot of Movilla »]. 

Cath eter Hûu Mane 7 Hûu Fiachrach Aidne [«A battle 
between the Hûi Mani and the Hûi Fiachrach of Aidne »]. 

Bas Dlut[h]aig maie Fidhchellaig, xig Hua Mane [« Death of 
Dluthacb, son of Fidchellach, king of Hûi Mani »]. 

Com[m]otatio martiruw Treno Cille Delge 7 in bolgach 
[« Translation of the relies of Trian of Cell Delge, and the bol- 
gach « smallpox »]. 

Downall regnaireincipit(inmarg. xlExenn «king of Ireland »). 




246 



Whitley Stokes. 



[AU. 743. FM. 739]. 

Kl. Guin Laidgnen maie Donenwaigh, ab Saighri [« The 
slaying of Laidgnen, son of Donennach, abbot of Saigir »]. 
Downall in clericatum 1 itmim. 

[fo. 14* 1] Guin Colmaiw, espuic L[e]ssaiw, la Huib Tuirtri 
[« The slaying of Colmdn, bishop of Lissan, by the Hûi Tuir- 
tri »]. 

Cath Cliach in qwo eeeidit Concobar de Uib Fi[d]gente 
[« The battle of Cliu, wherein fell Conchobar of the Hûi Fid- 
gente »J. 

Bass Reachtabrad, maie Fergaile, do Connacbtaib [« Death 
of Rechtabra, son of Fergal, of Connaught »]. 

Cath Aileoiw da benaeh, in qwo eeeidit Dub da dos mac 
Murgaile, de Uib Cellaig Cualand. Cathal 7 Ai//ll interkeû 
sunt [« The battle of Ailén da berrach (« the isle of two hei- 
fers »), wherein fell Dub dd doss, son of Murgal, of the Hûi 
Cellaig Cualann. Cathal and Ailill were slain »]. 

Fortbe Corcowruadh don Des [« The smiting of the Cor- 
comruad by the Dési »]. 

Lex Ciaraiw filii 2 artif[i]cis et lex Brenaind simul la Fergw* 
mae Ctllaig, rig Con[n]acbt [« The law of Ciaran mac in tsdir 
and the law of Brénand at the same time, (enforced) by 
Fergus, son of Cellach, king of Connaught »]. 

Bass FergMja, maie Colmaiw Cutlaigh, sapientis [« Death of 
Fergus, son of Colmdn Cutlach, a wise man »]. 

Aird[c] ingnadh tarfass a mBoirche w-ai/wsir Fiachna maie 
Aeda Roin, vlg Ulad, 7 i w-aiwsir Eachach maie Bresail rtg O 
n-Eaehach À. mil môr rola in muir docuw tire 7 tri fiacla oir 
iwa chi;;d 7 .1. uinge in gach fiacail dib, 7 rucadh fiacail dib 
co raibe for altoir Bennehair fri re ciana [« A strange sign was 
manifestedin Boirche, in the time of Fiachna, son of Aed Ron, 
king of the Ulaid, and in the time of Eochaid, son of Bresal, 
king of the Hûi Echach, to wit, a whale which the sea cast 

1. MS. clcricatom 2. fis. 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



H7 



to land with three golden teeth in its head and fifty ounces in 
each ot thèse teeth ; and one of the teeth was taken, and re- 
mained on the altar of Bennchor for a long time »]. 



Kl. IN [n]octe signwm horribile et mirai bile uiswm est in 
stellis 1 . 

Forandan ab Cluana hlraird [« abbot of Clonard »] obit, et 
Congas ancorita 2 CluanaTibrwdi [« anchorite of Clontirrin »]. 

Cuwaine hua Maenaich, ab Laindi Leire, moritur [« Cu- 
maine, grandson of Maenach, abbot of Lann Leire (Dunleer), 
dies »]. 

Cath iter Huu Tuirtri 7 na hAirrtfora [« A battle between 
the Hûi Tuirtri and the Oriors. »] Gwgal mac Eicnig uictor* 
tuit, et Cu congelt mac hûi Cathasaïgh fugitiuw* euasit, et ce- 
cidit Bochaill mac Cotîcobaw et Ai/ill hua Cathasaig. A n-Inis 
eter da Dabull [« In the Island between the two Dabulls »] 
gestuw est. 

Bass Cewaill Foltchain scribaeS [« Death of Conall Fairhair, 
a scribe »]. 

Bass Cmdfaeladh pr'mcipis Cilli Cuilind [« Death of Cenn- 
faelad, superior of Kilcullen »]. 

Mors fila in trtaigse, ab Tighe Telli [« Death of Mac ind 
fertaigse, abbot of Tehelly »]. 



Kl. Dormitan'0 Corwa[i]c espuic Atha truim [« The falling 
asleep of Cormac, bishop of Âth Truimm (Trim) »] q//i. 

Bis [BJeochaill Ardachaidh 6 [« Death of Beochall of Ar- 
dagh »]. 

Dracones in caelo uisi sum. 



[AU. 744. FM. 740]. 



[AU. 745. FM. 741]. 



1 . MS. stellif 



4. fuighiztf 

5. scnbi 

6. ardachaigh 



2. cowgasan corita 

3. uictur 




248 



Whitley Stokes. 



Ar Hùa mBriuiw in descizrt la Fergus [« A slaughter of the 
Hûi Briuin of the South by Fergus »]. 

Bass Mail anfaid 1 Cilli achaidh, druwfota [« Death of 
Maelanfaid of Killeigh »]. 

Fingal Lis moir [« Fingal of Lismore (died) »]. 

Bas Duib da boirend hûi Beccaî», abCluana hEois [« Death 
of Dub-da-boirenn, grandson of Beccan, abbot of Clones »]. 

Bass Aengwja maie Tipraite, ab Cluana fota Baetain aba, 7 
Cialtrogh, ab Glaissi Naedhe[n], mori1ur[« Death of Oengus, 
son of Tipraite, abbot of Clonfad, and Cialtrog, abbot of 
Glasnevin, dies »]. 

Bass Sechm/xaig maie Colgan 2 , rig Hua Cends\laig[« Death 
of Sechnusach son of Colgu, king of the Hûi Cennselaig »]. 

Sarughudh Downaigh Patraic .ui. cimidhi cruciati [« Dese- 
cration of Donaghpatrick, six prisoners tortured »]. 

Cath Ratha Cuili lia hAnmcadh, hi torchair Uargi/J mac 
Fiachrach enboth na nDesi i n-Aird maie Uidhir [« The battle 
of Rdith Cuile gained by Anmchad, wherein fell Uargus son 
ofFiachra.., of the Dési, in Ard maie Uidir »]. 



Kl. Mors Aibiel ablmlecha Fia [« Death of Abel, abbot of 
Imbliuch Fia »]. 

Bass M/aVedhaigh Fi;/d, rig Hua Meith, hi Cul Cuwaisc, la 
hUll/// [« Death ot Muredach the Fair, king of the Hûi Meith, 
in Cûil Cumaisc, by the Ulaid »]. 

Cuanfan] Glin;/e, ab Muighe bile, moritur [« Cuanan of 
Glcnn, abbot of Movilla, dies »]. 

Aedh Mundr/g, mae Flaithbtrtaigh, r/ in Tuaiso'/rt, mo- 
ritur [« Aed Redneck, son of Flaithbcrtach, king of the North, 
dies »]. 

Sechn«jach mae Colgan, ri Laigew Desgabair [« king of 
Southern Leinster »], obit. 
Cu cuw/iwe sapiens obit, 

1. MS. anfaig 2. colgal 



[AU. 746. FM. 742. AI. 733]. 




The A nnals of Tigernach. Third Fragment. 



249 



Ruman mac Cobnâin, poeta optiwus, qwieuit. 
Bass Sarain ab Bendchair [« Death of Saran, abbot of Ban- 
gor »]. 

Bass Aidnigh Basligi [« Death of Aidnech of Baslick »]. 

Cath Cairnn Ailche la Muwaiw, in quo cccidit Cairpr* mac 
Condiriisc [« Battle of Carn Ailche (fought) by Munster, 
wherein fell Cairbrc, son of Cû-dinisc »]. 

Mors Tuathalain ab Cind-righ-monaidh 1 [« Death of Tua- 
thaldn, abbot of St Andrews »J. 

Guiw Aedha Duib, maie Cathail [« The slaying of Aed the 
BlAck, son of Cathal »J. 

Dormi tatio Cowain releghiosi .i. in Rois, do Sogan dô 
[« The falling asleep of Coman the Pious, i. e. of the Ross: 
of the Sogan was he »]. 

Qwies Fir 2 da chrïch Dairindsi [« The rest of Fer dd chrich 
of Dairinis »]. 

Bass Rudhgaile do Laignib [« Death of Rudgal, of Leinster »]. 

Cath ria n-Anmchadh, i torchair Cairpn? 7 Fergus 7 Cai- 
ther mac Cu/wscraig, et .xui. reges 3 léo [« A battle gained by 
Anmchad, wherein fell Cairbre and Fergus and Caithfer, son 
of Cumscrach, and sixteen kings with them »]. 

Badud Fmchrach maie Garbain Midhi il-Loch Ri[b] [« The 
drowning of Fiachra, son of Garban, of Meath, in Lough 
Ree »]. 



KL Badhudh Arascaigh, ab Muicindsi Reghuile [« The 
drowning of Arascach, abbot of Riagail's Pig-island » — in 
Lough Derg]. 

Qwies Cuaiw Caiwb* sapientis [« The rest of Cuan Camb 
the sage »]. 

Nix insolite magnitudinis^, ita ut pene pecora deleta sunt 
toûus Hib^rnie, et poj/ea insolita siccitate mundus exarsit 6 . 

1. MS. monaigh 4. caimp^r 

2. fear 5. magitutiwis 

3 . régis 6 . mundî exersit 



[AU. 747. FM. 743]. 




Whitley Stokes. 



INrechtach hua Gwaing, ri Chnacht, [« king of the Cia- 
nacht »] moritur. 

Dormitati'o do Diwoc ancorite zbbad Cluana hlraird 7 Cille 
dara [« The falling asleep of thy Dimmôc, an anchorite, and 
abbot of Clonard and Kildare »]. 

Do-Chummai sayitntis qwies. 

Cobt[h]ach zbbas Reclaindi [moritur « Cobthach, abbot of 
Rechrann, dies »]. 

Muireand, ingen Chellaigh Cualand, regiwa hlrgalaig, mo- 
ritur [« Muirenn, daughter of Cellach of Cualu and Irgalach's 
queen', dies »]. 

Occisio Cotfgail [fo. 14*2] maie Ecnigh, rig na n-Airrtfer 
i Raith Esclai la Don« bô mac Con Breatan [« The slaying of 
Congal, son of Ecnech, king ofthe Oriors, in Rdith Esclai, by 
Donn-b6, son of Cû-Bretan »]. 

Lex Hûi Suanaigh, for Leath Cuind [« the Law of Hua 
Suanaig over Conn's Half, » i. e. the northern half oflreland]. 

Fland Ftfrbthe mac Fogwrtaigh [7] Cuan ancorita o Lilchach 
mariuntur [« Flann the Perfect, son of Fogartach, and Cuan 
the anchorite of Lilcach, die »]. 

IMairec Atha Hria Fiach[rach], âr Laigen sit 1 [« The combat 
of the Ford of the Hûi Fiachrach. A slaughter of Leinstermen 
there »]. 

Naues in [a]ere uise sunt cum uiris suis 2 . 



K. Iugulatio3 Cathasaig maie AiWta rig Cruithne, hi Raith 
Betheach [« Murder of Cathasach, son of Ailill, king of the 
Piccs (of Ulaid) in Raith Bethech »]. 

Mors Bresail maie Colgan, ab Fernann* [« Death of Bresal, 
son of Colgu, abbot of Ferns »]. 

Bass AileWo hui Dai/wiwe, rig Htia Maine [« Death of Ailill, 
grandson of Daimine, king of the Hûi Maini »]. 

1. MS. arlaigensit 3 Iugal. 



[AU. 748. FM. 744]. 



2. cwmuns iss. 



4. fernani' 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 251 



Combtmio Cluana. ferta Brenaiwd [« Burning of S. Bré- 
nainn's Clonfert »]. 

Mors Condmuigh 'maie Naenenaigh [« Death of Conmach, 
son of Naenenach »]. 

Cath Arda CianarA/a, in qwo cecidit Ailill mac Duib da 
crich, 6a Chind faeladh, in qwo cecidit Do/wnall (Mus Ciwadow 
i frithguiw catha, id est rex qwi uicit prius. Dungal mac Amal- 
gaidh uictor erat [« The battle of Ard Cianachta, wherein fell 
Ailill, son of Dub dd chrich and grandson of Cenn-faelad, 
wherein also fell, in the counterstroke of battle, Domnall, son 
of Cinad, the king who at first was victorious. Dungal, son 
of Amalgad was conqueror »]. 

Cairpr? mac Mwchadha Midhi moritur, et Becc Baile mac 
Jinchach, 7 Liber ab Muige bili [« Cairbre, son of Murchad of 
Meath, dies, and Becc Baile, son of Eochaid, and Liber abbot 
of Movilla »], et lient*** maghnwj. 

Demersi[o] famil[i]e îae. 

Mors Cowaill ab Tuama Grene [« Death of Conall, abbot of 
Tomgraney »]. 

Morssapientis, de Ceneul 1 Cairpn .i. mac Cuanach. [« Death 
of a sage, one of the Kindred of Cairbre, namely Mac Cua- 
nach »]. 

Mors Segen[i] Claraig [« Death of Segéne of Clarach »]. 



Kl. Cowb/miô Fabair et cowb«Jtio Domnaig Patraic. 

Bass Suairlig espw/V Faba/r [« Death of Suairlech, bishop of 
Fore »]. Quies Congusz espuic Aird Mâcha [« Rest of Congus, 
bishop of Armagh »]. 

Cath eter Pictowes et Britones, i testa Tolargan mac Fergwja 
7 a brathair, 7 dr Picardach imaille friss [« A battle between 
Picts and Britons, wherein Tolargan, son of Fergus, and his 
brother perished, and together with him a slaughter of the 
Picts »]. 

1. MS. nenul 



[AU. 749. FM. 745]. 




2$2 



Whitley StokeS. 



Cathal Maenmuige, ri O Maine, moritur [« Cathal of Maen- 
mag, king of the Hûi Maini, dies »]. 

Mors Duib da lethe na graifne, ab Cilli Sciri [« Death of 
Dub da lethe of the writing, abbot of Kilskeery »]. 

Blathmac mac Coibdenaigh. r/ Mwjcraighi *, (« Blathmac, 
son of Coibdenach, king of Muskerry »] mortuus est. 

Mac Ne/wnailli ab Biror [« abbot ot Birr »] moritur. 

Mors Duib da boirenw rlg Hua Fi[d]genmi,* 7 Anwcadha, 
rlg Hua Liathaiw. [« Death of Dub da boirenn, king of the 
Hûi Fidgenti, and of Anmchad, king of the Hûi Liathàin »]. 

IMairec Indsi snaic ria n-Anwchadh mac Con-cerca [« The 
combat of Inishnag, gained by Anmchad, son oï Cû cerca »]. 



Kl. Cuanghwj ab Léith[m6ir] moritur [« Cuangus, abbot of 
Liath môr, dies »]. 

Fland hua Gwghaile, ri Hua Failge [« king of Offaly »] 
moritur. 

Losclaig[d]e sapiens moritur. 

Fergw^ mac Fogartaig, r/Descmt Breagh, moritur [« Fergus 
son ofFogartach, king of the South ofBregia, dies »]. 

Cornbustio Lethairle Cluana hlraird in uellenio [« The burn- 
ing of Lethairle (?) ot Clonard in a bathroom »]. 

Mors Eacharh Cilli Towai [« Death of Eochaid of Kiltoom »]. 

Mors Céle du-L[as]si ô Daiwinis [« Death of Céle du- 
Lassi (= Mo-Lassi) of Devenish »]. 

Mors Colma[i]n na m-Bretan, maie Faelain, ab Slaiwe, 7 
Bran mac Duib sleibi, ab Cluana Eôiss [« Death of Colman of 
the Britons, son of Faelan, abbot of Slane, and Bran, son of 
Dub sléibe, abbot of Clones »]. 

Mors Furso, -àbbad Lecne Midhi, 7 Maele imarchuir, espww: 
Eachdrowa [« Death of Fursu, abbot of Lecan of Meath, and 
ofMael imarchuir, bishop of Aughrim »]. 

Bas Muirghiwja maie Fergwja, rlg na nDeise, 7 mac Lui- 

1 . MS. mr/jeraidhi 



[AU. 750. FM. 746. AI. 739]. 




The An nais of Tigernach. Third Fragment. 



253 



ghedh Lismoir, 7 Fland Fortri ri Corco Ldidhi [« Death of 
Muirgius, sonofFergus, king ofthe Dési, and Mac Luiged of 
Lismore and Fland Fortri, king of Corco Lâigde »]. 



Kl. Mors Cilline droic[h]tigh ancoritae Iae [« Death of Cil- 
line the pontifex (abbot) and anchorite of Iona »]. 

Taudar mac Bile, xi Alo cluaide 1 . Cathal mac Ftfrandâin, 
abb Chilledara; Cwwine hua Becce, religiosswj- Eco, mortui 2 
sunt [« Teudubr, son of Beli, king of Ail Cluade (Dumbarton), 
Cathal, son of Foranndn, abbot of Kildare, Cummine grand- 
son of Becc, the religious one of Eig, died »]. 

Cath Asreith [« The battle of Asreth (?) in lem Circiw inter 
Pictones inuicew, in quo cecidit Bruidhi mac Maelchon. 

Mors Dicollamtf/c Menaidhi, ablndsi Mwredhuigh [« Death 
ofDicuill (Dicolla?) son ofMenaide, abbot of Inishmurray »]. 

Mors Fiachna hùi maie Niadh, abb Cluana fcrta Brenaînd 
[« Death of Fiachna, grandson of Mac Niad, and abbot of 
S. Brénann's Clonfert »]. 

Flaithbmach mac Conaill Mind, xi Cenéoil Cairpn, moritux 
[« Flaithbertach, son of Conall Menn, king of the Kindred of 
Cairbre, dies »J. 

INdrachtach mac Mz/redaigh Mind [<c son of Muredach 
Menn »] moritur. 

Foidme/id mac Fallowaiw, xi Cowaille Mwrtemne [« king of 
Conaille Murthemne »] moritur*. 

Bass Cilline maie Congaile 1 n-Hi [« Death of Cilline, son of 
Congal, in Iona »]. 

Conaing hwtf Duibduiw, r/Cairpr/Teftha, moritur [« Conaing, 
grandson of Dub-duin, king ofthe Cairbri of Teftïa, dies »]. 

Bass Maile tuile, ab Thire da glas [« Death of Mael-tuile, 
abbot of Terryglass »]. 

Mors Osbrai?i ancorite 7 espw/c Cluana Crema^ [« Death of 
Osbran, an anchorite and bishop of Clooncraff »]. 

1. MS. alochlandaid 3. .i. 

2. morte 4. cremaw 



[AU. 751. FM. 747]. 




*$4 



Whitley Stokes. 



Mors Rechtabrat 1 hûi Guaire, ab Tuama Grene [« Death 
of Rechtabra, grandson of Guare, abbot of Tomgraney »]. 

Fland mac Cellaigh, ri M/^craigi 2 , moritur [« Fland, son of 
Cellach, king of Muskerry, dies »]. 

[AU. 752 (recte 753). FM. 748. AI. 740]. 
Kl. Sol tenebroswj. 

Dormita//o Moccoicedh, ab[bad] Lismoir [« The falling asleep 
of Maccoigi, abbot of Lismore ]». 

Qwies [Lucrid] de Corcelig [sic : leg. Corcolaigde ?] ab Cluana 
maie Nois [« Rest of Lucrid of... abbot of Clonmacnois »]. 

Lex Colaiw cilli la Downall Midhi [« Colomb cille's « law » 
(enforced) by Domnall of Meath »]. 

Mors Cellaigh, ab Cluana ferta Brénaind. Mors Scandlain 
Duin lethglaissi. Mors moBai. Mors Firblai maie Uargwxa sa- 
pientis [« Death of Cellach, abbot of Clonfert. Death of 
Scandlin of Down. Death of my Bai. Death of Ferblai, son 
ofUargus, a sage »]. 

I»/erfec[t]io htla [n]AiWlo la Gregraighe3 [« The slaying of 
the Hûi Ailello by the Gregraige »]. 

Mors Scandlaige^ Cluana Boirend. Morx Fursu Eassa mac 
n-Eirc[« Death ofScandlach of Cloonburren. Death of Fursu, 
of Ess mac n-Eirc (Assylin) »]. 

Guin Towaltaigh maie Maile tuile [« the slaying of Tomal- 
tach, son of Mael-tuile »]. 

Âr Fothart [« Slaughter of the Fothairt »]. 

Dath fola forsin esca isin bliadainse [« The colour of blood 
upon the moon in this year »]. 



Kl. Fland mac Ccwcobair, ri Muighe hÀei, mor tuus est 
[« Fland, son of Conchobar, king of Mag Aei, died »]. 



[AU. 753. AI. 741. FM. 749]. 



1 . MS. rechtabrad 

2. mwjcraidi 



3. gregraidhe 

4. scandlaine 




The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



Mors Tuathlaithi fïlie Cathail, regiwe Laginorwm 1 . 

Loingseach [fo. i4 b i] mac Flaithbmaigh, ri Ceneoil Co- 
waill [« Loingsech, son of Flaithbertach, king of the Kindred 
of Conall »] mortuus est. 

Sleibine ab Iae [« abbot of Iona »] in Hibmiiam uenit. 

Q^ies Cerbain Daiwliag [« Rest of Cerbdn of Duleek »]. 

Foirtbe Fothair[t] Fedha la hOsraighi 2 [« Dévastation ot 
the Fothart Fea by the Ossorians »]. 

Cath AirdNaiscin eter Hun mBriuin 7 Cenel Coirpr* [« The 
battle of Ardneeskan between the Hûi Briuin and the Kin- 
dred of Cairbre »] in quo ceciderunt multi 3. 

Mors Abiel Atha omnae [« Death of Abel ofÀth Omnai »]. 

Cathéter Huu Tuirtri inuicew4 [« A battle among the Hûi 
Tuirtri between each other »]. 

Fergus Rod mac Cellaig, r/ Con[n]achtj régna»// [« Fergus 
Rod, son of Cellach, king of Connaught, began to reign »]. 



Kl. Flaithniadh mac Tnuthaigh, ri Hûa Meith, moritur 
[« Flaithnia, son of Tnuthach, king of Hûi the Meith, dies »]. 

Combiutio Cluana maie Nois in .xii. kl. Aprilis [« Burning 
of Clonmacnois on the 2ist March »]. 

Mors Fiachrach Mairt/r[th]aige [« Death of Fiachra of Mar- 
tur-thech « relic-house »J. 

Felcmaire mac Comgaill, Tuathal mac Diarmata, sapiens, 
Daelghwj ab Cilli Scire mortui swwt. [« F. son of Comgell, T. 
son of Diarmait, a sage, and D., abbot ofKilskeery, died »]. 

INdrachtach mac Dluthaig, r/ Hua Maine Con[vï\acht 
[« Indrachtach sonof Dluthach, king of the Hûi Maini of Con- 
naught »] moritur. 

Flaithnia macFlaind hûi Ccwchobair, ûHûa Failge, [« Flaith- 
nia, son of Fland Hûa Conchobair, king of Offaly »] [Fian- 
galach, mac Anmchada,] maie Maile Curaigt, ab Indsi bô 

1. MS. leginoram 4. inuictem 

2. hosraidhi t 5. cuaraig 

3 . ceciwderant muilti 



[AU. 754. AI. 742. FM. 750]. 




2 56 Whitley Stokes. 

finde for Loch Ri, [« Fiangalach, son of Anmchad, son of 
Mael Curaig, abbot of Inis bô finde on Loch Ri »] Mac Ron- 
cow do Cenel Cairpn [« of the Kindred of Cairbre »], Snet- 
cest ab Naendrowa [« abbot of Noendruim »] mortui sunt. 
Qwies Fidhmawe hni Suanaig. 

Cath Chind abrad, hi torcair Badbcadh mac Fergale [« the 
battle of Cenn abrat, whereinfell Badbchad, son of Fergal »]. 

Loscodh Cluana maie Nois in .xii. kl. Aprilis [« Burning 
of Clonmacnois on the 2ist March »]. 



[AU. 755. AL 743. FM. 751]. 

Kl. Combustio Bewicair moir [« Burning of Bangor the 
Great »] in feria Patrie! . 

Fearg//.f mac Ceïïaig, xi Con\\\\acht [« king of Connaught »] 
morifur. 

Aelgal ancorita 1 Cluana [« of Clonmacnois »], Corwac mac 
Faelan htia Silne, Forandan esp^ Met[h]uis Truim [« bishop 
of Methus Truim »], Baethgalach mac Colmain hua Suibne, 
ab Âtha Truim [« abbot of Trim »] mortui sunt. 

Sluaighedh Laigew la Domnall mac Mwrchadha fri Niall, co 
mbatar a Muigh M//rtemne. [« An expédition of the Lein- 
stermen led by Domnall son of Murchad against the Hûi 
Néill, so that they were in Mag Murthemne »]. 

Naufragium 2 Delbna for Loch Ri ima taissech .i. Dimwjach 
[« Shipwreck of the Delbna on Lough Ree, together with 
their chief, Dimmusach »]. 

Cath Belaigh Chr6 ria Crimthand for Delbna Hua Maiwe, 
ubi Find mac Airb r/ Delbna, cccxdiî o Tipraite fiwd, 7 dr 
Delbna uime, 7 is de sin ata Lochan Belaigh Crô 7 Tipra 
Find. [« The battle of Belach Crô gained by Crimthannover the 
Delbna of Hûi Maini, wherein Find, son of Arb, king of the 
Delbna, fell by Tipraite Find, and a slaughter of the Delbna 
including him. And hence are (the place-names) Lochân Belaig 



1. MS. incorita 2. Nafraigew 



/Goo$ 



Digitized by 



The Annals af Tigernach. Third Fragment. 



257 



Crô « the Lakelet of the Pass of Gore » and Tipra Find [« Find's 
Well »]. 

Cath Gronnae 1 [MagnaeJ .i. mona moire, in quo Cenel 
Cairpn prastratum est [« The battle of Gronna Magna, that is, 
the Great Bog — môin tnôr — wherein the Kindred of Cairbre 
were overthrown »]. 



Kl. Quies Fidhmuine ancorite Rathaiw Hûi Suanaigh [« Rest 
of Findmuine, anchorite of Hua Sûanaig's Rahen »]. 

Édalbald 2 ri Saxan [« jEthelbald, king of the Saxons, »] 
mortuus est. 

Cowb«.m6 Cille moire dithrib hô Uib Criwthaind [« The 
burning of Cell m6r dithrib « the great church of the désert » 
(now Kilmore) by the Hûi Crimthainn »]. 

Mors Finnchon 3, ab Lismoir [« Death of Finnchu, abbot of 
Lismore »]. 

Cath Chind Febrat eter Mumunenses* inuicttn, in qwo ce- 
cidit Bodbgal prwceps* Mungairit [« The battle of Cenn 
Febrat among the Munstermen between each other, wherein 
fell Bodbgal, abbot of Mungret »]. 

Occissiô Cumascaigh 6 , rtg Hua Failge. Mael duin, mac Aeda 
Bennan 9 xî Muman. uictor fuit. [« The slaying of Cumascach, 
king of Offaly (in a battle in which) Maelduin, son of Aed 
Bennan (and) king of Munster, was victor »]. 

Qwies Siadhail Lindi Duachaill [« The rest of Siadal of Linn 
Duachail »]. 

Guin Duiwn maie Cumascaigh, rig Htla mBriuiw in des- 
ceirt [« The slaying of Donn, son of Cumascach, king of the 
Hûi Briuin of the South »]. 

Lex Colu[i]m cille la Slebine [« Columb cille's « law » en- 
forced by Slébine » (abbot of Iona)]. 

1. MS. grandi 4. mumirinensis 

2. Edabard 5. prmeips 

3 . sïncon 6 . cumascaidh 

Revue Celtique, XVII. 17 



[AI. 756. AI. 744. FM. 752]. 




258 



Whitley Stokes. 



[AU. 757- FM. 753J- 



Kl. Niallgwj mac Bdith, ri na nDessi Bregh ; [Muredach 
mac Cormaic] Slane, abLughmuidh. Cathal hiia Cinaedha, ri 
Hûa Cendsilaigh^ Elpiwe Glaisi Naidiw; Fidbadach Chille delge 
mortui sunt. [« Niallgus son of Bdeth, king of the Desies of 
Bregia ; Muredach, son of Cormac ot Slane, abbot of Louth ; 
Cathal, grandson of Cinaed, king of the Hûi Cennselaig ; El- 
pine of Glasnevin and Fidbadach of Ccll delge, died »]. 

Reuersio Slebine in Ib^rniafm]. 

Martha f/lia Maie Dubai/j, domiwatrix Cille dara, obit. 
[« Martha, daughterof Mac Dubain, abbess of Kildare, dies »]. 

Cath Drowa Robuigh cter Hûu Fiachrach, 7 Hûu Briuifl, in 
q«o ceciderunt Tadhg mac Mwrdebair 7 tri hûi Cdlaigh .i. 
Cat[hjanzach, Cathmug, Ardbrand flcg. Artbran ?J. Ai/ill htia 
Duncadha uictor fuit. [« Battle of Druim Robaig, between the 
Hûi Fiachrach and the Hûi Briuin, wherein fell Fadg, son of 
Murdebar, and three grandsons of Cellach, that is, Catharnach 
(Cathrannach?), Cathmug and Artbran. Ailill, grandson of 
Dunchad, was victor »]. 

Muiredhach mac maie Muirchertaigh, ri Laig^ [« M., 
grandson of Muirchertach and king of Leinster »] mortuus est. 

Gorman co;;/urba Mochta Lugbaidh .i. atha/> Torbaig 1 co- 
raurba Patraig, isse robai bliadain for usn thibrat Fingen a 
Clumn maie Nois, 7 adbath a n-ailithri i Cluain. [« Gorman, 
successor ofS. Mochta of Louth, and father of Torbach a suc- 
cessor of S. Patrick. Tis he that lived for a year on the water 
of Fingen's wcll in Clonmacnois, and died in pilgrimage at 
Cluain »J. 



Kl. Eochaid mac Gwaill Mi«d, ab Fobren ; Do/;mall mac 
Aedha Laigen ; Eochaidh 2 [mac] Yhchrach sapiens mortui 
sunt [« Eochaid, son of Conall Menn, abbot of Fobren, Dom- 



[AU. 758. AI. 746. FM. 754]. 



I ^ MS. torbaid 



2 . Eochaigh 




The Annals of Tigernach. Third Fragment 



259 



nallsonof Aed of Leinster, and Eochaid, son of Fiachra, a sage, 
died »]. 

Cath Eamna Mâcha eter Ullt«7 Hûu Neill in desc^'rt [« The 
battle of Emain Mâcha between the Ulaid and the Hûi Néill »] 
cogente Airechtach sacerdote 1 Aird Mâcha per discordiaw ad 
abbatew Fer da crich, ubi Dungal hua Conaing et Dond-bo 
inttrkcti sunt. Fiachna mac Aeda Roin ùictor fuit. 

Gui/z Rechtabrad maie Dunchon, rtg Mu[g]dhorw [« The 
slaying of Rechtabra, son of Dunchu, king of the Mugdoirn »]. 

Dub druman ab Tuilew [« abbot of Dulane »| [fo. i4 b 2] 
mortuus [est.] 

Beand Muilt [« The Wether's Peak »] effudit 2 a//mem cum 
p\[s]c\bus. 

Cath [Gabrain] re n-Anwchadh (or Laignib [« The battle of 
Gowran gained by Anmchad over Leinster »]. 

Aengus ri Alban [« Oengus, kingofScotland »] moritur. In 
marg. ri Alb*w. 

Mors Coisetaig, ab Lugbaidh [« Death of Coisetach, abbot 
of Louth »]. 



Kl. Muiredhach mac Mwrchadha, hua Bruiw, ri Laige/î 
[« Muiredach, son of Murchad (and) grandson of Bran, king 
of Leinster »] mortuus est. 

Famés 7 mes mor sa' hliadaitt sut [« and a great crop of 
acorns in this year »]. 

Mors Cowcobair hûi Taidhg Temin 7 C[onJait, ab Lis moir 
7 Falartach mac Bricc ancorita*. Suairleach ab Benwcair, Ail- 
giwo mac Gnai, secundus abbas Clwawa hlraird, mortui sunt. 

Cath eter muntir Cluawa 7 muitnir Biror im-Moiw coisse 
Blài [« A battle between the community of Clonmacnois and 
the community of Birr, in Môin coisse Blài » (the Bog at foot 
of (the river) Blài)]. 

Occisio Eachthig/rn espw/Va sacerdote* ac altoir Brighde. Is 
àssin connach denand sacart aiffrind in conspcciu episcobi o sin 

1 . MS. Cogenti aireethach saserdote 3 . incorita 



[AU. 759- FM. 755]- 



2. efuit 



4. sarserdota, the first r cancelled 




i6o 



Whitley Stokes. 



ille a Cill dara [« The slaying of Echthigern a bishop, by a 
priest at Brigit's altar. Hence from that time forward no priest 
performs mass at Kildare in the présence of a bishop ». 

Fland mac Eirc, ri Hûa Fidgente, moritur [« Fland, son of 
Ere, king of the Hûi Fidgenti, dies »]. 

[AU. 760. FM. 756]. 

.Kl. Findachta, macFogartaigh, hûa Cernaig, moritur [« Fin- 
dachta, sonof Fogartach, (and) grandson of Cernach, dies »]. 

Cath Atha duma lier Ulltu 7 hûu Eachach, in qwo cecidit 
Ai/îll mac Fedlemtho [« Battle of Àth duma between the 
Ulaid and the Hûi Echach, wherein fell Ailill, son of Fed- 
limid »]. 

Cath Belaig Gabrain iter Laigw/w 7 Osraighe, cor muid 1 
ria mac Concerca, in quo cecidit Dungal mac Laidhgnew, ri 
Hûa Cendsiltf^, et alii [« Battle of Belach Gabrain (Gowran) 
between the men of Leinster and Ossory, and Cû-cerca's son 
had the victory, and therein fell Dungal son of Laidgnen, 
king of the Hûi Cennselaig, and others »]. 

Aengus mac Fergwja, rex- Pictorum, moritur. 

Mors Downaill maie Mw/rchertaigh, rig Hûa Neill, [« Death 
of Domnall, son of Muirchertach, king of the Hûi Neill »] 7 
Dubluighe maie Ledhaidich. 

[AU. 761. FM. 757]. 
Kl. Nix maghna et luna tenebrosa. 

Occisio Eachtigzrn episcobi a sacerdote < a nderthaigh Cilli 
dara [« in the oratory of Kildare »). 

Q/nes Covmaic ab Cluatn maie Nois, 7 do Sil Cairpr/ do 
[« Rest of Cormac, abbot of Clonmacnois, and of the Race of 
Cairbre was he »]. 

1. MS. muig 3. sarserdote 

2. régis 



Dig 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



Nox lucida 1 [in autumno]. 

Cath Cailli Tuidhbic [« The battle of Caill Tuidbic »], uibi 
Luighne prostrati siwt. Genus Cairpn uictoriaw accepit. 

Fer-fio îilius Fairbri [leg. Faibri ?] saipiens, ab Comraire 
Midhi, [« abbot of Comrar of Meath (Conry) »] obit. 

Cath Sleibe truim [« The battle of Sliab Truim »]. 

Robartach princeps Athnae [« abbot of Fahan »] moritur. 

Fôgartach ri Ele [« king of the Eli »] moritur. 

Suibne ab Cluana ferta Brénaind [« abbot of S. Brénann's 
Clonfert »]. 



K. Downall mac Murchada ri Temrach .i. cétrî fretin do 
claind Floiwd [leg. Colmdin] in .xii. kl. Decimbm moritur 
[« Domnall, son of Murchad, king of Tara, the first king of 
Ireland of the Clan Colmàin, dies on the 20th November »]. 

Mors Becc-laitne, ab [Cluana hlrairdj, 7 Faelchu Find- 
glaise 7 Fidairle hûa Suanaig, ab Rathaiw, mortui sunt [« Death 
of Becc-laitne of Clonard, and Faelchu of Finglas and Fi- 
dairle, grandson of Suanach, abbot of Rahan, died »]. 

Mors Reodaide ab Ferna [« abbot of Ferns »]. 

Mors Anfadaiw 2 ab Linde Duachaill [« abbot of Linn Dua- 
chaill »]. 

Sol tenebrosw^3 \n hora .iii. d[i]ei. 

Straighes Cuilnighe moire [« of Cuilnech Môr »] uibi Con- 
nacbt[a] prostrati sw«t. 

Cath ettr Wùu Fidgen«te 7 Corcomruadh 7 Corcobaisciwd 
[« A battle betwen the Hûi Fidgenti and the Corcomruad and 
the Corcobaiscinn »]. 

Bruidhi ri Fortrenn4 mortuus est. 

Niall Frossach [in marg. ri Erenn « king of Ireland »] 
regnare incipit. 



1. MS. nix luicita 3. Soltene brasszw 



[AU. 762. AL 750. FM. 758]. 



2. fernadaitt 



4. fortchern» 




262 



Whitley Stokes. 



[AU. 763. FM. 759J. 
Kl. Nix magna .iii. fere mensïbus. 

Qwies Romain, ab Chtana maie Nois, do Luaignib do [« Rest 
of Ronan, abbot of Clonmacnois. Of the Luaigni was he »]. 

Corm^c mac AileWo, ab Mainistreach Buite [« abbot of Mo- 
nasterboice »] moritur. 

Cath Argamain 1 iter fawiliaw Cluana maicNois 7 Durmuig, 
ubi cecxdit Diamuit mac Downuill [« The battle of Argaman 
between the community of Clonmacnois and that ofDurrow, 
wherein feli Diarmait, son of Domnall », and Diglach, son of 
Dubless, and 200 men of the community of Durrow »]. 

Siccitafs] maghna ultra moduw. 

Ai//ll Medraighe, mac Dunchadha, ri Connacht [« king of 
Connaught »] mort uns est. 

Scandlan fremin, mac Aedgaile [« S. of Femen, son of 
Aedgal »] moritur. 

Downit mac Duenge pausat. 

Sruth(?) fola [« a flux of blood »] in tota Ib^rnia. 

Cath Duin bile le Donwchadh mac Downaill for Firu Tu- 
lach [« The battle of Dûn bili gained by Donnchad, son of 
Domnall, over the Fir Tulach »]. 

Murchadh mac îndrachtaig 7 Murcfhjad mac Mwchataigh 
la Condtfr#/aib moritur [« is killed by the Connaughtmen »]. 

Moll r/ Saxan [« king of the Saxons »] clerict^ eficitwr. 



|AU. 764. AL 752. FM. 760J. 

Kl. IN[n]octe signww horribile et mirabile 2 in stelhs uisum 
est. 

Flaithbmach mac Loîngsig, n Temrach [« king of Tara »J 
in cler[i]catu. 

Q;/ies Tola Aird Breccaiw f« of Ardbrackan »]. 

1 MS. Cathargai// 2. 7 murabili 



/Goo$ 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Third Fragment. 



261 



Gum tSuibne maie Becce [« The slaying of Suibne, son of 
Becc »] a suis sociis dolose. 

Guin tSuibne maie Murchada [« the slaying of Suibne son 
of Murchad »] eum duobus f/hïs suis. 

Cath Chairn Yiaehach iter da mac Downaill .i. Dunchad 7 
Murchad. Fallamuin mac Owcoingelt la Duwchad. Ailgel rig 
Tebtha la Murchad. In bello cecidit 1 Murcadh. Ailgel in fu- 
gam 2 uers[us] est [« The battle of Carn Fiachach between 
DomnalFs two sons, namely Dunchad and Murchad, Falla- 
muin, son of Cû coingelt, with Dunchad. Ailgel, king of Teffia, 
with Murchad. In the battle Murchad fell and Ailgel was put 
to flight »]. 

Folachtach ab Biror [« abbot of Birr »] mortuus est. 
Loarn ab Cluana Iraird f « abbot of Clonard »] qwieuit. 
Cellbil Cluana Bronaigh [« of Clonbroney »] quieuit. 
Defectio panis. 

Dungalach, ri Htia Liathaiw [« king of the Hiii Liathâin »] 
7 Uargal ri Canaille f « king of Conaille »] mortui sunt. 



Kl. Qwies Criwthainn, ab Cluam ferta Brénaitm [« Rest of 
Crimthann, abbot of S. Brénann's Clonfert »]. 

Gui« Fallowaiw maie Concongelt, rig Midhi, dolose [« the 
slaying, treacherously, of Falloman, son of Cû-congelt, king 
of Meath »]. 

Cath Sruthra et^r Hûu Briuin 7 Conmacne [« A battle be- 
tween the Hûi Briuin and the Conmacne »]. 



[AU. 765. AI. 753. FM. 761]. 



Desttnt folia aliquot. 



(A suivre.) 



Whitley Stokes. 



1 . MS. eccitit 



2. fughow 



GWERZIOU BREIZ-IZEL 



AL1ETTA AR BROUDER (GWERZ) 

Aliett ar Brouder a deuz bet 
Eun habit newè zei violet 

Digant an Itron a Draou-Rivier 
Ewit eureuji mab he merer, 

'Wit eureuji Hervé ar Geldon ; 
Birwiken n'hi c'haraz 'n hé galon. 



Aliett ar Brouder a 1ère 

Noz kenta hec'h eured ha neuzè : 

— Nag Hervé ar Geldon, ma fried, 

Keun hoc'h euz d'ar marc'had hoc'h euz grèt ? 

— la, emezhan, keun am euz-mé, 
Mar em euz clewet ar wirioné, 

Mar em euz clewet ar wirioné, 
Tougac'h pewar miz a vugalé ; 

Ha tri ail, emezhan, 'c'h euz ganet, 
E wac'h o tougen ar bewaret. 

Na deuz ho kinderw, bêleg ar Waz, 
Ha mé, émezhan, gredfè awalc'h. 




COMPLAINTES DE BASSE-BRETAGNE 



ALIETTE LE BROUDER (COMPLAINTE) 

Aliette Le Brouder a eu 

Un habit neuf de soie violette 

De la Dame de Traou-Rivier (Bas de la rivière) 
Pour épouser le fils de son fermier, 

Pour épouser Hervé Le Geldon 
(Qui) jamais ne l'aima dans son cœur. 



Aliette Le Brouder disait 

La première nuit de ses noces, alors : 

— Ça, Hervé Le Geldon, mon mari, 
Avez-vous regret au marché que vous avez fait? 

— Oui, dit-il, j'y ai regret, 

Si ce que j'ai appris est la vérité : 

Si ce que j'ai appris est la vérité: 
Que vous étiez enceinte de quatre mois, 

Et que, dit-il, vous avez eu trois autres enfants 
Et que vous portiez le quatrième, 

(Des œuvres) de votre cousin, prêtre Le Wàz; 
Et, pour moi, dit-il, je le croirais assez. 




A. ht Etat. 



Aliett ar Brouder, pa deuz clewet, 
E creiz plas ar gambr e dilampet : 

— Nag ouz ho costè na gouskin-mé 
Kén a po gouêt ar wirioné. 

Kén a vo an naw miz tréménet, 
Ar wirioné ganac'h gouféet. 



Aliett ar Brouder a zo bet 
Triwac'h miz en prizon Sant-Briec 

Na p'ê an triwac'h miz achuet, 
Hervé ar Geldon hen euz laret : 

— Léret d'Alietta dond d'ar gêr, 
Pé d'ar justis ober ho déver. 

Laret 'zo d'Alietta dond d'ar gêr 
Pe rajè ar justis ho déver. 

— Welloc'h e ganin beza crouget 
E kichen ar plas ma oan ganet 

Ewit beza sujet da bried 

Hen éfé ac'hanon drouc sonjet. 



Aliett ar Brouder a lérè 

D'an eil penn d'ar potans 'n eur valè : 

— Na mé wel ar plas ma oan ganet 
Ha ti Hervé 'r Geldon, ma fried. 

la, caret am euz Bôleg ar Waz, 

Ha mar chomjen bew, m'hen carjè choaz. 

Pard vijè d'in na rajen ket ? 
Bugalé an diou c'hoar omp ganet, 



* 
* * 



* 
* * 




Gwerziou Breiz-Izel. 



267 



Aliette Le Brouder, quand elle a entendu, 
Au beau milieu de la chambre elle a sauté : 

— A votre côté je ne dormirai 
Jusqu'à ce que vous ayez su la vérité, 

Jusqu'à ce que les neuf mois soient passés, 
Que la vérité par vous soit sue. 



Aliette Le Brouder a été 

Dix-huit mois dans la prison de Saint-Brieuc. 

Or, quand les dix-huit mois ont été finis, 
Hervé Le Geldon a dit : 

— Dites à Alietta de revenir à la maison 
Ou aux gens de justice de faire leur devoir. 

On a dit à Aliette de revenir à la maison, 
Sinon les gens de justice feraient leur devoir. 

— J'aime mieux être pendue 
Auprès de l'endroit où je naquis 

Que d'être au pouvoir d'un mari 
Qui a pensé du mal de moi. 



En marchant d'un bout à l'autre de la potence (de Técha- 

— Je vois l'endroit où je naquis 

Et la maison d'Hervé Le Geldon, mon mari. 

Oui, j'ai aimé Prêtre Le Waz 

Et, si je restais en vie, je l'aimerais encore. 

Et pourquoi donc ne le ferais-je pas ? 

Les enfants des deux sœurs nous sommes nés, 



* 
* * 



* 

* * 



Aliette Le Brouder disait 



[faud): 




268 



A. Le Braz. 



Ganet ha maget er memeus ti 
Ha disketwar ar memeus studi. 

Kinderw ha tad-pêron ec'h ê d'in, 
Ha gwelloc'h ewit-han n'euz hini. 

* * 

Cri vijè ar galon na oeljè, 
E tal ar potans neb a vijè 

Wéled pewar bêleg ha trégont 

E kichen ar c'horf ouz 'n eur respond ; 

Ha biscoaz gant hini na zavaz 
Kén ê arriet bêleg ar Waz. 

Cri vijè ar galon na oeljè 

E tâl ar c'horf paour neb a vijè 

O wéled éno bêleg ar Waz 
Ouz hi briata war ar ieod glaz : 

— Alietta baour, te 'zo crouget 
Abalamour d'in-mé, hep sujet !... 

Mé hé liéno, hé, archédo, 
Corn ar marchépi mé hé interro 

Corn ar marchépi mé hé interro 
Hag a zono d'ei ar glaz tâno. 

(Glaouda an Ollier — Porz-Gwcnn.) 



FEUNTÉNELLA (GWERZ) 

[Cf. Gwer^iou Brei^-I^eî, II, p. 54. — La version donnée par M. Luzel 
est incomplète, et lui-même s'en rendait compte, car il fait suivre son texte 
d'une ligne de points. J'ai pu me faire chanter la gwer% tout entière, et 

— M'am ijè gwisket brago ma zad, 
Sir, te az poa bet eur fassad ! 



/Goo$ 



Digitized by 



Gwerziou Breiz-lzel. 



269 



Nés et nourris dans la même maison, 
Et instruits dans les mêmes études 

Il m'est cousin et père-parrain, 

Et meilleur que lui il n'y a personne. 



Dur eût été le cœur qui n'eût pleuré 
Au pied de la potence se trouvant, 

A voir trente-quatre prêtres 
Auprès du corps faisant les répons ; 

Et aucun d'eux ne le put soulever 
Jusqu'à l'arrivée de Prêtre Le Waz. 

Dur eût été le cœur qui n'eût pleuré, 
Auprès du pauvre corps se trouvant, 

A voir là Prêtre Le Waz 
L'étreindre sur l'herbe verte : 

— Pauvre Alietta, l'on t'a pendue 
A cause de moi, sans sujet!... 

Je l'ensevelirai, je la mettrai en bière, 

Au coin des marches (de l'autel) je l'enterrerai, 

Au coin des marches je l'enterrerai 
Et lui sonnerai le glas léger. 



LA FONTENELLE (COMPLAINTE) 



voici comme elle se termine. C'est l'héritière de Coadèlan, veuve de La 
Fontenelle, qui dit, en s'adressant au roi:] 



— Si j'avais passé les braies de mon père, 
Sire, tu aurais eu un soufflet ! 



(Claude L'Ollivier — Port-Blanc, 1895.) 




270 



A. Le Braz. 



Ha Vit n'am euz han ket gwisket 
Dalet anei hag hé miret ! 

Ha ma teu ma blavez da vad, 
Ha d'ezhan da véza eur mab, 

Ha d'ezhan da véza eur mab, 
A c'houlenno revenj hé dad. 



[On connaît le chant intitulé « Mort de Pontcallec », dans le Bar%a%- 
Brei^. On avait cru longtemps qu'il avait dû être fabriqué de toutes pièces 1 . 
Il m'a été donné d'en recueillir cette version populaire que M. de La 

— Calz a amzer am euz collet 
Clask corner markiz Pontcallec. 

— Cheuz nemed rei d'in-me dec scoet 
Ha me reio d'ac'h hen caved. 

'Man 'bars en ti Guyon Berrin 
En penn an dôl oc' h efa gwin. 

— N'az pô na dec scoet na nétra. 
Dustu a renkes hen renta, 

i . M. Loth a publié en 1893, dans les Annales de Bretagne, t. VIII, n° 3, 
une « Chanson du Marquis de Pontcallec » très différente de la version que 
nous donnons. 



* 
* * 



War benn pe^arzee via goudè 
Oa discleriet brézel d'ar Roué, 



Eur brézel dimeuz ar gwassa, 
'Beurs mab hénan Feunténella. 



(Mar-'Yvon Menguy — Porz-Gwenn, 1895). 



GWERZ PONTCALLEC 




Gwerziou Breiz-Izel. 



271 



Et, quoique je ne les ai point passées, 
Attrape-le (tout de même) et le garde ! 

Et si mon année (ma grossesse) vient à bien, 
Et s'il se trouve que c'est un fils, 

Et s'il se trouve que c'est un fils, 

Il demandera la revanche de son père ! 

Environ quatorze ans après, 
Guerre était déclarée au roi, 

Une guerre des plus acharnées 

De la part du fils aîné de La Fontenelle. 

(Marie- Yvonne Menguy — Port-Blanc, 1895). 



LA COMPLAINTE DE PONTCALLEC 

Villemarqué a vraisemblablement connue et à laquelle il a fait subir les 
remaniements et les perfectionnements que l'on sait.) 

— Bien du temps j'ai perdu 

A chercher à prendre le marquis de Pontcallec. 

— Vous n'avez qu'à me donner dix écus, 
Et je vous le ferai découvrir. 

Il est dans la maison de Guyon Perrin, 
Au bout de la table, à boire du vin. 

— Tu n'auras ni dix écus ni rien : 
Sur le champ il faut que tu le livres, 



Digitized by 



2 7 2 



A. Le Braz, 



Dustu a renkes hen renta, 

Pé té c'h ei d'ar marw ewît-han. 



Ar provost-braz a lavarè 
Da varkiz Pontcallec neuzè : 

— Abeurs ar Roue, Pontcallec, 
Me am euz urz d'az comerred. 

— M'euz aon, emezhan, oc' h tromplet. 

Na 'n ê ket mé eo Pontcallec. 

* 

Mé 'zo 'r miliner a Wélo 
Zo deut aman da douch gajo. 

— 'Wit béza da dillad chanchet, 
Mé anvé ô té Pontcallec. 

— Adieu d'am c'hambric alaouret 
Ha d'am zogic plumachenqet ! 



Markiz Pontcallec a 1ère 
War bavé Raon pa arriè : 

— Bonjour ha joa 'bars er gêr-man ! 
Nag ar prizon pélec'h é-man ? 

Nag ar prizon pélec'h é-man 
Mac'h eio Pontcallec enn-han ? 

— N'ac'h euz ket ezom d'ober goab. 
Béza 'zo prizon d'ho lacâd. 

Mes c'hui a c'h ei er basséfos 
'Lec'h na welfet na dé na noz. 

— Mar g an-mé 'bars er basséfos 
Mé renco câd eur gwélé cloz, 



* 



* * 



Digitized by 



Gooc 




Gwerziou Breiz-lzel. 



Sur le champ il faut que tu le livres, 
Ou tu iras à la mort à sa place. 



Le grand-prévôt disait 

Au marquis de Pontcallec, alors : 

— De la part du Roi, Pontcallec, 
J'ai ordre de m' emparer de toi. 

— Je crains, dit-il, que vous ne fassiez erreur. 
Ce n'est pas moi qui suis Pontcallec. 

Moi, je suis un meunier du Goélo 
Venu ici pour toucher des gages. 

— Pour changé que soit ton accoutrement, 
Je reconnais en toi Pontcallec. 

— Adieu à ma chambrette dorée 

Et à mon petit chapeau orné de plumes ! 



Le marquis de Pontcallec disait 

Sur le pavé de Rennes quand il arrivait : 

— Bonjour et joie dans cette ville! 
Et la prison où est-elle ? 

Et la prison où est-elle, 
Que Pontcallec y soit mis ? 

— Vous n'avez pas besoin de railler, 
Il y a prison pour vous mettre. 

Mais vous irez dans la basse-fosse, 
Là où vous ne verrez ni jour ni nuit. 

— Si je vais dans la basse-fosse, 
Il faudra que j'aie un lit clos, 

Revue Celtique, XV U. 18 



A. Le Braz. 



Me renco câd eur gwélé cloz 
Hag eur plac'h coant ewit an noz, 

Eur plac'hic coant diwar ar mès ; 
Meuz ket affer a vourc'hizès, 

Rag 'wit béza gwenn corn ho zal 
Dindan ho inviz tougont gai. 

— Mé choazo d'ac'h eur feumeulen 
A zo o chomm war an dachen, 

Zo hé hano ar Ganaben, 

Scourmo hé diwrec'h 'n ho kerc'hen. 

(Glaouda an Ollier — Porz-Gwenn, 1895). 



Digitized by 



Gwerziou Brtiz-hel. 



Il faudra que j'aie un lit clos 
Et une fille jolie pouf la nuit, 

Une fillette jolie, de la campagne; 
Je n'ai que faire d'une bourgeoise, 

Car, pour blanche que soit leur tempe, 
Sous leur chemise elles ne sont que gale. 

— Je vous choisirai une compagne 
Qui demeure sur le plateau. 

Elle a nom la (corde de) chanvre 

Et nouera ses deux bras autour de votre cou. 



(Claude l'Ollivier — Port-Blanc, 1895). 



A. Le Braz. 




THE IRISH VERB « FIL >» 



Three out of the four Irish verbs which mean « to be » 
are easily enough identifiée! with corresponding verbs in the 
cognate languages, am, Uu, and attô coming from the same 
roots as sum, fui, and sto in Latin. But what is fil ? 

This verb fil (fait, feil, fel) is, in the older monuments, 
used only as what seems to be the 3d sg. près, of an imper- 
sonal verb, meaning « il y a ». Nouns and pronouns, when 
connected with it, are put in the accusative. The latter cir- 
cumstance seems to show that fil did not originally mean « to 
be ». 

The inflection of fil is very singular : it has, besides the 
relative form file (fele), only one form, which stands for the 
conjunctive as well as for the indicative. I am well aware that 
the grammarians take a différent view of the matter, but I 
think it can be proved that they are w r rong. According to the 
Grammatica Celtica — if I understand the words properly — 
fil is the conjunctive as well as the indicative, whereas fel 
(Jeil, and even fil) is used : i . as a relative form after neuter 
substantives (accordingly not after neuter pronouns ?) ; 2. as 
' a conjunctive or conditional (pp. 490 sq.). As to the former 
statement concerning fe(i)l, I may remark at once that it is a 
thing quite unheard of in Irish that verbs, even in relative 
sentences, should take différent forms according to the gender 
of their objects ; so we are justified in supposing a priori 
that this distinction is not a real one, and that, independently 
of gender, the non-relative form of this verb was occasion- 
ally used in the place of the relative one, though even this 



Digitized by 



Goo$ 



The irish Verb a /// ». 



277 



seems irregular in the présent of a simple verb. Now, in Pro- 
fessor Ascoli's Glossarium Pal.-Hib. p. ccciv we read the 
words: « fel, indicat., in connexione relativa (post tnasc. & 
neutr.) », and the gloss « it anathir inna fer fel and » from 
the Cod. Wb. ; I think it is not too rash to suppose that the 
shorter form was used after féminines as well 1 . 

TJiat feil even in principal sentences occurs in cases where 
we should expect the indicative, is certain : ni feil titlu remib 
Ml. 2 b (gl. non sunt suprascripti). (Cf. Ascoli). 

I think I can do no better than cite here the rest of the sta- 
tements of Professor Ascoli, as far as they will throw any 
light on our sùbject : « fil indicat. Cura particulis conjunc- 
tivi : manudfil, etc. » « fel... Mera conjunctivi vel conditio- 
nalis ratione, etiamsi modi significatio non semper prima 
pateat specie. » I assert that in the gloss next cited, « ni fel 
nech », fel cannot possibly be the conjunctive : the Latin text 
reads thus: « quoniam est moris dicere his : ... non est qui 
adhibita censura iustitiae bonos a malis eruat », and the Irish 
gloss thus : « ni fel nech lasam bed dliged remdeicsen do de- 
chrugud etir maithi 7 ulcu, ol seatsom (Ml. 19*2). Another 
gloss cited here is the following (Ml. 48 e1 29) : « ni fel saithar 
nant » ; the Latin text runs thus : « est sensus : tanta facilitate 
magnae moles hostium conciderunt; quia nullius operis est 
exigua haec uirgulta dete[r]rere. » In neither case is there any 
reason whatever why the conjunctive should be used. 

So I conclude without any hésitation that the forms fel, 
and feil, and fil are used indiscriminately, for the indicative as 
well as for the conjunctive, in relative sentences as well as in 
non-relative ones ; they are indeed, to ail syntactical purposes, 
only one form, written variously according to the various 
tastes of the writers. 

Now, if this form is the 3d sg. of the présent tense, coming 
from a root VEL, why is it not inflected in the same manner 
as BER ? The corresponding forms of BER are the following: 

1 Mr. Stokes (Trans. Phil. Soc. 1885-87, p. 258), who, I think, treats 
the forms of this verb more correctly, cites from the Cod. Sg. 93 b 2 the 
gloss « is diall femin file fair », where diall is a neuter. 



2 7 8 



Chr. Sarauw. 



Ind. abs. berid, subj. -beir; Conj. abs. berid, subj. -fera. 
Three of thèse forms are quite out of the question ; -beir might 
seem analogous to feil, but how, then, are we to account for 
the fact that feil is very often used absolutely, -beir never ? 
There is a tendency in the Irish language to let the longer 
forms of the présent supplant the shorter ones, but not vice 
versa. Why has fil no distinction between absolute and sub- 
junct forms ? And why has it no real conjunctive ? And why 
is the non-relative form used in the place of the relative one ? 
What was the cause of thèse anomalies ? 

I think I can give a satisfactory answer. Fil is not the 3d 
sg. of the présent; but it looks exactly like an itnperative, the 
imperative of BER being beir (occasionàlly ber) or bir. Now 
the root VEL means « to see » (Welsh : Gwel) ; so the imper- 
ative feil or fil meant originally « voici ». From « voici » to 
« il y a » the step is not very long. — This dérivation will, 
as far as I see, account for ail irregularities of form and syn- 
tactical use. 

It seems probable that feil (incorrectly spelled fel; cf. asber 
« dicit » instead of asbeir Cam. (bis) Gr. Celt. p. 1004, dom- 
bersom, ibd. p. 344, cf. p. 430) was strongly accentuated; and 
that fil originally had a weaker accent, the infection being 
more fully developed in weak syllables than in strong ones. 
From feil cornes the modem Gaelic bheil, from fil the modem 
Irish fuil ; the intermediate stage between the two forms last 
mentioned was fail. It is, no doubt, because of this fail that 
in the Gr. Celt. p. 5 the vowel is described as an a infected, 
whereas I have taken it for granted that the root was VEL. 
Still I think my supposition justifiable. It is well known that 
ai very often supplants an older i in weak syllables, athir for 
instance becoming athair (and athuir). Now, this change was 
certainly due to the influence of the preceding a, and so it was 
in the imperative abair (abuir) from abir. In idultaigat (in- 
stead of -tige) Gr. Celt. p. 271 there is again a broad sound 
before the /, but in itaig ibd. there is none. It would seem 
that this itaig was due to some influence of analogy. In like 
manner, the weak monosyllable fil was probably in certain 
positions infected by its neighbours, and the form fail, which 



Digitized by 



Google 



The irish Verb « /// ». 



2 79 



was the resuit of an a-infection of this kind, afterwards came 
to be used in other cases as well. 

I need hardly add that the imperative sensé had been îost 
even before the period of the oldest literary monuments. At a 
later time fil was inflected as a common personal verb, mea- 
ning « to be ». The first step towards this new state of things 
was the shaping of the relative form file. 



Chr. Sarauw. 



Copenhagen, Jan. 21. 1896. 




LE 

POÈME DE TORNA-ÉICES 



SUR LE 



CIMETIERE DE CROGHAN 



M. L. Duvau, dans son intéressant article publié plus 
haut, fait allusion, p. 117, à une pièce de vers attribuée à 
Torna, surnommé Èiccs, c'est-à-dire « savant », et qui con- 
tient une liste de personnages enterrés au cimetière de Rath- 
Croghan, paroisse de Kilkorkey, comté de Roscommon, en 
Connaught. Voici le texte irlandais de ce morceau. Nous met- 
tons sous chaque distique la traduction en français, et au bas 
des pages nous plaçons des notes sur les personnages qui y 
sont mentionnés. 

1 Atd fô-t-su ri fer Fdil, Dathi, mac Fiacrach in-ddig ; 
A Crûachu ! ro-chelis sin air Gallaib, ar Goedelaib. 

Sous toi est le roi des hommes de Fail Datlu' 2 , fils de Fiachra 
le bon; 

O Croghan ! tu Tas caché aux Vikîngs, aux Irlandais. 

1 . Un des noms de l'Irlande. 

2. Roi suprême d'Irlande qui, suivant les Annales des Quatre Maîtres, 
serait mort 1 an 428 de J.-C. cf. Flathiusa Ercnd, dans le Livre de Leinster, 
p. 24, col. 1, 1. 39-40; et le poème Hcriu ard, ibid., p. 129, col. 2, 
1.42-43- 



Digitized by 



Google 



Le Poème de Torna-Êices. 



281 



2 Ata fô-t Dungalach dia«, tue in rig dar muir na riaw; 
Ata fô-t fallsigthe rath: Tûathal ocus Tomaltach. 

Sous toi est Dungalach le rapide qui conduisit le roi au 
travers de la mer des mers 1 , - 
C'est sous toi qu'on montrait un tombeau : Tuathal et To- 
maltach. 

3 Tri maie Echach Fedlig fmd atàt i-t-mûr, i-t-mûr-grind, 
OcusEocho Airem fden, arn-a-marbad do Môr-mael, 

Les trois fils d'Eocho Fedlech le beau 2 , sont dans ton mo- 
nument, dans ton monument joli. 
Et Eocho Airem*, impuissant depuis qu'il a été tué par Mormael*. 

4 Ata Eocho Fedlech flaith inti, ocus Drebriu co-daith, 
Ocus Clothru, ni céim aise, ocus Medb, ocus Muresc. 

Y sont aussi Eocho Fedlech le noble J, et Drebriu l'agile 6 , 
Et Clothru, dont la mort ne fut pas douce 7, et Medb 8 , et Mu- 
resc 9. 

1 . Il s'agit ici de l'expédition légendaire racontée dans le morceau dont 
le titre est Slûagad Dalhico sh'ab n-Elpa. Le cadavre de Dathî fut ramené en 
Irlande par quatre personnages de haut rang, dont trois sont nommés ici : 
Dungalach, Tûathal et Tomaltach. 

2. Roi suprême d'Irlande qui, suivant les Annales des Quatre Maîtres, 
aurait régné de 142 à 131 av. J.-C, ans du monde 5058-5069. Ses fils 
s'appelaient Bress, Nar et Lothur : Flatlnusa Erend dans le Livre de Leins- 
ter, p. 23, col. 1, 1. 51 ; col. 2, 1. 1, 2; Aided Meidbe, ibid., p. 124, col. 2, 
1. 37. Ils pratiquèrent la polyandrie et furent tous trois maris de leur sœur 
Clothru. 

3. Roi suprême d'Irlande, de 130 à 116 av. J.-C, ans du monde 5070 
à 5084, suivant les Annales des Quatre Maîtres. Etait frère d'Eocho Fed- 
lech: Flathiusa Erend dans le Livre de Leinster, p. 23, col. 1, 1. 37, 38; 
poème Hériu ard, ibid., p. 129, col. 1, 1. 32, 33. 

4. Ailleurs Sigmall. Voyez par exemple Flathiusa Erend, dans le Livre 
de Leinster, p. 23, col. 1, 1. 37-38. Sur cette contradiction consultez 
O'Curry, Lectures, p. 286. 

5 . Sur Eocho Fedlech voir, outre Flathiusa Erend, le poème Hériu ard 
dans le Livre de Leinster, p. 129, col. 1, 1. 29-31. 

6. Identique à Derbrenn, fille d'Eocho Fedlech : Dindscnchus, publié par 
M. Whitley Stokes, Revue Celtique, t. XV, p. 470-472, 473, 477. 

7. Fille d'Eocho Fedlech, mère et épouse du roi suprême Lugaid Reo- 
derg: Flathiusa Erend, dans le Livre de Leinster^ p. 23. col. 2, 1. 2, 3; cf. 
Aided Meidbe, ibid., p. 124, col. 2, 1. 34-39. 

8 . La célèbre reine de Connaught, épouse d'Ailill mac Magach ; elle 
était fille d'Eocho Fedlech. 

9. Soeur de Medb, de Clothru et de Drebriu ; voyez ci dessous, p. 284, n.4. 





282 



H. D'Arbois de Jubainvilte. 



5 Eriu ocus Fotla is Banba, tri ôc-mnâ aile amra, 
céin co-r-chaithsetar a feil, isi in Cruachu no-da-s-ceil. 

Eriu, Fotla et Banba 1 , trois jeunes femmes admirables : 
Ce n'est pas à Croghan qu'elles ont fait leur festin, c'est Cro- 
ghan qui les cache. 

6 Mac Cuill, Mac Gréni, céin n-gle, Mac Cecht, ni lugu 

a lige, 

ir-raith Cruachan dodo-s-celt, ni cheil ûathad in ôen-lec. 

Mac Cuill, Mac Gréne, temps glorieux! Mac Cecht 2 , leur 
tombe n'est pas plus petite, 
C'est dans la forteresse de Croghan qu'elle les a cachés, ce n'est 
pas une seule personne que cache l'unique pierre 

7 Laibraid Loiwgsech, ri nâd gawd ; Midir do Thûaith Dé 

Dana/zd, 

Cobthach Coelbreg, lith ro-la, in fer uallach, fo-t-atd. 

Labraid Loingsech*, roi qui n'est pas mesquin; Midir, du 
peuple des dieux de Dana4; 
Cobthach Coelbreg J, qui fit fête, cet homme orgueilleux, sont 
sous toi. 



1 . Trois noms de l'Irlande transformées en reines, Glossaire de Cormac 
au mot Trefot; cf. Lebar Gabaîa dans le Livre de Leinster, p. io, col. i, 
1. 37-39. Suivant les Annales des Quatre Maîtres, ces reines auraient été 
tuées Tan du monde 3500, 1700 av. J.-C. 

2. Trois rois des Tûatlxi Dé Datmnn, époux des trois reines précitées, lors 
de la conquête de l'Irlande par les fils de Mile: Lebar Gabaîa, dans le Livre 
de Leinster, p. 9, col. 2, 1. 48, 49; p. 10, col. 1, 1. 35-39; p. 12, col. 1, 
1. 15, 16; poème Hèriu ard, ibid., p. 127, coi. 2, 1. 7-10. 

3 . Roi suprême d'Irlande, régna, suivant les Annales des Quatre Maîtres, 
de l'an 541 à l'an 523 av. J.-C. (ans du monde 4659-4677); cf. Flatlnusa 
Erend dans le Livre de Leinster, p. 22, col, 1, 1. 49-51 ; col. 2, 1. 1-15; 
poème Hèriu ard, ibid., p. 128. col. 2, 1. 34-35. 

4. Personnages divins de la mythologie irlandaise. 

5 . Roi suprême d'Irlande, fils et successeur d'Ugaine Môr et prédécesseur 
de Labraid Longsech. Il périt à Dindrig; voyez Orgain Dindrig dans le Livre 
de Leinster, p. 260. Suivant les Annales des Quatre Maîtres, Cobthach Coel- 
breg serait mort en 542 av. J.-C, an du monde 4688; cf. Flathiusa Erend 
dans le Livre de Leinster, p. 22, col. 2, 1. 1-2 où est donnée la date de 307 
av. J.-C; Dindsenchus dans Revue Celtique, t. XVI, p. 578; poème Hèriu 
ard, Livre de Leinster, p. 128, 1. 32-33. 



Digitized by 



Goos 




Le Poème de Torna-Êices. 283 

8 Atd... 

[Refrain] Sous toi est... (Distique 1). 

9 Tôeb fri-tôeb atd in-ri, is Eocho Fedlech col-li, 

Is Eocho Airem awdso i-sind leith tûaid, a Chrûacho ! 

Flanc contre flanc est le roi: Eocho Feidlech, avec splen- 
deur ; 

Eocho Airem, du côté du nord, ô Croghan ! 

10 In nôem, ar-togail a-mûir, at-ru-bairt fris w-a-ruin : 
a-ligi no a-lecht a«d ni bad airdairc, a Chruacho ! 

Le saint 1 , à la destruction de sa maison, lui dit (à Dathi) en 
secret 

Que son lit ou sa tombe ne serait pas célèbre 2 ô Croghan ! 

1 1 Côeca duma im-Crûachain cuirr, ar iw-maig féraig for- 

luind; 

Dofil, eter firu is mna, côeca cacha duma atd. 

Cinquante tombelles autour de Croghan incliné devant la 
plaine gazonnée sur... 
Cinquante tant hommes que femmes ont chacun là leur tom- 
belle. 

12 Ata f[o-t-su]...3 

[Refrain] Sous toi est... (Distique 1). 

Les distiques 9-12 paraissent une addition à la composition 
primitive. 

Parmi les personnages qui, suivant ce poème, auraient été 
enterrés à Croghan, on peut distinguer deux catégories. 
Les uns sont purement mythologiques. Tel est Midir (dis- 



1 . Formenus, roi de Thrace, personnage légendaire. 

2 . Ce passage est reproduit textuellement dans le texte en prose : Lebor 
na h-Uidrc, p. 38, col. 1, 1. 12 : roguid nâ bad airdairc a ligi. Cf. un mé- 
moire de Samuel Ferguson dans Procecdings of the royal irisb Acadtmy, se- 
cond Séries, Polite Literature and Antiquities, t. II, p. 172. 

3. Lebor na b-Uidre, p. 38, col. 1-2. 



Digitized by 



284 



H. D'Arbois de Jubainville. 



tique 7); tels sont les rois Mac Cuill, Mac Cecht, Mac Gréne 
(distique 6), et leurs femmes Ériu, Fotla, Banba (distique 5). 

Les autres appartiennent à l'histoire légendaire de l'Irlande. 
Sans doute, de ce qu'on raconte d'eux, il n'y a pas grand'chose 
qui appartienne à l'histoire vraie. Ainsi, le dernier d'entre 
elix, le prédécesseur de Loegaire mac Néill, c'est-à-dire du roi 
sous lequel saint Patrice évangélisa l'Irlande, Dathi aurait, 
dit-on, au commencement du cinquième siècle de notre ère, 
débarqué sur le continent et se serait avancé avec une armée 
irlandaise jusqu'aux Alpes. C'est sur les Alpes qu'il aurait été 
miraculeusement tué d'un coup de tonnerre pour avoir détruit 
la maison de saint Formenus. Cependant il n'y a aucune raison 
pour nier que Dathi, Eocho Airem, Eocho Feidlech, Labraid 
Loingsech, Cobthach Côelbreg, etc., aient existé et aient été 
enterrés à Croghan, où certainement on ne trouvera jamais les 
os de Midir, de Mac Cuill, de Mac Cecht, de Mac Gréne, 
d'Ériu, de Fotla, ni de Banba. 

Ces personnages mythologiques manquent dans une liste, 
différente sensiblement et plus longue, des personnages enterrés 
à Croghan ; celle-ci est donnée dans le Senchas na relec {Lehar 
na h-Uidre, p. 51, col. 1, 1. 7 et suivantes) : 

Ôenach Cruachan chetus iss-and no-adnaictis clawna 
h-Eremoin, edon rigrad Temrach, no-co-tanic Cremthawd 1 
mac Lugdech Riab n-derg, edon 2 Cobthach Coel-breg, ocus 
Labraid Loingsech, ocus Eocho Fedlecb ro/j-a-tri-maccaib*, ocus 
Eocho Airem, ocus Lugaid Riab n-derg, ocus sé iwgena Echach 
Fedlig*, ocus Ailill mac Mata con-a-secht brathrib *, ocus ind- 
rigrad uli co-Cremthawd 6 . 

Suivant ce texte en prose, c'est à Croghan qu'on aurait en- 
terré, avec leur famille, les rois suprêmes d'Irlande de la race 
d'Érémon, qui régnèrent à Tara jusqu'à Cremthand exclu; 

1 . Iss esîde cet-ri dib ro-adnacht i-sin Brug. 

2. Is-iat so roadnaicit i Cruachaiw. 

3 . Na tri find Emna edon Bress, ocus Nar, ocus Lothor. 

4. Edon Mcdb ocus Clothru, Muresc ocus Drcbriu, Mugain ocus Ele. 

5. Edon Cet, An, Lon, Dôce et reliqui. 

6. Cf. Pétrie, The ecclesiastical architecture of Ireland, 2* édition, p. 100. 



Digitized by 




Le Poème de Torna-Éices. 



285 



celui-ci aurait été enterré à Brug na Boine vers ie commen- 
cement de notre ère. Ainsi à Croghan auraient été les tom- 
beaux de Cobthach Côelbreg, de Labraid Loingsech, d'Eocho 
Fedlech, de ses trois fils, et de ses quatre filles, Medb, Clothru, 
Muresc, Drebriu, enfin d'Eocho Airem, tous personnages men- 
tionnés dans le poème de Torna-éices ; à cette liste le texte en 
prose ajoute Lugaid Riabnderg et Ailill, fils de Mata, mieux 
Maga, ses sept frères, et deux filles d'Eocho Fedlech, dont le 
poème que nous venons de publier ne dit rien. 

Le document en prose est beaucoup moins éloigné de la 
vraisemblance historique que le poème imprimé et traduit ci- 
dessus. 



H. d'ArBOIS DE JUBAINVILLE. 




DIALECTICA 

(Suite.) 



V. 

Z INTERVOCALIQUE EN LÉONARD. 

La prononciation aneha, de lui, à côté $ant%a; anehi, d'elle, 
à côté d'aney, se retrouve un peu partout dans le pays de 
Léon. Dans plusieurs communes, les deux formes existent 
concurremment. Bahata, bâtonner, à côté de habita, est aussi 
fort usité. Mais ce sont, si on prend l'ensemble du domaine 
léonard, des exceptions. Il y a en revanche une zone où le 
l intervocalique paraît avoir régulièrement évolué en h: ce 
sont les cantons de Plouescat et de Saint-Pol-de-Léon. J'avais 
prié M. l'abbé Corre, professeur au collège de Saint-Pol, an- 
cien élève de la Faculté des Lettres de Rennes, de Élire des re- 
cherches auprès de ses élèves, à ce point de vue, et je lui avais 
soumis toute une liste de mots avec ^ intervocalique provenant 
de la spirante dentale sonore ou de la spirante dentale sourde 
devenue sonore (bahata), ou des vieux-celtique. 

Voici les mots pour lesquels j'ai pu obtenir une transcrip- 
tion représentant la prononciation de Plouvorn, entre Saint- 
Pol et Plouescat. La transcription est de M. Picard, élève de 
rhétorique au collège et natif de Plouvorn : 



Digitized by 



Dialectica. 



287 



LÉONARD CLASSIQUE. 

ane^a, ane^i, ane^o 

anavexpnt, ils connaissent 

me a ve%p, je serai 

be^'e ve%ign, id. 

be%a, être 

digoue^et, survenu 

dive^ad, tard 

e%pmtn, besoin 

coue^a, tomber 

me%p, ivre 

mouza, bouder 

poa^a, cuire 

soue%et, étonné 

neu^e, alors 

dilç^el, délaisser 

boazet, accoutumé à 



PLOUVORN. 

aneha, anehi, aneho 

anavehont 

me a veho 

be^e vehign ou e vesign 
beha 

digouehet (digwçhet) 

divehat 

ehomm 

couehet (cwçhet) 

meho 

mouha 

poaha 

souehet 

neube 

dikhell 

boahet 



A Cleder, dans la même zone, voici, d'après M. Troadec, 
élève de philosophie au même collège, les seuls mots de la 
liste proposée pour lesquels h soit usitée à la place de ^ ; 



LÉONARD LITTÉRAIRE. 

la\a, tuer 
mexp, ivre 
moulât, bouder 
mou^et, boudé 
ne%a, filer 
coueifl, tomber 
de%an (de%à), à lui 
ane^an (ane%â), de lui 
be^a, être 



CLÉDER. 



laha 

meho 

tnouhat 

mcuhet 

neha 

coueha 

dehan (dehâ) 
ançhan (ançhâ) 
bçha 



D'après M. Picard, le % est aussi usité à Plouvorn, pour les 
mots transcrits plus haut, que M. l'abbé Corre a constaté 
la prononciation /; pour % intervocalique pour tous les mots ci- 
dessus chez un indigène de Saint-Pol. Actuellement, me dit- 
il, cette prononciation de h pour % se retrouve surtout chez les 



Digitized by 



?88 



J. Loth. 



illettrés. Cest la forme littéraire avec % qui domine chez les 
gens qui ont reçu une certaine culture : « ils semblent avoir 
honte de cette prononciation ». Cest une sorte de brevet de 
rusticité. Cette prononciation se retrouve sporadiquement en 
dehors même des deux cantons où elle paraît surtout usitée, 
mais elle n'existe que pour certains mots. MM. Picard et 
Troadec écrivent partout c'h, c'est-à-dire la gutturale sourde, 
mais M. Corre m' affirmant qu'on prononce h plutôt que c'h, 
j'ai adopté h. 

Je me suis souvent demandé si /; dans les mots comme 
aneha sortait de ^ léonard actuel, ou s'il n'était pas sorti de ^ 
à l'époque où ^ était encore spirante interdentale. On pouvait 
supposer que c'était par contact géographique que les formes 
avec i et les formes en /; se trouvaient usitées concurremment. 
Le % léonard intervocalique actuel est nettement s doux et 
non point la spirante interdentale. Des exemples comme dilç- 
hçll par dile^ell, composé de di- et de lc%el, bas-vannetais li^er, 
du français laisser ; comme boulet, accoutumé à, vannetais 
boe^et, vieil-irlandais bis, sont décisifs. Nous avons ici affaire 
à s étymologique devenu s doux entre voyelles. C'est donc 
bien % léonard actuel, ^ français qui est devenu h (probable- 
ment /; sonore). Dans mes Mots latins en brittonique, consta- 
tant (ce que, soit dit en passant, personne n'avait encore établi) 
que s intervocalique dans les emprunts latins persistait, et 
croyant d'un autre côté que s celtique intervocalique n'était 
pas encore changé en h, j'avais supposé qu'elle était arrivée à 
l'étape s sonore, ce qui suffirait à expliquer la différence de 
traitement entre les s latins et les s celtiques, les premiers 
étant sourds; \ celtique aurait, un peu plus tard, évolué en h. 
Zimmer, dans son compte rendu de mon travail, a cité cette 
hypothèse comme une preuve écrasante de mon ignorance en 
matière phonétique: il en a été scandalisé jusque dans ses 
moelles de phonétiste. Si j'étais rancunier, je pourrais lui ren- 
voyer, en toute justice, le bonnet d'âne dont il m'avait indû- 
ment coiffé, mais Zimmer, entre autres services qu'il m'a 
rendus, m'a dégoûté des discussions personnelles. S'il y a un 
fait bien établi, c'est non seulement la possibilité, mais encore 
le fait du changement de ^ ou s sonore intervocalique en h 




Dialeciica. 



289 



sonore. M. l'abbé Rousselot me rappelle le lorrain des en- 
virons de Nancy, pohon = poisson, avec h sourde ; pohon = 
poison avec h sonore. Par une évolution analogue, dans la 
Saintonge, ch français est devenu h sourd, / français h sonore 1 . 

Je vérifierai bientôt, à l'aide des appareils enregistreurs dont 
M. l'abbé Rousselot a fait une si belle application à la linguis- 
tique, la valeur exacte de h léonard. 

(A suivre.) 



I. Abbé Rousselot, Les modifications phonétiques du langage étudiées dans le 
patois d'une famille de Celle frouin (Charente), p. 195. 



J. LOTH. 



Revue Celtique, XVIL 




CORRESPONDANCE 



LE MOT GAÉLIQUE AITE. 



Dans le compte rendu bienveillant de mon livre The vernacular inscrip- 
tions of the ancient kingdom of Alban, on a dit que j'ai proposé deux étymo- 
logies du mot picte ahta (œtta, ehte) « sans s'apercevoir de la contradiction » 
— l'une en comparant l'irlandais aed et ta, l'autre en comparant l'irlandais 
aite. 

Je dérive (p. 4$) ahta, que je traduis « côté de foyer », des mots àth 
(gaél. écossais, pron. a-h, sens moderne « four »), et ta « côté ». Je dis 
que l'irlandais à! àth est âith, et c'est seulement pour en illustrer le sens pri- 
mitif que je cite le vieux irlandais âed « feu ». C'est également du sens 
primitif d'àth, âith (et non à'aitè) que je tire athech, aitlxch (celui qui a un 
foyer, occupant). 

Aite, je le dérive (p. 45) tfahta. Voici la généalogie : âhtâ (inscription 
picte), ahtè ou aihta (inscriptions pietés), aihte (prononciation nord-écos- 
saise d'aujourd'hui), aite (écriture écossaise et irlandaise). Les formes ahtè, 
aihta, m'étaient inconnues quand je publiais mon livre, où il me fallait sup- 
poser ahte (p. 19) : mais je les ai trouvées récemment sur les photographies 
de deux pierres conservées à Doune-Lodge, près de Stirling, Ecosse. L'une 
de ces pierres a en sus une petite croix, deux flèches (indicateurs), et les 
mots U Culi<en(« petit-fils de Catulus »)j; au-dessous, les mots O Tuit (« pe- 
tit-fils de(?) Tôt »), deux flèches (indicateurs) de plus, et les mots a aihta 
(« son foyer » — gaélique moderne a aite, « son lieu »). C'est très évi- 
demment la borne de deux fermes qui appartenaient à l'église voisine de 
Saint-Madoc. L'écriture est « hiberno-saxonne » du type northumbrien : 
je crois que l'inscription est du vn c siècle. L'autre pierre a une petite croix, 
le seul mot ahtè en écriture ogamique, et un plan étendu où se trouvent 
les limites de la terre (y comprise une ligne d'arbres), une autre borne, un 
puits, etc. Assurément c'est la borne d'une ferme qui appartenait à S. Ma- 
doc, dont il y avait une chapelle auprès. Après cela, qui saurait douter du 
sens général d'ahta et ehte, ou de la filiation iïaite ? 

Mais quant à l'étymologie, on me dit que le mot ta « côté » n'existe pas. 
C'est une méprise d'O'Reilly, qui a dû traduire tlxi « d'où est » et non « à 
partir du côté ». Et on m'a indiqué deux lieux auxquels Windisch donne 




Correspondance. 



2 9 J 



une pareille interprétation d'o tha. Mais je ne trouve ni en O'Reilly, ni en 
O'Donovan, ni en Windisch même sous le mot 0, que ce mot porte le sens 
« où, d'où ». C'est avec ta ou to « côté » (cf. mât et mér) que j'ai comparé 
bret. corn. gall. tu « côté », irl. ta-éb, to-eb « côté » (cf. ind-eb, chid-tb) y 
que M. Stokes tire d'un préhistorique toibos. 

Et, s'il n'y a pas de ta « côté », comment expliquer les deux lieux 
d'Adamnan « regionem quae dicitur Artdamuirchol » (I, 12, « la terre que 
Ton dit Haut côté de la mer de Col ») et « in Artdaib Muirchol » (II, 10, 
« dans les hauts côtés de la mer de Col »)? Supposons que daib (pour d = 
th, voyez Zeuss, pp. 73-4) ne soit pas le dat. pl. de ta, mais le dat. sing. 
de taib : qu'est-ce que da in Artdamuirchol, si ce n'est pas ta « côté » ? 
Et comment expliquer Airchartdan (III, 14, aujourd'hui Gien Urquhart), 
sinon airch art dan « pâturage de hauts côtés » ? J'ai discuté ces noms aux 
pp. 1 5-18 de mon livre. 

Je ne suis qu'écolier de la classe la plus basse d'études celtiques, mais je 
m'ai donné de grandes peines pour éclaircir le mot picte ahta et son déri- 
vatif aite, et ainsi je demande pardon pour avoir eu la hardiesse de faire ces 
questions aux maîtres. Mais, quelle que soit l'étymologie à' ahta, ebte, etc., 
leur identité avec aite, et par conséquent leur sens général, est devenu in- 
contestable. 



La modestie est une qualité, aussi belle que rare; louable 
chez tout le monde, elle l'est surtout chez M. Nicholson, chez 
qui elle se trouve fort à sa place. 

M. N. raisonne sur le rapport qui existe entre le vieil-irlan- 
dais tôib et le gallois tu ; or il ignore les principes fondamen- 
taux posés par la Grammatica celtica, savoir: i° Oi in vocibus 
britannicis maxime usitatis transgressa invenitur in U : ... tu 
(lattis, hibernicutn vêtus tôib), p. 103 ; 

2° Tota obliterata, b: tu Qatus; hibernicumveiustàib'), p. 139. 

Le gallois tu représente donc rigoureusement et complète- 
ment le vieil irlandais tôib, non ta-eb, ni to-eb, dont suivant 
M. N. il faudrait détacher -eb, comme un élément étranger à 
la forme celtique primitive, pour expliquer Je gallois tu. 

-thà, -tâ dans le composé ô-thà, ô-tà est la 3 e personne du 
singulier du présent de l'indicatif du verbe tàu « je suis », 
comme l'ont vu: en 1880, M. Windisch, Irische Texte mit 
Wôrterbuch, p. 727, au mot ôthà, et p. 800, au mot tâim ; en 
1881, MM. Gûterbock et Thurneysen, Indices glossarum et va- 
cabulorum hibernicorum quae in Grammaticae celticae editione al- 



E.-W.-B. Nicholson. 




2Ç2 



Correspondance. 



tera explanantur, p. 136, au mot qui se présente sous les 
quatre leçons, ôtha, otha, othâ, ota. Aux exemples donnés par 
la Gr. Celt., p. 713, et par M. Windisch à l'endroit que nous 
venons de citer, on peut ajouter l'exemple offert par M. Win- 
disch, Kurçgefasste irische Grammatik, p. 125, morceau VI, 
vers 14; et un autre signalé par M. Atkinson, The passions and 
homilies, p. 135 et 383, 1. 3365 : ta a uachtar co a hkthar 
« from tbe upper to the lower part » « du haut en bas » lit- 
téralement « de là où est sa partie supérieure jusqu'à sa partie 
inférieure », cf. p. 827, col. 1. La traduction littérale de ôtbâ 
est ex quo est, à conjonction veut dire ex quo (Ascoli, Glossario 
delV antico irlandese, p. ex; Gratnmatica celtica, p. 713), et tà, 
thà signifie « est ». Si dans le texte cité d'après M. Atkinson, 
ta était un substantif et avait le sens de « côté », uachtar serait 
le complément déterminatif de ce substantif ; au lieu du nomi- 
natif uachtar, il faudrait le génitif uachtair: ochtir 1 . De même 
dans un des exemples cités par M. Windisch, Irische Texte mit 
Wôrterbuch, p. 727, au lieu de otha mo glun « depuis mon ge- 
nou », il faudrait dans le système de M. Nicholson otha mo 
glûne, avec un génitif dont deux exemples sont donnés par le 
P. Hogan, Todd Lectures, t. IV, p. 131; cf. Whitley Stokes, 
Urkeltischer Sprachschat^ p. 121. 

Je passe à Artdamuirchol, nom de lieu au nominatif, et à 
in Artdaibmuirchol, le même nom au datif chez Adamnan, 
Vita S. Columbae,!, 12, et II, 10, édition Reeves, p. 40, 118; 
c'est la leçon du ms. A., celui de Schafîhausen ; ce n'est 
qu'une variante orthographique de la leçon Arda-muir-chol[l], 
in Ardaib-muir-choll, sans /, fournie par deux mss. du British 
Muséum, savoir: i° le ms. B, coté Bibl. reg., 8, D.IX; 2° le 
ms. Cotton. Tiberius, D.III (voir l'édition de Reeves aux 
pages précitées et aux pages 456, 457). La leçon de ces deux 
mss. est celle qu'a donnée Pinkerton, et qu'a reproduite 
M. Metcalfe dans sa réimpression des Lives of Scottish saints. 
La notation artda pour arda peut être comparée à la notation 

x. Livre d'Armagh, fol. 17 a 2; Whitley Stokes, The tripartitt Life, 
p. 340, 1. 26; Hogan, Documenta de sancto Patricio, p. 101, 1. 9; Analecta 
Bollandiana, t. Il, p. 223, 1. 9. 




Correspondance. 



ardda du Béde de Carlsruhe, fol. 18 b, glose 10; Whitley 
Stokes, The old irish glosses at Wùr^burg and Carlsruhe, 
p. 212, 345. Cf. Grammatica celtica, p. 60, 500, 640, et As- 
coli, Glossario dell' antico irlandese, p. xxix. Arda-muir-choll 
peut signifier a hauteurs des coudriers de la mer »; le fi 
d'Aircbartdan, variante d y airc[h]ardan sans f, Reeves, p. 215, 
458, s'explique de la même façon que le td d'Artda; c'est 
une indication que le d conserve dans ces mots le son qu'il 
avait en latin, c'est-à-dire ce que Zeuss appelle status durus, 
et qu'il n'est pas infectus. 

Une autre façon d'indiquer le status durus de la lettre d est 
de la noter / (Gr. Celt., p. 60), de là Art-muir-chol, dans le 
ms. A, 1. II, c. 22, Reeves, p. 133, tandis que les deux mss. 
du Musée britannique donnent, l'un Ard-tnuir-cboll, l'autre 
Ard-muir-coll, Reeves, p. 133, 457; Metcalfe, t. I er , p. 145. 
Art est le nominatif singulier du mot qui est dans artda au 
nomin. acc. pluriel, et dans artdaib au datif pluriel. Trois exem- 
ples d'art pour ardd <r haut » sont cités par Ascoli, Glossario, 
p. XXIX. 

M. Nicholson est plein de bonne volonté ; il n'a pas de lui- 
même une idée trop haute, il est, dit-il, « de la plus basse classe 
des études celtiques », c'est-à-dire qu'il est de ceux qui ont en- 
core à étudier les premiers éléments ; qu'il les apprenne. S'il 
était aussi prudent qu'il est humble, il garderait sa plume dans 
son tiroir jusqu'au moment où il aurait acquis un peu plus 
d'instruction grammaticale, ce serait la vraie manière de 
donner un caractère pratique à cette modestie dont il nous 
apporte une si touchante, si sincère et si honorable expression. 



H. d'Arbois de Jubainville. 




CHRONIQUE 



SOMMAIRE: I. Mémoires de MM. Zimmer et Kern dans le recueil publié en l'honneur 
de M. A. Weber. — II. Edition princeps des Annales de Clonmacnoise. — III. Le 
mpt latin feber, fiber « castor -, en gaulois bebros, bibros. — IV. Un dictionnaire 
étymologique du gaélique d'Ecosse. — V. Un mémoire de M. Maurice Grammont. 
— VI. Un nouveau recueil de contes bretons. — VII. Revue italienne de l'antiquité 
gréco-romaine. — Postscriptum. — Deux ouvrages récents, les mss. gallois de Sir 
Thomas Phillips. 

I. 

Deux articles intéressants pour les celtistes sont à signaler dans le vo- 
lume intitulé : GurupQjâkaumudr, Festgabe \um fûnfiigjâbrigen Doctorjubi- 
laeum Albrecbt Weber dargebracbt von seinett Freunden und Schûlern, offert à 
l'indianiste bien connu, M. Albrecht Weber, par ses amis et ses élèves, 
pour fêter le cinquantenaire de son doctorat, 1896. 

Celui de ces articles qui est le premier suivant Tordre de la pagination, 
p. 79-83, a pour auteur M. H. Zimmer. Il est intitulé: « De la soi-disant 
loi commune de l'accent dans l'Europe occidentale : Zur angéblicben ge- 
nuin-wcst-europœischen Accentregclung ». 

On sait que, suivant un enseignement aujourd'hui généralement admis, 
la langue italique primitive avait dans les polysyllabes un accent expira- 
toire sur la syllabe initiale (Brugmann, Grundriss, t. I, p. 548-549). La 
même loi parait avoir existé dans le germanique primitif (Brugmann, 
Grundriss, t. I, p. $56). Quelle a été la loi primitive en celtique? Il y a 
sur ce point deux opinions. 

L'une, plus ingénieuse et plus séduisante, je crois, qu'exacte, est celle de 
M. Thurneyscn qui a émis l'hypothèse que le celtique serait sur ce point 
d'accord avec le germanique et 1 italique. D'après M. Thurneysen, la règle 
irlandaise — accentuation sur l'initiale — ne serait pas spéciale à l'irlandais : 
à l'origine, elle se serait étendue à toutes les langues celtiques, notamment 
au gaulois (Revue Celtique, t. VI (1884), p. 31 1-3 13. Cette thèse a pénétré 
chez M. Brugmann, Grundriss, t. I (1886), p. 553. Cf. ci-dessous, p. 318. 

Suivant une autre opinion, l'accentuation expiratoire de l'initiale est dans 
le monde celtique une loi uniquement irlandaise. Elle est étrangère au 
gaulois comme aux langues brittoniques. On peut consulter sur cette ma- 
nière de voir les Mémoires de la Société de Linguistique de Paris, t. II, p. 278 



Digitized 



Chronique. 



295 



et suiv. (1872-1875), t. VI, p. 258 et suiv., 337 et suiv. (1888), et 
M. Wilhelm Meyer-Lùbke, Grammaire des langues romanes, t. I (1890), tra- 
duction française, p. 532; cf. Revue Celtique, t. XI (1890), p. 500-501 

Cette seconde opinion est celle qu'adopte M. Zimmer. Le célèbre pro- 
fesseur absorbé par l'ardeur de la discussion et par l'intérêt palpitant du 
sujet, a passé sous silence les noms obscurs des prédécesseurs qui ont avant 
lui soutenu la doctrine qu'il adopte. Il ne les a pas vus. Heureux homme I 
Il a mille fois raison. La vraie manière de réussir en érudition est, quand 
on traite un sujet, de ne se jamais laisser divertir du thème principal par 
une pensée accessoire. 

Le second mémoire est dû au savant professeur de Leyde, M. Henri Kern ; 
il traite d'un point sur lequel les récits légendaires indien et celtique of- 
frent un trait commun. Le titre est : Aus der indischen und der keltischen Sa- 
genwelt (p. 93-94). Voici ce dont il s'agit. 

Dans le Mabinogi de Branwen, fille de Llyr, on voit le roi de Grande- 
Bretagne, Bran le béni, fils de Llyr, envahir avec une armée l'Irlande où 
règne Matholwch, son beau-frère, époux de Branwen. Alors se produit un 
événement raconté en ces termes dans la traduction de M. J. Loth, Cours 
de littérature celtique, t. III, p. 84 : 

« On rassembla aussitôt tous les guerriers d'Iwerdon (Irlande), tous les 
grands chefs, et on tint conseil: « Seigneur », dirent les nobles à Ma- 
tholwch (leur roi) « il n'y a pas d'autre plan possible que de reculer par 
« delà le Llinon (rivière d'Irlande), de mettre le Llinon entre toi et lui 
« (Bran le Béni), et de rompre le pont. Il y a au fond de la rivière une 
« pierre aimantée qui ne permet à aucun navire ni vaisseau de la tra- 
« verser. ». Ils se retirèrent de l'autre côté de la rivière et ils rompirent le 
pont. [Bran] le Béni (roi de Grande-Bretagne) vint à terre et se rendit avec 
sa flotte sur le bord de la rivière : a Seigneur », lui dirent ses nobles, a tu 
« connais le privilège de cette rivière, personne ne peut la traverser et il 
« n'y a pas de pont dessus. Quel est ton avis pour un pont? » — « Je n'en 
« vois pas d'autre que celui-ci (répondit Bran): Que celui qui est chef soit 
« pont, a vo penn, bit bont. C'est moi qui serai le pont. » C'est alors 
pour la première fois que ce propos fut tenu, et aujourd'hui encore il sert 
de proverbe. Bran se coucha par-dessus la rivière ; on jeta des claies sur 
lui et les troupes traversèrent sur son corps 2 . » 

Cette idée bizarre d'un roi servant de pont à son armée se retrouve dans 
la littérature bouddhique de l'Inde. Un chef des singes sauva, dit-on, sa 
troupe d'un grand danger en lui faisant de son corps un pont, et ce qua- 



1 . On peut même, suivant nous, prouver que primitivement l'accent 
irlandais n était pas sur la syllabe initiale ; la chute de Vu du préfixe du, 
dans des composés comme tairngire « promesse » = *du [p]are-ande-garion, 
tesbuith « manque, défaut » = *du-ex-butis, remonte à une époque où cette 
voyelle était atone. 

2. John Rhys et Gwenogvrvn Evans, The text of the Màbinogion and 
other wclsh texts from the Bookof Hergest, p. 36, 1. 21-29. 




2$6 



Chronique. 



drumane est présenté comme ayant donné en cette circonstance mémorable 
un exemple que tous les rois doivent imiter. Il y a là une idée qui peut re- 
monter à la période de l'unité indo-européenne et dont le titre de pontifex, 
le plus élevé du sacerdoce romain, semble rappeler le souvenir. 



Les Annales dites de Clonmacnoise, sont une chronique irlandaise qui s'ar- 
rête en 1408. Elles commencent par un résumé des origines telles que les 
raconte le Lehar Gàbala. Malheureusement le texte original irlandais est 
perdu. On n'en possède qu'une traduction anglaise terminée le 30 juin 1627 
par Connla Mac Eoghan. L'original lui-même de cette traduction a dis- 
paru ; on n'en connaît que des copies. Il y en a une dans la Bibliothèque du 
Collège de la Trinité de Dublin sous la cote F. 3. 19, elle est datée de 1684 
et elle a été écrite par Teige O'Daly. John O'Donovan, Annals of Ihe 
Kingdom of Ireîand by ihe Four Masters, 185 1, t. I, p. lxiv, et Eogene 
O'Curry, Lectures onthe ms. Materials of ancient irish History, 1878, p. 139, 
en signalent deux autres copies, l'une au Musée Britannique, l'autre dans 
la bibliothèque de Sir Thomas Phillips, toutes deux également de la main 
de Ttige O'Daly. Des citations de cette chronique se trouvent dans l'édition 
des Annales des Quatre Maîtres donnée par O'Donovan en 1851. 

Une édition de cette chronique vient d'être publiée pour la Société des 
Antiquaires d'Irlande par le rév. Denis Murphy S. J., vice-président de cette 
compagnie savante. Elle reproduit le ms. de Trinity Collège 

La langue est l'anglais du commencement du dix-septième siècle agré- 
menté d'abréviations telles que h pour kings, «1* pour with, etc. 

Les noms propres apparaissent avec une orthographe phonétique qui 
peut quelquefois embarrasser le lecteur, ainsi : Dahye pour Dathi, p. 64 ; 
Lagery pour Loegaire, p. 65 ; Twaha pour Tuatha, ibid., etc. Le rappro- 
chement de cette chronique avec celles qu'on possède déjà rendra grand ser- 
vice aux historiens. 



Dans son édition des fables de Phèdre M. L. Havet, d'acord avec le 
meilleur ms. et avec le scholiaste de Berne sur Virgile, Géorgiqucs, I, 59, 
propose, p. 144, la lecture flberï = * bhe-bkrô-s au lieu de fibei = *bhU 
bhro-s, nom latin bien connu du castor chez Plaute cité dans l'abrégé de 

1 . The Annals of Clonmacnoise being annals of Ireland front the earliest pe- 
riodto A.D. 1408, translated into english A D. 1627 by Conall Mageo- 
ghagan and now for the first time printed. Dublin, 1890, in-8, ix-393 p. 

2 . Phaedriy Augusti lïberi Jabulae Aesopiae. Recensuit, usus editione co- 
dicis Rosanboniani ab Ulixe Robert comparata, Ludovicus Havet, Instituti 
Gallici Socius, Paris, Hachette, 1895, in-8, xvi-296 pages. 

3 . On trouve l'accusatif pluriel febros dans Scholia Bernensia ad Vergilii 
Bucolica atque Georgica, publiées par Hermann Hagen, fahrbûcher fur Philo- 
logie, Leipzig, Teubner, 1867, glose sur G., I, 59. 



IL 



III. 




Chronique . 



297 



Festus, éd. Mùller, p. 90, et chez Varron, De lingua latina, 1. V, § 79, 
édition Spengel, 1885 » p- 33, 1. 10, 12, 15. L'existence concurrente de ces 
doublets n'a rien d'étonnant : on sait que les noms réduplicatifs peuvent se 
former de différentes manières, dont l'une est caractérisée par l'emploi de 
17: ti0t[v7j « nourrice », ciconia a cigogne », cf. 8t8a>|xt, bibo ; l'autre par 
l'emploi de Ve: Tc'tavoç a rigidité des membres », sêdes = së-sdes y cf. 
Sftcoxa, memini (Brugmann, Grundriss, t. II, p. 91-92). 

Le celtique paraît avoir eu les mêmes doublets que le latin. 

i° Avec e: Aqua Beveris, qui désigne la rivière de Bièvre, près Paris, dans 
des chartes du xii e siècle (Lasteyrie, Cartulaire général de Paris, p. 317-319), 
nom de cours d'eau tiré des castors ou bièvres logés sur les rives, comme 
les noms allemands de Bibar-aha et Biber-bach « eau, ruisseau de castor » 
(Oesterley, Historisch-geographisches Woerterbuch, p. 62 ; cf. Fœrstetnann, 
Altdeutsches Namenbuch, t. II, Ortsnamen, p. 242) ; variantes : i° Bevera, 
11 50 (Cartulaire général de Paris, p. 323, 324, forme qu'on trouve aussi 
pour une rivière d'Allemagne en 1141 (Oesterley, p. 61, au mot Bibrà) ; 
2° Bevra, III, 5 (Cartulaire général de Paris, p. 19s) 1 - On trouve aussi Ve 
du redoublement dans le dérivé Bebronna, nom de la Brévenne sous-af- 
fluent de la Saône, près de Lyon, suivant plusieurs chartes du commen- 
cement du xi e siècle publiées par Auguste Bernard (Cartulaire de Savigny, 
p. 219, 294, 300, 344, 347, 354) ; le même nom, écrit Bevronna en 1177, 
désigne une petite rivière du département de l'Aube (Boutiot et Socard, 
Dictionnaire topographique du département de l'Aube, p. 26). Bebronna est 
proche parent du Beveren, Bevern germanique (Oesterley, p. 6 1 ) qui s'ex- 
plique probablement par un thème primitif bebron- comme en France le 
nom de Beuvron porté par trois rivières : i° Loir-et-Cher, 2 Nièvre, 
3 II le-et- Vilaine et Manche (Vivien de Saint-Martin, Nouveau dictionnaire 
de Géographie universelle, t. I, p. 420 ; cf. Adrien de Valois, Notitia Galliarum, 
p. 83). Le nom de lieu de la haute Italie, Bebriacus (Revue Celtique, XV, 147), 
est dérivé du nom d'homme *Bebrius, dérivé lui-même de *bebros « castor » ; 
la traduction de Tacite, locus castorum (Histoires, II, 24) est plus littéraire 
qu'exacte. 

Le comique befer « castor » (Gramtnatica celtica, p. 1075) est identique 
au celtique * bebros, quoiqu'en dise M. Brugmann (Grundriss, t. II, p. 91). 
Le latin beber = *bebro-s, du Schoiiaste de Juvénal, XII, 34, 99, et de 
Priscien, V, 14 (Keil, Grammatici latini, t. II, p. 150, 1. 15), est emprunté 
au celtique ou au ligure qui doit avoir possédé du même mot la variante 
bebru-s = *bhebhru-s, d'où le nom de peuple Bebryces î. 

1 . Le Nouveau dictionnaire de géographie universelle de Vivien de Saint- 
Martin, t. I, p. 439, mentionne en France trois autres Bièvre, Ardennes, 
Isère, Loir-et-Cher. 

2 . La métathèse est la même que dans breuvage = * biberaticum. Cette 
métathèse ne s'est pas produite dans le nom de la Beuvronne, Seine-et- 
Marne. 

3. B^cpuxsç, Scymnus de Chio, vers 301, dans les Geographi Graeci mi- 
nores de Didot, 1. 1, p. 204. 




298 



Chronique. 



2° Le doublet latin fiber a pour pendant en gaulois les noms de lieux 
habités Bibrax et Bibracte, si connus grâce au De bello Gallico, et dont le 
second a donné en français le nom moderne du Mont-Beuvray, près d'Au- 
tun, opposé à celui de la Bièvre = Beveris, Bevera = *Bêbris, Bèbra, où la 
première syllabe, c'est-à-dire la syllabe de réduplication nous offre un vo- 
calisme différent. 

IV. 

On peut sans hésiter donner la qualification de bon livre au dictionnaire 
étymologique de la langue gaélique que vient de publier M. Alexandre 
Macbain » . 

Ce n'est pas qu'il contienne beaucoup de choses nouvelles, mais l'auteur 
est généralement fort .au courant de l'état actuel de la science. 

Il commence par un traité de phonétique et de morphologie, auquel, 
suivant une vieille habitude britannique, il donne le titre d'« esquisse d'éty- 
mologie gaélique ». On pourrait critiquer quelques détails. Ainsi, à la 
page xxvi, nous lisons que d et à indo-européen apparaissent tous deux 
avec son dedans les langues celtiques. C'est exact d'une façon absolue pour 
à; mais c'est faux lorsqu'il s'agit d'ô contenu dans la syllabe finale d'un 
mot. Ainsi, à la page xxvii, nous voyons que *syes5r devient en vieil-irlan- 
dais siur. 

A la page xxu nous lisons que l'action rétrograde ou Yumlaut de Vu 
s'exerce seulement sur les voyelles i et e. C'est exact pour le gaélique 
d'Ecosse; cela ce n'est pas pour le vieil -irlandais, comme le prouve, 
p. xliii, le datif baull, tenant lieu d'un celtique primitif (M. Macbain dit 
gadélique) *ballû, pour un indo-européen *bhalldi. L'ff =z ô de *balla est 
la conséquence de la règle que M. Macbain a négligé de mentionner p. xxvi, 
et faute d'avoir cette règle présente à l'esprit, il a, à cette même page xun, 
écrit *balW le nominatif-génitif-accusatif duel celtique primitif, le supposant 
identique au nominatif-accusatif duel grec çccXXoS, mais <paXXû aurait eu 

BeSpuxojv 2Qv7) 8uo, TÔ fxiv rcpôç tû IIo'vtù) IvttJ 'Aata, TÔ 8e* rcapà toTç "ICïjp- 
oiv ev Eùpoj7:T). Etienne de Byzance. 

At Pyrenaei frondosa cacumina montis 
... Nomen Bebrycia duxere a virgine colles 
... Possessus Baccho saeva Bebrycis in aula. 

Silius Italicus, 1. 111, v. 415-423. 
Aitov 8è Koxxrjiavô; Toùç Nap6tov7)afou; B^6puxa; Xé^ei, ypaçwv ourto* Tûv 
TcàXai (iiv Be6puxwv, vuv 8è Nap6u>v7)atav, loti tô flupr{vatov ôpoç. Tô 5è opo; 
touto yuypiïin 'I6î)ptav xal TaXaTiav. Tzetzes, in Lycophr. 516. Dion Cas- 
sius, éd. Bekker, t. I, p. 58. 

. . . Mi/ pi tqu IlupTjvatou vE'jxsTai. Tô yàp 5poç touto, Ix t^ç 8aXaaT7jç 
Tfj5 7tâXai fièv Be6p6xa)v, uaTEpov 8è Nap6ov7jatwv âpÇ«{jL£vov, êç t^jv s?o> ttjv 
{xE^âX^v SiaTEtvsi. Zonaras, 1. VIII, c. 21, édition donnée chez Teubner par 
L. Dindorf, t. II, p. 234, 1. 15-18. 

1 . An Etymological Dictionary of the gaelic îanguage by Akxander Mac- 
bain, M. A. Inverness. The northern counties printing and publishing 
Company limited. 1896, in-8, .XLVii-374 p. 



Digitized by 



Chronique. 



299 



pour correspondant en celtique *balln, qui serait devenu baull et non bail en 
vieil-irlandais; or c'est bail qui est la forme du vieil -irlandais. 

A la page xxxix, M. Macbain expose la théorie de l'accent. Il dit que 
l'accent en gaélique est toujours placé sur la première syllabe, et que la 
même règle existait aussi en vieil-irlandais (il dit oldgaelic) sauf lorsqu'il 
s'agissait du verbe. En règle générale, prétend-il, l'accent irlandais dans le 
verbe composé frappait la seconde syllabe. Mais cette doctrine est erronée. 
En réalité, l'accent en vieil-irlandais frappe toujours la première syllabe du 
verbe. Quand le premier élément du verbe n'est pas accentué, il est séparé 
du verbe par la tmèse, qui permet l'intercalation d'un pronom infixe, et qui 
fait du premier élément de composition un mot distinct et proclitique. Au 
début de V Iliade, chant I, vers 39, on lit : 



Dans ce vers, les trois derniers mots : in\ vrjôv tfpe^oc, tiennent lieu de 
inépztya vrjdv, deux mots dont le second est infixe dans le vers homérique ; 
m et spe^a, séparés par V7)dv sont deux mots différents dans ce texte grec ; 
de même en vieil-irlandais : ro-s-immaig « il les emmena » nous offre 
trois mots : le pronom infixe 5, séparant ro de immaig, fait de la préposition 
[/>]ro, ici employée adverbialement, et du verbe immaig, deux mots dis- 
tincts ; ainsi l'accent, qui dans immaig frappe la syllabe im, est conforme à 
la loi qui veut qu'en vieil-irlandais toute initiale soit tonique. 

Nous passons au dictionnaire qui forme la plus grande partie du volume. 
Ce qu'on y trouve principalement, c'est, dans l'ordre alphabétique du vo- 
cabulaire gaélique d'Ecosse, la traduction en anglais des articles dont la 
réunion dans un ordre différent constitue le récent ouvrage de M. Whitley 
Stokes : Urkdtisclxr Sprachschat^. M. Macbain y a ajouté quelques em- 
prunts au livre malheureusement encore inachevé de M. Ascoli, Glossario 
delV antico Irlandese, et aux mémoires de M. Zimmer. Il est regrettable que 
M. Macbain ne renvoie jamais aux pages de ces savantes publications. 
Prenons par exemple, à la page 5 de son livre, la conjonction ag us « et ». 
M. Macbain l'explique par un préceltique aglmûstu-, dérivé de la racine 
indo-européenne angh, agh « serrer ». Cette racine a été étudiée par 
M. Whitley Stokes aux p. 14 et 15 de son Urkeltischer Sprachschat^, mais 
M. Stokes n'y dit pas un mot du vieil-irlandais acus, ocus, aujourd'hui 
agus « et ». A la p. 31, M. Stokes propose de rattacher ce mot à la racine 
enk, nak « atteindre ». Il faut aller jusqu'à la p. 328 de Y Urkeltischer 
Sprachschat^ pour trouver la doctrine adoptée par M. Stokes en dernier lieu 
et que reproduit d'après lui M. Macbain. A cette doctrine s'oppose, dit 
M. Macbain, celle de M. Zimmer, qui trouve dans acus la racine ges du 
latin gero. Les personnes qui voudront comparer la doctrine du professeur 
de Greifswald avec celle du savant irlandais pourront quelquefois perdre 
beaucoup de temps avant de trouver : 1° l'exposition de la doctrine de 
M. Zimmer, Zeitschrift de Kuhn, t. XXX, p. 189, note ; 2° l'exposition de 
la doctrine de M. Stokes à l'endroit que nous venons d'indiquer. 

Dans quelques circonstances, M. Macbain se sépare de M. Whitley 



SfiivOeu, el' noté toi ^aptevc* iizi v7jov ep£<]/a. 




Chronique. 



Stokes. C'est ainsi que p. 10 et 192 il explique par la racine #eid les subs- 
tantifs aisneis et innis « acte de parler, raconter », que M. Whitley Stokes, 
p. 268, rattache à la même racine que le latin veto. M. Macbain s'écarte 
aussi de l'opinion exprimée par M. Whitley Stokes sur l'étymologie de Tir- 
landais bar ou for « dit-il », que M. Whitley Stokes explique par la racine 
du latin verbum et du gothique vadrd. Cette racine est tfERDH. M. Stokes 
Justifie sa doctrine par trois exemples dans lesquels le d est maintenu : 
fordat, ordat, oldat (p. 274). M. Macbain (p. 19), propose la racine s ver de 
l'anglais swear « jurer », answer « réponse ». Mais cette racine, étudiée par 
M. Whitley Stokes à la page 323, n'explique pas le d de fordat, ordat, ol- 
dat. Ces contradictions sont une exception, et si le travail, en général exact 
et complet de M. Macbain, contenait des renvois aux volumes et aux pages 
des auteurs dont ce savant a classé alphabétiquement les doctrines, il aurait, 
comme instrument de travail, beaucoup plus d'utilité. Espérons que la 
rapidité de la vente permettra prochainement à M. Macbain de nous - 
donner une seconde édition complétée dans le sens que j'indique. 

V. 

M. Maurice Grammont a récemment publié sur la dissimilation une sa- 
vante et ingénieuse étude 1 qui contient plusieurs exemples celtiques, les 
uns excellents, les autres cités à mon sens hors de propos. 

L'irlandais iîar « aigle « = *eruro-s, W. St., Urkeltiscber Sprachschat\ 9 
p. 39, est un exemple de la loi XIV « implosive (consonne qui termine la 
syllabe) dissimile intervocalique ». 

La loi XVI « Intervocalique dissimile combinée atone » explique le bas- 
latin fragellum (= flagellutri), d'où l'irlandais sroigell, p. 7$, cf. Grammatica 
celtica, p. 80. 

La loi XVII : « De deux phonèmes intervocaliques, c'est le premier qui 
est dissimilé », explique pourquoi le celtique *alaliios est devenu en irlan- 
dais araile, en breton arall (p. 83). 

M. Grammont reconnaît un phénomène de préparation dans le bas-latin 
cuntelîum (pour cultellum « couteau »), d'où le breton kontel. La nasale den- 
tale n prépare le / suivant qui s'accorde mal avec la labiale / de cultellum. 

L'irlandais teoir « trois » féminin = *ti-sor-es, est le nominat. pluriel d'un 
thème *ti-sor~, aux cas faibles *ti-sr-, doublet de *tri-sor- qui était aux cas 
faibles 'tri-sr-. Le second terme sor, sr se trouve aussi dans le mot indo- 
européen qui veut dire sœur, et H zz tri s'explique par la règle indo-euro- 
péenne qui voulait que de deux consonnes initiales d'un mot l'une fut éli- 
minée si elle se trouvait après la coupe des syllabes (p. 134). 

Le gaulois Leucamulus pour * Leuco-camulos, Clutamus pour * Cluto-tamos 
sont des cas de superposition syllabique, p. 159. 



1 . La dissimilation consonanttque dans les langues indo-européennes et dam 
les langues romanes. Dijon, imprimerie Darantière, 1895, in-8, 2x5 pages. 



1 by GoOglg^^J^ 



Chronique. 



}0I 



*Quenque, en latin quinque, en vieil-irlandais coic, nous offre un exemple 
de redoublement factice par assimilation. 

Mais il me semble difficile d'admettre que le breton moyen empalâ^r-es 
« impératrice », dérivé du mot savant empdlay « imperator », aujourd'hui 
empaïaer, à l'aide du suffixe féminin -es = -issa (Gr. C, p. 834), puisse 
être considéré comme créé conformément à la loi IV a combinée tonique 
dissimile intervocalique » (p. 34). La combinée pour tr à'etnpala^r est 
atone en breton (cf. Gr. C, p. 830-831). 

Le v breton de vanter « manière », d'unvan — un-wan = * oino-manos 
« semblable, pareil » s'explique par des lois phonétiques qui paraissent 
n'avoir aucun rapport avec la dissimilation (Gr. C., p. 1 14, 196, 824, 825. 



M. de Kerbeuzec a mis à profit un séjour de quelque temps à Plou- 
gasnou, commune bretonne située à quatre lieues de Morlaix, sur la mer, 
pour recueillir des miettes du folk-Iore local dont il a composé un gracieux 
volume, le premier d'une série destinée apparemment à être continuée sous 
le titre de Cojou-Brei\ « Contes de Bretagne » 1 . A poursuivre son enquête 
en d'autres parages, M. de K. s'apercevra vite que les traditions, légendes 
et poèmes qui figurent dans son premier recueil n'ont rien de particulier au 
coin de pays où il les a trouvés tout d'abord ; et il faut qu'il s'attende dès à 
présent à les retrouver, sensiblement les mêmes, dans toutes les régions de 
la Bretagne bretonnante qu'il pourra explorer par la suite. Sans doute 
sera-t-il alors amené à reconnaître que la méthode n'est pas sans inconvé- 
nients, qui consiste à classer les documents d'après les cantons où ils ont 
été recueillis. — D'autre part, M. de K. eût, je crois, bien fait de tenir 
compte des travaux de ceux qui, avant lui, ont largement moissonné dans 
le champ de la tradirion populaire bretonne. Je ne relève dans son livre 
qu'une référence, encore se rapporte- t-elle à l'œuvre de M. de La Ville- 
marqué. Il n'ignore assurément pas M Luzel, qu'il loue comme il convient ; 
mais je rsgrette qu'il n'ait pas relu les Gwer^iou. Il y aurait rencontré — et 
sous une forme en général plus complète — tous les poèmes (sauf un) qu'il 
a réédités en croyant, je pense, les produire pour la première fois. C'est 
ainsi que Marie Troadec = Mathurine Troadec (Giver^iou, I, 131); le Ca- 
pucin de Tromelin = Le clerc de Plourin (Gwer^iou, II, 361) ; L'enfant de 
cire = l'Enfant de cire (ibid., I, 142, 2 versions) ; les Orphelins de Coeteleç 
= Le Frère et la Sœur (ibid., I, 202, 2 versions) ; Kervègen et Les Tourelles 
= Kervégan et Des Tourelles (ibid., II, 189, 2 versions) ; Le clerc de Garlan 
= Le clerc de Lampaul (ibid., II, 472, 2 versions), etc. Il y eût également 
pu trouver tout au long (I, 139) la gwer\ de saint Julien que les chanteurs 

1 . H. de Kerbeuzec, Cojou-Breiz, i« série, Plougasnou, Paris, Bouillon, 
1896, in- 12. 



H. d'Arbois de Jubainville. 



VI. 




302 



Chronique. 



de Plougasnou ont laissée tomber en oubli. Que s'il n'y voit point d'outre- 
cuidance, me perraettra-t-il de rappeler que j'ai donné en novembre 1892, 
dans les Annales de Bretagne, la complainte de Iannic Herry, une des très 
rares qui aient échappé aux si consciencieuses recherches de M. Luzel ? — 
Ceci n'est pas au moins pour donner à entendre à M. de K. qu'il vient trop 
tard dans un terrain trop glané. Je suis persuadé, par exemple, que s'il 
avait eu le loisin d'interroger plus longuement les gens du peuple sur les 
chapelles de Plougasnou et des alentours, ils n'auraient pas manqué de lui 
fournir de précieux renseignements sur les petits cultes locaux. Et le cha- 
pitre un peu écourté qu'il consacre aux traditions religieuses en eût été fort 
enrichi. Ce que je n'ai pas dit, et par quoi je veux terminer, c'est que 
M. de K. travaille et conte avec une remarquable aisance, et que, si son 
livre n'apprend rien de très nouveau, le charme simple et lumineux de son 
talent ajoute un agrément de plus même aux choses que l'on connaissait 
déjà. 

A. Le Braz. 

VII. 

M. Francesco Garofalo, dont nous avons annoncé plus haut, p. 97, la sa- 
vante étude sur les Allobroges, nous prie d'apprendre à nos lecteurs 
qu'en novembre 1896 paraîtra à Naples la première livraison d'une revue 
dirigée par lui : Rivista bimestrale di anlichità greche e romane. Dans ce 
nouvel organe de l'érudition classique, il sera tenu compte du mouvement 
des études relatives à l'antiquité celtique. Le prix de l'abonnement sera par 
an de L. 10; les numéros séparés (contenant chacun 64 pages), coûteront 
L. 2. 

Postscriptum. — La direction de la Revue Celtique a reçu deux volumes 
dont il sera ultérieurement rendu compte : i° Studies and notes in Philology 
and Literature, vol. IV, Studies on libeaus desconus by William Henry 
Schofield, Boston, Ginn and Company, 1894, in-8°, iv-246 pages; 2 La 
Qironique de Nantes, 570-1049, publiée avec une introduction et des notes 
par René Merlet, Paris, Alphonse Picard et fils, 1896, in-8°, LXXii-167 
pages. Enfin elle est heureuse d'annoncer que les manuscrits gallois de 
Sir Thomas Phillips n'ont pas été dispersés. La bibliothèque publique de 
CardirT, Pays de Galles, en a fait l'acquisition. Elle les a payé 5,500 livres 
ou 87,500 francs. 

Jubainville, Vosges, le 20 juillet 1896. 

H. d'Arbois de Jubainville. 



Digitized by 



PÉRIODIQUES 



i. 



Sitzungsberichte der Kôniguch-Preussischen Akademie der Wis- 
senschaften zu Berlin. T. XX, 1896, p. 429-456. — Savant mémoire 
de M. Otto Hirschfeld sur l'histoire de l'Aquitaine pendant la période ro- 
maine. Cette histoire commence vers l'année 79 av. J.-C. (Mommsen, Rô~ 
mische Geschichte, 6 e édit., t. III, p. 21), quand le légat Lucius Valerius 
Praeconinus fut battu et tué par les Aquitains qui s'emparèrent aussi des 
bagages de Lucius Mallius ou Manlius, proconsul de la Narbonnaise, vaincu 
en Espagne à Lerida et contraint à la retraite (César, De bello gallico, 1. III, 
c. 20, § 1 ; Liv., Periocha 90; Orose, 1. V, c. 23, § 4). 

Rome dut souvent ses succès autant à la diplomatie qu'aux armes. Elle 
semble en Aquitaine avoir voulu réparer ce désastre en se créant des al- 
liances. De là probablement le titre d'ami donné par le Sénat romain à 
deux rois Aquitains, l'un grand-père de Piso Aquitanus (De bello gallico, 
1. III, ch. 12, § 4), l'autre père de Teutomatus, roi desNitiobroges, Agen. 
Le père de Teutomatus s'appelait Ollovico (De bello gallico, 1. VII, c. 46, 
§ 5). Neuf ans environ plus tard, vers l'an 71 av. J.-C. (Mommsen, t. III, 
p. 38), Pompée, ayant terminé victorieusement la guerre contre Sertorius, 
fit sortir d'Espagne les débris de l'armée vaincue, composée probablement de 
Celtibères, et les établit au nord des Pyrénées, dans un Lugdunum, qui à 
cause de ce ramassis d'étrangers, convenae, fut surnommé Convenarum, au- 
jourd'hui Saint-Bertrand-de-Cominges, Haute-Garonne. Le texte fonda- 
mental sur ce point a été mis en lumière par Adrien de Valois, Notitia 
Galliarum, p. 157, col. 1. C'est un passage du livre de saint Jérôme, contra 
Vigilantium. Le fougueux Père de l'Eglise a, selon sa coutume, injurié cet 
hérétique, qui, cabaretier à Calahorra, mélangeait d'eau le vin vendu à ses 
clients : miscet aquam vino (c. 1), et qui, originaire de Saint-Bertrand-de- 
Cominges, ne valait pas mieux que ses canailles d'ancêtres : Nimirum re- 
spondet generi suo, ut, qui de latronum et convenarum natus est semine(quos Cn. 
Pompeius, edomita Hispania, et ad triumphum redire festinans, de Pyreneis 
jugis déposait et in unum oppidum congregavit, unde et Convenarum urbs nomen 
accepit), hucusque latrocinetur contra eccksiam Dei, et de Vettonibus, Arevacis, 




504 



Périodiques. 



Ceîtiberisque descendons, incurset Gaîliarum ecclesias portetque nequaquatn vexil- 
îum crucïs, sed insigne didboli ' . C'est avec raison qu'Adrien de Valois, et 
après lui M. Hirschfeld, rapprochent de ce document ecclésiastique César, 
De belîû civili, 1. III, c. 19: Liceretne civibus ad cives de pace kgatos mittere, 
quod etiam fugitivis ab saltu Pyreneo predonibusque licuisset. 

La conquête de l'Aquitaine fut faite en Tan 56 avant notre ère par P. Li- 
cinius Crassus, un des lieutenants de César ; César lui-môme pénétra pour 
la première fois dans cette partie de la Gaule romaine à la fin de l'été de 
l'année 5 1 , et n'eut jamais de cette région qu'une notion insuffisante. La 
soumission de cette province était fort incomplète. Pour l'achever, il fallut 
deux expéditions. La première fut conduite l'an 38 av. J.-C. par M. Vip- 
sanius Agrippa, la seconde, environ" dix ans plus tard, par M. Valerius 
Messala. 

Bientôt après, probablement entre les années 16 et 13 av. J.-C, Auguste 
sépara de la Celtique les cités qui se trouvaient au sud de la Loire et les 
réunit à l'Aquitaine, dont la Garonne, jusqu'à cette date, avait été la limite 
au nord et à l'est. Cette organisation administrative voulue par la politique 
romaine (Mommsen, Rômische Geschichte, t. V, 2 e édition, p. 77), était con- 
traire à la nature et aux aspirations des populations. Elle paraît avoir duré 
jusque vers le commencement du troisième siècle de notre ère, c'est-à-dire 
pendant un peu plus de deux cents ans. M. Hirschfeld, se fondant sur les 
caractères paléographiques de l'inscription d'Hasparren, met peu après 
l'année 200 de notre ère cette inscription ainsi conçue : 



L'Aquitaine du temps de César, rétablie alors, paraît sous le nom de No- 
vem popuîi ou de Ncwcmpopulana dans les diverses listes des provinces de la 
Gaule, depuis les dernières années du troisième siècle, jusqu'au début du 
cinquième (Desjardins, Géographie historique et administrative de la Gaule 
romaine, t. III, p, 462-463). 

Il semble que les peuples ibériques de l'Aquitaine ne prenaient point part 
à l'assemblée des trois Gaules établie à Lyon par Auguste. Il n'est pas 
question de ces peuples dans les nombreuses inscriptions relatives à cette 
assemblée qui ont été découvertes à Lyon. Leur absence explique la diffé- 
rence entre les chiffres donnés par deux auteurs également dignes de foi. 
Strabon nous apprend qu'il y avait à Lyon un temple dédié à César-Au- 
guste, que sur l'autel étaient inscrits les noms des soixante cités de la Gaule: 

1. Migne, Patrologia latina, t. 23, col. 342 a-b. Les leçons Veetonibus, 
Arrevacis, de Migne, ont été avec raison, ce semble, corrigées par 
M. Hirschfeld en vettonibus, Arevacis. 

2. E. Desjardins, Gèograplne historique et administrative de la Gaule ro- 
maine, t. II, p. 361. 



Flamen, item dumvir, quaestor pagique magister, 
Verus, ad Augustum legato munere functus, 
Pro novem obtinuit populis sejungere Gallos; 
Urbe redux genio pagi hanc dedicat aram 2 . 




Périodiques. 



tûv sOvûv IMxovra (Liv. IV, c. 3, § 2, édit. Didot, p. 159, 1. 38). Le géo- 
graphe grec écrivait cela environ deux ans avant la révolte de Florus et de 
Sacrovir, qui eut lieu l'an de J.-C. 21. Or, Tacite, parlant de cette révolte 

(Annales, III, 44), raconte que les soixante-quatre cités de la Gaule firent 
alors défection. Le scoliaste de Virgile, Enéide, I, 286, dit que J. César 
avait vaincu les soixante-quatre cités de la Gaule (Thilo et Hagen, Servit 
grammatici qui feruntur in Vergilii carmina commentarii , t. I, p. 105, 1. 13, 
14), et ce chiffre est d'accord avec rénumération de Ptolémée : vingt-deux 
cités en Belgique, vingt-cinq en Lyonnaise, dix-sept en Aquitaine 1 , dont 
quatre entre la Garonne et ies Pyrénées (Romische Geschtchte, t V, 4e édit., 
p. 86, n. 2) savoir: Tarbeîïi (Dax), Vasatii (Bazas), Datii, lisez Eîusatii 
(Eau se), Ausci (Auch) (Ptolémée, 1. II, c. 7, § 8, 11, éd. Didot, p. 20$, 
1. 9; p. 20$, 1. i ; p. 206, L 2, 4). Le nombre des cités situées entre la Ga- 
ronne et les Pyrénées augmenta pendant le premier et le deuxième siècle 
par l'effet de subdivisions, et il s'élevait à neuf au commencement du troi- 
sième siècle, quand fut créée la province appelée Navempopulana. 

Un des points sur lesquels l'Aquitaine primitive entre les Pyrénées et la 
Garonne se distingue des autres parties de la Gaule romaine, ce sont les 
noms des divinités. A très peu d'exceptions près, ces noms sont non seu- 
lement antérieurs à l'occupation romaine, mais même à la conquête cel- 
tique. On les considère communément comme ibériques. Mais comme ils 
sont la plupart différents des noms de divinités qu'on rencontre en Espagne, 
il est vraisemblable qu'ils remontent à une date où le pays était habité par 
une population mélangée d'éléments à la fois ibères et ligures. On ne peut 
douter que les Ligures ne se soient étendus jusqu'en Aquitaine. Une note 
communiquée à M. Hirschfeld par M. Sieglin est ainsi conçue: « Les Li- 
« gures en Aquitaine sont mentionnés dans le périple que nous a conservé 
« Avienus, Ora maritima, et qui nous fait connaître l'état politique de l'Oc- 
« cident vers l'an 470 av. J.-C. Avienus, après nous avoir dépeint (vers 90- 
« 107) la péninsule Oestrymnique (la Bretagne), mentionne (vers 146 et 
« suiv.) au sud de cette presqu'île, un grand golfe, c'est-à-dire le golfe de 
« Biscaye ; ce golfe s'étend jusqu'à la terre d'Ophiussa qui, habitée par les 
« Sacfes et les Cempsi (vers 19$, 196), se termine au sud du golfe de Lis- 
te bonne (vers 174-177) aux frontières des Cynètes (vers 200). La terre 
w d'Ophiussa comprend donc sans aucun doute l'ouest et le nord-ouest de 
« la péninsule pyrénéenne. Au nord d'Ophiussa habitent les Ligures et les 
« Dragani (vers 196-198)... On doit en conclure que les Ligures étaient 
« établis en Aquitaine. Saut quelques fragments de Pythéas, nous n'avons 
« jusqu'à César aucun plus ample renseignement sur le nord de l'Espagne 
« et sur la côte occidentale de la Gaule. Nous ne devons donc pas nous 
« étonner s'il ne nous est parvenu aucun témoignage qui complète celui 

1 . Ce nombre de dix-sept n'est pas celui de Strabon qui dit quatorze : 
à 8s Ss6aa-6ç Kaîaocp... îipoaeÔTjxE xeiTapsaxaiSexa è'Ovtj xtûv {jletocÇu tou Ta- 
poova xa\ xou Ae^poî Tcoxajxoo vejxojxevwv, 1. IV, c. i, § I ; édition Didot, 
p. 147, 1. 15-19. 

Revue Celtique, XVil. 20 



Digitized by 



Périodiques. 



« d'Avienus sur la situation la plus ancienne des peuples de ces contrées. 

« Pourtant le plus vraisemblable est que Théopompe (fragment 221 a; 

« Fragmenta historicum graecorum, t. I, p. 315) parle d'une côte de l'Océan 

« Atlantique, d'abord ligurienne, ensuite abandonnée, quand il dit : « Ils 

« côtoyèrent une contrée, la première qu'ils trouvèrent déserte, et qu'avaient 

« précédemment habitée les Ipsicuri, les Arbaxani et les Eubii, peuples 

« ligures. » Ce n'est ni la Méditerranée, ni le haut Rhône qu'il a en vue. 

« Quand plus tard Artémidore, vers l'an 100 av. J.-C, dans un passage 

« cité par Etienne de Byzance au mot Ligures (cf. Geographi Graeci minores, 

« t. I, p. 574) tire le nom des Ligures du fleuve Ai'yupoç, la Loire, quelque 

« fausse que soit cette étymologie, elle repose sur la notion de l'établis- 

« sèment des Ligures dans la région occidentale de l'Europe. 

« Dans la période romaine, les Ibères avaient depuis longtemps pris en 

« Aquitaine une situation prépondérante, et cependant nous trouvons dans 

« ce pays de nombreux noms de peuples qui, incontestablement, n'ont pas 

« un caractère ibérique. On ne peut considérer comme ibérique la termi- 

« naison en -aies si fréquente en Aquitaine. Je ne connais pas dans la pénin- 

« suie des Pyrénées un seul nom qui nous l'offre. Mais on sait qu'elle est 

« ligure (voyez MûllenhofI, Deutsche Aller tumskunde, t. III, p. 187, où le 

« recueil des exemples pourrait être considérablement âugmenté). 

« Mais on trouve en Aquitaine Vocates, Tarusates, Elusates, Sibusates, Co- 

« eosates, Sediboviates, Onobrisates, Oscidates, Sybiïlates, Bercorcates, Veilates, 

« Torvates, Sottiates, Latusates, Vasates, Sennates, Agessinates > . En ibérique, 

« les suffixes en nn et // sont inconnus. Ils sont communs chez les Ligures 

« (MùllenhofT, III, 178). Or, en Aquitaine, se trouvent les Tarbelli, les 

« Sybiïlates, les Pinpedunni, les" Lasunni, les Consoranni... Aginnum, Mos- 

« connum, Telonjtum. 

« Ajoutons qu'en Aquitaine le plus grand nombre des noms de villes et 

« de peuples semblent n'être pas ibériques. Les suivants seuls peuvent être 

« comparés à des noms d'Espagne : 



AQUITAINE 

Atur (Aire, Landes), 
Ausci (Auch, Gers), 
Belendi, 

Calagurris (Martres - de - Rivière, 
Haute-Garonne), 

Elimberris (Auch, Gers), 

Bigerriones (Bigorre, Hautes-Pyré- 
nées), 



ESPAGNE 

Aturia (Oria); 
Osca (Huesca); 
Blendium (Pendueles ?); 
Calagurris (Calahorra, Loarre) ; 

Iliberis (El vira) ; 

Bigerra (Becerra, Bigorra); 



1 . Cette désinence des noms ethniques existe en latin par a long, et a 
été étudiée par Corssen (Aussprache, t. II, p. 357-358), on la trouve aussi 
en osque et en ombrien (ibid., p. 358, 606), et en celtique, Grammatica cd- 
tica, p. 796, 797; Bulletin de la Société des Antiquaires de France, 1872, 
P- 75- 



Digitized by 



Périodiques. 



307 



AQUITAINE 



ESPAGNE 



Iluron (Oloron, Basses-Pyrénées), Iluro (Matarb) ; 
Turba (Cieutat, Hautes-Pyré°ées), Turbula (Tobarra?) ' . 

« Les noms de la première colonne sont évidemment ibériques comme 
« ceux de la seconde. Tandis que les noms qu'on rencontre dans la pénin- 
« suie des Pyrénées, déduction faite de ceux qui sont celtiques, attestent 
« entre eux sur tous points une parenté intime, et qu'une partie considé- 
« rable peut s'expliquer par le basque, les noms de l'Aquitaine n'ont près- 
« que tous aucun rapport avec ceux du sud des Pyrénées ; ils ont jusqu'à 
« présent offert aux recherches des érudits une matière absolument réfrac- 
te taire. » 

On ne peut pas contester que les Gaulois n'eussent pénétré en Aquitaine; 
on y trouve des noms de rois gaulois. Mais par exemple l'usage si fréquent 
de Yascia dans les inscriptions funéraires celtiques y est sans exemple. Un 
seul peuple gaulois s'était établi au sud de la Garonne : c'étaient les Bitu- 
riges Vivisci. Strabon Ta constaté. « Ces Bituriges, « dit-il, » sont le seul 
« peuple étranger qui habite parmi les Aquitains, et ils ne paient pas les 
« contributions avec eux » (1. IV, c. 2, § 1, édit. Didot, p. 157, 1. 47-49). 
Les inscriptions confirment l'origine celtique des Bituriges Vivisci, et leur 
nom atteste leur parenté avec les Bituriges Cubi, établis entre la Garonne 
et la Loire. Leur surnom de Vivisci est celtique comme celui des Scordisci 
et des Taurisci, et se retrouve dans le territoire helvétique où, sous l'em- 
pire romain, les itinéraires nous montrent la station de Viviscus, aujour- 
d'hui Vevey, canton de Vaud. Cette concordance de nom semble indiquer 
une parenté entre les Bituriges Vivisci et les Helvetii, et cette parenté ex- 
plique le projet formé par les Helvetii, en l'an 61 avant notre ère, de quitter 
leur territoire, la Suisse moderne, pour se transporter chez les Santones 
(Charente et Charente -Inférieure) et devenir ainsi au nord les voisins im- 
médiats des Bituriges Vivisci (Gironde). 

A cette date, l'établissement des Bituriges Vivisci dans la Gaule occiden- 
tale était probablement récent. Ils s y étaient créé un territoire aux dépens 
des Santones qui, jusque-là, avaient dominé sur les côtes au sud comme au 
nord de la Gironde. Tibulle, contemporain d'Auguste, chantant, vers 
l'an 27 avant notre ère, le triomphe de Messala sur les Aquitains, appelle 
la côte de l'Aquitaine Oceani littora Santonici 2 . Les Bituriges Vivisci avaient 
pour voisins en Aquitaine des Boii (Boios, Itinéraire d'Antonin, p. 456, 
1. 4), ou Boiates {cives Boias, Jullian, Inscriptions romaines de Bordeaux, 1. 1, 
p. 150, no 45). 

On peut supposer, sans pouvoir le démontrer toutefois, que ces Boii 
étaient des Celtes venant d'au delà du Rhin, une partie de la grande tribu 
des Boii qui a donné son nom à la Bohême, des frères de ces Boii qui ac- 

1 . Les traductions en noms modernes dans les deux colonnes sont des 
additions faites par Fauteur du compte rendu. 




Revue Celtique, XVII. 



20. 



Digitized by 



?o8 



Périodiques. 



compagnèrent les Heîvetii dans leur tentative d'émigration et qui furent 
établis par César dans le territoire des Aedui. Les Biturigcs Vivisci semblent 
avoir eu aussi pour pays d'origine la région située à l'est du Rhin et au 
nord du Danube. Ils sont probablement venus en Gaule à une date rap- 
prochée de celle où s'es* produite l'invasion des Cimbres (109 av. J.-C). 
C'était d'abord un peuple peu important, puisque César n'en parle point, 
et à la suite de la défaite des Tarbelîi par Messala, 28 av. J.-C., Auguste 
aura attribué aux Bituriges Vivisci une partie du territoire du peuple vaincu. 
De là l'importance des Bituriges Vivisci sous l'empire romain. 



Indogermanische Forschungen, t. VI. — P. 313 et suivantes : Mé- 
moire de M. Willy Foy sur l's indo-européen (s et ^) en celtique. L'au- 
teur, comme M. Macbain, a pris pour base de son étude le beau livre 
de M. Whitley Stokes, Urkeltischer Sprachschat^. Son savant travail, di- 
visé en trois parties : s initial, s médial, s final, est fort intéressant. Il n'a 
guère qu'un point faible, l'auteur n'a pas du breton et de son histoire une 
connaissance très nette : la distinction entre le vieux breton, le moyen 
breton et le breton moderne manque dans les exemples qu'il donne ; quel- 
quefois même il oublie de parler des langues brittoniques. 

P. 313 : Le gaulois su-carus devient en gallois fy-gar, en breton he-gar ; 
le vieux-breton ho-car n'est pas mentionné, et l'auteur ne dit pas que he-gar 
est à la fois moyen et moderne. 

P. 316 : M. Willy Foy donne huedaff comme la forme bretonne corres- 
pondant au gallois chwydu « vomir » ; Jmedaff est moyen breton, le breton 
moderne est c'houeda. 

P. 322 : Du pronom personnel signifiant « vous », il donne comme 
forme bretonne le moyen breton hui, sans parler du moderne c'ijoui. 

P. 322-323 : il dit que s médial intervocalique tombe en breton, il ne 
parle pas du vieux breton hoiarn, moderne houarn « fer », en gallois 
moderne haiarn = * êsartio- où Y s médial s'est maintenu sous forme d h 
grâce à une métathèse. 

P. 330-331 : Il traite du groupe médial ks, qs qui deviendrait toujours 
dans les langues brittoniques cb(h). Il oublie que le breton hucl pour uhel = 
*uqsello- f a un doublet u^cl « haut » conservé comme nom de personne. 

P. 331 : Il donne c'houes pour l'orthographe du mot breton qui signifie 
« sueur » ; cette orthographe est, dans le CatMicon, xv e siècle, hues; chez 
Maunoir, xvue siècle, cimes; chez Larmery, Vannes, xvin* siècle, huis s ; 
chez Le Gonidec et Troude, Léon, xix e siècle, c'houc\. 

P. 335 : Il prétend qu'en breton et en gallois tout s final primitif est 
tombé. Comment explique-t-il le nominatif breton moderne no^, nos, en 
gallois nos « nuit » = nox, au cas indirect no dans Jie-no, vannetais hetioab, 
plus anciennement henoid « cette nuit », en irlandais in-nochi ? 

Il termine, p. 527, par un appendice sur le groupe phonétique celtique 
ar, aï, = r et / voyelles. On peut remarquer avec surprise qu'il semble ne 



n. 




Périodiques. 



309 



pas connaître la note publiée sur ce sujet en 1890 par M. Osthoff, Morpho- 
logische Untersucbungen, tome V, p. v; cf. Revue Celtique, XI, 384. Je laisse 
de côté la question de savoir si les voyelles longues r, l, ne seraient pas le 
produit imaginaire d'une explication fausse proposée pour une partie des 
thèmes réunis par M. Brugmann dans sa classe X : forme réduite de la ra- 
cine, plus â, Grundriss, t. II, p. 953-966 : Skt. çr-â-ti « il cuit », d'une 
racine çer; irl. tnlaith « mou, doux » = *ml~â-ti- de la racine mel 
« moudre ». 



Revue épigraphique du Midi de la France, n° 81, janvier-février- 
mars 1896. — Continuation du mémoire de M. Allmer sur les dieux de la 
Gaule celtique (voyez ci-dessus, p. 1 10, et dans le tome XVI de la Revue 
Celtique, p. 122, 258, 367). Il parle de: Mars Britovius, deus Brixantus, 
Mars Budenicus, Mars Buxenus, Caiiarus, Mars Camulus, Candua, Canecos, 
Mercurius Canetonnensis . Brixantu dans la formule votive deo Brixantu, parait 
être le datif d'un nom divin gaulois Brixantos. M. Allmer prétend que Ca- 
mulus est un dieu des Belges et non des Celtes. Cette doctrine semble con- 
tredite par César, De beïlogallico, VII, 57: César y mentionne Camub-genus 
Aulercus, c'est-à-dire originaire du Mans, d'Evreux, de Jublains, ou des en- 
virons d' Auxerre, toutes villes celtiques ; or, Camulo-genus paraît signifier : 
« fils du dieu Camulus, comme Totati-gcnus « fils du dieu Tôtatis ». A 
propos du dieu Mercurius Canetonnensis ou Canetonnessis, M. Allmer sou- 
tient qu'Epaticcos (= *Eqaticcos, considéré comme une forme développée de 
l'irlandais Echaid = 'Eqatis, au génitif Echdach = *Eqaticos, nom de per- 
sonne signifiant a cavalier »), n'est pas un mot celtique; ce ne serait 
qu'une mauvaise leçon du grec fjrcaTtxds « hépatique, atteint d'une maladie 
a de foie ». Je ne sais pas si l'on a recueilli des exemples du nom d'homme 
Hepaticus, 'Hjtattxoç, ce qu'il y a de certain, c'est que je n'en trouve ni 
dans VOnomasticon de De- Vit, ni dans le Woerterbuch der griechischen Eigen- 
namen de Pape. Si dans une des inscriptions de Bernay, on lit Epaticcus 
avec deux c, c'est, dit M. Allmer, p. 403, une faute de latin analogue à 
celle qu'on a commise au Puy en écrivant, avec deux s, Licentiossa ; mais 
Licentiossa n'est pas une faute, le suffixe latin -osus a deux orthographes 
plus anciennes -onsus et -ossus (voyez Corssen, Kritische Beitraege, p. 480, 
Aussprache, 2* édition, p. 62, etc. Cf. Brugmann, Grundriss, t. I, p. 202). 
Bonussus (pour Bonusus ou Bonosus), aussi considéré par M. Allmer comme 
un exemple de doublement fautif de consonne, s'explique de même. Quant 
au nom gaulois Litaviccus (Langres), et non Lilavicus comme le voudrait 
M. Allmer, c'est la bonne leçon de ce mot adoptée par MM. Kùbler et 
Meusel dans leurs éditions du De bello gallico, 1893, 1894. 

Dans le monde des épigraphistes, il est souvent de bon ton de ne pas 
savoir la grammaire. M. Allmer est un épigraphiste trop distingué pour 
s'abaisser facilement à être grammairien. Il a cependant cru pouvoir sans se 
déshonorer comprendre, p. 402, que Canetonnessis = Canetonnensis ; il au- 
rait donc pu, sans déroger à sa dignité, concevoir les équations Licentiosa 



m. 




3io 



Périodiques. 



= Licentiossa = Licentionsa; Bononsus ou Bonunsus = Bonossus ou Bo- 
nussus = Bonosus ou Bonusus : et avant de déclarer Litaviccus fautif, il au- 
rait pu consulter les éditions les plus modernes de César, De bcllo gallico. 

Cette livraison de la Revue êpigraphique comprend une partie importante 
de la traduction du mémoire de M. Hirschfeld sur le christianisme à Lyon 
avant Constantin, dont de courts fragments avaient paru dans les livraisons 
précédentes, p. 382, 397. La liste des 48 martyrs de Tannée 177 ne com- 
prend que des noms d'origine grecque ou latine, un seul excepté, Rhodana. 
C'est la confirmation de l'opinion d'ailleurs exprimée ailleurs que Lyon à 
cette date n'était pas une ville celtique (cf. Revue Celtique, XVI, 356-357). 



Transactions of the Philological Society. — M. Strachan, dont 
nous avons annoncé l'année dernière, Revue Celtique, t. XVI, p. 348-351, 
un savant mémoire sur le verbe déponent en irlandais, vient de faire pa- 
raître une étude sur le verbe dans le Sdltair m rann, poème irlandais de la 
fin du dixième siècle publié en 1883 par M. Whitley Stokes dans les Anu- 
data Oxoniensia d'après le ms. Rawlinson B. 502, de la Bibliothèque Bod- 
léienne d'Oxford, xu c siècle. 

Il donne d'abord sans traduction tous les exemples qu'il a relevés de n'im-* 
porte quel verbe en rangeant tous ces exemples dans l'ordre des voix des 
modes, des temps, des nombres et des personnes, en réunissant pour débuter 
sous la rubrique : voix active, indicatif présent, singulier i re personne, 
les exemples de tout verbe quelconque à cette voix, ce mode, ce temps, ce 
nombre et cette personne. Il comprend le déponent dans la voix active ; 
cette forme est très rare : ainsi à la i rc p. sing. pr. ind. il y a un exemple 
du déponent ro-lamur « j'ose », contre quatorze de formes actives ; aux 
autres personnes du même mode et du même temps le déponent fait com- 
plètement défaut, il est un peu plus fréquent au subjonctif et surtout à la 
3c personne du singulier du parfait. 

On peut remarquer les 2 e * personnes en -bar au pluriel du parfait comme : 
cualdbar pour eualaid « vous avez entendu » ; ce sont des formations de date 
relativement récente. Il y a trois exemples de présent consuétudinal. Un 
mot intéressant est di-gthim : na digthim « je ne vais pas », Saltair na rann, 
vers 3203, cf. na dichtim et ni dfchtim (Tain bô Càailnge, épisode intitulé 
Aided tri mac Nechta, Lebar na hVidre, p. 63, col. 1, 1. 8, 10) ; c'est, con- 
formément à la règle posée par M. Thurneyscn (Revue Celtique, VI, 140) la 
première personne du singulier du présent de l'indicatif du verbe qui fait 
à la première personne du singulier du parfait : do-cbôod avec tmèse, 
dèchud sans tmèse; la 3 e p. du pluriel du présent secondaire iuidchidis, 
Windisch, Irisclie texte, I, 855, est formée contrairement à la règle et par 
substitution malentendue du préfixe to, du, au préfixe di, do. 

Une forme fort curieuse est la 3 e p. sing. du parfait ind-roilh, Saltair fia 
rann, vers 1077, de ind-rethim; roith au lieu de râith dont l'équivalent gallois 
rauda été signalé par M. Rhys, Revue Celtique, VI, 17. M. Whitley Stokes, 



IV. 




Périodiques. 



UrkeUiuher Sprachschat^, p. 2? 2, a déjà mentionné la forme fléchie de la 
racine ret « courir » dans la 3* personne sing. présent indicatif relatif 
roithes a qui fait courir » conservée par un poème de Cinaed Ua Artacain, 
X e siècle, Livre de Leinster, p. 32, 1. 29 ; d'autres exemples de la même 
forme ont été réunis par M. Ascoli d'après le ms. de Milan, vme siècle, 
dans le Glossario delV antico irlandese, p. ccxvn. 

On me permettra d'introduire ici une observation. C'est cette forme 
fléchie de la racine ret, qui explique le ligure Rotanos, nom de rivière de 
Corse changé en Rhodartos « Rhône » sur le continent par les Grecs de 
Marseille sous l'influence des substantifs fd8ov « rosier, rose », et 'Pdôoç 
« Rhodes ». Le ligure Rotanos s'explique par la forme fléchie en de la ra- 
cine normale ret « courir », et par le suffixe n-no-s; il doit l'existence au 
même procédé que les mots grecs : o/avov « poignée de bouclier », de la 
racine segh dans lyw ; opyavov « instrument », de la racine yERG dans 
tpyov « travail » ; 7»Xdx<xvov « natte, corbeille », de la racine plek dans 
nkUia « je tresse, j'entrelace » ; rctteavov « gâteau », de la racine PEQdans 
iziizto « je cuis » (voyez Gustav Meyer, Griechiscfo Grammatik, 2 e édition, 
p. 9; cf. MûllenhofF, Deutsche A Itertumskunde, 1. 1, p. 193, 194; Brugmann, 
Grundriss, t. II, p. 135). Le ligure était une langue indo-européenne, proche 
parente du celtique, comme du latin et du grec: Rotanos = Rot-nnos « celui 
qui court ou qui fait courir » (cf. Brugmann, Grundriss, t. II, p. 132-138). 

Un index alphabétique, donnant en anglais le sens de chaque verbe, 
termine cet important mémoire. 



Archaeologia Cambrensis, 5e série, n<> 47, juillet 1895, et n° 50, 
avril 1896. — Notes épigraphiques par M. J. Rhys. L'auteur, qui s'est fait 
une spécialité des inscriptions ogamiques et des plus anciennes inscriptions 
chrétiennes des Iles-Britanniques, s'occupe des inscriptions suivantes : 

10 Llanmadoc en Gower, comté de Glamorgan : 



2° Loughor, même comté, Hûbner, Inscriptiones Britanniae Christianae, 
n° 81 ; l'inscription ogamique doit être lue : llica, probablement l'irlandais 
lec « pierre », féminin, = *licca. 

30 Caswilia. Sur une pierre on lit en caractères ogamiques vendogni, 
sur une autre maqi qegte (n° 47, p. 184) ou peut-être qagte (n° $0, 
p. 104) qui serait le génitif du nom de femme Cacht (Livre de Leinster, 
fol. 331 b. 

4° Croix de Carew (cf. Revue Celtique, t. XVI, p. 361); une planche 
n° 47, p. 189, reproduit le texte de l'inscription. 

50 Caldey, comté de Pembroke. N° 94 de M. Hùbner, Inscriptiones Bri- 
tanniae Christianae ; n° 13, p. 278, des Lectures on welsh Pbilology, 2* édi- 
tion. L'auteur propose pour l'inscription ogamique de gauche la lecture 



V. 



VECTI FILIUS 



GUANI HIC IACIT. 




Périodiques. 



Magl Dubr et croit pouvoir identifier ce nom d'homme avec le Moel Do- 
bhorcon, évêquede Kildare, du Martyrologe d'OGorman, 19 février, édition 
Stokes, p. 38. Mais il y a à cela une difficulté, ce semble, insurmontable. 
Le groupe celtique agi devient en vieil irlandais âl et non ail comme dans 
les langues brittoniques, il se réduit à âl comme agr à àr. Magl[os] veut 
dire « prince, roi », et s'écrit mal en -vieil irlandais (Urkeltischer Spraeb- 
schati, 198, cf. p. 7; Grammatica celtica, p. 17 ; Lectures on welsh pbilology, 
2 e éd., p. 64), tandis que môel, « chauve, esclave », s'explique par un pri- 
mitif 'mailos (Urkeltischer Spracbschat\, p. 204). 
6° Carn Hedryn. Comté de Pembroke, en caractères romains : 



Le nom d'homme Rinnach apparaît dans le Tain bô Cuailnge, voir Lebar 
na hUidre, p. 80, col. 2, 1. 29; Livre de Leinster, p. 178, col. 2, 1. 16; il 
est probablement identique à l'irlandais moderne rionnach « maquereau ». 

7 Castell Dwyran, comté de Caermarthen, très curieuse épitaphe de 
voteporix sur laquelle on peut se reporter à ce que nous avons dit plus 
haut, p. 105-107. 

8° Henfynyw, comté de Cardigan : «GEirN en gallois moderne teyrn 
« seigneur ». 

90 Llanarth, même comté, n° 116 de Hûbner, n° 3 des Lectures on welsh 
Philology, 2 e éd., p. 273, au lieu de Gurhir.J, lisez Guruoret en caractères 
ogamiques. 

io° Llanllyr, même comté, inscription en caractères romains : 



Tesquitus Ditoc serait le nom d'une propriété donnée à saint Madomnuac 
(c'est-à-dire à l'établissement placé sous le vocable de ce saint) par Occon, 
fils de Asaitgen (Asait-gen signifierait en irlandais « fils de l'accouche- 
ment ») Madomnuac semble être le même nom que mo Domnôc, qui ap- 
paraît deux fois dans le Martyrologe d'Oengus, 13 février et 18 mai. 

ii° Devynnock, comté de Brecknock, n° 49 de Hûbner, Lectures on 
welsh Pbilology, 2 e éd., n° 35, p. 381 : 



Rugniatio tiendrait lieu d'un plus ancien Rugniatios, génitif de Rugniatis. 

120 Pen-y-mynyd, comté de Glamorgan. Inscription ogamique : G/m- 
voca. 

Mémoire de M. Edward Owen contenant un certain nombre d'inscrip- 
tions du pays de Galles copiées par Lewis Morris, savant du siècle dernier, 
auteur de Celtic Remains. 



RINACI 



NOMENA 



TESQUITUS DITOC 
MADOMNUAC O 
CCON FILIUS ASA 



ITGEN DEDIT 



RUGNIATIO 
[fi]li VENDONI 




Périodiques. 



VI. 



The journal of the royal society of Antiquaries of Ireland, 
mars 1896. 

P. 22. Le Rév. E.-F. Hewson expose qu'il y a sur la date des inscriptions 
ogamiques d'Irlande deux opinions, celle de Brash qui les croit toutes 
payennes, et celle du savant évêque de Limerick Charles Graves qui croit 
avec raison qu'une partie d'entre elles est postérieure à la mission de saint 
Patrice et à l'introduction, du latin par le clergé chrétien en Irlande, témoin 
les génitifs latins mariani, sagittari, et la formule care patair udi = care 

PATER, AUDI. 

A la suite de ces observations, l'auteur donne la copie de trois inscrip- 
tions ogamiques, deux ont été trouvées à Lamogue, près de Kilkenny : 
i° seferrit... ttes, 2° dofatutih f hula tanagia, la troisième à Gar- 
rann près de Kilmacthomas, comté de Waterford : melagi ou mélange. 

P. J4. Continuation du mémoire de M. Coffey sur les origines de l'orne- 
mentation préhistorique en Irlande (cf. Revue Celtique, t. XVI, p. 117, 260. 



The Academy. Février- juin 1896. 

P. 137-138. Lettre de M. Whitley Stokesoù des textes irlandais et latins 
sont rapprochés d'un texte islandais et d'un texte gallois à l'effet de prouver 
qu'antérieurement au christianisme une cérémonie payenne analogue au 
baptême chrétien des enfants nouveaux-nés a été usitée en Europe. L'auteur 
signale aussi des traces de cette cérémonie payenne en Amérique et en 
Afrique. 

P. 157. Note de M. J.-P. Owen sur la notion superstitieuse de la truie 
noire à la queue coupée, yr hwch ddu gwta, associée dans le pays de Galles 
aux feux de joie du i«" novembre. 

P. 158. Observation de M. F.-E. Warren sur l'origine du baptême chré- 
tien des enfants nouveau-nés. M. Addy, dans une note additionnelle, parle 
de l'usage du sel dans le baptême chrétien chez les Scandinaves et même 
en Angleterre ; il paraît ignorer que cet usage est prescrit par le rituel ro- 
main. Il me rappelle je ne sais plus quel savant dont je lisais une étude 
sur le mariage en droit islandais au moyen âge ; ce savant ignorait que les 
règles dont il constatait l'usage en cette île lointaine étaient celles du droit 
canonique à la même date. 

P. 224. Compte rendu de l'assemblée du Viking-Club du 21 février 1896. 
M. Einar Benedikson lit un mémoire sur l'antique Thulè « Ile du Soleil » . 
Thulè, c'est le gallois houl « soleil » (dans les Mabinogion, htul, aujourd'hui 
hauT)) précédé d'un / qui est un débris soit de la préposition de, soit de l'ar- 
ticle grec au génitif masculin tou. Thulè veut dire fj tou tjXiou vïfaoç. C'est 
la doctrine d'Isidore de Séville, Origines, 1. XIV, c. 6, § 4 * Thyle... a sole 
nomen. habens, quia in ea aestivum solstitium sol facit et nullus ultra eam est 



VIL 




3 «4 



Périodiques. 



dits. Cette doctrine reçoit l'approbation générale de la Compagnie. M. Be- 
nedikson ajoute que l'étude du Land-nâma-bôk établit une autre thèse, 
c'est qu'une grande partie de la population de l'Islande est d'origine cel- 
tique ; en effet, le Land~nàma-b6k contient, dit-il, un nombre considérable 
de noms de personne d'origine celtique. Cette nouvelle opinion de M. Bene- 
dikson est accueillie avec admiration «presque sans réserve par l'assemblée. 
Son étymologie du mot Thule est inadmissible, puisque le changement de 
Y s gallois en h est postérieur à l'établissement des Saxons en Grande-Bre- 
tagne au V e siècle de notre ère et que le nom de Thulè était connu de Py- 
théas près de huit cents ans plus tôt (Strabon, 1. I, c. 4, § 2, éd. Didot, 
p. 52, 1. 27; Pline l'Ancien, II, 187). Quant aux noms de personnes cel- 
tiques contenues dans le Land-nâtna-bâk, j'en reconnais très peu « . M. Be- 
nedikson devrait bien nous donner la nomenclature de ceux qu'il a relevés. 
De ce que vers l'année 795 il y avait des clercs irlandais en Islande (Dicuil, 
De mensura orbis terrât , édit. Parthey, p. 42, 1. 19-22), il n'y a rien à con- 
clure sur l'importance de la colonisation celtique dans cette île avant l'ar- 
rivée des Vikings ou Normands. 

P. 241. Protestation par le professeur Skeat contre l'étymologie proposée 
pour le mot 0oûXtj par M. Benedikson. 

P. 388. Séance du Viking-Club, 17 avril. M. Noms affirme que les 
deae matres et les deae matronae sont en règle générale d'origine germa- 
nique, que, suivant Jules César, les Gaulois adoraient Mercure sous le nom 
de Tentâtes, que les noms des dieux Mcgotttis, Maponos; Beîatucadros sont 
des expressions géographiques, etc. Heureusement pour l'honneur du club, 
M. G.-M. Atkinson proteste contre une partie de ces doctrines. 

P. 405-407. Étude par M. Whitley Stokes sur un manuscrit médical ir- 
landais appartenant au comte de Crawford et conservé dans la bibliothèque 
de Haigh-Hall. Ce ms. complète le ms. du Musée britannique, Additional 
15,403, dont ont déjà parlé dans la Revue Celtique, M. H. Gaidoz, t. VII, 
p. 165, et M. Whitley Stokes, t. IX, p. 224-240. M. Whitley Stokes donne 
les titres latins des chapitres qui constituent une liste de noms latins de 
plantes pharmaceutiques : ces noms latins sont expliqués par des gloses ir- 
landaises. 

VIII. 

Annales de Bretagne, avril 1896. 

P. 346. Mémoire de M. de La Borderie, dont la conclusion est que Car- 
hais a été bâti sur les ruines de Vorganium, Vorgium ou Vorgum, ville des 
Osismii (Ptolémée, livre II, c. 8, § 5, édition donnée chez Didot par 
Ch. Mûller, p. 212, 1. 4). C'est l'opinion de Danville, Notice de la Gaule, 
p. 720, et de Charles Mûller, dans l'édition précitée de Ptolémée. 

P. 356. Hibernica. Recueil de notes phonétiques et mythologiques par 
M. Ferdinand Lot. 



1 . Par exemple Mell-dun, jarl af Skotlandi, Mel-patrekr of Irlandi, voyez 
Islendînga Sôgur, \. I, p. 109, 113, 116, 



Digitized by 



Périodiques. 



3 1 5 



P. 470. Essai de vocabulaire français-breton dressé à l'usage du baron de 
Breteuil, ministre de la maison du roi sous Louis- XVI, par le subdélégué 
de Lannion en 1785. 



Neues Archiv fûr altère deutsche Geschichtskunde, t. XXI, 3 e li- 
vraison. — P. 739. Notice par M. Seebass sur deux mss. de saint Columba 
dans la bibliothèque nationale de Turin. 



Comptes rendus de la Société historique lombarde des Sciences 
et Lettres, série II, vol. XXIX, 1896. — Article de M. Giovanni Mer- 
cato constatant que le célèbre ms. de Milan C. 301 , si connu par ses gloses 
irlandaises que M. Ascoli a publiées avec un si grand talent, est la tra- 
duction incomplète d'un commentaire des psaumes par Théodore de 
Mopsuéste. 



L'Anthropologie, mars-avril 1896. 

Fin de l'article de M. Salomon Reinach sur La Sculpture en Europe avant 
les influences gréco-romaines 1 . 
Voici la conclusion de cette savante étude : 

« Ma thèse générale comprend deux parties, Tune négative, l'autre po- 
sitive. 

« i° A rencontre des archéologues qui font venir de l'Orient égyptien 
ou babylonien les premiers modèles et les premières tentatives de l'art plas- 
tique en Europe, j'ai essayé de montrer que les monuments les plus pri- 
mitifs de l'art européen sont loin de justifier cette manière de voir. On n'y 
peut signaler aucune imitation ni de cylindres assyriens, ni de figurines 
funéraires égyptiennes ; quand des analogies se présentent avec les sujets de 
Troie, de Chypre, de My cènes, d'Olympie, elles portent exclusivement sur 
des types qui n'ont rien d'oriental. La faune figurée par les grossiers artistes 
de l'Europe est uniquement européenne : il n'y a ni un lion, ni une pan- 
thère, ni un chameau. Une difficulté, en apparence très grave, était soulevée 
par la série des figures représentant des femmes nues, où Ton s'accordait à 
voir des imitations de l'Astarté babylonienne ; je me suis appliqué à établir 
que ce type était né sur place, que, loin d'avoir subi l'influence de la Ba- 
bylonie, il s'était au contraire, suivant toute probabilité, frayé un chemin 
vers les vallées de FEuphrate et du Tigre. 

« Si donc je pense que l'Europe (y compris la presqu'île des Balkans, 

1 . Ce mémoire a été tiré à part et forme une brochure in-8 de 145 pages 
avec 442 figures, intercalées dans le texte, 



IX. 



X. 



XI. 




;i6 



Périodiques. 



l'Archipel, le Caucase et la côte occidentale de l'Asie Mineure) n'est deve- 
nue que tard, et dans une mesure restreinte, tributaire des vieilles civili- 
sations de l'Orient, je me garde cependant d'assigner une marche inverse 
à la civilisation et à l'art proto-historiques. Pour avoir combattu le mirage 
oriental, je ne crois pas avoir cédé au mirage occidental; parce qu'on n'est ni 
indomane ni égyptomane, on n'est pas nécessairement atteint de celtomanie. 
En réalité, ma thèse est surtout polygèniste. J'admets, pour l'art, des centres 
de création multiples ; je refuse de croire que toute lumière nous est venue 
de l'Euphrate et du Nil ; je pense que le Danube et le Rhin ont quelques 
droits à n'être pas négligés et que les barbares d'avenir qui habitaient les 
bords de ces fleuves n'étaient pas réduits à tout recevoir du dehors. 

« 2° Il ne suffisait pas d'assurer que l'art a pu naître en divers lieux et 
que le germe n'en est pas venu partout de deux ou trois centres privilégiés 
de l'ancien monde. Je me suis proposé de faire comprendre comment un 
rudiment d'art a pu prendre naissance, même parmi les populations dont le 
génie s'y est longtemps montré rebelle. A cet effet, j'ai insisté sur l'évolu- 
tion des motifs décoratifs les plus simples qui, à un certain moment, sug- 
gèrent tout naturellement l'idée de la forme humaine ou animale. Dans 
quelques cas, encore peu nombreux, on peut suivre les transformations 
d'un motif plastique jusqu'à la figure toute géométrique d'où il est sorti. 
Mais le goût des formes géométriques et la tendance à la stylisation, c'est-à- 
dire à la modification purement décorative des lignes organiques, ont été, 
pendant de longs siècles, si puissants en Europe que même les types venus 
du dehors n'ont pas échappé à leur action pétrifiante. A fortiori, les types 
indigènes, sortis des scUmas géométriques, ont toujours été portés à y re- 
venir. Bien entendu, je n'ai pas contesté qu'en Europe, comme ailleurs, 
l'imitation de la nature environnante ait pu donner lieu à quelques essais 
plastiques ; mais je crois avoir prouvé combien cette inspiration puisée dans 
la nature a été faible, même dans l'imitation des formes animales, repré- 
sentées par un très petit nombres de spécimens qui ne reproduisent pas, à 
beaucoup près, toutes les espèces connues. 

« J'ai parfaitement conscience que plusieurs statuettes figurées au cours du 
présent travail réflètent desjnfluences venues du dehors, en particulier de 
l'Italie, où l'art ionien a pris pied de très bonne heure. Mais ces influences 
ne se sont pas exercées d'une manière immédiate, et le tempérament indi- 
gène, même sollicité par la vue de produits étrangers, semble toujours 
prendre énergiquement le dessus. Pareil phénomène s'observe en Italie 
même, pays dont l'hellénisation fut très lente et qui ne- s'est orientalisé en 
partie que sous l'Empire romain. 

« En résumé, j'ai revendiqué le caractère indigène des premiers balbu- 
tiements de l'art en Europe ; j'ai tenté d'en montrer le caractère et l'ori- 
gine ; enfin — et c'est peut-être ce qui subsistera le plus longtemps de ce 
premier essai sur un sujet négligé — j'ai réuni plusieurs centaines de cro- 
quis d'après de vilains bonshommes et des animaux à peine reconnaissables : 
cela forme une ébauche de Corpus auquel on pourra trouver commode de 
recourir. » 




Périodiques. 



3'7 



XII. 



Journal asiatique, n° de novembre-décembre 1895. — Mémoire de 
M. V. Henry intitulé : Mugdala ou Yljymne du marteau, suite d'énigmes védi- 
ques ; nous y signalerons les strophes IV et IX. 

IV : « C'est une masse d'eau qu'il a bue dans sa fougue, | et le marteau, 
« broyant l'hostilité, marche; || le mâle puissant, avide de gloire, en 
« avant | a porté ses deux bras, avide de conquête. » 

IX: « Voici le compagnon du taureau, | le marteau gisant au milieu de 
« l'arène, 1 1 grâce auquel fut conquis un centuple millier | de vaches par 
« Mugdala dans les combats. » 

Ce marteau, c'est la foudre. A comparer le marteau du dieu celtique si 
connu dont il a été question dans notre précédente livraison, p. 45-59. 



Engusche Studien, Organfûr englische Philologie, t. XXII, p. 163 et 
suiv. — Étude par M. Thurneysen en réponse à la question : Quand les 
Germains sont-ils venus en Angleterre ? Suivant M. Thurneysen, leur pre- 
mier établissement eut lieu en 428, c'est à cette date qu'arrivèrent, et pri- 
rent possession de Tanet, sur la côte de Kent, les chefs Hengist et Horsa ; 
c'étaient des Jutes, et ils occupèrent bientôt tout le comté de Kent et l'île 
de Wight : 428 est l'année indiquée par les Annales Cambriae et la chrono- 
logie de ces annales paraît sur ce point préférable à celle de Bède, qui dit 
449. Il y avait alors en Grande-Bretagne, dans l'ancienne province ro- 
maine, deux partis, le parti romain, le parti breton. Ambrosius (Aurelianus) 
fut chef du parti romain, tandis que Guorthigirn, son fils Guorthemir, et 
un certain Guitolin, étaient à la tête du parti breton. Vers le milieu du 

siècle, les progrès incessants des Germains avaient contraint un grand 
nombre de Bretons à se réfugier en Armorique. Des victoires remportées 
par les Bretons insulaires sous le commandement d'Ambrosius, dit la tra- 
dition du parti romain, sous le commandement de Guortemir, dit la tradi- 
tion du parti breton, rejetèrent les conquérants dans l'île de Wight et dans 
le comté de Kent, mais ce triomphe fut passager. Les Germains reprirent 
l'avantage jusqu'au règne du célèbre Arthur. Les succès de ce roi, notam- 
ment à la bataille du mons Badonicus, vers l'année $00, assurèrent aux 
Bretons un demi-siècle de paix, pendant lequel la marche envahissante des 
Saxons fut suspendue. M. Thurneysen a déjà exposé cette doctrine dans la 
première livraison de la Zeitsclirift Jûr Keltische Plrilolcgie, p. 157 et suiv. 



Atti della R. Academia delle Scienze di Torino, vol. XXXI, 189$. 
— Mémoire de M. Elia Lattes intitulé : // vino di Naxos in una iscri\ione 
preromana dei Lepontii in Val d'Ossola. Cette inscription est en caractères 



XIII. 



XIV. 




}.8 



Périodiques. 



étrusques tracés de droite à gauche sur un vase : Latumarui sapsutaipe 
uinom nas'om. M. Latter traduit : Latumari Sapsutapii virmm Naxium. Il 
suppose que Latumarui doit être corrigé en Latumari, et que c'est un nom 
d'homme celtique. Mais si marui est celtique, c'est vraisemblablement le 
génitif de *marvo-s « mort », adjectif. 



Anzeiger fur indogermanische Sprach- und Altertumskunde. — 
Compte rendu de la section indogermanique de l'assemblée des philologues 
de Cologne. 

P. 155-156. M. Thurneysen revient sur sa théorie de l'accent primitif 
celtique frappant l'initiale 1 , accent que l'irlandais aurait conservé ; le savant 
grammairien fait observer qu'à ce point de vue, l'irlandais, par conséquent 
suivant lui, le celtique primitif s'accorde avec le germanique et l'italique. 
La syllabe frappée de l'accent dans un mot est celle dont la concordance 
avec une syllabe également accentuée dans un autre mot produit l'allitté- 
ration, un des éléments constitutifs de la versification au moyen âge chez 
les Germains et chez les Irlandais comme antérieurement chez les Italiotes 
primitifs. Il croit que l'allittération germanique a été empruntée aux Celtes. 
Cette thèse aurait besoin d'être plus amplement développée. 

Des mots comme Dïïrô-casses, Dreux; Bitâ-rTges, *Bedourges, Bourges; 
AutessiÔ-dtirum, Auceurre, Auxerre, conservent dans la prononciation mo- 
derne la trace incontestable d'un accent qui n'est pas conforme aux lois de 
la langue latine et qui ne frappe pas l'initiale ; au contraire, Arles, venant 
non du classique Areîate, mais du bas-latin Areîas, a subi les lois de l'ac- 
centuation latine. 

Il y a peut-être une manière d'éluder la difficulté qui résulte de l'accent 
d'intensité frappant la seconde et même la quatrième syllabe dans les trois 
mots précités et dans les analogues, c'est de supposer en celtique, à côté de 
l'accent d'intensité hypothétique qui aurait frappé l'initiale, un accent mu- 
sical sur une autre syllabe comme en latin ; cet accent musical serait de- 
venu en Gaule accent d'intensité dans les mots gaulois ainsi que dans les 
mots latins. L'accent d'intensité qui, en breton de même qu'en gallois, frappe 
la pénultième, serait aussi un débris plus ou moins bien conservé de cet 
accent musical. 

Chambéry (Savoie), le 27 juin 1896. 



XV. 



H. d'Arbois de Jubainville. 



1 . Voir ci-dessus, p. 294. 



Digitized by 




CORRIGENDA 



Vol. VI, p. 186, 1. 29, read I found stealthy women of giving. Cf. O'Dav . 

p. 60: baitsech [= Engl. întch] .i. merdrech, 
baitsech gach be thaide ; Bk of Fenagh, p. 100 : 
betit aca ranâ tâide ; Laws II. p. 400, lanam- 
nas taide, etc. 

187, 22, for bag read bâg 

23, for farbaigtis read fargbaitis 

188, 15, for brîathra read brinna « vision •. Cf. brinda, 

Corm. p. 8. brinna, O'Don. Suppl. 
I5> for which is, not read which is not, 
note 2, read contelad 
Vol. X, 221, 1. 7, for side read si'd 

8, for I will promise them this read it has been pro- 
phesied of them (dorairngeiriud doibsium on) 

222, 30, for tair read dair (sic H. 2. 16) 
226, 7, for ni bom read n[i] ibom 

19, for issa / conjecture itsad a treasure ». 
Vol. XI, 133, 10, read There is no strand that a wave does not beat 
(ni fuil trâig nach tibrai tonn) 
1 1 , read In the lands there is no house (viz. visible), 
proc rhymes with cloc « bell » in the next line, 
and cannot therefore stand for brug. It is 
O'R.'s brog « house, habitation ». Cf. brocc 
bendchoprach m6r, LL. 308 a, 37. 
Vol. XIII, 222, 1, for aennoé read œnnôe 
29, for assoid read assaid 

223, 18, after ui Quinn add .i. Ailbi 
26, for Dia read dia 

22$, 21 y for princes read poets. Mal has either meaning. 

Cf. Sait, na Rann, 1. 86$ : Ruiri na rind réltai 
mail « great king of the stars, whom poets 
make known »; ib., 1. 4497: Mosi môrglan 
moltais mail; ib., 1. 5331: mordais mail; ib., 
6681 : noithi mail; ib., 1. 7037 : saigtis mail. 

390, 13, for Dun Ais read Naas 

391, lit for Dûn n-Ais read Dûn Nâis 
Vol.XIV, 188, i/for tôidin /«ai Tôidin 

192, 2, for millpond read Tôidiu, i. e. a river in Leinster. 

See LL. 144 b, 11, and Silva Gadelica, II, 
p. 169. 



Digitized by 



320 Corrigenda. 

Vol.XJV, 192, 4, for/«//o«;read/)rtM/(bachlach),andsothroughout. 
x 93> x 9» r ^ Hard farts after eating corn 
242, 14, read Ni cad> n'gh diar[f]odamair, and cf. LL. 
191 b, 31. 

24, cf. Irische Texte, III, p. 199: acht cheana badar 

rudilsi gona duine ann, etc. 
244, 9, read Not every (any) king, etc. 
Vol. XV, 377, 24, for Uiari read Uairi 

382, 6, /or teabrm'J r«wf treabraû/ 
453, 21 » r ^ oc a imcoimet 

25, r«oJ cid dorodsat 

486, 10, dele a lay-brother 

21 1 for man-steaiing r«oi secret murder, and cf. Laws 
m, p. 98. 

487, 5, rftji extensione 

49 3 > 4i /or reason rwi motive (dethberus) 
6, r«ki of their penance 
10, Jor raan-stealings read secret murders 
20, ajter sins add to come (ar chiund) 
24, 25, 28, and p. 494, 1, for laybrothers and lay- 
sisters r^flj former lay-men and former lay- 
women. 

494, 6, for ceasing read resting 

for without sitting etc. read (without) permission 
of sitting, permission of lying, permission ot 
sleeping. 

8, for in a sitting posture read out of bed. i suidiu is 

here, and in § 32 (p. 491, 1. 24) opposed to 
il-ligiu. 

497» 4> fa béatitude read Beati 

17, for let not voice enter the speech read voice enters 
not speech, i. e. « secreto » as distinguished 
from « altà voce ». 
22, for ordains read ordained (timairne) 
498, 8, here lige commain is lectus commune, and for in a 
sitting posture read out of bed, as above. 

9, here i sond = alta voce. 

For most of the above corrections I am indebted to Mr Whitley Stokes 
and to the Rev. Richard Henebry. 

Kuno Meyer. 



Le Propriétaire-Gérant: Veuve E. BOUILLON. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 



Digitized by 



G( 



DROIT CELTIQUE ET DROIT ROMAIN 



I. 



LE RÉGIME DES BIENS DANS LE MARIAGE GAULOIS. 

Le régime des biens dans le mariage gaulois nous est connu 
par un texte de César (de Bello Gallico, VI, 19, § 1, 2) sur 
lequel la critique moderne s'est exercée dans maints travaux 1 . 
Sans reprendre à nouveau la question, je voudrais présenter à 
ce sujet deux observations : Tune, sur le texte même de César, 
afin d'en pénétrer non pas tant le sens précis et littéral que 
l'esprit, courte étude que je compte faire à l'aide de rappro- 
chements avec quelques législations antiques ; — l'autre rela- 
tive à une modification apportée au régime primitif des biens 
de la femme mariée gauloise sous l'influence romaine. 



Voici le texte de César : Viri, quantas pétunias ab uxoribus 
dotis tiomine acceperunt, tantas ex suis bonis, astimalione facta, 
cum dotibus communicant. Hujus omnis pecunia conjunctim ratio 
habetur, fructusque servantur. Uter eorum vita superarit, ad eum 
pars utritisque cum fructibus superiorum temporum pervenit. 

Le problème qui se pose sur l'interprétation même du texte 

1 . La bibliographie du sujet se trouve dans P. Viollet. Hist. du droit 
civil français, Paris, 1893, p. 6. — Ajouter: E. Glasson, Hist. du droit et 
des instit. de la France, t. I, Paris, 1887, p. 111 etsuiv. 

Revue Celtique, XVII. 21 



I. 




$22 



P. Collinet. 



n'a, dans l'espèce, qu'une importance médiocre. Nous consi- 
dérons que le dernier mot a été dit à ce sujet p^r M. H. d'Ar- 
bois de Jubain ville. On ne peut comprendre le texte qu'en 
donnant au mot pecunia le sens de « troupeaux ». Les fruits qui 
s'ajoutent à la dot désignent le croît de ces troupeaux. Il est, 
en effet, difficile de croire qu'on gardait en Gaule les fruits na- 
turels, les produits de la terre, emmagasinés dans des granges 1 . 

Mais on a longuement disserté sur un autre point: la na- 
ture exacte de ce régime. On s'est demandé s'il n'était pas 
une communauté et même s'il n'était pas l'origine de la com- 
munauté de notre ancien droit français. On s'est demandé aussi 
s'il n'était pas seulement un gain de survie. A mon sens, la 
question peut aisément se résoudre en partant de l'idée simple 
que le régime décrit par César n'est pas, comme on le pense 
souvent, un trait particulier du droit gaulois. L'apport par 
chacun des époux de certains biens de valeur égale me semble 
être, au contraire, une institution répandue dans les légis- 
lations primitives, sans entraîner nulle part la naissance d'un 
régime de communauté, au sens juridique du mot. 

L'évolution du mariage, telle que nous la révèle l'histoire 
comparée du droit, montre partout, comme l'une des pre- 
mières formes du mariage, l'achat de la fiancée. Le fiancé ou 
sa famille devaient payer à la famille de la fiancée une certaine 
somme qui représentait, sans doute, une compensation à la 
perte du travail que rapportait la fille à sa famille, à moins 
qu'on ne voie dans cette somme le paiement d'une rançon due 
pour l'enlèvement de la jeune fille. Le prix d'achat engendra 
la dot : car, au lieu de garder la somme reçue, le père en re- 
mettait une partie ou l'intégralité à sa fille. Plus tard, à un 
âge plus avancé du développement social, le fiancé n'acheta 
plus sa femme : la dot, à lui apportée par la fiancée sur son 
patrimoine familial, a anéanti le prix d'achat ; c'est, au con- 
traire, la femme qui achetait son mari, puisqu'en fait elle lui 
apportait toujours une dot 2 . 

1 . H. d'Arbois de Jubainville, RecJjercJjes sur l'origine de la propriété /o«- 
cière, etc.. Paris, 1890, pp. 109-111, 

2 . Sur ce développement, voy. M. Kovalewsky, Coutume contemporaine 




Droit celtique et Droit romain. 



Voilà un premier degré d'évolution auquel s'était élevé le 
droit romain classique. 

Cependant, dans cette transformation, le prix d'achat pri- 
mitif ne sombra pas tout entier. Il survécut à l'état symbo- 
lique 1 ou reparut sous forme de dons faits à la femme, soit 
avant le mariage comme présents d'usage, soit le lendemain 
de la première nuit de noces (rnorgengabe, véritable prix de 
l'honneur de la femme). Ainsi que cela s'était passé pour la 
dot, les dons du mari suivirent une route qui les écartait de 
leur destination première et ils arrivèrent à prendre, comme 
la dot, une ampleur disproportionnée à leur nature originelle. 
Il y a là une deuxième évolution, parallèle à la première, con- 
temporaine ou non du changement produit dans la nature de 
la dot et qui aboutit à l'institution des dons maritaux 
(douaire, etc.). 

Enfin, à un certain stade de la marche du droit, l'équilibre 
s'établit d'une façon parfaite entre la dot et le don du mari ; la 
coutume exigea que les deux donations fussent égales. 

C'est à ce dernier résultat qu'était parvenu le droit gaulois 
d'après César : le don du mari devait être de valeur égale à la 
dot apportée par la femme. 

A la dissolution du mariage par le prédécès de la femme, le 
mari reprenait donc sa donation et gardait la dot, car dotis 
causa perpétua est chez les Gaulois comme à Rome. A la mort 
du mari, la femme acquérait le douaire et retirait sa dot; cette 
restitution est un progrès sur le droit romain primitif. 

Quant à la coexistence des donations des deux époux, 
on la trouve dans des législations diverses. L'Orient nous offre 
de nombreux exemples de douaire et de dot : le Nomocanon 
Ecclesia Antiochenœ Syrorum de Gregorius Bar-Hebraeus 
(xni e siècle) possède un titre, de pherne (dot) et doro 
(douaire), etc., et le livre Syro-Romain (v e siècle) emploie le 
mot îwpea pour désigner la donation du mari 2 . Le droit israé- 

et loi ancienne : droit coutumier ossitien éclairé par l'histoire comparée, Paris, 
1893, pp. 161-167. 

1. viollet, op. cit., p. 418-41Q. 

2. Mitteis, Reichsrecht und Volxsrecht in den ôstlichen Provin^en des rômi- 
scben Kaiserreichs, Leipzig, 1891, pp. 266-268; 283-284. 




P. Collinet. 



lite révélé par la Mischna connaît la donation du mari sous 
le nom de khetouba, mot traduit par les hébraïsants incrementum 
dotis 1 . L'Egypte, au temps de Ptolémée, nous a laissé des 
actes concrets de constitutions de dot par le mari (contrats 
de Thèbes et de Memphis) 2 ; parmi les papyrus si nombreux 
rapportés du Fayoum en Europe, quelques-uns, des 11 e et 
111 e siècles, montrent l'influence sur la pratique égyptienne 
d'usages grecs attestés déjà par les inscriptions et les écrivains 
de la Grèce européenne, et reflétés dans la loi de Gortyne en 
Crète 3. 

Certains peuples de l'Occident, les Cantabres, d'après Stra- 
bon, et les Germains, d'après Tacite, pratiquent la même cou- 
tume 4. Le mot dos désigne, chez ces derniers, l'apport du 
mari. Mais elle nous intéresse davantage en droit romain. 
Le droit romain va, en effet, nous fournir un exemple de 
l'égalité entre la dot et la donation du fiancé, donatio ante 
(plus tard propter) nuptias. 

La donatio ante nuptias a soulevé, parmi les romanistes, 
relativement à son fondement juridique et à son origine histo- 
rique, de nombreuses controverses 5. Les textes nous mon- 
trent que, comme institution légale, elle ne fut guère régle- 
mentée avant le m e siècle; à l'inverse, comme institution 
purement pratique, elle existait dès une époque ancienne. 
Justinien (Institutes, de donat., 1. II, t. VII, § 3) a raison de 
dire qu'elle est inconnue des jurisconsultes classiques sous la 
forme d'une institution juridique, mais, de ce qu'elle n'exis- 
tait pas légalement de leur temps, il n'en faut pas déduire 
qu'elle s'introduisit dans le droit romain du Bas-Empire sous 
une influence extérieure. C'est pourtant ce que dit la pre- 
mière des deux théories principales qui se sont fait jour sur le 
problème de ses origines : elle fait dériver la donation propter 

1. Dareste, Et. d'hist. du droit, Paris, 1889, pp. 38-42. — Mitteis, o/>. 
cit., pp. 268-269. 

2. Kevillout, Rev. Egyptolog., t. I, 1880, pp. 87-97; 98-116. — Mitteis, 
op. cit., pp. 269-272. 

3. Mitteis, op. cit., pp. 272-283. 

4. Mitteis, op. cit., p. 286. 

5. Ces difficultés sont fort bien résumées dans Mitteis, op. cit., pp. 256- 
266 ; 286-289. 



Digitized by 



Droit celtique et Droit romain. 



325 



nuptias de l'imitation d'usages provinciaux, soit de la khetouba 1 , 
soit d'usages grecs 2 . L'autre, à plus juste titre, selon nous, en 
puise la source dans les usages mêmes des Romains où les 
donations du fiancé, correspondant à la dos et à la morgengabe 
germaniques, remontent très haut dans le passé*. 

Mais, le point qui rapproche le droit romain du droit gau- 
lois, c'est l'équilibre absolu entre la donation du mari et la dot 
de la femme, au moins dans une certaine partie de l'Empire. 

A cet égard, existe, en effet, entre les législations des pro- 
vinces romaines, une dissemblance complète de construction 
juridique. Tout d'abord, les pays de l'Orient (Syrie, Egypte, 
Grèce orientale) proclament la donation du fiancé comme 
essentielle au mariage 4 ; ils la déterminent légalement dans 
son montant, que le montant soit proportionnel à la valeur 
de la dot ou qu'il soit fixé d'avance comme une composition 
pécuniaire. Au contraire, les peuples de l'Occident (Grèce 
européenne et Italie) laissent aux parties une pleine liberté. 

En second lieu, une différence plus importante se manifeste. 
D'après le coutumier syro-romain (P = Ms. de Paris, § 4.0), 
« dans tous les pays du coucher du soleil, la coutume est que 
« l'homme apporte à la femme dans la Swpsa qu'il lui cons- 
« titue une valeur égale à celle que celle-ci lui apporte de tous 
« ses biens en dot. . . Dans les pays de la domination de l'Orient 
« existe une autre coutume. Elle est telle que, quand la femme 
« apporte en <pspv^ pour roo deniers de biens, le mari en 
« constitue la moitié, c'est-à-dire 50. »* Prise à la lettre par 

1 . Dareste, Journ. des Sav., juin-juillet 1884, reproduit dans Et. d'hist. 
du droit, pp. 40-42. 

2. Mitteis, op. cit., pp. 288-289. 

3. Esmein, Nouv. Rev. hist. de droit, t. VIII, pp. 21-24, reproduit dans 
Mil. d'hist. du droit et de crit., Paris, 1886, pp. 58-62. (Dans Mitteis, op. 
cit., p. 288, n. 1 citant Esmein, on lira t. VIII au lieu de t. VII.) 

4 . Les vieux auteurs irlandais n'ignoraient pas cette obligation imposée 
aux fiancés orientaux, comme le montre un passage du Cin Dromma snechta 
cité par M. d'Arbois de Jubainville, Et, sur le Droit celtique, t. I, p. 233, 
n. 1. Les fils de Milé arrivant en Irlande y trouvèrent une colonie de fem- 
mes juives à qui ils proposèrent de les épouser ; celles-ci répondirent qu'elles 
n'y consentiraient pas sans recevoir un tinnscra (douaire). La connaissance 
de cette coutume avait, sans doute, pénétré en Irlande avec la Bible. 

5. Bruns et Sachau, Syrisch-rôtnisches Rechtsbuch, Leipzig, 1880; P § 40. 




326 



P. Collinet. 



le commentateur juridique du coutumier, Bruns, et admise 
par beaucoup de romanistes comme reflétant le droit du 
v e siècle 1 , cette opposition est de grande importance pour l'his- 
toire de la donation propter nuptias. En suivant son histoire, 
on voit en effet les empereurs Léon et Anthemius imposer, 
par une constitution de Tan 468, à la donation et à la dot 
une exacte proportionnalité : ce que la femme stipule lui être 
cédé à titre de donation ante nuptias, au cas de prédécès du 
mari, le mari en stipule à titre de dot la même quantité, pour 
le cas de prédécès de la femme 2 . Et Justinien, changeant la 
proportionnalité en une égalité absolue, décide que la dona- 
tion et la dot doivent toujours être de la même valeur Cette 
égalité, proclamée par Justinien, n'était, d'après Bruns, qu'un 
retour à un droit préexistant, puisqu'avant lui elle était im- 
posée déjà, au dire du livre syro-romain, par la coutume de 
l'Occident. — Avec de l'irnagination, on aurait même pu son- 
ger à trouver la source de l'égalité coutumière dans des légis- 
lations positives : on aurait pu tenter de la rattacher, par 
exemple, à une persistance du droit gaulois en survie dans le 
droit gallo-romain et gallo-franc du v e siècle, ou à une parti- 
cularité des usages germaniques dans lesquels la donation était 
devenue aussi importante que la dot. — Mais la relation qu'on 
découvrait entre le droit syro-romain du v c siècle et la légis- 
lation byzantine est aujourd'hui impossible à maintenir. 

M. Mitteis établit que le passage traduit ci-dessus ne se 
trouve que dans trois manuscrits (P § 405 Ar = Ms. Arabe, 
§ 5 1 ; Arm = Ms. Arménien, § 55) qui, tous trois, sont pos- 
térieurs à Justinien, tandis qu'il ne figure pas au Ms. de Lon- 
dres (= L), le plus ancien, antérieur à Justinien. Et le pas- 
sage sur lequel on se fondait pour attribuer à la Nov. 97 de 
Justinien une origine coutumière, doit être, au contraire, 

1 . Bruns, ib., p. 295 et suiv. — Esmein, Journ. des Sav., mai 1880, re- 
produit dans Mél. d'hist. du droit, pp. 411-412. 

2. Code de Justinien, 1. V, t. XIV, const. 9. — Il y avait des précédents 
législatifs pour rendre la dot égale à la donation (Novelles de Valentinien 
III, tit. XXXIV, §§ 8-9, an 452, et de Majorien, tit. VI, § 9, an 458; éd. 
Haenel, Codex Thitodosianus). 

3. Novelle 97, ch. I. 




Droit celtique et Droit romain. 



327 



considéré comme inspiré directement par la législation de 
l'empereur byzantin 1 . L'Occident désigne, en effet, dans les 
Mss. récents « la Ville royale de Constantinople » et les pays 
qui n'ont pas le caractère oriental, au sens moderne du mot. 

La réforme de Justinien ne persista pas dans le droit byzan- 
tin. Néanmoins elle présente un intérêt considérable pour 
notre thèse parce qu'elle révèle un état législatif conforme à 
l'état coutumier de la Gaule au temps de la conquête romaine. 
Et ainsi nous pouvons affirmer : 

1) Que les biens dans le mariage gaulois n'étaient pas sou- 
mis — comme on l'a dit trop souvent — à un régime parti- 
culier : la donation du mari à la femme n'est, chez les Gau- 
lois, que la manifestation d'un stade de l'évolution générale, 
et l'égalité absolue entre la donation et la dot n'est pas un fait 
isolé ; 

2) Le régime des biens dans le mariage gaulois ne présup- 
pose en rien une communauté, au sens juridique du mot; 
car aucune des législations, où la donation du mari et la dot 
existent corrélativement, n'admet la communauté. C'est par- 
tout un régime dotal dans lequel les biens seuls de la femme 
sont affectés aux charges du ménage, tandis que les biens du 
mari restent propres. Le terme employé par César, communi- 
cant, qui n'a pas la prétention d'être un terme technique, a 
seul trompé les interprètes trop aventureux 2 . 

Ces deux résultats acquis, nous allons pouvoir pénétrer plus 
avant dans l'esprit de l'institution gauloise grâce à l'étude 
d'un droit d'origine celtique aussi, pur de toute influence 
étrangère, et où les rapports entre la donation du mari et la 
dot de la femme constituent l'économie fondamentale du ma- 
riage ; j'ai nommé le droit de l'Irlande. 

En Irlande, la femme mariée (par opposition à la concu- 
bine) qui a apporté une dot à son mari et à laquelle le mari a 

1. Mitteis, of>. cit., pp. 291-294 ; 545. 

2 . M. Mitteis, pourtant si sûr en cette matière, croit aussi à une com- 
munauté et donne le régime gaulois comme l'origine du douaire du haut 
moyen âge français (pp. cit., pp. 285-286) : mais il est certain que le 
douaire vient des usages germaniques. 




P. Collinet. 



fait une donation (par opposition à ce qui se passe dans cer- 
tains mariages extraordinaires) peut occuper dans le ménage 
une situation difiérente suivant que sa dot est inférieure, supé- 
rieure ou égale à la donation du mari. En d'autres termes, 
celui des deux époux qui acquiert la prépondérance juridique, 
c'est celui qui a apporté la plus grosse fortune. 

Ce peut être d'abord le mari ; il y a alors benfor fer-t[h]in- 
cur 1 , ou lanamnus mna for fer-thinucur (litt. « mariage de 
femme sur fortune d'homme »). Dans toute union irlandaise, 
la principale conséquence de la situation respective des époux 
se produit quant à la validité et à l'annulabilité des contrats 
passés par l'un ou l'autre. Ici, tout contrat passé par l'homme 
est valable, même s'il Test sans le concours de la femme 3 . 

Si la dot de la femme a été supérieure à la donation du 
mari, le mari est dit fer for ban-t[h]incur 3 et le mariage s'ap- 
pelle lanamnas fir for ban-t[b]indnacur : le mari prend la place 
de la femme, la femme celle du mari4. 

Enfin, le véritable mariage est le lanamnus com't[h]incuir^ y 
dans lequel aucun acte ne peut être fait par un époux sans 
l'autre, sauf les cas de contrats avantageux, au nombre de 
huit 6 . La sanction consiste en ce que chaque partie peut dis- 
soudre les contrats désavantageux faits par l'autre 7. 

Le lanamnus com-thincuir est le mariage qui donne à la 

1. Ane. Lawsof Ireland, t. II, p. 356, 1. 6-7. 

2. Ane. Laws, t. II, p. 380, 1. 23. — Cf. t. II, pp. 380-390 pour la dis- 
solution de ce mariage. Le Sencfms Môr se place, en effet, jpour étudier les 
dix sortes de mariages au point de vue du partage des biens et fixe les re- 
prises de chacun, suivant des modes très complexes. Les dix sortes de ma- 
riages sont indiqués, t. II, p. 356, 1. $-11. Le Senclms Môr les appelle d'un 
nom générique (se. lir) lanamna cumi[h]ma comperta « (se. nombre) d'union 
pour commencement de conception. ». Le mot lanamain est connu. Cum- 
tJms me parait être un composé de la prép. cum et de tus « commence- 
ment » (Windisch, WB., p. 859). La glose du Senchus Môr {Ane. Laws, 
t. II, p. 360, 11. 26-27) l'explique ainsi: .1. do beir com-maithius doib « qui 
porte mutuel avantage à eux ». (Sur com-maith, voy. Windisch, p. 442). 
Enfin le mot dont le génitif est com-ùerîa est donné par Windisch, p. 437, 
sous la forme coim-pert au nominatif. 

3. Ane. Laws, t. II, p. 356, 1. 7. 

4. Ibid., p. 390, 1. 31. — Pour le partage, voy. pp. 390-396. 

5. Ibid., p. 3 $6, 1. 6. La définition est donnée p. 356, 11. 29-31. 

6. Ibid , p. 356, 11. 31-32 ; p. 358, 11. 1-6. 

7. Ibid., p. 362, 11. 6-9. — Pour le partage, voy. pp. 362-380. 



Digitized by Google 



Droit celtique et Droit romain. 



femme le vrai titre de cét-munter l . Ce devait être la situation la 
plus fréquente, comme le montrent les récits épiques. Le 
poème intitulé « Cuchûlainn malade et alité » offre l'exemple 
d'un tel mariage entre la déesse Fand et son premier mari 
Manannan 2 et sous ce régime sont unis aussi Ailill et Medb. 
Je n'ai pas besoin de rappeler que la guerre, sujet de l'épopée 
appelée Tain bô Cuailnge, prit naissance dans la difficulté sou- 
levée entre les époux pour savoir si l'égalité existait réellement 
dans leurs fortunes 3. 

Ma conclusion est donc que le droit gaulois devait offrir 
aux yeux de César un régime absolument semblable à celui 
que nous révèle l'ancien droit irlandais, contenu dans le Sen- 
chus Môr. Le conquérant fut frappé de l'égalité des apports 
dans le mariage du pays envahi et ses Commentaires nous ont 
transmis son impression, sans qu'il fît d'ailleurs aucune allu- 
sion aux mariages inégaux, qui étaient vraisemblablement 
l'exception. 



Bien que la femme gauloise apportât une dot à son mari 
et que le mari constituât une donation égale à sa femme, il 
n'en résultait pas que la femme fût indépendante. César (de 
b.g., VI, 19, 3) déclare que : (apud Gallos) viri in uxores, sicuti 
in liber os, vitae necisque habent potestatem. 

Cette courte phrase nous ramène à un régime nuptial connu 
des Romains de la Royauté et de la République, le mariage 
où la femme conveniebat in manum mariti, (conventio in ma- 
num, tnanus). La femme était, à l'égard de son mari, loco 
filia, et soumise à la puissance paternelle de son mari qui 
pouvait aller jusqu'à la mettre à mort*. Ce droit du père et 
du mari concorde bien avec ce que dit Gaius (Institutes, 
comm. I, § 55) des Galates d'Asie-Mineure au sujet du droit 

1 . Ibtd., p. 380, 1. 31 ; p. 382, 11. 1-3. On y trouve les deux conditions 
qui font la cét-munter : égalité de fortune avec son mari (co[m]-maith) et éga- 
lité de naissance (com-c[b]eneî). 

2. Cours de litt. celt. y t. V, p. 213. 

3. Ibid., t. VII, p. 231. 

4. P.-F. Girard, Manuel élém. de droit romain, Paris, 1896, pp. 141 et 
suiv. 



II. 




P. Collinet. 



de puissance des parents sur leurs enfants *. Mais le régime de 
la manus n'était pas du tout incompatible avec la constitution 
d'une dot par la femme : la femme devenant, par suite de la 
conventio in tnanum, aluni juris (c'est-à-dire incapable de pos- 
séder en propre aucun bien), tout son patrimoine passait au 
mari à titre d'apport. Il est utile d'ajouter que c'est seulement 
plus tard, dans le mariage sans manus, que se créa la dot véri- 
table, la dot ne dérivant plus de la condition subordonnée de la 
femme 2 . 

Nous n'avons pas de motifs pour croire qu'il en fut autre- 
ment de la femme gauloise : les deux passages de César ne se 
contredisent nullement, et il nous paraît qu'à l'époque de la 
conquête, la femme gauloise, pendant le mariage, était inca- 
pable de posséder aucun bien propre. Tout son patrimoine 
était en conséquence dotal ; il n'y avait pas pour elle aptitude 
à avoir des paraphernaux. 

Mais voici qu'un jurisconsulte romain du commencement 
du iu e siècle, Ulpien, enseigne le contraire dans un texte très 
connu du Digeste, extrait du liv. 3 1 de son commentaire ad 
Sabinum : « Ceterum si res denîur in ea qua Graci xapaçepva 
dicunt quœque Galli peculium appâtant, videamus an staiim effi- 
ciuntur mariti. » 3 Comment expliquer ce texte ? Quelle est 
son importance ? 

Le fragment cité est depuis longtemps utilisée jamais ce- 
pendant il n'avait été étudié aussi finement que par le 
D r Bremerà l'occasion d'une correction, d'une « emendation » 
de M. Mommsen sur notre texte 5. M. Mommsen propose, 
dans son édition du Digeste, de substituer le mot alii au mot 
Galli 6 sans qu'une indication des Mss. autorise la correction. 

1. Sur ce texte, Mommsen dans Berliner Festgabe fur Beseler, 1885, 
p. 268. 

2. Gide, Etude sur la condition privée de la femme, 2« éd.. Paris, 1885, 
pp. 50s et suiv. 

3. Dig.,1. XXIII, MU, fr. 9,$ 3. 

4. Humbert, Du régime nuptial des Gaulois, dans Rev. hist. de droit franç. 
etétr.,i. IV, 1858, p. 541. 

5. Zft. der Savigny-Stiftung, Rom. Abth., t. II, 1881, p. 134-138. 

6. Digesta lustiniani Augusli, Berlin, t. I, 1868, p. 671, note 1. Les Ba- 
siliques et les Scolies des Basiliques portent : TaXXoi. M. Mommsen écrit : 



alii ? 




Droit celtique et Droit romain. 



331 



Le but du D r Bremer est de montrer que le mot Galli doit 
être conservé. 

Ulpien parle plusieurs fois, dans son œuvre si considérable, 
de la Gaule, de sa langue, de ses mœurs et de ses produits 1 . 
L'opposition entre Graeci et alii ne se comprend pas sous la 
plume d'un jurisconsulte classique ; si les alii désignent un 
peuple connu d'Ulpien, pourquoi ne pas l'appeler par son 
nom ? S'ils désignent les Romains, pourquoi ne pas employer, 
comme partout, le terme nostri ? Tels sont les deux arguments 
invoqués contre une correction du fragment. 

Il est vrai que le texte ne se sert point, pour correspondant 
du grec xapd^epva, d'un terme gaulois, mais du mot latin pe- 
culium, et, pour ce motif, on pourrait soutenir que le peuple 
opposé aux Grecs est le peuple romain. Il n'en est rien, et 
cette dernière expression n'est que plus précieuse pour la con- 
naissance du droit celtique. Elle montre que l'institution* des 
paraphernaux n'était pas primitive en Gaule. Les biens extra- 
dotaux s'étaient introduits, sous l'influence romaine, avec le 
relâchement des droits du mari et du père sur sa famille ; le 
nom qu'ils avaient pris, peculium, était celui qu'on donnait à 
Rome aux biens laissés aux alieni juris (fils de famille et es- 
claves) : le terme convenait à merveille pour désigner le patri- 
moine de la femme gauloise, alieni juris, elle aussi. 

Maintenant, l'expression est-elle appliquée dans son sens 
technique et y a-t-il une différence de condition entre le 
xapiçôpvov grec et le peculium gaulois ? Le irapaçspvov grec, et à 
Rome les parapherna, laissent peser sur eux un léger droit pour 
le mari, tandis que dans le mariage romain, les propres de la 

1 . Cf. D r Bremer, Ulpian's Verhâltniss %u Gallien, in Zft. d. Sav. Stift., 
Rôm. Abth., t. IV, 1883, pp. 84-91. Les textes cités sont les suivants : Rè- 
gles, tit. XXII, § 6 : Martem in Gallia ; — Dig., 1. XXXII, fr. 1 1 , pr. : fidei- 
commissa quocunque serraone relinqui possunt non solum Latina vel 
Graeca, sed etiam Punica vel Gallicana; — Dig., 1. XXVIII, t. V, fr. 35, 
§ 1 ; ... in provinciam, forte Galliam...; — Dig., 1. L, t. XVI, fr. 99, § 1 : 
... provincias... eas quaeltaliae junctae sunt. ut puta Galliam; — Dig., 
1. aXX, fr. 4, § 1 : si quis heredes instituent et ita legaverit : « quisquis 
mihi Gallicanarum rerum hères erit, damnas esto dare », ab omnibus ne- 
redibus videri legatum, quoniam ad omnes eos res Gallicanae pertinent; — 
Dig. y 1. XXIV, t. III, fr. 7, § 13 : ... nisi taie sit, ut lapis ibi renascatur, 
quales sunt in Gallia... 




P. Collinet. 



femme, dont elle a seule la disposition, se nomment botta re- 
cepticia. Nous pouvons penser que le rapprochement entre le 
mot grec et l'institution gauloise est une comparaison sans 
portée juridique, et de là on ne peut conclure à l'assimilation 
du peculium au ^apaçepvov : il doit, à l'inverse du peculium des 
autres aluni juris, conférer à la femme un droit absolu de 
propriété l . 

Faut-il aller plus loin et tirer du fragment d'Ulpien une 
autre conséquence qu'en fait découler le D r Bremer ? Ulpien, 
dit-il, traite dans son fragment du cas où la cause de disso- 
lution du mariage a été le divorce provoqué par la femme. 
Un tel droit aurait été refusé à la femme gauloise au temps de 
César; il était désormais possible. Je ne pense pas qu'il ré- 
sulte nécessairement du texte d'Ulpien que le divorce provoqué 
par la femme existât dans la coutume gallo-romaine du 
III e siècle : on peut très bien supposer, quoique le texte parle 
ensuite d'un divorce, qu'Ulpien ayant à traiter des parapher- 
naux ait voulu faire montre d'érudition en employant non 
seulement le mot grec (qui était passé à Rome avec les règles 
mêmes de ces biens), mais en en rapprochant le droit gaulois, 
sans, pour cela, en présenter la théorie complète. 

Le droit gaulois a donc connu les biens paraphernaux. 
L'existence de cette classe de biens dans une législation cel- 
tique n'a rien qui doive nous surprendre. 

Le droit gallois connaît trois sortes de biens dans le ma- 
riage : la dot, agweddi, la donation du mari, cowyll, les para- 
phernaux, argyfreu (bret. argourou), qui sont constitués en 
meubles. Ces meubles que l'adaptateur latin des coutumiers 

i. M. Mitteis, op. cit., p. 106, assimile le peculium de la femme gauloise 
à un véritable pécule « car, la femme gauloise, comme jadis la romaine, 
était dans la tnanus de son mari. » — Il rapporte (n. i), après M. Bremer 
(Zft. d. Sav. Stift., IV, p. 90), un passage des Fragments du Vatican, §112, 
où le mot peculium est pris dans le sens de paraphernaux, au cours d'un 
procès devant un duumvir: ... peto rc[m uxoriam Seiae nomine] ab codent ex 
legibus et edictis. dotem et peculium \scripta habere se d]ixit tabulis signatis 
ne p[ro\tulit. (P. -F. Girard, Textes de droit romain, 2 e éd.. Paris, 1895, 
pp. 457-458). — Cf. Dig., 1. XXXVI, t. I, fr. 1 5, § 8 et fr. 17, pr. : sed et si 
quis bona rogatus sit (se. restituere)... et si peculium ineum testator dixerit, 
auia plerique G^oxoptarixàiç patrimonium suum peculium dicunt (cité par 
Bremer, p. 89). 



Digitized by 



Droit celtique et Droit romain. 



gallois appelle animalia quae secum a parentibus adduxit (se. 
uxor) 1 étaient, durant le mariage, confondus sous la direc- 
tion du mari. Ils étaient rendus en entier à la femme si le 
mariage se dissolvait avant la septième année, perdus pour elle 
si elle divorçait sans motif, partagés avec le reste du patrimoine 
par moitié après la septième année 2 . 

Pour les Bretons de Grande-Bretagne, Tacite rapporte que 
Cartimandua, leur reine, tenait son royaume en personne; 
son mari n'était pas roi 3. 

Enfin, le droit breton contenu dans le Cartulaire de Redon 
nous offre des exemples de femmes mariées ayant des biens 
propres et pouvant en disposer ; ces biens étaient, sans con- 
teste, des paraphernaux et elles les aliènent avec ou sans le 
concours de leur mari 4. 



Le droit celtique primitif a dû, comme toutes les législa- 
tions indo-européennes 5, connaître la saisie privée du créan- 
cier : lorsque le débiteur n'exécutait pas son obligation, le 
créancier s'emparait lui-même, extrajudiciairement, de ses 
biens, afin de se payer directement sur eux ou sur leur prix. 
Ce pouvoir exorbitant du créancier cadre parfaitement avec la 
théorie première du droit établie en dehors de l'Etat, organe 
pondérateur et pacificateur. 

i On remarquera que, du temps de l'adaptation latine, les parapher- 
naux consistaient encore en troupeaux, animalia. 

2. F. Walter, dos Alte Walts. Bonn, 1859, P- 4 12 et sinv * 

3. Tac, Hist., III. 45 : « in matrimonium regnumque accepit » ; Ann., 
XII, 36, 40: «Venutiuse Brigantum civitate... cum Cartimandua m reginam 
matrimonio teneret. » 

4. Je cite à titres d'exemples : n<> CLXXXI (p. 140), no CCX (p. 162) : 
Ego... Uuinanau femina, ... vendidi ei (se. filio meo), in rem proprietatis 
meae vel conjugalis mei (paraphernaux et douaire); n<> CCXXVII (p. 17 : 
Ego... Acfrudis, per consensum conjugalis mei... vendo tibi alodum... in 
rem proprietatis meae, quae de parte genitoris mei... mihi quondam legibus 
obvenit. 

5. P. Collinet, Études sur la saisie privée, Paris, 1893. 



LA SAISIE PRIVÉE DANS LES LOIS GALLOISES. 




334 



P. Collinet. 



La saisie privée existe en Irlande ; elle forme dans ce pays 
la procédure principale de l'introduction des instances, et elle 
occupe dans les Ancient Laws une place prépondérante 1 . 

Mais, à la différence de la législation irlandaise, les Codes 
du pays de Galles prohibent la saisie privée, et ne connaissent 
que la saisie judiciaire. 

Le Code de Dimétie (partie sud-occidentale de la Galles), ré- 
digé au xn e siècle, s'exprime ainsi : 

« Pwybennac a gymero gavel dros dylyet heb gannyat arglwy- 
diaeth camlwrws vyd » (ch. VI, § 3)*. (Quiconque prendra 
saisie pour dette sans permission de la seigneurie [c'est-à-dire 
du juge] est passible de l'amende appelée « camlwrw »). Cette 
amende est de trois vaches ou neuf barres d'argent (180 pen- 
nies) 3. 

Les Leges Wallicae, datant du xm e siècle, disent de même : 
« Qui namum 4 pro debito sine licentia ceperit totum debitum 
amittet et très vaccas camlury domino reddet » (livr. H, cap. 7, 



« Qui autem inconsulta dominicali potentia pro debito namium 
arripuerit toto debito privabitur et très vaccas camlwry do- 
mino restituet » (liv. II, cap. 17, § 6) 6 . 

Les trois textes, qui se ramènent à deux, Pun gallois, l'autre 
latin, présentent ce trait commun de prohiber la saisie sans 
permission du juge sous peine de l'amende appelée camlwrw. 
Ils diffèrent entre eux, en ce que le texte latin punit en outre 
le créancier de la perte de sa créance. 

L'interdiction prononcée par les lois galloises de saisir priva- 
tivement pourrait être le résultat des progrès juridiques, d'un 
développement de civilisation indigène. Il n'y aurait là qu'une 
trace de l'évolution générale du droit 7 : nous n'aurions qu'à 

t. H. d'Arbois de Jubainville, Et. sur le dr. celt., t. I, p. 255 et suiv. ; 
t. II (en entier). 

2. Ancient Laws of Wales, éd. Owen, in-fol., p. 207. 

3. Walter, dos Alte Wales, p. 443. 

4. Namum, namium sont les termes techniques qui désignent le gage pris 
par un créancier à la suite d'une saisie privée. (Cf. nos Etudts, p. 96). 

5. Ane. Laws of Wales, éd. Owen, in-fol. p. 784. 

6. Ane. Laws of Wales, éd. Owen, in-fol., p. 823. 

7 . Cest ce progrès qui s'est accompli sans influence étrangère apparente 



§2)5. 




Droit celtique et Droit romain. 



la constater et à passer. Mais, ce qui est frappant, c'est la 
sanction que nous trouvons placée en première ligne dans nos 
deux textes latins et qui manque dans le texte gallois, la perte 
de la créance. Je ne crois pas qu'il faille voir dans cette sanc- 
tion le produit d'un développement spontané des institutions 
galloises; et cela d'autant moins que, dans les législations pri- 
mitives, la créance et la dette sont attachées indissolublement 
à la personne même du créancier et du débiteur, qu'elles sont 
incessibles, intransmissibles et meurent avec eux. Cette peine 
anormale ne peut être, à mes yeux, que le résultat d'une imi- 
tation consciente et voulue. El le droit civilisé réprouvant la 
saisie privée qui a été copié ici, c'est le droit romain, ce droit 
qui a déterminé dans la législation du pays de Galles une réac- 
tion dont il reste de nombreuses traces. 

Le droit romain, à l'exemple de toutes les législations avan- 
cées, dénie au créancier le pouvoir de se faire justice à soi- 
même. La lex Julia de vi privata punit le créancier, qui s'at- 
taque aux biens de son débiteur pour se payer lui-même, de 
la confiscation du tiers de ses biens et de l'infamie 1 . Cette 
peine représente assez bien l'amende appelée camlwrw du Code 
de Dimétie. Quant à la peine de la perte de la créance, elle 
vient d'un texte postérieur, d'un décret de Marc-Aurèle 
(169-176)». 

C'est précisément à une imitation de ce texte que nous rat- 
tachons la disposition des Leges Wallicae, inconnue du Code de 
Dimétie. La différence entre les deux recueils coutumiers 

dans les coutumes germaniques, cf. Brunner, Deutsche Rechtsgeschichte, t. II, 
Leipzig, 1892, p. 44$ et suiv. 

1. Paul, Sentences, 1. V, t. XXVI, § 4: « Creditor chirographarius, si 
sine jussc praesidis per vim débitons sui pignora, cum non haberet obli- 
gata, ceperit, in legem Juliam de vi privata committit... » (P. -F. Girard, 
Textesdc droitromain, 2 e éd., Paris, 1895, p. 383). — Digeste,!. XXXXVIII, 
t. VII, fr. 8 : « Si creditor sine auctoritate judicis resdebitoris occupet, hac 
lege (se. Julia de vi orivata) tenetur et tertia parte bonorum multatur et in- 
famis est. » (Cf. Digeste, eod. tit. t fr. 1) 

2. Digeste, 1. XaXXVIII, t. VII, fr. 7 : « Creditores si adversus debi- 
tores suos agant, per judicem id, quod deberi sibiputant, reposcere debent : 
alioquin si in rem debitoris sui intraverint id nullo concedente, divus Marcus 
decrevit jus crediti eos non habere.. » Suit le texte du décret qui est re- 
produit aussi au Dig., 1. IIII, t. II, fr. 13 : notre fragment est dit pour 
cette raison géminé. 




33* 



P. Collinet. 



pourrait s'expliquer par ce fait qu'elle refléterait un change- 
ment produit dans le droit gallois entre les rédactions succes- 
sives des recueils ; elle représenterait ainsi un état social réel. 
Mais il nous semble que le passage des Leges Wallicae a pu ne 
pas correspondre à la réalité, n'être qu'une opinion de juriste 
fortement imbu d'idées romaines et connaissant le décret de 
Marc-Aurèle qui punit le créancier saisissant de la perte de sa 
créance. 

En tout cas, il n'y a pas de raison pour refuser à la dispo- 
sition des lois galloises une origine extérieure, d'autant que 
l'influence romaine en Galles est un fait certain, sinon établi 
dans toute son étendue, — d'autant aussi que la saisie privée 
est une de ces matières, intéressant au plus haut point l'ordre 
public, que les conquérants, même respectueux du principe 
de la personnalité des lois, ne sont pas mal venus à interdire 
pour le plus grand profit de la paix sociale. 

La pénétration du droit romain dans les pays celtiques avait 
donc produit des résultats remarquables : en Gaule, c'était à 
elle qu'on devait le changement de condition de la femme 
mariée et l'apparition des paraphernaux ; en Galles, elle avait 
soumis les créanciers à l'obligation de prendre, avant de saisir, 
la permission du juge. 



Paul Collinet. 




THE ANNALS OF TIGERNACH 



THE FOURTH FRAGMENT, A.D. 973 — A.D. 1088. 



RAWL. B. 488, Fo. 15» 1. 



[AU. 973. AI. 956. CS. 972. FM. 972]. 

Dondchadh Find, mac Aeda, maie Flaind, do warbadh la 
hAghda mac Duibgind a mebuil for faespm Brenainw 7 Ciarain 
[« Donnchad the Fair, son of Aed, son of Fland, was treache- 
rously killed by Agda, son of Dubchenn, while he was under 
the safeguard of SS. Brénainn and Ciardn »]. 

Murchadh Glun re làr, ri Ailigh, do marbudh la Cenel Co- 
naill. [« Murchad Knee-to-floor, king of Ailech, was killed by 
the Kindred of Conall »]. 

Maidm for Osraigi ria Laignib du a torchair Diarmuit mac 
Donwchadha et alil. Maidm aile ïor Uib Cendsilaig ria n-Os- 
raigi, dû a torchair Donnchad, mac Céilaig, ri Hûa Cendse- 
laî^ et alii [« A rout of the Ossorians by the Leinstermen, 
wherein fell Diarmait, son of Donnchad, and others. Another 
rout of the Hûi Cennsela^ by the Ossorians, wherein fell 
Donnchad, son of Cellach, king of the Hûi Cennselaig, and 
others »]. 

Findachtz mac Cinaetha, flaith F(?rtuath Laighew, martuus 
est «[ Findachta, son of Cinaed, prince of the Fortuatha of 
Leinster, died »]. 

Revue Celtique, XVU. 22 




338 



Whitley Stokes. 



[AU. 974. CS. 973. FM. 973]. 



Kl. Etgair ri Saxan [« king of England »] reiigiossus 1 rex, 
mortuus est. 

Cinaeth Hùa hArtacan, primécis Leithi Cuiwd mortuus est 
[« Cinaeth, grandson of Artacân, chief poet of the northern 
half of Ireland, died »]. 

Do/wnall mac Eoaiw, ri Bretan, i n-ailit^ri [quieuit. « Dom- 
nall, son of Eoan, king of Wales, rested in pilgrimage »]. 

Cetna toise MzelSechnaill Moir, maie Domnaill, o Ath 
cliath, dar' briss 7 dar' theasc in caill [« The first expédition 
of MaelSechnaill the Great, son of Domnall, from Dublin, 
when he broke and eut down the wood »]. 



Kl. Dondchad mac Ceïïaig, ri Osraigi [« Donnchad, son of 
Cellach, king of Ossory »] in senili 2 étate mortuus est. 

Mathga/wain mac Cendédigh, ri Maman, do marbadh 
do Mael-muadh mac Brain^, do rig Hua n-Eachach, iarna 
thidhnacol do Donwubdn mac Cathail do rig Hûa Fi[d], 
genti a fill [« Mathgamain, son of Cenn-étig, king of Munster- 
was killed by Mael-Muad, son of Bran, king of the Hûi 
Echach (Iveagh), having been treacherously delivered up by 
Donnaban, son of Cathal, king of the Hûi Fidgenti »]. 

Ughaire mac Tuathail, ri Laigen, do gabail do Gallaib 
Atha Cliath. [« Ugaire, son of Tuathal, king of Leinster, was 
captured by the Foreigners of Dublin »]. 

Serin Colaim cille do argain do Domnall mac Murchadha. 
[« Skreen of Colomb cille was wrecked by Domnall, son of 
Murchad »]. 

1 . MS. relei ossus 
2 semile 
3. broin 



[AU. 975. AI. 958. CS. 974. FM. 974]. 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



Tadhg mac Ruadrach, taisseach Cimachta GUndi Gemin do 
marbadh a n-U\\taibh [« Tadg, son of Ruadri, chief of tbe Cia- 
nacht of Glenn Gemin, was killed in Ulster »]. 

Domnall mac Cowgalaigh, r/^domna Temrach, mortuus est. 
[« Domnall, son of Congalach, crownprince of Tara, died »]. 

Creach la Gilla Colaiw Hua Canandan, rig Cenéoil Conaill 
i n-Uib Failghe, cor' fagaib Ferghal mac Foghartaig, rig Cair- 
pre Moire. Cellach mac Findghaine, Cellach mac Bairedha, 
Donwchadh mac Morgaind, tri mormair Alban, andsiw. [« A 
raid by Gilla Columb, grandson of Canannan, king of the 
Kindred of Conall, into Offaly, where he left Fergal, son of 
Fogartach, king of the Greater Cairbre. Cellach, son of Find 
guine, Cellach, son of Bairid, and Donnchad, son of Mor 
gand, three High Stewards of Scotland, were therein »]. 



Kl. Muircertach mac Domnaill htii Neill ocus Congalach 
mac Downaill, maie Ctfflgalaigh, da r/^damna Erenn, do mar- 
badh la hAwlaiw mac Sitriuca. [« Muirchertach, son of Dom- 
nall, son of Congalach, two crownprinces of Ireland, were 
killed by Ôlafson of Sitriuc »]. 

INis Cathaigh do sarughudh do Brian mac Cendéidigh for 
Gallaib Luimnigh .i IMar 7 Amlaiw a mac 7 Duibcenn a mac 
aile [« Inis Cathaig (Scattery Island) was profaned by Brian, 
son of Cenn-étig, who attacked therein the Foreigners of Li - 
merick, namely, Imar, and Ôlaf, one of his sons, and Dub- 
chenn his other son »]. 

Gilla Colaim o Canandan, ri Cene[oi]l Comiïï, do marbadh 
la Domnall ua Ne[i]ll. [« Gilla-Coluimb, grandson of Canan- 
nan, king of the Kindred of Conall, was killed by Domnall, 
grandson of Niall »]. 

Amlaim mac Illuilb, r/ Alban, do marbadh la Cinaeth mac 
Mail Cholaim [« Olaf, son of Indulf, king of Scotland, was 
killed by Cinaeth, son of Mael Choluimb »]. 

Mael-ruanaig Got, Ht'ia Mael-Sechnaill, r/^damna Temrach, 
yer dolum occissw* est. [« Mael-ruanaid the Stammerer, 



[AU. 976. AI. 959. CS. 975. FM. 975]. 




Ho 



Whitley Stokes. 



grandson of Mael-Sechnaill, crownprince of Tara, was trea- 
cherously slain »]. 

[AU. 977. AI. 960. CS. 976. FM. 976]. 

Kl. Cath Belaigh Lecht, eter Brian mac CendAigh 7 Mael 
muadh mac Bruiw, co torchair Mael-muadh and, ri Htia n-Ea- 
chacb. [« The battle of Belach Lecht between Brian, son of 
Cenn-étig, and Mael-muad, son of Bran; and Mael-muad, 
king of the Hûi Echach, fell therein »]. 

Cath Bithlaindi for Laigmi ria nGalk/i Atha cliath, dû a 
torchair Ughaire mac Tuathail, ri Laigm, ocus Mwredhach 
mac Bruiw, ri Hua Cendselaigh, ocus Congûach mac Flaind, ri 
Leighe 7 Rechet, et alii muilti [« The battle of Bithland gained 
over the Leinstermen by the Foreigners of Dublin, wherein 
fell Ugaire, son of Tuathal, king of Leinster, and Muredach, 
son of Bron, king of the Hûi Cennselaig, and Congalach, son 
of Fland, king of Legh and Rechet, and many others »]. 

Corccach Mor Muman do argaw fri daigid [« Great Corcach 
(Cork) of Munster was destroyed by fire »]. 

Less mor mo Chuta do loscadh, 7 Cluain uama 7 Lethgliwd 
do indrudh do Osraigib [« My Cutu's Lismore was burnt, and 
Cloyne and Leighlin were ravaged by the Ossorians »]. 

Co/waltan hua Clerigh, ri Hua Fizchrach Aidne [« king of 
the Hûi Fiachrach of Aidne »] mortuus est. 



Kl. Conchobar mac Find, ri Hua Failge, [« king of Offaly »], 
mortuus est. 

Dotnnall Claen, ri Lzigen, do gabail do GzMaib Atha cliath 
[« Domnall Cloen, king of Leinster, was captured by the For- 
eigners of Dublin »]. 

Leath-lobar mac Find ri Dal-araidhi [« king of Dalaradia »] 
7 Tig^rnan, ri Cene[o]il Conzill [« king of the Kindred of 
Conall »] occisi sunt 1 ». 

1 . MS. occisswj est 



[AU. 978. CS. 977. FM. 977]. 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



[AU. 979. AI. 962. CS. 978. FM. 978, 979]. 

Kl. Domnall mac Muirdmaigh, ri Temrach [« King of 
Tara »] part penitentiam obiit. MâdSechnaill Mor regnaire in- 
cipit. 

Cath Ttmrach re MaelSechnaill Môr mac nDomnaill maie 
Donnchaidh maie Ylaind, ria rig Erenn, {or Gallaib Atha 
cliath, for maezib Amlaim intindrudh, dû a torcair ili im Rag- 
nall mac Amlaim, rigdamna na nGall, 7 im Gmmael mac 
Gilli Airi, 7 im Irlabraidh 1 Atha cliath, et alii muilti. Braen 
mac Murchada, vlgàatnna Laigew, 7 Congalach mac Flawd, ri 
Gaileng, 7 a mac .i. Maelan, 7 Fiacira 7 Cu-dhuiligh, da mac 
Dublaich, da rig Fer tulacb, 7 Lachtna ri Mugdorn Maigen do 
thuitim a Érithguin in catha sin [« The battle of Tara gained 
by Mael Sechnaill the Great, son of Domnall, son of Donn- 
chad, son of Fland, by the King of Ireland, over the Foreign- 
ers of Dublin, over the sons of Olaf in especial, wherein 
many fell> including Ragnall, son of Olaf, crownprince of the 
Foreigners, and Conmael, son of Gilla Airi(?), and the Ora- 
tor of Dublin, and many others. Braen, son of Murchad, 
crownprince of Leinster, and Congalach, son of Fland, king 
of the Gailenga, and his son Maeldn, and Fiachra and Cû 
duilig, two sons of Dublaech (Dublath ?), two kings of the 
Fir tulach, and Lachtna, king of Mugdoirn Maigen, fell in the 
coùnterblow of that battle »]. 

Morsluaighedh la Mael-Sechnaill Mor mac nDomnaill, rig 
Temrach, 7 la hEochaigh, mac Ardgail, la rig nUW, co Gallw 
Atha cliath, co tardsad forbais tri la 7 tri n-aidhchi forro, co 
tuesat geill Erenn ass, im Downall Claen, rig Laig<?«, 7 im eu- 
rib Hûa Ne[i]U arcena, co tuesad a n-oigreir o Gallaib .i. 
[fo. 15*2] .xx. cét [bô] co setaib 7 mainib, 7 co saire Hua 
Ne[i]ll archena o Sinaiwd [co muir] cen chdin. IS and immorro 
forfiiacair M&el-Sechnaill in eseirghi n-airrdirc, dia n-ebairt : 
Gach aen do Gaedelaib fuil a crich Gall a ndairi 7 docraite tait 

1 . MS. irlabraigh 




Whitley Stokes. 



ass dia tir arciwd sidha 7 sochair. Ba si bruit Babilowe na 
hErennin bruit 1 siw. Ba tanaisti na 2 bruiti ifirw. 

[« A great hosting by Mael-Sechnaill the Great, son of Dom- 
nall, King of Tara, and by Eochaid, son of Ardgal, King of 
the Ulaid, to the Foreigners of Dublin; and they beleaguered 
them for three days and three nights, and brought thence the 
hostages of Ireland, including Domnall Cloen, King of Leins- 
ter, and the guarantees of the Hiii Néill besides, and they got 
their full demand from the Foreigners, to wit, two thousand 
kine, with jewels and treasures, and, moreover, with the 
freedom of the Hûi Néill from tribute, from the Shannon to 
the sea. 'Tis then that Mael-Sechnaill proclaimed the famous 
rising, when he said : « Let every one of the Gaels who is in 
the Foreigner's province corne forth to his own country for 
peace and comfort ». That captivity was the Babylonian Capti- 
vity of Ireland. 'Twas next to the captivity of Hell »]. 

Faelan mac Càelaighe, espoc ïmlecha Iubair [« Faelân, son 
of Caelaige, bishop of Imbliuch Ibair (Emly) died »]. 

Amlaiw mac Sitriuca, airdrigh ar GaWaib Atha cliath, do 
dul co Hi a n-aithrighe 7 a n-ailithri iarsiw cath mortuus est. 
[« Olaf, sonofSitric, high-king over the Foreigners of Dublin, 
went to Iona in repentance and in pilgrimage after the battle 
(and there) died »]. 

Agda mac Duibgiwd, ri Teftha [« king of Teffa »] mortuus 
est. 

[AU. 980. AI. 963. CS. 979. FM. 980]. 

Kl. Anwchadh esçoe Cilli dara [« bishop of Kildare »] in 
senectute 3 bona uitam finiuit. 

Domnall Hua hAidéith, n Hua nEcho^:^ oew^ Loingsech 
toiseach Hùa Niallaiw, do cowtoitim diblinaib. [« Domnall, 
grandson of Aidéth, king of the Hûi Echach, and Loingsech, 
chief of the Hûi Niallain, both fell together in a duel »]. 

1 . MS. sloiged 

2. no 

3. senectude 




The Annals of Tigemach. Fourth Fragment. 



343 



[AU. 981. AI. 964. CS. 980. FM. 981]. 

Kl. Bruadar mac Eachthigirn, rî Hàa Cendselaïf, mortuus 
est [« Brôdur, son of Echthigern, king of the Hiii Cennselaig, 
died »]. 

Orgain Chilli dara o Imur Puirt Lairge. [« The destruction 
of Kildare by Imar of Waterford »]. 

Àrchu mac Neill, rîfdomna Ulod [« crownprince of Ulster »] 
a suis (ratribus per dolum occisswj est. 

Argaiw Dal Cais la MaelSechnaill mac Do/wnaill, 7 bili Muighi 
hAdw/r do thescadh dô [« The plundering ot the Dalcassians 
by MaelSechnaill, son of Domnall, and the sacred tree of 
Mag Adair was eut down by him »]. 



Kl. Cathràinedh re MaelSechnaill mac nDomnaill 7 re Glurc 
iaraind mac Amhim, maie màthar MailSechnaill Moir, for 
Domnall Clden mac Lorcan 7 for \mur Phuirt Lairge, dû i 
torcratar ili, it/r bddhudh 7 marbadh, im Gilla Patra/V mac 
tmuir, et alii multi mortui sunt 1 . [« A battle-rout inflicted by 
MaelSechnaill, son of Domnall, and by Glûn-iarainn (« lron- 
knee »), son of Ôlaf, son of MaelSechnaill's mother, on 
Domnall Clôen, son of Lorcdn, and on Imar of Waterford, 
wherein many fell, both by drowning and killing, including 
Gilla-Pdtraic, son of Imar, et alii, etc.] 

Glend da lâcha do argain do Galla/6 Atha cliath. [« Glen- 
dalough was plundered by the Foreigners of Dublin »]. 

INdradh Laighen la MaelSechnaill co muir [« A harrying of 
Leinster by MaelSechnaill as far as the sea »]. 

Gilla Caemgen mac Cinaetha do dallad la Domnall Claen 
[« Gilla Coemgin, son of Cinaed, was blinded by Domnall 
Clôen »]. 

1 . MS. .m. est 



[AU. 982. CS. 981. FM. 982]. 




344 



Whitley Stokes. 



[AU. 983. CS. 982. FM. 983]. 



Kl. Domnall Claen do marbadh la hAedh mac Eachthig/rn 
d6 Uib Cennsealaig [« Domnall Clôen was killed by Aed, son 
of Echthigern, of the Hûi Cennselaig »]. 

Aed Hua Dubda, ri tuaiscczrt Con[n]acht uile, [« king of the 
whole of the north of Connaught »] mortuus est. 

Tri meic Cerbuill maie Lorcaiw do argain termuind Caew- 
gen 7 a marbad a triur ria n-aidhchi tria firt Caewghen 
[« Three sons of Cerball, son of Lorcan, plundered St Coem- 
gen's glèbe, and the three of them were killed before night »]. 



Kl. MaelSecbnaill mac Domnaill do indradh Condacht 7 do 
thoghail a hindseadh 7 do marbadh a taisech [« MaelSechnaill, 
son of Domnall, harried Connaught, and destroyed its (arti- 
ficial) islands and killed its chieftains »]. 

Fearghal mac Lorcain, ri Cenéoil Fiachrach, do marbadh la 
Con[n]achtaib [« Fergal, son of Lorcan, king of the Kindred 
of Fiachra, was killed by the Connaughtmen »]. 

Diarmuit mac Uathmaran, r/Laige« [« king of Leinster »], 
mortuus est. 



Kl. Mor ingen Dondchodha maie Cella^, banrighan Erenn 
mortua est. [« Mor, daughter of Dondchad, son of Cellach, 
and queen of Ireland, died »]. 

Muirgwj mac Domnaill, xi Htia Maine [« king of the Hûi 
Maini »] mortuus est. 

Flait[h]ri Hua Loingsigh, n Dal Araidhi [« King of Dala- 
radia »] iugulatus 1 est. 

1 . MS. iugal. 



[AU. 984. CS. 983. FM. 984]. 



[AU. 985. CS. 984. FM. 985]. 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 34$ 

Fuatach scriwe PatraiV la MaelSechnaill o Ath Fir-diadh co 
hAth Sighi tria cocadh mac Cairellaw. Sith do dheno/w doib 
arsitt, 7 riar PatroiV o MaelSechnaill .i. cuairt fer Midhe etir 
chill 7 tuàith, ergnam 1 [c]ech duine o MaelSechnaill la taeb 
.uii. cwmal 7 ôgriara archewa. [« The carrying-off of S. Pa- 
trick's shrine by MaelSechnaill from Ardee to Àth Sighe, in 
conséquence of the warfare of Cairellàn's sons. Thereafter 
they made peace, and the award of Patrick 1 (w as performed) by 
MaelSechnaill, namely, a Visitation of the men of Meath, both 
ecclesiastics and laymen ; a banquet for every fortress by Mael- 
Sechnaill, besides seven cumuls and awards in full besides »]. 

[AU. 986. CS. 985. FM. 986]. 

Kl. Treghaid fiadhnach 2 i n-airrtWwr Erenn o demnaib, co 
rola dr daine 3, co mbidiss for suilib daine a ssoillsi. [« A ma- 
nifesté) colic in the east of Ireland caused by démons, which 
inflicted a slaughter on people, and they were clearly before 
men's eyes »]. 

Tosach mbodir môir .i. maelgarb anaicenta do theacht artûs 
[« The beginning of a great murrain, to wit, the unknown 
mael-garb, came for the first time »]. 

Gaeth mor cur' trascair ilcumtaigthi im durtheach Lugh- 
maidhe 4. [« A great wind which laid low many buildings, 
including the oratory of Louth »]. 

[AU. 987. CS. 986. FM. 987]. 

Kl. Âr Mwman la Condachtaib du a torchair Dunlang m#c 
Duib da boireanw, rigdamna Mwman. MuirghwJ mac Conco- 
bair r/^dawna Con[n]acht do thoitiw a frithguiw and [« A 
slaughter of Munster(men) by Connacians, wherein fell Dun- 

1 . MS. Erguin 

2. fithnaisi, CS. and FM. 

3 . MS. dame cowse 

4 . lugh muighe 



Digitized by 



$46 



Whitlty Stokes. 



lang, son of Dub da boirenn, crownprince of Munster. Muir- 
gus, son of Conchobar, crownprince of Connaught, fell there 
in the counterblow of battle »]. 

Laidhgnen mac Cerbaill ri Fernwmuighe do tnarbad for làr 
Trin Aird Mâcha a mac Corning 7 o Cenel n-Eogain [« Laid- 
gnén, son of Cerball, king of Farney, was killed in the midst 
of the Third of Armagh, by Conang's son and by the Kindred 
of Eogan »]. 

Duwstan airdesp0£ Saxan [« archbishop of England »] 
quieuit. 

[AU. 988. AI. 971. CS. 987. FM. 988]. 

Kl. Glun iaraind mac Amlaiw, ri Gall, do warbudh dia 
mogaidh 1 bodén .i. Colbaiw [« Gliin iarainn (Ironknee) 
son of Ôlaf, king of the Foreigners, was killed by his own 
slave, namely, Colbain »]. 

Cath Atha cliath for Gallaib la MaelSecbnaill mac Dotnnaill, 
uibi muilti occisi sunt 2 , 7 forbuis in duin iorro iarsiw fri fichit 
aidchi, r^nar' ibset uisce frissin acht sal, co tardsad a ôghriar 
fen dô cen budh ri, 7 uingi d'ôr gach garda 3 gach aidhci 
nodlag tre bithu sir. [« The battle of Dublin gained over the 
Foreigners by MaelSechnaill, son of Domnall, wherein many 
were slain, and the siège of their fortress afterwards for tw r enty 
nights; and during it they drank no water save brine. Where- 
fore they gave him his own award so long as he should be 
king, and an ounce of gold for every garden (to be paid) on 
every Christmas eve for ever »]. 

Gofraidh 4 mac Arailt n Indsi Gall do toitiw la Dail Riada 
[« Godfrey, son of Harald, king of the Hébrides, fell by the 
Ddl Riata »]. 

Conchobar mac Domnaill n Luigne Con[n]acht [« king of 
the Luigni of Connaught »] mortuus est. Muiredhach ua Cléi- 
righ, ri Aidhnç [« king of Aidne »] mortuus est. 

1 . MS. da mogadhaib 

2 . occisswj est 

3. grada 

4 Gofraigh 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



347 



[AU. 989. CS. 988. FM. 989]. 



Kl. Urard mac Coisse, [fo. iS b 1] priméces Gôidhel r , in pe- 
nitentia moriuus est a Cluaiw maie Nois. [« Erard mac Coisse, 
chief poet of the Gaels, died in pénitence at Clonmacnois »]. 

Aed Hûa Maeldoraidh 2 , ri Ceneoil Gwaill [« king of the 
Kindred of Conall »] mûrtuus est. 

Cath Fordr orna la MaelSeehnaill, du a torchair Domnall mac 
Lorcan n Muscraidhi Thiri 7 Hûa Forga, 7 dr mor archena 
[« The battle of Fordruim gained by MaelSeehnaill, wherein 
fell Domnall, son of Lorcan, king of Muscraige Tire and of 
the Hûi Forgo, and a great slaughter besides »]. 

[AU. 990. AI. 973. CS. 989. FM. 990]. 

Kl. Dondchadh mac Domnaill, r/^damna Ttmrach, p<r do- 
lum occiss«5 est la Cloiwd Colmain .i. Conchobar m^cCerbuill 
[« Donchad, son of Domnall, crownprince of Tara, was trea- 
cherously slain by the Clan Colmàin, that is, by Conchobar, 
son of Cerball »]. 

In Sindach Hua Leochan, n Gaileng, mortuus est. [« The 
Fox, grandson of Leochan, king of the Gailenga, died »]. 



Kl. Sluaighedh la MaelSeachlamn mac Downaill a Con[n]- 
ac/7/aib, co tanic Brian Boroma co feraib Muwan 7 Con[n]acbt 
a Midhi co ruige Loch n-Aindiwd, 7 nir'gab bai na duiwe, co 
ndeachaidh 3 ass a coir n-éludha [« A hosting by MaelSeehnaill, 
son of Domnall, into Connaught ; and Brian of the Tribute, 

1 . MS. priwécis gaédhil 

2. maeldoraigh 

3. ndeachaign 



[AU. 991. CS. 990. FM. 991]. 




Whitley Stokes. 



with the men of Munster and Connaught, invaded Meath and 
reached Lough Ennell; but he took.neither cow nor man, 
and retreated like a runaway »]. 

Dond hua Duiwd Chûan, ri Tebtha [« Donn, grandson of 
Donn Cuan, king of Teffa »] a suis per dolum occisswj est. 

Môr ingen Taidg maie Cathail maie Concohair, rigan JLrenn, 
mortua est. [« Môr, daughter of Tadg, son of Cathal, son of 
Conchobar, queen of Ireland, died »]. 

Gilla Colman mac Neill, ri Hua nDiarmada, 7 Cu chenand, 
mac Taidhg, comthuitim doib. [« Gilla Colmdin, son of Niall, 
king of the Hûi Diarmata, and Cû chenann, son of Tadg, fell 
together in a duel »]. 

[AU. 992. AI. 975. CS. 991. FM. 992]. 

Kl. Concobar, mac Cerbaill Hûi MaelSechnaill, in penitentia 
bona qwieuit. 

MaelRuanaig hua Ciardha, xi Cairpri, do marbadh la firu 
Teftha [« Mael-Ruanaig, grandson of Garda, king of Cairbre, 
was killed by the men of Tefïa »]. 

Da ua Chanandan do marbadh do Mac Gilla Colmôg .i. 
Domnall 7 Flaithbmach [« Two grandsons of Cananndn, 
namely, Domnall and Flaithbertach, were killed by Mac 
Gillai Colmôic »]. 

Ruaidhri mac Coscraigh ri Desceirt Con\rî\acht, do mar- 
badh la Concohur mac MailSechnaill 7 la mac Comaltaiw Hrfi 
Clerigh [« Ruaidri, son of Coscrach, king of the south of Con- 
naught, was killed by Conchobar, son of MaelSechnaill, and 
by the son of Comaltdn, grandson of Clérech »]. 

Eicneach Htia Leochan, ri Tuath-Luighne, do mzxbad la 
MaelSechnaill 7 la Cathal mac Labradha a nDownach PatraiV 
a mebail [« Ecnech, grandson of Leochan, king of North- 
Luigne, was treacherously killed at Domnach Pdtraic by Mael- 
Sechnaill and by Cathal, son of Labraid »]. 



1. MS. coscraidh 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



S49 



[AU. 993. CS. 992. FM. 993]. 



Kl. Fogartach mac Diarmuda, maie Uathmuran, ri Corco- 
tri Chen [njacht, do marbadh do Gailengaib in Choramd [« Fo- 
gartach, son ofDiarmait, son of Uathmarin, king of the Cor- 
co-firtri of Connaught, was killed by the Galenga of the 
Corann »]. 

Congalacb mac Laidhgnén ri Gzileng. [« king of the Ga- 
lenga died »]. 

Mael Caire[r]dha, ri Hûa mBriuitf Seola, [« king of the Hûi 
Briuin Seola »] mortuus est. 

Mael Muiri mac Scandlaiw, espw Aird Mâcha [« bishop of 
Armagh »] qwieuit. 

Mac Dubgaill meic Donwchadha, ri Muigi hltha, mortuus 
est [« The son of Dubgall, son of Donchad, king of Mag Itha, 
died »]. 

M&elSechnaiil do loscadh Aenaigh Theidi 7 do indrudh Mw- 
man, 7 maidm for Brian mac Cendédigh co feraib Mwman 
[« Mael-Sechnaill burnt Oenach Teti, (Nenagh), and ravaged 
Munster, and routed Brian, son of Kennedy, with the men of 
Munster »]. 

[AU. 994. AI. 977. CS. 993. FM. 994]. 

Kl. hlmur i n-Ath cliath taréis [Sitriuca] maie Amlaiw 
[« Imar reigned in Dublin after Sitric, son of Olaf »]. 

Raghnall 1 do tnzrbad do Lzignib. hlmur iterum a euasit et Si- 
triuc in réghnum eius. [« Ragnall was killed by the Leinstennen. 
Imar again fled (from Dublin), and Sitric reigned in his place »]. 

Cinieth mac Mail Cholaim, ri Alban [« King of Scotland »] 
a suis occisswj est. 

Domnach PatraiV do argain do Gallaib Atha cliath, 7 do Mur- 



1 . MS. Radhnall 



2. iterum in seghum 




35° 



Whitley Stokes. 



chertach hû Congûaig [« Domnach Patraic was plundered by 
the Foreigners of Dublin and by Murchertach, grandson of 
Congalach »] ; sed Deus u[i]ndicauit in morte i[l]liwj in fine 
eiusdem mensis 1 . 

Fail Tomair 7 claidiw Carlwa do breith do Mael Sechnaill 
mac Downaill areiciw o Gû\aib Atha cliath. [« Tomar's ring 
and Carlus' sword were forcibly taken by MaelSechnaill, son 
of Domnall, from the Foreigners of Dublin »]. 



Kl. Mac Cairill co feraib Fernmuighi 7 co n-Airgiallaib do 
argaiw Aird Mâcha, co rucsat .xx. cét bô, \d est Ard Mâcha do 
loscadh et/r tigib 7 damliag 7 cloictheach 7 fidhnemidh, uili- 
dilgenn na tainic riam a n-Ermn 7 na targa co la mbratha di- 
ghail amlaidh. [« CairelFs son, with the men of Farney and 
Oriel, plundered Armagh and carried off two thousand cows, 
that is, Armagh was burnt, both houses and stone-house and 
belfry, and sacred wood — a ruination that had never occurred 
in Ireland, and vengeance like that will not occur till Dooms- 
day »]. 

Diarmuit mac Domnaill, xl Hua Cendsek/g^ [« king of the 
Hûi Cennselaig »] mortuus est. 

Gilla Patraic mac Dondchada, ri Ossraige, do marbad do 
Domiawan mac Iwuir 7 do Domnall mac Faelan, rig na 
nDéisi[« Gilla-Patraic, son of Donnchad, king of Ossory, was 
killed by Donnabdn, son of Imar, and by Domnall, son of 
Faelan, king of the Dési »]. 

Donduban mac Imuir occisMj est o Laigtrib [« Donnabdn, 
son of Imar, was killed by the Leinstermen.»]. 

Gilla Patraic Hua Flandacan, rl Tebtha, occiswx est o Fia- 
chra mac Raduib, taiseach Muint/re Mailfinda [« Gilla Patraic, 
grandson of Flanducan, king ofTeffia, was slain by Fiachra, 
son of Radub, chief of the Munter Maeil-finda »]. 



1 . MS. demensiss 



[AU. 995. AI. 978. CS. 994. FM. 995]. 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



Domnall mac Faelain, ri na nDéise [« the king of the - 
Dési »] mortuus est. 



Kl. Cath etir Albancho, i torchair Constantin mac Cuilin- 
dam ri Alban [« A battle between the Scots, wherein fell 
Constantine, son of Culannan, king of Scotland »], et aln 
muiltf. 

Domnall mac Dondchada Fiwd do dalW do MaclSechnaill 
mac Domnaill [« Domnall, son of Donnchad the Pair, was 
blinded by Mael-Sechnaill, son of Domnall »]. 

Mael-colaim mac Downaill, ri Bretan tuaisc^/rt, mortuus est 
[« Mael-Coluimb, son of Domnall, king of the Britons ot the 
North, died »]. 

Ruaidri mac Neill Hûi Chanandain, ri Ceneôil Comiïï, mor- 
tuus est [« Ruaidri, son of Niall Hua Cananndin, king of the 
Kindred of Conall, died »]. 



[AU. 997. AI. 980. CS. 996. FM. 997]. 

Kl. Sluaighedh la MaelSechk/ww 7 la Brian mac Cendétigh 
co Gleand Marna, co tucatar Goill Atha cliath cath doib, cor' 
muidh 1 (or Gzïïaib, 7 air lddh a n-âr im Artalach mac Si- 
triuca 7 im Aralt mac Amlaiw 7 im Cuilew [fo. 1 5 b 2] mac 
Etighen 7 im mathaib Atha cliath. [7 co ndechaidj Mael- 
Sechnaill 7 Brian co feraib Mwwan 7 Midhi a Condor/;/aib, co 
tuesad a ngiallu 7 an-as deach a ssét [« A hosting by Mael- 
Sechlainn and by Brian, son of Kennedy, to Glenn Marna ; 
and the Foreigners of Dublin gave them battle, and the For- 
eigners were routed, and a slaughter was inflicted upon them, 
including Artalach, son of Sitric, and Harald, son of Olaf, and 
Cuilen, son of Etigen, and nobles of Dublin ; and MaelSech- 
lainn and Brian, with the men of Munster and Meath, entered 

1 . MS. muigh 



[AU. 996. CS. 995. FM. 996]. 




352 



Whiîley Stokes. 



Connaught, and carried off its hostages and the best of its 
treasures »]. 

Diarmuit mac Domnaill, ri Hûa Cendsila# [« king of the 
Hûi Cennselaig »] mortuus est. 

Sluaighedh la M&elSechlainn coro indir Mag n-Ai [« A hos- 
ting by MaelSechnaill, and he ravaged Magh n-Âi »]. 

Gilla Enan mac Aghda, ri Teftha, occissus est o Sil Ronaiw 
[« Gilla Enan, son of Agda, king of Teffa, was slain by the 
Sil Rôniin »]. 

[AU. 998. AI. 981. CS. 997. FM. 998]. 

Kl. Donwchadh mac Domnaill Claiw, ri Laighen, do gabail 
do Sitriuc mac Amlaim [« Donchad, son of Domnall Clôen, 
king of Leinster, was captured by Sitric son of Olaf »]. 

Ceall dara do argain do Gdllaib Atha cliatb. [« Kildare was 
plundered by the Foreigners of Dublin »]. 

Brian mac Cendétigh do dul co hÂth cliatb, co raibe secht- 
muiw làn and, co rue a ôr 7 a argat 7 bruit moir ass, 7 cor' 
loisc m dun, 7 cor' indarb in r[i]g Sitriuc mac Amlaim[« Briin, 
son of Cennétig, went to Dublin and remained there a whole 
week ; and carried off its gold and its silver and many cap- 
tives, and burnt the fortress, and banished the king, Sitric, son 
of Olaf »]. 

Diarmuit mac Dûnadhaigh ri Sil n-Anmchadha do marba^ 
la Cowaltaw rig Aidhne [« Diarmait, son of Dûnadach, king of 
the Sil n-Anmchada, was killed by Comaltin, kingof Aidne »]. 

Creach la MaelSechlainn Mor i Laigwm [« A raid by Mael- 
Sechlainn the Great into Leinster »]. 

Cath et/r Airghiallw 7 Conallu du a torchair Gilla Crist ri 
C^waille et ailii [« A battle between the Airgéill and the Co- 
nallians, wherein fell Gilla Crist, king of Conaille, and 
others »]. 

MaelSecblainn Htia Maelruanaigh ri Cremthaindi occiss«j est 
o Uib Cellaig À. Cû Chaillen. [« MaelSechlainn, Hûa Mail- 
Ruanaig, kingof Cremthann, was slain by the Hûi Cellaig, i. e. 
(by) Cû caille. »]. 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



[AU. 999. AI. 982. CS. 998. FM. 999]. 

Kl. Cû chaille hua Domnaill, r/ Dwlais, do marbadh tre 
mebail do Aedh hùu Neill [« Cû caille, grandson of Domnall, 
king of Thurles, was treacherously killed by Aed, grandson 
of Niall »]. 

hlmur Puirt Lairge [« Imar of Waterford »] mortuus est. 

Flaithbertach hûa Cananndin, ri Tiri Cowaill [« king of Tir- 
connell »] occiss&f est. 

Goill 1 nAth ch'ath iterum 7 a ngeill do Brian. [« The For- 
eigners again in Dublin, and their hosrages to Brian »]. 

Cellacb Hua Mael-corgais priméces Con[n]acht [« chief poet 
of Connaught »] mortuus est. 

Aedh Hua Ciarrda do dalladh dia brathair .i. Ualgarg o 
Ciarrda [« Aed Hua Ciarda, was blinded by his brother, name- 
ly, Ualgarg, grandson of Ciarda »]. 

Cétimpodh Briain 7 Con[n]acht for MaelSechlainn M6r tre 
mebail [« The first revolt, through treachery, of Brian and 
the Connaughtmen against MaelSechlainn the Great »]. 

Sluaigedh [la Bridn] mac Cendeitigh 7 la descm Chondacbt 
co n-Osraigi 7 co Lzignib 7 co nGalkii Atha cliath do tho- 
rachtain Temrach acht dochotar na Goill cath marc[s]luaigh 
rompo a Magh mBreagh r(?wwj-tarraidh 1 Mzel-Sechlainn 7 tucc a 
n-dr. Dodeachaidh 2 Brian iarsin co wbài a Ferta newi a Muigh 
Bregh, 7 luidh ïoro chulu cen cath cen indrudh cen daigh 
nd<rg [« A hosting by Bridn, son of Kennedy, and by the 
south of Connaught, with Ossory and Leinster and the Fo- 
reigners of Dublin, to proceed to Tara. But the foreigners 
with a battalion of cavalry went before them into Magh 
Breg, and (there) MaelSechlainn overtook them and slaugh- 
tered them. Brian afterwards marched on till he was at Ferta 
neme in Mag Breg, and he went back without a battle, with- 
out ravaging, without red fire »]. 

1 . MS. flwttftarraigh 

2. Dodeachaigh 

Revue Celtique, XV IL 23 




S54 



Whitley Stokes. 



[AU. iooo. CS. 999. FM. 1000J. 



Kl. Creach môr la cenwtar Muman a ndescm Midhi conus- 
tarraidh Aenghw*, mac Carraigh Calma, uathadh orro, cor' 
ben a ngabala dib 7 àr cend leo. [« A great foray by the 
country-side (?) of Munster into the south of Meath, till 
Oengus, son of Carrach the Valiant, with a few, overtook 
them, and seized their spoils from them and left, them with 
a « slaughter of heads »]. 

Fergal mac Domnaill, maie C<maing, ri Ail^, mortuus est 
[« Fergal, son of Domnall, son of Conang, king of Ailech, 
died »]. 

Niall Htla Ruairc do marbadh do Cenel Ctfwaill 7 la hAedh 
Hua Neill [« Niall, grandson of Ruarc, was killed by the Kin- 
dred of Conall and by Aed Hua Néill »]. 

Tochur Atha Luaiw do denam la MaelSechlainn 7 la Cathal 
mac Cewchobair [« The causeway of Athlone was made by 
MaelSechlainn and by Cathal, son of Conchobar »]. 

Diarmuit Hua LarÂ/nan, ri Tebtha [« king of Teffia »] oc- 
cise est a suis. 

Dub dara Hùa Maili duiw, ri Fer luirg [« king of the Fir 
luirg, died »]. 

Brian Boroma régnât. 



[AU. 1001. AI. 984. CS. 1000. FM. 1001]. 

Kl. Sluaighedh la Brian 7 la MaelSechk/nw co feraib Er#w 
umpu, itzr Mumain 7 Con[n]achto 7 Laigniu 7 Gallu,, co Du« 
Delgan a Cflnaillibh. Aedh mac Domnaill, airdri Aih>, 7 Eo- 
chaid mac Ardgail, ri UW, co n-Vlltaib 7 Cenel Eogaw 7 
Conûll 7 Airgialla conn&r* leigsidar sécha sin, cor' scarsat fo 
ossudh cen giall, cen exeri [« A hosting by Brian and by 
MaelSechlainn, accompanied by the men of Ireland, both 
Munster and Connaught and Leinster and Foreigners, as far 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 555 

as Dundalk in Conailli. Aed, son of Domnall, high-king of 
Ailech, and Eochaid, son of Ardgal, king of Ulster, with the 
Ulaid and the Kindred of Eogan and of Conall, and the Air- 
géill (met them) and did not let them go past, so they sepa- 
rated under a truce, without hostage, without pledge »]. 

Fland mac Eoganaw, airdbrethim Lethi Cuiwd, [« Flann, 
son of Eoganin, chief judge of Conn's Half » — the northern 
half of Ireland] mortuus est. 

Sluaighedh la Brian co hAth luain x , co rue giallu Midhi 7 
Con[n]acht [« A hosting by Brian as far as Athlone, and he car- 
ried oft the hostages of Meath and Connaught »]. 

Merlechan mac Cuind, ri Gaileng, do marbad la MaelSecb- 
lainn Mor [« Merlechân son of Conn, king of the Gailenga, 
was killed by MaelSechlainn the Great »]. 

Sitriuc mac Amlaim, ri Gall, do dul for créich a n-Ulltaib 
ina longaib, cor' ort Cill Cleithe 7 tnis Ctt[m]scraigh co tue 
bruit mor estïb [« Sitriuc, son of Olaf, king of the Foreigners, 
went in his galleys on a foray into Ulster, and he plundered 
Cell Cleithe and Inis Cumscraig, and carried out of them 
many captives »]. 

Maellnuadh nuze Duibgilla, r/Delbna BetAra, doéc. [«Mael- 
muad, son of Dubgilla, king of Delbna Bethra, died »]. 



[AU. 1002. CS. 1001. FM. 1002]. 

Kl. Creach la Dondchad Find 7 la Hûu Meith, cor* airgsed 
Land Leire, conus-tatraidh Catbal m^c Labradha 7 Fir Breagh 
7 coro rained forro 7 co rollàdh a n-dr et/r ergabail 7 marbadh 
im ri[g] Htia Meith, 7 dorochair Cathal mac Labradha aighidh 
a n-aighidh, 7 Lorcan mac Brôdudha. [« A foray by Donn- 
chad theFair and by the Hûi Meith, and they plundered Lann 
Léire until Cathal, son of Labraid, overtook them, and de- 
feated them, and inflicted a slaughter upon them, taking pri- 
soners as well as killing, together with the king of the Hûi 

1. MS. cliath 



Digitized by 



Whitley Stokes. 



Meith. And Cathal, son of Labraid, and Lorcàn, son of Brô- 
taid, fell (fighting) face to face »]. 

Dondgal mac Duind cathaigh, xi Gailing, do marbai do 
Throtan mac Builg airgit, xig Fear cul, tria tang[n]acht ina 
tigh fein [« Donngal, son of Donn-cathaig, king of Galeng, 
was treacherously killed in his own house by Trotan, son of 
Bolg airgit (« Bag of Money »), king of the Fir cul »]. 

Ceallod? mac Diarmata, xi Osraige, do marbod do mac a 
brathar a athar .i. do Dondcadh mac Gilla PatrazV [« Cellach, 
son of Diarmait, king of Ossory, was killed by the son of 
his father's brother, that is, by Donnchad, son of Gilla Pa- 
traic »]. 

Aed mac Eachtigherw do marbadh a ndert[h]aig Ferna 
môire Maedhoic la Mael na mbô [« Aed, son of Echthigern, 
was killed in the prayer-house of Saint m'Aedôc's great Ferns 
by Mael na mbô »]. 

Aedh hua Cowfiacla xi [Tethba « king of Teffa » occisus est]. 

Deest hic folium. 



[FM. 1017]. 

[fo. i6 â i]Maelan mac Eicnigh Hû Leochan, ri Gaileng7 
Tuath-Luighne uile, do marbad dona Saidnib [« Maeldn, son 
of Ecnech Hua Leochain, king of the Galenga and ail North 
Luigne, was killed by the Saithni »]. 

Crech la MaelSechlainn co Firu cell co rucsat Fir cell 7 Eile 
orro cor* marbad Domnall Hua Caindelbain, xi Ceneoil Lae- 
ghair[i] 7 Cass Midhi rechtairi MaelSerWam» 7 Hûa Clerchen 
xi Chaille Fallamain 7 Flandacan Hua Cella*£ 7 Congûach mac 
MailSechlainn do ghuin and, [« A foray by Maelsechlainn to 
Fir cell, till the Fir cell and Eili overtook them (Maelsech- 
lainn's raiders), and Domnall, grandson of Caindelbdn, king 
of the Cenél Lôiguiri, and Cass-Midi, MaelSechlainn's ste- 
ward, and Hûa Clerchén, king of Caill Fallamain, and Fland- 
ucdn, grandson of Cellach, and Congalach, son of Maelsech- 
lainn, were mortally wounded there »]. 



Digitized 



The Annals of Tigcrnach. Fourth Fragment. 



Cearball mac Mail-mordha, r/^damna Laigen [« crownprince 
of Leinster »] per dolum occissus est. 

[AU. 1018, 1019. AI. 1001. CS. 1017. ALC. 1018, 1019. 

FM. 1018]. 

Kl. iiii. feria .x. lunae. Domnall mac MaïlSechlainn meic 
Downaill, comurba Findéin 7 mo Cholmôc, qaieuit [« Dom- 
nall, son of MaelSechlainn, son of Domnall, and si^ccessor of 
Saints Findén and my Colmôc, rested »]. 

Da mac MùlSechlainn meic Mail-Ruanaigh .i. Ardgal 7 Âr- 
chu, da r/^damna Ailig, do marbod o Cenel Éogaiw feiw [« Two 
sons of Mael-Sechlainn, son of Mael-Ruanaid, naraely Ardgal 
and Ârchu, two crownprinces of Ailech, were killed by the 
Kindred of Eogan themselves »]. 

Orgain Chenandsa o Sitriuc mac Amlaim co nGzïïaib Atha 
cliath co ruesat bruit diairmifdi] 7 cor' marbad daine imdha 
andsin. [« The plunderingof Kells by Si trie, son of Olaf, with 
the Foreigners of Dublin, and they carried off innumerable 
captives, and tnany people were killed there »]. 

Gilla Caewghen macDunlaiwg, ri^damna Laigen, do marbod 
do Laighnib boden [« Gilla Coemgin, son of Dunlang, crown- 
prince of Leinster, was killed by the Leinstermen themselves »]. 

Mathgamain mac Conaing, maie Duinw Chuan, r/^damna 
M«man, do éc [« Mathgamain, son of Conang, son of Donn 
cuan, crownprince of Munster, died »]. 

Mac Catharnaigh maie Aedha de Uib Caisin, do thecmail 
fri Dondcadh mac mBriain co tard beim do claidhim 'na chend 
7 dara laiw ndes cor'ben de hi. Terna Donwchoi iarna ghuin 
7 romarbod mac Catharnaigh. [« The son of Catharnach, son 
of Aed, of the Hûi Caisin, attacked Donnchad, son of Brian, 
and gave him a swordblow on his head and over his right 
hand, so that he eut it off him. Donnchad escaped after his 
wound, and the son of Catharnach was killed »]. 




3*8 



Whitley Stokes. 



[AU. 1020. AI. 1002. CS. 1018. ALC. 1020. 
FM. 1019, 1020]. 

Kl. sextz feria, luwa .ii., znnus .xiii. circuli decennouenalis 1 
et uig[es]imwj part mille fïnitum. 

Mael muadh hua Mail muidh, ri Fer cell, do thabuirt 
ar éicin a damliag Dwrmuighi Colaim cilli la Foghartach Hûa 
Cernaigh 7 a matbadh a Muigh Lena [« Mael-muad, grandson 
of Mael-muad, king of the Fir cell, was taken by force out of 
the stone-house of Colomb cille's Durrow by Fogartach, 
grandson of Cernach, and killed in Mag Line »]. 

Sluaig^i la MaelSechlainn 7 la Hûu Neill 7 la Donnchad 
mac mBriaiw 7 lasin Caileach Hûa Ruairc .i. Art mac Sen- 
F^rgail, ri Brefne, co Sinaind co tuesat giallu Condacht do 
MaelSechlainn [« A hosting by MaelSechlainn and by the Hûi 
Néill and by Donnchad, son of Brian, and by the Cailech 
(« Cock »), grandson of Ruarc, namely Art, son of Old- 
Fergal, king of Brefne, as far as the Shannon ; and they gave 
the hostages of Connaught to MaelSechlainn »]. 

Cell dara 7 Glend da lâcha uile do loscadh cona ndwrthaigib 
[« Kildare and ail Glendalough were burnt with their prayer- 
houses »]. 

Flaithb<îrtach Hua hEochadha do dalW la Niall mac Eo- 
chadhz [« Flaithbertach, grandson of Eochaid, was blinded by 
Niall, son of Eochaid »]. 

Ard Mâcha do loscadh a terikalaind Mdi cona dwrthigib uile 
cenmotha in teach screbtra nama. 7 roloisc#i illtighi isna 
Trenaib 7 in damliag mor 7 in cloiccthech cona clogaib 7 Dam- 
liag na Togha 7 Damliag in Stabuill 7 in cathair proicepta 2 7 
iwadh oir 7 argait 7 sét archena [« Armagh was burnt on the 
3d of the Kalends of May, with ail its prayer-houses, except 
only the library ; and many houses were burnt in the Thirds, 
and the great stone-house, and the belfry with its bells, and 

1 . MS. deemo ûe 

2. priocepta 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. $59 



the stone-house of the Togha(?), and the Stone-house of the 
Barn, and the pulpit, and abundance of gold and silver and 
treasures besides »]. 

Mael Mure comurba Patraic, cend cleireach iarthair Eorpa 
uile, do éc. [<r Mael-Maire, a successor of S. Patrick, head of 
clerics of ail the west of Europe, died »]. 

Serin 7 Findfaidheach Pztraic d'orcain do Uib Aidith 7 do 
Ichtwr Hîia n-Ezchach, co ruesat .uii. cét bà léo [« The shrine 
and (the bell called) Sweet-voiced o{ S. Patrick were plundered 
by the Hui Aidith and by (the people of ) Lower Hûi Echach ; 
and they carried off seven hundred cows »]. 

Findlaech mac Ruaidhri mormaer Moreb [« Grand-Steward 
of Moray »] a (Mis îxatris siri MaelBrighdi occise est. 

Cû-Luachra Hûa Cwcobuir, ri Ciarraighi Luachra, [« king 
of Ciarraige Luachra »], mortuus est. 

[AU. 1021. AI. 1004. CS. 1019. ALC. 1021. FM. 1021]. 

Kl. prima feria .xiii. luwa. Maidm ria nUgaire 1 mac nDun- 
laiwg le vlg Laighen for Sitriuc mac Amlaim co nGalk/i Atha 
cliath oc Dergnae mo Gorôc, cor' ladh d^rgdr Gall and [« A 
defeat inflicted by Ugaire, son of Dunlang, king of Leinster, 
on Sitric, son of Olaf, with the Foreigners of Dublin, at 
Dergnae mo Gorôc (Delgany), and a red slaughter of Foreign- 
ers took place there »]. 

Cu-chaille Ûa Dublaich, rî Fer tulach [« king of Fartul- 
lagh »], mortuus est. 

Fross chruithnechta do ferthain a n-Osraighi re Hnd Mail- 
Sechlainnmaic Downaill [« A shower of wheat poured in Os- 
sory during the time of MaelSechlainn, son of Domnall »]. 

Crech la MaelSechlainn for Gallaib. Crech isiw 16 cétna for 
ChhnachU la Hûu Neill. Creach mor la MaelSechlainn arna- 
marach a Cenel Eogaiw, 7 a n-indorba tar Sliab Fuâit fothuâidh 
[« A foray by MaelSechlainn on the Foreigners. A foray on 
the same day on the Cianachta by the Hûi Néill. A great foray 

1 . MS. n g u aire 




360 



Whitley Stokes. 



by MaelSechlainn on the morrow, into the Kindred of Eogan, 
and their expulsion northwards over Sliab Fuait »]. 

Branacan Hua Mael-uidhir, airri Midhe, do badudh dia 
belltaine il-Loch Aindind [« Branucdn, grandson of Mael- 
uidir, viceroy of Meath, was drowned on Mayday in Lough 
Ennell »]. 

Aedh mac Flaind maie Flaind, maie MailScchlainn, tig- 
dawna Erenn, do marbadh o Hùu Maightheachain do Feraib 
bile [« Aed, son of Fland, sonofFland, son of MaelSechlainn, 
crownprince of Ireland, was killed by Hua Maigthechdin one 
of the Fir bili »]. 

Mael-Muiri ingen Amla/m [« daughter of Ôlaf »] mortuaest. 

[AU. 1022. AI. 1018. CS. 1020. ALC. 1022. FM. 1822]. 

Kl. secunda feria luna .xx.iiii. Mac Cerbuill, rl Eile, do mar- 
badh [« The son of Cerball, king of Eli, was killed »]. 

Sitriuc mac Imuir, ri Puirt Lairge, do marbadh o ri[g] Os- 
vaige [« Sitric, son of Imar, king of Waterford, was killed by 
the king of Ossory »]. 

Mac leigmdm^c Cairill, riOirgiall, penitens [quieuit. « Mac 
légind, son ofCairell, king of Oriel, rested a pénitent »]. 

Mael-Sechkmw Mor mac Dondchadha, airdri Erenn uili, 7 
tuir chongbala einigh 7 udisle iarthair dowaiw uile, do ég a 
Cro mis Locho Aindinn in .xl.iii. anno 1 regni sui. 



Tri cét longport acon ri[gh] 
ic tabuirt bruit ocus bidh 
altrow o Ri[gh] na nduile. 
a medôn gach deghdûine. 

Dabach îir na tulcha thiar 
ma ngeba ri Midhi a mian 
de domnaigh ibeas digh di 
dia luain i maidin Midhi. 



1 . MS. ando 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



[« Mael-Sechlainn the Great, son of Donnchad, overking of 
ail Ireland, and the tower of supporting generosity and no- 
bleness of the whole west of the world, died in Crô Inis of 
Lough Ennell in the 43 rd yearof his reign. 

« Three hundred camps had the king, bestowing raiment 
and food : nurture from the King of the Eléments amidst every 
good stronghold. 

« The vat of the man of the hill in the west, if Meath's 
king feel désire for it, on Sunday he drinks a draught there- 
of (in Fir Tulach), on Monday in the morning (he does so) 
in Meath »]. 

Muirdmach mac Carraigh Chalma [do marbad] on Gutt 
[fo. 16*2] per dolum [« Murchertach, son of Carrach the 
Brave, was treacherously killed by the Stammerer »]. 

Murcomrac farsin fairrgi etîV Gallu Atha cliath 7 Niall mac 
Eochadha xig Ulad, cor' muidh 1 forsna Gallu 7 co tuctha iat 
fén a mbruit 7 co tuctha a longa leô acht a ndechaidh 2 areicin. 
Flaithri mac Duib slanga maie Aedha, maie Tomaltaigh, xi 
Lethe Cathail, do thuitim lasna Gallu issin mwrcowrac sin 
issin .xuii. bliadain a aissi. [« A sëafight on the sea between 
the Foreigners of Dublin and Niall, son of Eochaid, king of 
Ulster, The Foreigners were defeated, and they themselves 
were brought into captivity, and along with them their galleys, 
save what got away by force. Flaithri, son of Dub slanga, son 
ot Aed, son of Tomaltach, king of Lecale, fell by the Forei- 
gners in that sea-fight, in the seventeenth year of his âge »]. 

Orgain Cilli dara o Dhond sleibe Ua Faelain [« The plun- 
dering of Kildare by Donn slébe hua Faelàin »]. 

Muiredhach na tengadh o Sleibiw, olkw tuaisc^rt Exenn, o 
Feraib Roiss occisfus] est [« Muredach of the Tongues, grand- 
son of Slébin, chief poet of the north of Ireland, was slain 
by the Fir Roiss »]. 

Mathgamain mac Laidhgnén, maie Cerbaill, ri Fernmuighe, 
do marbadh do Cathal O Crichan a Cluain Eois [« Mathga- 



1. MS. muigh 

2. ndechaigh 




362 



Whitley Stokes. 



main, son of Laidgnén, son of Cerball, king of Farney, was 
killed by Cathal O'Crichan in Clones »]. 

Domnall Hûa Murchadz Glun re lir, ri an Tuaiscmt o 
Chianot^/a Glinwi Gemin occiswj est. [« Domnall Hûa Mur- 
chada Knee-to-floor, kingof the North, was slain by the Cian- 
achta of Glenn Gemin »]. 

Domnall mac Aeda Hûi Mael-doraidh interkctus est. 



[AU. 1023. AI. 1006. CS. 1021. ALC. 1023. FM. 1023]. 

Kl. tertfo feria lima qwinta .xuii. decennouenalis 1 circuili 
uigisimo uero .iii. port mille. Earcra gréne a medon lài 7 ear- 
cra essca 'sa miss cétna [« An éclipse of the sun at midday, and 
an éclipse of the moon in the same month »]. 

Domnall mac Aedha Bic hûa MailScchlainn lethri Midhi do 
marbadh 6 m#c Senain Hui Leochain 7 o Luignib [« Domnall 
son of Aed the Little, grandson of MaelSechlainn, one of the 
two kings of Meath, was killed by the son of Sendn Hua Leo- 
chain and by the Luigni »]. 

Creach la Gallu tar descm mBregh 7 ar Damliag Chianain 
7 Anfïth O Cathasaigh ri na Saitne do marbadh doib [« A 
foray by the Foreigners over Southern Bregia and on S. Cian- 
ndn's Duleek; and Anfïth O'Cathasaig, king of the Saithni, 
was killed by them »]. 

Dondchadh Hua Duinn chuan ri Breagh, do gabail do Gall- 
aib ina n-airechtw* teiw 7 a breth sair [« Donnchad Hûa Duinn- 
chuan, king of Bregia, was captured by the Foreigners in their 
own husting, and carried to the east »]. 

Lochlaiwd mac MailSechlainn, ri Indsi hEogaiw 7 Muige 
hltha, do marbadh dia derbrat[h]air feiw .i. do Niall 7 do 
Chianacht Glindi Gemin [« Lochlainn, son of Maelsechlainn, 
king of Inishowen and Magh Itha, was killed by his own 
brother, namely, Niall, and by the Cianacht of Glenn Ge- 



Tadhg mac Briain Boroma do marbadh d'Eilib a fill iarna 
1 . MS. decinouenailis 



min »]. 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment, 



urail dia brathair .i. do Dondchadh [« Tadg, son of Brian Bo- 
roma, was treacherously killed by the Eili, instigated by his 
brother, namely Dondchad »]. 

Concobar mac Aeng«sa maie Carraigh Calma, do marbod 
lasna Gutu per dolwm [« Conchobar, son of Oengus, son of 
Carrach Calma, was treacherously killed by the Stamniercrs »]. 

Termand Cluana maie Nois do argain do Gadhra Huu Du- 
nadhaigh, co rue ilch#a bô as [« The glebeland of Clonmac- 
nois was plundered by Gadra Hua Dunadaig, who took many 
hundred cows thereout »]. 

Leobeliw xi Bretan [« Llewellyn, king of Wales »], mor- 
taus est. 

Sluaiged la Tadhg mac Cathail meic Cflwcobuir rlg Connacht 
i n-Uib Briuin, cor' marbadh and Domnall Hua hEagra, ri 
Luigne Con\xi\acht [« A hosting by Tadg, son of Cathal, son 
of Conchobar, king of Connaught, in Hiii Briuin, and therein 
Domnall Hua hEagra, king of the Luigne, was killed »]. 

Oenric xi in domain in pace qwieuit. Cuanu do gabail righi 
tara eissi for in doman [« Henry, king of the world, rested in 
peace. After him Conrad assumed sovranty over the world »]. 

[AU. 1024. AI. 1007. CS. 1022. ALC. 1024. FM. 1024]. 

Kl. iii. [leg. iiii ?] feria luwa xui. anno 1 deci[n]nouenalis 
cxxculi millisimô u^ro ac .xx.iiii. anrw? Incarnationis Dowinice 
annô. hi[c] annus bisextilis est. 

Ugaire mac Dunlaing, xi Laighen, 7 Mael mordha m#c 
Lorcain, xi Hua Cendselaig, 7 a mac aenteach do gabail orro 
ac Dubloch do Dund sléibe coro marbtha and [« Augaire, son 
ofDunlang, king of Leinster, and Mael mordha, son ofLor- 
can, king of the Hûi Cennselaig, and his son, the same house 
was taken (and burnt) upon them, at Dubloch, by Donn slébe, 
and there they were killed »]. 

Cu chaille mac Gairbith do Feraib Breagh [« of the Fir 
Breg »] quieuit. 

1 . MS. ando 




364 



Whitley Stokes. 



Orgain Slaine 7 a slad 7 a loscad o Domnall Ghut [« The 
plundering of Slane and the robbing and burning thereof by 
Domnall the Stammerer »]. 

Dond sleibe mac Mail morda ri Hua Faelan do teacht for 
crech a n-Uib Failghe ^ww^-tarraidh 1 rî Hua Failghi 7 dreaw 
dia munntzr 7 do Uilo Muiredaigh cor'marbsat hé 'san inad 
an roroiwdfed] creach Cille dara. [« Donn slébe, son of Mael- 
morda, king of the Hûi Faelàin, went on a foray into Offaly, 
till the king of Offaly and a body of his people and of the Hûi 
Muredaig overtook him and killed him at the place where 
the plunder of Kildare was divided »]. 

Maidhm na n-Urland ria nGerr ngaela for Gullu [« The 
Rout of the Staves (inflicted) by Gerr gaela on the Foreign- 
ers »]. 

Cath etzr Hua Ruairc 7 Htia Mael-doraidh a Corand cor' 
memaidh 2 for Hua Ruairc [« A battle between Hua Ruairc and 
Hua Mael-doraid in Corann, and Hua Ruairc was routed »]. 

Sluaiged la Mac nEochadha co Gallw) co tue giallu Gaidhel 
uaidhib la broitt moir aile [« A hosting by the son of Eochaid 
to the Foreigners, and he brought away from them the hos- 
tages of the Gaels, together with other great spoil »]. 

Cuan Hua Leochan [leg. Lothchan ?] primsenchaidh Er^nn 
7 a primeoW/?3 do marbadh a Tebtha 7 brénaid i n-oenûair4 
in lucht romarb 7 as fîrt Uled sin [« Cuan Hua Leochan, chief- 
historian of Ireland and her chief sage, was killed in Teffia, 
and those that killed him became putrid in the same hour, 
and that is a poet's miracle »]. 

Domnall Hua hEgra, ri in Coraiwd [« the king of the Co- 
rann »] mortuus est. 

Mael-Ruawaig Htia Ciardha ri Cairpn [« king of Carbery »] 
mortuus est. 



1 MS. -tarraigh 

2. mebaigh 

3 . in raarg. fech so 

4. brenaid nansenur 




The An nais of Tigernach. Fourth Fragment. 



36$ 



[AU. 1025. AI. 1008. CS. 1023. ALC. 1025. FM. 1025]. 

Kl . Niall Hua Concobair, rigdamna Con[n]acht, [« crown- 
prince of Connaught »], occisus est. 

Gearr gdela, ri Bregh, do marbad 7 do loscadh do descirt 
Bregh 7 do Mathgamain Htia Riacain [« Gerr gaela, king of 
Bregia, was killed and burnt by (the folk of) the south of 
Bregia and by Mathgamain O'Riacain »]. 

Duwgal Hua Dondchadha ri Caisil [« king of Cashel »] 
quieuit. 

Sluaiged la Flaithbmach Hua Ne[i]ll co tue giallu Gaedel o 
Gallaib [« A hosting by Flaithbertach O'Neill, so that he took 
from the Foreigners the hostages of the Gaels »]. 

Sluaiged la Downall nGot a mBreghaib, cor' indarb Huu 
Ne[ijll tar Sliab [Fuait] fothuaid [« A hosting into Bregia by 
Domnall the Stammerer, and he banished the Hiii Néill north- 
wards over Sliab Fuait »]. 

Termund Feichin do argain 7 do loscadh aidchi notlac moir 
la Hûu Crichain [« Termonfeckin was plundered and burnt 
on Christmas eve by the Hûi Crichiin »]. 

MaelSechlainn Got, ri Midi, d'éc [« MaelSechlainn the 
Stammerer, kingof Meath, died »]. 

Hu[a] Comaltaw, ri Hùa Viachrach Aidni, [« king of the 
Hûi Fiachrach of Aidne »], occisus est. 

[AU. 1026. AI. 1009. CS. 1024. ALC. 1026. FM. 1026]. 

Kl. Sluaiged la mac mBriaiw, cor' gab giallu fer Midhe 7 
Breagh [fo. i6 b 1] 7 Gall 7 Laigen 7 Osraige [« A hosting by 
(Donncha) son of Brian, so that he took hostages of the men 
of Meath and Bregia and the Foreigners and Leinster and Os- 
sory »]. 

Sluaiged la Flaithbertach Hua Neill 7 la mac Mael tSeach- 
lainn maie Mzil-Ruanaid a Midhe, co tuesat giallu 7 co nde- 
chatar far leicc oighridh a n-Inis Mochta coro indairsit hl. [« A 




$66 



Whitley Stokes. 



hosting by Flaithbertach Hua Néill and by the son of Mael- 
Sechlainn, son of Mael-Ruanaid, into Meath, and they got 
hostages, and went on the ice into Inishmot and ravaged 
it »]. 

Crech mor la Gerr in chocaidh 1 for Domnach Sechnaill 7 
a marbadh arnamarach la Mwredhach Hua Ceile ina tigh feiw 
tre mebail — 7 as fin mor do Sechnall in ni si» — 7 a dha bra- 
thair .i. Etighén 7 Gilla maith [« A great foray by Gerr in 
chocaid — « the Short one of the War » — on Domnach 
Sechnaill ; and on the morrow he was treacherously killed in 
his own house by Muredach Hua Ceili — and that is a great 
miracle of S. SechnalFs — he and his two brothers, Etighén 
and Gilla maith »]. 

Muircfertach mac Congalaig ri Hua Fuilge interiectus est o 
Gallaib Athacliath [« Murchertach, son of Congalach, king of 
Offaly, was slain by the Foreigners of Dublin »]. 

AJmirgen Hua Mordha, ri Laighsi, interkctus est 7 Cu dui- 
lighHria Berg[dh]a [« Aimirgen hua Mordha, kingofLeix, was 
slain, and Cû duilig Hua Bergda, lord of the Hûi Duach »]. 

Mael-Ruanaid Hua Mael-doraidh 2 , ri Cheneoil Gwaill do 
dul di[a] ailitAri tarmuir [« MaelRuanaid hua Maeldoraid, king 
of the Kindred of Conall, went on his pilgrimage over sea »]. 

Crechsluaiged la hOsraighe a nUib Muiredhaigh, co rucsat 
gabala mora 7 gur gonsad Murchad mac Dunlai/ig co ndecha- 
tar Hûi Mwredhaigh a n-Osrai^î, cor' airgetar Telach n-In- 
muiwd 7 cor'marbsat in secnab [« A foray by Ossorians into Hùi 
Muiredaig, and they took great spoils, and mortally wounded 
Murchad, son of Dunlang; and the Hûi Muiredaig invaded Os- 
sory and plundered Tullamaine and killed the prior »]. 

Sluaiged la hOsraige a n-CJib Cendsilaig, coro indairsit an 
tir [« A hosting by Ossorians into Hûi Cennselaig, so that 
they ravaged the country »]. 

Tri catha do brisidh do Raen Huu MaelSechlainn rig Midhi, 
7 do rigdamna Erenn .i. cath for firu Midhi 7 cath for fir[u] 
Bregh 7 cath for Gallu [« Three battles were broken by Roen 

1 . MS. choccaigh 

2. maeldoraigh 




The A nnals of Tigernach. Fourth Fragment. 



367 



O'MaelSechlainn, king of Meath and crownprince of Ireland, 
to wit, a battle over the men of Meath, and a battle over 
the men of Bregia, and a battle over the Foreigners »]. 



[AU. 1027. AI. 1010. CS. 1025. ALC. 1027. FM. 1027]. 

Kl. Ruaidhri Hua Fogartaigh, ri desemt Breg, do éc a n-aith- 
rigi iar senordhacht [« Ruaidri Hua Fogartaig, king of the 
south of Bregia, died in pénitence after (attaining) old âge »]. 

Tadhg Mac Gilla Patraw: do dallai la Donwchadh Mac 
Gilla Patra*V. [« Tadg Mac Gilla Patraic was blinded by Donn- 
chad Mac Gilla Patraic »]. 

Sluaiged la Donnchad mac mBriaiw a n-Osraige cor' muidh 1 
for dreiw dia muindtir, cor' marbadh ann Gadhra mac Duna- 
dhaigh, ri Sil n-Anmchadha, ocus Downall mac Senchaiw 
maie Flaithbertaigh, rigdomna Muman, 7 MaelSechlainn mac 
righ Corcowruadh 7 da mac Cuilén maie Concobair 7 rig- 
damna Hua ConaiW Gabra 7 da mac Ecertaigh 7 righdamna 
Eogunachtz 7 Ôcan Hua Cuircc maie Anluaiw, et alii muilti 
qwi non numirati sunt [« A hosting by Donnchad, son of 
Brian, into Ossory, till a division of his people were defeated, 
and Gadra, son of Dunadach, king of Sil Anmchada, was 
there slain, and Domnall, son of Senchdn, son of Flaithber- 
tach, crownprince ot Munster, and MaelSechlainn, son of the 
king of Corcomroe, and two sons of Cuilén, son of Concho- 
bar, and the crownprince of the Hûi Conaill Gabra, and two 
sons of Ecertach, and the crownprince of the Eoganacht, and 
Ôcan, grandson of Corc, son of Anluan, et alii, etc. »]. 

Bachall Issa do sarugwJ [« The Staff of Jésus was dese- 
crated »]. 

MaelRwtfwmd Hua Maeldom/i do éc a n-ailitèri [« died in 
pilgrinage »]. 

Muircmach mac DurAaing mortuus est. 

Ricard ri France [« king of the Franks »] mortuus est [in 
marg. ri Franc]. 

1 . MS. muigh 




368 



Whitley Stokes. 



Sluaigoi la Sitriuc mac Amlaitn 7 la Donnchad rig Bregh, à 
Midhi co Leicc mBladhma 1 7 co Mônaidh 2 Milain co com- 
ranic fri[uj Fir Midhi im Raen Hûa M&elsechlainn co torchair 
and Rien ri iarthair Midhi 7 atorchair Dondchadh ri Breag 7 
Gilla Uasaile 7 Mac Gilla Chaimgen, ri Ua mBriuiw Cualand, 
et ali[i] muilti [« A hosting led by Sitric son ôf Olaf, and by 
Donnchad king of Bregia, into Meath as far as Lecc Bladma 
(Lickblaw) and Moin Miliin; and the men of Meath, inclu- 
ding Raen Hua Maelsechlainn, encountered them, and Ràen, 
king of the west of Meath, fell there, and Donnchad, king of 
Bregia, fell, and Gilla Ausaili * and Mac Gilla Chôimgin, king 
of the Hûi Briuin of Cualu, and many others »]. 

Cathalan Hûa Crichan, ri Fernmuighe, 7 Cû lâcha * Hua 
Gairbith, ri Htia Meith, do comthuitim [« Cathalân Hûa Cri- 
chdn, king of Farney, and Cû-locha Hûa Gairbith, king of 
Hûi Meith, fell together in a duel »]. 

Brian mac Cathail hûi Cowcobuir, r/^damna Con[n]acht, do 
marbadh la MaelSechlainn Hûa MzelRuanaid, rl Crumtaiwd 
[« Brian, son of Cathal Hûa Conchobar, crownprince of Con- 
naught, was killed by MaelSechlainn Hûa MaelRuanaid, king 
of Crimthann »]. 

[AU. 1028, AI. ion. CS. 1026. ALC. 1828. FM. 1028]. 

Kl. ii. ieria luna prima. Tuathal Hûa Dub anich, espoc 
Cluana hlraird [« bishop of Clonard »] obit. 

Sitriuic mac Amlaim do dul do Roiw 7 Flandacan Hûa 
Cellai^ ri Bregh, et ailii multi [« Sitric, son of Olaf, went to 
Rome with Flanducdn, son of Cellach, king of Bregia, and 
many others »]. 

Dondchadh Hua Congolaig do marbadh do Ct?«aillib [« was 
killed by the Conailli »]. 

Sitriuc mac Amlaiw do tiachtain o Roim [« Sitric, son 
of Ôlaf, came from Rome »]. 

1. MS. mblagha 

2. monaigh 

3 . uasaile 

4. eu luachra no lâcha 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



$69 



[AU. 1029. CS. 1027. ALC. 1029. FM. 1029]. 

Kl. iii. [leg. iiii. ?] {tria, lu«a xii. Amlaim mac Sitriuca, ri 
Gall, do gabail do Afathgamuin Hûu Riagan, rig Bregh, co 
fargaib .ce. déc bô 7 se fiebit each 7 claidhim Carlw^a 7 mac 
an fir rotn-ergaib [« Olaf, son of Sitric, king of the Foreign- 
ers, was taken prisoner by Mathgamain Hûa Riacdin, king of 
Bregia, till he left 1200 cows, and six score horses, and the 
sword of Carlus, and the son of the man that had captured 
him »]. 

Mortlaidh môr a n-Inis laindi a Cairpn Moir, dû an ro- 
loiscthea .xl. do dainib do mathaib Cairpr* 7 Aedh HwaRuairc 
ri Cairpre 7 airchindeach Droma Cliab. [« A great loss of life 
on Inis lainne in Cairbre Môr, where forty persons of the 
nobles of Cairbre were burnt alive, including Aed Hua Ruairc, 
king of Cairbre, and the superior of Drumcliff »]. 

Muirdmach Hila Mael-doraidh ri Cene[oi]l Canaill, o Hûu 
Canandan occisw^ est a Croit Canandam. [« Muirchertach Hua 
Mael-doraid, king of the Kindred of Conall, was slain by Hua 
Canannâin at Crot Cananndin »]. 

Dondchadh Hila Dondacan, ri Fer[n]muighe, 7 Cinaeth mac 
in Geircci ri Conaillp], do comthoitim i Cill Sleibe [« Donn- 
chad Hua Donnucâin, king of Farney, and Cinaeth, son of 
the Gerrce, king of Conalle, fell together in a duel at Kil- 
leavy »]. 

Mael Colaim mac Mael-Brighdi maie Ruaidri, ri Alban 
[« king of Scotland »] mortuusest. 

Concobar rigdamnà Con\n\acht, do dalW [« Conchobar, 
crownprince of Connaught, was blinded » (by Tadg Hua Con- 
chobair)]. 

[AU. 1030. AI. 1013. CS. 1028. ALC. 2030. FM. 1030]. 

Kl. u. feria. \una .xx.iii. Flaithbmach Hua Neill do tocht 
do Roim [« went to Rome »] in tricesimo anno post 2 mille. 

1 . MS. maeldoraigh 

2. trichât ando pn 

Revue Celtique, XVII. 24 




370 



Whitley Stokcs. 



Bachall Issa do sarugud \m tri caiplib, 7 romarbadh a ciwd 
tri la in fer rosaraig [« The Staft of Jésus was desecrated as 
regards three horses, and, at the end of three days, the dese- 
crator was killed »]. 

Donwcadh ri Cairpr* do marbadh do Uib FiachnarA Muirsce 
a ndorus tighi Serine Adomnain [« Donnchad, king of Cairbre, 
was killed by the Hûi Fiachrach of Murisc before the house 
of Adamnân's Shrine » (Skreen)]. 

Ros Comain 7 Oilfind 7 Magh n-Ai uile do fasachadh. 
[« Roscommon and Elphin and the whole of Magh nÀi were 
laid waste »]. 

Fassugud Midhi do MaelSechlainn [« The laying-waste of 
Meath by MaelSechlainn »]. 

Maidm for Hûa Maelsechlainn riasin nGot, dû a torchair 
Hûa Cernachan ri Luigne [« Hûa MaelSechlainn routed by the 
Gott (« Stammerer »), where fell Hûa Cernachiin, king of 
the Luigne »]. 

Ruaidri Hûa Canannan do mzrbad ac Moghuirnn [leg. Mo- 
dhuirnn ?] la hAedh Hûa Neill [« Ruaidri Hua Cananniin 
was killed at the Mourne River by Aed Hûa Néill »]. 

Rigi Midhi do gabail do MaelSechlainn 7 in Got do indarba 
for Loch Ri [« The kingdom of Meath was seized by Mael- 
Sechlainn, and the Stammerer was expelled upon Lough Ree »]. 

Aedh Hûa Mzeldoraidb [fo. r6 b 2] do marbad la ri[gh] 
Brefne .i. in Cailech (.i. Art) Hua Ruairc [« Aed Hûa Mael- 
doraid was killed by the king of Brefne, the Cock (i. e. Art) 
Hûa Ruairc »]. 

Tadhg mac Cathail maie Conchobair, ri Con[n]acbt interîectus 
est le 6 Msàlruanaig rîg Crumthainà 7 do cloiwd Coscraigh 1 im 
Ecsaidi Hûa Cathluai». [« Tadg, son of Cathal, son of Concho- 
bar, king of Connaught, was killed by Hûa MailRuanaig, king 
of Crumthann, and by the Clan Coscraid including Ecsaide 
Hûa Cathluain »]. 

Orgttm Bretan o Saxanaib 7 o Gallaib Atha cliatb [« Plun- 
dering of Wales by the English and the Foreigners of Dub- 
lin »]. 

1 . MS. coscraidh 




V 



The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



Domnall Got, ri Midi do marboih tre mebuil o Choin 
Cairnn Huu Cobthaigh, o[a] am«j féin [« Domnall the Stam- 
merer, king of Meath, was treacherously killed by his own 
soldier, Cû cairn Hua Cobthaig »]. 

Tadhg Mac Lorcan, ri Hua Cendsûaig [do éc] a n-aithrighi 
a nGliwd da lâcha [« Tadg, son of Lorcin, king of the Hûi 
Cennselaig, died in pénitence at Glendalough »]. 

Cû mara mac Maie Liag [« son of Mac Liac »] mortuus est. 

Gormlaith ingen Mwrchadha meic Floind, mâtbair Sitriuca 
meic Amlaiw, rig Gall, 7 Dondchada meic Briaiw, rig Muwan, 
mortua est. [a Gormlaith, daughter of Murchad, son of Fland, 
mother of Sitric, son of Olaf, king of the Foreigners, and of 
Donnchad, son of Brian, king of Munster, died »]. 

Comthoitiw do dib rigaib Gaileng .i. Cû Calgaigh 7 Sean 
Hua Leochan. [« The falling together in a duel of two kings 
of the Galenga, to wit, Cû Calgaig and John Hûa Leochan »]. 

Cathal mac Amalghaidh ri Hua Cella^ Cualand 7 a be« .i. 
ingen maie Gilla Caewgen, do marbad do Mac Celki^ maie 
Duwchadha 7 do macaib Aeda maie Tuathail[« Cathal, son of 
Amalgad, king of the Hûi Cellaig of Cualu, and his wife, the 
daughter of Mac Gilla Coemgin, were killed by the son of 
Cellach, son of Dunchad, and by the sons of Aed, son of 
Tûathal »]. 

Concobar mac Taidg Hui Celk^, ri Hua Maine, do mar- 
bad do feraib Teftha [« Conchobar, son of Tadg Hûa Cellaig, 
king of Hûi Maine, was killed by the men of Teffa »]. 

[AU. 1031. CS. 1029. ALC. 103 1. FM. 1031]. 

Kl. ui. 1 Af.XXXI. Cû sleibi Hûa Dobuilén, ri Qworco-fir- 
tri 2 , do marbadh a fill [« Cû slébe Hûa Dobuiléin, king of 
Corco-Firtri, was treacherously killed »]. 

Glun iaraind mac Sitriuca [do marbadj do desc^rt Bregh 



1 . MS. iii 

2. Q^orcoitri 




372 



Whiuey Stokes. 



[« Iron-knee, son of Sitric, was killed by the (folk of) the 
south of Bregia »]. 

Flaithbertach Hua Murchadha, ri Cenéoil Bôgaine, [d'éc. 
« Flaithbertach Hûa Murchada, kingofCenél Bôgaine, died »]. 

Ragnall mac Raghnaill 1 meic Imuir, ri Puirt Lairge, do 
marbadh a n-Ath cliath a fill [« Ragnall, son of Ragnall, king 
of Waterford, was treacherously killed in Dublin »]. 

Cnutt mac Stain, ri Saxan 7 Danmarg, d'éc [« Canute, son 
of Swegen, king of England and Denmark, died »J. 

Crech la Sitriuc ar Ard mBrecan, co rue bruid 7 bai ass 
[« A raid by Sitric on Ardbraccan, and he took out of it cap- 
tives and kine »]. 

Crech la Concobar Hua MzelSechnaill co Sord, 7 cor'loisc 
Sord 7 co rue bruit moir 7 bai imda [« A raid by Conchobar 
Hûa Mael-Sechnaill to Swords, and he b.urnt Swords, and took 
many captives and plenty ot cows »]. 

Hua Ruairc .i. an Caiïecb, do argain Cluana ferta Brenaiwd, 
7 mebuis fair isin 16 chétnz re nDonnchadh mac mBriaiw, co 
fargaib ar daine 7 eathar [« Hûa Ruairc, that is, the Cock, 
plundered S. Brénainn's Clonfert, and on the same day he 
was defeated by Donnchad, son of Brian, with the loss of 
men and ferry-boats 2 »]. 

INis Eogazw d'argain do Flaithbertach in Trostafijn mac 
Mwrc^ertaigh Hwi Neill 7 da mac .i. do Aedh Athlanian 
[« Inishowen was plundered by Flaithbertach of the Pilgrim's 
Staff, son of Murchertach Hûa Néill, and by his son Aed Ath- 
lamin »]. 

Diarmuit mac Domnaill maie Faelain, r/na nDeissi, [» king 
of the Dési »] mortuus est. 

Dond-slebe 7 a brathair do marbadh la Mwrchadh mac 
mBricc a cath Sleibe Qûa [« Donn-slébe and his brother were 
killed by Murchad, son of Brecc, in the battle of SliabCûa »]. 

Sluaiged la Mac n-Eochada co Telaig n-ôc, 7 nocho tar- 
raidh 3 ni. Aedh O Neill ina timchell sair co tue .x. cét bô 7 

1 . MS. radhnaill 

2 . Literally : « so that he left a slaughter of men and of ferryboats. » 

3. tarraigh 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



da cét déc 1 do dainib [« A hosting by Mac Eochada to Telach 
6c, and he obtained nothing. Aed hûa Neillgot round him 
eastwards, and carried off a thousand cows and twelve hund- 
red human beings »]. 

[AU. 1032. CS. 1030. ALC. 1032. FM. 1032]. 

Kl. Domnall mac Mail-Ruanaid Hui Mail-doraidh 2 , ri Ce- 
néil Cowaill, do marbadh do Clainn Fiangw^a. [« Domnall, 
son of Mael-Ruanaid Hua Mael-doraid, king of the Kindred 
ot Conall, was killed by the Clan Fiangusa »]. 

Mael tuile, espar Aird Mâcha, [« bishop of Armagh »] 
quieuit. 

Kommus papa Roma[e] quieuit. 

Tene gelan a Saxanaib, coro loisc daine iwdha a Cair- 
Ebrôcc [« A fireflaught in England, which burnt many human 
beings at York »]. 

Muirdwtach Hua Mael-Sechlainn do dallad la Concobar Hua 
MzelSecblainn [« Muirchertach Hûa Mael-Sechlainn was blind- 
ed by Conchobar Hua Mael-Sechlainn »]. 

Cowcobur mac Mùl-Sechlainn I Dubda do marbudh dia bra- 
thair .i. do mac Neill I Dubda [« Conchobar, son of Mael- 
Sechlainn Hûa Dubda, was killed by his brother, the son ot 
Niall Hûa Dubda »]. 

Édru Hua Gwaing r/^dawna Muman, occise est o Muint/r 
Imligh Iubair [« Étru Hûa Conaing, crownprince of Munster, 
wasslain by the community ofEmly »]. 

[AU. 1033. AI- I0I *>. CS. 103 1. ALC. 1032. FM. 1033]. 

Kl. Maidm ria Murchadh HuaMùlSechlainnformiïmtir Con- 
chobair Hui MzilSecblainn, cor' marbadh and Hua Carraigh 
Calma 7 Hua Ciindelban ri Laegaire 7 ri Fer-cul et ailii [« A 
defeat inflicted by Murchad Hua MaelSechlainn on the people 

1 . MS. 7.XX. cét 7 da cét déc 

2. -doraigh 




374 



Whitley Stokes. 



of Conchobar Hua Mael-Sechlainn, wherein Hua Carraigh 
Calma was killed, and Hua Caindelbàin, kingof Loeguire and 
king of Fircul, and others »]. 

Concobur Hua Muiredaigh, ri Ciarraige, occisus est [« Con- 
chobar Hiia Muiredaig, king of Kerry, was slain »]. 

Aenach Carman la Dondchadh Mac Gilla PatroiV iar ngabail 
righi Laigew [« The Fair of Carman (held) by Donnchad Mac 
Gilla Pdtraic, after taking the kingship of Leinster »]. 

Aimirgen, ri Ele do ég [« Amirgen, king of Éli, died »]. 

Cath etzr Eilib du a torcair Braen Hua Cleirigh 7 Mw/re- 
dhach Mac Muircfortaigh maie Gilla Patraic 7 sochaidhe 1 aile 
d'uaislib [« A battle between the Éli, wherein fell Braen Hua 
Clérig and Muredach, son of Muircertach Mac Gilla Pdtraic, 
and another host of nobles »]. 

Aedh mac Flaithbmaigh Htia Neill, ri Aïlig, do tesdail a 
n-ais foirbthi iar penwaid a migniw. [« Aed, son of Flaithber- 
tach Hua Néill, king of Ailech, departed at a ripe âge, after 
penance for his misdeeds »]. 

Fogartach Htia hAedha, ri Fer-luirg 7 Hua Fiachrach Arda 
Sratha do marbad d* Feraib Manach, [« Fogartach Hua Aeda, 
king of the Fir Luirg and of the Hûi Fiachrach of Ard Sratha, 
was killed by the Fir Manach »]. 

Aengwj Htïa Cathail, ri Eogatmcbta Locha Le[i]n do mar- 
badh [« Oengus Hiia Cathail, king of the Eoganacht of Loch 
Léin, was killed »]. 

[AU. 1034. AI. 1017. CS. 1032. ALC. 1034. FM. 1034]. 

Kl. Mael Colaim m#c Cinaetha, ri Alpan, ordan iarthair 
Eorpa uile d'ég [« Mael-Coluimb (Malcolm II) son of Cinaed, 
king of Scotland, glory of thewhole west of Europe, died »]. 

Amlaiw m^c Sitriuca do marbadh do Saxanaib ac dul do 
Roim [« Olaf, son of Sitric, was killed by Englishmen as he 
was going to Rome »J. 

Suibne mac Cinaetha, ri Gall-Gdedel [« king of Gailoway »] 
mortuus est. 

1 . MS. sochaighe 




The A nnals of Tigernach. Fourth Fragment. 



37$ 



Fir Muman do gabail tigi fo[r] drem do feraib Teftha a 
Cluain maie Noiss ubi cecidenmt mac Be[i]cc Hui Àghdhai et 
ali[i] nobilés [« The men of Munster stormed a house at Clon- 
maenois containing a party of the men of Teffa, where Bécc, 
Hûa Âgdai's son, and other nobles fell »]. 

Dub dainge[n] mac Dondchada do Uib Maiwe .i. ri Con- 
[n]acht z. suis occisus est .i. o Sitriuc Hua F... [« Dub daingen, 
son of Donnchâd, of the Hùi Maini, that is, the king of Con- 
naught, was slain by his own people, namely Sitric Hua F.]. 

Gilla Paàraic Hûa Flandacan, r/Teaftha [« king of TefFa »] 
per dolutn occise est. 

Muiredach Hua Flaithbertaig, ri Hûa mBriuin [« king of 
the Hûi Briuin »] per dolum occise est. 

[AU. 1035. CS. 1033. ALC. 1035]. 

Cnutt mac Sdain, xi Saxaw [« king of England »] mortuus 
est. 



[AU. 1036. AI. 1019. CS. 1034. ALC. 1036. FM. 1036]. 

[fo. 17* 1] Kl. Donnchâd mac Dunlaing, xi Laigen, do dal- 
lad la Donnchâd mac Gilla PadnnV cor'bo marb de [« Donn- 
châd, son of Dunlang, king of Leinster, was blinded by Donn- 
châd Mac Gilla Pâtraic, and thereof he died »]. 

MzéSechlainn Hua M&elRuanaid, xi Crumthaiwd [do mar- 
bad] la hAed Hua Concobair a cinta Taidhg xwic Cathail 7 
Briain [« MaelSechlainn Hûa MaelRuawaid, king of Cremthann, 
was killed by Aed Hûa Conchobair in revenge for Tadg, son 
of Cathal, and Brian »]. 

Scolôc .i. Niall Hûa Flandacan, xi Tebtha, o muintir fen 
fuair bas [« The Scolôc, i.e. Niall Hûa Flanducàin, king of 
TefFa, found death from his own people »]. 

Flaithbertach mac Murchadha Hui Neill, ri Ailig, mortuus 
est [« Flaithbertach, son of Murchad Hûa Néill, king of Ai- 
lech, died »]. 




37<> 



Whitley Stokes. 



Dondchad mac Flaiwd, r/gxlamna Tewrach, do marbadh o 
feraib Brefne [« Donnchad, son of Flann, crownprinceof Tara, 
was killed by the men of Brefne »]. 

Muirc/œrtach Hua Flaithbertaigh 7 Niall mac Murgusz, da 
r/^damna iarthair Con[n]acbt, do marbadh [« Muirchertach 
Hua Flaithbertaig and Niall, son of Murgus, two crownprinces 
of the west of Connaught, were killed »]. 

Ruaidri mac Taidhg, maie Lorcan, do dalW la Mael na 
mbo [« Ruaidri, son of Tadg, son of Lorcan, was blinded by 
Mael na mbô »]. 

Sitriuc mac Amlaim do dul assa righi tar muir, 7 Eachmar- 
cach 'sa righi [« Sitric, son of Olaf, went from his realm over 
the sea, and Échmarcach reigned in his stead »]. 

Gofraidh 1 mac Sitriuca do marbod do mac Gluiw iaraiwd a 
mBretnaib [« Geoffrey, son of Sitric, was killed in Wales by 
the son of Iron-Knee »]. 

[AU. 1037. AI. 1020. CS. 1035. ALC. 1037. FM. 1037]. 

Kl. iiiM.xxx.un. Cathal mac Ruaidri, r/ iarthair Cm\n\acht, 
do theacht dia ailithre co hArd Mâcha [« Cathal, son of 
Ruaidri, king of the west of Connaught, went on his pilgrim- 
age to Armagh »]. 

Cu Muman Hiia Raband, d Puirt Lairge [« king of Water- 
ford »] occis us est. 

Port Lairge do argain 7 do loscad la Diarmuid mac Mail 
na mbô [« Waterford was plundered and burnt by Diarmait, 
son of Mael na mbô »]. 

Fland Htia MzelSecblainn do dal lad la Cowco[bar] Hîia Mael- 
Sechlainn. [« Fland Hua MaelSechlainn was blinded by Con- 
chobar Hua MaelSechlainn »]. 

Cernachan Got occisswj est la Sitriuc Htia Flandacan de Uib 
Maine [« Cernachdn the Stammerer was slain by Sitric Hua 
Flanducdin, of the Hiii Maini »]. 



1 . MS. Gofraigh 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



177 



Tri Hûi Mael-donzûi do marbad la Htia Canandan [« Three 
of the Hûi Mael-doraid were killed by Hua Cananniin »]. 

Gilla Caewgen mac Amalgaidh, ri Hûa CeWaigh, do mar- 
badh do macaib Aedha maie Tuathail [« Gilla Coemgin, son 
of Amalgad, king of the Hûi Cellaig, was killed by the sons 
of Aed, son of Tuathal »]. 

Muirgtti" o Conchenaiwd, ri Hûa nDiarmuta, mortuus est. 
[« Muirgwi" Htia Conchenainn, king of the Hûi Diarmata, 
died »]. 

Tri Hûi Fallomain 7 Fmachta Htia hUrchadha do mavbad 
do Cboncobar a fill [« Three of the Hûi Fallomain and Fi- 
nachta Hûa hUrchada were treacherously killed by Concho- 
bar »]. 

[AU. 1038. AI. 1021. CS. 1036. ALC. 1038. FM. 1038]. 

Kl. iiiM.xxx.uiii. IMar taréis Eachmarcaigh, 7 R[e]achru do 
argain do GMaib [« Imar succeeded Echmarcach, and Rechru 
was plundered by the Foreigners »]. 

Laidhgnén Hua Leochan, ri Gaileng, do eargabail. [« Laid- 
gnén Hua Leochan, king of the Gailenga, was taken pri- 
soner »]. 

Cath iter Delbna 7 Uu Maine im féil Ciaraiw a QXtiain maie 
Nôis inar' thuitetar sochaidhi r , 7 is le Delbna dorainedh. [« A 
battle between the Delbna and the Hûi Maini at the Feast of 
S. Ciardn (Sept. 9) in Clonmacnois, wherein multitudes fell, 
and the victory was gained by the Delbna »]. 

Orgwm Cluana Iraird do Gaïlengaib 7 Concobur Htia Mail- 
Sechlainn foraib, et multi occisi sunt 2 do Gailengaib [« The 
plundering of Clonard by the Gailenga under Conchobar Hûa 
MailSechlainn, and many were slain by the Gailenga »]. 

Cath itîV Chuanu, xlg Saxan, 7 Otha rig Franc, du a tor- 
chair mile \m Otha [« A battle, between Conrad 5 king of the 

1. MS. sochaiçhi 

2. 7 muilti oectsus est. 

3. 1. e. Conrad II, emperor of Germany. 




378 



Whitley Stokes. 



Saxons, and Odo, king of the Franks *, wherein a thousand 
fell, including Odo »]. 

Cû duiligh Hua Donncadha, r/gxlamna Caisil, do marbadh 
do Hûu Faelan Cû duilig Hua Donnchada, crownprince of 
Cashel, waskilled by Hua Faelàin »]. 

Hûa Aimirgen, ri Teftha, do marbadh [« Hua Aimirgin 
kingofTeffa, was killed »]. 

[AU. 1039. AI. 1022. CS. 1037. ALC. 1039. FM. 1039]. 

K. M.xxx.ix. anno 2 . IAcô, r/Bretan [« king of Wales »] a 
suis occis«j est. 

Domnall mac Donnchada, ri Htia Faelan, occissw* est la 
Domnall Rua Fergail rig na Forthuath [« Domnall, son of 
Donnchad, king of the Hûi Faelàin, was slain by Domnall Hua 
Fergail, king of the Forths »]. 

Doncadh D*rg mac Airt Uallaigh Hûi Ruairc, r/pdamna 
Brefne, do marbadh la hAedh Hûa Cancobair (.i. Aed in ga 
twnaig) fria. lamaib a athar, 7 ba ri airrtir Condacht uile in 
Dondcadh sin [« Donnchad the Red, son of Art Uallach Hûa 
Ruairc, crownprince of Brefne, was killed by Aed, son of 
Conchobar (that is, Aed of the Gapped Spear), instead of his 
father; and that Donnchad was king of the whole of the east 
of Connaught »]. 

Muiredhach mac Flaithbertaig Hûi Neill do marbad o Uib 
Labrada [« Muredach, son of Flaithbertach Hûa Néill, was 
killed by the Hûi Labrada »]. 

Mac Ruaidri, ri Fernmuige [« king of Farney »] occisswx est. 

Sluaiged la Dondchadh Mac Gilla Patratr co n-Osraigi 7 co 
Laignib, coro loisc [co] Cnogba ? 7 co Drochat-atha [«A hos- 
ting led by Donnchad Mac Gilla Pdtraic with the Ossorians 
and the Leinstermen, and he burnt as far as Knowth and 
Drogheda »]. 

1. i. e. Eudes, count of Champagne, defeated by Conrad II, in 1037. 

1 . MS. ando 

2. cnodba 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



Donwchadh mac Gilla PatrazV, airdri Laigen 7 Osraige, an- 
rad Erenn, fuair ec mailli re creich [« Donnchad, son of Gilla 
Pàtraic, overking of Leinster and Ossory, champion of Ire- 
land, found death together with a prey »]. 

Mac Ruisse ri Ceneoil Viachrach do marbad la xîg Fer cul 
[« Mac Ruisse, king of the Kindred of Fiachra, was killed by 
the king of the Fir cul »]. 

Murcadh Ruad mac MzilSechlainn do dallai [« Murchad the 
Red, son of MaelSechlainn, was blinded » (by Conchobar Hua 
MaelSechlainn)]. 

[AU. 1040. CS. 1038. ALC. 1040. FM. 1040]. 

Kl. Donwcadh mac Crinan, airdri Albaw, [« overking of 
Scotland »] immatwra 1 etate a suis occisswj est. 

Maeiw Coluim cilli 7 Disirt Diarmuta 7 Moghna mo Senôc 
do argain la Diar/wait mac Mail na mbô, do ri[g] Htia Cenn- 
sekî^ 7 Chlain mor m'Aedôg, 7 bruit môr do breith asna 
durthaighib [« Colomb cille's Maein (Moone), Disert Diarmata 2 
and my Senôc's Mugna, and Clonmore were plundered by 
Diarmait, son of Mael na mbô, king of the Hûi Cennselaig ; 
and a many captives were taken out of the prayer-houses »]. 

Durrthech Lathraigh Briuin do loscadh 7 d' argain do feraib 
Midhe [« The prayer-house of Larabrien was burnt and plun- 
dered by the men of Meath »]. 

Hria Dublaich ri Fer tulach do marbadh da muntir fén 
[« Hua Dublaich, king of the Fir tulach, was killed by his 
own family »]. 

Cath Cilli Dornand do brisedh do Gallaib 7 do Mac Briain 
for Mac Faelan 7 Mac FaeWm do marbad and [« The battle of 
Cell Dornann was gained by the Foreigners and by Mac 
Briain over Mac Faelàin, and Mac Faelâin was killed there- 
in »]. 



1 . MS. inmatwro 

2. « Diarmuit's Hermitage. » MS. disirt diarmuta 




380 



Whitley Stokes. 



[AU. 1041. CS. 1039. ALC. 1041. FM. 1041]. 

Kl. Ena/r .u. feria. M.xli. Muirdœrtach Mac Gilk Patraâr, 
leithr/ Osraige, do marbadh do Hûib Caelaidhe dia muint/r 
fen per dolum. [« Muirchertach Mac Gilla Pdtraic, one of the 
two kings of Ossory, was treacherously killed by the Hûi 
Caeluide, his own people »]. 

Faelan Rua Morda, ri Laigsi, do dMad la [Murchad] mac 
nDunlaing [« Faeldn Hua Morda, king of Leix, was blinded 
by Murchad, son of Dunlang »]. 

Creach la hUib Cendsila^ a n-Uib Bairrche flwwj-tarraidh 1 
mac Murchadha maie Dunlam^ cor' bris forro a Cill mo La- 
pôc, co fargabsat dr môr \m Domnall Remur rfgxlamna Hua 
Cennsilaig [« A foray by the Hûi Cennsilaig into Hûi Bairrche; 
and the son of Murchad, son of Dunlang, overtook them and 
routed them at Cell mo Lapôic, so that they left a great 
slaughter, including Domnall the Fat, crownprince of the Hûi 
Cennsilaig »]. 

[fo. 17*2] Cu criche Hua DunkiVz^, ri Laighsi, 7 a mac 7 
Cailleôc a ben, do tnzrbad simul do Mac Comm a Tigh mo 
Chua meic Lonaiw, 7 romarba^ eisin arnamarach ld Hua 
mBraenaitt, 7 firt mor do mo-Chua an ni siw [« Cû criche Hûa 
Dunlaing, king of Leix, and his son, and Cailleôc his wife 
were killed at the same time by Mac Condin at the House of 
my Cua, son of Londn (Timahoe) ; and on the morrow he 
was killed by Hûa Braendin ; and that was a mighty miracle 
of my Cua' s]. 

Glend Uisin do argaiw do mac Mail na mbô 7 an durteach 
do brisedh 7 cet do dainib do marbad and, 7 secht cet do breth 
ass .i. a ndighail Ferna Moire do loscadh do mac Briain 7 do 
M//rchadh mac Dunlaing 7 a ndigail a brathar .i. Domnall 
Rewar [« Glenn Uisin was plundered by the son of Mael na 
mbô, and the prayer-house was demolished, and a hundred 
human beings were killed therein, and seven hundred were 

1 . MS. tarraigh 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 381 



carried off in vengeance for the burning of Ferns by the son 
of Brian and by Murchad son of Dunlang, and in vengeance 
for his brother, even Domnall the Fat »]. 

Mac Ainwbre airdbretheam Aird Mâcha 7 tuile eolais Erenn 
obit [« Mac Ainmbre, chief judge of Armagh and a flood of 
Ireland's lore, died »]. 

Gilla Comgaill mac Duind-chuan maie Dunlam^ do breith 
ar eicin a Cill dara do Mwrcad mac Dunlaing, 7 a marbadh 
airm ar' saraigh comurba Brigde [« Gilla Comgaill, son of 
Donn cuan, son of Dunlang, was taken by force out of Kil- 
dare by Murchad, son of Dunlang, and killed in the place 
where he had outraged S. Brigit's successor »]. 

Da mac Faelaiw maie Murchada .i. Dondchadh 7 Glun 
iaraiwd, do marbod do mac Braiw maie Mail morda [« Two 
sons of Faelàn, son of Murchad, to wit, Donnchad and Glûn- 
iarainn, were killed by the son of Braen, son of Mael-môrda »]. 

[AU. 1042. CS. 1040. ALC. 1042. FM. 1042]. 

Kl.ena/rinM[xLii]. Sitriuc 7 Cailler/? Finwen a ingen, mortuus 
est [« Sitric and Caillech Finnéin, (Tinnian's Nun'), died » 
in the one month]. 

Mael Brighdi, espa* Cilli dara, [« bishop of Kildare »] quieuit. 

Murcadh mac Dunlaing, rl Laigen, 7 Dondchadh mac Aeda, 
ri Hua mBairrche, do thoitim la Gilla Patraû: mac nDondca- 
dha, la rig nOsTaige, 7 la mac Craith Hua nDonwchada la rlg 
Eoganachta Ben crechi, a Muigh Muilched a Laighis [« Mur- 
chad, son of Dunlang, king of Leinster, and Donnchad, son 
of Aed, king of the Hûi Bairrche, fell by Gilla Pàtraic, son of 
Donnchad, king of Ossory,- and by Mac Craith Hua Donn- 
chada, king of the Eoganacht, (nicknamed) « Load-of-Plun- 
der », on Mag Muilchet in Leix »]. 

Mac Craith mac Gorwain maie Tresaig ri Hua mBairrche 7 
a ben do marbad a nDisert Diarwada do Uib Allan. [« Mac- 
Craith, son of Gormdn, son of Tresach, king of the Hûi 
Bairrche, and his wife, were killed at Disert Diarmata by the 
Hûi Allain »]. 




382 



Whitley Stokes. 



[AU. 1043. AL 1026. CS. 1041. AI. 1026. ALC. 1043. 
FM. 1043]. 

Kl. uii. feria .xui. Cathal mac Ruaidhri, r/ iarthair Con- 
\v\~\acht, do éc ina 1 ailit/^-i a n-Ard Mâcha. [« Cathal, son of 
Ruaidri, king of the west of Connaught, died on his pilgri- 
mage at Armagh »]. 

Flaithbmach espoc Dirin leath-glaise [« bishop ot Down- 
patrick »] mortuus est. 

Domnall Hûa Fergail, ri Fortuath Laigew, do marbaJ do 
mac Tuathail maie Fhchrach a termundChaemghen. [« Dom- 
nall Hua Fergail, king of the Fortuatha of Leinster, was killed 
by the son of Tûathal, son of Fiachra, in the glèbe of S. Coem- 
ghen »]. 

Crech la Cellach mac mBrain co termund Caemgen co tue 
bû iwda 7 cor'marb .lx. do samudh in baile [« A raid by Cel- 
lach, son of Bran, as far as the glèbe of S. Coemgen, and he 
carried off many cows and killed sixty of the congrégation of 
the place »]. 

Crech la hOsraigej la hairtfor Mwman .i. le MacCraith Hila 
nDondchada 7 la Hûa nDonwacan la ri[g] n-Aradh co Dûw na 
sciath, cor' loiscsit in dun, cor' gabsat gabala becca, conus- 
tarraidh 2 Carrtach 7 cor' marbadh and O Dondacan r/ Âradh 
[« A raid by the men of Ossory and the east of Munster, 
(led) by MacCraith Hûa Donnchada and by Hûa Donnuciin, 
king of Ara, as far as Dûn na sciath, where they burnt the 
tort and took (some) small spoils; but Carthach overtook 
them, and Hûa Donnucdin, king of Ara, was slain there »]. 

Crechsluaighedh la hAndadh Hua Ruairc tar Lughmadh 3 7 
tar Druiw n-Indasclai«d 7 a Cowaillib Muirtemne uile acht ro- 
digailset na naim .i. Mochta 7 Ronan focMoir, ar romarbadh 
Andad fria ciwd mbliadne ab uno* Scotorwm o mac 5 Airt Bicc 

1. MS. and 

2. -tarraigh 

3. lughmagh 

4. owo 

5 . macaib 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



383 



Hui Chonfiacla tlg Teftha romarbadh [« A foray by Andad 
Hua Ruairc over Louth and over Druim Inesclainn and into 
ail Conailli Muirthemne. But the Saints, namely Mochta and 
Rônin, took vengeance straightway ; for towards the end of 
the year Andad was slain by one of the Scots. By the son of 
Art the Little, grandson of Cû-fiacla, he was slain »]. 

Maidm for Cenel CotidiM ria Cenel nEoghain a termund da 
Beooc. [~« A defeat inflicted on the Kindred of Conall by the 
Kindred of Eogan in the glèbe of thy Beoôc »]. 

Troscadh do samadh Ciarain hi Tulaig Garba for Aedh Hûa 
Confiacla for xig Teftha, cor' benadh an Bernan Ciara/n fair 
co lois na Bachla Issa. IN t-inadh iarow inro impô a druim 
risna cleirchib isinn inadh sin tû\ad a cend de ria cind mis. 
[« The fasting of the community of Ciaran, at Tulach Garba, 
upon Aed Hûa Confiacla, the king of Teffa ; and the (bell 
called) Bernân Ciaràin « Ciaran's Gapling » was struck against 
him with the end of the Bachall Issu « stafl of Jésus ». Now 
in the place at which he turned his back on the clerics, in 
that place his hcad was eut off before the month's end »]. 



[AU. 1044. CS. 1042. ALC. 1044. FM. 1044]. 

Kl. Enair prima feria luwa .xx.uiii. [leg. xxuii ?] M.xliiii. 
Hua hAedha, ri Hua Fiachrach Arda, do marbadh [« Hûa 
hAeda, king of the Hûi Fiachrach Arda (Sratha) was killed » 
(by mac Arailt)]. 

Mael Mochta espoc Lugmaidh 1 [« bishop of Louth »] 
quieuit. 

Sluaiged la mac nEochada a mBregaib, cor' facaib .ce. da 
munt/r and [« A hosting by the son of Eochaid into Bregia, 
where he left two hundred of his people »]. 

Loscad Serine Padm/V la mac n-Arailt [a The burning of 
S. Patrick's Skreen by the son of Harald »]. 

In Cleireach Hûa Cowchobair do marbad la feraib Brefne, 7 



1 . MS. lugmuigh 




$8 4 



Whitley Stokes. 



sochaide 1 maille fris [« The Clerk Hiia Conchobair was killed 
by the men of Brefhe, and a multitude together with him »]. 

Murchadh mac Brain 2 , ri Htia Faelan, do marbadh do Mac 
Gilla mo Cholmôc do ri^dawna Htia nDunchadha [« Murchad, 
son of Bran, king of the Hûi Faeldin, was killed by Mac 
Gilla-mo-Cholmôic, crownprince of the Hûi Dunchada »]. 

Cluaiw maie Nôis do argain o Conmacnib, co tard Dia 7 
Ci'aran digal f<?r[r]o ind, cor'marb urmôr a ndaine 7 a n-in- 
dile [« Clonmacnois was plundered by the Conmacni; but 
God and S. Ciaràn inflicted vengeance for it upon them ; and 
the greater part of their men and their cattle died »]. 

Ar fer Tebtha 7 Conmacne do chur do feraib Midhi hicon 
Édhnigh, a torchair Mac Ruittin 7 Cuilén mac Uallachan 7 
Hua Ledhban [« A slaughter of the men of Teffa and Con- 
macne was inflicted by the men of Meath and the Édnech 
(Ethne ?), wherein fell Mac Ruittin and Cuilén mac Uallachâin, 
and Hua Ledbàin ?]. 



[AU. 1045. AI. 1028. CS. 1043. ALC. 1045. FM. 1045]. 

Kl. iii. feria luwa .ix. primus annus* .i. in cétbliadan don 
chicul ndedéedha [« the first yearof the decennovenal cycle »]. 
Glûn iaraittd Hua Cleirchen, ri Hua Cairpri, [« Iron-knee 
Hua Cléirchéin, king of the Hûi Cairbri »] mortuus est. 

Terca 7 doma môr a Francaib, 7 fasughudh Coloine 7 Ro- 
doim acht becc [« Dearth and great poverty in France, and the 
almost total dévastation of Cologne and Rouen »]. 

Àr UW i Reachraiwd im Regnall Hua nEochadha la hlwar 
mac Arailt [« A slaughter in Rathlin of the Ulaid, including 
Ragnall Hua Eochada, by Imar son ofHarald »]. 

Flaithb^rtach H«a Canandan, ri Thiri Cowaill, [« king of 
Tyrconnell »] mortuus est. 

Àr Cenéoil Eogam 7 Airgiall im MuircA^rtach mac Flaith- 

1. MS. sochaighe ' 

2. bruin 

3. anwo 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



385 



fcwtaigh [fo. i8 b 1] Hûi Ntfï// i Casan Lindi lasna Saidnib .i. 
Gairbith Hua Cathasaigh 7 la firu Bregh [« A slaughter of the 
Kindred of Eogan and the Airgéill, including Murchertach, 
son of Flaithbertach Hua Néill, at Casan Linni, by the Saithni, 
(led by) Gairbith Hua Cathasaig, and by the men of Bregia »]. 

Carrtach mac Sairbrethaigh, xî Eogan^/a Caisil, do los- 
cadh i tigh thenedh 1 do mac Longargan maie Duinw Chuan 
maille re moran d'uaislib do loscadh anw. [« Carthach, son of 
Sdirbrethach, king of the Eoganacht of Cashel, was burnt in a 
house set on lire by the son of Longargan, son of Donn cuan, 
together with a great number of nobles who were there 
burnt »]. 

Downall Hiia Cetfada ceann Dail Caiss 7 ordan Mw/wan 
[« head of the Dal Caiss and glory of Munster »] mortuus est. 

Manchan mac Maelsechlainn maie CindfaeW, maie Conco- 
buir, r/^dawna Hiia Cowaill, do marbad [« Manchdn, son of 
MaelSechlainn, son of Cenn-faelad, son of Conchobar, crown- 
prince ofthe Hûi Conaill, was killed »]. 

Yiùa Donwacan ri Muscraidhe [« king of Muskerry »] Ua 
Aedha do marboJ [« was killed »]. 

Cath etir Albancho ar aenrian 2 , cur' mzrbad and Crinan ab 
Duin Calland 7 sochaidhe* maille fris .i. nae .xx. laech. [« A 
battle between the men of Scotland « on one road », where- 
in Crinan, abbot of Dunkeld, was killed, and a multitude 
along with him, to wit, nine score laymen »]. 

Sluaiged la mac nEochadha 7 la MaelSe^/a/w« co Gzliaib, 
coro loiseset Sord 7 Fine Gall [« A hosting by Mac Eochada 
and Maelsechlainn as far as the Foreigners, and they burnt 
Swords and Fingal »]. 

Cluain Ferta Brenaiwi do loscadh do Uib Maine com dam- 
liag 7 Cu-Connacht mac Gadhra H/h' Dunadhaigh do marbadh 
and [« Clonfert with its stone-house was burnt by the Hûi 
Maini, and Cû-Connacht, son of Gadra Hûi Dunadaig, was 
killed therein »]. 

1. MS. a thigh thenidh 

2. Perhaps an idiom for etarru fein (the reading of AU.) « among 
themselves » 

3. MS. sochaighe 



Revue Celtique, XVII. 




386 



Whitley Stokes. 



Amalghaidh mac Flaiwd, ri Callraighe, do éc do galar awai- 
chnigh ria cind tri trath iar conwmed écne for Cluain maie 
Noiss [« Amalgaid, son of Fland, king of Calraige, died of an 
unknown disease before the end of three days after a compul- 
sory billeting on Clonmacnois »]. 

Milisiwo.xl.ui. [AU. 1046. AI. 1029. CS. 1044. ALC. 1046. 

FM. 1046]. 

Kl. Muiredhach mac Flaithbertaigh Hûi Nell 7 Aidith mac 
Aidith, ri Htia nEachach \J\ad, do loscadh i tigh thenedh 1 la 
Coin Ulad mac Congalaig, maie Cendetigh [« Muiredach, son 
of Flaithbertach Hua Néill, and Aiteth son of Aiteth, king of 
the Hûi Echach of Ulster, were burnt in a house set on fire by 
Cû Ulad, son of Congalach, son of Cenn-étig »] 

Hûa Findgaine, ri Eoganadrta Glendamnach [leg. Caille na 
manach ?] do warbadh [« Hûa Findgaini, king of the Eoganacht 
of Caill na manach », was killed »]. 

Art UallarA H//a Ruairch, ri Condacbt, do marbai do Cenel 
Chawaill indara bliadain iar n-argain Cluana ma£ Nôis [« Art 
the Proud, descendant of Ruarc, king of Connaught, was 
killed by the Kindred of Conall in the second year after the 
plundering of Clonmacnois »]. 

Concobar H/ia Longsich, ri Dal n-Araidhe, do marbad la 
mac nDownaill Hui Lowgsigh a L&ignib. [« Conchobar Hûa 
Longsich, king of Dalaradia, "was killed in Leinster by the son 
of Domnall Hûa Longsich »]. 

Fergal Hua Ciardha ri Cairp;r, do marbadh do feraib Teftha 
[« Fergal Hûa Ciarda, king of Cairbre, was killed by the men 
of Teffa »]. 

Eachmarcach a n-Ath cliath tareis Arailt [« Echmarcach 
succeeded Harald in Dublin »J. 

Gormlaith ingen Floind maie MailSechnaill ina sendar/;/ iar 
n-aithrighi qwieuit [« Gormflaith, daughter of Fland, son of 
MaelSechlainn, rested in her old âge after repentance »]. 

1 . MS. a tigh tenidh 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



587 



MaelRuanaigh Got [« the Stammerer »] Hîia Ciardha occi- 
se est. 

M.xl.uii. [AU. 1047. AI. 1030. CS. 1045. ALC. 1047. 
FM. 1047]. 

Kl. u. ïeria [luna] prima. Ciarchaille mac Foghladha 1 



Muircfortach mac Maie Madadhan, ri Hua mBresail, do 
marbad a n-Ard Mâcha do Madadhan mac Ceileachair 7 do 
Uib Niallaiw tre mebuil [« Muirchertach, son of Mac Mada- 
dhain, king of the Hûi Bresail, was treacherously killed in 
Armagh by Mataddn, son of Celechar, and by the Hûi 
Nialldin »]. 

Ulaidh 2 do fassugwrf acht becc 7 a teacht a Laigw'w 
[« Ulster was almost wholly devastated, and its people went 
into Leinster »]. 

Niall mac Airt Uallaigh Hûi Ruairc, ri Brefne, 7 airrthir 
Conwacht do marbrti d'Aedh Hûu Concohair isi« Corand. 
[« Niall, son of Art the Proud, descendant of Ruarc, king of 
Brefne and the east ofConnaught, was killed by Aed Hua Con- 
chobair in the Corann »]. 

Mac Dondchada Guit, r/^dawna Ttmxach, quieuit. [« The 
son of Donnchad the Stammerer, crownprince of Tara, 
rested »]. 

Sluaiged la Niall mac Mailsechlainn co Cenel nEogain 7 co 
w-Airghiallaib a mBregaib cor' marbsat Madadhan Hua hlfer- 
nan taisech clainm Crechain [« A hosting by Niall, son of 
MaelSechlainn, with the Kindred of Eogan and the men of 
Oriel, into Bregia, where they killed Mataddn Hua hlferndin, 
thechiefof Clan Crechdin »]. 

Hûu hEdhw r/ Hua -Fiachrach Aidne [« king of the Hûi 
Fiachrach of Aidne »] mortuus est. 



1 . MS. foghlagha 

2. Ulaigli 



quieuit. 




388 



Whitley Stokes. 



M.xl.uin. 



[AU. 1048. AI. 103 1. CS. 1046. ALC. 1048. FM. 1048]. 

Kl.ui. feria. luna .xii. M.xluiii. Ceili, espoc Ardachaidh 1 
espuic Mael, mortuus est [« Céle, bishop of Bishop Mel's Ard- 



Sluaiged la Domnall mac mBriain tar Midhi 7 tar Bregha co 
Gallw 7 co Laigw/w, co rue giallu o mac Mail na mbô 7 a reir 
o Gallaib [« A hosting by Domnall, son of Brian, over Meath 
and Bregia to the Foreigners and the Leinstermen, and he 
obtained hostages from the son of Mael na mbô, and his will 
from the Foreigners »]. 

Dunlang mac Dunlaing [lcg. Dungail ?] ri Hua mBriuin 
Cualand, 7 ordan zirrthir Evenn, a mbàs ona braitArib fei« 
[« Dunlang, son of Dungal(?), king of the Hûi Briuin of 
Cualu, and glory of the east of Erin, died by his own bro- 
thers »]. 

Fergal Hiia Maelmuaidh, ri Fer-cell, do éc [« Fergal Hua 
Maelmuaid, king of Fir cell, died »]. 

Cend-faeladh Hua Cuill, ollam Mwman [« doctor of 
Munster »] mortuus est. 

Gilla Coluim Hua Écnigh, airdri Airgiall [« overking of the 
Airgéill »] qwieuit in Christo, 7 a n-Ultaib rohadhnaicedh .i. a 
nDun da leathglas [« and was buried in Ulster, namely in 
Downpatrick »]. 

Mael-fabuill Hua hEidhm, ri Htïa Fiachrach Aidne [« king 
of the Hûi Fiachrach of Aidne »] mortuus est. 

Mac aw-mara Hua Maie liag do marbad do mac Taidhg 
Hûi Mael-Ruana/J [« Mac-con-mara, grandson of Mac-liac, 
waskilled by the son ofTadg Hua Mael-Ruanaid »]. 

Crech la mac Mail na mbô forsna Deissib, co rue broit 7 
indile [« A raid by the son of Mael na mbô on the Dési, and 
he carried off captives and cattle »]. 

Creach la Conchobur Hua MadSechlainn tar Magh Life 7 

1 . MS. ardachaigh 



achad, died »]. 




The Annals of Tigcrnach. Fourth Fragment. 



389 



tar termand Cilli dara, co tue gabala mora. Crech la Hûu Fae- 
Ian dar Cluaiw Iraird a ndighail na creichi sin [« A raid by 
Conchobar Hua MaelSechlainn over Magh Life and over the 
glèbe of Kildare, whence he carried off great preys. A raid 
by the Hûi Faelàin over Clonard in revenge for that raid »]. 

Sluaigfli la mac nEochadha 7 la mac Mail na mbô a Midhi 
cor'loiscsit cella fer Midhi uili acht mad becc [« A hosting by 
the son of Eochaid and by the son of Mael na mbô into Meath, 
where they burnt almost ail the churches of the men of 
Meath »]. 

Gairbith Hûa Cathasaigh, ri Bregh, do gabail do Cowcho- 
bar Hûu MaelSechlainn co fargaib .uii. n-eteri aige [« Gairbith 
Hûa Cathasaig, king of Bregia, was captured by Conchobar 
Hua MaelSechlainn, and Gairbith left seven hostages with 
Conchobar »]. Tancatar r/^damna Htia Maine 7 Hûa Mael 
Ruanaid 7 Hua Flandacan 7 an cleireach Hua Taidhg 7 mac 
Buadachain r/^dawna Delbna cor'bris forro 7 cor' marb uile 
[« Then came the crownprince of Hui Maini, and Hûa Mael- 
Ruanaid and Hûa Flanducàin and the cleric Hûa Taidg and 
Mac Bûadachàin, crownprince of Delbna, and he (Concho- 
bar?) routed them and killed them ail »]. 



[AU. 1049. AI. 1032. CS. 1047. ALC. 1049. FM. 1049]. 

Kl. prima feria. xxiii. luwa. M.xl.ix. Flaithb*rtach mac Rtli 
Loingsigh do marbadh [fo. i8 b 2] a n-iwairicc la mac Conco- 
ba/r Hûa Loingsigh. Murchadh mac MaïlSecblainn do marbad 
la Gwchobar c//na a mebuil. [« Flaithbertach, son of (Dom- 
nall) Hûa Loingsig, was killed in a combat by the son of Con- 
chobar Hûa Loingsig, and Murchad, son of MaelSechlainn, 
was killed treacherously by the same Conchobar »]. 

Sluaiged la hUllto 7 la Laigw'tf a Midhi do chuindche eteri 
Fer mBregh, 7 romarbadh iarom na heteri im ToirrdelborA 
Hwa Cathasaigh la Conchobar 7 roloiseset na sluaigh an tir 
et/r cella 7 dûitf* iarsen [« A hosting by the Ulaid and the 
Leinstermen into Meath, to demand the hostages of the men 



M.xl.ix. 




Whitley Stokes. 



of Bregia (whom Gairbith had given) ; and then thèse hos- 
tages, together with Tordelbach Hua Cathasaig, were killed 
by Conchobar; and the armies afterwards burnt the country, 
both churches and fortresses »]. 

Sludighedh la mac mBriaiw co Mag n-Airb, co rue giallu 
Laig*7J 7 Osraige [«A hosting by the son of Brian to Mag n- 
Airb, and he obtained hostages of Leinster and Ossory »]. 

Ros Cowan do loscud, etir damliag 7 règles, do feraib Breifiie 
[« Roscommon was burnt, both the stone-house and the Great- 
church, by the men of Brefne »]. 

Concobwr Hûa Cindfaelad, ri Hûa Cowaill Gabra, do mar- 
bad do rig Eoganachta Loch Lein [« Conchobar Hua Cennfael- 
ad, king of the Hûi Conaill Gabra, was killed by the king of 
the Eoganacht of Loch Léin »]. 

Aneislis mac Domnaill, ri Corco baisciwd, do marbad do 
mac Aisith maie Domnaill, mac a derbrathar [« Aneislis, son 
of Domnall, king of Corcovaskin, was killed by the son of 
Aiseth, son of Domnall, the son of his own brother »]. 

M.l. 

[AU. 1050. AL 1033. CS. 1048. FM. 1050]. 

Kl. secundo {tria .uii. luna. M.l. MaclRuanaid mac Concho- 
buir, ri Éile, do marbadh dia munt/V fén a mebail [« Mael- 
Ruanaid, son of Conchobar, king of Éli, was treacherously 
killed by his own household »]. 

Cluai/J maie Nôis do argain fo t/;ri issi« aenraithe, fecht 
Sil n-Anwcadha 7 fo dô hô Callraidhi c«jna Sinnchuib [« Clon- 
maenois was thrice plundered in the same quarter of the year, 
once by the Sil Anmcada, and twice by the Calraige with the 
Foxes »]. 

Donnchadh mac Gilla Faeldn, ri Htia Failge [« king of Of- 
faly »] mortuus est. 

Land Léire do argaiw 7 do loscud la Concobwr Htia Mael- 
Sechlainn [« Land Léire was plundered and burnt by Concho- 
bar Hua MaelSechlainn »]. 

Genimain M«/rc^rtaigh Hûi Briain rig Erenn [« Birth of 
Muirchertach Rica Briain, king of Ireland »]. 



Digitized 



The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



Î9* 



M.li. 



[AU. 105 1. AI. 1034. CS. 1049. ALC. 105 1. FM. 105 1]. 

Kl. ui. [leg. iii] ieria x.u. luna. M.li. Murchadh mac Bricc 
r/^dawnana nDessi occise est ona brathair fen [« Murchad, son 
of Brecc, crownprince of the Dési, was killed by his own 
brother »]. 

O Cowcobair, ri O Failghe, do marbadh da munt/r fein f « Hua 
Conchobair, kingof Offaly, was killed by hisownhousehold »]. 

Faelan mac Bratairc maie Bricc do warbadh a ndawliag Lis 
moir mo Chuta, isse rowarb MaelSechlainn mac Mwirchmaigh 
maie Bricc [« Faeldn, son of Bratan, son of Brecc, was killed 
in the stone-house of Lismore. Mael-sechlainn, son of Muir- 
chertach, son of Brecc, it was that killed Faeldn »]. 

Amalgaidh mac Cathail maie Ruaidhri, ri iarthair C0w[n]- 
acht do dalki la hAedh Rua Concobair la rig Con\yî\acht, cor' 
gab side iarsiw irus a n-iartèwr Con[n]acht [« Amalgaid, son of 
Cathal, son of Ruaidri, king of the west ofConnaught, was 
blinded by Aed Hua Conchobair, king of Connaught ; and after 
that Aed took up his abode in the west of Connaught »]. 

Maidm lé O Maddoraidh for Chonnachtaib dû a torchair ile 
[« A rout inflicted by Hua Mael-doraid on the Connaughtmen, 
wherein many fell »]. 

Cathal mac Tighernaw, ri Brefne, do dul for creich a n- 
Eaba cor' toghail Dun-feig, a torchair .1. do dainib 7 asa tuc- 
tha .uii. cet bô [« Cathal, son of Tigerndn, king of Brefne, 
went on a raid into Eba, and sacked Diinféig, wherein fell 
fifty men, and whence seven hundred cows were taken »]. 

Diarmuit mac Domnaill maie Briaiw do marbad a mebail la 
Murchadh mac mBriaiw [« Diarmait, son of Domnall, son of 
Brian, was treacherously killed by Murchad, son of Bridn »]. 

Maidm for Conmaicnib a Sleib Formaela ria n-Aedh Hua 
Concobair, du a torchair dr Conmaicne [« A rout of the Con- 
maieni on Sliab Formaela by Aed Hua Conchobair, wherein 
many of the Conmaicni fell slaughtered 1 »]. 

1 . Literally, wherein fell a slaughter of Conmaicni. 




?92 



Whitley Stokes. 



Laidgnen mac Mailain Hûi Leochain, ri Gaileng, do dul do 
Roiw co w-erbailt tair îar tiachtaiw o Roiw [« Laidgnen, son of 
MaeLin Hiia Leochain, king of the Galenga, went to Rome, 
and died in the east 1 after coming from Rome »]. 

Downall Ban O Briam occise est o Aedh Hua Cflwcobair 
rig Con[n]acbt. [« by Aed Hiia Conchobair, king of Con- 
naught »]. 

Bile Muighe hAdhair- do trascradh la hAedh Hua Con- 
chobair [« The sacred tree of Mag Adair was felled by Aed 
Hua Conchobair »]. 



[AU. 1052. AI. 1035. CS. 1050. ALC. 1052. FM. 1052]. 

Kl. quartz feria .xxuii. lima. Mac raith Hua Donnchadha, ri 
Eogan^A/a Caisil, r/^dawna Muman, do éc [« Mac raith, 
grandson of Donnchad, king of the Eoganacht of Cashel, 
crownprince of Munster, died »]. 

Crech la mac Mail na mbô a Fini Gall, cor' loisc in tir o 
Ath cliath co hAilbi;/e, acht nocho tarraidh 5 bû, co nderws.it 
scandracha môra imon dun, du a torchair ile ille 7 anund, co 
ndechaidh4 ri Gall tar muir .i. Eachmarcach m^c Ragnaill, 7 
rogab nitfc Mail na mbô rige Gall da eissi [« A raid by the son 
of Mael na mbô into Fingal, and he burnt the country from 
Dublin to the Delvin river, but he overtook no cows; so that 
he and the Foreigners fought great skirmishes round the fort- 
ress (of Dublin), wherein fell many on both sides ; and Ech- 
marcach, son of Ragnall, the king of the Foreigners, went 
oversea, and the son of Mael na mbô assumed the kingship 
after him »]. 

Àr Callraighi* iwma righ .i. un mac Airechtaigh, la Con- 
maiene per uirtutew scr/ne Ciaran [« A slaughter of the Cal- 



1. i. e. in Great Britain. 4. ndechaigh 



M.lii. 



2. MS. haghar 

3. tarraigh 



5 . callraidhi 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 39$ 

raige, including their king, the son of Airechtach, by the 
Conmaicne, through the virtue of S. Ciardn's shrine »]. 

Crech la Hiia Owcobuir ior Conmaicne, cor' indair co mor 
an tir [« A raid by Hua Conchobair on the Conmaicne, and 
he greatly ravaged the country »]. 

Mac Mail na mbô do gabail righi Âtha cliath ar écin. [« The 
son of Mael na mbô took the kingship of Dublin by force »]. 



M. lin. [AU. 1053. CS. 105 1. ALC. 1053. FM. 1053]. 

Kl. ui. icria .uii. \una. Cu chiar Htia Maile duin, r/ Luirg, 
do marbadh la Mac na haidche Ua Ruairc a mebail ina airech- 
tas fen. Fergal mac Maie na haidche Htii Ruairc do marboi 
[do Chonmaicnib] focfe'/oir [« Cû chiar, grandson of Maelduin, 
king of Lurg, was killed by Mac na haidche (« the son of the 
Night ») Hua Ruairc, treacherously in his own assembly. 
Fergal, son of Mac na haidche Hua Ruairc, was immediately 
killed by the Conmaicne »]. 

Niall Htia Écnigh, ri Fer manach, 7 Gilla Crû/ a brathair 
do marbad do F^raib Luirg a mebail [« Niall Hua Écnig, king 
of Fermanagh, and Gilla Crist, his brother, were treacherously 
killed by the Fir Luirg »]. 

Mael-cro?* mac Cathail, n desceirt Bregh, do marbadh do 
Uu 1 Riacan aidhchi luaiw chasc, 7 crecha lais for GaWaib. 
[« Mael-cron, son of Cathal, king of the south of Bregia, was 
killed on the eve of Easter Monday by Hua Riacàin, who 
(then) made raids on the Foreigners »]. 

Sluaiged la mac Briaiw 7 la Htia MaelSechlainn a Fine Gall, 
co tuesat et/ri 7 co tuesat na Sinwaigh bruit moir a damh'ag 
Lwjca 2 , 7 ruesat et/ri o mac Mail na mbô. [Sluaiged la mac 
Mail na mbô] a mBregaib 7 a Midhi, co ro loisc o Sliab (sic) 
co hiart/wr Midi, 7 co rue mor da buaib 7 do broit [« A hos- 
ting by (Donnchad) son of Brian, and (Conchobar) Hua 

1. MS. uib 

2. 1/tfcha 



Digitized by 



194 



Whitlcy Slokes. 



MaelSechlainn into Fingal, and they carried oft hostages, and 
the Foxes took many captives out the Stone House of Lusk, 
and took hostages from the son of Mael na mbô. A hosting 
by Mael na mbô's son into Bregia and Meath, and he burnt 
(the country) from Sliab (?) to the west of Meath, and carried 
off many cows and prisoners »]. 

Crech la Leth lobur Hua Laidhgnén, rig Oirghiall, for Gai- 
lengaib 7 for teichedh fer Midi [co rue mar do buaib,] co nde- 
chaidh ina ndiaidh 1 Congalach mac Senairc, ri Gaileng, co 
tarraid bu Fer-manach, co tarr[tb]atar Fir-manach iwon righ 
.i. Domnall mac MailSechlainn, [fo. I9 a i] co torchair léo 
Congakr/? mac Senain ri Gaileng cum multiss [aliis, « A raid 
by Lethlobur Hua Laidgnén, king of Oriel, on the Galenga 
and on the fugitives of the men of Meath and Bregia, and he 
carried off many cows. But Congalach, son of Senân, king of 
the Galenga, pursued them, and overtook the cows of the 
Fir-manach. Then the Fir-manach, with their king Domnall, 
son of Mael-Sechlainn, halted, and by them fell Congalach 
son of Senan, king of the Gailenga, with many others »]. 

Cochlan ri Delbna dowmarbad a sw/s [« Cochlan, king of 
the Delbna, was killed by his own people »]. Per dolw/w oc- 
cisw* est. 



[AU. 1054. AI. 1037. CS. 1052. ALC. 1054. FM. 1054]. 

Kl. ui. [lcg. uii ?] ïeria. luna .xuii [leg. xuiii?] Aedh Hua 
Fergaile mrtc Corning maie Neill, r/^dawna Ailig 7 ri Chen- 
e[oi]l Eog^m Tolcha ôc do marbtfd do Lethlobur Hûu Lai- 
dhgnén rig Airghiall cum muilti's [« Aed Hua Fergaile, son of 
Conang, son of Niall, crow r nprince of Ailech and king of the 
Kindred of Eogan of Tulach Ôc, was killed by Lethlobur Hua 
Laidgnéin, king of Oriel, with many (others) »]. 

Cloictheach tenedh do faicsiw ir-Ros Ela dia-domnaigh iele 
Giuirgi ria ré .u. n-udr do 16, 7 eoi« duba diairwe ind 7 as, 7 
aen-en mor a medow, 7 teigdis fo cluim sidhe na heoin becca 

1 . MS. cotfdechaigh îna ndiaigh 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



39$ 



intan teighdis isin cloctheach. Tancatar amach co w-uargabatar 
in coin bai for lar in baile a n-airdi isin aér, 7 tarlaicset hé siss 
ans, co n-erbailt focMoir, 7 tuargabatar tri brutu 7 di lénid 1 
a n-airde, 7 roleicsit sis aris. IN chaill iarow fora ndesetar na 
heonu dorochair fothaib, 7 in dairbre for a ndessid in t-én mor 2 
robdi for crith corn, fremaib a talmui» [« A steeple of fire was 
seen at'Ross Ela on the Sunday of the feast of S. George, for 
the space of five hours of the day, and innumerable black 
birds passing into and out of it, and one great bird in the 
midst thereof, and when the little birds would enter the steeple 
they would corne under his plumage. They came forth and 
lifted the hound that lay amid the town up on high into the 
air, and they cast him down again, and he straightway died. 
And three mandes and two shirts they lifted up on high, and 
down again they flung them. Now the wood whereon the 
birds perched fell beneath them, and the oak whereon the 
great bird sat w r as a-tremble with its roots in the earth »]. 

Loch Suidhi Odhrdn a Sleib Gûaire do éludh a nderedh ai- 
dhche fo féil Michil, co ndechaidh3 isiw Febail. [« The lake 
of Syoran on Slieve-Gorey stole away at the end of the night 
before Michaelmas, and went into the Febail 4]. 

Cacht ingen Ragnaill, rîgan Erenn, d'éc [« Cacht, daughter 
of Ragnall, queen of Ireland, died »]. 

Cath eter Albancho 7 Saxancho, inar' toitset moran do mi- 
ledhaib [« A battle between the Scots and the English, where- 
in fell a great many soldiers »]. 

Crech la hAedh Hua Concobair la rig Con\vî]acht co Corco 
Baiscitfd 7 co Tradraighe, cor' gab gabala diairme, 7 co ndor- 
chair lais don cur sin Aedh mac Cenw-eidigh, ordan Dal-Cais. 
[a A raid by Aed Hua Conchobair, king of Connaught, to 
Corcovaskin and Tratraige, wherein he took innumerable 
spoils, and on that occasion there fell by him Aed, son of 
Cenn-étig, the glory of the Dalcassians »]. 



1 . MS. lénigh 

2. fora ndessitar 

3. ndechaigh 

4. « a stream which discharges itself into the Boyne », O'Don. 




396 Whitley Stokes. 

Da mac Carrthaigh do mzrbadh d'U Dondcadha [« Two 
sons of Carthach were killed by Hiia Donnchada »]. 

Sluaiged la mac Mail na mbô 7 la Gilla PatraiV rig Osraige 
co nGzMaib 7 Laigwt 7 Osraighib issm Mwmain, co rancatar 
Imlech Iubair 7 cor' loiscset Dun tri Hag, 7 ni tarraidh m^c 
Briaw, uair robdi a ndesc/wrt Erenn [« A hosting by the son 
of Mael na mbô and by Gilla Pdtraic, king of Ossory, with 
Foreigners and Leinstermen and Ossorians, into Munster, and 
they reached Emly and burnt Duntrileague; and Brian's son 
did not overtake them, for he was dwelling in the South of 
Ireland »]. 

Hua Gerr-uidir 1 , espw Cilli da lûa [« bishop of Killaloe »] 
quieuit. 

M.lv. [AU. 1055. AI. 1038. CS. 1053. ALC. 105s. 
FM. 1055]. 

Kl. prima feria. \\xna xx.ix. Downall r/ O FiacArach Aidhne 
tre tang[n]acht adbath [« Domnall, king of the Hûi Fiachrach 
of Aidne, perished through treachery »]. 

Crech la hAed Hua Gwcobair, rig Con[n]acbt, ar iz.rx.hur 
Midhi, co rue gabala iwda 7 bruit moir lais. [« A raid by Aed 
Hua Conchobair, king of Connaught, on the west of Meath, 
whence he carried off abundant spoils and many captives »]. 

Crech la Dail Cais a Corcowruad, co tuesat gabala mora esti, 
7 romarbadh sochaidi do Dail Cais and. [« A raid by the Dal- 
cassians into Corcomroe, and they carried thence great spoils; 
but a multitude of the Dalcassians were there killed »]. 

Cath et/r Dub da leithe, cowarba Patra/V, 7 Murchadh Hita 
Mail-Sechlainn, cowurba Finden 7 Coluim cille, a cosnww Mar- 
traigi, co memaidh 2 re cowurba Patraic 7 re mBachaill Issu, 
co torc/?ratar ili ann [« A battle between Dub dd lethe, a suc- 
cessor of S. Patrick, and Murchad Hua Mael-Sechlainn, a suc- 
cessor of SS. Findian and Colomb cille, contending for Martar- 

1 . MS. gerruididir 

2. mebaigh 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



397 



thecb ; and the victory was gained by S. Patrick's successor 
and by the Staff of Jésus, so that many fell there »]. 

Mael-duin mac Gilla Odran, espoc Alban 7 ordan Gaedel o 
cleircib, in Christo qwieuit [« Mael-duin, son of Gilla Odrâin, 
bishop of Scotland, and glory of the clergy of the Gaels, rest- 
ed in Christ »]. 

Cendfaeladh lethri Ciarraighe 1 do marbadh do Choncobur 
mac Muiredhaigh do rtg na leithe aile do Chrvaig i [« Cenn- 
faelad, one of the two kings of Kerry, was killed by Con- 
chobar, son of Muredach, king of theother half of Kerry »]. 

Gilla PadraiV ri Osraige do éc [« Gilla Pdtraic, king of Os- 
sory, died »]. 

Crech la M//rchadh Hûa mBriain ar Corcowruadh, co tue 
crech esti, cor' loisc damliag Cilli Findabrach, 7 co torchair 
sochaidhi môr iwd [« A raid by Murchad Hûa Briain on Cor- 
comroe, and he took a great prey thereout, and he burnt the 
stonc-house of Kilfenora, and a great multitude fell therein »]. 

M. lui. [AU. 1056. AI. 1039. CS. 1054. ALC. 1056. 
FM. 1056]. 

Kl. ii. (eria. \\ina x. Cetfaidh esp<?£, cend crdbaidh 2 Muwan, 
quieuit [« Cétfaid, bishop, head ot Munster's piety, rested »J. 

Mac Cerwachaiw Guit do marbadh do CÂcwchobur Hûu 
MadSechlainn [« The son of Cernachdn the Stammerer was 
killed by Conchobar Hûa MaelSechlainn ». In marg. feeso]. 

Fland Mainistreach ughdar Gaidhel, et/r léighiwd 7 tsen- 
chus 7 filidecht 3 7 airchedal [« Flann Manistrech, the Gaels' 
author, both in literature and history and poetry and versifi- 
cation »] in .uii. kl. Deciwbrâ, xui. \unae, uitam feliqwit^r 
in Christà finiuit. 

Odhar m^zc Flaiwd, r/ Callraighe4, [« king of the Calraige »] 
iugulatus^ est. 

1 MS. ciarraidhe 4. Callraidhe 

2. crabaigh 5. iugal 

3. filigecht 




398 



Whitley Stokes. 



Domnall mac in Guit do marbad do Chonchcbar Hûu Mael- 
Sechlainn [« Domnall, son of the Stammerer, was killed by 
Conchobar Hiia MaelSechlainn »]. 

M.lun. [AU. 1057. AI. 1040. CS. 1055. ALC. 1057. 
FM. 1057]. 

Kl. iiii. feria Ixxna xx .i. Dungal 1 Hua Donwchadha r/ Caisil 
[« king of Cashel »] occise est. 

Cath et/V Firu manach 7 mac Ne[i]ll Hûi Ruairc .i. Ualgarg, 
co torchair mac Ne[i]ll cum muljis [« A battle between the 
men of Fermanagh and Ualgarg, the son of Niall Hua Ruairc, 
wherein fell the son of Niall, with many (others) »]. 

MaelRuanaid Hua Focartaig, ri descein Eli [« king of the 
south ofEli »] occisusest. 

Mugrotf Hua Mutan, cowurba Barra 7 esp0£, occisus est 
o[a] munt/r fen ar taidecht ôn iairmerghi. [« Mugron Hua Mu- 
tain, successor of S. Barre and bishop, was slain by his own 
community as he was coming from the noctum »]. 

M.lum. [AU. 1058. CS. 1056. ALC. 1058. FM. 1058]. 

Kl. u. {cria. \una ii. M.l.uiii. Lulach, r/ Alban, do marbtfd 
[la Mael] Cdiuim mac Donnchadz $cr dolum [« Lulach, king 
of Scotland, was treacherously killed by Mael-Coluimb, son 
ofDonnchad »]. 

Creach la hAedh Hua Concobuir 7 lasna Sinwcho, coro 
airgset Lothra [« A raid by Aed Hua Conchobair and by the 
Foxes, and they ravaged Lorrha »]. 

Sluaigedh la mac Mail na mbo isin Mi/main, coro loisc 
Luiwneach, 7 conus-tarvaid Donnchadh mac Briaiw, co tard 
cat[h] do, cor' muidh 2 for mac mBriaiw, cor' marbadh and 
[Cairbre] Hua Lighdha comurba Ailbe ; 7 Rigbardan mac Con- 

1. MS. Dondchadh. 

2. muigh 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



399 



corne, ri Eile. I Sleib chrot [fo. 19*2] tucadh an cath sin 7 
atorcratar ili and. [« A hosting by the son of Mael na mbô 
into Munster, and he burnt Limerick. But Donnchad, son of 
Brian, overtook him and gave him battle. Brian's son was defea- 
ted, and Cairbre Hua Ligda, S. Ailbe's successor, was killed 
there, and Rigbardàn, son of Cû-corne, king of the Eili. On 
SHab Crot (Mount Grud) that battle was delivered, and many 
fell therein »]. 

Longes la mac rîg Lochland, co nGallaib Indsi Orcc 7 
Indsi Gall 7 Atha cliath, do gabail rigi Saxan, acht nocor' 
deonaig Dia sin [« A fleet (led) by the son of the king of 
Norvvay, with the Foreigners of the Orkneys and the Hé- 
brides and Dublin, to seize the kingdom of England ; but to 
this God consented not »]. 

Mac bethadh mac Fittdlaich, airdn Alban, do marbad do 
MaelColaim mac Dondchada [« Mac-bethad (« filius ujtae »), son 
of Findlaech, overking of Scotland, was killed by Malcolm, 
son of Donnchad »] . 

Gallbrat Hïia Cerbaill, r/fdawna Tewrach, do marbad la 
Concobwr Hua MaelSechlainn tre mebail [« Gallbrat, grandson 
of Cerball, crownprince of Tara, was treacherously killed by 
Conchobar Hua MaelSechlainn »]. 

Downall mac Neill Ua-Ruairc occise est. 



M.lunii. [AU. 1059. AI. 1042. CS. 1057. ALC. 1059. 
FM. 1059]. 

Kl. ui. îeria. lutta .xiii 1 . Concobar Hua MaelSechlainn do 
loscud 7 do argaiw Fiwdabrach Eaba 7 Dubadha [« Conchobar 
Hua MaelSechlainn burnt and plundered Findabair Eba (Fen- 
nor, on the Boyne) and Dowth »]. 

Sluaiged la Diarmuit mac Mail na mbo co Midhi, co far- 
gaib drem moir dia muinu'r and, \m Murcfertach mac nDal- 
baigh mac Maelruanaid [« A hosting by Diarmait, son of 
Mael na mbô, to Meath, where he lost a large body of his 

1 . MS. xui 




400 



Whitley Stokes. 



people, including Murchertach, son of Dalbach, son of Mael- 
ruanaid »]. 

Niall Ua Mael-doraigh, vî Cenéoil Chonaill, do éc i n-aith- 
righe [« Niall Hua Mael-doraig, king of the Kindred of Co- 
nall, died in repentance »]. 

Ruaidri Hua Gadhra, rigàomna Luigw^, [« crownprince of 
Luigni »] occiswj est. 

Dûarcan Hîia hEagra a suis occis«j est. 

Cathal mac Tigernaiw maie Ne[i]ll maie Aedha Hûi Ruairc, 
r/ Brefne 7 airrtfer Chondacht, do marbadh do Aedh Hûu 
Ruairc .i. Aedh mac Airt UaWaig. [« Cathal, son of Tigerndn, 
son of Niall, son of Aed Hua Ruairc, king ot Brefne and the 
east of Connaught, was killed by Aed Hua Ruairc, namely, 
Aed, son of Art the Proud »]. 

Creachsluaig&i la Diarwuit mac Mail na mbo isin Mwwain, 
coro loisc Dun maie Ingair 7 Aenac[h] Tédi 7 Dun Fwrudran 
[« A foray by Diarmait, son of Mael na mbô, into Munster, 
where he burnt Dun maie Ingair and Nenagh and Dun Fu- 
rudrain »]. 

CongAach Wûa Riacan, r/^damna Tzmxach, do m&rbad la 
Mwrcadh mac nDiarmuta. Gilla Caemgin 7 Gilla Comgaill 7 
Mael-mordha mac Maie Faelan do marbadh don Murchadh 
cfe'/na [« Congalach Hua Riacdin, crownprince of Tara, was 
killed by Murchad, son of Diarmait. Gilla Coemgin and Gilla 
Comgaill and Mael-morda, son of Mac Faelain, were killed by 
the same Murchad »]. 

Murchadh mac M«rchadha Hûi Bricc, ri na nDese Maman, 
do marbad la mac Gilla Brighdi Hûi Faelan [« Murchad, son 
of Murchad Hua Bricc, king of the Dési of Munster, was kill- 
ed by the son of Gilla Brigte Hua Faelain »]. 

O Faircellai^ comurba m'Aedoîc la Condachtz 7 la Laigniu, 
qwieuit [(Conaing) Hua Fairchellaig, successor of my Aedôc 
in Connaught and Leinster, rested »]. 

Dondchod.mac Briaiw do dul a teach Ruaidri Hûi Cbonco- 
bair rig Con[n]acbt, co tucadh a riar do braighdib dô [« Donn- 
chad, son of Brian, submitted to (literally, went into the house 
of) Ruaidri Hua Conchobair, king of Connaught, to whom 
were given ail the hostages that he desired »]. 



/Goo$ 



Digitized by 



The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



401 



M.lx. [AU. 1060. AL 1043. CS. 1058. ALC. 1060. 
FM. 1060]. 

Kl. uii. fer/a. luna. xx.iiil 1 . Cenmnus do loscadh 7 Leith- 
glend [« Kells was burnt, and Leighlin »] ex maghna parte. 

Heili 7 Ua-Focartai do argain Cluawa maie Nois, co ruesad 
bruit moir o Chrois na screbtra, 7 cor' marbadh dis and .i. 
mac leigind 7 oclach eli, co roisis Dia 7 Ciaran Delbna ina 
ndiaidh 2 , cor' laissed a n-àr am rigdamna Hua Focarta, air is 
esidhe romarb in fer leigind. Dorocht tra a mbu trath eirgi do 
lo arnamarach co Cluain tre fertaib Ciarain [« The Eli and the 
Hûi Focartai plundered Clonmacnois and took many prison- 
ers out of Cross na screptra ; and two persons were killed 
there, a student and another layman. So God and S. Gardn 
commanded the Delbna to pursue them, and they left their 
slaughtered men, including the crownprince of the Hûi Fo- 
carta, for he it was that had killed the student. Now on the 
morrow, at sunrise, their cattlespoil came (back) to Clonmac- 
nois through S. Ciaràn's miracles »]. 

Anadh Htla Lochlaiwd, ri Corcomruad [« king of Cor- 
comroe »] mortuus est. 

Mac Briaiw do dul a teach maie Mail na mbo, co tue seoit 
7 maine imda d6 [« The son of Brian submitted to the son of 
Mael na mbô, and gave him abundant jewels and treasures »]. 

M.lxi. [AU. 1061. AI. 1044. CS. 1059. ALC. 1061. 
FM. 1061]. 

Kl. Sluaighedh la hAedh Hûa Conchobair 'sa Muwain, coi^ 
loisc Cill da Lua 7 co[r']scail coraidh 3 Cmd choradh co lar, co 
nduatar4 na bratain robatar a tiprait Chind chorad, cor* mu- 

1 . MS. ufi. 

2. ndiaigh 

3. coraigh 

4. in marg. îec so « see this » 

Revue Celtique, XVII. 26 




402 



Whitley Stokes. 



radh an tipra dia és [« A hosting by Aed Hua Conchobair into 
Munster, where he burnt Killaloe and demolished the weir of 
Kincora, and they ate up the salmon that lived in the well of 
Kincora, and afterwards the well was destroyed » ]. 

Teidw mor a Laignib .i. in bolgach 7 treghaid, cor' ladh 
ir daine sechnôn Laighen [« A great pestilence in Leinster, to 
wit, the smallpox and colic, so that there was a destruction of 
people throughout Leinster »]. 

Murchadh mac Diarmuda maie Mail na mbô do dhul a Ma- 
nalnd, co tue cain esti 7 cor' bris for mac Ragnaill [a Mur- 
chad, son of Diarmait son of Mael na mbô, invaded Mann 
and took a tribute out of it, and defeated RagnalPs son »]. 

Niall mac MùlSecbnaill, ri Ailig, do éc. [« Niall son of 
MaelSechnaill, king of Ailech, died »]. 

Fland Hua Cellaig ri Bregh do mzrbad dona Saitnib [« Fland 
Hûa Cellaig, king of Bregia, was killed by the Saithni »]. 

Mundter Murchadha do gabail for Loch Oirbsen, cor' athri- 
ghsat O Conchobair [« The Munter Murchada (i. e. the O' 
Flahertys) attacked Lough Corrib, and deposed (Aed) Hûa 
Conchobair »]. 

Gairbith Hûa Fallomain do tnzrbad le Gairbith Hûa CatZw- 
jaigh, rig fer mBregh [« Gairbith Hûa Fallomain was killed by 
Gairbith Hûa Cathasaig, king ot the men of Bregia »]. 

Gairbith ri Bregh [a king of Bregia »] mortuus est. 

Ua Cathail, ri Eoganachta, do tabairt a damliag Maenaigh 7 
a marbadh. [« Hûa Cathail, king of the Eoganacht, was 
taken out of the stone-house of Maenach, and killed »]. 

Mac Dunlaing, ri Hûa mBriuin [« king of the Hûi Briain »] 
qmeuit. 

Ruaidhri Hûa Flait[h]b^rtaigh do marboi la hAed Hun 
Cowc[h]obair [« Ruaidri Hûa Flaithbertaig was killed by Aed 
Hûa Conchobair »]. 

Niall mac MzilSechnaill, ri Cene[oi]l Eogam [« king of the 
Kindred of Eogan »] in Christo qwieuit. 

Flaithbertach O Briain do marbadh do Choncobar O Briain 
[« Flaithbertach Hûa Briain was killed by Conchobar Hûa 
Bridin »]. 



Digitized 




The Annals of Tigernath. Fourth Fragment. 



40J 



M.lxii. [AU. 1062. CS. 1060. FM. 1062]. 

Kl. iii. {tria, \\xna xii. [leg. xui]. Tadhg mac Aeda Hûi Con- 
cobair do marbadh do mac Aeda maie Ruàidhri a fell [« Tadg, 
son of Aed Hua Conchobair, was treacherously killed by the 
son of Aed, son of Rnaidri »]. 

Eochaid mac Neill meic Eochadha ri UW mortuus est 1 . 
[« Eochaid, son of Niall, son of Eochaid, king of Ulster, died »]. 

Hûa Mail-doraigh, comurba Cholaim cilli [« a successor of 
S. Colomb-cille »] quieuit. 



M.lxHi. 

[AU. 1063. AI. 1046. CS. 1060. ALC. 1063. FM. 1063]. 

Kl. Ian. 2 iiii. bria, \una .xx.uii. Bliadan deirid chiccail 
.i.d.xxx.ii 3. Dionisi iwso [« this is the last year, i. e. the S32 d , 
of the cycle of Dionysius (Exiguus) »]. 

Gilla erraith Hûa Mael-mithigh, ard-oiethig^rn na nGae- 
dhel, [« chief prince of the Gaels »] mortuus est. 

Cathal mac Dondchada, ri O n-Ezchach 7 desc/rt Erenn, 
occiswj est on findsuilech [« Cathal, son of Donnchad, king of 
the Hûi Echach and the south of Ireland, was slain by the 
Fair-eyed », his own son]. 

Mac Eochach, ri Ulad [« king of Ulster »] qwieuit. [fo. I9 b 1] 
Sluaiged la Toirrdelbach Hûa mBriain 7 la mac Mail na mbô, 
cor' loiseset Luiwnech 7 co... Luachair iarsiw. Tanic mac 
Briaifl 7 a mac Mwrchadh co socraidi moir tar Sinaiwd atuaidh, 
cor'gabsat gabala ic Sliab Ardachaidh4 a n-Eoganacht, co tar- 
raidh* Tairrdelbach iat im Eas Moingelan, 7 gnither cath 
[e]atwr[r]o, cor' muid 6 ar mac mBriain 7 ar a mac, cor* ladh 



1. In marg. r/Ukl 4. MS. ardachaigh 

2. MS. a 5 . tarraigh 

3. xxx. u. 6. muigh 




404 



Whitley Stokes. 



a n-dr im Coin medha mac nDunlawg 7 im Faelan mac Mur- 
chadha r/^damna Laigen 7 im Scandlan Hùa nDunlaing [a A 
hosting by Toirdelbach Hua Bridin and by the son of Mael 
na mbô, and they burnt Limerick and ... Luachair after- 
wards. Brian's son, and his son Murchad came with a great 
army over the Shannon from the north, and they took spoils 
at Slieveardagh in Eoganacht ; but Tordelbach overtook them 
at Ess Moingelan, and a battle between them is fought, and 
Brian's son and his son were defeated, and their troops were 
slaughtered, including Cû meda, son of Dunlang, and Faeldn, 
son of Murchad, crownprince of Leinster, and Scandldn Hua 
Dunlaing »]. 

[AU. 1064. AI. 1047. CS. 1061. ALC. 1064. FM. 1064]. 

Kl. Dub da leithi, comurba Patrait:, [« a successor of S. Pa- 
trick »], quieuit. 

Donnchadh mac Briaiw Boroma, ri Muman, do athrighad, 
7 a dul do Roim dia ailitAri, co n-erbuilt iar mbuaidh n-ait[h]- 
righe a mainistir Sdefaiw [« Donnchad, son of Bridn Boroma, 
king of Munster, was dethroned, and went to Rome on a pil- 
grimage, and (there) died, in the monastery of Stephen, after 
victory of repentance »]. 

Ardgal mac Lochlamd Hûi Neill mortuus est. 

[AU. 1065. AI. 1048. CS. 1062. ALC. 1065. FM. 1065]. 

Kl. [feria .uii.] luwa [.xx.] Orgain Clwawa maie Wis do 
Conmaicne 7 do Uib Mane. Cluain ferta Brenaind do argain 
arnamarach doib. It e andsa na righ robatar acon argain sin 
.i. Aedh mac m«c Neill Hûi Ruairce, ri Brefne, 7 mac Taidhg 
Hûi Cellaigh 7 a mac. Tue Aed Hwa C^cobair maidm forro 
arnamarach tre rath Chiarain, co fargsat a munt/r 7 a longa 
tuesat léo 6n fairrgi aniar tre lar Condacht co Sinaind. Diar- 
muit mac Taidhg Hûi Cellaz^ 7 a mac 7 Hùa Flaithb^rtaigh 
do marbai la hAedh Hûa C(?nchobair ria cind mbliadne. Hùa 



igitized by 



The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



405 



Ruairc do éc 'sa bliadain c#na tre fcrtaib Ciaraiw. [« The 
plundering of Clonmacnois by the Conmaicne and the Hûi 
Mdini. Clonfert was plundered by them on the morrow. 
Thèse are the kings who were at that plundering, namely, 
Aed, son of the son of Niall Hua Ruairc, king of Brefne, and 
the son of Tadg Hua Cellaig, and his son. On the morrow, 
through the grâce of S. Ciardn, Aed Hua Conchobair inflicted 
a defeat upon them, so that they lost their people and their 
vessels which they had brought from the sea eastward, through 
the midst of Connaught, as far as the Shannon. Diarmait, 
son of Tadg Hûa Cellaig, and his son, and Hûa Flaithbertaig 
were killed by Aed Hûa Conchobair before the year's end. 
Hûa Ruairc died in the same year, through S. Ciardn's mi- 
racles »]. 

Mac Mail-miadhaigh Hûi Eolais do marbad la Ua Cowco- 
buir. [« The son of Mael-miadaig Hûa Eolais was killed by 
Hûa Conchobair »]. 

Dondchadh Hûa Mathgamna, ri Vlad. [« king of Ulster »] 
per dolwm occisw* est. 

Donnchadh Hûa Loingsigh, ri Dal-Araidhe [« king of Da- 
laradia »] mortuus est. 

Leochan mac Maie Maelan, ri Gaileng, occise est la Con- 
cobar Hûa MzelSechlainn [« Leochdn, son of Mac Maeldin, 
king of the Galenga, was slain by Conchobar Hûa MaelSech- 
lainn »]. 

Murchadh Hûa Briaiw do dul a longport Tairrdelbaî^ Hûi 
Briain a Ciwdcoradh, cur làdh dr daine and [« Murchad Hûa 
Bridin penetrated the camp of Tordelbach Hûa Bridin at 
Kinkora, and there a slaughter of men was inflicted »]. 

[AU. 1066. CS. 1063. ALC. 1066. FM. 1066]. 

Kl. [feria .i.] luna .i. Retla mongach ingnadh adhbal do 
faisciw isiw aér dia-mairt iar minchaisc hic octkalaind 1 Mdi 
co .ui.xx. fuirre. Rob e [a] med 7 a soillsi co n-erbartatar daine 

1 . MS. prrtkl 




4<>6 



Whitley Stokes. 



corbo esca, 7 co cend cetAri là bai and [« A hairy star, 
strange, enormous, was seen in the air on Tuesday after Little 
Easter, at the 8 th of the kalends of May (April 24) with 
the 26 th (of the moon) thereon. Such were its size and brig^ht- 
ness that men said it was a moon. And to the end of four 
days itremained thus »]. 

Gilla Bruidi mac Domnaill meic Tigmiain maie Ualgairg 
meic Nêill Ua-Ruairc, xi Breifne, do marbadh do mac Gilla 
chuirr Hûi Chinaith do cois mairt ic Oilén Duinechair ar 
Loch mac Nén [« Gilla Braite, son of Domnall, son of Tiger- 
nân, son of Ualgarg, son of Niall Hua Ruairc, king of Brefhe, 
was killed by the son of Gilla corr Htia Cinaith, with the 
leg of a beef at Oilén Duinechair on Lough-macneane »]. 

Aibiwd ingen Hûi Concobair ben Hûi Muiricen quieuit. 
[« Oebind, daughter of Hua Cowchobair and wife of Hûa 
Muiricen, rested »]. 

Mac Conaing Hûi Mw/ricen, r/^dawna Teftha, do marbarf 
la h Aedh Hua Concobair 7 la Tadg Hûa Muiricen. Luach .xxx. 
unga dh'ôr do tabairt o Tairrdelbach Hûu Briain 7 o Mail na 
mbô d'Aedh Hûu Choncobair, ar chongnww léo 7 a congnom 
leis [« The son of Conang Hûa Muiricen, crownprince of 
Teffa, was killed by Aed Hûa Conchobair and by Tadg Hûa 
Muiricen. A payment of thirty ounces of gold was given by 
Toirdelbach Hûa Briain and by Mael na mbô to Aed Hûa 
Conchobair for helping them, and they helped him »]. 

Caeworan cowurba Caindigh [a successor of S. Cainnech »] 
quieuit. 

[AU. 1067. AI. 1050. CS. 1064. ALC. 1067. FM. 1067]. 

Kl. Murchadh Hûa Carrtaigh, primdruith 7 primollom Con- 
dacht, dobathadh ar Loch Calgaigh 1 [« Murchad Hûa Car- 
thaig, chief druith (?) and chief professor of Connaught, was 
drowned on Loch Calgaig »]. 

Dond-sleibe Hûa Gadra, r/^damna Luigne, do marbadh do 

1 . MS. calgaidh 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 



407 



Brian O Gadhra [« Donn-slébe Hua Gadra, crown-prince of 
the Luigne, was killed by Brian Hua Gadra »]. 

Coileachair esipoc CXùana maie Nois [« bishop of Clonmac- 
nois ni] quieuit. 

Tadhg Hûa Muiricen, airdri Teftha, occisia est o Muintir 
Tlaman [« Tadg Hua Muiricéin, overking of TefFa, was slain 
by the Muinter Tlamain »]. 

Sluaiged la Diarmuit mac Mail na mbo co nGalkwi 7 Laig- 
nib 7 la Domnall Hûa nGilla Patnxâ: co n-Osraigi 7 la Tairr- 
delbach Hûa mBriain co feraib Muman uile co hAedh Hûa 
Gwcobair a C0w[n]adtfaib, co tue Aedh fuabairt forro, cur' 
marbadh Ô Concobair Ciarraighi 1 and .i. rf Ciarraigbi LuacAra, 
cum muiltis nobilibus 2 . Tancatar didiu fir Brefhe im Aedh 
mac Airt Hûi Ruairc do indradh Condacht mar in cétnù.. Tri 
fiebit cet a Hn. Ferthair cath amnus aniarmurtach .i. Gw[n]- 
acbtz im Aedh in ga b^rnaigh mac Taidg in e[i]ch gil, 7 fir 
Brefne im Aedh mac Airt Uallaig meic Aeda m«c sen-F^rgail, 
7 tucad cath Tttrlaigh Adhnaigh3 [e]at«rru, a torchair Aed in 
gha tarnaigh, airdri Co«[n]acht uile, 7 [fo. I9 b 2] caithmih'd 
iarthair domain, 7 Cu-culamn na nGaedhil, tuile ordain 7 
oireachais na hEriwd, duine is mo dobered d'etach 7 d'innmw^ 
d'or 7 d'echaib ar a anmain a nEriww. Robo re[i]l trocaire Dé 
dô ara maithius. Aedh Hûa Ruaircc a righi Conwacht iarom. 

[« A hosting by Diarmait, son of Mael na mb6, with the 
Foreigners and Leinstermen, and by Domnall Hûa Gilla-Pitraic 
with Ossory, and by Toirdelbach Hûa Briain with the men 
of the whole of Munster, to Aed Hûa Conchobair in Con- 
naught. And Aed attacked them, and Hûa Conchobair of 
Kerry, the king of Ciarraige Luachra, was killed there, toge- 
ther with many nobles. Then came the men of Brefne, includ- 
ing Aed, son of Art Hûa Ruairc, to ravage Connaught in 
like manner. Three score hundreds was his number. A battle, 
fierce and ruthless, is fought, the Connaughtmen surrounding 
Aed of the Gapped Spear, son of Tadg of the White Horse, 

1 . MS. ciarraidhi 

2. nobiles 

3. leg. Aghnaigh? 




408 



Whitley Stokes. 



and thé men of Brefne surrounding Aed, son of Art the Proud, 
son of Aed, son of Fergal senior. And the battle of Turlach 
Adnaig was delivered betweeri them, wherein fell Aed of the 
Gapped Spear, overking of ail Connaught, and battle-soldier of 
the west of the world, and the Cii-chulainn of the Gaels, the 
flood-tide of glory and dignity of Erin, the man who most in 
Ireland used to bestow raiment and wealth, gold and horses 
for sake of his soul. God's mercy was manifest to him for his 
goodness. Aed Hûa Ruairc succeeded him in the kingship of 
Connaught »]. 

[AU. 1068. AI. 1051. CS. 1065. ALC. 1068. FM. 1068]. 

• Kl. Murchadh Hûa Briain, r/^damna Exenn, do marbod(h) la 
feraib Teftha [« Murchad Hua Brian, crownprince of Ireland, 
was killed by the men of Teffa »]. 

Downall Ua MaelSechlainn, xi Ceneoil Eogain, duine as 
craibthighe robài a n-Erind ina aimsir fén, [« Domnall Hûa 
Mael-Sechlainn, king of the Kindred of Eogan, the devoutest 
man that dwelt in Ireland in his time, »] a fratre suo occisswj 
est. 



Kl. [Diarmait mac Matadain] maie GadhraHrifDuwadhaigh, 
xi SU n-Anmchadha, do marbadh d'Ua Matadhan [« Diar- 
mait, son of Matadàn, son of Gadra Hûa Dunadach, king of 
the Sil Anmchada, was killed by Hûa Mataddin »]. 

Sluaighed la M«rchadh mac Diarmuda maie Mail na mbo a 
Midhi, cor' loisc Granard 7 Fabur Feichin 7 Ard Brecan. Ro 
marb àidiu Feichin eisin gnuis do ghnuis, 7 àr Laigen 7 Gall 
immaille friss. [« A hosting by Murchad, son of Diarmait, 
son of Mael na mb6, into Meath, and he burnt Granard and 
S. Féchin's Fore, and Ardbrackan. So S. Féchin killed him, 
face to face, and along with him was a slaughter of Lein- 
stermen and Foreigners »]. 



[CS. 1066. FM. 1069]. 




The Annals of Tigernach. Fourtfi Fragment, 



409 



[AU. 1069. AI. 1053. CS. 1067. ALC. 1070. FM. 1069]. 

Kl. Murchadh mac Diarmwta maie Mail na mbô, rl Laigen 
7 Gall, mortuus est i n-Ath cliath [« Murchad, son of Diar- 
mait, son of Mael na mbô, king of Leinster and the Forei- 
gners, died in Dublin »]. 

Conchobar mac in Cleirig Hûi Canchobair r/^damna Con- 
\pî\acht, do tnzrbad do Uib Fallowuin [« Conchobar, son of the 
Cleric Hua Conchobair, crownprince of Connaught, was kil- 
led by the Hiii Fallomain »]. 

Glun iaraiwd Hùa Mail na mbô do marbodh do feraib Midhi 
[« Gliin iaraind (« Iron-Knee »), grandson of Mael na mbô, 
was killed by the men of Meath »]. 

Murchadh Liathanach Hûa Owcobair, r/^dawna Con[n]acht, 
do mzrbad do Chonmaicmb a fell [« Murchad Liathanach Hûa 
Concobair, crownprince of Connaught, was treacherously 
killed by the Conmaicni »]. 

Cond mac meic Cuiwd, rl Teftha, occissus est o feraib 
Brefne, cum aliis multis 1 [« Conn, son of Mac Cuinn, king 
of Teffa, was killed, with many others, by the men of Brefne »]. 

Muirciertach Hûa Cowcobair, rl Hûa Failghe, do dalW la 
derbrathair fén [« Muirchertach Hûa Conchobair, king of Of- 
faly, was blinded by his own brother »]. 

[AU. 1070. AI. 1054. CS. 1068. FM. 1071]. 

Kl. Enair for Satharnw 7 .xx.ui. [leg. .xu. ?] îuirri [« The 
calends of January on a Saturday, and it was the i6 th day ot 
the moon »]. 

Ruaidhri Hiia Caaandan, rl Thiri Cowaill, do marbadh 
[« Ruaidri Hua Cananndin, king of Tyrconnell, was killed »]. 

O Mael Ruanaid, ri UW, do marboJ [« Hûa Maeil Rua- 
naid, king ofUlster, was killed »]. 

1 . ML. ailis muiltis 




4io 



Whitley Stokes. 



Mac Rigbardan maie Con-come, ri EH, 7 mac Gilla Brighdi 
H/h' Mail-muaidh, ri Fer cell, ocàsus est [« The son of Rig- 
barddn, son of Cû-corne, king of the Éli, and the son of 
Gilla Brigte Hiia Mail-muaid, king of the Fir cell, were slain »]. 

[AU. 107 1, 1072. AL 1053. CS. 1069. FM. 1072]. 

Kl. Enair ior domnach 7 .ui. [leg. uii ?] f«/rri [« The lîrst of 
January on a Sunday, and the sixth (of the moon) there- 
on »]. 

Diarmuit mac Mail na mbo, ri Breatan 7 tndsi Gall 7 Atha 
cliath 7 Leithi Mogha Nuadhad, do marbadh la Cowcobur Hua 
MaclSechlainn a cath Odba, 7 àr diairiwthe do Gallaib 7 do 
Laignib uiwe [« Diarmait, son of Mael na mbô, king of Bri- 
tons and the Hébrides and Dublin and Mug Nuadat's Half 
(the southern half of Ireland) was killed by Conchobar Hua 
Mael-Sechlainn in the battle of Odba, and an innumerable 
slaughter of Foreigners and Leinstermen around him »]. 

Hua Flaithri, ri U\ad, 7 a mac Aisidh, ri Hûa nGabla, da 
loscad a tigh tenedh 7 sochaidhe 1 olchena [« Hua Flaithri, 
king of Ulster, and his son Aisid, king of the Hùi Gabla, were 
burnt in a house set on fire, and a multitude besides »]. 

[AU. 1073. AI. 1056. CS. 1070. ALC. 1073. FM. 1073]. 

Kl. Enair for Mairt 7 .xuiiî. 2 fuirri [« The kalends of Ja- 
nuary on Tuesday, and the eighteenth (day of the moon) » 
thereon]. 

Ccwcobur Hîia MaelSechlainn, ri Temnzrh, do marbadh do 
mac a derbrathar feifi .i. do Murdmach Hûu MzelSechlainn 
tre mebail. A chen» do breith ar eicin Isa adhnacal o Cluaiw 
maie Nois co Cend coradh la Toirrdelbach Hûa mBriaiw dia 
haine Chase môr. Rucadh in cend cétnz fothuaidh dia-dom- 

1 . MS. sochaighc 



2. xui'f. 




The Annals of Tigernach. Fourih Fragment. 



411 



naigh ans co w-dib failgib oir iwmaille friss tria firt 7 mirbuilib 
Dia 7 Ciarain. [« Conchobar Hûa MaelSechlainn, king of 
Tara, was treacherously killed by his own brother's son, 
Muirchertach Hûa MaelSechlainn. His head was taken by 
force out of his grave from Clonmacnois to Kinkora by 
Toirdelbach Hûa Briàin on Good Friday. Through the virtue 
and miracles of God and S. Ciaràn, the same head was 
brought backagain from the south on Sunday, along with two 
rings of gold »]. 

[AU. 1074. AI. 1057. CS. 107 1. FM. 1074]. 

Kl. EntfiV for cAain 7 .ix. dec [leg. xxix?] fwzVri [« The 
kalends of January on a Wednesday, and the nineteenth (day 
of the moon) thereon »]. 

Dunan airdespw Atha cliath [« archbishop of Dublin »] in 
pace quieuit. 

Diwchadh Htia CûXaig, airdri Hûa Maine [« overking of the 
Hûi Maini »] occiswj est a ixatre suo p*r doluw. 

[AU. 1075. AI. 1056. CS. 1072. ALC. 1075. FM. 1075]. 

Kl. for dardain 7 .x. fuirre [« The calends (of January) on 
a Thursday and the tenth (day of the moon) thereon »]. 

Hûa Canandan, ri Ceneoil Ccwaill [« king of the Kindred 
of Conall »] monuus est. 

Gofraidh 1 xl Gall do éc [« Godfrey, king of the Foreigners, 
died »]. 

Sluaigedh la Tairrdelb^ Hûa mBriaiw co hAth Fir-dhiadh, 
co forgla fer n-Erenn uime, do chuiwdcidh giall for Oirgialk/i 
7 for Ulitaib, acht ro impa cen giallo, cen et/re, iar marbadh 
dreme dia muntir [« A hosting by Tordelbach Hûa Briain to 
Ardee^ accompanied by the choice of the men of Ireland, to 
demand hostages from the Airgéill and the Ulaid. But he re- 

1 . MS. Gofraigh 




412 



Whilley Stokes. 



turned without hostages or pledges, after some of his'people 
h ad been killed »]. 

[AU. 1076. AI. 1059. CS. 1073. ALC. 1076. FM. 1076]. 

Kl. enair for aenditen 7 .xxi. [leg. xxii ?] îuirn [« The ca- 
lends of January on a Friday, and the 2ist (day of the moon) 
thereon »]. 

Murchadh Ua Flaind Hûi MadSechlainn do mzrbad la hAm- 
laim mac Maelan, xig GziXeng, i cloietheach Cenandsa a me- 
buil, 7 a marbod fen focMoir, tre firt Colwî'm chille, la Mael- 
Sechlainn mac Conchobair[« Murchad, grandson of Fland Hûa 
MaelSechlainn, was treacherously killed by Olaf, son of Mael- 
an, king of the Galenga, in the bell-house of Kells, and 
straightway, through a miracle of S. Colomb cille's, Olaf 
himself was killed by Mael-Sechlainn, son of Conchobar »]. 

[AU. 1077. CS. 1074. ALC. 1077. FM. 1077]. 

Kl. enair for downach 7 .ii. fuirri [« The calends of January 
on a Sunday, and the second (of the moon) thereon »]. 

Cluaiw maie N6is do loscadh cenmotha tewpull Bernàin 
Chiardin 1 [« Clonmacnois was burnt, excepting the church of 
S. Ciardn's Gapling », a bell]. 

Murchadh mac Conchobair Hûi MaelSechlainn do marbtfih 
do feraib Teftha per dolwm [« Murchad, son of Conchobar 
Hua Mael-Sechlainn, was treacherously killed by the men of 
Teffa »]. 

INghen Hûi f ôcartaig, ben Tairrdelba/^ Hûi Briaiw, do éc, 
7 cradh diairme do facbail [ ] conz ceïlaib di. [« (Gorm- 

laith), daughter of Hua Focartaig and wife of Tordelbach Hua 
Bridin, died, and countless wealth was left by her [ ] 
with its (or their) churches »]. 



1. MS. bernan chiaran 




The Annals of Tigernach, Fourih Fragment. 415 



[AU. 1078. AI. 1061. CS. 1075. ALC. 1078. FM. 1078]. 

Kl. enair forluan 7 .xiii. fwrre [« January 1 on a Monday, 
and the I3 th (day of the moon) thereon »]. 

Lethlobwr O Laidhgnén, ri Airgiall, do ég, 7 Concobar 
Hûa Briai», ri Cene[oi]l Eogain 7 Downall mac Tigernain 
Hûi Ruairc, ri Conmaicne, omnes occisi sunt 1 . [« Lethlobar 
Hûa Laidgnéin, king of Oriçl, died, and Conchobar Hiia 
Bridin, king of the Kindred of Eogan, and Domnall, son of 
Tigerndn Hûa Ruairc, king of the Conmaicne, ail were 
slain »]. 

* Cendfaeladh mac Dungalaig, ri Muscraighi 2 Thire, ordan 
Muman, mortuus est [« Cenn-faelad, son of Dungalach, king of 
Muscraige Tire, glory of Munster, died »]. 

[AU. 1079. AI. 1062. CS. 1076. ALC. 1079. FM. 1079]. 

Kl. ena/r for mairt 7 xx.iiii. 3 fwzrre [« The calends of Ja- 
nuary on a Tuesday, and the 24* (day of the moon) there- 
on »]. 

Cdlach Hûa Ruanadha, ollam Evenn [« chief poet of Ire- 
land »] quieuit. 

Aedh Hûa Flaithb^rtaig, ri iarthair Con[n]acht, do marbadh 
la Ruaidhri Hûa Conchobair [« Aed Hûa Flaithbertaig, king 
of the west of Connaught, was killed by Ruaidri Hûa Con- 
chobair »]. 

Argain na Cruaiche [fo. 19* 1] la TairdeH>tfd> Hûa mBriain 
7 argain Lâcha Bendchair lasin rig cétnz [« The rifling of 
Croaghpatrick by Tordelbach Hûa Bridin, and the rifling of 
Loch Bennchoir by the same king »]. 

Sluagad la Tairrdelbach Hûa mBriain co hAth cliath 7 co 

1 . MS. ornes occisiu est 

2. rawicraidhi 

3. uii. 




414 



Whiuey Stokes. 



firu Midi, co tainic MaelSechlainn mac Conchobair ina theach 
la comurba PadnnV 7 la Bachaill tssa [« A hosting by Tordel- 
bach Hua Briain as far as Dublin and the men of Meath ; and 
MaelSechlainn, son of Conchobar, with S. Patriçk's suc- 
cessor and (the Keeper of ) the Staff of Jésus, submitted to 
him »]. 

[AU. 1080. FM. 1080]. 

Kl. enair ior cétzin 7 coicid dec [leg. coiced uathaid ?] îuirri 
[« The calends of January on a Wednesday, and the I5 th (day 
of the moon) thereon »]. 

Fir Teftha 7 Mundter Geradhan 7 Cairpn Hûi Ciardha do 
thecht ar creich a n-Uib Failge, co riachtatar co termund 
Chilli Eich (leg. Achaid?), cor* brisedh maidm forro, cor' mar- 
badh and Htia Ciardha 7 mac Meic Finwbairr, taissech Mun- 
t^ri Geradhan, 7 sochaide mor [« The men of TefFa, and the 
Munter Geraddin, and the Cairbri Hûi Ciarda went on a raid 
into Offaly, and reached the glèbe of Cell eich (leg. Cell 
Achaid ?), where a defeat was inflicted upon them, and Hua 
Ciarda and the son of Mac Findbairr, chief of the Muinter 
Geraddin, and a great multitude, were slain »]. 



[AU. 1081. CS. 1077. ALC. 1081. FM. 1081]. 

Kl. enair ior aine 7 .xui. îuirri [« The calends of January on 
a Friday, and the i6 th day of the moon »]. 

Mac Amalghafda] Hûi Flaind, taisech Callraighi r , do mar- 
badh do Mzel-Sechlainn mac Conchobair [« The son of Amalgaid 
Hua Flaind, chief of the Calraige, was killed by MaelSech- 
lainn, son of Conchobar »]. 

Ara na naem d'argai» do G&llaib [« Aran of the Saints was 
rifled by the Foreigners »]. 



1. MS. callraidhi 



Digitized 




The Annals of Tigernach. Four th Fragment. 



4M 



[AU. 1082. AI. 1065. CS. 1078. FM. 1082]. 

Kl. enair for satharnn 7 .xxuii. (uirvi [« The calends of Ja- 
nuary on a Saturday, and the 27 th day of the moon) thereon »]. 

Domnall mac Taidhg Hûi Chonchobair, r/^damna Con- 
[n]acht, do marbadh do Cathal mac Aedha Hûi 1 Chonchobair 
a fill [« Domnall, son of Tadg Hua Conchobair, crownprince 
of Connaught, was treacherously killed by Cathal, son of 
Aed Hua Conchobair »]. 

Cathal Hûa Concobùr do thtcht la Ruaidhri mac Aedha in 
ga bernaigh Hûi Chonchobair, co socAraiti moir uime [« Ca- 
thal Hûa Conchobair, with a great army around him, was 
killed (literally, went) by Ruaidri, son of Aed of the Gapped 
Spear »]. 

[AU. 1083. AI. 1066. CS. 1079. ALC. 1083. FM. 1083]. 

Kl. Aedh Hûa M&elSechlainn, ri Aihg [« king of Ailech »] 
mortuus est. 

IN Meranach Hûa hEochadha, xl UW, do bathad a Luiw- 
nech [« The Meranach, grandson of Eochaid, king of Ulster, 
was drowned at Limerick »]. 

Tadhg Hûa Taidhg, comurba [Flanddin] Cilli da Lua, 
[« a successor of S. Flandân of Killaloe »] quieuit. 

[AU. 1084. AI. 1067. CS. 1080, 1081. ALC. 1084. 
FM. 1084]. 

Kl. enair (or luan 7 .xx. (uirn [« January 1 on a Monday, 
and the 20 th (day of the moon) thereon »]. 

Cell da Lua 7 Tuaiw ngrém 7 Mag nÉo a n-Orbraighe do 
\oscud do Chonmaicnih [« Killaloe and Tomgraney and Mayno 
in Orbraige were burnt by the Conmaicni »]. 

1 . MS. ua 




41.6 



Whitley Stokes* 



Concobar Hua CAfadha, ordan Muman [« glory of Mun- 
ster »], mortuus est. 

Donwchad mac Airt .i. in Cailech, maie Sen-Fergail Hûi 
Ruairc, ri Brefne, co n-airrther Chondacht 7 Cairprz 7 Gailenga, 
do theacht il-Laignib, co tarraidh 1 Murcfertarh 2 îiùa Briain, 
ri Muman, co feraib Maman 7 Gaill 7 Laigm 7 Osraige, co 
tardsat cath Mona Cruinneoige, 7 cor' mzrbad and Dondchadh 
Hua Ruaircc, ri airrtfo'r Condor/;/, 7 Cend-édigh mac Briain, 
r/gdamna Erenn, 7 Congalach mac Murchadha Hûi Conchobair 
Failghi, et aln Ain. mile testa and. Rucad cend meic Oiilig, 
righ Brefne, co Luimnech [« The king of Brefne, Donnchad, 
son of Art, called « the Cock », son of Fergal Senior Hua 
Ruairc, marched, with the people of East Connaught and 
Cairbre and the Gailenga, into Leinster. But Murchertach 
Hua Briain, king of Munster, with the men of Munster, the 
Foreigners, Leinster and Ossory, overtook him; and fought 
the battle of Monecronock ; and therein were slain Donnchad 
Hua Ruairc, king of the east of Connaught, and Cenn-étig, 
son of Bridn, crownprince of Ireland, and Congalach, son of 
Murchad Hua Conchobair Failgi, and four thousand others 
were lost there. The head of the son of « the Cock », king 
of Brefne, was taken to Limerick »]. 

Teidm mor isin bliadain sin, cor' marb cetAraime fer 
n-Erenn. Is and rogab zrtûs tes, 7 ro sir fo chetAri hairdib 
Evenn. ISse fath fodera fochain« an tedma sin .i. deamwa 
thancatar a hindsib tuaisemachaib an domain .i. tnchath 7 .x. 
cét ar ficbii cet cach catha, amal ro indis Àenghttj Occ mac an 
Dagh[d]a do Gilla Lughan ro tathaigedh an sith gach bliadain 
aidhchi èamna, 7 adchon«airc-sin fein aen-chath a Maistin 
dib .i. cath robai ac mïlliud Laigen. IS amlaidh dôces do mac 
Gilla Lughan iat, 7 gach leth da roichedh a tesbach 7 a 
mbruth as and ro gabadh a nem. Ar robài claidim tenedh a brai^ 
ghid gach fîr dib, 7 airdithir neolla nime gach fer dib. Owidh 
esin fochond an tedma sin. 

[« A great pestilence in this year, which killed a fourth of the 

1 . MS. tarraigh 

2. written man. rec. over Murchad 



Digitized 



The Annals of Tigernach. Fourîh Fragment. 



417 



men of Ireland. It began in the south, and spread through- 
out the four quarters of Ireland. This is the causa causans 
of that pestilence, to wit, démons that came out of the north- 
ern isles of the world, to wit, three battalions, and in each 
battalion there were thirty and ten hundred and two thousand, 
as Oengus Ôc, the son of the Dagda, related to Gilla Lugan, 
who used tohaunt the fairy-mound every year on Halloween. 
And he himself beheld at Maistiu one battalion of them which 
was destroying Leinster. Even so they were seen by Gilla Lu- 
gan's son; and wherever their heat and fury reached, there their 
venom was taken. For there was a sword of fire out of the 
gullet of each of them, and every one of them was as high as 
the clouds of heaven. So that is the cause of this pestilence »]. 

[AU. 1085. CS. 1081. ALC. 1085]. 

Kl. enair (or céuin, 7 aend& [leg. aen uathaid ?] ùtirri 7 
isi sin M x .lxxx.u. bliadan o ge[i]n Cm/. [« The calends of Ja- 
nuary on a Wednesday, and on the n th day of the moon ; 
and this is the 1085* year from the birth of Christ »]. 

Mac Domnaill Hûi Ruaircc, ri Hûa mBriuin Brefhe [« The 
son of Domnall HûaRuairc, king of the Hûi Briuin of Brefhe »], 
occis us est per dolww. 

Treblaid mor galair far Thoirrdelb^A Hua mBriain, cor'be 
a méd cor' benadh a folt de [« A great tribulation of disease 
on Tordelbach Hua Bridin, and such was its greatness that 
his hair was struck ofF him »]. 

[AU. 1086. AI. 1069. CS. 1082. ALC. 1086. FM. 1086]. 

Kl. enair .u. luna. xu. [leg. xii.] secundus annus bisextilis. 
Mael-Issu Hua Brolchan, sruith-senôir Erenn 7 ardèai na heena, 
conidh e a med co nderna fen liubra 7 eladhna lanmora do 
amaindse 7 do indleacht, 7 fuair bass a ngradsaib De [« Mael- 

1 . Ms. .m. mm. 

Revue Celtique, XVII. 27 




4i 8 Whitley Stokes. 

Isu Hiia Brolchdin, vénérable elder of Ireland, and arch-sage 
of wisdom. So great was it that he himself made books and 
treatises replète with acuteness and intellect. And he died in 
the grâces of God »]. 

Tzvcrdelbach Hûa Briain, r/ urmôir Erenn, mortuus est 
[lxx.uii. anno aetatis suae,] reighni autem [xxii] .i. isindara 
bliadain fichit a flaithiWa, cor' crichnaig a betha, co ndechaidh 1 
iar n-aithrighi. Tadhg a mac do éc in uwo mense [« Tordel- 
bach Htia Briâin, king of the greater part of Ireland, died in 
the 77 th year of his âge, but in the 22 d of his reign — so his 
life ended, and he departed after repentance. His son Tadg 
died in one month »]. 

Maidw na Crincha ria nGallaib 7 Lzignib îor MzelSechlainn 
mac Concobair, uibi cecidit Mael Ciaran Hûa Cathasaigh 7 
Mael-muaidh r/ Fer ceall, et alii. [« The rout of the Crinach, 
inflicted by the Foreigners and the Leinstermen on MaelSech- 
lainn, son of Conchobar, wherein there fell Mael Ciardin 
Hua Cathasaig and Mael-muaid, king of Fir cell, and 
others »]. 

IN Sindach Find .i. d'naeth Hua Catharnaigh, xi Teftha, 7 
a mac, 7 Hiia Muiredhaigh, tûssech Munt/re Tlaman, do mar- 
badh a fill o MaoiSechlaitin mac Cawchobair ic Loch Muige 
Luatha. [« The White Fox, i. e. Cinaeth Hûa Catharnaig, and 
his son, and Hûa Muiredaig, chief of the Munter Tlamain, 
were treacherously killed by MaelSechlainn, son of Conchobar, 
at the Lake of Mag Luatha »]. 

Hî'ui Baigellan, ri Airgiall, occisus est o Cowaillib [« Hûa 
Baigelldin, king of Oriel, was slain by the Conailli »]. 



[AU. 1087. AI. 1070. CS. 1083. ALC. 1087. FM. 1087]. 

Kl. enair. sextz îeria [xx] .in. [luna] MaelSechlainn macCon- 
cobair ri Temrach, do marbad tre thangnacht [« Mael-Sech- 
lainn, son of Conchobar, king of Tara, was killed through 
guile »]. 

1 . MS. ndechaigh 



Digitized t 




The Annals of Tigernach. Fourth Fragment. 419 



Cath Conachla a Corand iter Ruaidhri na saighe buidhe, 
mac Aedha in ga bmiaigh, Hûi Concobair 7 Aedh mac Airt 
Uallaig Hûi Ruairc, ri Con[n]acht [fo. 19*2] co torchair and 
Aedh Hûa Ruairc 7 Muiredhach H*ia hEolais 7 Sitriuc mac 
Cfltt-sleibe Hûi Fergail, 7 mac Gofraidh 1 Hûi Siriden, et ailii 
multi. Ruaidri Hûa Concobair as leis tucadh [« The battle of 
Conachail (Cunghill) in Corann between Ruaidri of the Yellow 
Bitch, son of Aed of the Gapped Spear, grandson of Con- 
chobar, and Aed, son of Art the Proud, grandson of Ruarc, 
king of Connaught ; and there fell therein Aed Hûa Ruairc, 
and Muiredach Hûa Eolais, and Si trie, son of Cû-Slébe Hûa 
Fergail, and the son ofGodfrey Hûa Siriden, and many others. 
Tis by Ruaidri Hûa Conchobair that this battle was deli- 
vered »]. 

Cath Ratha Edair iter Laighniu 7 fini Muman, cor* maidh 2 
for Laignib [« The battle of Ràith Etair between the Leins- 
termen and the men of Munster, and the Leinstermen were 
routed »]. Muirdmach Hûa Briain uictor fuit. 

[AU. 1088. CS. 1084. ALC. 1088. FM. 1088]. 

Kl. tnair for satharn 7 .lin. fwirri [« January 1 on a Satur- 
day, and the fourth (of the moon) thereon »]. 

Maidm Indsi Adarcaige* la Ruaidhri Hûa Concobair for 
Muirdmach Hua mBriaiw, dû nar' cwîVedh dr Muwan awnar' 
leigedh a coblach sécha sin, 7 dorad beous âr for choblach an 
fir cMna. Tanic timchell tiar for in fairrge do indradh Con- 
\vî\acht. [« The rout of Inis Adarcach [« Horned Island ») in- 
flicted by Ruaidri Hûa Conchobair on Murchertach Hûa 
Briain, wherein such a slaughter of Munster was made that 
its fleet was not allowed to pass further, and Ruaidri also 
slaughtered (the crews of) the same Murchertach's fleet, 
which had corne round westward over the sea to ravage Con- 
naught »]. 

1 . MS. cafraig 

2. muigh 

3. adurcaid 




420 Whitley Stokes. 

INdradh Corcowruadh fo xhri la Ruaidhri Htia Conchobair 
7 la Condadtfaib, 7 in très fecht atorcratar and triar maith do 
Condoc^/aib .i. Mac Cathail Htii Mugroin, tûssech Cla/wdi 
Cathail, 7 Cu Sinwa mac Muirdmaigh, tzissech Clainde To- 
maltaigh, 7 Mac Gilla Crist maie Echtig/rnn, taissech Corco 
Achland [« The plundering of Corcomroe thrice by Ruaidri 
Hua Conchobair and the Connaughtmen ; and on the third oc- 
casion there fell three nobles of Connaught, namely, the son 
of Cathal Hua Mugroin, chiefof Clan Cathail, and Cû Sinna, 
son of Muirchertach, chief of Clan Tomaltaig, and the son of 
Gilla-Crist, son of Echtigern, chief of Corco- Achlann »]. 

•^P* Hue usque Tigernach scribsit .0. a r . 1 qwieuit. 
(A suivre.) Whitley Stokes. 



1. I do not understand this contraction. O' Conor expands it thus: 
hoc anno, which makes good sensé, but is, palaeographically, impossible. 



Digitized by 



DIALECTICA 

(Suite.) 



VI. 



MUTATIONS INITIALES. 



A. — En gallois, après le pronom possessif féminin ei, le 
mot suivant commençant par une voyelle prend h : ei awen, 
son inspiration à lui, ei hawen, son inspiration à elle. Ce phé- 
nomène se produit dans d'autres cas et peut avoir d'autres 
causes, mais ici il est logique de croire que h représente s final 
du pronom féminin : ei hawen est pour eih awen (et masculin 
= *e-syo~; ei fémin. = *e-syâs). Ce qui le confirme, c'est que 
le même phénomène existe en breton, quoiqu'on ne l'ait pas 
encore signalé. On dit, par exemple, i alhwç, sa clef à lui, 
i halhwç, sa clef à elle, en bas-vannetais (canton de Guémené- 
sur-Scorff). Il en est de même en Haute-Cornouailles (Coat-en- 
Haye, commune du Faouët, Morbihan). Un de nos étudiants, 
M. Le Roux, natif de Pleubian (Trégorrois), a constaté le 
même phénomène chez lui. Il en est de même en irlandais 
moderne : a anam, son âme à lui, a h-anam, son âme à elle. 

B. — Le pronom possessif féminin, dans toutes les langues 
brittoniques, provoque l'aspiration de l'explosive sourde ini- 
tiale qui suit, mais ne produit aucun effet sur les moyennes et 
spirantes qui suivent. La raison de l'aspiration est bien connue; 
elle est produite par Y s finale du pronom qui s'est ancienne- 
ment assimilée à l'explosive suivante et l'a en quelque sorte 
doublée. La raison de la conservation des explosives sonores 
et des spirantes doit être analogue : s a doublé ou renforcé la 
consonne qui suit. Dans un petit coin du territoire breton, 
.comme je l'ai déjà dit dans la Revue Celtique, au Faouët, en 
Haute-Cornouailles, s a produit sur les explosives sonores un 




422 



J. Loth. 



effet analogue à s du pronom moyen-breton de la 2 e personne 
ck(j en breton moderne : elle les a changées en sourdes : i prtur, 
son frère à elle, i torn, sa main, i kwçle, son lit. 

Il y a une autre trace plus générable et palpable de l'effet de 
Y s sur la labiale suivante, sur m. Les grammairiens gallois 
écrivent quelquefois*/ tnhatn, sa mère à elle. Cette orthographe 
est blâmée par les grammairiens les plus en renom 1 et peu 
usitée. Elle n'en répond pas moins à une réalité. D'après une 
expérience faite à Rennes avec les appareils enregistreurs de 
M. l'abbé Rousselot sur deux personnes, l'une galloise, native 
des environs de Carnarvon, l'autre bretonne, du Faouët (Haute- 
Cornouailles), et la lecture des graphiques par M. Rousselot, m 
initiale, précédée du pronom possessif féminin, est très nota- 
blement différente de m ordinaire. Elle se rapproche de m 
sourde et a pu, par conséquent, être notée avec assez d'exac- 
titude par tnh, chez les Gallois. La prononciation est la même 
en Haute-Cornouailles qu'en Galles. Je n'ai pas encore vérifié 
si le phénomène est général en Bretagne. 

C. — Tandis qu'en gallois et en comique les pronoms 
personnels régimes de la r e pers. du sing., de la 3 e du sing. 
féminin, 3 e du pluriel précédant le verbe, ou pronoms infixes, ne 
produisent pas d'infection; en breton actuel, ils produisent le 
même genre d'infection, d'après les grammairiens, que les pro- 
noms personnels. Gallois : efe a'i cospodd ef, il la punit lui ; tft a'i 
cospodd hi, il la punit, elle. En breton, on dira : me ou tn'i c'haro, 
je l'aimerai; tn'o c'haro, je les aimerai ; c'hui am char, vous 
m'aimez. Le pronom masculin ou neutre de la 3 e pers. du sing. 
est encore en et ne peut produire de mutation, lorsque le verbe 
est à un mode personnel. Ces mutations qui, comme le mon- 
trent le gallois et le comique, n'ont rien de bien ancien, ont été 
amenées par la construction de l'infinitif, qui est un ancien 
nom, avec le pronom possessif: va c'harout, m' aimer, ht garout, 
l'aimer lui (son aimer); ht c'harout, l'aimer elle; c'harout, les 
aimer eux. La construction est la même avec le participe. 
L'assimilation pour le verbe fini et les noms verbaux a été faci- 
litée par la construction de l'infinitif avec l'auxiliaire faire : on 

1 . Silvan Evans, Uythyratth yr iaitbgymraeg, p. 69, § 207. 




Dialectica. 



42} 



disait logiquement : he c'harout a rann; on a dit par voie d'ana- 
logie me c'har, je l'aime elle. 

La construction de l'infinitif avec les pronoms suffixés à la 
préposition, ahanoun, de moi, ahanout, de toi, etc., a eu des 
effets considérables dans le système actuel de la syntaxe des 
pronoms. Carout ahanoun, a signifié quelque chose comme 
Y aimer de moi 1 , l'affection qu'on me porte : carout a rann ane^i, 
je l'aime. De l'infinitif qui a depuis longtemps cessé d'être un 
simple nom et a acquis la valeur verbale, la construction a 
passé au participe : me m'eus caret ane^i, je l'ai aimée ; puis à tout 
le verbe : me gar ane^i, je l'aime. Aujourd'hui le pronom ré- 
gime le plus usité est de beaucoup ahanoun, ahanout, etc. 

La construction du possessif avec l'infinitif est la même en 
gallois et en comique. Elle est même mieux conservée, en ce 
qui concerne le pronom masculin de la 3 e personne, eigaru, 
l'aimer. En breton, dans un grand nombre d'endroits, le pro- 
nom régime a remplacé le possessif. 

Dans la construction avec le participe, en breton, il n'est 
pas rare qu'il n'y ait pas de mutation non seulement après le 
pronom masculin-neutre, -n, ce qui est régulier, mais après 
le pronom féminin, hé, hi. Vannetais : Guémené-sur-Scorff : 
me m'es i caret, je l'ai aimée; Quiberon : me mes ey caret; 
Guilligomarc'h : me mes i caret. Gornouailles : Glomel : me mes 
i caret; Quimperlé; Ploneis, id. En Goello, à Kerity, id. En 
Léonard, l'aspiration se fait, en général; les mutations sont 
celles qui se produisent avec l'infinitif. On trouve cependant 
parfois le pronom masculin régime au lieu du possessif he 2 . 

En bas- vannetais, le pronom personnel de la 3 e personne du 
pluriel ne provoque pas non plus l'aspiration du participe : 
me m'es f caret, je les ai aimés ; mais harout, les aimer. Il en 



1 . En Galles, la construction est la même, mais le sens a évolué diffé- 
remment : dywedyd ohono, dire par lui. Cette construction y joue également 
un grand rôle. 

2. L'absence de mutation dans me meus i caret peut s'expliquer par la 
tournure caret am eus i, mais le rapprochement avec le gallois et le 
comique feraient plutôt supposer que le pronom régime est ici à un cas 
autre que dans i c harout. 




424 



J. Loth. 



est vraisemblablement de même là où le pronom personnel 
féminin est traité de même. Je n'ai pu encore le vérifier. 

Anti&y ane^i, ane%$ ou aneq? sont arrivés, en certains en- 
droits, à être sujets. On dira, par exemple : ne gar ket ane^â 
redec, il n'aime pas courir. Ce rôle a été facilité par certaines 
constructions, comme celle-ci que je relève en moyen- 
breton : ane%aff eo ma muyhaff couff, de lui est mon plus grand 
souvenir; de ce sens, on passe facilement à celui de : c'est lui qui 
est mon plus grand souvenir. 



VII. 

LA TERMINAISON -OC7 ET LES NOMS EN -*ADOU, 
GALLOIS -ADWY. 

La terminaison actuelle -ou en léonard, bas-corn. ; ç en tré- 
gorrois, aw en haut-cornouaillais et en bas-vannetais, ew, ôw 
en haut-vannetais (Jo à Groix, Belle-Ile et Batz) est toujours 
donnée comme la marque du pluriel. Elle représente cepen- 
dant parfois une terminaison adjective ; c'est ainsi qu'on dit 
couramment en bas-vannetais, en parlant d'une vache, brihaw, 
melenaw (la tachetée, la jaune). Certains noms propres en 
•ou ont cette terminaison adjectif: en vannetais Er Galaw, 
Le Gallo, etc. 

En Haute-Cornouailles, dans la zone limitrophe du bas- 
vannetais, aw représente quelquefois -oe($). Ainsi le léonard 
nado^j aiguille, trégorrois noadç, vannetais nadoç, gallois no- 
dwydd, a pour équivalent, dans cette zone, nàdaw. La raison 
de ce phénomène est assez claire. Le léonard montre que dans 
la diphtongue -oe^, o portait l'accent, et que e se prononçait 
assez faiblement. L'accent principal du mot ayant été porté sur 
la pénultième, t a disparu. Ailleurs, il a eu pour effet de ré- 
duire oe à ç , phénomène qui s'est produit pour bon nombre 
de noms propres : Corot en 1228 est aujourd'hui Coray (Cor- 
nouaille, Finistère) : prononcez Côre). Le Lan-Riworœ du 
Cartul. de Landévennec est devenu Lan-Rivoare. Porthoed 
(= gall. porthoedd, ports) est aujourd'hui Por^ay (prononcez 



Digitized by 



Dialectica. 



425 



Por^é) dans Plounevez-Porzay, dans l'arrondissement de Châ- 
teaulin. (Pour ces noms bretons et les suivants, v. J. Loth, 
Chrestomathie). 

L'évolution de -oe en aw en Haute-Cornouailles aide à com- 
prendre l'histoire des adjectifs dits de nécessité, et qui, en réa- 
lité, répondent aux adjectifs français en -able, en breton. La 
Grammatica celtica, après avoir traité de ces adjectifs en gallois 
et en comique (-adwy, -adow) fait remarquer leur absence en 
breton en ajoutant qu'ils ont sans doute existé autrefois, à en 
juger par les noms propres Benitoe, Portitoc, du Cartulaire de 
Redon. Leur existence a depuis été prouvée directement. Il y 
a d'abord la glose du vieux-breton nit inaatoe, gl. non ineundum 
est. Aujourd'hui le suffixe -*adoe est mort, ne sert plus à 
former de dérivés, mais il existe encore des noms propres qui 
ne sont autre chose que des adjectifs dits de nécessité. J'ai 
déjà signalé le nom de femme Karadou (aimable) qui paraît 
dans une charte deBeauport de 1267 (Revue Celt., VII, p. 57). 
Ce nom est encore aujourd'hui fort répandu sous les formes 
Caradou, vannetais Car ado (prononcez Car adow, Caradaw). 
On peut encore signaler Magado qui est identique à l'adjectif 
gallois magadwy. On en trouverait sans doute encore d'autres. 
Ce qui ne s'est produit qu'en Haute-Cornouailles pour nadaw 
— nadoe^, a eu lieu, dans tout le pays, pour ces adjectifs. 
L'accent dans la diphtongue était sur 0; il s'est développé entre 
et e un w qui a fini par amener la disparition de e faiblement 
prononcé. Pour la naissance de ce w, cf. le gallois pydew, 
puits = pùtéwu, puteus ; gallois olew, huile, vocab. comique 
oleu, breton oleo = *ôlâvu-, oléum. Le phénomène qui a amené 
-atoe à -adou se montre dans un mot qui a évolué de façon 
uniforme dans toute la Bretagne : au mot gallois trothwy, seuil 
de la maison, répondent le léonard, bas-corn. treu%ou> haut- 
corn, et bas-vannet. trô^azv, haut-vannet. tre^ôw. Il est évident 
que la forme vieille-bretonne à rétablir est trôsoe. Il n'est pas 
douteux que le mot gallois et le mot breton ne soient iden- 
tiques, malgré Y s doux du vannetais. La terminaison -oe a été 
traitée comme un mot séparé (peut-être d'ailleurs en est-ce 
un), ou en tout cas, ce qui quelquefois revient au même, 
comme une syllabe nettement séparée, et dès lors a eu lieu un 




426 



J. Loth. 



phénomène analogue à celui que Ton constate dans le van- 
netais biscwac'h, jamais, = bithgweth: cf. en bas-vannetais 
Gwçz varia, le ruisseau de Marie = Goeth varia ; cf. benestou, 
bénédiction de Dieu = * benoeth Doue, en bas-vannetais, non 
loin de la Cornouaille. Certains noms propres en -oe ont été 
traités différemment suivant les pays. Mat-bidoe, écrit aussi 
Mat-vedoi en vieux-breton, se retrouve sous la forme Madehœ, 
en vannetais dans Ker-Madehoy l , en Pleumeur, Morbihan. Il 
apparaît en 1434 sous la forme Madeçpy dans Mene%-Made%py, 
mais il est écrit, peut-être par un scribe d'une zone différente, 
Madéçou dans Mene%-Made%pu, en 1430. Mene%-Made%oy est au- 
jourd'hui Mene-Madç, en Priziac, commune du bas-vannetais, 
du canton du Faouët, sur les bords de l'EUé. Ce nom a subi 
ailleurs dans sa finale la même évolution que nadoe. Il est ré- 
pandu sous la forme Made^ou ; à Quimperlé, la famille Madé%o 
est bien connue. Le Jarnoe du Cartulaire de Redon est au- 
jourd'hui Jarnou, Jarno. 

Quant à la forme primitive de ces adjectifs en -adwy, en re- 
gard des adjectifs irlandais en -thi, elle est des plus probléma- 
tiques. Thurneysen suppose une forme primitive -*ateivis, 
(Brugmann, Grundriss, II, p. 1426), qui phonétiquement peut 
s'admettre, mais qui ne dit pas grand'chose: -*ateivis devait 
donner d'abord en gallois et breton -atwyw, -atôew et a pu ar- 
river à -adwy, -adoe : cf. breton Doé, Doué, Dieu = Deivo- 
(pour le haut-vannetais Dwçw, cf. gallois Duw : v. Celtische 
Zeitschrift, I, p. 47) ; cf. gall. Dwy, dans Dyfr-Dwy, nom de 
la Dee = *Deiva, en vieux-gallois Duiu (Dubr-Duiu (Généa- 
logies de la fin du x c siècle, ap. J. Loth, Mabitwg., II, p. 324), 
au xii e siècle encore, dans Giraldus Cambrensis Dcverdœu. 

Pour l'irlandais, la forme -ateivis soulève certaines difficultés. 
D'après les graphies carthai, à côté de carthi, moltai, il 
semble bien que le t n'ait pas été palatal : ce qui serait certai- 
nement arrivé s'il avait été suivi de é, ei. L'irlandais moderne 
ne peut malheureusement ici nous renseigner, le participe dit 
de nécessité n'existant plus. — (A suivre.) J. Loth. 



1 . Pour l'évolution de Mat-uedoe en Madehoe, cf. Mat-uuoret devenu Ma- 
doret dans Kcr-vadoret, Cat-utwret, devenu Cadoret. 



Digitized by 



Goo$ 



MÉLANGES 



l. 



PORHOET. 



Les formes du nom du grand pagus trans silvam sont dans le 
Cartulaire de Redon : Poutrocoet, Poutrecoet, Potrocoet ; in pago 
Trocoet. Le mot est traduit dans le Cartulaire par Pagus trans 
silvam. En 1127, le nom de ce pagus, qui est en pays gallo, 
est Porroit dans Gaufrido et Alano Porroitensibus (J. Loth, 
Chrestomathie, p. 157). Voici les formes relevées par Rosen- 
%u/eig dans son Dictionnaire topographique du Morbihan : Porre- 
hoit, 1130; Podrohoit, xn e siècle; Porehet, xn e s.; Poreeth, 
xn e s. ; Porrehodium castrum, xn c s. (toutes ces formes sont 
tirées des archives du prieuré de Saint-Martin de Josselin) ; 
Por\enquoet, 1254 (D. Morice, I, 956); Porhoet, 1258 '(ab- 
baye de Lanvaux); Porcoet, alias Porenquoit, 1291 (D. Mo- 
rice, I, 1097); Pourhouet, 1294 (D. Morice, I, 1 1 13) ; Porhoit, 
13 12 (duché de Rohan). 

Il y a à écarter tout d'abord les formes Por^etiquoit, Poren- 
quoit qui constituent de simples tentatives étymologiques par 
des gens qui savaient du breton mais ne connaissaient pas la 
valeur du mot en question. 

Les formes qui entrent en ligne de compte sont: Poutro- 
coet, Poutrecoet, Podrohoit, Porrehoit, Porhoit. La difficulté dans 
l'explication de l'évolution de ce mot est dans l'aspiration de 
coet. Elle ne peut être due à r qui n'a été en contact avec le c 
de coet que tardivement. D'ailleurs, l'analogie montre qu'en ce 
cas il n'y aurait qu'un affaiblissement à attendre : cf. Argoet. 
L'aspiration de coet est donc due à tro, tre. Il est impossible 
donné comme équivalent à cls, dont le sens n'est pas douteux, 
donne à bôroma le sens de tribut et ferait remonter ce mot à 




428 



Mélanges. 



de songer à *troe = trwy, à travers ; la forme actuelle est tre; 
on eût eu, en vieux-breton, troc, et s'il y avait dû y avoir une 
modification, ce n'est pas tro, mais trç qu'on eût eu. Trç d'ail- 
leurs avec coet eût donné Tregœt. La seule hypothèse vrai- 
semblable, c'est que tro est la même préposition que le breton 
actuel treus, à travers (a dreus), gallois traws, tros. Tro est 
pour tros, comme le gallois tra est pour tras dans trachefn = 
de nouveau, derrière = *trascefn. Le gallois ne comprenant 
pas cette formation en a extrait une préposition trach. 

On peut se demander pourquoi on ne trouve pas tros coet. 
C'est que ce composé est fort ancien et que s de tros s'était 
assimilé à c initial : il est évident qu'au IX e siècle on pronon- 
çait déjà Pawtrocboet tout en étrivant Poutrocoet, de même 
qu'en moyen breton on écrivait ma tad tout en prononçant 
ma$ad. La consonne qui cause spiration a toujours disparu, et 
si on la revoit dans l'écriture, c'est par tradition littéraire On 
ne connaissait plus au ix e -x e siècle la forme ancienne de tros 
dans le composé * Trochoet = *Troccoet. Tro étant pour tros et 
causant aspiration, l'évolution de Poutrocoet ou Porrehoet, Por- 
hoet est toute naturelle. Pawtrochoet a passé par Pawdrochoet, 
* Podrecboet, * Po^rehoet, Porrehoet. Si on n'avait pas Podrohoit, 
on aurait pu supposer une influence de s de pagus sur tr-, ana- 
logue à celle qu'on constate dans Pocher; vieux-breton Poa- 
Caer = Pagus castri : on aurait eu Poutbrochœt, Pou%recbott. 

J. Loth. 

II. 

LE SENS PRIMITIF DE BÔROMA. 

M. Whitley Stokes a publié, tome VII de la Revue Celtique, 
p. 32 et suiv., un très curieux récit tiré du Livre de Leinster, 
intitulé Bôroma. D'après la légende, le ou plutôt la Bàrorna 
serait un tribut imposé aux hommes de Leinster par le roi 
suprême d'Irlande pour le meurtre de ses deux filles. M. Whit- 
ley Stokes, en note, p. 32, constatant que le mot bôroma est 

1 . Pour treu, cf. moyen- breton dydreu et le gallois draw. 



Digitized by 



Mélanges. 



429 



un pré-celtique * bbormiâ 1 , parent de çopoç. Selon lui, la mar- 
que de la longue sur bô- ne serait pas primitive et serait due à 
Fétymologie populaire. Je crois, au contraire, que Yo de bô- 
est long et qu'il faut décomposer le mot en bô-Roma, l'argent 
de Rome, bô, primitivement vache, ayant eu de bonne heure le 
sens de valeur monétaire. Rotna est le génitif régulier pour le 
nom de Rome en irlandais (nominatif Rom, gén. Rôma, dat. 
Rùaim ou Rôim (Windisch, Irische Texte, Wôrterbï) : c'était le 
denier de saint Pierre. C'est l'équivalent exact de l'anglo-saxon 
Rom-feoh : feoh rend littéralement bô et a le même sens propre 
et dérivé ; il semble une traduction de Bô-roma. L'existence 
de ce tribut est constatée dès le ix e siècle et se suit jusqu'après 
la conquête normande. Il se paie à la Saint-Pierre (Ancient 
laws and institutes of England, 1840; Lois d'Edward et Gu- 
thrum, p. 73, § VI; Lois d'Edgar, p. 112, ch. I, § 4; Lois 
d'Ethelred, p. 131 et suiv. ; V, 11 ; VI, 18; IX, 10; Lois de 
Cnut, p. 157, ch. IX; Lois d'Edward le Confess., p. 192, X; 
Lois de Guillaume le Conqu., p. 204, I, 17 ; Lois d'Henri I er , 
p. 225, XI, 3). 

Les lois d'Edward le Confesseur spécifient le montant de 
ce tribut : omnis qui habuerit XXX denariatas vive pecuniae de 
suo proprio in domo sua lege Anglorum dabit denarium sancti 
Pétri et lege Danorum dimidiam marcam (p. 192, X). D'après 
les lois de Guillaume doit le denier de sein Pitre « cil ki ad 
aveir champestre XX denier » (p. 204, I, 17). 

D'après les lois d'Edgar, le tribut consistait en un penig par 
feu (heor$-pennig). 

Lorsque la notion précise du sens de Bôroma s'est perdue 
et que le mot est devenu un composé dont les termes ne se 
distinguaient plus, l'accent principal étant sur bô-, Rôma a fata- 
lement abrégé son ô. Bôroma fut alors naturellement consi- 
déré comme un nominatif et passa, grâce à sa terminaison, à 
la déclinaison en -iâ (cf. gorta, gorté) ; l'échange, au nomi- 
natif, entre e et a se produit déjà en vieil-irlandais. 

Ce qui est assez curieux, c'est qu'il semble bien que ce 

1 . Il est bien peu probable qu'à l'époque du livre de Leinster il se soit 
dégagé un irrationnel à cette place. 




4P 



Mélanges. 



denier de saint Pierre ait laissé d'assez mauvais souvenirs aux 
Irlandais. Ils ont très spirituellement fait taire leurs scrupules 
à cet égard, en attribuant leur libération de ce tribu pieux 
mais onéreux à un de leurs saints ! Cette façon ingénieuse de 
concilier le spirituel et le temporel me rappelle le héros des 
scènes de la vie militaire anglaise actuelle dans l'Inde, remar- 
quablement décrites par Rudyard Kipling, le soldat irlandais 
Mulvaney. Quelque peu gêné par les reproches d'une cons- 
cience, cependant assez large, au sujet d'un gain des plus illi- 
cites acquis sur la vente d'un chien en trompant l'acquéreur 
sur la qualité du quadrupède, il les fait taire en se souvenant 
à propos que Father Victor a besoin d'argent pour ses bonnes 
œuvres et en prélevant sur son butin un équitable bôroma. 

Il va de soi que le bôroma primitif a été confondu, dans les 
traditions irlandaises, avec d'autres tributs de nature différente. 



Dom Le Pelletier donne au mot flet le sens de lit tout 
simple et petit. Il cite un passage de Du Cange : in legibus 
Burgorum Scoticorum, interiorem partent domus capitalis quae di~ 
citur flet, tenebit. Ce nom, ajoute Le Pelletier, peut être 
saxon d'origine. « On a dit en français flette pour un petit 
bateau, qui est comme un lit ou un berceau. » 

Grégoire de Rostrenen traduit grabat, petit lit, par Fledt, 
fléjou, fledtou, en précisant le sens par couchette, méchant petit 
lit sans rideaux. Le Gonidec traduit également fléd, plur. flédou, 
fléjou par lit découvert, sans rideaux; couchette; lit de 
sangle ; grabat. 

Le mot est connu dans tout le Léon, d'après Le Pelletier. 
Il est également répandu en Haute-Cornouailles. 

Faut il, avec Le Pelletier, le faire venir du français flette, 
petit bateau ? Le sens paraît s'y opposer ; il résulte bien, en 
effet, des citations qui précèdent que le sens de grabat, couche, 
sans forme particulière, est le sens primitif. Le mot flet vient 



J. Loth. 



m. 



FLED. 




Mélanges. 



43» 



directement du germanique et vraisemblablement' de l'anglo- 
saxon. On le trouve dans les Ancient laws and institutes of En- 
gland (Glossary), avec le sens de cubile, cubiculum, stratum. 

Dans les Lois de Hlodhaere etd'Eadric, il paraît désigner un 
appartement, une habitation de villain {Ane. Laws, p. 15, 
§§ 12, 14; p. 13, § 11; cf. aux Lois d'Alfred, p. 39, §39). 
Le sens primitif est mieux conservé dans d'autres textes anglo- 
saxons. Dans un texte très curieux, il est dit : « qu'il n'aille 
pas au lit (bedde), mais sur le sol (fiette). » Tôlier, à qui 
j'emprunte cette citation, dans l'édition amplifiée qu'il a donné 
de Y Anglo-saxon dictionary de Bosworth, traduit fiet par lit, 
mais aussi par ground, fiour of a houst. C'est bien là le sens 
primitif: fiet indique le sol, l'endroit de la maison où on 
s'étendait pour dormir. De l'idée d'endroit réservé, on est 
sans doute passé à celui de compartiment, et même, dans 
certains cas, de petite habitation. 

En vieux-saxon, d'après Tôlier, fiet a le sens de floor of a 
houst. En vieil-islandais, c'est également le sens (Paul, Grun- 
driss der Germ. Pbilol., I, p. 490). Le mot est évidemment 
germanique d'origine. Il n'existe à ma connaissance ni en 
gallois, ni en comique. S'il n'est pas venu aux Bretons par les 
Anglo-Saxons, il a pu leur arriver par les Scandinaves au 
ix e -x e siècle, ou môme plus tôt, en territoire gaulois, par les 
Saxons du Bessin, avec lesquelles ils ont été souvent en con- 
tact, soit comme ennemis, soit comme alliés. C'est ainsi que 
Frédégonde envoya un corps de Saxons de Bayeux combattre 
avec les soldats de Weroc contre les Francs de Gontran. 

On pourrait conclure d'après le passage cité plus haut de Le 
Pelletier que Du Cange donne au français fiette le sens de 
petit bateau « qui est comme un lit ou un berceau ». Il n'en 
est rien. Au mot fieta on ne trouve que species navis minoris. La 
fiette française est essentiellement un petit bateau de rivière, 
vraisemblablement à fond plat. Du Cange sépare fieta, fiette, 
de fieta, fietum (aestuarium, fluentum), normand fiet, fossé, 
canal (v. Godefroy, Dict. de l'anc.fr.). Quant à fiette, bateau, 
Jal le fait remonter à l'anglais fiât, Scheler au flamand vletten, 
flotter. Ce mot me paraît être venu plutôt par l'intermé- 
diaire des Saxons ou des Scandinaves. J. Loth. 




CORRESPONDANCE 



LE MOT GAÉLIQUE AITE. 

Je ne puis plus douter qu'O'Reilly ait fait une méprise, et que la combi- 
naison o tha qu'il cite ne renferme pas un substantif ta « côté ». Je m'en 
serais convaincu plus tôt si le paragraphe que Zeuss donne à la conjonction 
o avait porté en sus le sens locatif aussi bien que le sens temporel. 

Je n'ai jamais nié que le gallois tu ait pu représenter l'irlandais tôib, et à la 
p. 17 de mon livre j'ai fait rapport à la p. 1 39 de Zeuss. J'ai dit seulement que 
tu pouvait représenter aussi bien un irl. tô, ta (cf. tnâr, môr), qui pouvait 
être l'origine de tôeb, toib, tàeb, taib. En abandonnant ta, j'abandonne aussi 
cette conjecture, et également il me faut voir dans Artda-muirchol, Artdaib- 
muirclxl, Airch-artdan, ce que voit M. d'Arbois de Jubainville — pas une 
présentation de tha, tlmb et than, mais seulement une variété de l'écriture 
ordinaire arda, ardaib, ardan. Je n'avais jamais ignoré la possibilité ; mais 
je n'avais trouvé aucun exemple de td pour d, et M. d'Arbois de Jubainville 
n'en cite pas. On peut remarquer que cette écriture singulière est très proba- 
blement celle d'Adamnan lui-même : car le Ms. A a été écrit par un copiste 
qui mourut en 713, neuf ans seulement après la mort d'Adamnan, de qui 
il a été l'un des successeurs à Hy. 

Cependant je ne puis pas croire que le -chol d'Artdamuirchol représente 
Tirl. coll. « coudrier », Je ne trouve aucune corylus maritima, « coudrier de 
la mer », et il ne me paraît pas vraisemblable que des coudriers aient donné 
leur nom à un promontoire montagneux qui a 24 kilomètres de longueur et 
qu'Adamnan appelle « asperam et saxosam regionem ». A p. 16 de mon 
livre on verra que ce promontoire est en face de l'île (fort basse) de Coll, 
et que la mer qui les sépare est nommée « Passage of Coll ». Aussi je 
prends Artdarmuirchol comme « hauteurs de la mer de Coll ». 

Quant à l'étymologie du substantif picte ahte, alHa, aihta, ehte, œttœ, eht, 
et, on sait que c'est le moderne àite, àit (l'irlandais aite, aidât, dit). Sa for- 
mation me parait comparable à celle des substantifs et participes irlandais 
en -te, -ta, comme ddlte, dalta : car Y h représente l'infection d'un consonant 
précédent. Je crois encore que le sens originaire est « foyer » (en compa- 
rant àih, âith, âcd) ; mais Stokes (Urkelt. Spr., p. 27) dérive le gaélique 



/Goo$ 



Digitized by 



Correspondance. 



43* 



aitheamb « toise », d'une racine *(p)ete « étendre », et peut-être aïhU est 
« tenure mesurée ». 



Dans la dernière livraison de la Revue Celtique, j'ai dit à 
M. Nicholson qu'il ferait bien de laisser pour le moment sa 
plume dans son tiroir. Il n'a pas été de mon avis. Pour 
mettre un terme à ma correspondance avec lui il ne me reste 
d'autre ressource que de suivre moi-même à son égard le 
conseil que je lui donnais. Je viens de briser la plume avec 
laquelle je lui avais répondu et à l'instant même j'en jette les 
débris au feu. 



E.-W.-B. Nicholson. 



H. d'A deJ. 



Revue Celtique, XVII. 




BIBLIOGRAPHIE 



Remarques sur le Wortschatz der Keltisohen Spraohelnheit 

de M. Whitley Stokes, avec additions de Bezzenberger (Fick, Vcrglei- 
chender Wôrtcrbuch, 4* éd., 1894). 

La lecture de ce précieux volume m'a suggéré quelques re- 
marques que je soumets respectueusement à l'auteur. Dans 
plusieurs cas, mes objections n'ont pour but qu'un surplus 
d'éclaircissements. 

A 

aili- aurait dû donner en gallois et en breton otll 

aivito- eût donné en gallois du vi e -vir* siècle oewyd; cette 
forme peut-elle se réduire à art ? Quant à l'idée d'Ebel et de 
Rh^s que oed serait emprunté à atlas, elle doit être écartée : 
ae latin, à l'époque des emprunts, donne e ou ai, ci : ce qui 
eût donné ed ou eid. 

dkro- : ne peut donner le gallois ochr (pchyr, ochor avec 
voyelle irrationnelle); il eût évolué en ogr: cf. dtigr, larme, 
dagreu, etc. Il faut pour ochr supposer *ocst-ro- ou ocsù-ro, 
avec accent sur -ro ou sur l'initiale (cf. «pojlepôç, Xrrup6*. 

aksilâ rend bien compte de achel mais non de echel : en effet 
ï de aksilâ fût devenu e avant la chute de la finale : cf. gall. 
maneg, bret. mante = mànlca. En revanche, il faut écarter 
l'idée d'un emprunt latin : àxtllà ou àxills eussent donné en 
gallois ochell, achéll ou ochyl, achyl. 

(p)aksajo-s: assa est peut-être emprunté à l'anglo-saxon 
hosuy comme le gallois hosan ? 

ag: pourquoi *aget n'a-t-il pas donné ay, ae? Entre deux 



Digitized 



Bibliographie. 



voyelles larges (a, o, u) g disparaît, mais devant e, ou bien r, 
l, il semble avoir produit une spirante sonore devenue à peu 
près yod et se fondant avec la voyelle suivante : ffo = fàga, 
mais maistr — magister : teyrn = tegirn (g spirant) = tëgerno-. 
D semble que pour expliquer la 3 e pers. a (va), il faille sup- 
poser le jeu de l'analogie et partir de formes comme *agô-mos, 
*ago-nti. 

ago-s : ewig peut-il remonter à agîko ? D me semble que 
agtko eût évolué en eîg . Quant à euhn, c'est le pluriel de aul 
qui eût été en vieux-gallois oui (prononcez à peu près oïl) ou 
peut-être aul (pron. ait), car ou vieux-gallois évolue, en 
moyen-gallois, en eu. Quant à eulon, c'est le pluriel régulier 
de aul. 

agilitd (pour une forme plus ancienne agileitd) ne peut 
expliquer le corniq. oikt (corn. mod. olas)> ni le breton oaled, 
haut-vannet. welet, bas-vannet. wçlet. Il est probable que le 
comique et le breton ont passé par une forme plus ancienne 
ôelwet dont la finale s'est réduite par l'effet de l'accent : cf. 
gall. morddwyd, cuisse, breton mor^ed ; vieux-bret. haloin, auj. 
généralement halen (variante halôti). Le gallois aelwyd a dû 
aussi être précédé par oelwyd; pour la réduction de oc à ai, cf. 
carrai — vieux corn, corruui ; gwarai = guaroi. Je proposerais 
pour *oeltvyt : ogileità ou àgileità. 

ati-karô : bret. d-as-kori : ne serait-il pas utile de remarquer 
que as est ici pour at : cf. a^coan et atcoan, second souper. 

ati-sqd eût passé par ad*sp et eût donné asp : il faut, semble- 
t-il, supposer ati-seqà. En outre sq v ne donnerait pas sp mais 
cbw-, à en juger par chwedl = irl. scil = sqet-lo-n. 

ad-: agarw peut sans doute remonter à ad-garw, mais il 
peut aussi venir du latin àcërvus pour acerbus. L'irl. acarbh 
paraît emprunté au brittonique. 

abalUh : il faut distinguer entre afal, pomme, et afall, pom- 
mier; afallen signifie également pommier, comme avalen en 
breton. 

abrant- : n'est-il pas probable que le gallois est arrivé de 
abrant à amrant, par étymologie populaire (am, autour de) ? 
De plus abrant- eût donné en breton avrant, aorant : cf. vieux- 
bret. Cobrcmt-, aujourd'hui Courant (prononcez caoranf). Quant 



Digitized by 



4?6 



Bibliographie. 



à supposer br pour mr, c'est hasardé : on ne voit guère ce 
fait se produire qu'à l'initiale. 

an-kainis eût donné non angbaen, mais anghwyn ? 

animon-: V. Annales de Bret., XI, p. 488 (1896). 

angu : llyswen a des doublets yslywen, yslowen (en deux syl- 
labes) à rapprocher du breton stlaonen, petite anguille ; et ce 
qui fait encore pencher pour une métathèse de slowen y c'est le 
comique selli, bret. silienn, anguille: sel-, slow? (*slowen = 
*slanguinâ). 

ongu- : cum-ung me paraît à rapprocher de cyfyng = com- 
ongio--ia } endroit étroit, détresse ; adj. cyfyng (var. cyfwng = 
com-ongu-s) : cyfyng pour cyfumg par cyfyngder, cyfyngu, etc. 

ande-bnis. Les formes bretonnes actuelles sont : léonard 
anneo; vannet. ane; haut-cornouaillais ànuf(u français). Ein- 
gion ne peut, en effet, se réduire à aucune de ces formes : 
eingion = ande-gegoni ? La prononciation eingion serait pour 
etnyon (en-yeyon-); irlandais indeôin *andt-ge-gnis. Pour 
l'échange irlandais nd, -ng, cf. Cormac's Glossary au mot 
puingcne. 

anderâ : le léonard onner, ouner (pu hystérogène : ou léon., 
souvent = ç : baroun = fr. baron), en face du vannetais ane- 
wçr suppose andeirà : cf, léon. moger, vannet. magoçr = màcê- 
ria. Il est vrai que le gallois anner suppose andérà : pour le 
suffixe, il y a eu un doublet, par influence analogique, vrai- 
semblablement, sans qu'on puisse le démontrer. 

argio-s : breton erc'h, gallois eiry, eira = * argios. Le g pré- 
cédé de r devient spirant : cette spirante se durcit en spirante 
sourde en breton, devient y, a voyelle en gallois : cf. dalc'h, 
gall. daly, dala (monosyllable) ; gwerc'h, gall. gwyry (var. 
gwyryf) = vlrgo. 

arjanio- : le gallois est eirin, dont ï est confirmé par le breton 
irin — *arïnio-, 

alaudà : n'a rien à faire avec le breton : les formes bretonnes 
sont : alc'boueder, ec'hueder, c'hueder, c'huede^; vannetais huidé et 
huider. Chuede^, huidé (=c'huede$) est pour ec'houede$, assurée 
par le comique ewidit. Les formes en -er paraissent avoir un 
suffixe différent. L de alc'houeder peut venir d'une influence 
française ou d'une confusion avec un mot de sens voisin (aie-). 




Bibliographie. 



457 



Le gallois ehedydd est pour ebwedydd et doit son évolution à 
ehed, ehedeg, s'envoler. Hedydd est pour ehedydd comme c'houe- 
de^ pour ec'houede^ (cf. le nom propre du bourg de Batz Le 
Huédé pour L'Ehuêdé). Le gallois uchedydd se rattache par 
étymologie populaire à uch, uchell, élevé. 

àliô, je prie. J'ai fait remarquer {Mots latins, p. 130) que 
àilim paraît plutôt correspondre, avec la perte du / initiale au 
gallois ioli (v.-bret. iolent, gl. precentur). Ce qui me fait sup- 
poser un emprunt semi-savant (ecclésiastique) de adçrô dans 
addoli, aveuli, c'est qu'on ne trouve, à ma connaissance, -ol- 
(breton -eut) que dans ce mot composé, en gallois comme en 
armoricain. 

altravon : le gallois alltraw est à séparer de athraw qui sup- 
poserait plutôt *antr-. Quant au thème altravon-, il se re- 
trouve dans le pluriel breton aotron-e^. Athraw serait plutôt à 
rapprocher de intron, dame, en vannetais, léon. itron (pour 
eintron: cf. eyntaff, veuf, auj. intanv), quoiqu'il soit difficile 
d'expliquer i. 

aljo-s : le gallois aill, aillt signifie étranger, esclave ; il faut 
écrire ail, eil, dans le sens de second. Je ne m'explique pas eil 
= aljo-s : àljo-s donne ail; ali\os eût donné alydd (trydydd = 
tjitio-s) : faut-il supposer une troisième accentuation alïô-? 
alaljos : il eût été bon de citer le breton aralL 
avelo-: le gallois awel, bret. avel sont féminins: donc 
*avelâ. 

avi- : le vieux-gallois Outigirn, moyen-gallois Eudeyrn, ne 
paraît pas comporter avi-, 

avontér : -ër a dû de bonne heure s'affaiblir en -er : dès 
lors, je ne comprends plus etuythr ; eontr s'explique lui comme 
eost — gall. awst = *agûstu-s. 

avo-s; il faut supprimer Ava flumen. La charte de Redon 
porte Avi fluminis et dans la même phrase Aeff flumen. La 
charte est de l'an 1000 environ. Cette rivière est YAff ou Afft, 
de nos jours. 

assanja eût plutôt donné en gallois asein. 

asséli- donnerait en comique comme en breton esil. 

astino- : asen paraît emprunté à âstnu-s. On a dû avoir, en 
gallois, esyn, mais cette forme éveillant idée de pluriel, a été 




Bibliographie. 



remplacée par asyn (cf. amws, pabell : sur infection par t en 
gallois et comique, voir Mots latins, p. ioj, 98, 229, 

E 

eisarno- : on ne trouve iarn- dans les noms composés bre- 
tons que dans le premier terme (J. Loth, Chrestomathie, p. 140); 
jamais comme second terme, et il n'entre jamais en compo- 
sition avec hoiam. 

eks: donnerait eh-, en brittonique. En réalité, eks devient, en 
brittonique, entre deux voyelles eb-, mais es- devant une ex- 
plosive : escar, ennemi, d'après M. Whitley Stokes, lui-même 
= * eks-karaont. 

eks-skarto: je crois que le gallois ysgarth, breton actuel 
scar\ remontent à *scarto- et non à eks-scarto- qui eût donné 
escarth : iscartholion montre un i = gallois y, ne formant pas 
syllabe. 

ekstero : ne peut donner gall. eithyr, comme le montre le 
breton estr dans estr egedoun, plus que moi, outre moi ; es- 
troc' h evit-hi, outre elle : eithr = *ectrâ. 

(p)etno-s: si vous adoptez la théorie -iô donnant ydd, adain 
ne peut remonter à *petniô~s, qui eût donné ednydd. 

(p)etro-n eût donné en gallois edr (cf. taradr = taratro-n; 
aradr = aratro-n, etc.) et non ederyn, adar. 

(p)edjevo- : eût donné, en breton, plutôt ejeo : cf. gallois eidion, 
bœuf, = breton ejenn, eijenn. 

in-àtoro-: devait donner en comique énadbr : cf. gallois pc- 
chadur = péccàtôrem, mais pechod = peccâtum (cf. escop = épïs- 
cbpus). 

en-ter : je crois que e dans le comique yntr-i, breton, cntr-e 
a été amené par tre, ire = gallois trwy. 

onhh : le breton avius ne peut sortir du latin invidiosus, mais 
remonte évidemment au français envieux, et ijenus à ingénieux, 
ou à ijin, injin (engin), à une époque peu éloignée où eux se 
prononçait eus avec s final : cf. avaricius = avaricitux, etc. ; 
tout ce paragraphe me paraît à remanier. 

enkato-: si hig, ig remonte à un germanique *hèga, nous 
sommes reportés à une époque où è indo-européen n'était pas 



Digitized by 



Bibliographie. 439 

encore devenu i en celtique : ce fait se»r£c important pour le 
vocalisme celtique. ^ 

enku-s : angeu, ancou remontent à un cas oblique du thème 
ankù-, ankov-: nominatif anku-s = yku-s, gén. *ankov-os. 

enknd. angen ne peut être séparé du breton anken = *andna? 

endi- : le vieux-gallois hin, s'il doit être, comme je le crois, 
rapproché du gallois moderne hiniog dans hiniog y drws, le 
seuil de la porte, rebord, fente de la porte, supposerait i long; 
rind semble répondre au doublet gallois rhiniog, même sens 
que hiniog (à moins qu'on ne suppose rb et h = rV). 

endsô : eût donné, en gallois, plutôt wys : cf. mwys = tnensa; 
-is- supposerait -ins- = -êns- : cf. mis = métis- . 

emxh, anmen : enu a été influencé par le pluriel enuein. 

emben- : pour le gallois, comique et breton, il faut supposer 
*ambanino- ou ambônlno- : i bref change à en e en comique et 
en gallois, mais le laisse intact, en breton : bas-vannetais amçnen. 

arei- : Arémorici est une forme amenée par la versification 
(v. J. Loth, De Vocis aremoricae forma atque signification. ) 

Arei-mori : à remplacer par Are-mori-co-s. La version Armo- 
ricae du de Belh gallico est à remplacer par Aremoricae (JDe vo- 
cis aremor...). Le moyen-breton armory est une forme savante. 

(p)arei-lingiô : le moyen-breton erkegue^ et non erlecque^ est 
à rapprocher d'airlicim; il est traduit par mutuum dans le 
Cathol. et par autant par autant. Grég. de Rostrenen lui donne 
le sens de prêt. 

(p)arei-îndion ne peut donner, en breton, aroue%: vïd avec 
ï bref ne peut donner, en cornouaillais, vannetais, <\uearwe: 
cf. corn, vannet. gwç, léon. gwe^ = vtdu-; cf. corn, vannet. 
g ouç, sauvage, léon. goue% = irl. fiad : vi, vë donnent en cor- 
nouaillais et vannetais gwe; vi (vei, vai) donnent goue- (ex- 
ception : vi, ve non accentués donnant gou; gour, homme 
= vi-rô ; gousper = vespéro-. 

(p)ereio-s donnerait irl. ire, et l'article gall. yr ; yr paraît 
surtout avoir conservé son sens primitif danser llynedd, l'année 
dernière ; vannet. ar lânç, léonard varient: en breton et (atone 
ar) a été confondu avec la préposition ar, var. 

(p)rac: roc, en breton, a un doublet très embarrassant: 
c'est le léonard raoc, avant; vannet. trégor. rçg = léon. raoc. 



Digitized by 



440 



Bibliographie. 



orbio-s, orbo-s: Urb-gen est aujourd'hui Urien avec u français: 
donc la forme ancienne ne peut être que çrbi-geno-s, ourbi- 
genos. 

erbo-s: l'irlandais ferbog ne serait-il pas dû à une influence 
de ferb, vache ? 

(p)liro-s: ne serait-il pas bon de prévenir que plèro-s est pour 
un plus ancien pltiro-s à cause de llwyr. 

(p)lânjà ((p)lànlja ?) : llonedd existe non seulement en com- 
position mais encore seul. 

elerko-s : e protonique a pu devenir a dans alarch, breton 
alarch, mais alors a dans -arch doit être étymologique : cf. 
Pâdarn, îàrann, breton hùarn, mais vannetais Pedfrn. 

elnô : il semble impossible que le gallois elwyf et les formes 
parentes remontent à elnô : il y aurait sûrement double //. 

elvo: elw ; la forme helw doit être préférée: Bl. Book of 
Caerm. (Skene, II, p. 13, vers 6 ar helv Elvy; helw doit être 
rapproché de selb (helw = *selvo-). 

esàk- : eog, bret. eeuq = esàc-. Le latin a dû être emprunté 
après l'achèvement du rhotacisme et à une époque où à était 
devenu ôdans les langues celtiques. Or, ce changement d'à 
en ô est postérieur à l'ère chrétienne (Tacite, Caratàcus ; Dago- 
màrus, Devo-gnâta dans Inscr. Brit. Lut.; on trouve, il est 
vrai, Juliona pour Juliàna, dans ces Inscriptions, mais la gra- 
phie ô pour à se présente dans d'autres provinces (Schuch., 
VokaL, I, p. 170). On aurait moins de difficulté en suppo- 
sant que esàks vient de esôcs : nom. *ésok-s, accus. *efôcç. Le 
latin aurait été emprunté à une époque où ô long indo-euro- 
péen accentué n'était pas encore devenu à, en celtique. 
. es-mi : à côté du gallois ys (= iss v.-gall.), il faut citer le 
bretons dans les expressions es fur, es louen (id. en gallois). 



(p)îtta: le gallois gwenith supposerait plutôt vendîttu- que 
vindîttu. 

(p)itavi- : eteo ne peut en venir; iteo avec son / dur suppose 
une consonne disparue, comme le gallois eteuyn, tewyn, pente- 
wyn ; cf. echdywynu, briller. 



I 




Bibliographie. 



441 



S'il n'y avait que le breton, on pourrait supposer que eteo 
remonte à echteo. Cf. Motreff, près Carhaix = gallois Mochtref ; 
mate^ pour *tnachtetb. 

aidu-. Le gallois aidd ne peut s'expliquer, venant d'aidu- 
que par la dérivation ou la composition. 

imbcto : le vieux-gallois imtnet est de sens douteux. 

ivo- : le breton ivin doit être tiré du français if: si v remon- 
tait à v celtique, on eût eu en cornouaillais et en vannetais 
imn ; en vannetais, on aurait l'orthographe ihuin : or, c'est 
ivinn avec v labio-dental, v français. 



O 

Oino-gustu : cymr. Ungust : lisez v.-cymrique Ungust, 
moyen-gall. Unwst (cf. Cart. de Red. Uuor-gosf). 

oino-tamo-s : corrigez eyntauev en eyntaues. 

ogno-s : à côté du breton oan, il eût été bon de citer le van- 
netais oçn, oan étant plus récent que oen. 

(p)otikkô-s: n'eût pu donner que odec'h (vannet. oac 9 h) et 
non o^ac'h. 

oro-: le vieux brit. orion gl. oram a évolué en euryen, bord. 
Cette forme avec le comique urrian (u = eu breton) supposent, 
avec le gallois, un vieux celtique ârà = indo-europ. ùrâ, et 
non oro-, 

( p)°h° : e û* donné, en gallois non pas ol, mais oly, ola, en 
breton olc'h (cf. gwaly, gwala = bret. gwalc'h = *valg-). 

oljo-s : oll gallois est préférable à holl ; pour le breton, h n'est 
pas plus étymologique que dans hag ; dans l'expression an oll, 
tout le monde, il n'y a pas la moindre trace d'une pronon- 
ciation h, ce qui est toujours sensible quand h est étymologique, 
comme dans an font, le chemin. Il ne faut donc pas séparer oll 
de uile. 

U 

u(p)oino-s : le breton huen suppose uptno-s ou s-upino-s. 
ûmâjo- : efydd suppose omîio ou ûmîio-. 



Digitized by 



442 



Bibliographie. 



(p)thtti : comment expliquer rhysyn à côté de regihten, re- 



qaltrî : dans paladr, a n'est pas irrationnel : serait-ce *qalatri~? 
qetveres: pour le brittonique, il faudrait qetvares? 
qetosres : pedeir, pedtr = *qetesres ? 

qennotamtkos : pinvidic ne serait-il pas dû à l'influence de vet 
dans les expressions guen da vet, heureux sois-tu (heureux ton 
sort ; cf. gall. gwyn ei byd) ? 

qrutu-s ; pryd ne peut en sortir que si la finale était accen- 
tuée: qrutû-, 

qan- : le breton pan, gall. pan, avec a bref actuel, supposent 
double consonne et terminaison vocalique. 

qei: pwy à côté du breton et corn. piw(?) supposent qet-u: 
cf. Doeet Duw; dwy, deux, au fémin. et diou. 

qetito- : qeti- seul suffit à expliquer pet : la valeur du t final 
dépend de l'initiale suivante : péd, combien ? Pour qetii- il eût 
été important de faire observer que peth est aussi interrogatif 
et que, à tort ou à raison, l'initiale a été rapprochée de që-: 
petra — peth tra; vannetais pçc'b de; quel jour. En gallois beih 
interrogatif est pour pa beih (quoi?). 

qft-: prydtr a pour équivalent le breton preder, et le breton 
pritiri, auj. prederi, a pour équivalent le gallois pryderi. 

qreid- : pridd, pri semblent indiquer un mot accentué sur la 
dernière ; autrement, on eût dû avoir prwydd, proedd. 



ka(p)erâks: cor~lan a un doublet cordd-lan (cf. cor-gi, chien à 
mouton), cf. corlan, bercail. Cordd est vraisemblablement le 



guei? 



L 

o 

(p)\kkd : lech est également breton. 



Q. 



K 



Digitized by 




Bibliographie. 



44Ï 



latin c(b)àrdus (Grôber, Arcb. de Wôlfflin, 1890, 52); chez 
Varron, Chordus est un agneau nouvellement né (V. mes 
Mots latins, p. 152). 

kaini-s ; serait en gallois et breton coen ; de même kaird don- 
nerait coer et non cair. 

ha(p)6: cael paraît une variante de cafael, comique cavel; 
cf. breton-moy. eavouet, auj. caout, vannet. caouet; à renvoyer 
probablement à kabâgli. 

kakko- : le breton cauch (léon. caçch, ailleurs cçc'h) n'est pas 
l'équivalent exact de cach. C'est, il est vrai, probablement une 
brecbung proprement armoricaine. 

kaballo-s: ce n'est pas seulement le vocalisme qui est obscur 
dans ceffyl; le consonantisme rend également impossible tout 
rapprochement avec caballo- (ceffyl = *cappilos) : cafall existe 
en gallois (Gorchan Maelderw, ap. Skene, Ane. b., H, p. 103 : 
Cuall ar gevin e gavall, Cuall sur le dos de son cheval) : sur 
cafall, v. Mots latins, p. 146. 

kanéna : le breton a # innové dans sa terminaison kignen. 

kent'lo-n: cathl supposerait cantlo-n. 

kdno-: le latin canna serait emprunté au grec xàvva qui, 
dit-on, Ta emprunté aux langues sémitiques. Comme il n'existe 
pas de doublet roman càna à côté de canna, le gallois cawn est 
vraisemblablement celtique. 

kamisjâ : camps ne peut y remonter ; c'est évidemment un 
emprunt plutôt roman même que latin ecclésiastique (camps 
= câmisi: cf. Grôber, Arcb., 1884, p. 541; v. français canse, 
chainse) : hevis, bret. hivis, comique hevis = germ. hàmisia, 
par l'intermédiaire d'une forme latine chàmïsia (V. Mots latins, 
p. 178, 143). 

(A suivre.) 



J. Loth. 



Digitized by 




ARCHIV FUR CELTISCHE LEXICOGRAPHIE 



Sous ce titre, les soussignés projettent de publier, en une suite de livrai- 
sons indépendantes, des contributions à la connaissance du lexique des lan- 
gues celtiques et ils croient pouvoir compter sur la collaboration des savants 
qui se sont livrés à l'étude de ces langues. 

Comme il n'en existe pas de dictionnaires complets qui aient une valeur 
scientifique, YArchiv aplanira la route aux érudits qui entreprendront la ré- 
daction des dictionnaires spéciaux à chaque langue celtique; il mettra entre 
les mains des linguistes des matériaux nouveaux ; grâce à lui, on parviendra 
à saisir plus exactement le sens des textes littéraires. 

VArchiv acceptera des communications sur toutes les langues celtiques 
et sur toutes les périodes de l'histoire de ces langues. Toutefois, le diction- 
naire du moyen irlandais, langue dans laquelle nous a été transmise la plus 
grande partie de la littérature irlandaise, sera le principal objet de ce recueil; 
le dictionnaire de M. Windisch et le glossaire mis par M. Atkinson à la 
suite de ses Passions and Homiîies, sont fort loin de contenir le vocabulaire 
complet du moyen irlandais, tandis qu'après l'achèvement du Sprachschaii 
de M. Holder et du Glossarium de M. Ascoli, il n'y aura plus guère de 
place que pour les glaneurs dans le domaine du vieux celtique et du vieil 
irlandais. 

On imprimera successivement aussi dans YArchiv les glossaires irlandais 
inédits composés par les savants irlandais ; ces glossaires, malgré leurs 
grands défauts, nous ont conservé beaucoup de mots rares. 

Dans le domaine des langues britanniques, YArchiv publiera bientôt en 
une édition critique les gloses du vieux kymrique, du vieux breton et du 
vieux comique avec des index alphabétiques à ces gloses. En outre, il don- 
nera une table des mots comiques contenus dans le Bcunans Meriasek et 
qui ne se trouvent pas dans le lexique de Williams. On a aussi le projet d'y 
insérer: i» des recueils de mots appartenant au vocabulaire du moyen 
kymrique et conservés par les monuments littéraires: MaUnogion, Four 
ancient books of Walts, etc. ; 2° des listes de vocables empruntés par l'irlan- 
dais, le kymrique et le breton à d'autres langues. En outre, les éditeurs 
espèrent pouvoir, avec l'aide des savants indigènes, publier des recueils de 
mots tirés des dialectes encore vivants. 




Archiv fur Celtische Lexicographie. 



445 



Enfin les noms propres celtiques de personnes et de lieux qu'on ren- 
contre en Irlande, en Écosse, dans le Pays de Galles et en Bretagne sont 
compris dans le plan de V Archiv. 

V Archiv acceptera les mémoires écrits en allemand, en anglais, en fran- 
çais et en italien. On est prié de les adresser à l'un des soussignés : 

Whttley STOKES, Kuno MEYER, Max NIEMEYER, 

i$, Grenville Place, 57, Hope Street, éditeur, 

Londres. Liverpool. Halle a. S. 



Digitized by 



TABLE 

DES PRINCIPAUX MOTS ÉTUDIÉS DANS LE VOLUME XVII 
DE LA REVUE CELTIQUE*. 



I. Gaulois ou vieux-celttq.ue. 


Bibracte, 298. 


(Voir p. 75, 74, no, J07, 309, 314.) 


Bibrax, 298. 


Alaunus, 37. 


Bituriges, 307, 308, 318. 


AmarcolitaD(os) • très grand cava- 


Bodincus, 109. 


lier 1, 38. 


Boiates, 307. 


amb-, autour, 72. 


Boii, 307. 


ambactos, serviteur, 72, 73. 


Brixantu (dat.), 309. 


Ardunnus, ni. 


Camulogenus, 309. 


Arelate, Arelas, 318. 


Camulus, 309. 


Aremorici, 439. 


Caratacus, 440. 


Arevaci, 303, 304. 


carbanto-, char, 104. 


Asaitgen, 312. 


-cello-, ce qui frappe, 49. 


Atepomarus « très grand cavalier », 


Cernunnos, $9. 


35-39- 


Clutamus, 300. 


-ates, suffixe d'ethniques, 306. 


Cobnertus, 1 10. 


Atrectus, 35. 


Cocidius, 37. 


Autessiodurura, 318. 


Continus, m. 


Bebriacus, lieu des castors, 297. 


Cotini, 110. 


Bebronna, 297. 


Craxantus, 35, 36. 


Belenus, Belinus, 38, 39, 110. 


cuculla, coule, 104. 


Bellausus, 46, 47. 


Cunotami (gén.), 1 11. 


Belesami (dat.), 1 10. 


Dagomarus, 440. 


Belisama, 1 10. 


Devognata, 440. 


Bevra, 297, 298. 


Diva, 93, 426. 


Biatucco, 1 10. 


Divixta, 110. 



1. Cette table a été faite par M. Ernault. 



Digitized by Google 



Table des principaux mots 

Divona, 93. 
Dumnonii, 86. 
Durocasses, 318. 
-ellus, 49. 

Epaticcos c cavalier », 309. 
Epona, 54, S S- 
espx, saumon, 440. 
Evritus, 110. 
Grannus, 38, 39. 
Guani, 311. 
-i, gén. sing., 173. 
-isci, 307. 
Latumarui, 3 18. 
Leucamulus, 300. 
Litana « large », 38. 
Litaviccus, 309, 310. 
XoCfyoç, corbeau, $0. 
Lugudunum, 90. 
Madoranuac, 312. 
Mainina, 1 10. 
Mainius, 1 10. 
Maponus, 38. 
fiipxav (ace), cheval, 38. 
Massa, 46, 47. 
Matrona, 93. 

nanto- « guerre », ou « courage », 

S», S*. 

Nantosvelta • brillante à la 'guerre, 
ou par le courage 45, 46, 48, 

SU S*, 
nantu-, vallée, 5 1 . 
Nantuates, 5 1 . 
Nomena, 312. 
Occon, 312. 
-oi, nom. plur., 73, 74. 
Rinaci, 312. 
-rix, roi, 72. 
Rugniatio, 312. 
Satta, 1 1 0. 
Scordisci, 307. 
Senones, 1 10. 
su-, bien, 49. 



itudiés dans le tome XVIL 447 

Sucaelus, 48. 
Sucams • aimable », 308. 
Sucellos • qui frappe bien », ou c qui 
a un bon marteau », 45, 46, 48- 

Sucelus, 48. 

-svelta • brillante •, ji, 52. 
-tamo-, m. 
Taurisci, 307. 
Tesquitus Ditoc, 312. 
Toncetamus, 1 1 1 . 
Toncius, m. 
Totatigenus, 309. 

Trebaruna « secret de la maison », 
1 1 1. 

Ucellasicae (Sanctae Matronae), 49. 

Vecti (gén.). 311. 

Vendoni, J12. 

Vettones, 303, 304. 

vidu- « arbre », 439. 

Vivisci, 307, 308. 

Viviscus, 307. 

Volcae, 73. 

Voteporigis (gén.), 105*107, 312. 
vritu, 1 10. 

II. Ogamique. 
(Voir p. 313.) 

Gluvoca, 312. 

Gumoret, 312. 

Uica « pierre »?, 311. 

Mag! Dubr, 312. 

maqi (gén.). fils, 311. 

Qagte(gén.), 311. 

Qegte(gén.), 311. 

tigeirn, seigneur, 312. 

Vendogni, 311. 

Votecorigas (gén.), 105, 106. 

III. Irlandais. 

(Voir p. 42-44, 74, 81, 86, 88, 103, 278, 
290, 291, 296, 314, 319, 320, 328, 
329, 432, 446.) 

a, son, 421. 



Digitized by 



448 Table des principaux mots 

acarbh, âpre, 435. 
acus, agus, et, 299. 
adgénsa, j'ai connu, 93. 
ag, bataille, 459. 
âilim, je prie, 437. 
aire forgaill « chef de témoignage > , 
10$. 

airema, qu'il reçoive, 93. 
aite, ait, place, endroit, 87, 88, 290, 
291. 

aithech, fermier?, 87. 
Alba, Ecosse, 102. 
am, je suis, 276. 
Amorgen, 108. 

ar aenrian t sur une route 1 ; entre 

eux?, 38$. 
araile, autre, 300. 

Arda-muir-choll a hauteur des cou- 
driers de la mer»?, 291-293, 432. 

ardd, art, haut, 293. 

Asaitgen c fils de l'accouchement » ? 
312. 

asbeir, asber, il dit, 278. 
assa, chaussure, 434. 
attô, je suis, 276. 
bachlach, prêtre, 320. 
bagairt, menace, 102. 
bail, prospérité, 70. 
baitsech, courtisane, 319. 
Balar, $0, 51. 

balcbéimnech, celui qui frappe forte- 
ment, 51. 
Banba, Irlande, 282, 284. 
baoghal, danger, 70. 
bar, dit-il, 300. 

-bar, 2 e pers. plur. du parfait, 310. 

baull (dat.) au membre, 298, 299. 

beir, ber, bir, porte!, 278. 

bés, coutume, 288. 

bith, toujours, 102. 

bfu, je suis, 276. 

blonacc, saindoux, 102. 



étudiés dans le tome XVII 

b6, vache ; valeur monétaire, 429. 
borb, féroce, 69. 

bôroma, sorte de tribut, 428-430. 

braissech, chou, 102. 

brâth, jugement, 70. 

breacân, châle, couverture, plaid, 

étoffe rayée, 102, 104. 
breachdan, crème cuite au four, pain 

de beurre, 102. 
bréc, mensonge, 102. 
brfnna, vision, 3 19.' 
buidheachas, remercîment, 68. 
Cacht, 311. 

caplait, jeudi saint, 102. 
carbad, char, 102, 104. 
carraic, pierre, rocher, 102. 
carthai, carthi, aimable, 426. 
ceadach, tissu pour bas, 102. 
Ceasair, 106. 
celg, tromperie, 102. 
Celtchar c ami du secret ou de la ca- 
chette », 10 1. 
cenn, tête, 103. 
Ciaran, 94, 95. 
claideb, épée, 50. 
claimh, gale, scorbut, 103. 
cléireach, clerc, 102, 104. 
cochul, capuchon, 103, 104. 
côic, cinq, 73, 301. 
coilén, jeune chien, 103. 
coimpert, conception, 328. 
coll, coudrier, 432. 
cualabar, vous avez entendu, 310. 
cum-, 328. 

cumthus, commencement, 328. 
cumung, étroitesse, 436. 
cutuim, chute, 103. 
dag, bon, 459. 
Danu, loi. 
dearg, rouge, 70. 
déchud, j'allai, 310. 
deimthechta, il alla, 43. 



Digitized by 



Google 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XVII. 449 



dicheilt, action de cacher, 103. 


lexaire, légiste, 215. 


digthim, je vais, 310. 


liath, gris, 101. 


dochôod, j'allai, 310. 


Liath, ioi. 


druimm, dos, 103. 


lobhtha, gâté, 70. 


du-, 2Q{. 
, -y ) • 


loch, lac, 103, 104. 


dufuit, il tombe, 103. 


luaithre, cendres, 103. 


Echaid « cavalier », 309. 


Lug, $o, 51, 90, 101. 


Ériu, Erinn, Irlande, 70, 282, 284. 


mac, fils, 70, 10$. 


erlam, préparé, 102. 


mac-coem, jeune homme, 103. 


erlame, promptitude, 102. 


macdacht, âge de sept à quinze ans, 


Ethne, 50. 


103. 


febrae, février, 102. 


mac-tigerna, fils de chef, 103. 


fechta, il gagna, 43. 


mael, esclave, 103. 


ferb, vache, 440. 


maith, bon, 103. 


ferbog, femelle du chevreuil, 440. 


mal, prince, roi, poète, x\2. 119. 


fiad, sauvage, 439. 


Manannan, 102. 


fil, fel, feil, il y a, qu'il y a, 276-279. 


m art, bifteck, 69, 70. 


file, qui est, 276, 277, 279. 

/T • / t II' 1 ' 


mathair, mère, 70. 


file, poète de cour, 116. 


mathem, pardon, 103. 


follus, brillant, 52. 


meath, faiblir, manquer, 103. 


for, dit-il, 300. 


mlaith, mou, doux, 309. 


fordat, disent-ils, 300. 


mo Domnôc, 312. 


Fotla, Irlande, 282, 284. 


môel, chauve, esclave, 312. 


fracc, femme, 103. 


Moel Dobhorcon, 312. 


fuil, il y a, 278 


môith, tendre, doux, 103. 


gablach, cornu, pointu, fourchu, 103 . 


moltai, louable, 426. 


Goibniu, 101. 


môr, màr, grand, 103. 


go-naomhthar, qu'il soit sanctifié, 70. 


néit, bataille, blessure, 5 1 . 


iasg, poisson, 70. 


Nét, 51. 


ilar, aigle, 300. 


ogus, et, 299. 


imbressan, querelle, 104. 


ôintam, célibataire, m. 


indeàin, enclume, 436. 


Orc tréith € cochon ou sanglier du 


ineigthiar, dans lequel il hurle?, 44. 


roi », 100. 


innocht, cette nuit, 308. 


ordat, oldat, disent-ils, 300. 


ire, plus éloigné, 439. 


6-thâ, 6-ta, de là où est, 291, 292. 


-is,-ais, 3 c pers. sing. du prétérit, 42. 


proc, maison, habitation, 319. 


itargninim, je sais, 93. 


radharc, regard, 68. 


labhairim, je parle, 68. 


râth, raith, fortification, 103, 104. 


lé, avec, 69. 


rega, il viendra, 104. 


lec, pierre, 311. 


rian, mer, 83. 


lecsa, loi, 215. 


rind, sommet, pointe,. 43 9. 


Ler, 102. 


Rinnach, 312. 


Revue Celtique, XVII. 


29 



Digitized by 



4J0 Table des principaux mots 

rionnach, maquereau, 312. 
ro-, préfixe verbal, 42, 43. 
roathlas, il brilla de nouveau, 43. 
-roith, il courut, 310. 
roithes, qui fait courir, 311. 
ro-lamur, j'ose, 310. 
R6m, Rome, 429. 
ro-n soer, délivre-nous, 7 1 . 
rosimmaig, il les emmena, 299. 
ruathar, attaque, 103. 
samhra, été, 68. 

saraigim, j'insulte, je fais tort, 103» 
sciilim, je disperse, 102. 
scél, récit, 102, 105, 43 $. 
scendim, je m'élance, 102. 
sci'th, fatigué, 102. 
scoiltim, je fends, 103. 
selb, possession, 440. 
sgeith, vomissement, 102, 105. 
sil, semence, race, 103. 
siur, sœur, 298. 
sluasad, pelle, 69. 
s6eraigthib(dat.), aux nobles efforts?, 
4J. 

sollus, brillant, 52. 
sroigell, fléau, 300. 
sruth, fleuve, 70. 

-star, 3 e pers. sing. du prétérit, 42. 

ta, il est, 103, 104, 291, 292. 

-ta, prétérit actif, 43. 

-tad, suffixe de noms abstraits, 73. 

Uirngire, promesse, 29 5 . 

tart, soif, 69. 

tau, je suis, 87. 

techim, je fuis, 103. 

teoir, trois, fém., 300. 

tesbuith, défaut, 29 

thainic, il vint, 70. 

-thai, -thai, -able, 426. 

tinnscra, douaire, 325. 

-tiu, suffixe de noms abstraits, 73. 

to-, 103, 104, 310. 



étudiés dans le tome XVII. 
tôib, côté, 291. 

tolg, brèche, fracture ; lit, 103. 
tong, serment, 1 1 1 . 
toracht, succès, produit, 104. 
tore, cochon, sanglier, 104. 
tualaing, capable, 103. 
tualnge, capable, io;. 
tuidehidis, ils allaient, 310. 
tûus, tus, commencement, 104, 10$, 

J2 8. 
uan, agneau, 69. 
uile, tout, 441 . 

urlann (gén ), accomplissement, com- 
plément, 82. 

IV. Gaélique d'Ecosse. 
(voir p. 87, 88.) 
Aber-dour « embouchure d'eau 85. 
agus, et, 299. 

aisneis, action de parler, 300. 

aitheamh, toise, 433. 

Bal-Barton t ville des Bretons 85. 

Bal-Cormo « ville de Corraac », 85. 

bheil, il y a, 278. 

Collis-ton, 85. 

Devon, 85. 

innis, raconter, 300. 

V. Mannois. 
annoil, cher, aimé, 102. 
boggyssagh, vanterie, 102. 

VI. Picte. 
(Voir p. 106, 108, 190, 291, 432.) 

VII. Gallois. 
(Voir p. 108, 455, 458-440.) 
a, il va, 43 s. 
adain, aile, 438. 
adar, oiseaux, 438. 
-adwy, -able, 425, 426. 
addoli, adorer, 437. 
aelwyd, foyer, 435. 



Digitized by 



Google 



Table des principaux mots 

afal, pomme, 435. 

afall, afallen, pommier, 435. 

agarw, rude, 435. 

agweddi, dot, 332. 

angen, nécessité, 439. 

angeu, la mort, 439. 

anghaen, qui n'est pas beau, 436. 

a'i, (il) la (punit), 422. 

aidd, zèle, chaleur, 441. 

ail, sourcil, 434. 

ail, eil, second, 437. 

aill, aillt, étranger, esclave, 437. 

alarch, cygne, 440. 

ail, autre, 437. 

alltraw, parrain, 437. 

am, autour de, 435. 

amrant, paupière, 435. 

anner, génisse, 436. 

anwyl, cher, aimé, 102. 

argyfreu, paraphernaux, 332. 

arlwy, préparation, 102. 

Arthur, 106. 

asen, côte, 437. 

asen, ânesse, 437. 

asyn, âne, 438. 

athraw, maître, 437. 

aul, fumier, 435. 

awel, vent, 437. 

awst, août, 437. 

beth, quoi?, 442. 

bloneg, graisse, 102. 

bocsach, vanterie, 102. 

brachdan, brechdan, tartine, 102. 

brecan, brycan, châle, couverture, 

étoffe rayée, 102, 104. 
breg, fracture, 102. 
bregedd, bagatelle, 102. 
bresych, choux, potage, 102. 
byd, nutnde, sort, 442. 
bygwth, bwgwth, menace, 102. 
byth, toujours, 102. 
cablyd, jeudi saint, 102. 



udiés dans le tome XVll. 45 1 

cach, ordure, 443. 

cadach, morceau d'étoffe, 102. 

cael, obtenir, recevoir, 443. 

cafael, obtenir, recevoir, 443. 

cafall, cheval, 443. 

cain, beau, 443. 

cair, baie, fruit, 443. 

camlwrw, sorte d'amende, 334, 335. 

carreg, pierre, rocher, 102. 

cathj, chant, 443. 

cawn, roseaux, 443. 

ceffyl, cheval, 443. 

celc, action de cacher, 102. 

cerbyd, char, 102, 104. 

cledd, épée, 50. 

cleddyf, épée, 50. 

cleiriach, vieillard décrépit, 102, 104. 

clwyf, maladie, blessure, 103. 

cochl, manteau, 103, 104. 

codwm, cwdwm, chute, 103. 

colwyn, jeune chien, 103. 

corddlan, parc, 442. 

corgi, chien à mouton, 442. 

corlan, bercail, 442. 

cowyll, donation du mari, 332. 

cychwyn,se lever, 102. 

cyfar, sorte de mesure agraire, 1 06. 

cyfyng, étroit; étroitesse, 436. 

chwal, dispersion, 102. 

chwedl, récit, 102» 105, 435. 

chwefrawr, février, 102. 

chwith, gauche, inattendu, 102. 

chwyd, vomissement, 102, 105. 

chwydu, vomir, 308. 

daly, dala, arrêt, 436. 

deigr, larme, 434. 

Deverdoeu, 426. 

dichell, ruse, 103. 

dinas, château, 108. 

Don, 101. 

dru m, trum, sommet de «maison, de 
montagne; quille d'un navire, 103. 



Digitized by GooQle 



45 2 Table des principaux mots étudiés dans le tome XVI I. 


Dubr-Duiu, 426. 


hig, hameçon, 438. 


Duw, Dieu, 426, 442. 


hin, seuil, rebord, 439. 


dwy, deux, féra., 442. 


hiniog, seuil, rebord (de la porte), 


Dyfr-Dwy, 426. 


439- 


echdywynu, briller, 440. 


hollt, fente, 103. 


echel, essieu, 434. 


huai, entraves pour chevaux, etc., 


ederyn, oiseau, 438. 


103. 


efydd, airain, 441. 


hucc, porc, sanglier, 49. 


ehed, ehedeg, s'envoler, 437. 


hygar, aimable, 308. 


ehedydd, alouette, 437. 


immet, beaucoup?, 441. 


ei, son ; le, lui, 421-423. 


ioli, louer, adorer, 437. 


eidion, bœuf, 438. 


is, plus bas, 439. 


eingion, enclume, 436. 


iss, il est, 440. 


eirin, prunes, 436. 


Kel-Coet t bois caché », 101. 


eiry, eira, neige, 436. 


llath, toise, 106. 


eithyr, en outre de, 438. 


Llew, 101. 


elwyf, je serai allé, 440. 


Uonedd, plénitude, 440. 


enu, nom, 439. 


lluthrod, débris de tourbe, 103. 


enuein, noms, 439. 


Uwch, lac, 103, 104. 


eog, saumon, 440. 


llwyd, gris, 101. 


erw, sorte de mesure agraire, 106. 


Llwydeu, 101. 


esgar, ennemi, 438. 


llwyr, tout entier, 440. 


etewyn, tison, 440. 


Llwyt, ioi. 


Eudeyrn, 437. 


llydan, large, 108. 


eulon, fumier, ordure, 435. 


Llyr, 101. 


ewig, biche, 435. 


llys, château, 108. 


ewythr, oncle, 437. 


llyswen, anguille, 436. 


gaflach, lance, 103. 


macwy, jeune homme, 103. 


Gofannon, 101. 


machdaith, jeune femme, 103. 


gwaly, gwala, satiété, 441. 


machdeyrn, seigneur, prince, 103, 


gweled, voir, 278. 


105. 


gwenith, froment, 440. 


maddeu, pardonner, 103. 


Gwynedd, 108. 


magadwy, qu'on doit nourrir, 425. 


gwyry, gwyryf, vierge, 436. 


mai, il est, 103. 


haer, entêté, pressant, 103. 


mail, mutilé, 103. 


haiarn, fer, 308. 


Manawydd, 10 1. 


haul, soleil, 313. 


Manawyddan, 10 1, 102. 


hedydd, alouette, 437. 


maneg, gant, 434. 


hefis, chemise de femme, 443. 


mawr, grand, 103. 


helw, possession, 440. 


Melvas, 108. 


heno, cette nuit, 308. 


meth, omission, faute, 103. 


henoid, cette nuit, 308. 


Mochtref, 441. 



Digitized by 



Table des principaux mots 

modfedd, pouce, mesure, 106. 
moel, chauve, 105. 
morddwyd, cuisse, 43$. 
mur, grand, gros, 103. 
mwyth, mou, luxueux, 103. 
nodwydd, aiguille, 424. 
ochr, bord, 434. 
oet,âge,434 ; 

ohono, de lui, par lui, 423. 
ol, suite, 441. 
olew, huile, 42 \ . 
, oll, tout, 441. 
Outigirn, 437. 
Owein, Owen, 108. 
paladr, tronc, haste, 442. 
pan, quand, 442. 
pechadur, pécheur, 438. 
pechod, péché, 438. 
poeth, cuit, 60. 
porthoedd, ports, 424. 
pridd, argile, 442. 
pryd, forme, 442. 
pryder, souci, 442. 
pryderi, souci, 442. 
pwy, qui?, 442. 
pydew, puits, 42 s. 
rath, fortification, 103, 104. 
-raut, il courut, 310. 
rhiniog, seuil, rebord (de la porte), 
439- 

rhuthr, attaque, 103. 
rhysyn, cendre chaude, 442. 
sarhau, insulter, 103. 
sîl, frai de poisson, 103. 
taer, importun, pressant, 103. 
talcen, front, 103. 
taw, il est, 103, 104. 
techu, fuir, 103. 
teilyng, teilwng, digne, 103. 
tewyn, tison, 440. 
teyrn, seigneur, 312. 
tolc, trou fait par un coup, 103. 
Revue Celtique, XVII. 



étudiés dans le tome XVII. 45 3 

toraeth, profit, produit, 104. 
trach, au delà, 428. 
trachefn, de nouveau, derrière, 428. 
traws, tros, à travers, 428. 
troedfedd, pied, mesure, 106. 
trothwy, seuil, 425. 
trwy, à travers, 428, 438. 
tu, côté, 291, 432. 
twng, serment, ut. 
twlc, cabane, étable, 103. 
twrch, cochon, sanglier, 104. 
Twrch Trwyth, 100, 10 1. 
tywys, acte de conduire et de guider, 
to 4 . 

uch, uchel, élevé, 437. 
uchedydd, alouette, 437. 
Ungust, 441. 
Unwst, 441. 

Urbacen, Urbgen, Urien, 3, 4, 440. 
Uwch Coet 1 haut bois », 108. 
Vortiporius, 105, 106. 
ymryson, quereller, 104. 
yr, le, 439- 

yr llynedd, l'année dernière, 439. 
ys, if est, 440. 

ysgarth, balayure, rebut, 438. 
yslywen, yslowen, anguille, 436. 
ystang, sorte de mesure agraire, 1 06. 
Ywen, 108. 

VIII. Corniqpb. 

-adow, -able, 425. 
befer, castor, 297. 
cavel, avoir, recevoir, 443. 
enederen, entrailles, 438. 
esel, membre, 437. 
ewidit, alouette, 436. 
freg, femme, 103. 
hevis, chemise, 443. 
oilet, foyer, 435. 
olas, foyer, 435. 
oleu, huile, 42$. 

29. 



Digitized by 



454 Table des principaux moi 

piw, qui?, 442. 

regihten, cendre chaude, 442. 

selli, anguille, 436. 

urrian, bord, 441. 

yntre, entre, 438. 

IX. Breton Armoricain. 
(Voir p. 62, 64, 107, 108, 287, 288.) 

aberz, de la part de, 61. 
-adou, -able, 425. 
Aff, 437. 

ahanoun, de moi ; me, moi, 423. 

ahanout, de toi; te, toi, 423. 

ahel, essieu, 434. 

alc'houeder, alouette, 436. 

am, me, moi, 422. 

amonen, beurre, 439. 

ancou, la mort, 439. 

ane, enclume, 436. 

anewer, génisse, 436. 

aneza, aneha, de lui, 286, 287. 

anezaff, de lui, 424. 

anezaft, de lui, lui, il, 424. 

anezi, anehi, d'elle, elle, 286, 287, 

afiken, angoisse, 439. 

anneo, enclume, 436. 

aftnuf, enclume, 436. 

aotronez, messieurs, 437. 

ar, sur, 439. 

arall, autre, 300, 437. 

argourou, dot, 332. 

arlanne, Tannée dernière, 439. 

Armory, l'Armorique, 439. 

arouez, signe, 439. 

atcoan, azcoan, second souper, 

4ÎS- 
-atoe, -able, 425. 
avalen, pommier, 435. 
avaricius, avare, 438. 
avel, vent, 437. 
avius, envieux, 438. 



étudiés dans le tome XVII. 

-aw, suffixe d'adjectif, 424, 425. 

azeuli, adorer, 437. 

baraz, baquet, 61. 

baroun, baron, 436. 

barz, dans, 61. 

baz, bâton, 61. 

bazata, bahata, bâtonner, 286. 
benech Tou, bénédiction de Dieu, 

426. 
Benitoe, 425. 
bet, monde, sort, 442. 
beza, beha, être, 287. 
biskoac'h, jamais, 426. 
blonek, saindoux, 102. 
boazet, accoutumé, 287, 288. 
Breiz, Bretagne, 62. 
brihaw, (vache) tachetée, 424. 
briz, tacheté, 61 . 
Cadoret, 426. 

camps, aube de prêtre, 443. 
Caradou, Carado c aimable •, 425. 
Catuuoret, 426. 
cauch, ordure, 443. 
c'hoaz, encore, 61. 
c'houeda, vomir, 308. 
c'houeden, vomissement, 102, 105. 
c'houevreur, février, 102. 
c'houez, sueur, 308. 
c'houi, vous, 308. 

c'hueder, c'huedez, alouette, 436,437. 

clezeff, épée, 50. 

Cobra nt, 435. 

Coroe, Coray, 424. 

coueza, tomber, 287. 

Courant, 435. 

dalc'h, arrêt, 436. 

daskori, rendre, 43$. 

devez, journée, 61. 

dezaiï, dehafl, à lui, 287. 

dic'houitein, déchoir, 103. 

digouezet, survenu, 287. 

dilezel, délaisser, 287. 



Digitized by 



Table des principaux mots étudiés dans le tome XVII. 45 5 



H au v fAm a a "i 
UIUU, UCUa, ICIU., 44*" 


gwdsiK. 11, pire, 02. 


divP7ad tard 787 


mi/a? micepan 61 


*-/vCj UUUC, L/1CU} ^iVy 44 * 


gwert. n, vierge, 430. 


P la pIIp ill il 9 9 
C, 14, CIIC, 4*2, 4*j. 


irwpr7 vpntp 


A IpS Pllîf iîî 


Gwez Varia • 1p ruisseau dp Marte » 

vnvli T Alla * IV 1 VI V IIMIK "y 


A^'tllf A/^At* ll/MIOTTA 4 *J /£ 

eu iiucuer, alouette, 4/^* 


il26 


cciic], saumon, 44*** 


n a rr At 4 i 1 

na B> ei > 44 •• 


Pi7 huit £i 

Cl Ai, I1U1I>, Oit 


halpn halnîn fiai An cpI a 3 < 

lIAIVllf IIAlUltl, IlAlUU, OC1, 4| ^ J • 


pipnn piîpnn hr»»iif 4 î8 


hp son* Ip lui* la pIIp a 0/1 au 

JUU , IV, 1UI , iHj Vllw, A A A , A«<« 


pma il p«t mi 

viua , il C9lj i \J y • 


hpi7ar aimablp jo8 


emoalaer emoalazr emoereur 201 

wiii|/amvi , vin i/aïaAti , vpIii h/\»i vu J ^ j v i • 


henoaz, henoah, cette nuit, 61, 308. 


pmnala7rps imnpratrirp ini 

vin i/aia<ii u | iiupvi 011 ivC) <uii 


hent chemin 1 


PII 1p lui Ail 

VII, IV y } «|>AA» 


hivis chemise dp fpmme a ai 

111 TU, IthvlillJb Ut IVllIIIIV, A.A, « • 


ciurc, cuire, a<o* 


«lUWar ■ alIUaUlC jUO. 


-PO - 24t 

4M* 


hoiarn honarn fer jo8 


eofttr oncle ait 

WVllM j V9I1V1V) 4L « / a 


huedafT vomir 208 


eost août A 2 7 


Huédé (Le) c alouette 437- 


vit 11, ucigc, 45^* 


hnpl haut 

IIUCI, IMUl, <uo. 


erleccruez un nr^t a ta 


huen Ta^ sur le dos 111 


es, préfixe d'adverbe, 440. 


hues, sueur, 308. 


-aç ciiffîyp Hp fpminîn >ni 

V»J , JUIIIAt Uv JVIIIIUÏU, * V* 1 • 


hui vous 2n8 


P«tr pctrn/* , h nlnc /ntlp^ mit ta a>8 

eau , cjuuv 11, uius (uucy, outre, 43 0* 


hmnp hiuflpr alnuptfp aiC\ 
iiuiuc, iiuiucr, aiuuciic, 4^^* 


eteo, tison, 44°) 44'* 


nui ce citAfir 
UUldd, dUClir, }\JQ. 


euryen, bord, 441* 


huyt, c'houit, il déchoit, 103. 


PVP7 aîtpntinn A i 

wVva>, AlVvUUl/llj VI» 


î enn • la pIIp Ait — ai i 


>PW Al A 

cw > 4* t 4* 


iarn- fpr joft 

lollll"*, ICI, i^JV». 


evntaff veuf a 71 


iipnns incrpnîpiiy 4128 

IIVIIUO, HlaCCIlICUA, djU> 


evntaues vpuvp /t.* 1 


uin iniin pn0in ajH 

• jiii, Iiiiiu, viiaciu, tL\\J» 


_P7 suff Hp noms abstraits 62 


ilvpaupn liprrp aiR 


ezomm ehomm besoin 287 

Viiv 1 i 1 1 i 1 , VIIVIIIIM, w y « 


inaatoe il faut entrer ai c 

1 llHIIWVv , 11 ia U V \» Il Ki %»l , AA\« 


flet DPtit lit couchette orahat iio 


intaflv veuf 111 A27 

1 11 MB 11 v, TvUly Ail, A4 y • 


42 1 

4> 1 • 


intron, itron, dame, 437. 


forz ffaire^ cas 61 


iolent au'ils orient 4127 

IwlVIlW, W %A IU |#llVllt>, Al /• 


frniiP7 fruits £%t 

IIUUU) 11 Ulw, V I • 


irin nmnpllps npfitps nrnnps aj& 

Il IU, Wl UllvllvJ, LfvlHCj Ul Uilvaj *±y%t* 


Galaw (Er), Le Gallo, 424. 


iscartholion (plur.), d'étoupe, 438. 


garz, haie, 61. 


ivin, if, 441. 


gliz, glouiz, rosée, 61. 


Jarnoe, Jarnou, Jarno, 426. 


gouez, sauvage, 439. 


kaouet, kaout, avoir, 443. 


gour, homme, 439. 


Karadou 1 aimable •, 425. 


gousperou, vêpres, 439. 


kaz, chat, 61. 


guez, arbres, 439. 


kel-, keel-, récit, 102. 


gwalc'h, satiété, 441. 


Kervadoret, 426. 



Digitized by 



456 Table des principaux mots étudiés dans le tome XV 11. 


kignen, ail, 443. 


nos, noz, nuit, 308. 


kleze, épée, 50. 


0, leur; les, eux, 422, 423. 


koc'h, ordure, 443. 


-0, 424. 


kofltel, couteau, 300. 


oaled, foyer, 41$. 


koz, koc'h, vieux, 60-63. 


oan, agneau, 441. 


kuz, (en) cachette, 61. 


-oe, 42$, 426. 


Lan-Riworoe, Lan-Rivoare, 424. 


oen, agneau, 441. 


laz, latte de charrue, 6 1 . 


-oez, 424. 


laz*, laha, tuer, 287. 


oleo, huile, 42$. 


leaz, lait, 61. 


oll, tout, 44 1 . 


lec'h, pierre, 442. 


araier, otraer, génisse, 436. 


leiz, plein, 61. 


orion, bord, 441. 


lezel, laisser, 2S8. 


-ou, 424. 


louam, renard, 440. 


ozac'h, homme, mari, 441. 


Luzel, 308. 


palevarz, quart de blé, 62. 


machtiern, seigneur, prince, 105. 


pan, quand, 442. 


Made, 426. 


pec'h, quel, 442. 


Madehoe, 426. 


pedeir, peder, quatre, fém., 1 


Madezou, Madezoy, 426. 


Pedern, 440. 


Magado ■ qu'on doit nourrir », 425. 


pet, ped, combien, 442. 


magoer, mur, 436. 


petra, quoi, 442. 


manek, gant, 434. 


pez, morceau, pièce, 62. 


Matbidoe, Matvedoi, 426. 


pinvidik, riche, 442. 


matez, servante, 61 , 62, 44 1 . 


piw, qui?, 442. 


Matuuoret, 426. 


piz, avare, regardant, 62. 


melenaw, (vache) jaune, 424. 


poaz, poah, cuit, 60, 62. 


meurz, mardi, 61. 


poaza, poaha, cuire, 287. 


mez, honte, 61. 


Pocher, 428. 


mezo, ivre, 287. 


Podrohoit, 427, 428. 


moez, voix, 62. 


Porcoet, 427. 


moger, mur, 436. 


Porehet, Poreeth, 427. 


morzed, cuisse, 435. 


Porenquoit, 427. 


Motreff, 441. 


Porhoet, Porhoit, 427, 428. 


mouza, bouder, 287. 


Porrehodium (castrum), 427. 


-n, le, lui, 423. 


Porrehoit, 427, 428. 


nadaw, aiguille, 424, 42). 


Porroit, 427. 


nadoez, nadoe, nadoz, aiguille, 424- 


Porthoed, Porzay, 424. 


426. 


Portitoe, 42$. 


neiz, nid, 62. 


porz, cour de la maison, 62. 


nerz, force, 62. 


Porzenquoet, 427. 


neuze, alors, 287. 


Potrocoet, 427. 


neza, filer, 287. 


Pourhouet, 427. 



Digitized by 



Table des principaux m 

Poutrccoet, Poutrocoet, 427, 428 

pri, argile, 442. 

priadelez, mariage, 62. 

pritiri, prederi, souci, 442. 

quehe2l-, récit, 102. 

quen, brillant, 443. 

rac, devant, 439. 

raok, avant, 439. 

raz, rat, 62. 

reguez, brasier, 442. 

reiz, régulier, 62. 

rog, avant, 439. 

seiz, sept, 62. 

silienn, anguille, 436. 

skarz, crasse, rebut, 438. 

skuiz, las, 61, 102. 

souez, étonnement, 62. 

souezet, souehet, étonné, 62, 287. 

stlaonen, petite anguille, 436. 



étudiés dans le tome XVII. 457 
striz, étroit, 62. 

talgenn, bandeau porté sur le front 

par les femmes, 103. 
tear, vif, 103. 
techet, fuir, 103. 
torz, tourte de pain, 62. 
toue, il jure, ni. 
tre, dre, à travers, 428, 438. 
treus, à travers, 428. 
treuzou, seuil, 425. 
tro, tre, à travers, 427, 428. 
unvan, semblable, pareil, 301. 
urz, sacrement de Tordre, 62. 
-us, -eux, 438. 
Uuorgost, 44 1 . 
va, mon; me, moi, 422. 
var, sur, 439. 

varlene, Tannée dernière, 439. 



• 



Digitized by 



CORRIGENDA 



Revue Celtique, tome XVI. 



P. 374, 



417» 
418, 

419» 



1. 25, for four read three 

1. 12, for milium read mili[ari]um 

1. 29, dele the cotnma. 

1. i> for Tuathat read Tuathal 



Tome XVII. 



P. 6, 1. 8, for Galenus read Galienus 

2$, 1. 11, after déférant insert [Ieg. dederunt] 
1. 12, for lauaret read lauaretur 
1. 17, for uisit read uidit 
1. 19, for cowgregatis read awgregandis 
26, last line, « .iiii.m.cc. » (sic in ms.) is probably meant for uirorum 
clarorara 

31,1. 6, /or praceptor read praeceptor 
132, 1. $, for ann-ô read annô 
134, 1. 2 t a/fer Gamadaig sft»rf [Winter-night] 

1. 16, for Wintry read Winternight 
167, 1. 1, for one read me 
180, 1. 11, for Both read Botha 
183, 1. 25, /(W Flight reoi Theputting to flight 
196, 1. 11, for Comraéne raiTomméne 
221, note 7, read pra^fluiô 

229. The notes should be numbered respectively 1, 2, 3 

234, 1. 21, for c&tna read cW/na 

235, 1. 8, for Blathug read Blathbulg(?) 

240, 1. 24, for iugulatur 10 read iugulatus est »o 

241, 1. 14, for ] read [ 

1. 21 1 for Flann read Flann 
248, 1. 3, dele the comma 
2 >$> !• ! 9> ^ Hûi the r*o4 the Hûi. 



W. Stokes. 




Corrigenda. 



459 



Plus haut, p. 280, dans l'édition que j'ai donnée d'un poème de Torna 
Éices. le premier vers se termine par les deux mots in dâig rendus en fran- 
çais par « le bon » : dâig serait le génitif singulier de l'adjectif dag « bon ». 
M. Whitley Stokes me fait observer que Va de dag m bon » est bref; tandis 
que dans le vers irlandais l'a est long ; ce qui le prouve, ce n'est pas seu- 
lement Vapex posé sur cet a, c'est en outre le fait que cet a rime avec Va 
long de Fâil. 

Suivant MM. K. Meyer et Whitley Stokes, il faut lire ind âig. Aig serait 
le génitif singulier d'un substantif âg, doublet de âg, gén. àga « bataille »; 
j'aurais dû traduire « Fiachra de la bataille ». Cf. Ferdiad inn âig « Ferdiad 
de la bataille » (Livre de Leinster, p. 88 a, ligne 52), et merceda âig ocus 
hirgaih « étendards de bataille et de combat » (Leabhar Breac, 124» 1?). 



H. D'A. de J. 



U Propriétaire-Gérant: Veuve E. BOUILLON. 



a. 



Chartres. — Imprimerie Durand, rue Fulbert. 




Digitized by Google 



Digitized by 



Google 



Digitized by 



Google 



Digitized by 



Google